Bonjour tout le monde ! Comment vous allez ? Je suis vraiment de retour cette fois-ci ! Par contre, je suis incapable de vous assurez un rythme de publication comme avant, parce que je sais simplement pas quand je vais avoir de l'inspi pour la suite. En plus, comme j'avais peur que beaucoup d'entres vous perdent la flamme de Binarité, j'avais de la peine à me motiver à écrire, mais les jolies reviews que j'ai reçu m'ont réchauffé le coeur. o/
Du coup, merci pour votre soutien, d'être toujours là, d'aimer mon histoire et de la chérir. Je suis tout à fait consciente qu'elle s'éloigne du canon que sera l'épisode 9 (et encore vous avez pas encore vu la suite) mais je l'aime comme ça, et j'espère que vous l'aimez aussi. Fin voilà, pleins d'amour sur vous, merci d'être de super lecteur, vraiment 3
Sinon, j'annonce que là on va rentrer dans la partie finale de mon histoire ... Encore 4 ou 5 chapitres et c'est la fin ! J'espère que j'ai rien oublié des précédents trucs que j'avais glissé dans mes chapitres hahaha !
Sinon voilà vos réponses aux reviews sur le chapitre 14 ! Encore merci beaucoup !
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Anya Kristen : Titouan est hyper naif, et innocent, il pensait bien faire, mais du coup on va dire qu'il refera jamais la même erreur puisqu'il a plus personne hahaha ! Merci beaucoup pour les compliments ! J'espère que la suite continuera à te plaire ! Bisous !
Uzichow : Mon fidèle lecteur ! J'avais trop peur d'avoir perduuu ta flamme ! ;_; Sache que tes gentils mots m'ont touchées, aussi ceux que tu m'as écris en privé ! Binarité ne serait sûrement pas là sans ton soutien et tes commentaires ! Merci beaucoup ! C'est génial d'avoir du soutien de gens comme toi ! Gros bisous !
x-Beautiful Blass-x : Merci mon dieu, j'avais tellement peur que comme la Résistance, la flamme s'éteigne ! Mais ça va alors, et j'espère que la suite te plaira aussi !
Alicechubbybaby : Désolée pour Hux, je sais que je diverge un peu du canon du prochain film, mais voilà voilà. J'espère que tu me pardonneras et que tu continueras à aimer cette histoire ! :3
: Merciii ! J'espère que la suite te plaira tout autant !
Laura-067 : Concernant Titouan, je te laisse la surprise dans les prochains chapitres ... Je dois bien t'avouer que j'ai hésité à le tuer, mais bon je suis pas si méchante. Et c'est vrai que la dispute entre Ren et Rey est compliqué, mais il faut tout les deux les comprendre. Concernant leur décision à tout les deux, je te laisse lire la suite ! En espérant que ça te plaise ! Bisous bisous !
Bonne lecture tout le monde !
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No one really knows how the
Parties get to yesssss (Parties get to yesssss)
The pieces that are sacrificed in (Ev'ry game of chesssss)
Ev'ry game of chesssss
We just assume that it happens (Assume that it happens)
But no one else is in (The room where it happens)
The room where it happens
Lin Manuel-Miranda – The Room Where It Happens
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Une dizaine d'heure après le décollage, le Faucon Millénium stabilisé en vitesse lumière depuis un bon moment, direction Ord Lithone, Rey relâcha finalement le manche de commande qu'elle n'avait pas cessé de serrer, au point d'en avoir les jointures des doigts toutes blanches. L'étau étouffant qui entourait sa tête et lui donnait la nausée lui avait fait perdre toute notion du temps, et elle avait gardé son regard plongé dans les lignes superflus de l'hyper-espace pendant un nombre inconsidéré d'heure. Maintenant qu'elle se réveillait de sa transe, les derniers évènements lui bondissaient au visage, et une boule de chagrin se logea dans sa gorge. Sans pouvoir les retenir, les larmes se mirent à dévaler la pente de ses joues, incomparables avec celles qui avaient coulé lorsqu'elle avait décollé de la base de Kylo Ren. Elle ne tentait même pas de les arrêter, ou de les essuyer. Elle n'y arrivait pas, impuissante, elle était réduite à hurler sa douleur, son chagrin, sa frustration plus puissante encore et encore.
Finalement, elle quitta le poste de pilotage, laissant le Faucon voguer paisiblement, et se rendit en direction des couchettes pour s'y laisser tomber et enfouir sa tête dans son coussin râpé. Leia disait toujours, avec son regard d'acier et sa détermination à glacer, qu'il fallait uniquement pleurer les morts à la fin de la guerre. Pourtant, affalée dans la paillasse abandonnée, ses paroles semblaient vides de sens. Rey en avait marre. Elle avait besoin d'un temps-mort. De mettre une pause à la guerre. De panser ses blessures, et de penser à elle, à elle. Elle pleurait, si elle en avait envie. Personne n'était à bord du Faucon pour s'imprégner de sa peine, se laisser envahir par sa panique, et céder au chagrin. Paradoxalement parlant, personne n'était là non plus pour la rassurer, lui tapoter le dos, sécher ses larmes. Elle n'était pas Leia. Et elle ne le serait jamais, il fallait qu'elle en prenne conscience.
Au bout d'une heure à pleurer son chagrin, les larmes se tarirent d'elle-même, et fut peu à peu remplacé par un autre sentiment, pas étranger non plus, mais qu'elle ne pensait plus associer à Kylo Ren. La haine. Elle ne pouvait même plus penser à lui sans que ses lèvres se révulsent de dégout et que son front se plisse d'aversion. En fait, elle ne voulait tout simplement plus penser à lui. Le rayer de sa vie à coup de sabre laser. Mais tout n'était pas si simple. Lorsqu'elle fermait les yeux, elle revoyait le regard ardent de Ben sur sa nuque, elle ressentait ses morsures de désir sur sa chair, et elle se concentrait pour ne pas succomber à la chose qui l'avait eu la première fois. Le défi. Le défi de ramener Ben du côté lumineux. Le défi de goûter à la peau usée du guerrier. Le défi de rencontrer les Chevaliers de Ren et de les apprivoiser. Le défi de revenir vivante.
Le défi la perdrait, oh oui. Et Kylo Ren l'avait définitivement perdu, l'amenant à la triste conclusion que oui, Ben était réellement mort, même si elle avait entrevu l'étincelle dans ses yeux. Leia aurait pu le faire, Rey en était convaincue. Mais pas elle. Elle, elle n'avait fait que de battre les cils comme l'avait si bien dit son amant. Ses paroles l'avaient touchées en plein cœur, la blessant profondément. Ren aurait pu lui mettre un coup de sabre laser qu'elle n'aurait pas ressenti cette douleur. Le problème était qu'elle ne savait pas comment faire pour que cesse l'insidieuse souffrance. Son cœur était vide, comme si un énorme trou béant avait avalé toute sa vitalité, et paradoxalement parlant, il lui faisait un mal de chien, comme s'il était prêt à exploser à tout instant. Elle ne savait pas vraiment comment il était possible de ressentir ses deux sentiments contradictoires en même temps, mais elle les subissait.
Partir de Jakku signifiait, en plus de perdre tout espoir de revoir Ben, qu'elle laissait derrière elle la gamine retrouvée, Jaley. D'une certaine façon, elle se sentait coupable de laisser cette enfant en particulier, plus que tous les autres. Sentiment étrange mais elle se sentait comme responsable de la petite fille, peut-être parce qu'elle connaissait personnellement son père et son frère. Elle se sentait comme obligée de garder un œil sur la gamine, ne serait-ce que pour remercier Tared Caever de les avoir accueillis sur sa planète lors de l'attaque du Premier Ordre. Elle se souvenait encore du regard du père lorsqu'il évoquait la « mort » de sa fille : le regard brillant, rempli de larmes et de nostalgie, comme s'il se rappelait un temps qui était définitivement parti. Et puis, lorsqu'elle fermait les yeux et essayait de faire le vide dans son esprit, elle revoyait les deux pupilles ardents de Jaley, la fluidité de son corps au combat, et le coin de la bouche ridée du vieux général qui disait préférer rejoindre les siens plutôt que de continuer à vivre sans être réellement vivant.
Et elle se faisait la promesse. Lorsqu'elle aurait gagné la guerre et que le Premier Ordre serait enfin mort, elle reviendrait sur Jakku. Pas pour Kylo Ren, avec ces yeux sombres et ses paroles blessantes, non non. Pour Jaley. Elle reviendrait pour Jaley. Et elle ferait de cet enfant une Jedi avéré. Il y avait un potentiel énorme en elle, et la combattante réussirait à l'exploiter.
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Lorsque Rey rouvrit les yeux, quelques bonnes heures plus tard, elle mit quelques secondes à se rendre compte qu'elle s'était endormie, et elle bondit automatiquement vers le cockpit de commande, affolée. Passant en revue les petits chiffres rouges clignotants de l'ordinateur de bord, elle soupira de soulagement. Le Faucon n'avait pas bougé de sa trajectoire, voguant paisiblement vers un lendemain incertain. Encore une bonne dizaine d'heure en vitesse-lumière avant l'arrivée sur Ord Lithone. La jeune femme hésitait entre retourner dormir, laisser son regard dériver dans le vide du cosmos, ou tenter quelque chose de plus productif. D'un côté, les bras de Morphée l'appelait, et elle avait désespérément besoin de sommeil, sachant pertinemment qu'elle ne retrouverait pas un moment tranquille avant la guerre. D'un autre, elle savait qu'elle resterait les yeux ouverts, à ressasser sans cesse les évènements de Jakku. Elle avait besoin de s'occuper l'esprit. De ne plus penser.
Et quoi de mieux pour cela que de reprendre son labeur où elle l'avait laissé, avant que Poe ne l'appelle ? Avec la précipitation, le stress, et la dispute avec Kylo Ren, elle n'avait même pas activé son sabre laser, et elle ne savait même pas s'il, comme le prédisait si bien le guerrier ténébreux, allait exploser ou pas entre ses mains. Mais le jeu en valait la chandelle, et encore, le défi prenait le dessus sur tous les autres sentiments. Le goût de l'adrénaline était inoubliable, l'envie de recommencer, inéluctable.
Sans plus tergiverser, elle quitta le cockpit après s'être assurée une dernière fois de la trajectoire du vaisseau, et se hâta de rejoindre sa couchette. Elle avait laissé son sac là, sur le sol, jeté comme un vulgaire chiffon inutile. Lentement, elle farfouilla parmi les limbes de vêtements qu'elle avait pris sur Jakku, et en ressortit délicatement la précieuse arme. Le métal était froid, mordant, mais Rey avait l'impression de ressentir une agréable chaleur émanant du sabre laser. Un signe, un appel, elle en était sûre. Le moment était venu.
Elle s'éloigna du lit, poussa le sac du coin du pied, et prit lentement sa respiration. Et tendit le sabre devant elle.
Son cœur battait à tout rompre, à tel point qu'elle n'arrivait plus à percevoir le moindre bruit aux alentours. Elle avait l'impression que le ronron du Faucon, que les cliquetis métalliques récurrents, ou que le chant de l'hyperespace s'étaient tus, spectateurs à l'étrange spectacle qui se déroulait.
Et lentement, avec une précision presque religieuse, elle appuya sur le bouton d'activation. Un feulement métallique brisa le silence angoissant et les deux lames de couleur brisèrent la semi-obscurité. Le faisceau de lumière était net, précis, long et fin. Le flux projeté prenait une jolie couleur, un doré brillant et étincelant qui rappelait à Rey les reflets du cristal lorsqu'il s'était brisé.
Et bonne nouvelle, le sabre laser n'avait pas explosé, tuant sa propriétaire au passage. Kylo Ren aurait tiré une tête. Et la simple idée qu'elle avait rabattu le clapet au guerrier réussit à la faire sourire. Un sourire éphémère, certes, mais un sourire tout de même.
Maintenant que le sabre était allumé, il n'était pas question d'en rester là. Il fallait qu'elle apprenne à le manier, qu'elle l'apprivoise, à la façon d'un petit animal sauvage effrayé. Pour commencer, de simples mouvements. Un long coup en avant par la droite, et un autre par la gauche. Les gestes avec un double-sabre étaient limitées, mais conféraient un style de combat qui plaisait à Rey. Plus encore que le sabre unique, le bâton avait été sa spécialité pendant toute son enfance.
Très vite, ne se satisfaisant plus des simples gestes d'avant et d'arrière permettant de tester la souplesse de l'arme, elle commença à enchainer des mouvements plus travaillés. Le sabre laser virevoltait dans les airs, autour des mains habiles de Rey. Son corps bougeait gracieusement, en communion avec la lame. Elle évitait habilement le retour des faisceaux lumineux, tournoyait sur elle-même pour asséner un coup en avant, s'imaginant parer par le bas, faisant tourner le sabre autour de sa tête d'un habile coup de main.
Et soudain, elle s'arrêta. Son souffle était court, haletant, et elle baissa les yeux sur son poing serré sur la garde du sabre. Elle l'éteignit religieusement, sans pour autant baisser son bras ou quitter l'arme du regard. Le métal était moite, épuisant, mais Rey avait l'impression de ressentir une agréable chaleur émanant du sabre laser. Un signe, un appel, elle en était sûre. Il y avait encore de l'espoir. Et avec cette arme, elle triompherait.
Leia disait toujours, avec son regard d'acier et sa détermination à glacer, que l'espoir était comme le soleil. Si on ne croyait en lui que la journée, on ne passait pas la nuit.
Et Rey n'avait jamais cessé de croire.
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Sorcière, se dit Zaraim avec un froncement de sourcils incertain. Elle avait jeté son sort plus tôt que prévu. Et même s'il ne savait pas encore de quoi il en retournait, il était certain que les conséquences seraient fatales. Lorsqu'il l'avait vu s'enfuir en courant, et décoller un quart de secondes plus tard, il avait pressenti que quelque chose s'était mal passé. Et il aurait pu mettre sa main à couper que le manque de délicatesse de son maitre y était pour quelque chose.
Il ne savait pas vraiment comment se positionner face à cette étrange histoire. Il ne comprenait pas bien la nature des sentiments de deux combattants. Lorsque la jeune femme était arrivée sur Jakku, Kylo Ren s'était montré froid et menaçant, fermé et réticent. Il accomplissait son devoir de meneur avec le front plissé et l'esprit ailleurs. Puis, la relation avait changé en l'espace d'une nuit, peut-être. Toute la tension s'était relâchée, Rey semblait plus libre et Kylo Ren plus serein. Et ce matin, la jeune Jedi, en larmes, quittant la planète. Cela n'augurait rien de bon. Zaraim connaissait suffisamment son maitre pour savoir dans quel était il était capable de se mettre.
Il se hâta donc de rejoindre les quartiers de son maître, sans réellement savoir sur quoi il allait tomber.
Sorcière, soupira-t-il, encore. Elle avait le don de jouer avec les nerfs du maitre.
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Elle avait eu ce regard. Celui qu'elle avait eu dans la forêt sur la base Starkiller lorsqu'elle l'avait traité de montre et qu'elle lui avait tranché le visage en deux. Ce regard qui le hantait depuis qu'il l'avait revu sur Ahch-to, et qu'elle le traitait de serpent, d'assassins, de plusieurs jurons colorés qu'il ne connaissait même pas.
« Tu es un monstre, Kylo Ren ! » avait-elle crié, et ses mots l'avaient bien plus blessé que la gifle qu'elle lui avait infligée.
Blessé, oui. Il avait pensé que l'opinion que Rey avait de lui avait changé depuis tout ce temps. Que Jakku avait effacé tous ses péchés et éloigné le mauvais temps. Mais il s'était trompé, lourdement trompé. Il avait pensé qu'elle comprenait désormais ses motivations. Pourquoi il avait tué son père. Pourquoi il ne pouvait et ne voulait rejoindre le côté lumineux.
L'erreur était assurée, plus douloureuse qu'elle n'y paraissait. Il avait cru, seulement cru que … Mais la croyance était utopique en ces temps de guerre. Car Kylo Ren, non, Ben Solo n'était pas un dieu, et il ne prétendait nullement l'être. Il n'était qu'humain, terriblement humain, avec des mœurs et des erreurs, des émotions et des tas d'expressions. Et cette humanité était sa perte, parce qu'il ressentait des sentiments, plus contradictoires les uns que les autres. Il se sentait déchiré, tiraillé. Et là, tout au milieu de son être fait de doutes et de fantômes amers brillait la frêle étincelle de la Lumière.
Rey serait sa perte. Il l'avait su la première fois qu'il avait croisé son regard incandescent. Son fameux regard, qu'il détestait tant mais adorait en même, par lequel traversait tant de sentiment partagé. D'abord, de la haine, du dégout, de la rancœur. Et puis, de la pitié, avant que la débonnaireté ne se transforme en douceur, puis en tendresse, en désir, et en chaleur.
Et lorsqu'elle avait quitté la pièce, et qu'elle l'avait regardé une dernière fois, il y avait vu ce qu'il redoutait le plus : de la déception. Il était resté stupide, sur le moment. Lorsqu'elle avait crié ses mots, et qu'elle était parti … Il aurait dû la rattraper ! Il aurait dû lui dire qu'il s'était emporté, que sous le coup de la colère et de la peur de la perdre, il avait merdé ! Bon sang !
Il était un idiot ! Un véritable idiot ! Maintenant, la belle était partie, et il ne restait plus que lui avec son cœur en miettes et son visage défait. Il s'en voulait tellement. Et finalement la culpabilité et la frustration fut comblé par la lave en fusion de ses veines, de son adrénaline éveillée et de sa colère ardente. Pour soulager ses nerfs qui réclamaient vengeance, de son cœur qui battait à une forte cadence, il fit la seule chose qu'il savait faire lorsque les évènements le dépassaient.
Tout saccager.
D'abord par la force de ses mains, à s'en couper les doigts et s'écailler les ongles. Puis, avec la Force, à renverser le mobilier usé et à tout projeter contre le mur d'en face. Malheureusement, il ne ressentait aucun réconfort en voyant le bois se briser, le métal se tordre et le matelas se rependre en plume dans la pièce. Sa colère était justifiée, adressée à lui et au monde entier. Debout comme un idiot au milieu de cette pièce laminée, il se mordit les lèvres jusqu'à se faire saigner, et la douleur le tira de sa transe meurtrière. Il tenta finalement de se calmer, haletant, le corps en fusion.
Lorsqu'il ferma les yeux pour reprendre sa respiration, il revit le visage poupin de Rey, ses grands yeux minaudant, tandis qu'elle lui disait qu'elle resterait avec lui pour l'éternité s'il le demandait. Il l'avait demandé, bon sang ! Il lui avait dit de ne pas y aller, de ne pas mourir, et elle n'en avait fait qu'à sa tête.
Le feu qui déclinait dans son cœur s'embrasa à nouveau, la frustration plus grande, la colère envers Rey cette fois-ci. Et ce fut avec l'aide de son sabre laser, amené à lui par le biais de la Force, qu'il acheva de saccager la chambre. La Jedi avait dormi sur ce lit, alors il ne resterait rien de ce lit. Revivre les souvenirs de son corps nu dans les draps, ou de son éclat de rire dans la pièce le transperçait, plus vif encore que des millions de sabres lasers logés dans son cœur. La table où elle avait travaillé toute la nuit y passa aussi, sans pour autant calmer le jeune homme. Lorsqu'il trouva un bout de tissu qu'elle avait oublié dans sa fuite précipitée, elle fut incapable de le détruire, et il le porta à son nez pour s'imprégner de l'odeur de la belle. Elle lui manquait déjà.
Une fois son envie de violence passée, il s'effondra au milieu des débris, le nez dans le tissu de Rey et les yeux vides fixés sur le cadavre de lit où il avait passé le plus beau moment de sa vie, dans les bras de l'unique femme qu'il aimait et n'aimerait jamais.
L'amour le perdrait. Plus encore que la colère et la frustration qu'il ressentait pour la jeune femme, il ne pouvait s'empêcher de la désirer, de la chérir et de l'aimer, encore et pour toujours. Une fois sa rage totalement apaisée, il poussa un long soupir de lassitude. Il était perdu. Il ne savait que faire.
« Que s'est-il passé ici ? » demanda la voix sérieuse de Zaraim, et Ben tourna la tête dans sa direction, essayant d'afficher un visage neutre, et non pas à l'image de ses sentiments, déchirés et meurtris.
« Elle est partie. » se contenta-t-il d'articuler péniblement, les mots lui faisant mal, la gorge serrée.
Zaraim hocha simplement la tête, parfaitement conscient de la situation. Il fit quelques pas dans la pièce, et jeta un coup d'œil rapide pour évaluer le niveau de destruction.
« Pourquoi est-elle partie ? » sollicita de nouveau le guerrier.
Ren lui adressa un regard glacial, qui électrisa le sang du guerrier. L'air s'alourdit considérablement, mais pas assez pour décourager le preux chevalier.
« Ce n'est pas le moment, Zaraim, je ne veux pas en parler. Laisse-moi seul. »
Le guerrier s'adossa contre un mur épargné, croisant les bras sur son torse, avant de soupirer légèrement. Connaissant Kylo Ren, il savait qu'il avait besoin de dire ce qu'il avait sur le cœur au lieu de ruminer sans cesse. Et il ne fallait pas presser le maitre, celui-ci se braquerait encore plus. Zaraim avait le temps, et il le mettait toujours à disposition pour le guerrier.
Finalement, il fallut une dizaine de minutes pour que la poussière retombe dans la chambre, et que le cœur de Ren cesse de battre avec amertume. Lorsqu'il se retourna vers Zaraim, il n'était pas forcément plus serein ou moins confus, mais au moins, il n'était plus colérique, juste nostalgique.
« Elle avait dit qu'elle resterait pour l'éternité avec moi si je le lui demandais. Et ce matin, lorsqu'elle a reçu un appel de ses amis de la Résistance, elle n'a pas tenu sa promesse. Elle est partie. Elle m'a demandé de me joindre à elle et de me battre à ses côtés, d'entrainer mes Chevaliers derrière-moi. »
« Pourquoi ne pas avoir accepté ? » demanda, pensif, Zaraim.
« Parce que c'est du suicide ! Il y a très peu de chance de s'en sortir vivant, et je ne veux sacrifier personne ! Surtout pas la vie de mes Chevaliers. »
Kylo Ren s'était désormais levé, et il tournait en rond dans la pièce, comme un animal en cage. Voir que son second ne comprenait ses réactions le confrontait encore plus à son erreur, et le frustrait.
« Vous décidez donc de sacrifier la vie de votre bien-aimée ? »
Le Chevalier Noir sursauta, frappé par la véhémence et la froideur dans sa voix, lui qui était d'habitude si neutre. Il se retourna vers son guerrier, fronçant les sourcils. Il était confus et brisé par la dispute avec Rey, il n'avait pas forcément envie d'entendre les réprimandes de son second.
« Je te demande pardon ? » fit-il tout de même, comme pour espérer qu'il avait mal entendu.
Zaraim perdit son air assuré lorsqu'il vit l'ombre passer sur le visage de son maitre. Il se releva rapidement, et croisa les mains dans son dos, avant de se positionner dans l'embrasure de la porte.
« Depuis que les Chevaliers s'occupent des enfants, les combats et les missions ne sont plus notre priorité. Et je crois, si j'en écoute les messes basses, que certains chevaliers ne seraient pas contre le fait de se dérouiller les poignets. Et puis il serait dommage, maitre, de regretter votre bien-aimée pour un acte d'égoïsme pure. Cela étant, ce n'est que mon humble avis, je vous signale simplement que les Chevaliers vous suivront quel que soit votre décision. »
Et le Twi'lek planta Kylo Ren là, le laissant seul avec ses pensées, avec les paroles de son ami à ruminer, et sa décision à planifier. Mais les Chevaliers de Ren ne pouvait plus rester inactif. Il était temps de bouger. Il était temps aux Chevaliers de renaitre de leurs cendres.
Sorcière, se dit Zaraim. Elle pensait avoir échoué, mais elle avait bel et bien changé le maitre.
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Les paroles de Zaraim avaient profondément secoué Ben. Son second avait raison : les Chevaliers étaient las de jouer aux baby-sitters, et la guerre n'était pas finie. Et si Rey mourrait … Bon sang, il osait à peine y penser. Si elle mourait, une partie de lui mourrait avec elle. Il ne pouvait pas laisser cela arriver. Personne ne toucherait à la femme qu'il aimait du plus prochain de son âme. Parole de Ren.
Dix minutes plus tard, il sortait de sa chambre saccagée, le sabre à la main, la détermination dans les yeux. Zaraim avait déjà rassemblé les troupes, et assignait les plus jeunes Chevaliers à la garde des enfants. Hors de question de les prendre sur un champ de bataille.
« Direction Ord Lithone ! » s'écria Kylo Ren, brandissant son sabre laser allumé, sous les cris féroces de ses Chevaliers, prêt à en découdre.
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Les dernières heures furent les pires. La Jedi était éreintée par son entrainement, mais elle ne pouvait pas s'endormir, risquant de louper la sortie de l'hyper-vitesse et de louper la planète. Elle avait également faim, ayant noyé une partie de son chagrin dans les maigres provisions qui restaient de son premier voyage. L'espoir n'était pas mort en elle, mais l'espoir ne faisait pas pour autant avancer le temps.
Lorsqu'elle avait fait le voyage la première fois, elle avait eu de quoi s'occuper. Lire les livres des Jedi, se reposer, penser à Kylo Ren sans ressentir ce pincement au cœur lancinant. Le retour était long, marqué d'amertume et de déception. Elle essayait de ne pas céder aux larmes : à quoi bon verser quelques gouttes pour cet idiot qui n'en valait pas la peine.
Lassée, elle alla s'installer sur le siège de pilote, laissant son regard voguer dans le noir strié du cosmos défilant. Ce paysage avait quelque chose de relaxant, mais aussi quelque chose d'angoissant en même temps. Elle trouvait fascinant la façon dont un vaisseau pouvait bondir d'un endroit à l'autre en quelques temps. Le temps était relatif, différent dans chaque planète et horizon qu'elle visitait. L'espace l'envoûtait. Si quelqu'un lui avait dit, enfant, qu'elle voguerait librement dans le cosmos à bord du célèbre Faucon, elle se serait sûrement moquée de ladite personne. Mais pourtant, elle était là. Esclave de ses sentiments pour un criminel, perchée au sommet d'une Résistance alors que les filles de son âge passaient plus de temps à trouver un prétendant qu'un plan pour survivre. Pourtant, en ressassant ses souvenirs, revenant inlassablement à Jakku, elle se dit qu'elle ne regrettait pas forcément tout ce qui lui était arrivé.
Elle avait bien vécu. Si l'ange de la guerre venait lui couper les ailes au cours de la bataille à venir, elle partirait sans regret. Elle n'avait certes pas réussi à ramener Ben, mais ce dernier était sans espoir désormais. Elle abandonnait, et se concentrait sur les choses qui valaient vraiment la peine. La guerre par exemple.
« Si la Résistance gagne la guerre, je jure de ne plus jamais me battre pour les dix prochaines années de ma vie. » souffla-t-elle à elle-même, comme une sorte de promesse ou de testament. Elle ne savait pas encore trop sur quel pied danser. Les chances de s'en sortir vivant étaient infimes.
L'instant d'après, l'ordinateur de bord s'affolait et le Faucon sautait hors de l'hyper-espace. Le cœur meurtri de Rey se réchauffa en voyant la petite planète, et elle amorça la descente dans la stratosphère avec un léger sourire en coin.
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La promesse qu'elle s'était faite à elle-même de ne plus pleurer dans la journée fut bien vite balayée, lorsqu'elle fondit littéralement en larmes, le corps chaud de Finn contre le sien. Elle n'était partie que quelques jours. Quelques longues heures, si loin de ses amis et de ses protégés. Mais le retour était encore plus déchirant que le départ, surtout qu'elle devait leur annoncer la terrible nouvelle. Elle avait échoué. Elle n'avait pas réussi à recruter des troupes.
Elle ne savait pas trop si elle pleurait parce qu'elle était émue de voir son ami, parce qu'elle avait bafouillé l'espoir que les autres avaient mis en elle, ou parce qu'elle était tout simplement trop fatiguée pour contenir son trop plein d'émotions.
« Si tu continues à chouiner, Rey, tu vas noyer la planète entière ! » s'insurgea un Poe plus taquin que jamais.
« Tais-toi donc, Poe ! » rit la Jedi.
Mais Rey ne se leurrait pas, elle n'était pas sotte. Derrière le sourire et l'apparent éclat de rire du pilote, il y avait un sérieux qui détonnait dans ses yeux.
La guerre était là, et elle laissait des marques indestructibles. Si elle ne faisait pas que du bien, au moins, elle avait eu le mérite de rapprocher les deux garçons. Et malgré les temps difficiles, elle percevait une certaine douceur dans les œillades que Finn et Poe s'échangeait. Elle était heureuse pour eux, mais les mots acides de Ben venaient chanter à son oreille, et son sourire s'envolait.
« Alors, où est ce bon vieux Kylo Ren ? » osa demander innocemment Poe, espérant de tout cœur que la jeune femme lui annonce une bonne nouvelle, qu'il avait tant besoin d'entendre.
Le sourire de la belle, qu'elle forçait depuis son arrivée, se fana, et son regard s'assombrit. Elle n'osa pas remonter la tête, croiser les regards de ses amis et y lire de la déception. Tout ce qu'elle fit fut de se tourner pour regarder par la fenêtre et soupirer, et soupirer.
« Je suis rentrée seule. » fit elle simplement, et se mordit les lèvres pour lutter contre son chagrin omniprésent. La main de Finn, chaude et réconfortante, se posait sur son épaule.
Soudain, émanant de la base dans un son strident reconnaissable entre tous, l'alarme se déclencha. Rey se retourna vers ses amis, horrifiée. Et Poe, avec son humour éternel à toute épreuve, pointa le ciel d'un bleu magnifique.
« Tu es sûre que tu es venue seule ou tu nous fais une farce ? Hein, Rey, dis-moi que ces vaisseaux sont là pour nous venir en aide et pas pour mettre fin à notre petite mascarade ? »
Rey et Finn se tournèrent vers le point qu'indiquait le pilote. De secondes en secondes, des petits noirs se multipliaient dans le ciel, menace sourde et éminente.
« Que la Force soit avec nous. »
Et elle espérait que la Force serait clémente, aujourd'hui encore.
J'adore les cliffhanger, sérieux, hahaha. Du coup, le prochain chapitre sera explosif, vous imaginez bien. Sinon qu'est ce que vous en pensez ? Vous pensez que Ren va arriver avant la fin de la bataille ? Surpriiise !
Un peu de Strompilot, en plus, vous êtes servis ces derniers temps !
Bref, bisous bisous à tous et à la prochaine fois !
