Disclaimer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« L'espace d'un instant, chacun de nous se remémora une chose terrible dont il avait été témoin, peu importe laquelle. Souvenirs différents, effet identique. Les aurors, les médicomages d'urgence, les pompiers… Nous sommes nombreux à ne pas avoir besoin de fantômes pour être hantés. La mémoire se débrouille très bien sans aide ».
-Maxime Reed.
Chapitre 98 : Porpentina Goldstein, ou début de mission.
C'était une salle aussi hostile que la salle d'interrogatoire où Grindelwald l'avait condamnée à mort. Les murs, les meubles… Tout était noir. Les seules couleurs venaient des chemises blanches du trio qui lui faisait face. Hector Bluesky, Chef Fédéral de tous les Exterminateurs des États-Unis. Maxime Reed, son bras droit. Mercy Lecay, ancienne auror reconvertie dans seule la Magie sait quoi. Rien qui donnait envie d'assister à cette réunion. Surtout qu'elle était seule pour leur faire face.
Mais ils étaient tous de son côté, du moins elle voulait le croire. Ils luttaient tous contre le mage noir et ses adeptes. Elle était restée dans les règles du MACUSA, contrairement aux autres mais cela avait peu d'importance, ce qui comptait était de se dresser contre l'ennemi commun.
Mais, en ce qui concernait Croyance… les avis divergeaient. La plupart de ses compagnons de luttes se félicitaient de son éradication pure et simple et à leur décharge, ils ne le connaissaient que comme un destructeur, un élément incontrôlable et hautement dangereux. Elle, elle voyait en lui un enfant maltraité par une marâtre infernale qui sommes toutes avait mérité son sort. On ne peut brutaliser impunément un enfant toute sa vie et se plaindre de le voir un jour se révolter. Même si en l'occurrence, la révolte avait été un peu excessive… Elle ne pouvait le nier ! Mais elle savait la vie de tortures que Croyance avait enduré. Lui, était la vraie victime, celle qui lui servait de « mère », non… Le plus triste de l'affaire était la mort de Croyance, avec un peu de temps, quelques minutes peut-être, elle aurait pu le raisonner, le ramener au calme et après, on aurait sans doute pu le soigner, le sauver de son démon intérieur ou du moins lui apprendre à le maîtriser. Oui, le plus triste de tout cela était le sacrifice de cet innocent. Même s'il avait du sang sur le mains, il n'était pas responsable de son destin et la communauté des sorciers d'Amérique aurait dû le protéger au lieu de le tuer sans chercher à le comprendre…
Mais, le MACUSA était rétrograde, ancré sur de vieilles pratiques par de vieilles lois obsolètes, telles celles empêchant toutes les relations sorciers-non maj's… Ils n'étaient pas tous des idiots, obtus et incapables d'accepter les différences. Le temps passé avec Jacob avait été heureux et il avait montré une grande ouverture d'esprit, capable d'accepter un bouleversement de ses certitudes sans problèmes. Beaucoup plus que le MACUSA qui avait insisté pour l'oublietter malgré les services importants rendus. Si quelqu'un avait montré sa valeur et son courage s'était pourtant bien Jacob qui n'avait pas hésité à lutter à leurs côtés sans avoir le moindre pouvoir pour le protéger.
-Il a survécu, annonça Lecay d'un ton parfaitement neutre.
-Qui ?
-Votre protégé, le jeune Croyance Bellebosse.
-Comment ?
-Je le sais c'est tout ! Je me suis tue jusqu'à maintenant car je ne voulais pas informer la Présidente de cet état de choses, elle aurait lancé son armée à ses trousses pour finir le travail ! Mais maintenant, je sais de sources sûres que les adeptes de Grindelwald sont à sa recherche et il est important de le retrouver avant eux.
Croyance était vivant… C'était… Elle ne pouvait y croire. Si, c'était une bonne nouvelle ! Elle allait pouvoir tenir la promesse qu'elle lui avait faite.
-Mais, la quantité de sorts…
-Mademoiselle Goldstein, la coupa Lecay. J'ai consulté un ouvrage datant d'avant le Code du Secret Magique, écrit par une Prêtresse d'Avalon qui avait étudié les Orbscurus… On ne peut les tuer que lorsqu'ils sont sous leur forme d'Obscurial. Faire ce qu'on fait les aurors affaiblit seulement l'Obscurus, mais n'est pas mortel pour la personne porteuse.
Bref, on pouvait les tuer que lorsqu'ils sont sous forme humaine. L'instinct d'auror de Tina lui soufflait que Lecay ne disait pas une partie de l'histoire. Dont la partie la plus intéressante : comment avait-elle fait pour se procurer un livre aussi vieux… Un grimoire familial. Un grimoire contenant tous les travaux et tout le savoir d'une famille. C'était la seule solution. Il y avait peu de familles qui en possédaient un en Amérique pour la simple et bonne raison que les sorciers européens y ayant immigré faisaient rarement partie des branches principales des familles. Comment avait-elle pour convaincre une famille de lui permettre de consulter un ouvrage aussi vieux que celui qu'elle prétendait avoir lu ? Peut-être que c'était celui de sa lignée, mais la femme devant elle n'avait rien d'un descendante d'une aussi vieille famille, pas la moindre petite chose qui pourrait amener à penser qu'elle faisait partie de l'aristocratie sorcière.
-Alors…
-Alors, il va bien de ce que j'en sais, la coupa Lecay. Du moins aussi bien que l'on peut aller quand notre seule famille est une petite fille que l'on a traumatisé en tuant nos maman et autre sœur sous ses yeux… Et que la communauté magique dont vous faites partie vous a fait clairement comprendre que vous n'avez pas votre place parmi vos semblables.
Pour l'instant, seule Lecay parlait. Elle semblait la plus inoffensive du lot, mais l'instinct de Tina lui murmurait qu'elle était comme l'eau d'un fleuve tranquille. Douce et apaisante en surface mais dont les remous sont, en réalité, capables de vous happer et de vous noyer sans aucun remords.
-Vous êtes la seule parmi tous les sorciers d'Amérique a l'avoir côtoyé sans avoir rien d'autre à l'esprit que le bien-être de ce jeune homme. Vous êtes donc la seule personne a pouvoir l'approcher en étant certaine que son Obscurus ne vous identifiera pas de suite comme une menace, développa Lecay.
-On voudrait que vous éliminiez de l'équation, intervint Bluesky sans doute pour couper court au débat.
-Vous voulez que je me serve de ce lien pour le tuer ! S'indigna Tina.
-Non.
Le ton de Reed était sec et cassant.
-« Éliminer de l'équation » n'était pas dans ce sens là.
-Il existe un refuge pour les gens comme lui… Ou votre sœur. Pour les sorciers que beaucoup de personnes considèrent comme des sous-êtres, fit doucement Lecay. Un refuge où ils ne sont pas prisonniers, mais, où ils peuvent y apprendre à contrôler leurs pouvoirs… Nous pensons qu'il serait mieux pour Croyance d'y aller… Qu'il voit qu'il n'est pas le seul à devoir se battre avec sa propre nature.
-Vous parlez comme si vous saviez ce qu'il peut ressentir, attaqua Tina.
Elle ne comptait pas entrer dans l'étude de la personnalité de Queenie, son besoin intense de tendresse, de compréhension et ses pouvoirs. Se pouvait-il que son inclination pour Jacob soit parvenue aux oreilles du MACUSA ou simplement de ces trois types ? Dieu fasse qu'il n'en soit rien, Queenie n'était pas de force à se défendre face au gouvernement, elle était trop fragile, trop sur la corde raide… Elle allait devoir lui en parler sérieusement, l'amener à renoncer, elle la soupçonnait de vouloir enfreindre la loi et d'envisager les moyens de rentrer en contact avec son boulanger...
Certes, s'ils disaient vrai, elle n'avait aucune raison pour leur être hostile, mais personne ne savait exactement ce qu'avait fait Lecay pendant deux ans avant qu'elle ne revienne. La rumeur qui revenait le plus souvent dans le MACUSA était « du boulot vraiment sale ».
-Je suis une Clairvoyante, mademoiselle Goldstein. Je sais ce que c'est d'avoir des démons intérieurs nés de sa propre magie. Fréquenter d'autres sorciers du troisième cercle m'a beaucoup aidé durant mon enfance… Ne pas être seul… Avoir une famille… Ce sont des choses importantes qui pourraient bien plus aider Croyance que tous les beaux discours que l'on pourrait faire autour de cette table, souffla Lecay.
-Nous savons que Grindelwald et ses fanatiques n'ont pas renoncé à l'utiliser. Et quoiqu'ils aient prévu de lui faire faire… Ce n'est pas bon, résuma Bluesky.
-Lorsque l'on parle de l'éliminer de l'équation, c'est de le mettre hors d'atteinte de ces personnes, précisa Reed.
-Par contre, si quelqu'un apprend que nous faisons preuve de compassion dans cette affaire… menaça Bluesky.
Malgré le sous-entendu la menaçant de représailles, Tina était heureuse que ces trois là aient décidé de sauver Croyance au lieu de le tuer. Elle n'était pas la seule personne censée de cette histoire.
-Ce que le vieil homme veut dire est qu'officiellement, nous vous chargeons de l'éliminer dans le sens tuer. Officieusement…
Lecay avait dit ces mots en lançant un regard noir à Bluesky. Tina ne savait pas si elle devait être choquée par ce que sous-entendait ce simple « officieusement » ou par le fait que Lecay ose appeler Bluesky « vieil homme » en face.
-Nous voulons que vous le retrouviez. Pour cela, vous devrez commencer par rendre visite à Gnarlack, je sais que vous le connaissez, il a des informations intéressantes sur Croyance Bellebosse mais aussi et surtout sur les mages noirs, il a reçu la visite de certains d'entre eux…
Elle savait parfaitement qui était Gnarlark, lors de leur dernière rencontre, il les avait dénoncé aux aurors, et, Jacob l'avait joliment mis KO, un bon souvenir que l'air stupéfait et béat de Gnarlak dans les limbes de l'enfer, le connaissant...
-Vous devez parler à personne de votre mission.
-À personne… Répéta Tina.
-Il s'agit d'une opération noire, mademoiselle Goldstein, résuma Bluesky. Que ce soit en réussite ou non, les gouvernement des États-Unis niera son implication. La vieille bique à ma droite est là car elle a passé les deux dernières années à en mener, ou diriger, plusieurs… Elle connaît donc la musique et pourra vous guider dans cette tâche.
La vieille bique, alias Lecay, le fusilla du regard : bique peut-être, ça pouvait se concevoir, vieille sûrement pas… semblait-elle lui répondre.
-Pour résumer, si ça rate, nous finissons dans le même trou, déclara Lecay d'une voix douce.
-Et oui, appuya Reed d'un ton joyeux.
-Toi, tu n'as toujours pas digéré tes donuts.
-Les enfants… Soupira Bluesky en faisant un clin d'œil complice à Tina. On ne peut pas les laisser cinq minutes sans surveillance…
Tina avait entendu parler des donuts offerts au matin au retour de mission de Reed par Lecay. C'était même devenu une blague dans le service des aurors… depuis, les boîtes de ces pâtisseries ouvertes, laissées à disposition avait tendance à ne plus disparaître ! Le vieil homme avait dit ça d'un ton qui se voulait agacé, mais le regard qu'il portait sur Lecay et Reed… C'était le regard d'un père qui était fier de sa progéniture et qui serait encore fière d'elle si elle venait pisser sur sa tombe, car il allait sans dire, qu'ils le feraient avec respect, grâce et délicatesse.
-Si vous avez besoin de quoique ce soit, prenez contact avec Mercy, dit Bluesky en posant un poudrier devant lui. Elle a la formation et les connaissances nécessaires pour vous aider quelques soient les circonstances. Ce miroir est à double sens. Vous n'aurez qu'à dire son nom et celui de Mercy la préviendra que vous cherchez à la joindre. C'est un moyen discret et efficace qui a déjà fait ses preuves.
Tina regarda les deux autres aurors en train de se chamailler pendant que leur patron lui expliquait les modalités de sa mission. C'était… Incongru. Où étaient le sérieux, le professionnalisme et la dureté légendaires des Exterminateurs ?
