Bonjour tout le monde ! Vous êtes prêts pour votre dose hebdomadaire de Binarité Astrométrique ? Moi oui, mais moi je suis toujours prête ! Et avec ce chapitre, on entre malheureusement dans la phase final ! Et oui ... Ne pleurez pas trop, on se retrouvera toujours pour notre dose de star wars !

En tout cas, je voulais tous vous remercier pour vos reviews, votre soutien, comme toujours sur l'histoire ! C'est génial ! Je prend beaucoup de plaisir à lire vos retours ! Merci beaucoup !

Sinon je tiens à préciser que dans ce chapitre particulièrement, certains points s'éloignent du canon de star wars, et du film. Je suis tout à fait consciente que mon histoire serait impossible à en faire un film, mais elle me plait comme ça, alors j'espère qu'elle vous plait à vous aussi. Quoiqu'il en soit, n'oublions pas qu'il s'agit d'une fanfiction ! Peace and love friend !


Réponses aux reviews :

neeed : Quel bonheur de retrouver un fidèle lecteur ! Heureuse que l'histoire te plaise toujours, en espérant que la suite continue à le faire !

La Chapeliere : Mamamia, tu sais ce que je pense de tes reviews. Et ton retour sur le dernier chapitre *pleure* Tu aimes Zaraim, et bien tu vas l'aimer dans ce chapitre, puisque c'est l'introspection, tatatata, et j'adore ce perso, hahah, j'espère qu'il te plaira aussi, et que l'adaptation de mon Ben jeune te plaira aussi. Ben ou Snoke, hein ... Tu es au courant que je ne peux pas répondre à cette question ! Du coup, je dirais Rey, et je te laisse mariner avec ça ! Et sache que si tu aimes les cliffhanger, tu vas t'arracher les cheveux à la fin de tous les chapitres à venir, mdrrr Bref enjoy la lecture ma belle, j'espère que ça te plaira !

x-Beautiful Blass -x : Sadique c'est mon deuxième nom ! Contente que ça te plaise, en espérant que la suite continue à le faire tout autant !

NoChaDaiSAlamander : Des critiques sont aussi très appréciés, surtout que tu l'as dit, je souhaite faire plus que des fanfictions, et on ne s'améliore pas qu'avec des compliments ! Concernant le Twi'lek, la developpement était en cours, je ne voulais pas le faire trop tôt dans les chapitres, c'est pour ça que ça vient ici. Avant, il était pas vraiment un personnage important, mais avec la bataille à venir, on le verra plus ! Et je suis d'accord, Rose sert vraiment à rien, mais je pouvais pas simplement l'éclipser puisque je fais une "suite du film". Du coup, au moins elle sert pour développer Titouan, même si, comme tu dis, elle rate ses histoires d'amours, quoi, ahahhaha ! Sinon, pour justifier l'absence de politique, c'est simplement parce que je voulais centrer mon récit sur la romance des personnages, sur l'avancement de la guerre. Pour moi, à mon sens, la politique n'est pas vraiment quelque chose qui serrait pour Rey, et je préfère la confronter vers la fin au moment où elle devra prendre vraiment des décisions. En gros, la politique a été volontairement éloignée de mon histoire, pour mieux en parler à la fin (enfin, je crois). Ah, et oui, j'oublie souvent malheureusement nos pauvres droides et Chewie, mais comme j'ai dit avant, pas facile d'intégrer ces personnages dans un récit centré sur la romance, hahaha. Mais heureusement, ils sont un peu là dans les chapitres à venir ! Sinon, par désolation de smaug, tu entend quoi ? ahhah, parce que j'ai vraiment les penchants d'en faire, et je sais déjà comment fini l'histoire, mdrrr

En tout cas, merci beaucoup de ta longue review, j'espère que mon histoire t'a plu tout de même et que tu continueras à l'apprécier ! Merci beaucoup !

liceChubbyBab : Hamilton c'est toute ma vie, mon dieu ! ;_; Merci de tes gentils commentaires sur l'histoire hahhaa, j'espère que la suite continuera à te plaire ! Et du coup, c'est laquelle ta chanson préféré de Hamilton ? (moi j'hésite entre la battle of yorktown, burn, the room where it happens, mais je les aime toutes, bon sang )

Laura-067 : A vrai dire, ça a été glissé dans le chapitre d'avant, mais c'est très dur à déceler. Il s'est passé moins de deux heures entre le départ de Rey, et celui de Ren ! Mais la précision est faite dans le chapitre suivant ... Concernant le reste de tes questions, je te laisse le plaisir de le découvrir en lisant .. Mercii du soutien, en espérant que la suite te plaise !

Bisous à tous !


Bonne lecture !


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Take it or run, run, run

I wanna let you down

You're gonna bleed traffic light for my fun

So I can breathe as you will drown

Blind, blind, blind

Blinding is the rush

Cold is its hand

The time is like quicksand

The Erised – Run

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En deux heures, il pouvait se passer n'importe quoi. Le soleil pouvait se lever ou se coucher, illuminer la lande, ou inversement, la plonger dans des ténèbres sempiternelles. Les nuages pouvaient grignoter chaque parcelle de ciel bleuté, colorant le céruléen d'un gris sel et poivre, qui rimaient souvent avec averses et bourrasques. L'océan pouvait déborder. La terre pouvait s'inverser. Et le temps pouvait s'arrêter.

Mais surtout, le cours d'une guerre pouvait changer. En deux heures, il pouvait se passer n'importe quoi. Les Rebelles pouvaient prendre le dessus et ressortir victorieux de la bataille, tout comme le Premier Ordre pouvait sortir un as de sa manche, et abattre ses cartes. Deux heures …

Peut-être que lorsqu'ils atterriraient sur Ord Lithone, les cadavres joncheraient le sol. Peut-être que parmi les cadavres, il y verrait les visages connus de certains généraux du Premier Ordre. Peut-être … Peut-être que parmi les dépouilles, il y reconnaitrait le seul visage qu'il ne désirait pas reconnaitre. Et peut-être que l'océan dans ses veines déborderaient, que la terre parfaitement balancée dans sa tête s'inverserait, que le temps s'arrêterait, entrainant paradoxalement la fin de la flamme ardente qui brûlait en lui. Deux heures.

Elle était peut-être déjà morte, il n'en savait rien, après tout. Mais Kylo Ren rejeta bien vite cette idée. Il ne voulait pas y penser, il ne pouvait pas. De toute manière, si Rey était morte, il l'aurait su. Il l'aurait su au plus profond de son cœur, de son âme, de son être. La Force le lui aurait dit. Parce que, même si la jeune femme n'était pas à ses côtés, il ressentait sa présence, sa lumière auprès de lui. Un peu à la même manière dont il avait souvent ressenti la présence de sa mère.

Ben l'avait su lorsque Leia était morte ; sa lumière, sa chaleur logée près de son cœur, s'était éteinte. Sa mère l'avait laissé seul dans les ténèbres, alors que sa flamme était la seule qui lui tenait la tête hors de l'eau, qui l'empêchait de se noyer. Heureusement pour lui, la flammèche ne s'était jamais éteinte, et elle s'était même embrasée lorsqu'il avait croisé le regard de Rey pour la première fois. Et il savait, il le ressentait au plus profond de lui. La flamme fervente, brûlante, captivante, qui caractérisait son amante dansait toujours, semblant lui conter et lui chanter la douce vérité. Elle était encore vivante. Et il devait la rejoindre. Ne pas laisser la flamme s'éteindre. Et le temps s'arrêter.

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Le maitre était inarrêtable. Il tournait en rond, comme un lion entre des barreaux dorés, sans jamais s'immobiliser. Perdu dans ses pensées, il ne prêtait attention à personne, ne répondait pas lorsque certains chevaliers lui posaient des questions, et gardait son regard désespérément plongé dans les rayures de l'hyper-espace.

Une trentaine d'heure que les Chevaliers volaient en vitesse lumière, et jamais Kylo Ren ne s'était assis, nourris ou reposé. Il demeurait stoïque, debout devant la vitre transparente. Zaraim avait essayé d'aller lui parler, mais le maitre était fermé à tout, surtout à la communication. Il ne cessait de ressasser les derniers évènements, d'angoisser, et d'espérer que la fille s'en sortirait. Les Chevaliers étaient partis moins de deux heures après le départ de la femelle, et dieu seul savait qu'il pouvait s'en passer des choses en sept cent vingt minutes.

Zaraim était le mieux placé pour comprendre. Le temps passait si vite, et il ne comptait plus les heures qu'il avait sacrifié pour son maitre.

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La première fois que Zaraim rencontra Luke Skywalker, et par extension, Leia Organa et Han Solo, il venait juste de s'échapper de l'usine d'armement Alpha situé sur la lune Cymoon 1. Les rebelles avaient organisé un commando, visant à obtenir des informations sur un échange commercial. Seulement, ces derniers s'étaient retrouvés coincés, et ils n'avaient pu s'échapper seulement grâce à l'aide des prisonniers de l'usine, dont le Twi'lek et sa mère faisaient partis. Le petit était fin, malin, et il avait ce pouvoir étrange entre ses doigts, qui lui permettait de déplacer les grilles d'aérations et de savoir quel couloir emprunter même sans les avoir jamais visités.

Lorsqu'ils s'échappaient tous de l'usine qui explosait, Luke Skywalker s'était approché de lui, et le gamin s'était caché dans les jupes de sa mère.

« Tu as un énorme potentiel ! » avait dit le Jedi. « Que dirais-tu, lorsque la guerre prendra fin, d'apprendre à utiliser ce pouvoir et à représenter la prochaine génération de Jedi ? »

Zaraim était trop jeune, peut-être trop ignorant pour comprendre les mots et les enjeux que lui proposait Luke. Mais il accepta. Sans réfléchir. Jedi semblait être cool, si cela lui permettait d'être un héros, de ressembler à Luke, et de se battre avec ces sortes de bâtons lumineux.

« Où pouvons-nous aller désormais ? » demanda la mère Twi'lek, désignant son fils et le reste des esclaves à ses côtés. « Nous sommes des fugitifs désormais. »

Il y avait de tout à bord. Des Zabracks terrifiés, des Mon Calamaris aux yeux écarquillés, et même des Togrutas qui communiquait en twi'leki avec les autres prisonniers Twi'lek. Luke avait regardé Leia, qui assistait à la scène depuis le début, silencieuse. « Ryloth a été libéré, n'est-ce pas ? » finit-elle par souffler. « La planète est sûre, et pas trop loin d'ici. »

Sans plus tergiverser, Luke Skywalker, Leia Organa, et Han Solo les déposèrent sur Ryloth, planète natale des Twi'lek, les aidant à trouver un abri sûr où les marchands d'esclave et quelques espions de l'empire ne risquaient pas de les trouver. Puis, ils repartirent, avec leurs airs chevaliers sur le visage, promettant mont et merveilles, comme de gagner la guerre, et de revenir vite pour honorer leur promesse. Leurs paroles vendaient du rêve, et faisaient renaitre l'espoir.

Les dernières mots de Luke résonnaient dans la tête de gamin. Le combattant lui avait promis. Rétablir la paix dans la galaxie. Revenir le chercher et l'entrainer. Créer une nouvelle génération de Jedi. Les étoiles dans les yeux, Zaraim avait gardé son regard fixé sur le firmament changeant de la planète tellurique. Le fameux héros n'était finalement jamais revenu, brisant les espoirs de l'enfant. Cependant, la nouvelle de la chute de Darth Vador, et de l'Empire Galactique avec lui, s'était répandue comme une trainée de poudre. Et le jeune Twi'lek s'était remis à espérer. Mais Luke n'était jamais revenu.

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La première fois que Zaraim rencontra Ben Solo, et par extension, retrouva Luke Skywalker, il venait juste de donner de la soupe à sa mère alitée, et il retournait battre la terre pour la rendre plus clémente. Les temps étaient durs sur la chaude planète ; sa peau avait rougi sous les affronts du soleil, sa mère était tombée malade, et une bonne partie des esclaves avaient fini par déserter le terrain aride, recommençant une nouvelle vie dans un endroit plus propice. Zaraim n'avait jamais abandonné sa mère, trop faible pour entreprendre un voyage, et il était resté sur cette maudite planète jusqu'à ce que le Faucon Millénium se pose dans le creux du canyon environnant.

Ben Solo était encore un enfant, pas encore un adolescent. Caché derrière les frappes de Luke, son regard noir froid baissé, il ne lui adressa à peine qu'un léger regard fuyant. Le Twi'lek détesta immédiatement l'humain.

« Je ne t'avais pas oublié. » dit simplement Luke, et Zaraim prit ses paroles pour des excuses, obliquant simplement la tête pour signaler qu'il comprenait, et qu'il pardonnait. « Est-ce que tu veux toujours t'entrainer et devenir un Jedi ? »

Le cœur du Twi'lek se gonfla de joie à ses mots, mais quelque chose le retenait. Lentement, il jeta un coup d'œil derrière lui, à la petite maisonnée faite d'argile, et il baissa les yeux. Il ne pouvait pas laisser sa mère, ses quelques amis, l'endroit où il s'était reconstruit une vie. Pourtant, à tout bien considéré, il ne pouvait rejeter la proposition de Luke. Il avait ce pouvoir qui sommeillait en lui, depuis tant d'années maintenant, qu'il ne pouvait pas laisser l'opportunité s'en aller. Bon sang ! Luke Skywalker, le héros de guerre, revenait pour lui ! Il devait y aller !

« Ne t'en fais pas pour ta mère ! La planète que j'ai choisie pour vous entrainer … » Il s'écarta pour pousser le jeune Ben Solo devant lui, le présentant à la volée. « … mon neveu, toi, et quelques autres enfants, n'est pas très loin d'ici. Je te promets que tu pourras venir la revoir quand tu le voudras. Et puis … Avec la Force, ce pouvoir qui sommeille en toi, une fois maitrisé, tu seras capable de sentir l'énergie de ta mère peu importe où tu seras dans la galaxie. »

« Zaraim… » dit une voix derrière lui, et il se retourna vivement. Son visage se crispa lorsqu'il reconnut sa mère. Il accourut auprès d'elle, lui offrant un bras salvateur pour l'empêcher de tomber. « Ne t'empêche pas de vivre juste pour moi ! Tu es jeune, tu es encore libre. Tu n'es pas encore enchainé à la maladie. Tu dois y aller … Je ne te laisserai pas moisir ici ! »

« Mère, il faut que vous vous reposiez ! Les médicaments ne font pas encore effet … »

La mère le repoussa, affichant un air de battante, de fière, qu'il n'avait pas vu depuis des années. La Twi'lek était sûre de ses propos, et ses yeux criaient. Ils affirmaient la vérité, celles que Zaraim ne voulait pas entendre. Elle irait bien. Avec ou sans lui. Il devait partir. Et commencer à vivre.

« Prenez soin du petit. » dit-elle simplement à Luke, et il inclina la tête pour accepter la promesse.

Une heure après, le Faucon Millénium s'envolait vers d'autres horizons, avec à bord, un Twi'lek partagé, et un humain déchiré.

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Zaraim détesta immédiatement Ben Solo. Il y avait quelque chose de faux dans ses yeux, toujours fuyant, comme s'il avait quelque chose à cacher, comme s'il commettait l'impardonnable. En fait, le Twi'lek n'arrivait pas à le cerner, et cela le rendait fou. Pourtant, l'humain était plus jeune que lui, 5 ans de moins, peut-être, et Zaraim n'avait jamais eu de peine à venir à bout des faibles esprits humains. Sur Ryloth, il s'amusait parfois à déstabiliser les enfants de l'affreuse espèce, grâce à ce pouvoir qu'il ne maitrisait pas mais qu'il sentait pulser en lui. Dieu qu'il détestait les humains. Ils étaient sales, mal élevés, et les guerres commençaient toujours à cause d'un stupide représentant de la race.

Le seul qu'il respectait était peut-être Luke, et il ressentait toujours la rancune de toutes ces années à attendre inutilement. Mais le passé était mort désormais, et il avait finalement rejoint le camp des Jedis. Il y avait beaucoup d'enfants, de plusieurs espèces différentes, mais aussi quelques humains. Il était le dernier arrivé.

« Tu vois ce gamin-là ? » avait dit un humain, à Zaraim lorsqu'il mangeait au refectoire, le soir de son arrivée, en montrant Ben Solo du doigt. « C'est le préféré de Luke Skywalker, parce que c'est son neveu ! Tchhh ! Regarde-le, à manger tout seul ! Il fait pitié ! Il croit que nous ne sommes pas assez bien pour manger avec nous ? Arrogant ! »

Et l'humain jeta de la purée sur le solitaire. Ben Solo ne se retourna à peine, essuyant simplement la pâtée qui coulaient sur sa joue. Un autre gamin lui jeta des légumes cette fois-ci. Et Zaraim, lui, jeta l'os du Nuna rôti qu'il venait d'engloutir.

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Un soir, il surprit une conversation entre Ben et Leia Organa Solo, comme le montrait l'hologramme. Zaraim n'était pas un voyeur, d'habitude, et il préférait s'occuper de ses affaires, mais les larmes du gamin l'avaient forcé à rester, à assouvir sa curiosité malsaine.

« Qu'est ce qui ne va pas, mon fils ? J'ai comme le sentiment que tu t'éloignes, que tu n'es plus le même qu'avant. Dis-le-moi si quelque chose ne va pas … »

Le regard de Ben était plongé vers le bas, sa voix presque éteinte, ses petits poings serrés sur le sol, près du projecteur magnétique.

« Je … crois que je suis perdu, mère. Je ne sais plus quoi faire ! J'entends cette voix, qui me guide et me porte compagnie, qui me parle la nuit, quand je dors. Je n'ose pas en parler à Maitre Luke. »

La silhouette de Leia s'élevait depuis le petit appareil magnétique, dans un bleuté lumineux. Zaraim était trop loin pour voir son visage, mais il imaginait son expression. Impassible, tiraillée entre l'envie de réconforter son fils ou d'accorder son attention à des choses plus importantes, comme la galaxie à gérer après la fin de la guerre ou son couple dans le déclin.

« Et tes petits camarades ? Ils entendent cette voix, aussi ? »

Ben hocha la tête, pour répondre à la question de sa mère. Il mentait, car Zaraim n'entendait aucune voix, et il était persuadé que le gamin, trop renfermé, n'avait posé la question à personne. Mais il resta dans sa cachette, à écouter, sachant pertinemment qu'il faisait quelque chose de mal.

« C'est peut-être quelque chose en rapport avec la Force … Tu sais, même si je suis une Skywalker et que je suis sensible à la Force, je ne la maitrise pas très bien. Luke a toujours été meilleur que moi pour ça. Peut-être que la voix que tu entends est sûrement une étape de l'apprentissage Jedi. Tu devrais essayer d'en parler à Luke, il sera -… »

« Leia ! » résonna la voix sèche de Han Solo.

La silhouette fit un bond, comme surprise, avant que son visage ne se grise. Soupir à l'autre bout de la communication. Leia se tourna, perdit son sourire condescendant et croisa les bras sur sa poitrine. Elle n'avait pas l'air bien enchanté de revoir le père de son enfant.

« Ton père est enfin rentré. » dit-elle sèchement. « Je vais être obligé de te laisser, mon fils, je suis désolée ! Ne t'inquiète pas trop, et si cette voix revient, parle en à Luke. Il sera de meilleur conseil que moi. Bonne soirée. »

Et avant que la communication s'interrompe, les cris de la jeune femme résonnaient dans la pièce, accusant le patriarche de ses absences à répétitions, de ses silences angoissants, du sang sur son blouson.

Et lorsque le calme survint, il ne restait dans la pièce plus que le son de la respiration hachuré de Ben Solo. L'atmosphère avait changé, chargée de dépit et de tristesse, et Zaraim sentit qu'il devait s'en aller au plus vite.

En reculant, pour sortir de sa cachette, une latte du sol craqua sous son poids, et Ben se retourna vivement vers l'origine du bruit. Nez à nez avec le Twi'lek, il fronça les sourcils de colère et bondit sur ses pieds.

« Qu'est ce que tu fais ici ? Tu es venu pour te moquer de moi ?! Va-t'en ! »

Et il n'en fallut pas plus pour que Zaraim déguerpisse. Mais ce soir-là, il ne ressentit plus du tout le même sentiment vis-à-vis de Ben Solo. Les larmes dans les yeux noirs du gamin l'avaient remué, et il se sentait comme impliqué dans la détresse du noiraud. Plus de colère devant ses silences ou d'agacement devant ses exploits, non non. Juste de la pitié.

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Pendant toutes les années qui accompagnèrent l'apprentissage, Zaraim n'embêta plus jamais Ben Solo, tout comme il ne se mêla plus non plus à l'humain arrogant qui avait jeté la purée sur ce dernier. A la manière de Solo, il restait dans son coin, décuplait ses efforts pour satisfaire Skywalker, et visitait sa mère dès qu'il en avait l'occasion. La marâtre se portait bien, mieux peut-être que lorsqu'il s'occupait d'elle lui-même, et comme l'avait promis Luke, il ressentait sa chaleur à travers la moiteur de la Force.

Luke avait recruté quelques autres enfants. Ben, Zaraim, et les autres élèves, dont l'humain arrogant, arrivaient à la fin de leur formation, encore une année, peut-être même moins. Ben Solo était encore adolescent, approchant dangereusement de l'âge adulte, tandis que Zaraim l'avait déjà dépassé depuis bien longtemps. En grandissant, le premier s'était bien plus renfermé sur lui-même, malgré le respect tacite qui s'était tissé entre lui et Zaraim.

L'humain arrogant de la purée n'avait jamais cessé d'embêter Ben Solo. Lorsqu'il ne lui jetait pas de la nourriture au visage, il s'amusait à le ridiculiser en public, devant Luke même, et à éloigner du rejeté tous ceux qui le prenaient en pitié. Et quand il ne s'occupait de pourrir la vie à Solo, il martyrisait les petits nouveaux, démontrant son écrasant pouvoir. Certains avaient essayés de l'arrêter, mais l'humain était doué, et il manipulait la Force avec vice. Et Zaraim, lui, préférait se tenir à l'écart, ne supportant définitivement plus cette race de narcissiques petits bipèdes mal élevés. De toute manière, il n'allait pas intervenir dans les petites querelles humaines.

Le problème était peut-être que Luke ne disait rien, il ne disait jamais rien. Ces derniers temps, il semblait dans ses pensées, et lorsque Zaraim le regardait, il fixait toujours Ben avec un air inquiet. Lorsque le Jedi surprenait le regard du Twi'lek, il souriait et détournait la tête, avant de trouver un prétexte pour éviter la conversation. Il ne s'occupait à peine des nouveaux.

Et ce soir-là, lors du repas, Zaraim s'était assis à l'écart, comme à son habitude, à la même table que Solo. Les apprentis Jedi mangeaient en silence, sauf l'humain qui étalait sa puissance et vantait ses talents. Certains nouveaux l'observaient avec envie, avec extase, peut-être même avec admiration. Seulement, au fond de la salle, il y avait un réticent, qui ne regardait à peine le fanfaron, se concentrant sur les légumes qu'il mangeait.

« Hé, toi ! Le mioche ! Pourquoi tu ne m'écoutes pas ?! Ce que je raconte ne t'intéresse pas ? »

L'adulte s'était approché de lui, et le dominait de sa grandeur. Loin d'être impressionné, le gosse lui jeta un regard froid, avant de poser sans bruit ses couverts.

« Pas vraiment non, je préférerai manger dans le silence. »

Et la gifle partit toute seule. Le silence s'installa dans le réfectoire. L'humain avait laissé son visage vantard se faner, au profit d'un air de colère et d'humiliation.

« Pas la peine de pleurer, minus ! C'est ta punition pour avoir manqué de respect à un de tes ainés ! »

L'enfant se tenait la joue, et malgré ses larmes au coin de ses yeux, son regard était enflammé, ardent. Enervé de ne pas réussir à faire taire les yeux de ce petit arrogant, l'humain releva la main, prêt à frapper à nouveau.

Et en quelques secondes, avant même que quelqu'un ne se rende compte qu'il avait bougé, Ben Solo était debout devant l'humain indépendant, et retenait sa main par la Force. Ses yeux étaient noirs, froids, remplis de colère. L'instant d'après, l'agresseur se tenait le cou, comme haletant, et il fallut quelques secondes aux autres élèves de la pièce pour comprendre que l'humain haletait, étranglé par le biais de la Force brut entre les doigts de Solo.

« Ben ! » hurla Luka, entrant en trombe dans la pièce, séparant son neveu et l'humain pour empêcher le premier de tuer l'autre. « Ben ! Bon sang ! Que s'est-il passé ici ? »

Et malgré les cris de Luke, les remontrances, et la corvée de nettoyage qui suivit la bévue, Zaraim ne ressentit plus du tout le même sentiment vis-à-vis de Ben Solo. La colère pure dans le regard de l'adulte l'avait remué, et il se sentait comme impliqué dans la rébellion du noiraud. Plus de pitié devant ses airs abattus ou de soupirs devant ses silences, non non. Juste de l'admiration.

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Il avait senti quelque chose dans la Force. Enfin, pour être plus juste, il ne sentait plus rien dans la Force, et c'était peut-être cela qui l'avait alarmé. Sa mère, bon sang, sa mère … S'il était arrivé quelque chose à sa précieuse maman, il promettait de créer un bain de sang. Sans rien dire à Luke, ou à quelqu'un d'autre, il avait sauté dans le premier vaisseau, et avait foncé droit sur Ryloth. Il se rappelait de la localisation par cœur, de l'apparence de la petite maisonnée d'argile, du visage souriant de la marâtre malade.

Lorsqu'il arriva sur la planète où il avait grandi, le ciel était sombre, comme un mauvais présage. Il n'y avait personne dans les rues, comme si les gens avaient fui quelque chose. La guerre civile avait massacré le pays, depuis que le gouvernement de la planète avait rejoint la cause du mauvais parti politique. Beaucoup de Twi'lek s'étaient rebellés, et les blasons de la guerre s'étaient embrasés en quelques nuits à peine. Et plus il croisait de corps sans vie sur le chemin, plus il se sentait nauséeux. Et la maison semblait loin, si loin, il avait l'impression que le chemin se rallongeait à mesure qu'il courait.

Arrivant finalement devant la maison, il sentit son cœur s'arrêter, avant d'entamer un battement, plus rapidement peut-être. La porte était entrouverte, et le vent la faisait balancer légèrement. Une odeur âcre de métal s'insinua dans ses narines, et le futur Jedi faillit vomir. Pitié … Pitié que rien ne soit arrivé à sa mère … Sinon …

Lorsqu'il rentra, les murs argiles avaient étaient repeints de rouge. Après avoir fait quelques pas dans la pièce, et déglutit lentement, il se rendit compte avec horreur qu'il s'agissait du sang de sa mère, et qu'elle était étendue sur le sol, froide, sans vie. Il accourut après d'elle, ramassant son corps, le serrant de toute ses forces, espérant que sa mère reprenne vie, qu'elle le serre et qu'elle lui dise que tout irait bien.

Il ne sut jamais combien de temps il resta sur Ryloth à enterrer les restes de sa mère, à la veiller, à s'excuser de ne pas avoir pu la protéger. La guerre, cette instabilité politique et les mouvements du peuple étaient la raison de la mort de sa mère. Il fallait remédier à cette situation. Prendre les reines de cet univers en déclin. Il en était sûr maintenant. Il savait quoi faire.

Le regard ardent, le cœur en miettes, le côté obscur et la colère l'envahissant en quelques instants, il revint sur la planète de Luke, trouvant le camp en feu.

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« Zaraim, je te cherchais. » avait dit le jeune Ben Solo, le regard grave, le souffle court. « L'heure est venue ! Il est temps de remettre l'univers sur le droit chemin, de laisser mourir le passé, d'instaurer nos propres règles. Suis-moi. Deviens mon second. Et l'univers sera à nous. »

Les paroles du noiraud séduisirent Zaraim, et il n'hésita pas un instant. Il s'agenouilla devant la personne qui allait devenir son maitre, et plaça sa main sur son cœur. L'image de sa mère morte était encore fraiche dans son esprit, et il se promettait de ne pas commettre la même erreur. Il jurait loyauté et fidélité à Ben Solo, et pas question de s'y défiler.

« Bien. Je n'en attendais pas moins de toi, j'en suis heureux. »

Ben Solo tenait son sabre vert avec force, les jointures de ses poings blanchissant à vue d'œil. Il avait le regard vide, et l'amertume dans l'âme. Mais lui aussi savait ce qu'il voulait, et la profonde maturité malgré le brin de candeur dans les yeux corbeaux du maitre imposait le respect. Solo était singulier, et sa singularité faisait toute la différence. A ses côtés, Zaraim se sentait fort, maitre de ses émotions.

« Ben Solo est mort. A partir de maintenant, mon nom est Kylo Ren, et vous serez mes Chevaliers. »

Il s'adressa ensuite à une poignée de guerriers, qui se tenaient debout, vaillants, la même flamme ardente dans le regard que le maitre. Tous voulaient bâtir un nouvel empire, en finir avec le passé qui n'avait jamais souris à personne. Ils seraient forts. Ensemble. Sous le règne de Kylo Ren.

« Si vous êtes avec moi, vous vous battez à mes côtés et mourrez à mes côtés ! Si vous êtes contre moi, vous vous battez contre mon armée, et vous mourrez de votre côté. Le choix est vite fait. Il n'y a plus de retour en arrière. Il n'y a plus de côté lumineux ou de côté obscur. Il n'y a plus que nous, avec nos convictions et notre détermination. Alors, gagnerons-nous, chevaliers ? »

Les cris résonnèrent dans la cour dévastée, les Chevaliers brandissaient leurs sabres laser en l'air, acclamant leur nouveau roi. Ceux qui ne s'inclinèrent pas devant la puissance de Solo périrent, et Zaraim dut reconnaitre qu'il n'y avait rien de chose de plus apaisant que de déchirer la chair de l'humain arrogant avec son sabre laser.

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Lorsqu'il cligna des yeux, se réveillant de sa transe, à peine une minute, peut-être deux, s'étaient passés et Kylo Ren faisait toujours les cent pas dans le vaisseau en direction de Ord Lithone. Zaraim sourit doucement, se rappelant les premières fois qu'il avait rencontré le maitre, comment il avait appris à le détester, à le prendre en pitié, à le respecter, à l'aduler. Et lorsqu'il voyait l'état dans lequel se mettait le maitre pour une simple femelle, risible, presque. Il avait donné sa vie pour Kylo Ren, là où il aurait pu simplement tirer un trait sur sa carrière de Jedi et repartir à zéro. Mais le Twi'lek avait confiance en son maitre, et il savait qu'il ne s'était pas trompé de chemin. La paix tant attendue serait bientôt là, il en était sûr.

A côté de lui, l'assiette de Kylo Ren refroidissante attendait toujours, et il prit son courage à deux mains. En une longueur, il traversait la salle, et se trouvait devant le maitre, qui n'avait à peine remarquer sa présence.

« Maitre … » dit-il doucement, tirant ce dernier de ses angoisses.

« Quoi ?! » dit sèchement Ren, se mordant nerveusement les lèvres. Il ne lâchait pas la vitre du regard, espérant à chaque minute reconnaitre le paysage glacial de la petite planète où se déroulait la bataille.

« Je vous ai apporté à manger. Je pose le plat juste là. » souffla-t-il doucement, en posant la nourriture sur la petite table devant le maitre. « Vous devriez manger. La bataille à venir sera longue et difficile, et il est plus dur de se battre le ventre vide. »

Zaraim s'inclina doucement, et fit un pas en arrière pour laisser le maitre s'avancer. Enfin, Kylo Ren décolla son regard de la galaxie, pour le plonger dans celui de son second. Il ne dit rien, pas un mot, pas une syllabe, mais ses yeux parlaient tous seuls.

Un remerciement, oui. Et Zaraim sourit.

Les yeux du maitre avaient toujours été expressifs.

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Soudain, émanant de la base dans un son strident reconnaissable entre tous, l'alarme se déclencha. Rey se retourna vers ses amis, horrifiée. Et Poe, avec son humour éternel à toute épreuve, pointa le ciel d'un bleu magnifique.

« Tu es sûre que tu es venue seule ou tu nous fais une farce ? Hein, Rey, dis-moi que ces vaisseaux sont là pour nous venir en aide et pas pour mettre fin à notre petite mascarade ? »

Rey et Finn se tournèrent vers le point qu'indiquait le pilote. De secondes en secondes, des petits noirs se multipliaient dans le ciel, menace sourde et éminente.

« Que la Force soit avec nous. »

Et elle espérait que la Force serait clémente, aujourd'hui encore.

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Les points noirs ne cessaient de se multiplier, remplissant le firmament dégagé d'un affreux présage. Dire que Finn avait un mauvais pressentiment était un euphémisme : il ne sentait plus ses orteils, totalement tétanisé par la peur. Il n'avait jamais été bien courageux, mais voir la horde de vaisseaux qui se déployaient dans le ciel lui donnait la nausée.

« Tout le monde à son poste ! » hurla Poe, à côté de lui, le regard brillant d'une détermination que Finn n'avait pas. Le métis regarda son compagnon hurler plusieurs ordres à la volée avec force et vivacité, sans jamais se laisser envahir par de futiles sentiments. La peur, l'appréhension, l'angoisse, rien ne semblait érafler l'instinct de meneur naturel et la force du pilote.

Et lui … Finn baissa lentement les yeux sur ses mains tremblantes, incapable d'esquisser le moindre mouvement, ou d'exécuter les ordres donnés par Poe. Il était faible. Incapable de bouger, de trouver la force suffisante pour en finir à tout jamais. Ses angoisses, les mêmes qui le hantaient depuis la bataille à Kachirho, revenaient le marquer, encore et encore.

Lorsqu'il releva les yeux, espérant oublier les images de son cauchemar qui l'assaillait avec horreur, Poe le regardait sans ciller. Finn sursauta, essayant de fuir son regard pour que son compagnon ne lise pas sa crainte, sa peur. Mais Poe n'était pas stupide, et il n'avait pas besoin de voir les pupilles de Finn pour comprendre son silence.

Mais le pilote ne lui ferait pas de reproches, ou n'émettrait pas de jugement. Lui aussi était terrifié, et il n'avait pas honte de ressentir ce sentiment. Mais la peur ne détrônait pas la motivation, l'envie de gagner, et fournissait un carburant des plus puissants. Alors Poe comprenait, oh, il comprenait. Avoir peur, craindre pour sa vie, espérer un lendemain. Il s'agissait peut-être du meilleur moyen pour gagner la guerre.

« Finn… » dit-il doucement, captant le regard du métis. Il lui sourit doucement, essayant d'empêcher le tressaillement du coin de ses lèvres. « Efface-moi cet expression grave de ton visage. On dirait que tu as vu un fantôme ! »

Le métis jeta un coup d'œil dans le ciel, et tressaillit. Lorsqu'il se retourna vers le pilote, son visage avait vertes changé, mais son regard semblait affirmer les derniers mots de Poe. Finn n'avait pas vu un fantôme, il avait vu pire … Cependant, il tenta d'esquisser un sourire pour ne pas inquiéter son ami. Pas besoin de lui dire qu'il avait peur. Il était certain que toutes ses émotions se lisaient sur son visage, de toute manière.

« Quoique, ton sourire crispé n'est pas plus rassurant … »

Poe avait pris un air léger, et la boutade dans sa voix fit rire Finn, achevant définitivement tout trait angoissé de son visage. Heureux d'avoir apaisé son compagnon, Poe s'approcha de lui, plaçant innocemment sa main sur le bras du noir, laissant ses doigts caresser le tissu léger de sa veste.

« Il n'y pas à t'en faire. Tout va bien se passer. On va gagner. On a toujours gagné, pas vrai ? »

Timbre de voix plus sombre, cette fois-ci. Plus de regard taquin, ou de taquinerie dans ses mots. Poe était proche, dangereusement proche, au beau milieu de l'ébullition et de l'effervescence de la base.

« Je sais. » souffla presque inaudiblement l'ancien stormtrooper. « Je sais, mais … »

« Finn. » coupa Poe, avec un brin de condescendance. « Je serais là pour couvrir tes arrières, je te promets ! Après tout, je suis le meilleur pilote de la galaxie ! »

Puis, pour clore directement la discussion, empêchant le métis de répliquer, Poe se pencha et déposa un délicat baiser sur les lèvres de son compagnon. Finn, d'abord surpris de cet élan en public, lui rendit son étreinte, profitant du coup sucré des lèvres de l'amant. L'échange dura quelques secondes à peine, juste le temps de faire battre leur cœur à un rythme véhément. Puis Finn recula, et se mordit les lèvres.

Poe lui fit un clin d'œil en coin, avant d'aborder une mine plus sérieuse, sans pour autant se défaire de son sourire amusé.

« Bon, ton X-Wing, il va se piloter tout seul ? On a une guerre à gagner, non mais ! »

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Lorsque Finn s'éloigna, le regard plus illuminé, Poe le regarda marcher jusqu'à ce qu'il tourne au coin d'un hangar. Puis, il perdit son sourire, et se retourna vers Rey, qui n'avait pas non plus bougé, et qui fixait inlassablement le ciel. Il percevait la détresse dans le regard de la Jedi, mais pas de la même façon que celle de Finn. Elle n'avait pas peur de l'éminente bataille. Elle ne craignait pas pour sa vie ; elle avait bien vécu, et elle ne regrettait rien. Et surtout, surtout, elle ne craignait pas pour son lendemain. Elle n'en avait pas. Elle n'en avait plus. Pas seule. Pas sans Ben.

Rey voulait en finir avec cette guerre, même si cette conclusion rimait avec en finir avec sa propre vie pour y parvenir. Et Poe ne laisserait jamais ça arriver ! Il ne savait pas vraiment comment se positionner face à la relation de la Jedi et du Guerrier Noir, mais il pouvait assurer que la jeune femme était toujours entourée. Il ne la laisserait jamais tomber, jamais sombrer. Et même si le regard de Rey était noir aujourd'hui, et qu'il s'y reflétait la menace des vaisseaux qui s'insinuaient, rien n'était perdu d'avance.

La Lumière brillerait à nouveau. Autant dans l'univers que dans les yeux de la jeune femme.

« Hey, Rey. » dit-il d'abord doucement pour attirer son attention.

« Tout va bien ? » Question rhétorique, certes, car le silence de son amie était suffisamment éloquent. Poe ne s'en préoccupa pas, et posa une main douce sur l'épaule de la belle.

« Tout va bien, Poe. » finit-elle pas dire, se défaisant de son étreinte, et affichant un faux sourire sur ses lèvres mordues. « Je rejoins les X-Wing, moi aussi, ou je reste au sol ? »

Les armées étaient séparées ; celles du ciel, qui rejoindraient en premier le combat et couvriraient l'autre, et celles du sol, qui achèverait les combattants survivants. D'ailleurs, maintenant qu'il y pensait, Poe se rendait compte qu'il n'avait pas mis Rey au courant du plan préparé en collaboration avec les Généraux des Chandrila et de Coruscant. Ces derniers étaient arrivés le jour suivant l'arrivée des renforts chandriliens. Désormais, la base grouillait de vie et de détermination. Et avec les renforts, les vaisseaux, armes et ressources se faisaient moins rares … Et les généraux étaient malins, très malins.

Le plan était simple. Mais il n'avait pas le temps de briffer Rey. Le temps pressait.

« Non, prends le Faucon avec Chewbacca, et tiens-toi prête ! Ne décolle surtout pas avant le signal, et lorsque celui-ci s'activera, envoles toi et descends autant de TIE-Chasseurs que tu peux. Ce n'est pas bien compliqué … »

L'air gêné sur son visage était craquant, suffisamment du moins pour arracher un sourire à Rey. Elle acquiesça lentement, ne cherchant pas plus à comprendre les allusions de Poe. Pourquoi rester au sol ? Et quel signal ?

« On va assurer, ne t'en fais pas ! »

Il lui adressa un sourire confiant, et leva son pouce à la hauteur de son visage comme pour lui répéter ses dernières paroles : tout irait bien, la guerre serait finie en deux ou trois tirs de blasters, et le temps s'étendrait pour les laisser profiter d'un univers en paix.

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« Attends … Poe ! Quel signal ? Quel est le signal ? » se réveilla soudainement Rey.

Mais le pilote s'éloignait déjà, distribuant multiples ordres aux soldats qui courraient dans tous les sens. Rey poussa un petit soupir, leva une dernière fois le regard vers les points noirs dans le ciel, et se hâta de déserter l'allée mouvementée. Lorsqu'elle approcha du Faucon, sa constante mélancolie s'effaça lorsqu'elle reconnut la fourrure reconnaissable de Chewie. Ce dernier donnait quelques réparations de dernières minutes à ce pauvre tas de ferraille, et il lâcha tout ce qu'il avait dans les mains lorsqu'il reconnut la jeune femme.

L'étreinte poilue qui s'ensuivit fut entremêlés de bramements enthousiastes et de rires étouffés. Le Wookie et la jeune femme ne s'étaient pas vus depuis des lustres, au moins ! Et malgré la gravité de l'évènement qui s'annonçait, voir un visage joyeux lui mettait du baume au cœur. Chewbacca semblait ne pas éprouver la même gravité à l'idée de la bataille à venir. Peut-être même, si on pouvait seulement l'avouer, qu'il ressentait un peu d'excitation, et beaucoup d'embrasement.

Lorsque le Faucon rejoignit l'alignement de vaisseaux parqués devant la base, la lueur dans les regards de deux combattants avaient changés. Rey avait laissé sa tristesse de côté, affichant détermination et motivation, tandis que Chewbacca rejetait le frétillement, préférant l'adrénaline et la concentration.

Ils étaient prêts. Enfin … Presque …

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Le Vaisseau-Mère restait, bien entendu en retraite, et même si le Premier Ordre avait déployé toutes ses forces volantes, Snoke ne cessait de faire les cent pas dans sa loge. Il était premier spectateur à la pièce de théâtre qui se jouerait bientôt sous ses yeux, pourtant un mauvais pressentiment le taraudait. Il ne savait pas s'il s'agissait du corps qui commençait à s'user, ou de l'adrénaline à l'approche du combat, mais il n'aimait pas ce sentiment.

Depuis son estrade, il pouvait voir la base rebelle, au loin, entre le massif montagneux, mais aucun vaisseau dans le ciel. Les rebelles avaient sûrement pris peur en voyant le nombre de vaisseau, et voilà qu'ils se terraient dans leur base. Peu importe, il était prêt à sortir chaque cadavre de ce bastion pour s'assurer que chaque résistant était mort s'il le fallait. Quoique … Il n'y avait qu'une seule personne qu'il voulait garder vivant.

Rey. Oh Rey. La jeune femme était tout ce dont il avait besoin. Elle avait un corps jeune, sain, et elle était sensible à la Force, contrairement à ce crétin de Hux. De plus, il devait toujours régler son compte à Solo, et quoi de mieux pour cela que prendre possession du corps de son amante pour le tuer sans qu'il se méfie ? Il en riait déjà d'avance. Il s'amusait à imaginer le visage écarquillé de Ren lorsque le sabre laser grignoterait ses entrailles, tué par la main de la jolie Jedi.

Oh, la scène méritait sûrement le détour. Mais pour cela, il lui fallait Rey. Morte ou vive, il n'en avait que faire, il avait juste besoin d'un autre réceptacle, depuis que Kylo Ren avait tué sa véritable forme corporelle.

« Tuez-moi tous les Résistants, mais apportez-moi cette Jedi, Rey, vivante ! Je la tuerai moi-même ! » communiqua-t-il à ses troupes, toutes prêtes à se lancer dans le sanglant combat. « Maintenant, allez-y ! Réduisez la Résistance en poussière ! »

Et tandis que la centaine de TIE-chasseurs s'envolaient dans le ciel, Snoke s'assit confortablement dans son fauteuil métallique, laissant son regard dériver sur le charmant tableau des vaisseaux volants vers la victoire. S'il était peintre, il aurait appelé son œuvre « Conquête d'Ord Lithone et annihilation de la vermine rebelle ». Le nom sonnait bien. Peut-être qu'il allait garder l'idée.

Soudain, alors qu'il replongeait son regard sur les vaisseaux, une énorme explosion retentit. Et en moins d'une seconde, le massif montagneux, où les cent quatre premiers TIE-chasseurs venaient de s'engager, sauta, entrainant dans la déflagration la perte de la quasi-totalité des unités volantes.

L'ordinateur de bord indiquait le nombre de vaisseau détruit, et Snoke n'en croyait pas ses yeux. Les Rebelles … Les rebelles les avaient bien eus ! Mais il n'allait pas se laisser avoir si facilement, oh non … Il n'avait pas dit son dernier mot, ni joué sa dernière carte.


Alors, ce chapitre ? Vous avez hâte du prochain, hein ?

Je me réjouis d'entendre vos avis sur celui là ! Gros bisous tout le monde, et à bientôt !