Disclaimer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« L'amour c'est comme le jazz : c'est n'importe quoi, mais pas n'importe comment ».

-Grégoire Lacroix.


Chapitre 99 : Queenie Goldstein, ou un coeur tendre incompris.

Jacob, toutes ses pensées la ramenaient vers Jacob. Elle suivait ses efforts de loin. Il avait réussi à monter son affaire et commençait à connaître le succès. Ses petits pains au lait aux formes d'animaux extraordinaires étaient maintenant réputés dans tout New York, et au MACUSA, plusieurs de ses amies reconnaissaient traverser la ville pour offrir ces gâteries à leurs enfants. L'autre jour, en entrant dans le bureau de la Présidente Picquery, elle en avait vu un sur le plateau à côté de sa tasse de café.

Jacob lui manquait, lui, sa gentillesse et sa force cachée sous des airs balourds. Auprès de lui, elle se sentait tout simplement bien, il la rendait heureuse. Elle savait qu'on ne pouvait pas tomber amoureux en moins d'une semaine… Mais c'était la première fois que… Qu'un homme qu'elle rencontrait ne pensait pas qu'à l'embrasser. Non, la seconde pensée de Jacob après l'avoir rencontrée avait été de faire une balade à Central Park avec elle. Et ça, c'était nouveau.

Elle avait repris son poste au MACUSA, mais faire tourner la tête à ses collègues n'avait plus ce côté amusant. C'est ainsi qu'un matin elle avait croisé Sara Wood dans les couloirs. Queenie se rappelait d'elle, une préfète de trois ans son aînée qui avait pris sa défense quand d'autres enfants se moquaient d'elle à cause de sa Légilimangie. Elle l'avait perdu de vue depuis son diplôme de sortie d'études d'Ilvermorny. Et c'est devant un café qu'elles avaient papoté…

-Que fais-tu là ?

-Je viens d'arriver à New York et maintenant je travaille dans le service de régulation des maladies magiques. À vrai dire, avant, je dirigeais la morgue de Sleepy Hollow, mais, j'ai demandé une mutation pour pouvoir me rapprocher de Maxime.

Sara était radieuse, elle avait eu un poste prestigieux, plein de responsabilités : chef de tout un service dans une région prospère et était maintenant fiancée à un auror réputé pour sa bravoure et loué pour ses résultats. Un futur chef d'un des services de sécurité du MACUSA. Et Queenie, qu'est-ce qu'elle avait ? Un poste minable, une chambre qu'elle partageait avec sa sœur dans l'appartement que cette dernière louait et un cœur en miettes. Ah oui, elle faisait très bien la cuisine.

Sara annonçait d'une voix calme et même ravie, comme si c'était fabuleux pour une femme qui avait eu des responsabilités, de se retrouver à devoir obéir de nouveau à des ordres, comme si ça pouvait être fabuleux qu'elle ne soit plus celle qui dirigeait une équipe composée parfois exclusivement d'hommes. Maxime en a même rouspété comme quoi je n'avais pas besoin de sacrifier ma carrière, qu'il pouvait venir vivre dans ma ville… Mais, il aime tellement son boulot que je sais qu'il aurait été fini par être malheureux. C'était donc ça… Sara avait choisi de sacrifier des années de travail acharné par amour. Et elle en avait le droit et d'ailleurs tout le monde allait trouver ça tellement romantique. Romantique peut-être mais absurde ! Pourquoi une femme, obligatoirement, devait-elle se sacrifier pour vivre son rêve ? Un homme n'était jamais soumis à un tel choix ! Elle seule abandonnait ses espoirs pour un destin plus grand que le sien. Et le pire c'était qu'elle trouvait ça normal ! Décidément ce monde n'était pas celui des femmes. Les seules qui sacrifiait rien pouvaient se montrer pires que les hommes.

Mais au moins, Sara allait pouvoir compenser son sacrifice par un amour. Elle trouverait dans cet « échange de bons procédés » une compensation et peut-être même en serait-elle heureuse ! Le summum de la domination de la femme par un homme. Valable pour toutes, puisque même celles ayant goûté au pouvoir, y renonçaient de bon coeur…

Mais l'injustice allait plus loin. Personne ne voyait de mal à l'union de Mercy Lecay avec Percival Graves malgré leur différence de rang social. Personne ne reprochait à Hector Bluesky de vivre avec Sophie Winters même si elle était quasiment une cracmol et de plus d'une ethnie différente… On trouvait normal que Sara Wood abandonne sa vocation pour un homme. Pire que ça, personne ne leur interdisait de vivre avec ceux qu'elles avaient choisi en dehors des liens du mariage au contraire de toutes les règles établies par les « bonnes mœurs ».

Tout cela était des foutaises. Une hypocrisie totale. Tout le monde avait le droit au bonheur. Même Tina avait un tendre penchant pour Dragonneau même si elle ne se l'avouait pas encore. Mais privilège de la legilimens qu'elle était, elle, le savait déjà… Bref, tout le monde, sauf… SAUF ELLE ! Elle qui devait toujours rester en retrait, sacrifier ses désirs pour rester jolie, fragile et soumise, pour correspondre à ce que ces messieurs souhaitaient, ces messieurs avec leurs pensées dégoutantes quand ils la voyaient… Toujours les mêmes, pensées lubriques qui la réduisaient à une poupée incapable de penser, dont on pouvait faire ce que l'on voulait…

Tous sauf Jacob. Jacob était différent. Il était drôle, pur, courageux et prévenant. Lui, il la voyait comme une personne admirable et digne d'attentions. Lui était capable de tout abandonner pour le bonheur et le confort de celle qu'il aimait. Il l'aimait, elle et non son image… Et elle devait renoncer à lui sous prétexte qu'il n'était pas un sorcier ? Totalement inacceptable ! Son bonheur était là et elle voulait le saisir ! De toutes ses forces, et elle le prendrait envers et contre tous, Tina et tous les autres pouvaient aller au diable, elle ferait ce qu'elle devait faire pour être heureuse ! Bientôt, se promit-elle. Bientôt, quand ses supérieurs arrêteront de la surveiller à cause de sa maigre participation pour la capture de Grindelwald et elle irait voir Jacob. Elle aussi, elle avait le droit à sa fin heureuse.