Titre : Un sparadrap peut en cacher un autre
Auteur : Sigognac
Genre : Humour

Rating : K

Résumé : Les temps sont durs au MI6 et il n'y a pas de petites économies. C'est du moins ce que James constate en fouillant dans la poche de son smoking.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de James Bond ont été créés par Ian Fleming.

Note : Cette fic a été écrite dans le cadre d'une nuit du Fof. Le concept ? Un thème est donné, et on a une heure pour écrire un OS dessus. Le thème qui a inspiré ce texte était... « sparadrap ».

Note 2 : Bon, je n'y connais pas grand-chose en James Bond mais c'est le seul fandom qui m'est venu à l'esprit pour ce thème. J'ai vu tous les films récents avec Daniel Craig. Pour les autres, c'est plus aléatoire. J'ai fait avec les souvenirs que j'avais ! Pardon si j'ai fait des erreurs.

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Un sparadrap peut en cacher un autre

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Les temps étaient durs pour le MI6, James Bond l'avait constaté amèrement durant sa dernière mission.

« Un problème, 007 ? lui avait demandé Q quand Bond était retourné au bercail, le visage crispé.

– Je suis fatigué de vos économies sur le matériel, Q ! Vos restrictions budgétaires sont d'une mesquinerie ! Comme puis-je correctement travailler dans de telles conditions ?

– La suite présidentielle de votre hôtel n'était pas à votre goût ? s'étonna Q.

– Si ! Le problème n'était pas là, vous le savez bien !

– C'était le costume italien, alors ? Votre téléphone portable ? La montre de luxe ?

– Non, rien de tout ça.

– C'est l'Aston Martin ? Un problème avec le lance-flammes ? La fonction sous-marin n'a pas bien fonctionné ?

– Si et ça m'a été bien utile pour l'Océan Pacifique. J'ai dû abandonner le véhicule ceci dit.

– Plus en état de fonctionner ?

– Complètement fichu. Mais vous essayez de noyer le poisson, là ! Comment avez-vous osé me glisser un vulgaire rouleau de sparadrap dans la poche de mon smoking ? Vous vous fournissez au supermarché du coin maintenant ?

– Un rouleau de sparadrap ? blêmit Q en se saisissant du dossier de suivi de ses agents pour vérifier les dires de Bond.

– Parfaitement, oui. Et du premier prix en plus ! »

James était scandalisé. Comment pouvait-on lui demander de perpétuellement sauver le monde en l'équipant si mal ?

On l'avait certes convoqué en urgence sur cette mission, Q n'avait donc pas eu le temps de lui détailler sa panoplie de gadgets comme il le faisait habituellement mais ce n'était pas une raison pour lui refiler en douce des objets aussi ridicules qu'un rouleau de sparadrap.

En vérité, l'objet du délit n'avait pas été si inutile mais il était hors de question que le grand James Bond l'admette. Heureusement qu'il l'avait eu sous la main dans le sous-marin pour reboucher la fuite d'air qu'il avait causée par un coup de feu. Et quand il s'était rendu dans la chambre forte, il était parvenu à neutraliser détecteurs et caméras en plaçant savamment de petits bouts de sparadrap un peu partout. Du grand art. Et puis, quand cette journaliste aux longues jambes s'était introduite dans sa chambre d'hôtel pour recueillir des informations sur lui, le sparadrap lui avait été bien utile pour lui scotcher la bouche, c'était plus galant que de la bâillonner. Déjà qu'il avait dû la ligoter grossièrement, ce qui risquait de laisser des traces sur sa peau délicate. Un vrai gâchis. Il irait lui faire son numéro de charme après la fin du briefing pour qu'elle lui pardonne. Il connaissait des dizaines de manières de tirer profit de sa chambre d'hôtel.

A bien y réfléchir, ce sparadrap lui avait servi de couteau-suisse durant toute sa mission, utile en toute circonstance. Mais ce n'était pas digne de lui. C'était même franchement vexant. Son efficacité méritait plus de dépenses.

« Mais… réalisa Q, après vérification, c'est vous qui avez fait une erreur ! Le smoking n'avait pas été prévu pour vous mais pour 005 !

– Pardon ? s'offusqua Bond en reculant d'un pas. Osez répéter que ce costume n'a pas été fait pour moi ! »

Le smoking était dans un piètre état : une manche était complètement déchirée, et la chemise blanche en partie carbonisée. Une énorme tache de sang s'étendait sur une des jambes du pantalon. L'ensemble était bon à mettre à la poubelle mais même ainsi, se lamenta Q, 007 le portait à la perfection et parvenait à rester séduisant. Avec Bond, c'était l'homme qui fais ait le costume et non l'inverse.

« Vous voyez très bien ce que je veux dire, s'obstina Q. Quel besoin aviez-vous d'un smoking pour infiltrer un sous-marin ?

– J'ai toujours besoin d'un smoking. Et ça aurait été un vrai gâchis que de laisser 005 le porter.

– Sauf que le sparadrap va terriblement lui manquer…

– Je crois que même 005 est capable de faire des courses à la pharmacie…

– Ce genre de sparadrap ne se trouve pas à la pharmacie. »

Le regard de Bond se figea sous la surprise.

« Ce n'était pas un sparadrap basique ?

– Bien sûr que non, voyons. Vous ne vous en êtes pas servi, au moins ?

– Peut-être un peu. Puisque ça faisait partie de mon matériel…

– Ce n'était pas votre matériel. Vous n'avez pas touché au rouleau en lui-même, j'espère ? J'y avais dissimulé le détonateur.

– Détonateur ? répéta Bond. Ça signifie que le sparadrap est en fait un explosif ?

– C'est tout à fait ça, oui. Où avez-vous mis le rouleau ?

– Je l'ai jeté à la poubelle, annonça Bond d'une voix dégagée, comme j'avais utilisé tout le sparadrap…

– Vous avez tout utilisé ? comprit Q, catastrophé.

– Ce n'est pas bien grave, si ? Puisque je ne me suis pas servi du détonateur…

– Les explosifs sont réglés pour se déclencher au bout de deux heures quand ils ne sont pas actionnés par le détonateur.

– Ah, réalisa Bond, c'est embêtant. »

Il repensa au sous-marin qu'il avait « sparadrifié » de tout côté. Il avait déjà dû exploser. Comme il appartenait à d'odieux terroristes, on ne lui ferait probablement pas trop la morale. Pour la tête de la charmante journaliste, en revanche, c'était une autre histoire. Il risquait quelques problèmes et elle serait plus compliquée à conquérir une fois décapitée.

« Je vais être en retard pour le débriefing, annonça Bond et, dans le même temps, il arracha son pantalon.

– Mais que faites-vous ? » interrogea Q, horrifié.

Au même instant, il aperçut sur la cuisse musclée de Bond un large pansement.

« Vous vous êtes servi du sparadrap pour vous soigner ? Mais qu'est-ce qui vous a pris ? » comprit Q, au bord du malaise.

L'action lui paraissait aussi incongrue que de posséder une montre pour regarder l'heure.

De son côté, Bond était occupé à se désamorcer la cuisse. Il pourrait ensuite courir jusqu'à son hôtel pour sauver la journaliste qu'il avait lui-même mise en détresse.

Mais, décidément, il n'en pouvait plus de ses maudits gadgets hors de prix qu'on lui refourguait sans lui demander son avis. Un peu de simplicité, c'était trop demandé ? Il en parlerait à M au prochain briefing.