Bonjour à tous!
J'espère que vous allez bien, et je suis très heureuse de vous retrouver pour le premier vrai chapitre de Wild World! Aujourd'hui, on entre dans le vif du sujet, avec la présentation des personnages secondaires et pas mal d'explications sur ce qui a pu vous paraître énigmatique dans l'introduction.
J'en profite pour vous dire que cette fanfiction a désormais une playlist officielle! Comme vous allez vite vous en rendre compte, je fais régulièrement des références musicales dans mes chapitres, alors j'ai créé une playlist Deezer ou j'ajouterais les chansons concernées à chaque sortie de chapitre. Le lien pour y aller est dans ma bio, n'hésitez pas à aller jeter un coup, car je me base vraiment sur des chansons pour l'ambiance de certaines scènes et les écouter peux vraiment aider à se faire une idée, je pense.
Je voulait aussi signaler au passage, que l'idée de cette fiction m'a été inspirée par le magnifique et trop peu connu animé Banana Fish. Cette fanfic n'est aucunement une réécriture de l'intrigue de Banana Fish, je lui ai juste emprunté quelques idées et ambiances, mais je tenait à lui rendre hommage et à vous pousser à aller voir cette oeuvre superbe!
Allez, j'arrête de parler (enfin) et vous souhaite une excellente lecture. Merci infiniment à tout ceux qui ont mis la fic en follow et favoris (déjà!) et aux quelques reviews, n'hésitez pas à me laisser votre avis!
On se retrouve en bas, je vous laisse apprécier!
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[Gray Terminal, jour 1]
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Le lendemain, il fut réveillé aux alentours de neuf heures lorsqu'un bébé se mit à hurler à proximité, vraisemblablement dans la chambre d'à côté. Il resta couché encore quelques minutes, papillonnant des yeux, émergeant lentement de sa longue nuit, puis se décida à se lever.
Il s'étira avant de se débarrasser des vêtements avec lesquels il avait dormi. Après s'être traîné jusqu'à la douche et y avoir passé quelques minutes, il commença à enfiler une chemise et un jean noir, comme à son habitude, avant de se souvenir de leur destination du jour. Il hésita.
Peut-être valait-il mieux s'habiller moins classe. Il avait oublié de poser la question à Zoro, la veille, et préférait de pas commettre d'impair dès le premier jour.
Il garda son jean noir, enfilant à la place de sa chemise un t-shirt de la même couleur qu'il couvrit d'un pull bleu marine. Puis il mit en ordre ses cheveux, jetant un rapide coup d'œil au miroir de la salle de bain. Enfin, il choisit le matériel photographique dont il avait besoin et le mit avec précaution dans son sac noir à bandoulière, avant de glisser son portefeuille et les clefs de sa chambre dans sa poche arrière.
Il inspira un grand coup, essayant de se convaincre qu'il allait assurer.
Une fois descendu jusqu'à la petite cafétéria du rez-de-chaussée de l'hôtel, il demanda un café noir et un croissant et s'assit à une table, feuilletant distraitement pour patienter le journal local qu'on laissait à disposition des clients. Il grignota son croissant et sirota son café, observant de temps à autre les autres occupants de l'hôtel qui prenaient leur petit-déjeuner autour de lui. Très peu de touriste apparemment, surtout des hommes et femmes d'affaire déjà absorbés par leur travail de la journée, très peu de gens avec qui discuter, de toute évidence.
Zoro finit par descendre à son tour vers dix heures. Il se servit un petit-déjeuner somptueux au self-service, avant de venir poser son plateau en face de lui, baillant régulièrement, la mine fermée.
Après avoir bu une longue rasade de café, il parut un peu plus réveillé. Il détailla rapidement la tenue de Sanji et eut un petit sourire goguenard.
-T'a pas sorti le costard, tant mieux.
-Je suis pas débile. Je sais bien que ça aurait pu faire tache.
-T'a l'air moins con quand t'es pas sapé comme un putain de pingouin.
-Je t'emmerde, marimo. C'est pas un mec qui n'a aucune notion de style qui va me faire la leçon.
L'autre haussa les épaules, trop occupé à manger pour répliquer. Sanji termina son café, prenant un air grognon. Il savait bien que c'était bizarre pour un mec de son âge de s'habiller uniquement en costard, même quand la circonstance ne l'exigeait pas du tout. Mais il se sentais mieux comme ça, et puis c'était pratique pour quand il bossait au restaurant, il n'avait pas à se changer quand il passait de la cuisine au service. Il avait toujours aimé être élégant, pas comme cette brute de tête de mousse qui n'avait jamais enfilé autre chose qu'un jean et un t-shirt.
-Bon, t'es prêt ? Lui lança Zoro entre deux bouchées.
-Ouais... Enfin je crois, répondit Sanji en se mordant la lèvre, haussant les épaules.
-Arrête de stresser comme un con, de toute façon tout ce que tu aura à faire c'est prendre des photos. Demande juste toujours la permission avant. Pour le reste, c'est moi qui parle.
C'est sûr que ça paraissait simple, quand c'était lui qui le disait. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être un peu mal à l'aise à l'idée des gens qu'ils allaient rencontrer. Et de se demander encore une fois ce qui lui avait pris d'accepter...
D'ordinaire, il bossait dans le restaurant de son grand-père, le Baratie, un établissement étoilé de South Blue, la ville ou il avait grandi. Il avait commencé à y travailler au collège, aidant simplement quelques heures par semaines en échange de son argent de poche. Puis au lycée, ses dons pour la cuisine se manifestant de plus en plus, il y avait passé davantage de temps, avant d'y être embauché pour de bon après le bac. Ça lui convenait parfaitement ; son grand-père fatiguait un peu et cherchait à se reposer sur quelqu'un, et Sanji était plus qu'apte à prendre la relève. Aussi loin qu'il s'en souvienne, la cuisine avait toujours été sa passion, et ses capacités en la matière sa plus grande fierté. C'est donc sans remords qu'il avait renoncé à faire des études supérieures pour y consacrer tout son temps, alors que la plupart de ses amis partaient pour la fac, comme Zoro.
Et puis il y avait eut sa rupture difficile -surtout pour lui- avec Nami, quelques quatre mois auparavant. Encore fou amoureux de la jeune fille, il avait vite sombré dans la dépression, oscillant entre des soirées passées à se bourrer la gueule et des semaines entière à à peine sortir de chez lui, complètement apathique. Il avait fini par lâcher son travail, plus capable de tenir le rythme infernal du restaurant. Son grand-père, plus ou moins compréhensif, lui avait simplement dit de revenir quand il irait mieux.
Là encore, plus facile à dire qu'à faire. Sanji avait toujours à peu près tout encaissé facilement. Mais le départ de Nami l'avait miné. Il ne s'en était pas remis, persuadé qu'il avait besoin de la jeune fille pour continuer sa vie. Il avait essayé de la reconquérir plusieurs fois, sans succès. Lorsqu'il avait enfin réussi à regarder la réalité en face et à se rendre compte qu'il l'avait définitivement perdue, il s'était enfoncé plus que jamais dans la dépression, sans réussir à remonter.
Il avait fini par se faire prescrire des anti-dépresseurs. Ces saloperies ne l'avaient aidé en rien. C'était même pire, lorsqu'il en prenais, il avait l'impression de devenir un légume. Il considérait avoir touché le fond pendant cette période là.
C'était ce moment qu'avait choisi Zoro pour réapparaître dans sa vie.
En apparence, ils n'avaient pas l'air très potes, en effet. Ils ne pouvaient pas passer cinq minutes dans la même pièce sans se prendre la tête pour un oui pour un non, s'affublant de surnoms à chaque fois plus ridicules et finissant parfois par en venir aux mains -sans que ça devienne jamais suffisamment sérieux pour les blesser, bien sûr.
Mais en fait, ils étaient assez proches. Ils avaient fait partie de la même bande, au collège et au lycée, et malgré leurs différences notables ils avaient appris à s'apprécier et même à s'estimer, même s'ils préféreraient tout deux crever que de l'avouer.
Zoro avait suivit un tout autre chemin que lui à la sortie du lycée. Sportif passionné de kendo, il avait d'abord voulu devenir entraîneur, mais les dojos se raréfiant dans le pays, il avait fini par abandonner. Il avait réussi à se faire une petite place dans le journalisme sportif suite à des propositions spontanées d'articles, sur le kendo principalement.
Le bretteur avait l'air assez brut et bourru au premier abord, mais ses articles n'étaient pas mauvais ; ses phrases simples et directes donnaient un côté très authentique à ses productions, et il avait fini par se faire un nom, le public en raffolant. Un jour, comme ça, pour voir, il avait accepté une mission de journalisme d'investigation. Il avait adoré, et en avait fait sa marque de fabrique. Ce qu'il préférait, c'était aller à la rencontre des milieux les plus difficiles ; il avait déjà faits plusieurs enquêtes sur la mafia, était allé à la rencontre des héroïnomanes très présents à Grey Terminal -contrairement à Sanji, il connaissait déjà la ville- et demandait toujours aux journaux les sujets les plus difficiles, ceux que les autres journalistes évitaient de peur de se frotter à des milieux trop dangereux.
Il avait fini par se faire remarquer par Dracule Mihawk, le rédacteur en chef de GrandLine, un magazine international à grand succès qui se spécialisait dans les problématiques sociales. Depuis un an maintenant, il travaillait pour lui ; c'était à la fois son chef, son mentor et son plus grand rival. Il rêvait bien sûr de prendre un jour sa place, mais savait bien qu'il était pour l'instant loin d'avoir son niveau.
Sanji voyait toujours son ami de temps à autre depuis le lycée, bien qu'avec son travail le journaliste soit bien souvent en voyage. Lorsque Zoro lui avait rendu visite et l'avait trouvé dans cet état déplorable dans lequel le mettaient les anti-dépresseurs, il avait tenté de le secouer un peu en le provoquant, sans succès. L'ex-cuisinier essayait par tout les moyens d'oublier celle qu'il avait considérée pendant des années comme la femme de sa vie, de repartir à zéro, de retourner travailler, mais il n'y parvenait pas, et cela le désespérait encore plus. Il était dans une impasse, il fallait que quelque chose change.
C'était bien l'avis de son ami, qui lui avait fait une proposition inattendue.
Mihawk venait de lui donner un sujet comme il les aimait pour un article colossal qui devrait faire la une de GrandLine. Il l'envoyait enquêter sur la prostitution masculine, qui proliférait dans le centre-ville de Gray Terminal plus que partout ailleurs dans le pays. Un sujet dur, méconnu, qui le forcerait à fouiller dans les bas-fond de l'une des villes les plus mal famées du monde. En bref, un sujet qui avait tout pour lui plaire.
Il avait proposé à Sanji de l'accompagner en tant que photographe. En effet, la photographie était la seconde passion du jeune homme, il avait pris quelques cours lorsqu'il était au lycée et pratiquait régulièrement, surtout pour faire des portraits de ses proches, dont tout le monde s'accordait à dire qu'ils étaient magnifiques. Son sujet préféré avait toujours été Nami, bien entendu, alors il n'avait plus touché à son appareil depuis leur rupture.
Zoro avait été persuasif. Il lui avait dit que sortir de son mode de vie lui ferait du bien, que ça lui permettrait d'expérimenter un autre métier, que ça lui changerait les idées, qu'il fallait qu'il sorte de son cercle vicieux dépressif et que ça pourrait l'aider, etc, toujours en le provoquant à coup de « t'a juste peur de sortir de ton quotidien tranquille », « t'a pas les couilles de me suivre », et autres « c'est sûr que ça risque d'être dur à suivre pour un faiblard comme toi ».
Sanji avait quand même d'abord été très sceptique. D'accord, il se débrouillait avec un appareil, mais de là à se la jouer photographe professionnel, il était beaucoup moins sûr. Et puis si Zoro adorait les sujets un peu glauques qui touchaient à la drogue, la mafia et la prostitution, c'était loin d'être son cas. Le sujet de la prostitution masculine le mettait plus mal à l'aise qu'autre chose, pour tout dire, et ça ne l'enchantait pas vraiment de devoir aller rencontrer des prostitués pour leur poser des questions sur leur mode de vie.
Pourtant, il avait fini par accepter. Il n'était toujours pas sûr d'avoir fait le bon choix. Mais il avait senti que quelque chose devait bouger dans sa vie s'il ne voulait pas rester pour longtemps dans cet état qu'il détestait plus que tout. S'éloigner de East Blue, de cette ville ou tout lui rappelait son bonheur perdu, de cet appartement que seulement quelques mois auparavant il partageait encore avec Nami, de ses potes cuistots qu'il avait la sensation d'avoir déçu en abandonnant le métier, de son grand-père qui désespérait de le voir un jour « se sortir les doigts du cul » comme il disait, ce vieux con.
Et voilà. Maintenant, il était là, avec son stupide appareil photo, et il s'apprêtait à suivre le marimo pour passer l'après-midi à rencontrer des gens qui passaient leur temps à vendre leur corps. En gros, c'était ça. Il n'était pas vraiment à l'aise. Heureusement que la tête de mousse se chargerait de parler.
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- « Le Moby Dick »... C'est là.
Sanji leva les yeux vers le bar devant eux. Pour la première fois depuis leur départ de l'hôtel, il n'eut pas envie de partir en courant en se retrouvant devant un des lieux qu'ils devaient visiter.
La journée avait été longue pour eux. D'abord, ils étaient allés voir les différents contacts que Zoro avait à Gray Terminal -presque que des mecs un peu louches, sans doutes rencontrés lors de ses précédentes enquêtes. La tête de mousse leur avait posé tout un tas de questions, notamment au sujet des bars et des boites ou il était le plus susceptible de pouvoir rencontrer des prostitués. Ils avait obtenu plusieurs adresses, ainsi que quelques autres informations qu'il avait notées soigneusement, sur le fonctionnement général de la prostitution masculine en ville.
Ils avaient ainsi appris que beaucoup de prostitués masculins à Gray Terminal travaillaient en solo : ils trouvaient des clients via des réseaux d'informations ou en traînant dans des bars spécifiques, et tout l'argent qu'ils touchaient leur revenait. Mais pas mal d'autres se faisaient exploiter, travaillant sous le joug de la mafia par exemple, qui dans cette ville se spécialisait dans la prostitution de luxe. Il y avait aussi pas mal de trafic de mineurs, des trucs vraiment moches d'après les informateurs -qui pourtant avaient l'air d'en avoir vus d'autres. Le truc, c'est qu'à Gray Terminal, dès qu'on approchait du centre, on entrait à peu près dans une zone de non-droit : la mafia était si présente qu'elle remplaçait les autorités, qui laissaient faire. La prostitution, illégale partout ailleurs dans le pays, y proliférait pour cette raison. Les descentes des flics étaient très rares, et si les prostitués évitaient de racoler en pleine rue de peur de se faire embarquer, ils n'y avait aucune risque pour eux s'ils le faisaient dans les bars -qui les trois quarts du temps appartenaient à la mafia.
Zoro, très intéressé, posait pas mal de questions, souvent très précises, prenant à chaque fois son temps pour prendre des notes. Sanji, lui, avait un peu la nausée ; déjà que la proximité de la prostitution le mettait mal à l'aise -pour lui, rien que le fait d'acheter le corps d'un autre être humain était tout simplement dégueulasse- , si on commençait à parler de pédophilie et de prostitution de mineurs, il allait pas faire long feu, il le sentait. Il ne comprenait juste pas comment on pouvait faire des trucs pareils, vendre de la chair humaine comme si les femmes, les hommes et les enfants concernés ne pouvaient rien ressentir. Ces mafieux n'avaient donc aucune conscience ? Il était sans doute naïf, il en était bien conscient, mais quand même... Et puis il ignorait jusque là que le centre-ville était une zone de non-droit. Il se doutait bien que s'ils se contentaient d'interroger des prostitués, il ne devrait rien leur arriver de grave, mais quand même... Il y avait de meilleurs endroits pour se changer les idées après une rupture, de toute évidence.
Ils avaient ensuite visité bon nombre de bars, souvent miteux et assez glauques, ou Zoro était allé à la rencontre de jeunes gens faisant du racolage. Sanji était resté en retrait, attendant le verdict du journaliste, pour savoir si on les interviewait ou pas. Le but de son ami était de trouver deux à quatre prostitués prêts à répondre à ses questions, à lui raconter leur histoire et à le laisser les interroger régulièrement pendant deux ou trois semaine, pour se faire une idée précise de leur mode de vie, des dangers qu'ils couraient, etc. Bien entendu, ils seraient dédommagés pour le temps passé à répondre aux questions.
Mais pour l'instant, le succès n'était pas au rendez-vous. Zoro n'avait essuyé que des refus. Tout ceux à qui il avait proposé une interview s'étaient montrés plutôt méfiants, et avaient refusé de peur d'attirer des ennuis aux bars dans lesquels ils cherchaient leurs clients, ou alors de s'attirer les foudres des mafias pour qui ils travaillaient en révélant des choses supposées rester secrètes. D'autres ne voulaient juste pas raconter leurs vies à des journalistes.
Sanji aurait préféré mourir plutôt que de l'admettre, mais il était assez bluffé par Zoro. On voyait vraiment qu'il connaissait son métier ; ses contacts avaient été des mines d'or d'informations, il n'avait aucun mal à repérer les prostitués dans les bars et à aller leur parler en les mettant à l'aise, alors que lui, qui restait derrière, n'osait pas dire un mot et était bien incapable, en rentrant dans un établissement, de savoir qui se prostituait et qui était juste là pour boire un verre.
« Comment tu fait pour les repérer ? » avait-il finit par demander au journaliste.
Ce dernier avait haussé les épaules.
« Question d'habitude, ça se voit à leur comportement. Et beaucoup d'entre eux sont moins habillés que la moyenne, c'est pas rare qu'ils se baladent torse nu ou avec une chemise ouverte, des trucs du genre. »
Une chose était sûre, c'était pas pour rien s'il était devenu cuisinier et pas journaliste.
-On entre ? Demanda Zoro, le sortant de ses pensées.
-Ouais...
Le Moby Dick, contrairement aux bars précédent, donnait plutôt envie. La devanture, assez atypique, laissait voir par une large porte vitrée l'intérieur qui semblait principalement éclairé par des néons bleus et rouges. Les mêmes néons dessinaient sur la façade le nom du bar et la silhouette d'une baleine qui clignotait lentement. L'endroit avait l'air plutôt propre, presque classe, tenant autant du bar que de la boite de nuit branchée.
Ils entrèrent. La salle était assez grande et plongée dans la pénombre. Un bar massif siégeait en son centre, bordé de néons écarlates et tenu par un unique barman, un grand blond avec une coupe de cheveux atypique le faisant ressembler à un ananas. L'ambiance était assez calme ; une quinzaine de clients étaient répartis autour de tables circulaires entourées de banquettes rembourrées. Un espace assez large restait libre au milieu, sans doute en guise de piste de de danse, bien que la soirée ne semblait pas s'y prêter aujourd'hui. Les enceintes égrenaient les notes d'un morceau de rock en fond -il reconnut Let It Loose des Rolling Stones- complétant l'atmosphère à la fois sensuelle et détendue que dégageait l'endroit.
Sanji était agréablement surpris. Ce n'était pas le genre de bar qu'il avait l'habitude de fréquenter, peut-être un peu trop underground pour lui, mais il apprécia aussitôt l'ambiance unique renforcée par les néons qui rendaient toutes les couleurs un peu étranges. Après quelques minutes passées à détailler son environnement du regard -des cocktails multicolores aux couleurs flashy jusqu'aux vieilles photos en noir et blanc accrochées un peu partout sur les murs- il réalisa que Zoro, de son côté, n'avait pas perdu de temps et avait déjà entamé le dialogue avec deux jeunes hommes d'une vingtaine d'année, assis autour d'une table au fond de la salle. Il s'avança pour le rejoindre et son ami se tourna vers lui, lui faisant signe de s'asseoir.
-... Lui c'est mon photographe. Il n'y aura que nous deux, dit-il à l'attention de ses interlocuteurs. Puis il se tourna vers lui et ajouta en désignant tour à tour ces derniers : j'te présente Kidd et Law, ils racolent ici plusieurs jours par semaine. Il acceptent de travailler avec nous.
-Sanji, enchanté.
Il détailla les deux jeunes prostitués. Leur look était pour le moins atypique, mais s'accordait bien avec l'endroit ; s'il les avait croisés dans la rue, Sanji les aurait sans doute trouvés bizarres, mais ici, il devait dire qu'il leur trouvait plutôt une certaine classe.
Kidd était le plus impressionnant des deux. Il était vêtu d'une épaisse veste en cuir clouté sur un t-shirt blanc moulant à col en V. Mais ce qu'on remarquait tout de suite, c'était son épaisse chevelure rouge sombre qui se dressait de façon désordonnée autour de sa tête et ses étranges lunettes d'aviateur qui lui servaient de bandeau. Il était très pâle et portait du rouge à lèvre sombre, ce qui contrastait avec le reste de son look. Son regard perçant le rendait intimidant, le genre de type qu'on préférait éviter de faire chier.
Law était tout aussi atypique. Ses yeux gris largement cernés lui donnaient l'air un peu blasé. Il avait la peau mate et des cheveux noirs en bataille. Sanji remarqua que ses oreilles étaient percés de deux anneaux d'or chacune. Il portait un long manteau noir ouvert sur son torse nu couvert d'impressionnants tatouages, également présents sur ses bras et ses mains.
On pouvait dire qu'ils faisaient la paire, ces deux là. Au premier abord, ils étaient plutôt intimidants, et malgré sa nature sociable jamais il ne serait allé leur adresser la parole seul -pas tant parce qu'ils faisaient flipper, mais plus parce qu'ils ne semblaient pas du tout vivre dans le même genre d'univers que lui. Mais Zoro semblait déjà bavarder de façon détendue avec eux, établissant les termes de leur future collaboration.
-Le but est aussi de préserver votre intimité, leur expliquait-il. On va pas vous suivre lors de vos racolages et encore moins avec vos clients, le but n'est pas de faire un reportage trash à sensations mais de vraiment décrire votre mode de vie, avec vos ressenti, de connaître les risques que vous prenez et vos problèmes. Vous serez bien sûr anonymisés, alors vous pouvez parler de tout sans craindre d'avoir des problèmes.
Il se pencha un peu sur la table.
-Du coup, même si vous prenez de la drogue ou possédez des armes, par exemple, vous pouvez nous le dire. Le journal se porte garant de votre sécurité, vous n'aurez pas de problèmes à cause de nous.
Kidd haussa les épaules.
-Ok.
-Tout ça vous convient ?
-Moi, si je peux me faire du blé en vous racontant nos vies, je vais pas chercher plus loin. C'est ok pour moi.
Sa voix était rauque, s'accordant plutôt bien avec son physique. Zoro se tourna vers Law, qui hocha la tête pour toute réponse, avant d'enchaîner avec un demi-sourire qui faisait froid dans le dos:
-Personnellement, j'ai surtout hâte de voir comment deux types d'une banlieue proprette comme vous vont s'intégrer à notre merdier. Ça risque d'être intéressant. J'espère que vous avez l'estomac bien accroché.
Il regarda Sanji, qui déglutit.
-Surtout toi.
Moi... ? Mais qu'est-ce qu'il me veut, celui-là ?
Kidd eut un rire rocailleux.
-Ouais, j'avoue qu'il me tarde de voir ça aussi. Gray Terminal va vite vous bouffer. Vu comme vous êtes mignons, tout les macs du coin vont vouloir que vous travaillez pour eux.
Zoro, pas l'air impressionné pour deux sous, eut un sourire entendu.
-On est parés à ce genre d'éventualités.
Son photographe n'était pas vraiment de son avis, mais il se garda bien de le dire devant leurs deux sujets d'observation. Il s'alluma une cigarette pour dissimuler son trouble tandis que son cerveau entrait en ébullition.
Parle pour toi, marimo... J'ai pas envie de me faire aborder par des vieux dégueulasses qui veulent que je vende mon cul, moi. Toi, avec ta tête de gorille, t'es à peu près tranquille, mais moi... Putain, je le sens mal.
Le journaliste sortit son carnet et son crayon de son sac à dos et commença à poser quelques questions pratiques à Kidd et Law. Les vraies interviews viendraient plus tard, aujourd'hui il s'agissait surtout de savoir quand est-ce qu'ils étaient libres pour les échanges, ou est-ce qu'il désiraient qu'on se rencontre, etc.
Sanji, de son côté, prit quelques photos de l'endroit. Il n'osait pas encore tourner son objectif vers les jeunes prostitués, un peu timide. Il avait peur de les gêner ou pire, de les énerver. Zoro le lui rappellerait toute sa vie si ils perdaient des sujets aussi coopératifs dès le premier jour à cause d'une bourde.
Ayant vite fini de photographier le bar, il rangea son appareil et écouta distraitement la conversation à côté de lui. Il avait un peu de mal à s'y intégrer ; pas qu'il soit de nature timide ou introvertie, mais tout cela le mettait encore mal à l'aise. Il ne pouvait s'empêcher d'observer distraitement les deux jeunes hommes, peinant à croire qu'ils se prostituaient réellement. Il n'arrivait pas à concevoir comment on pouvait en venir à vendre son corps... En ce qui le concernait, rien que d'y penser, il avait la nausée. Quelle pouvait être l'histoire de ces types ? Il n'en savait rien, mais elle était sans doute bien éloignée de ses petits problèmes de rupture et de burn-out.
Se rendant compte qu'il les fixait un peu trop, il se détourna d'eux pour se remettre à observer ce qui se passait ailleurs dans la pièce. La plupart des clients semblaient être là pour boire entre amis, quelques autres discutaient plus sérieusement autour d'un verre. Ses yeux se posèrent sur le bar à quelques mètres d'eux. Le barman préparait un cocktail sophistiqué avec un calme olympien et des gestes précis, tout en bavardant avec un jeune homme aux cheveux noirs accoudé devant lui, qui lui tournait le dos et dont il ne pouvait percevoir le visage. Sanji remarqua l'attitude singulière de ce dernier. Le menton posé sur ses bras croisés sur la planche de bois qui le séparait du serveur, il s'y appuyait de manière nonchalante, tandis que ses deux pieds, tour à tour, battaient la mesure de la musique -qui était passée à un titre un peu plus énergique, Saturday Night's Alright For Fighting d'Elton John. Sa posture contrastait fortement avec celle du barman qui était droit comme un i, pourtant ils semblaient discuter gaiement, un rire secouant régulièrement les épaules de l'un ou de l'autre.
Tout à coup celui qui était dos à lui sembla sentir son regard. Toujours appuyé au bar, il se tourna vers lui, dévoilant un visage fin au nez pointu et des yeux qui semblaient sombre -difficile de savoir avec la distance et les néons. Leurs regards se croisèrent et, voyant que Sanji l'observait, il pencha légèrement la tête sur le côté, eut un sourire charmeur et lui envoya un clin d'oeil.
…Hein ?
Le cuisinier ne put s'empêcher de rougir violemment. Il ne s'était jamais fait draguer, de près ou de loin, par un homme, et ne s'attendait absolument pas à ça. Le jeune homme, de son côté, parut saisir son trouble et eut un rictus moqueur, ce qui augmenta encore sa gêne.
Il tourna la tête, un peu honteux, pas désireux de voir ce type se moquer de lui davantage, et tenta de s'intéresser à nouveau à la conversation qu'il avait quittée. Law, assis en face de lui, sembla remarquer sa gêne -ses joues avaient la fâcheuse manie de rougir pour un rien, et il devait encore ressembler à une tomate- et ses yeux gris firent plusieurs aller-retours entre lui et le jeune homme du bar.
-Ace te plaît ? Demanda-il.
-Quoi ? Croassa Sanji en réponse.
Il mit quelques secondes à comprendre. Quoi ça, Ace ? Le brun fit un léger signe de tête en direction de l'intéressé, et il comprit.
-Ah, c'est son nom? Vous le connaissez ?
-C'est notre pote. Si il te plaît, on peux lui demander de te faire un prix.
Là encore, il ne comprit pas tout de suite ce qu'on était en train de lui proposer. Un prix ? Un prix pour quoi ?
-Tu veux dire...
Est-ce que ce mec vient de me proposer une réduc' pour que je baise son pote ?
Il avait du mal à croire qu'on venait de lui proposer ça comme on lui aurait proposé du sucre pour son café. On parlait de quelqu'un, là... Un mec, en plus...
Il se rendit compte que le silence s'était fait autour de la table. Kidd et Zoro, toujours en train de parler jusque là, s'étaient tus, et son ami le regardait, les sourcils haussés, l'air de dire : Eh bah quoi ?
Nom de dieu, il allait vraiment falloir qu'il s'habitue à cette ambiance. Il survivrait pas deux jours s'il continuait à être choqué comme ça.
Il se racla la gorge en plaçant son poing devant sa bouche pour dissimuler sa gêne.
-Heu... Non merci. Je suis hétéro, en fait, et puis... Enfin, non.
Il avait failli ajouter « et je suis contre la prostitution », mais s'était vite rendu compte que ce n'était pas forcément une bonne idée. Il voyait tout à fait les deux prostitués lui répondre un truc du genre Et du coup qu'est-ce que tu fous ici ? Et le foutre dehors. Ou pire, s'énerver parce qu'il insultait leur... profession. Il ne savait pas vraiment comment appréhender tout ça, alors Zoro avait raison : il valait mieux qu'il en dise le moins possible et le laisse parler pour l'instant.
-Bin alors les gars, qu'est-ce que vous foutez ? Vous bossez pas ce soir ?
Quelqu'un venait de faire irruption derrière la banquette sur laquelle Kidd et Law étaient assis, entourant leurs épaules de ses bras et se penchant pour mettre son visage au niveau du leur. Sanji reconnut le jeune homme qui lui avait fait un clin d'œil tout à l'heure -il lui était sorti de la tête, du coup- et se renfrogna.
-Si, on va y aller, soupira le tatoué. On finit juste de régler deux ou trois trucs là.
-C'est qui, c'est gars ? C'est rare des clients aussi canons...
Disant cela, il darda ses yeux noirs -ils étaient bien noirs, il pouvait le voir maintenant- sur le journaliste et son photographe et leur fit un nouveau clin d'œil.
Mais c'est quoi son soucis à lui, à faire ça tout le temps ?
-C'est pas des clients, c'est des journaleux, lâcha Kidd avant de vider le fond de son verre d'une traite.
-On est là pour un reportage sur la prostitution masculine dans le centre de Gray Terminal. On cherche quelques prostitués qui accepteraient de faire des interviews suivies pendant quelques semaines avec nous, expliqua rapidement Zoro en s'avançant sur la table, les mains refermées sur sa boisson.
Le dénommé Ace haussa un sourcil.
-Quoi, les bourgeois des banlieues veulent savoir ce que ça fait de vendre son cul, ça les fait tripper ?
Il se tourna tour à tour vers ses deux amis.
-Pourquoi vous faites ça, les gars ?
-ça paye, grognèrent presque à l'unisson ses deux camarades.
-Si ça vous intéresse, un témoignage de plus n'est pas de refus, continua le journaliste.
Le brun eut un rire étonnamment candide.
-Non. Désolé, mais j'aime pas trop raconter ma vie, encore moins pour qu'on l'écrive dans un journal. Elle en vaut pas la peine, et puis je suis sûr que vous en aurez largement assez avec les vies palpitantes de ces deux lascars.
Disant cela, il envoya une grande claque dans le dos de Kidd et Law, qui lui grognèrent dessus.
-Va te faire enculer, Portgas.
-Mais oui, j'y vais.
-Tu bosse pas ce soir ?
-Si, le bâtard va m'envoyer chercher dans cinq minutes, là, il faut que j'y aille. On se retrouve ce soir après le taf ? A plus, les journaleux !
Un signe de main et un sourire espiègle plus tard, il leur tournait le dos et se dirigeait vers la sortie du bar, les mains dans les poches de son jean noir. Sanji le regarda partir, bouche bée. Pas mal de questions se bousculaient dans sa tête. C'était qui ce gars ? Pourquoi il lui avait fait un clin d'œil ? Ils les avait vraiment pris pour des clients ? Est-ce qu'il venait de faire une blague sur le fait qu'il allait se faire... Et c'était qui, le « bâtard » ?
Et puis, nom de dieu, qu'est-ce que c'était que cette présence ? Ce mec était beaucoup trop intense. Son regard clouait sur place, son détachement et son rire d'enfant le rendaient presque effrayant. Kidd et Law l'avaient impressionné, mais ils lui paraissaient presque fades, maintenant.
Quel genre de vie il peux bien mener, ce gars-là ?
La main de Zoro, qui s'agitait devant son visage, le fit brutalement revenir à la réalité.
-Hé, du-sourcil, t'a vu la vierge ou quoi ?
Il se rendit compte qu'il fixait toujours la porte qu'avait franchi le jeune homme. Il secoua la tête pour se remettre les idées en place.
-Fais gaffe, tu bave, lui lança Kidd, moqueur. Tu sais, 'faut pas hésiter. Ace est pas aussi cher qu'il en a l'air, et si c'est nous qui demandons, comme t'es bien mignon il te fera un prix.
-Puisque que je vous dit que ça ne m'intéresse pas... ! S'énerva Sanji.
Qu'est-ce qu'ils ont tous, à la fin ? Même si j'aimais les gars, acheter un prostitué serait la dernière chose dont j'aurais envie.
-Bon, enchaîna Zoro qui se leva en claquant ses cuisses. On va vous laisser travailler, alors. On peux se retrouver ici demain à dix ou onze heures, les gars ? Je vous paye à manger - il font bien à manger ?
-Ils font à manger, mais pas moyen qu'on se retrouve avant quatorze heures, lui répondit Law. Oublie pas qu'on a une longue nuit devant nous, on se lève tard.
-'Faut bien qu'on se permette nos dix heures de sommeil réparateur si on veux pas perdre notre teint de princesse, grinça Kidd.
-Va pour quatorze heure alors. Bon courage pour ce soir, les gars.
Le journaliste fit un signe de tête à Sanji. Ce dernier salua les deux jeunes hommes et lui emboîta le pas pour sortir du bar.
Il resta silencieux, debout sur le trottoir tandis que Zoro faisait signe à un taxi pour les ramener à l'hôtel. Il se sentait un peu bizarre ; d'un côté, les trois personnages hauts en couleurs qu'ils venaient de rencontrer l'intriguaient réellement et il était curieux de voir ce qu'ils allaient découvrir sur leurs quotidiens respectifs. De l'autre, il avait plus que jamais envie de rentrer chez lui. Tout ça était trop étrange pour lui, trop nouveau. Ces mecs vendaient leurs corps, ils ne s'en cachaient pas, blaguaient même là-dessus, et lui avaient même proposé de but en blanc de payer pour s'envoyer en l'air avec l'un d'eux, à lui le parfait hétéro. Il y avait aussi ce Ace et ses foutus clin d'œils, là. C'était comme si ces types, en quelques minutes, remettaient en question toutes les valeurs de pudeur et de décence qu'il avait intégrées depuis le début de sa vie. Lui qui avait toujours été un dragueur invétéré et qui considérait qu'il ne se laissait pas facilement impressionner, il se sentait comme une bonne sœur dans un strip-bar, là.
Peut-être qu'il fallait juste qu'il s'ouvre un peu après tout. C'était dur, mais il n'avait aucun droit de juger ces gars. Il pensait bien que leurs existences ne devaient rien avoir d'enviable comparées à la sienne.
Il se jura que le lendemain, il se montrerait plus avenant. Pas question de passer pour la sainte-nitouche de service, surtout avec Zoro à côté qui se la jouait trop à l'aise et manquerait pas de se foutre de sa gueule à la moindre occasion...
En parlant de Zoro, ce dernier avait enfin réussi à arrêter un taxi. Il lui fit signe et Sanji monta à l'arrière du véhicule, toujours silencieux, regardant par la fenêtre la nuit qui tombait sur la ville.
-Alors, tu le sent bien ? Finit par dire son ami après quelques minutes de silence.
-Heu... Ouais ? Je sais pas, c'est bizarre. Et toi ?
-Ouais... Ces types sont biens. Ils ont de la répartie et ont l'air bien cyniques. Il y a de quoi faire un super article.
-ça te dérange pas, tout ça, toi ?
-Quoi ? T'es choqué parce qu'ils t'ont proposé de coucher avec ce Ace, c'est ça ?
-N-non, pas du tout, c'est juste que...
-Arrête de mentir, j'ai bien vu que ça t'a gêné. Ces mecs-là, ils vivent là-dedans. Tout le temps. Ça te paraît peut-être bizarre ou indécent, mais pour eux, proposer une baise à quelqu'un, c'est comme lui proposer un café. Les trois quarts des gens crachent sur les putes, hommes ou femmes, et les trouvent dégoûtants, indécents, indignes ou autre. On vit dans une société qui les rejette complètement, mais qui continue de les exploiter et ne fait rien pour eux. Résultat, on ne parle jamais d'eux, tout le monde s'en branle et se voile la face. Mais ils existent, ils sont là. C'est pour ça que je vais pondre un putain d'article sur eux.
Il se tut et Sanji le fixa, bouche bée. Il n'avait jamais entendu Zoro parler comme ça.
-Eh beh, je savait pas que quand tu voulait tu pouvait avoir l'air intelligent, pouffa-il.
-Ferme-la, sourcil-en-vrille !
-Toi d'abord, marimo.
S'ensuivit une de leurs interminables disputes rituelles -le chauffeur eut un instant l'air d'avoir peur pour l'état de sa banquette arrière quand le cuistot trouva le moyen d'enfoncer sa semelle dans la joue de son ami et que ce dernier fit de même avec son poing. Ils arrivèrent néanmoins à bon port et allèrent aussitôt s'attabler dans la cafétéria de l'hôtel ou la dispute reprit au sujet des manières de table du journaliste que son photographe trouvait plus que douteuses. Ils regagnèrent leurs chambres respectives un peu avant 22h, tout deux fatigués sans se l'avouer par leur journée mouvementée. Sanji se grilla une dernière cigarette à la fenêtre, puis retira ses vêtements et s'affala en boxer sur son lit, se glissant rapidement entre les couvertures. Alors qu'il regardait le plafond, il réalisa qu'il n'avait pas pensé à Nami de la journée, pour la première fois depuis bien longtemps.
Après tout, ce crétin de marimo avait peut-être raison. Cet endroit était loin d'être parfait, mais il avait le mérite de lui changer les idées.
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Merci d'avoir lu jusqu'au bout!
Avant qu'on se quitte, je voulais préciser que je m'était énormément renseignée sur le sujet de la prostitution en général avant d'écrire cette fic... J'espère donc pouvoir faire quelque chose d'à peu près réaliste! Si vous avez des questions sur le sujet, ou que vous voulez que j'éclaircisse un point, n'hésitez pas à me poser des questions, je tâcherais d'y répondre!
On se dit à dans 10 jours pour le prochain chapitre, d'ici là prenez soin de vous et n'hésitez pas à lâcher une review, c'est bon pour la santé (et mon moral)!
