Salut à tous et bienvenue sur le chapitre 6 de Wild World! Merci infiniment pour vos quelques retours positifs sur le dernier chapitre, je suis vraiment contente que ça vous aie plu!
Ce chapitre est un peu court, et le suivant aussi, je posterais donc le prochain dans seulement quelques jours. Avec le fonctionnement narratif un jour= un chapitre, les tailles de chapitres peuvent vraiment varier, j'essaierais donc d'adapter le rythme de publication!
En vous souhaitant une bonne lecture, on se retrouve en bas!
[Gray Terminal, jour 6]
Sanji ouvrit les yeux sur le plafond immaculé de sa chambre. Il se leva presque aussitôt, réalisant qu'il avait beaucoup dormi -il était presque dix heures. Non pas qu'ils étaient pressés, vu que les rendez-vous avec Kidd et Law ne commençaient jamais avant quatorze heures de toute façon, mais préférait garder un rythme sain.
Il entra dans la salle de bain en s'étirant. Un ronflement sonore en provenance de la chambre d'à côté lui appris que Zoro, lui, s'en foutait bien pas mal de prendre un mauvais rythme. Il leva les yeux au ciel et ferma la porte pour éviter d'avoir à entendre ce doux bruit en continu. Puis il sauta sous la douche.
Le jet d'eau brûlante le réveilla un peu mieux et très vite il se remémora les événements de la veille. Il posa le front contre le carrelage étincelant qui couvrait le mur. Tout le monde avait dû le prendre pour un gros naze. Péter un câble pour un simple baiser... Ouais, un naze et un coincé du cul. Il espérait que personne ne lui en tiendrais trop rigueur.
Le souvenir plus précis du baiser de Ace lui revint en mémoire et il ferma les yeux en serrant les paupières, rougissant. Putain... La veille, déjà, il avait eu un mal fou à s'endormir -alors que d'habitude, lorsqu'il buvait, il était une vraie enclume- parce que cette séquence de la soirée repassait en boucle dans son esprit. C'est pas qu'il était gêné, non... ça, ça allait, ça avait fini par passer.
Non, le problème, c'est qu'il se rendait compte qu'il n'avait pas totalement détesté ça. Ça le tuait de l'admettre, mais... Ouais, il avait trouvé Ace très sexy, la veille. Et son cœur ne pouvait pas s'empêcher de s'emballer lorsqu'il repensait à sa main qui pressait sa nuque et à sa langue sur ses lèvre...
Oh, putain...
Il n'y comprenait plus rien... Qu'est-ce qui lui arrivait, avec ce gars ? Une partie de lui, le Sanji qu'il était lorsqu'il avait quitté East Blue -ça lui semblait déjà si loin...- le trouvait parfaitement insupportable. C'est vrai, quoi, il avait un grain, ce mec, à faire semblant de draguer les gens comme ça, avec ses clin d'œils à la con... Et à se foutre de sa gueule comme ça, mais il se prenait pour qui ? Il ne supportait pas les gens qui ne respectaient rien. Kidd et Law le taquinaient un peu aussi, mais ils n'allaient pas aussi loin que lui.
Mais en même temps, les autres n'avaient pas tout à fait tort quand ils lui disaient qu'il matait Ace. Ouais, il avait franchement du mal à ne pas le regarder lorsqu'il était dans la même pièce que lui... Il ne savait pas pourquoi, il était comme fasciné. Et il avait envie d'en savoir plus sur ce mystère ambulant...
Enfin, de là à dire qu'il avait aimé son baiser...
Tu débloque, mon vieux. T'a oublié qui t'étais ? T'es un homme, un vrai. T'aime les femmes. Personne n'aime les femmes autant que toi. T'a oublié Nami ?
« L'un n'empêche pas l'autre... »
La voix de Law retentit à nouveau dans ses oreilles. C'était vrai, ça... Alors quoi... Il serait... bi, c'est ça ? Ou un genre d'hétéro curieux ?
N'importe quoi. C'est pas parce que ce mec t'intrigue un peu qu'il faut que tu te remette en question comme ça. T'es juste dans une période un peu bizarre de ta vie, et tu commence à penser n'importe quoi parce qu'il t'allume comme pas possible. T'es frustré, c'est tout... Faut dire que t'a touché à personne depuis Nami... Normal que tu t'emballe pour rien.
Ouais, peut-être. Malheureusement, il semblait qu'il n'était pas vraiment dans l'endroit idéal pour rencontrer des filles. Mais c'était pas une raison. Il fallait qu'il se calme.
Oublie pas que c'est le métier de ce gars d'aguicher les mecs...
Tu va vraiment tout remettre en question pour un prostitué... ?
Il expira longuement et rouvrit les yeux avant de se mettre résolument à se savonner. Ouais, fallait qu'il arrête de penser n'importe quoi. Définitivement.
Malgré tout, il ne put s'empêcher de se remémorer ce qu'il avait vu juste avant que quitter le Moby Dick, la veille. Ace était parti avec un client... C'était la première fois depuis qu'ils étaient arrivés qu'il en voyait un directement. Qu'il voyait une de leur trois nouvelles connaissances se mettre en contact avec l'un d'eux, que leur acte de prostitution prenait une dimension réelle à ses yeux, cessant d'être seulement une évocation abstraite. Il avait toujours autant de mal à se le représenter, après tout, et le fait de le voir... Il se rendait vraiment compte de ce qu'était leur quotidien, à ces trois-là... Ils faisaient vraiment ça plusieurs soirs par semaines, ils partaient vraiment avec ce genre de mecs, ils faisaient vraiment ça, ils devaient le faire pour vivre... Même à se le dire comme ça, ça lui semblait surréaliste. Ace avait vraiment... couché avec ce gars ?
Bien sûr, lui souffla une voix dans un coin de sa tête. T'es toujours trop naïf, mon vieux. Évidemment.
Quand même, il avait du mal à l'imaginer...
Et merde, maintenant qu'il avait essayé, des images de Ace dans des positions ambiguës surgissaient dans son esprit... Il ferma les yeux de toutes ses forces et se frappa légèrement le front contre la vitre de la douche. Pourquoi, mais pourquoi son cerveau avait décidé de faire n'importe quoi, ce matin ?
Malgré tout des images continuaient de s'imposer à lui... Ace sensuellement allongé sur le lit d'une chambre d'hôtel, une simple serviette passée autour de la taille...
Mais arrête, nom de dieu, s'intima-il, pestant contre son imagination qui partait trop loin. Le pire, c'est que penser à tout ça était loin de le laisser de marbre... Un regard vers le bas lui appris que non, imaginer le jeune homme dans ce genre de situations ne le laissait pas indifférent – pas son corps, en tout cas.
Putain mais qu'est-ce qui m'arrive ?
Il se laissa glisser contre le mur de la douche jusqu'à se retrouver assis sous le jet d'eau et se pris la tête dans les mains. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Il avait de plus en plus de mal à se trouver des excuses... Il était vraiment attiré par ce gars ? Par ce mec qui le faisait chier et lui sortait par les yeux ? Non, c'était pas possible. Il fallait vraiment qu'il se détende et qu'il pense à autre chose...
Pour commencer, calmer son corps qui avait l'air d'avoir beaucoup trop envie de choses que son esprit ne s'autoriserait jamais même dans ses pires cauchemars. Il se redressa et tourna le robinet de la douche pour se passer sous l'eau froide -l'attaque des gouttes glacées sur sa peau le dissuada bien vite de se laisser aller à des pensées qu'il aurait pu regretter. Ceci fait, il sortit, se sécha, se passa une serviette autour de la taille et se rendit dans sa chambre pour s'habiller.
Soucieux de penser à autre chose, il alluma le radio-réveil de sa chambre et monta le son sur la première station diffusant de la musique qu'il trouva : My Baby Just Care For Me de Nina Simone, une vieille chanson, mais il avait toujours aimé le jazz -et ça le changeait un peu, ils n'écoutaient que du rock, ici.
Une fois habillé, il prépara consciencieusement son matériel photographique pour la journée -aujourd'hui, il était prévu qu'il prenne plusieurs clichés de Kidd et Law. Pour l'illustration de l'interview, bien sûr... Mais aussi pour lui. Il y avait bien longtemps qu'il ne s'était plus lancé dans des séries de portraits, et il devait bien avouer que vu la classe de leurs nouvelles connaissances, il avait plus qu'envie de retenter l'expérience. A vrai dire, il ne savait pas encore s'il oserait leur demander l'autorisation de les photographier de cette manière... Mais il pris tout son matériel, au cas ou.
Il était occupé à nettoyer ses objectifs un à un avant de les ranger dans sa sacoche, lorsque Zoro ouvrit la porte de sa chambre -apparemment, l'animal était réveillé.
-Frappe avant d'entrer, marimo, lui soupira-il en guise de bonjour.
-Mihawk viens de m'appeler, lui répondit son ami en ignorant royalement sa remarque.
-Ah ouais ?
-Je lui ai lu des extraits des premières interviews. Il trouve que Kidd et Law ont du charisme...
-Sans blague.
-Il dit que si on exploite bien leurs témoignages, on peut faire bien plus qu'un simple article.
-Comme quoi ?
-Il veut faire un livre.
Sanji releva la tête, déposant l'objectif qu'il nettoyait sur son lit avant de se lever, portant machinalement une cigarette à sa bouche.
-Quoi... Un livre, carrément ?Il t'a dit ça juste en entendant deux trois trucs ?
-Tu sais comment il fonctionne... Il y va souvent à l'instinct. Il dit qu'il sent que ça peux marcher, et il s'est jamais trompé, alors...
-Tu crois que t'aura de quoi remplir un livre avec juste leurs témoignages ?
-Non, bien sûr. Il a dit que ce serait bien de trouver un ou deux autre sujets... Il aimerais bien qu'on fasse quelque chose avec notre point de vue, tu vois. Du genre « immersion de deux journaliste dans le secteur de la prostitution masculine », avec nos réactions, nos ressentis, tout ça.
-Quoi, parce que ça t'arrive d'avoir des ressentis, à toi ?
-Ta gueule.
Sanji eut un petit rire, mais redevint vite sérieux.
-C'est dingue qu'il te propose ça direct. C'est bon pour ta carrière ça, non ?
-Ouais.
-Ah, si j'avais su au lycée que cette espèce de tête de mousse insensible qui me servait de camarade de classe pourrait un jour prétendre au titre d'écrivain...
-Ferme-là. C'est pas un recueil de poésie non plus, que je sache.
-C'est quand même trop raffiné pour toi.
-Je t'ai dit de la fermer... !
Zoro fit mine de lui donner un coup de poing pour le faire taire et il esquiva, ripostant avec un coup de pied. S'ensuivit une de leurs classiques batailles journalières, à l'issue de laquelle le journaliste retourna dans sa chambre en pestant, lui demandant sans appel d'être prêt à partir d'ici une heure. Sanji lui répliqua qu'il ne recevait toujours pas d'ordres de sa part en reprenant rageusement le nettoyage de ses objectifs, songeant distraitement à ce que son ami venait de lui dire. Un livre, carrément... ? C'est vrai que les histoires de Kidd et Law étaient prenantes, elles méritaient d'être entendues par plus de gens... Et vu le succès du style brut de Zoro, ça pourrait sans doute marcher, oui. De ce qu'il en savait, Mihawk ne faisait jamais de mauvais paris, les quelques livres édités par sa société marchaient très bien, il n'était pas rare de les voir dans les vitrines des têtes de ventes dans les librairies.
Restait à voir ce que les principaux intéressés en penseraient...
-Un livre ?
Kidd regarda Zoro, les yeux ronds.
-Tu veux faire un livre, juste avec ce qu'on t'a raconté ?
-Pas juste ça... J'aurais bien besoin d'un ou deux témoignages en plus, précisa Zoro en faisant de l'œil à Ace, vautré sur le canapé à côté de son interlocuteur.
-J'ai déjà dit non... t'es un vrai forceur ma parole, rit ce dernier en s'enfonçant un peu plus dans les coussins.
Zoro haussa les épaules avec un sourire et revint aux deux intéressés.
-Bref, ça vous dérange pas ? Bien sûr, si le livre marche, vous toucherez un pourcentage. Les conditions changent pas, à part ça.
-Ben... Moi, ça me va, commença Kidd, mais...
-Je vois pas trop qui ça va intéresser ces histoires, compléta Law qui sortait de la cuisine, une tasse de café à la main. Un article dans un journal de niches, je dis pas... Un livre, ça demande un vrai public. Personne va vouloir l'acheter, votre bouquin.
-Vous vous en rendez pas compte, mais les histoires comme la vôtre ont beaucoup de succès. Les gens le montrent peu, parce que ça fait mauvais genre, mais ils sont plutôt curieux des milieux comme le vôtre...
-...Donc on va juste se faire payer pour alimenter la curiosité et les fantasmes malsains des bourges, c'est ça ? Compléta le jeune homme aux yeux plus cernés que jamais, sarcastique comme toujours.
-C'est déjà plus ou moins ton métier au quotidien ça, non ? Lâcha Ace en riant.
Sanji ne put s'empêcher de sourire à cette remarque. Il écoutait la conversation d'une oreille, concentré sur ses fourneaux.
Soucieux de se faire pardonner d'avoir gâché l'ambiance la veille, il était passé faire quelques courses avant qu'il se rendent dans l'appartement que partageaient les trois lascars, et à peine arrivé s'était proposé de cuisiner un repas pour tout le monde. Leurs hôtes avaient eu l'air un peu surpris -en même temps, ici, il était censé être photographe, pas cuisinier – mais avaient accepté, plutôt contents au final de sa proposition. Zoro s'était quand à lui installé dans le salon et leur avait de but en blanc annoncé la nouvelle, qui du coup n'avait pas l'air de les bouleverser plus que ça -mais en même temps, ça l'aurait étonné.
Il n'écouta pas la suite de leur dialogue, concentré sur ses petits-fours salés -il n'avait pas cuisiné quelque chose de vraiment abouti depuis des semaines, se contentant des plats les plus basiques, et ne voulait pas risquer de manquer quoi que ce soit. Quelques dix minutes plus tard, son apéritif était prêt, et c'est avec une grande fierté qu'il franchit les quelques mètres qui le séparaient du salon à larges enjambées avant de poser son plateau devant les yeux ébahis de Kidd, Law et Ace qui ne s'attendaient certainement pas à quelque chose d'aussi élaboré.
-Petits-fours du chef, annonça-il avec un grand sourire.
-Petits-fours, carrément ? Tu t'es cru à Versaille ?
La remarque de Kidd ne l'empêcha pas de prendre une bonne poignée dans le plat et de l'enfourner sans plus de cérémonie.
-Ah ouais, c'est pas dégueulasse.
-En voilà un mec plein de surprises, dit Ace en lui lançant un clin d'œil, avant de se servir à son tour.
Sanji fronça les sourcils en se détournant. Il était toujours extrêmement gêné par rapport à ce qui s'était passé la veille entre eux -sans parler de la direction gênante qu'avaient pu prendre ses pensées ce matin sous la douche- et ça l'agaçait au plus au point de le voir en rajouter sans arrêt comme ça... Décidément, ce gars n'avaient aucune gêne ni respect... Il préféra ne rien répondre et retourna à ses fourneaux -il était en train de préparer un riz frit aux légumes, une recette simple, mais dont la plupart de ses amis raffolaient et dont il espérait qu'elle conviendrait à leurs hôtes.
-Hé, mais c'est super bon !
L'exclamation surprise de Ace résonna dans l'appartement et il ne put retenir un large sourire -que personne ne put voir, il était toujours tourné vers la cuisinière. C'était toujours comme ça, quand quelqu'un complimentait sa cuisine. Même après toutes ces années, même après son burn out, rien ne lui faisait plus plaisir.
-C'est vraiment dingue, Sanji !
Il sursauta lorsque le jeune homme apparut dans son champ de vision. Ace s'était levé, la bouche pleine, une poignée de petits-fours dans la main, et s'était avancé vers lui, les yeux brillants -un vrai gamin- tandis que derrière lui, les autres continuaient à bavarder en mangeant.
-Sérieux, j'ai jamais rien mangé d'aussi bon ! T'a un don pour ça, non ? T'a jamais pensé à ouvrir un restaurant ?
C'est vrai qu'il en était pas peu fier, de ces petits-fours. On lui avait souvent fait des compliments à leur sujet, mais voir le mec qui passait son temps à le tourner en ridicule depuis leur rencontre se transformer subitement en fanboy admiratif lui faisait un peu bizarre. Il se sentit rougir un peu.
-Hmm … Content que ça te plaise. En fait, je ne suis pas photographe, à la base. Je suis cuisinier professionnel depuis ma sortie du lycée.
-Sérieux ?
-Ouais, j'accompagne le marimo exceptionnellement sur cette mission. La photographie, c'est juste ma seconde passion.
Il n'avait pas vraiment osé le leur dire de but en blanc lors de leur rencontre. Il avait eu peur qu'il ne le prenne pas au sérieux en apprenant qu'il n'était pas un professionnel, ou pire, qu'ils pensent que Zoro ne les prenait pas suffisamment au sérieux pour embaucher un vrai photographe. Mais Ace avait l'air plus que ravi de cette révélation.
-Mais c'est trop bien ! Putain... Mec, je suis désolé.
-Hein ? Pourquoi tu t'excuse ?
-Je te prenais pour un petit bourgeois, depuis le début. C'est pour ça que j'arrêtai pas de te taquiner, je pensais que tu venait d'une vie ou tout était facile... Mais la restauration, c'est un travail rude. Je serais incapable de tenir le rythme, alors je respecte. Et puis t'es super doué.
Sanji le regarda, ébahi. Alors c'était comme ça qu'il le voyait... C'était juste pour ça ? Il eut un rire nerveux, un peu gêné de la brusque considération de Ace.
-C'est... c'est pas un travail rude. Je veux dire... T'avais raison. Par rapport à vous, je suis sans aucun doute un connard privilégié. Et votre travail est cent fois plus rude que le mien...
Il ne savait pas trop pourquoi il avait dit ça, mais il réalisa que ça lui avait fait du bien. Depuis qu'il avait entendu les histoires de Kidd et Law, ça lui pesait. Cette impression d'avoir grandi dans du coton, de ne rien connaître des vraies difficultés de la vie. Cette honte d'avoir été dépressif pendant des mois à cause d'une rupture quand d'autres vivaient bien pire et gardaient le sourire.
Ace le regarda un instant en silence. Il ne sut pas trop ce qui se passait dans sa tête, mais au bout de quelques secondes il se fendit d'un sourire et se gratta l'arrière de la tête.
-Hé. Je suis désolé pour hier. C'était vraiment pas correct de ma part de t'embrasser sans prévenir. C'est qu'entre nous, on fait toujours ce genre de trucs sans en tenir rigueur, alors je fais plus gaffe. On a pas trop l'habitude de traîner avec des honnêtes gens...
-Dis pas ça, je... J'ai surréagi. Je viens d'un milieu ou les gens déconnent pas trop avec ce genre de chose. Enfin, je veux dire... C'est oublié.
Il lui rendit son sourire, sincèrement touché que le jeune homme s'excuse de lui-même. Il avait soudain l'impression d'avoir accès à une autre facette de lui, sans le masque de fausse séduction qu'il affichait presque constamment en sa présence depuis leur rencontre.
-ça va bientôt être prêt, annonça-il en regardant son riz qui prenait une couleur idéale. Tu sais s'il y a des assiettes, ici ?
-Ouais, je te sors ça tout de suite.
Le riz frit fut accueilli avec les honneurs -surtout par Ace qui semblait en fait être un immense amateur de bouffe, et qui termina le plat à même la casserole sans demander son reste dès que tout le monde fut servi.
-Je comprend mieux pourquoi tu l'a apporté avec toi, Zoro, lança Kidd d'un air moqueur. Tu mange toujours comme ça avec lui ?
-Nan, à l'hôtel, on mange à la caféte. C'est vous qui avez un traitement spécial.
-Si c'est ce que tu cherche, je veux bien te donner une passe gratuite en échange, lança le roux à Sanji, mais il va falloir que tu nous en refasse plus souvent.
-Non merci, répondit l'intéressé en riant -il commençait doucement à s'adapter à son humour douteux. Par contre, j'aurais une autre faveur à vous demander...
Il sortit un peu timidement son appareil photo de son étui. Il hésitait un peu à leur demander, mais comme l'ambiance s'était beaucoup détendue, il finit par se jeter à l'eau.
-Vous permettriez que je fasse des portraits de vous ? Pas pour les publier dans l'article, mais... Je prend souvent des portraits de gens, dans la vie de tout les jours. Par plaisir. Pour le souvenir. Vous auriez pas à poser, je ferais juste ça pendant les interviews. Enfin, c'est comme vous voulez, mais-
-Tant qu'on garde nos vêtements, moi je m'en branle, lui répondit Kidd en le coupant dans ses explications.
Les deux autres opinèrent du chef de la même manière, n'ayant pas vraiment l'air d'en avoir grand chose à faire.
-Bon, c'est pas tout ça, mais on est là pour une interview, à la base, non ? Les coupa Zoro en sortant son magnétophone. En plus, aujourd'hui, c'est pas un sujet très rigolo, si vous vous souvenez bien.
-Va-y, balance, qu'on finisse ça vite fait.
Quelques bières ouvertes et cigarettes allumées plus tard, Zoro commença à poser ses questions. Aujourd'hui le thème n'était pas très joyeux en effet : il s'agissait de parler des violences dont les prostitués étaient victimes.
-ça vous est déjà arrivé ?
-C'est arrivé à tout le monde. Je connaît pas une pute qui a pas déjà eu un incident avec un client, répondit Law.
-Vous voulez dire... Même dans les bordels, les lieux un peu plus encadrés et sécurisés ?
-C'est pareil. Les gens pensent qu'en mettant les putes dans un bordel, ils vont les protéger, mais c'est faux. Que tu soit dans la rue, chez un client, dans une chambre d'hôtel ou de bordel, si tu tombe sur un taré, il va te faire du mal. Tu crois qu'ils embauchent des vigiles dans les bordels pour protéger les putes ? Bien sûr que non. Un vigile, ça coûte cher.
-Attendez...
Sanji se permit de les interrompre, un peu surpris.
-Vous voulez dire que vous n'êtes pas pour la légalisation de la prostitution ?
La prostitution était illégale dans leur pays -à part dans le centre de Gray Terminal ou l'on trouvait quelques bordels gérés par la mafia- mais quelques pays voisins acceptaient l'ouverture des maisons closes, et il avait toujours cru que c'était mieux pour les prostitués, que ça leur permettait d'être encadrés, d'être mieux protégés que dans la rue.
-Je sais pas, je m'intéresse pas à la politique, lâcha Kidd.
-Moi, je pense que c'est une connerie de légaliser, dit Ace. Si on fait ça, on va commencer à considérer la prostitution comme un métier comme un autre. Et c'est pas vrai, faut voir les choses en face.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? L'encouragea Zoro, qui semblait ravi de le voir participer.
-J'ai déjà rencontré des prostitués qui venaient de l'étranger et avaient travaillé dans des bordels légaux. C'est la même merde que chez nous. Ils sont pas plus protégés, et en plus ils doivent payer un loyer super cher pour occuper une chambre. Comme c'est légal, les clients se prennent encore moins pour de la merde, et de toute façon ils sont jamais punis pour s'en être pris à une pute.
-En effet, c'est ce que les chiffres montrent, l'approuva le journaliste.
-Ah bon ? Je savait pas, grogna Kidd.
-Ouais, dans les pays ou la prostitution est légale, les meurtres et les violences aux prostitué.e.s sont plus fréquents. En même temps, la légalisation entraîne plus de prostitution. Enfin, bref, moi, ce qui m'intéresse, c'est ce que vous avez vécu, vous.
-Nous trois, on a jamais eu affaire à des violences vraiment graves. Je pense que c'est en partie dû au fait qu'on en impose un peu, physiquement. Les femmes sont beaucoup plus agressées que nous, dit Law.
-Et des violences « moins graves » ?
-ça, c'est fréquent. Déjà, il y a tout les sadiques... Comme Ace il y a quelque jours qui s'est retrouvé avec des bleus sur le cul.
-J'ai déjà vu largement pire, rit l'intéressé. Un jour, un taré m'a entaillé l'épaule au rasoir en pleine baise. Il fantasmait sur le sang. J'ai encore une marque, raconta-il avant de déboutonner sa chemise pour leur montrer son épaule pâle ou se démarquait en effet une fine cicatrice blanche.
Il semblait trouver ça vachement drôle. Sanji se demanda vraiment quel genre de dégénéré avait pu lui faire ça sans prévenir.
-Y'a souvent des mecs qui te griffent, aussi, râla Kidd. Ça arrive à tout le monde de griffer le dos de quelqu'un en pleine baise, mais quand c'est une pute, les gens se lâchent, ils s'en foutent de faire attention. Y'en a plusieurs qui m'ont fait saigner.
-ça reste une minorité, précisa Law. Mais beaucoup d'autres sont violent sexuellement.
-Tu peux préciser ?
-Classique, ils te pénètrent sans préparation et sans prévenir et ils te bourinent comme des malades en se la jouant dominant à deux balles. C'est comme pour les griffures, tout ce qu'ils se retiennent de faire avec leurs partenaires dans la vie de tout les jours, avec nous ils s'en branlent. Ils considèrent que comme ils ont payé, ils ont tout les droits.
-C'est dégueulasse, murmura Sanji.
Il s'en doutait bien, de tout ça, mais quand même. Comment pouvait-on croire que payer quelqu'un nous donnait le moindre droit sur son intégrité physique ? Rien que le fait de payer quelqu'un pour coucher avec, comme on achèterait un sandwich, le révulsait. Il pensait que ça passerait peut-être en prenant connaissance du milieu, mais c'était l'inverse plus il s'attachait à Kidd, Law et Ace, plus il avait du dégoût pour leurs clients...
-T'a pas un sujet plus joyeux en réserve, Zoro ? Demanda Ace, à nouveau vautré sur le canapé.
-Si vous voulez... C'est quoi, les choses les plus étranges sur lesquelles vous êtes tombés ? Chez des clients, je veux dire.
Très vites les anecdotes fusèrent. Kidd parla d'un vieux taré qui lui avait montré avec fierté sa collection de bouchons de dentifrices qu'il exposait avec soin sous verre. Law évoqua un ancien professeur de littérature qui lui avait écrit un poème de Baudelaire en entier sur le corps... Et Ace raconta, au milieu d'un éclat de rire général, comment il avait atterri chez un maniaque qui lui avait simplement demandé de mettre un tablier sexy et de faire le ménage chez lui.
-J'ai été la femme de ménage la mieux payée du pays, acheva-il, mort de rire, les larmes aux yeux.
Tandis que des histoires de plus en plus loufoques se succédaient les unes après les autres, Sanji commença discrètement à prendre des photos, imprimant par bribes ce souvenir sur la pellicule.
L'appartement embaumé de l'odeur de sa cuisine et de la fumée des cigarettes.
La lumière du soleil venant égayer les murs nus par la fenêtre.
Un sourire discret de Law écoutant distraitement en ouvrant une bière.
Kidd qui fouille dans une caisse pleine de cassettes audios, avant d'en choisir une et de faire retentir Sunny de Johnny Rivers, chanson qu'il rythme de temps à autre d'un de ses éclats de rire rauque.
Zoro, assis par terre devant la table basse pleine de bouteilles vides, l'air toujours sérieux, mais le sourire aux lèvres.
Et la dernière, qu'il prit un peu en cachette, un peu honteusement sans trop savoir pourquoi, Ace figé dans un éclat de rire, les yeux fermés, essuyant du pouce une larme de joie tandis qu'une cigarette se consume dans sa main.
Law alluma une cigarette et tira une longue taffe dessus, tandis qu'il se redressait pour s'appuyer contre le mur, tirant le drap sur lui.
A côté de lui, Kidd lâcha un ronflement sonore qui lui fit hausser un sourcil dédaigneux. Ce mec était une vraie parodie. Toujours à s'endormir comme une masse deux minutes après avoir fini.
-Crétin, murmura-il en passant sans même y penser sa main dans la tignasse rouge qui retombait sur le visage du jeune homme couché sur le ventre.
Il devait être environs dix heure du soir. Après le départ des journalistes, Ace s'était éclipsé -il travaillait encore pour le bâtard, ce soir – tandis que ses deux colocataires avaient décidé d'un commun accord de s'accorder une soirée de repos.
Law bailla. Il se sentait déjà fatigué, mais n'avait pas envie de dormir tout de suite. Il regarda Kidd baver sur son oreiller avec un soupir de désespoir. Des fois, il se demandait vraiment comment il faisait pour vivre avec un mec pareil. L'interview de l'autre jour l'avait fait se replonger dans des souvenirs qu'il mettait de côté depuis longtemps. Les début de leur « amitié »... L'époque ou il vivait encore dans cet appartement plus spacieux que celui-ci, dans cette banlieue périphérique coupée du monde, ou rien ne se passait jamais. La cohabitation avec Doffy, son père adoptif, qui passait la majeure partie de son temps dans le salon bordélique, ses lunettes de soleil sur le nez, assis sur le canapé de cuir défoncé, à répartir en petits sachets la poudre qu'il se faisait livrer avant de la donner aux petites frappes du quartier qui se chargeaient de la dealer... Une cohabitation étrange, vraiment. Seulement quelques mots échangés ici et là, lorsqu'ils se croisaient malgré leurs rythmes de vie radicalement différents -Doffy restait éveillé toute la nuit et se levait rarement avant quinze heures – accompagnés des nombreux visiteurs que recevait son père, tandis que Law, lui, ne ramenait jamais personne.
Jusqu'à ce qu'il ramène Kidd. Ce môme bagarreur aux cheveux écarlates, le visage toujours contusionné, les fringues toujours déchirées. Qu'il avait longtemps regardé de loin au temps ou leurs deux bandes se faisaient la guéguerre, longtemps dédaigné pour son côté outrancier, trop violent, trop voyant surtout. Ça ne l'avait pas étonné une seule seconde qu'il se fasse coffrer six mois en prison pour mineurs. Ce mec était beaucoup trop imprudent lui, jamais il se serait fait choper sur un coup pareil.
Et puis un jour, ça avait changé. Quand l'un comme l'autre, ils avaient commencé à comprendre, chacun de leur côté, qu'ils étaient différents. Quand Law s'était fait lâcher par ses potes persuadés que l'homosexualité était contagieuse -les clichés avaient la peau dure, dans leur quartier- et que Kidd avait commencé à casser la gueule de mecs qui le traitaient de tapette. Ils avaient commencé à se rapprocher, naturellement, sans jamais vraiment aborder le sujet de leur orientation sexuelle, sentant simplement que par certains côtés, ils pouvaient se comprendre.
Et puis un jour, Kidd était venu sonner chez lui. Il lui avait expliqué en trois mot que sa mère l'avait foutu dehors après l'avoir surpris en train d'embrasser un mec dans sa chambre.
« J'vais p'tétre avoir besoin d'un logement pour quelques jours. »
Évidemment, ça n'avait pas été quelques jours. Ça avait été beaucoup plus. La plupart du temps, ça ne dérangeait pas Law. Lui allait au lycée la journée -Kidd avait déjà arrêté- et le soir, ils partageaient son lit deux place, cohabitant tant bien que mal, sous les yeux amusés de Doffy qui n'avait pas fait la moindre remarque.
Bien sûr, ils ne s'entendaient pas. Ils passaient leur temps à se gueuler dessus, à s'envoyer des piques -encore plus à l'époque – et une ou deux fois par semaines, lorsque leur entente devenait impossible, Kidd allait passer une nuit chez Killer. Revenant toujours, au final, sans que ni l'un ni l'autre ne sache vraiment pour quelle raison ils s'entêtaient à rester ensemble.
Il ne se souvenait plus du moment exact ou ils avaient franchi le pas. Un soir, pendant un moment d'accalmie, alors qu'ils discutaient couchés sur son lit, Kidd l'avait embrassé. Il n'avait pas trop compris pourquoi de prime abord. Puis ils étaient allés plus loin, petit à petit, découvrant l'un avec l'autre les plaisirs de la chair, passant des heures à explorer leurs corps, leurs désirs, dans cette petite chambre hors du monde, hors du temps, ou rien ne venait jamais les déranger.
Ils n'avaient jamais été en couple. Ils l'avaient compris tout deux, de façon tacite, comme ça. Law n'avait jamais vraiment su ce qui le liait à Kidd. Il s'en foutait un peu, déjà à l'époque. Ça s'était fait comme ça, c'était tout. Son ami était très vite allé voir ailleurs, quittant leur quartier pour aller passer ses soirées dans des bar gays -il rentrait rarement chez Law, ces soirs-là. Lui avait mit plus de temps à s'ouvrir à d'autres, plus par manque d'envie que par timidité. Il avait l'habitude d'être seul. Mais à aucun moment il n'avait été question d'exclusivité dans leur relation. Ça ne leur avait même pas effleuré l'esprit, ni à l'un ni à l'autre.
Et puis il y avait eu le départ de Doffy. C'était là qu'il s'était rendu compte que Kidd et lui s'étaient rendus indispensables l'un à l'autre. Devant la disparition de son père, ils avaient cherché une solution ensemble sans même y penser, feignant de ne pas voir que le fait qu'il continuent leur chemin chacun de leur côté était impossible.
Il y avait eu les premières passes. Lorsque Kidd avait commencé, il avait longtemps donné l'impression que ça ne lui faisait rien. Law ne le comprenait pas. Lui rentrait de chez ses premiers clients le cœur serré, l'estomac noué, tremblant. Il se réveillait en pleine nuit trempé de sueur, hanté par des cauchemars ou son corps ne lui appartenait plus, livré en pâture à milles mains qui le souillaient un peu plus chaque jour. Son acolyte, lui, semblait prendre tout ça à la légère. Il en riait déjà, disait à qui voulait l'entendre que c'était vraiment de l'argent facile.
Un soir pourtant, Law l'avait entendu rentrer tard et, se levant, l'avait surpris prostré dans la salle de bain, les joues baignées de larmes. Cette vision lui avait serré le cœur mais d'un autre côté, ça l'avait rassuré, un peu.
Alors c'est facile pour personne, hein ?
Ils s'étaient endurcis avec le temps. Puis ils avaient quitté leur vieux quartier pour venir ici et rencontré Ace.
Au début, il n'avait pas trop su quoi penser de ce mec d'un an leur cadet qui connaissait le milieu comme sa poche, de ce môme au visage rieur trop jovial pour que ce soit honnête, avec une lueur sombre au fond des yeux. C'est Kidd qui était allé vers lui à la base, parce qu'il le trouvait canon. Finalement, ils étaient devenus potes, Ace finissant par passer le plus clair de son temps avec eux. Au début, Law était plutôt mal à l'aise -il était plutôt de nature sociopathe et n'acceptait pas une nouvelle présence dans son cercle intime aussi rapidement que Kidd- mais il avait fini par s'y faire. Et puis, depuis qu'il était arrivé, lui et Kidd s'engueulaient moins. Le jeune homme tempérait, d'une certaine façon.
Kidd avait été le premier à coucher avec lui. Il ne s'était jamais caché du fait qu'il trouvait le nouveau venu dans leur vie séduisant. Puis Law avait franchi le pas, lui aussi, un peu plus tard. Ace se montrait plus doux que Kidd. Il ne le montrait pas, bien sûr, mais ça lui faisait du bien, de temps en temps.
Il ne savait pas vraiment comment leur simulacre de ménage à trois subsistait. Mais lorsqu'il mettait sa mauvaise foi de côté, il sentait bien qu'ils étaient utiles les uns aux autres. Qu'ils s'empêchaient mutuellement de trop sombrer.
Il se demandait ou tout ça les mènerait, des fois. Il n'était pas dupe par rapport à Ace : sans aucun doute, il finirait un jour par disparaître de leur vie. En apparence, ils avaient la même relation tout les trois, mais il sentait bien quelque chose de différent de son côté. Kidd et lui étaient incapable d'imaginer leur avenir l'un sans l'autre. Ils étaient depuis beaucoup trop d'année tout ce qui restait à l'autre. La seule chose qui ne risquait pas de foutre le camp à tout moment.
Ace était différent. Malgré toutes les merdes qu'il avait subi, il n'était pas aussi brisé qu'eux. Pas aussi blasé. Il avait de l'ambition. Il voulait changer de vie. Faire autre chose, lorsque lui et Kidd n'imaginaient même pas être capable d'une existence différente.
Law savait que le jeune homme économisait. Il avait une planque, sous son lit, dans son minuscule appartement, ou s'entassaient tout les gros billets qu'il gagnait en bossant pour Teach. Sa cagnotte pour son départ. Il n'avait jamais pu s'en servir, jusque là. Dès qu'il arrivait à un montant respectable, une catastrophe survenait dans leur vie et il se retrouvait forcé de vider sa caisse. Une fois, ça avait été pour payer la caution de Law -il s'était fait choper à acheter de l'héroïne- une autre fois, pour convaincre un médecin clandestin de retirer une balle que Kidd s'était prise dans la hanche.
Ça sera pour la prochaine fois, avait-il simplement dit avant de sortir sa cagnotte et de payer en silence.
Law ignorait s'il y croyait lui-même. Ils n'avaient pas un mode de vie riche en perspectives d'avenir, ils le savaient tous.
Il fut tout à coup pris d'une quinte de toux qu'il étouffa dans sa main, revenant à la réalité. Son regard se figea lorsque, se redressant, il vit luire au creux de sa paume quelques gouttelettes de salive teintées de sang.
Merde.
Ace avait probablement raison, au final.
Il était peut-être temps de s'inquiéter...
Je suis désolée de vous inquiéter autant pour Law... J'ai vraiment l'impression d'être une grosse sadique quand je vois que vous avez tous de la peine pour lui dans vos reviews. Désolée...
J'espère que ce chapitre vous a plu, si c'est le cas n'hésitez pas à me laisser une petite review, ça me fait toujours énormément plaisir!
On se retrouve dans quelques jours pour le prochain chapitre, d'ici là prenez soin de vous!
