Bonjour Bonsoir à tous!
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 8 de Wild World! J'espère qu'ils vous plaira. Merci pour vos retours positifs, et pardon, je n'ai pas eu le temps de répondre aux reviews de ces deux dernières semaines, je jure de penser à le faire cette fois!
Aujourd'hui, encore un chapitre un peu tranquille avant qu'on passe aux choses sérieuses à partir de la semaine prochaine.
Bonne lecture à tous, on se retrouve en bas!
[Gray Terminal, jour 8]
-On va voir les journaleux, aujourd'hui ? Grogna Kidd à l'adresse de Law qui, vautré sur le canapé dans le salon, était plongé dans un livre de médecine.
-Ouais, ce soir au bar.
-Qu'est-ce qu'ils ont encore comme questions à nous poser ? J'ai l'impression qu'on leur a déjà déballé toute notre vie.
Kidd se servit une tasse de café tandis que son ami haussait les épaules.
-Ace est rentré chez lui ? Demanda-il encore en sortant de la cuisine.
-Non, il est dans ma piaule. Il se réveille, je crois.
-Qu'est-ce que tu fous encore à lire tes livres glauques ? Me dit pas que t'espère encore faire médecine ?
-Dis pas de conneries. Ça m'intéresse, c'est tout.
-T'es vraiment un gros taré.
-Je fais ce que je veux. Au moins, moi, je pense à autre chose qu'au fric et à la baise.
-Tu me cherche, enfoiré ?
-Holà, holà, les mecs, calmez-vous. Criez pas dès le matin, comme ça.
Ace venait de faire irruption dans le salon. Il leur fit un vague signe de main et se dirigea vers la salle de bain ou on l'entendit se passer le visage sous l'eau.
-Si on t'emmerde, Portgas, tu peux toujours rentrer chez toi, lui lança Law, un peu acide.
-Ou alors aller crécher à l'hôtel avec blondie, ajouta Kidd, moqueur.
Le nouveau venu répondit par avec un rire.
-ça veux dire quoi, ça ?
-Vous êtes bieeen mignons, tout les deux, continua le roux d'un ton plus que sarcastique. T'es toujours sur le pari de le faire changer de bord ? Je t'avais donné trois jours, ça tiens plus. Ou alors tu veux juste te le taper ?
-Vu sa réaction l'autre fois pour un simple baiser, je pense que c'est perdu d'avance pour le faire changer de bord, répondit Ace en revenant dans le salon, ignorant royalement sa dernière question et se dirigeant aussitôt vers la cuisine pour se servir à son tour une tasse de café.
Law eut un bref rire aux accents effrayants.
-Arrête, Portgas, même toi t'y crois pas, ajouta-il.
-Il est vraiment pas dégueu. Je me le ferais bien, s'il avait pas déjà l'air de vouloir t'épouser.
-Tu saute vraiment sur tout ce qui bouge, Kidd, soupira son colocataire.
-Seulement sur tout ce qui bouge et a un bon petit cul.
-Tu devrais essayer de le chauffer, tiens. S'il l'a mal pris pour Ace , avec toi qui s'y met c'est l'infarctus assuré.
-ça me tenterais bien d'essayer pour voir, mais je préfère le laisser à Portgas. C'est toujours drôle de voir un hétéro convaincu changer de bord, je voudrais pas risquer de gâcher le spectacle.
Law répondit par un simple soupir désabusé, le nez toujours dans son livre. Ace, de son côté, semblant préférer laisser dire, finit sa tasse de café en silence avant d'enfiler sa veste en cuir par-dessus son t-shirt blanc -piqué à Kidd.
-Désolé les gars, c'est pas que votre conversation n'est pas passionnante mais il faut que je rentre chez moi. On se croise au Moby Dick ce soir ?
-Ouais, c'est ça. Allez, dégage.
-Moi aussi je t'aime, Kidd. Salut !
La porte claqua derrière lui et le roux, sa tasse de café toujours à la main, alla sa vautrer dans le canapé aux côtés de Law. Son regard glissa de bas en haut sur le torse de son colocataire et il ouvrit la bouche pour parler.
-Non, le coupa son vis-à-vis.
-Que... J'ai encore rien dit !
-Je peux le sentir une heure à l'avance quand t'a envie de baiser. J'ai pas envie.
-Tu fais chier.
Kidd se renfonça dans le canapé, portant sa tasse à ses lèvres. Tout à coup, son regard fut attiré par une tache de couleur vive qui lui fit brusquement attraper le poignet de Law.
-Je t'ai dit que j'avais pas envie, bordel ! S'énerva aussitôt l'autre en se redressant.
-C'est quoi, ça ?
-De quoi ?
-T'a du sang sur ta manche.
-Hein ?
Le brun se dégagea d'un geste rageur. Il regarda la manche de son étrange sweat jaune canari -Kidd détestait cette couleur, mais de tout évidence ça n'était pas son cas- ou une goutte de sang avait imprimé le tissus d'un rouge qui tirait vers le marron.
-ça sort d'où ?
-J'en sais rien, répondit Law. Qui te dis que c'est du sang, en plus ?
-Tu crois pas que j'ai suffisamment de fois eu du sang sur mes fringues pour savoir le reconnaître ? Tu t'es battu ?
-Mais non.
-ça viens d'où alors ?
-J'en sais rien, je te dit. T'es qui, ma mère ? Ça peux venir de n'importe ou.
-Tu mens.
-Pourquoi je mentirais ?
-Parce que t'es un sale tordu qui mens toujours, Trafalgar.
-Fous-moi la paix.
Law referma son livre de médecine et se leva brusquement, allant aussi sec s'enfermer dans sa chambre, claquant la porte derrière lui. Kidd haussa les épaules et se détourna en grommelant un juron.
Qu'est-ce qu'il pouvait bien être encore en train de foutre, celui-là...
Sanji se surpris à se ronger les ongles en attendant l'arrivée de Ace.
Zoro, la veille, l'avait tellement harcelé pour qu'il réussisse à lui décrocher une interview qu'il n'avait plus que ça en tête, maintenant. Il écoutait à peine l'échange qui avait lieu à côté de lui, laissant ses doigts pianoter nerveusement sur la table devant son verre de vin auquel il avait à peine touché, tandis que ses yeux parcouraient le bar bondé, en attente de l'apparition du brun.
Aussi, lorsque la frimousse de ce dernier finit par apparaître, il ne put empêcher un sursaut visible, se redressant d'un coup sur sa chaise, ce qui lui valut un lourd regard entendu de la part de Zoro, Kidd et Law. Bon, au moins, ils s'abstinrent de tout commentaire, cette fois.
En y regardant mieux, il fut surpris de voir que Ace semblait différent que d'habitude. Ses cheveux étaient légèrement plaqués en arrières et il portait une chemise noire repassée sous sa veste en cuir, qui lui donnait un côté sérieux inhabituel. Mais le plus étrange, c'était le bouquet de roses écarlates qu'il portait à la main, battant contre sa jambe tandis qu'il s'approchait de leur table, le sourire aux lèvres.
-ça va les gars ?
Il s'assit avec eux, posant le bouquet sur la table. Law regarda ce dernier avant de jeter un œil à l'allure de son ami, avant de demander, l'air pas surpris pour deux sous :
-Tu va voir Makino ?
-Ouais.
Sanji se demanda brièvement qui pouvait bien être cette Makino. Sa petite amie, peut-être ? Vu son comportement général, il aurait pensé que Ace était célibataire – et gay- , mais bon... Quoi qu'il en soit, il avait du mal à l'imaginer offrir des fleurs à qui que ce soit.
Zoro le poussa du coude et l'interview lui revint en tête. Il attendit quelques secondes que le conversation entre son ami et les deux prostitués ai repris avant de prendre son courage à deux mains.
C'est bon, demande-lui. Au pire, il dit non, c'est pas un drame.
Mais lui montrer ouvertement son intérêt pour lui le gênait un peu. Il n'était pourtant pas du genre à se poser ce genre de questions d'habitude.
-Ace ? Finit-il par se lancer en se penchant un peu vers l'intéressé.
Ce dernier tourna la tête vers lui, sourire aux lèvres.
-Ouais ?
-Je voulait te poser une question.
-Va-y.
-Hem... Je sais que Zoro te l'a déjà demandé, mais tu accepterais que je t'interviewe sur ton histoire?
Il serra les dents, attendant la réponse. Il avait un peu peur de se faire rire au nez, et vu la mine surprise de son vis-à-vis, il ne devait pas vraiment comprendre ce que ça changeait que ce soit lui et pas son ami qui l'interroge.
-J'ai déjà dit non à Zoro.
-Oui, mais... On se disais que si c'était juste moi, peut-être que tu te sentirais plus à l'aise et...
La fin de sa phrase mourut dans sa gorge. Ok, ça pouvait être mal interprété, ce qu'il venait de dire. Et Ace, face à lui, avait l'air plutôt surpris. Un léger silence s'installa, durant lequel Sanji esquissa une grimace gênée.
-Ok, finit par répondre simplement le jeune homme avant de chiper la bière de Law pour la porter à ses lèvres.
-Quoi ? Ok ? Vraiment ?
-Quoi, t'a envie ou non ?
-Non, c'est pas ça, je pensais juste que tu serais pas si facile à convaincre.
-Tu me paye comme vous payez les deux zouaves ?
-Bien sûr.
-Alors c'est bon.
Ace haussa les épaules. Sanji l'observa, assez touché de cette marque de confiance. Une question lui brûlait les lèvres, mais il n'osa pas la poser.
Pourquoi tu refuse Zoro et pas moi ?
-Hum... tu serais ok pour faire ça quand ? Préféra-il demander.
-Je sais pas moi, demain.
-Demain ?
-Ouais, au moins ça sera fait. On a qu'à faire ça chez moi.
Tout en parlant, il chipa un des stylos de Zoro et pris le poignet de Sanji pour griffonner sur son bras ce que ce dernier supposa être son adresse. Le photographe eut un mouvement de recul instinctif, puis se laissa faire, regardant ailleurs, un peu gêné.
-On dit quinze heures ? Enchaîna Ace lorsqu'il eu finit.
-Ok.
-T'es sûr d'être prêt à entendre ce que je vais te raconter ? Tu dois t'en douter, mais c'est pas jojo.
Sanji fronça les sourcils devant l'air goguenard de son vis-à-vis.
-Bien sûr. Me prend pas pour une mauviette.
-Tant mieux. A demain alors, blondie. Les gars, je me casse, bonne chance pour ce soir.
Il se leva, se saisit de son bouquet et se dirigea vers la sortie d'un pas leste après leur avoir lancé un léger signe de main. Le cuistot le regarda s'éloigner, se demandant à nouveau pour qui pouvaient bien être ces fleurs. Le fait que Ace aie potentiellement une copine l'embêtait plus qu'il ne voulait bien l'admettre.
Il détourna le regard et finit par boire une gorgée de son vin, avant de surprendre le regard de Zoro sur lui. De toute évidence, son ami l'avait vu parler avec le prostitué et attendait sa réponse. Il leva le pouce dans sa direction en soupirant, et le journaliste se fendit aussitôt d'un sourire.
Sanji se passa la main sur le menton. Il avait un peu de mal à réaliser. Ace allait vraiment tout lui raconter ? Il avait accepté si soudainement...
Maintenant qu'il était au pied du mur, il ne savait pas vraiment s'il en était content ou non. Le passé de Ace lui faisait un peu peur, quoi qu'il ai pu lui en dire. Et l'idée de se retrouver seul avec lui pendant une après-midi entière, qui plus est chez lui, le rendait un peu nerveux. Il avait de plus en plus de mal à nier l'effet que le jeune homme lui faisait – et encore plus de mal à décider si cet effet lui plaisait ou non...
Son verre à la main, ignorant pour de bon l'interview qui continuait à côté de lui, il laissa son regard dériver vers les danseurs qui se déhanchaient sur la piste de danse, sur le rythme langoureux de Too Late to Turn Back Now des Cornelius Brothers. Il pensa vaguement à East Blue. Au vieux Zeff et à son travail, à son appart'. A Nami.
Il ne s'était jamais senti aussi loin de tout ça.
-Elles sont magnifiques, Ace ! Tu me gâte...
-Arrête, c'est rien.
-J'en reviens pas que tu sois devenu un tel gentlemen... Si on m'avait dit ça il y a quelques années je ne l'aurais pas cru !
Ace eut un petit rire. Il parcouru du regard l'appartement douillet de la jeune femme. Tout était petit et mignon ici – un peu à son image, quoi. Une odeur divine s'échappait du four en marche et le petit poste de radio posé sur la table ou le couvert était mis pour deux personnes diffusait Where Did Our Love Go des Supremes. Du grand Makino.
Il regarda cette dernière mettre les fleurs dans un vase et répondit aux quelques questions qu'elle lui posa, tandis qu'ils se mettaient à table. Comme d'habitude, en bonne mère ou sœur de substitution, Makino voulait tout savoir s'il mangeait bien, s'il dormait bien, s'il prenait soin de lui, si son moral était au beau fixe... Quoi qu'il arrive, Ace lui répondait que tout allait très bien -et elle savait bien sans doute qu'il mentait parfois, même souvent, mais continuait tout de même. Il était content que ce soit le cas. Même si factuellement, la jeune femme ne pouvait rien pour lui, sa présence rassurante, son inquiétude constante pour son bien-être lui faisait énormément de bien. Parfois, il se disait qu'elle était la seule raison pour laquelle il n'était pas devenu comme Law ou Kidd. S'il ne se battait pas autant que l'un et ne se droguait pas autant que l'autre, c'est parce qu'à chaque fois qu'il mettait réellement sa vie en danger, il pensait à elle, à la tristesse et aux larmes qu'elle aurait si on retrouvait un jour son cadavre dans une ruelle sombre.
C'était peut-être ce que les gens normaux appelaient une famille. Ça y ressemblait, en tout cas.
Comme à son habitude, il engloutit son ragoût avec une satisfaction non dissimulée, ne cessant de féliciter Makino sur la qualité de sa cuisine.
-J'ai beau te servir à chaque fois la même chose, tu ne t'en lasse jamais, constata-elle en riant.
-Et je m'en lasserait jamais.
Il termina sa première assiette avant de se resservir généreusement.
-Et toi ? Enchaîna-il en regardant la jeune femme. Comment ça se passe, ces temps-ci, chez le bâtard ?
-Oh, tu sais... comme d'habitude.
Elle eut un sourire qu'elle voulait sans doute rassurant et il fit la moue.
-Tu me le dirait, s'ils te faisaient du mal ?
-Bien sûr.
Mouais. Tout autant que je te le dirais s'il m'arrivait quelque chose, pas vrai.
Il soupira.
-J'arrive vraiment pas à croire que tu travaille toujours pour un tel connard. Tu devrais essayer de trouver autre chose...
C'était pas la première fois qu'il évoquait cette possibilité. Makino bossait pour Teach depuis qu'il était gamin. Il n'avait jamais vraiment compris comment elle était arrivée là. Elle n'avait répondu à ses questions que de manière très évasive, disant seulement que le mafieux lui avait offert ce poste quand elle était encore toute jeune. Information que Ace aurait peut-être préféré oublier. Chez Teach, quand on partait de nulle part, qu'on était jeune et qu'on avait une belle gueule, on gagnait rarement un poste sans passer par la case prostitution. Makino n'avait jamais laissé entendre qu'elle avait pu subir ce genre de choses, mais après tout elle était si secrète...
-Hum... à ce sujet, Ace...
-Oui ?
-Je voulait te dire, je... J'ai rencontré quelqu'un.
Faire partie de la bande de Teach, à quelque poste que ce soit, était un job à plein temps. Quand on entrait dans la « famille », elle devenait la totalité de votre existence, de votre cercle social. C'était sans doute en grande partie pour ça que Makino avait toujours été célibataire, à sa connaissance. Un ange comme elle, seulement entouré de mafieux et de malfrats, ne pouvait de toute évidence pas trouver son bonheur. Aussi il fut plutôt surpris de la nouvelle.
-Vraiment ? C'est qui ? Il travaille pas avec Teach, quand même...
-Hum...
-Quoi, sérieux ?
-Il ne travaille pas vraiment avec lui... Il fait partie d'un clan adverse.
-Hein ? Un clan adverse ? Mais si Teach l'apprend, tu risque gros, non ?
-On est très discrets...
-Mmh...
Ace fit la moue, sans pour autant cesser de manger. Il avait tendance à être très protecteur avec Makino, voire même un peu jaloux -il avait gardé cette habitude des longues années ou il avait été secrètement amoureux d'elle.
-C'est quel genre de gars ?
-Je suis sûre qu'il te plairait. Il n'est pas comme les autres mafieux... Il est franc et honnête, et bienveillant. Il ne fait un peu penser à toi...
-Mouais... C'est quoi son blaze ?
-Shanks...
-Attend, le roux ?
-Hum, oui, répondit Makino, un peu rougissante. Tu le connaît ?
-De nom, seulement. Il...
Ace baissa la tête et son regard s'assombrit.
-Il bossait avec mon père...
-Oh...
La jeune femme baissa la tête à son tour, l'air un peu troublé.
-Je l'ignorait, Ace...
-C'est pas grave, je vois pas ce que ça change de toute façon. J'espère vraiment qu'il te traite bien...
-Ne t'en fais pas pour ça. Il est très puissant, tu sais... Alors je pense à quitter le clan Teach...
-Ah oui ?
Rien n'aurait pu faire davantage plaisir à Ace que de voir Makino se dépêtrer enfin de cette famille dans laquelle elle n'avait jamais eu rien à faire, mais il se doutait bien que Teach ne la laisserait pas partir comme ça.
-Je sais pas à quel point il est puissant ce Shanks, mais... T'es sûre qu'il pourra te protéger ?
-Je crois que oui.
Il la regarda, penchant légèrement la tête sur le côté. Il avait du mal à y croire, mais bon, si elle le sentait bien, il devait lui faire confiance. Elle ne payait pas de mine, vue comme ça, mais elle survivait dans ce milieu depuis plus longtemps que lui -tout en étant une femme, ce qui était toujours plus dur lorsqu'on était entouré de requins pervers. Elle savait comment survivre, qui était fiable et qui ne l'était pas. Il avait peur pour elle, mais si elle y croyait... Si elle avait confiance en ce mec, il n'avait aucune raison de la contredire.
-D'accord. Fait gaffe quand même, si Lucci commence à sentir que tu veux partir...
-Je sais bien, ne t'en fais pas. Mais tu sais...
Elle posa sa tête sur sa main et son regard coula vers la fenêtre à côté de la table, un doux sourire sur les lèvres.
-Je n'ai pas vraiment envie de penser à ça pour l'instant. Je suis tellement heureuse, tu sais... Il est si attentionné avec moi...
-Mmh.
Ace fit encore une petite moue. Adolescent, il aurait tout donné pour faire sourire la jeune femme de cette manière. Cette dernière remarqua son visage boudeur et eut un petit rire, lui attrapant la main par-dessus la table pour la serrer.
-Ne fais pas cette tête. Je ne t'oublierais pas pour autant.
-J'espère bien.
-J'aimerais que toi aussi tu rencontre quelqu'un qui te fasse connaître ça.
-Désolé, mais je crois pas que mon métier soit très propice aux belles rencontres et aux histoires d'amour.
-Tu sais, c'est ce que je me disais aussi en travaillant pour Teach. Mais peu importe ce qu'on fait, ça peux nous arriver. Ça peux arriver de n'importe ou...
-Mouais...
-Ne soit pas sceptique. Tu trouvera forcément quelqu'un. Tu est devenu si beau...
-Tu sais, c'est justement pour ça que les gens veulent m'acheter. Personne ne rêve d'une histoire avec une pute comme moi. Qui voudrais de quelqu'un qui appartient déjà à tout le monde ?
Makino resserra sa prise sur sa main.
-Ne dis pas ça, s'il te plaît...
Ace, dont le regard s'était assombri, lui adressa un sourire qu'il voulut rassurant.
-T'es gentille de me dire tout ça. Mais t'en fais pas pour moi, c'est pas grave. C'est pas si important.
-Ace...
-Je suis vraiment content pour toi. J'espère qu'il est beau gosse, au moins, ajouta-il, moqueur.
La jeune femme face à lui se mit à rire. Il la regarda, un peu pensif, un peu triste.
Tandis qu'elle se levait pour servir le dessert, il pensa brièvement à l'interview qu'il avait accepté de donner demain. Il ne savait pas trop ce qui lui avait pris de dire oui... Le regard de Sanji fourmillait de questions à son égard depuis leur rencontre. Il avait eu envie d'y répondre, s'était étonné lui-même en consentant à un entretien qu'il refusait à Zoro depuis une semaine. Mais maintenant qu'il y repensait, il appréhendait un peu. Il n'avait jamais raconté son histoire à quelqu'un de complètement extérieur à son milieu. Et même dans son entourage, hormis Makino, personne ne savait tout. Kidd et Law avaient compris seul la plupart des choses, mais de nombreux détails leur échappaient toujours.
Il eut un léger soupir. Après tout, si ses deux amis l'avaient fait, il pouvait le faire aussi, il n'y avait aucun raison pour que ce soit plus dur pour lui. Et avec un peu de chance, si le livre des journaleux se vendait aussi bien qu'ils le disaient, ça pourrait emmerder le bâtard qu'il aie tout raconté... Ce qui était loin de le déranger.
Néanmoins, il ne savait pas s'il serait capable de tout déballer une fois face au cuisinier. Sans doute que ça l'emmerdait un peu, l'idée de lui montrer tout ce qu'il y avait d'horrible en lui, à quel point il était sale, souillé... Peut-être que le regard de Sanji sur lui changerait, après ça. Peut-être qu'il cesserait de le regarder avec cette lueur d'intérêt mêlé de désir coupable au fond des yeux...
Il se rendit compte avec surprise que cette idée le rendait un peu triste.
-Ace... eh, Ace !
Il releva la tête et tomba nez à nez avec le visage inquiet de Makino.
-Tu es sûr que ça va ? Tu a l'air ailleurs depuis tout à l'heure...
-... Je suis juste un peu fatigué, t'inquiète. T'en fais pas pour moi...
Il lui servit son plus beau sourire et elle sembla un peu rassurée, bien qu'un peu sceptique. Comme toujours devant ce sourire, ce même sourire qu'il lui servait invariablement depuis la fin de son enfance, depuis qu'il avait décidé de ne plus jamais se mettre à pleurer dans ses bras, de ne plus lui faire de soucis, de ne plus jamais être la cause de ses pertes de sourires.
Et après tout, c'était le même sourire qu'il servait à Marco, et même à Kidd et à Law. Face à eux, parfois, il se sentais comme un môme planqué. Planqué derrière sa mine joyeuse, ses fausses séductions, son arrogance feinte...
Il n'était pas vraiment sûr de vouloir laisser qui que ce soit aller au-delà.
Et voilà! C'est parti pour la révélation du passé de Ace la semaine prochaine. ça risque d'être assez dur, comme vous devez vous en douter...
En attendant, je vous souhaite de passer un bon noël si vous le fêtez (si vous voulez me laisser une petite review en guise de cadeau n'hésitez pas haha) , et à très bientôt!
