Bonjour à tous et à toutes!
Le voilà enfin, le chapitre que vous attendiez, ou appréhendiez, ou dont vous n'avez absolument rien à faire, mais peu importe: le voilà, le passé de Ace, enfin, dans un chapitre assez long, comme vous allez le voir.
Je ne vais donc pas blablater aujourd'hui, et vous laisser à votre lecture. J'espère que vous m'en direz des nouvelles, on se retrouve en bas!
[Gray Terminal, jour 9]
Sanji enfila sa veste et attrapa sa sacoche dont il passa la bandoulière. Puis il attrapa le dictaphone de poche que Zoro lui tendait et le glissa dans sa poche intérieure, avant de se tourner vers la porte qu'il ouvrit.
-T'a intérêt à assurer, lui lança son ami.
-Je sais.
Il sortit de la chambre sans rien ajouter. Le journaliste était un peu jaloux, il le savait. Que le cuistot réussisse à décrocher l'interview que lui galérait à avoir depuis une semaine, lui le grand débutant qui il y a quelques jours encore ne savait plus ou se mettre dès qu'il était confronté à quoi que ce soit se rapprochant ne serait-ce qu'un peu de la prostitution... De toute évidence, son ego avait dû en prendre un coup, et ça n'était pas pour lui déplaire -il avait enfin pu lui rabattre le caquet, à ce fichu marimo qui se délectait de son malaise depuis le début de leur séjour.
Arrivé en bas de l'hôtel, il regarda un instant les indications que Ace lui avait griffonné sur le bras la veille, et qu'il avait reportées sur un papier lorsqu'il était rentré. Puis il se mit en marche, appréhendant un peu, mais surtout curieux de ce qu'il risquait d'apprendre bientôt.
Il marchait depuis une dizaine de minute et s'affairait à allumer sa cigarette malgré la brise lorsqu'une silhouette familière apparut dans son champ de vision. Il releva brusquement la tête en reconnaissant Law, qui marchait à une trentaine de mètres face à lui, les mains dans les poches.
Levant le bras pour lui faire signe, il s'apprêtait à appeler son nom lorsqu'il le vit faire un quart de tour et entrer dans un grand bâtiment à la façade blanche, dont les portes coulissantes se refermèrent derrière lui. Tant pis. Sanji baissa le bras et s'intéressa de plus près audit bâtiment, curieux, se rendant rapidement compte qu'il s'agissait d'un hôpital.
Il se demanda ce que Law pouvait faire là. Il n'avait à aucun moment mentionné des problèmes de santé, pas même lorsque Zoro leur avait posé la question, la veille ou l'avant-veille – il avait tendance à confondre les interviews, à force.
Il haussa les épaules. Après tout, ça pouvait être n'importe quoi. Peut-être qu'il venait juste donner son sang -même si ça lui semblait assez surréaliste de la part de quelqu'un comme Law. Il n'aurait qu'à poser la question à Ace tout à l'heure, il serait sûrement au courant.
Il reprit sa marche, s'attelant à nouveau à allumer sa cigarette récalcitrante.
L'appartement de Ace se situait non loin du Moby Dick, dans les rues minuscules et tortueuses qui s'entrecroisaient derrière le quartier des bars. C'était un immeuble à l'ancienne, sans interphone ; Sanji monta jusqu'au troisième étage comme le lui indiquait l'adresse. Tout semblait moins miteux que dans la colocation que partageaient Kidd et Law, mais aussi encore plus petit.
Son hôte ouvrit presque aussitôt la porte lorsqu'il y frappa.
-Salut, ça va ? Sourit le cuisinier en voyant ce dernier apparaître.
-Ouais, tranquille. Entre.
Ace, qui avait l'air de s'être réveillé il y a peu, s'écarta pour le laisser entrer dans un minuscule studio qui ne devait pas dépasser les quinze mètres carrés. Un matelas posé à même le sol, un bureau ou s'entassait des affaires, un tapis, une étagères ou s'amoncelaient des fringues et une minuscule gazinière remplissaient largement l'espace restreint. Tout était très propre -on sentait que le propriétaire du lieu y passait peu de temps, contrairement à l'autre appartement qui sentait le squat permanent à plein nez.
-Je peux prendre une photo ?
-Bien sûr, pour ce qu'i voir...
Sanji s'exécuta tout en regardant Ace du coin de l'œil. Simplement vêtu d'un débardeur blanc et d'un pantalon noir, il gardait une main dans sa poche, se grattant l'arrière de la tête avec l'autre, l'air un peu gêné. Ses yeux noirs étaient un peu cernés, plus que d'habitude. Est-ce que l'idée de l'interview le mettait mal à l'aise ? La veille, il avait plutôt eu l'air d'en avoir rien à foutre, pourtant...
Ce qu'il avait vu sur le chemin lui revint à l'esprit.
-Eh, en fait, est-ce que Law est malade ? Ou blessé ?
-Hein ? Ben non, en tout cas ce matin il allait bien. Pourquoi ?
-Ah... Je l'ai croisé en venant, il avait l'air d'entrer dans un hôpital, alors je me suis inquiété... Enfin bon, j'imagine qu'il allait juste donner son sang ou qu-
-Il allait à l'hôpital ?
Ace eut soudain l'air assez préoccupé.
-Tu est sûr ?
-Ouais... Pourquoi, il se passe quelque chose ?
Son vis à vis sembla sur le point de dire quelque chose, puis il se ravisa.
-... Non, rien de spécial. On... On passe à l'interview ?
-... D'accord, répondit Sanji un peu suspicieux.
Il s'inquiétait d'autant plus pour Law. Il faudrait qu'il pense à en toucher deux mots à Zoro, en rentrant...
Enfin bon, pour le moment il valait mieux qu'il se concentre sur ce pourquoi il était là.
Il avisa le bureau et y déposa son matériel photographique, avant de sortir le magnétophone de sa poche et de se munir du carnet et du crayon que Zoro lui avait donné. Ce faisant, il remarqua une photo punaisée au mur et se pencha légèrement en avant pour la regarder. On y voyait Ace, côte à côtes avec une jolie jeune femme aux cheveux verts sombre, le bras passé autour de ses épaules, souriant à l'objectif. Il ne put s'empêcher de froncer les sourcils, songeant à ce qu'il avait vu la veille : Ace, sapé au poil avec son bouquet de fleurs à la main, disant aller voir une certaine Makino... Bordel, il n'avait même plus la foi de nier que ça le faisait chier.
-C'est qui ? Demanda-il à son hôte, d'un ton qu'il voulait neutre mais qui lui parut résolument acide.
Ace, qui semblait avoir entreprit de faire du café, releva la tête et s'approcha de lui pour voir de quoi il parlait.
-Ah, ça. C'est Makino. Ma genre de grande sœur adoptive, elle m'a à moitié élevé. Enfin, j't'en parlerais tout à l'heure.
Sanji ne put s'empêcher de sourire à cette révélation.
-Ah...
-Et toi ? Puisqu'on en est à ce genre de questions, c'est qui la jolie rousse dans ton portefeuille ?
Le ventre du cuistot se contracta. Penser à Nami lui était rarement agréable, mais si en plus c'était Ace qui mettait le sujet sur la table... Et puis pourquoi ça l'intéressait, d'ailleurs?
-Ah... Tu l'a vue ?
-C'est pas très discret, mec, on l'a tous remarquée.
Ace semblait à la fois moqueur et réellement curieux. Sanji soupira. Il n'avait pas envie de lui parler d'elle. Ou de quoi que ce soit qui concernait East Blue. Mais bon, puisqu'il le mettait au pied du mur... Il n'allait pas mentir.
-C'est mon ex.
-Ton ex ?
-Ouais.
-Et pourquoi t'a toujours sa photo sur toi alors ? C'est le premier truc qu'on jette dans une séparation, non ?
Décidément, celui-là, il avait un don pour poser les questions qui fâchaient.
-...
-Tu l'aime encore ?
Sanji sursauta, surpris par une question aussi directe de sa part... Et aussi parce qu'à ce moment précis, il se rendit compte que non.
Il n'était plus amoureux de Nami.
Penser à elle ne provoquait plus chez lui qu'un léger inconfort, souvenir des mois qu'il avait passé au fond du gouffre suite à leur rupture.
Plus une sensation de déchirure dans le cœur comme avant.
Plus d'amour transi et douloureux... Plus d'amour.
-...Non.
-C'est bizarre de garder ça alors, non ?
-Ouais, t'a raison. Je vais l'enlever.
Ace haussa les épaules, semblant soudain se désintéresser de cette conversation.
-Bon, on la commence, cette interview ?
-Bien sûr, je suis prêt, répondit Sanji du tac au tac.
Il était un peu pensif suite à ce dont il venait de se rendre compte, mais décida de passer à autre chose pour l'instant. Il aurait tout le loisir d'y songer après.
Il devait se concentrer sur ce pourquoi il était là.
-J'ai pas de chaises à te proposer... ça te dérange si on s'assoit sur le lit ?
« Lit », c'était un bien grand mot pour le matelas deux place jeté à même le sol, mais Sanji accepta sans broncher, retirant ses chaussures pour s'installer en tailleurs tandis que Ace allumait la radio, après lui avoir demandé si ça ne le dérangeait pas.
-Ne met juste pas le son trop fort, pour le magnéto.
Le jeune homme obtempéra et Golden Brown des Stranglers s'éleva de sa minuscule radio, la suite de notes un peu mélancoliques ajoutant un fond sonore assez propice à la situation.
-Ok... murmura Sanji, enclenchant la touche enregistrer du magnétophone.
Ace, face à lui, s'installa confortablement, croisant les jambes et appuyant son dos contre le mur, à moitié couché.
-Tu peux commencer.
-Tu veux que je commence par quoi ?
-Hem... Je ne sais pas, comme tu veux.
-Tu parle d'un journaliste...
-Haha, c'est vrai... Tu n'a qu'à commencer par ton enfance. Fais comme on avait fait avec Kidd et Law, raconte-moi tout comme ça te viens, et je te poserais des questions après s'il y a des points à éclaircir.
-Ok...
Ace se passa une main dans les cheveux, baissant les yeux, les sourcils un peu froncés, semblant chercher par ou commencer. Sanji le regarda faire en silence, un peu mal à l'aise. Il était conscient qu'il demandait au jeune homme de se replonger dans tout les souvenirs désagréables de sa vie... Et en même temps, la curiosité le démangeait plus que jamais. Qu'est-ce qu'il allait apprendre dans les minutes qui allaient suivre ?
-Commence peut-être par me parler de tes parents, proposa-il en espérant l'aider à commencer simplement son histoire.
L'air sombre qui s'empara aussitôt du visage de son vis-à-vis lui montra vite qu'il n'avait pas tapé juste. Malgré tout, après quelques secondes de silence supplémentaires, Ace se mit à parler.
-Mes parents étaient d'ici, du centre de Gray Terminal. Mon père... Mon père était le chef du clan de mafieux le plus puissant, à l'époque. Le clan Gold... Peut-être que même toi, tu en a entendu parler.
Sanji déglutit, les yeux écarquillés. Ça oui... Le clan Gold était connu dans le pays entier, avant sa disparition une vingtaine d'années auparavant. Le clan mafieux qui avait tellement monté en puissance qu'il en avait même inquiété le gouvernement... C'était avant sa naissance, bien sûr, mais il en avait entendu parler par son grand-père Zeff et le sujet avait été évoqué plusieurs fois pendant ses cours d'histoires, au lycée... L'ascension formidable de ce clan sorti de nulle part, et que rien ne semblait pouvoir arrêter jusqu'à l'arrestation spectaculaire de son chef et jusqu'à son exécution... Gold D Roger, dont on racontait qu'il avait gardé un immense sourire jusqu'à son trajet jusqu'à la chaise électrique, jusqu'à mort...
Attend, mais alors...
-Me dis pas que Gol D. Roger c'est ton père ?
Face à lui, Ace serra les dents.
-Ouais... Si vous pouviez éviter de divulguer ça, ça m'arrangerait. Dites juste que je suis le fils d'un mafieux, ça suffira...
Sanji hocha la tête, l'écoutant à peine. Il s'était attendu à une histoire spectaculaire, mais là... Et ce n'était que le début...
-Bref, Roger avait le monopole sur tout ici, mais il s'occupait surtout de drogue. Il en vendait au pays entier et même à l'étranger... Tout marchait bien pour lui. Enfin bref, tu dois savoir tout ça...
Il soupira.
-Ma mère était une femme simple. Elle trempait pas dans ce genre d'histoires, elle faisait pas officiellement partie du clan ni rien. Je crois qu'elle était fleuriste quand ils se sont rencontrés...
La voix de Ace changeait du tout au tout lorsqu'il évoquait son père. Il serrait les poings et son regard s'assombrissait au point qu'il en devenait effrayant. Pas besoin d'être un expert en psychologie pour comprendre qu'il lui vouait une haine sans nom...
-Bref, je vais passer sur les détails mais mon père s'est rendu quand il a su qu'il avait un cancer. Il savait que ma mère était enceinte, mais bon, je crois que ça lui est un peu passé au dessus de la tête... continua-il d'un air grinçant.
Il soupira à nouveau et leva les yeux au ciel.
-Il devait pourtant savoir que ses ennemis tenteraient de se venger de lui en retrouvant sa femme, ce connard. En tout cas, c'est ce qui s'est passé. Roger était très puissant, et dès qu'il est mort, tout les autres clans mafieux ont voulu s'assurer que son règne était bien terminé en exterminant tout les membres de sa famille. Certains s'en sont sortis, d'autres non... Ma mère a bien vu que ça devenait dangereux pour elle. Elle a réussi à se cacher jusqu'à ma naissance, puis après son accouchement, elle m'a confiée à une de ses amies pour quelques mois. Elle voulait me mettre à l'abri en attendant que les choses se calment...
Sanji écoutait, son stylo immobile en suspension au-dessus de son carnet de notes. Il n'écrivait rien, captivé par le récit.
-Elle est morte quelques jours après, acheva Ace d'une voix morne, même pas teintée de tristesse. En apprenant ça, son amie qui me gardait a pris peur. Elle m'a laissée dans un orphelinat du centre, en espérant que personne ne me chercherait là. Et en effet, à partir d'ici, les mafieux m'ont à peu près foutu la paix... pendant quelques années, du moins.
« L'orphelinat était vraiment pourri. Il fallait s'y attendre, dans un endroit pareil... Y échouaient tout les fils illégitimes de chefs de gangs, les gamins des putes, ceux dont les parents étaient morts d'overdoses. Certains avaient de la famille qui venait les voir de temps en temps, mais la plupart étaient comme moi, complètement seuls.
Et surtout, ça n'arrivait presque jamais que l'un d'entre nous se fasse adopter... Des fois, des bourges venaient et emportaient l'un d'entre nous, mais c'était rare. Et j'étais plutôt du genre sale gosse, alors il y avait peu de chance que ça tombe sur moi...
Enfin bref, j'ai grandis là un peu comme j'ai pu. Au moins, on avait à manger et un lit, même si tu te doute bien que c'était pas le grand luxe. J'étais un petit con bagarreur, alors j'avais peu ou pas d'amis. Mais dans l'ensemble, ça se passait pas trop mal... Jusqu'à ce que... »
Il déglutit et regarda Sanji, semblant hésiter à finir sa phrase. Ce dernier lui sourit, espérant l'encourager à continuer.
« Quand j'avais huit ans, un des gérants de l'orphelinat a commencé à abuser de moi. Je pense que je vais t'épargner les détails ici, mais... ça a duré plusieurs mois. Une ou deux fois par semaines, il m'emmenait dans sa chambre « pour jouer » et... Enfin... Voilà.
J'ai essayé d'en parler, mais c'était plus ou moins le directeur de l'établissement, alors... Les filles qui s'occupaient de nous voyaient bien qu'il se passait quelques chose, mais elles faisaient comme si de rien n'était. J'ai essayé d'en parler à l'une d'elle, un jour... Elle m'a simplement dit qu'on ne pouvait rien y faire. Comme souvent avec ce genre d'histoires, tout le monde fout tout sous le tapis plutôt que de réagir...
J'ai subi pendant plusieurs mois sans rien pouvoir faire. Puis un jour, il m'a emmené dans sa chambre et m'y a enfermé en me disant qu'il fallait que je l'attende, qu'il avait quelque chose à faire mais qu'il viendrais « jouer avec moi » après. Il est parti en verrouillant la porte et en l'attendant, j'ai fouillé un peu son bureau qu'il avait à côté de son lit. Dans le double fond de l'un de ses tiroirs, j'ai trouvé un flingue... pas un gros truc, un petit six-coups au canon scié. Il tenait dans ma poche, alors je l'ai pris. Je sais pas trop ce que je prévoyait de faire avec, à ce moment-là... j'ai pas trop réfléchi. Qu'est-ce que tu veux, j'avais huit ans et j'étais dans la piaule d'un tordu qui me violait depuis six mois...
Enfin bref, quand il est revenu, il a direct commencé à me coucher sur le lit et à m'enlever ma chemise. Il s'est couché sur moi pour me tripoter, alors je... j'ai sorti le flingue de ma poche, et j'ai tiré. A bout portant en plein cœur. Il est tombé du lit raide mort.
Les autres responsables de l'orphelinat ont déboulé en entendant le coup de feu... Elles ont tout de suite appelé les flics. »
La cafetière posée sur la petite gazinière se mit à siffler et Ace se leva précipitamment pour aller servir le café. Sanji, lui ne bougea pas, soufflé par ce qu'il venait d'entendre. Il s'attendait à quelque chose de sale, mais là...
Ace avait été abusé enfant...
Ace avait tué quelqu'un, à à peine neuf ans...
Il pris machinalement la tasse que lui tendis le jeune homme en revenant s'asseoir sur le lit. Ce dernier enchaîna, à présent lancé dans son récit :
« J'ai été acquitté, bien sûr. J'ai tout raconté aux flics et d'autres enfants plus vieux ont aussi témoigné. Apparemment, j'étais pas le premier à qui ça arrivait. Et puis vu la situation... Enfin, ils ont considéré ça comme de la légitime défense... J'ai pas été inquiété par la justice. Mais à l'orphelinat, ça n'a pas été la même histoire. Pour les autres responsables, j'étais un gamin dangereux, un monstre qui avait tiré sur le directeur "pour deux trois attouchements"... Ils minimisaient sa faute, bien entendu. C'était insupportable, tout le monde me traitait comme de la merde à cause de ça, et les autres enfants voulaient plus me parler.
Alors quand j'ai eu dix ans, je me suis enfuis. Ils attendaient que ça, de toute façon. »
Il fit une pause pour boire une longue rasade de café. Sanji, face à lui, allait de surprises en surprises. Il avait renoncé à prendre des notes, partagé entre l'horreur qu'il ressentait à chaque nouvelle révélation, l'envie d'en savoir plus et une certaine admiration mêlée de compassion qu'il sentait se développer petit à petit. Ace avait vécu tout ça... Il avait vécu tout ça et il en parlait comme si ça n'était rien, et il passait ses journées à rire et à sourire... Il se sentait ridiculement faible en comparaison.
-T'es allé ou ? Demanda-il pour relancer le récit dont il lui tardait d'entendre la suite.
-Dans la rue. Un peu partout ou j'ai pu, quoi. J'ai squatté dans un terrain vague avec d'autres gamins pendant quelques temps... On vivotait comme on pouvait. On piquait à manger, on dormait dans des décharges.
« Et puis un jour, un mec est venu me voir dans ma planque. Il m'avait vu me défendre contre des voyous du coin. Il m'a dit qu'il avait besoin d'un gamin comme moi pour un coup, que ça payerait bien. J'ai accepté, c'est pas comme si j'étais très regardant à l'époque. Ça s'est bien passé, alors il est revenu me chercher plusieurs fois, pour d'autres trucs. A chaque fois, c'était du travail facile, il suffisait de faire le guet une rue ou quelque chose comme ça, et à la fin j'avais droit à un gros billet.
Bien sûr, tu l'a deviné, ce mec là, c'était un mafieux. Il travaillait pour un gros bonnet, le mec qui a pris la place de mon père sur le marché, ici. Un mec qui s'appelle Teach... Moi, je l'appelle le bâtard. Son truc, c'est moins la drogue que le commerce sexuel, prostitution et pornographie. Il se fait un fric pas possible avec ça.
Enfin, ça, je le savais pas à l'époque. Je l'avais jamais rencontré, c'était toujours ses hommes de main à qui j'avais affaire. J'ai vécu bien deux ou trois ans comme ça, à bosser pour lui une ou deux fois par semaines -pour ce que je dépensait, ça me suffisait bien pour vivre. Et puis un jour, on m'a proposé de monter un peu en grade. De faire plus. D'entrer officiellement dans le clan, quoi. C'est comme ça qu'à à peine quatorze ans, j'ai rencontré le bâtard.
Beaucoup de gamins travaillent pour lui. Il les embauche jeune, les élève, les utilise pour les petites tâches. De la surveillance, de la vente de drogue... Les flics les soupçonnent moins, ils lui restent fidèle toute leur vie, sont payés moins cher que les adultes et meurent souvent jeunes. Pratique, m'a présenté à lui pour que je devienne l'un d'entre eux, mais aussitôt qu'il a vu ma gueule, il a eu d'autres plans pour moi. »
Ace parlait sèchement, ses yeux lançaient des éclairs. Sa colère envers Teach était encore plus palpable que celle qu'il nourrissait pour son père.
« Je m'en souviendrais toute ma vie. Il m'a regardé, il s'est approché de moi, m'a attrapé le visage d'une main pour me regarder sous toutes les coutures. Puis il a rit et s'est tourné vers le mec qui m'avait recruté : T'es bien naïf, toi, qu'il a dit. Avec une frimousse pareille, t'a vraiment cru qu'on allait le gâcher à faire des petits jobs de merde ? Non, j'ai mieux pour lui, bien mieux... »
Sanji frissonna. Il se doutait de la suite, mais n'était pas sûr de vouloir l'entendre.
« Le bâtard vend toute sorte de chair humaine. Des putes de tout âges, des deux sexes, de toutes les manières . Les « gamins mignons » -comme ils disent- comme moi, il les vend pour des sommes faramineuses aux pires tordus. Des mecs comme celui à qui j'avais eu affaire à l'orphelinat, mais bien plus riches... Des gros bourges, des mafieux, mais aussi des politiques, des industriels, des patrons de grosses entreprises... Il a commencé à me prostituer comme ça. Puis il m'a fait faire... de la pornographie infantile, aussi. »
En disant ces mots, Ace baissa les yeux, comme si pour la première fois de son récit il avait honte. Sanji se demanda s'il devait dire quelque chose, mais il ne lui en laissa pas le temps, continuant vite comme pour laisser cette partie de sa vie derrière :
« La seule chose chouette de cette période de ma vie, c'est qu'à partir du moment ou j'ai commencé à traîner autour de chez le bâtard, j'ai fait la connaissance de Makino, qui travaille pour lui comme secrétaire. Elle s'est occupée de moi comme elle a pu, elle m'a donné le peu d'éducation que j'ai.
Puis j'ai grandit et le bâtard a fait de moi un prostitué classique, quand j'ai eu autour de quinze ans. Puis un prostitué de luxe parce que j'avais beaucoup du succès. A l'époque, mon travail avait rien à voir avec maintenant. Je bossait dans les clubs de Teach, je faisais ce qu'il me disait de faire, je baisais qui il me demandais de baiser. Je l'ai toujours détesté. Pour moi, tout est de sa faute. C'est lui qui a fait de moi ce que je suis maintenant, alors que j'étais juste un gamin qui voulais avoir de quoi bouffer.
Quand j'ai eu environs seize ans, je me suis barré de chez lui pour vivre seul. Au début, je voulais tout arrêter, mais je me suis vite rendu compte que je pouvais rien faire d'autre que me prostituer. J'ai arrêté l'école quand je me suis enfui de l'orphelinat. Je serais bien incapable de reprendre des études. Et ya pas de travail à Grey Terminal, encore moins pour les mômes de seize piges. J'aurais sans doute pu partir, mais j'avais rien -pas de fric, pas de famille, aucune connaissances ailleurs. Et puis ici, j'avais Makino, la seule personne qui s'était un tant soit peu occupée de moi.
Alors j'ai continué. Différemment. J'ai commencé à racoler au Moby Dick ou j'ai rencontré Marco. C'était toujours mieux que chez le bâtard, je faisais à peu près ce que je voulait et tout l'argent était pour moi -ça me dégoûtait d'être une source de revenus pour cet enfoiré de première. Marco m'a aidé à choper cet appart. J'ai vécu seul pendant pas mal de temps. Puis j'ai rencontré les deux affreux, quelques années plus tard. Maintenant, c'est toujours pas la joie, mais c'est plutôt cool. Je continue de faire une passe pour le bâtard de temps en temps -quand on a été dans la famille, on en sort jamais vraiment, et puis y'a pas à dire, ça paye mieux que dans la rue.
Voilà. »
Il se tut et baissa la tête, mettant le nez dans sa tasse, comme s'il n'osait pas croiser tout de suite le regard de Sanji. Ce dernier laissa quelques minutes s'écouler en silence, le regard dans le vide. Il avait vraiment du mal à croire que le jeune homme face à lui aie vraiment vécu tout ce qu'il venait de raconter. Il avait tout déballé si vite... Ça lui paraissait irréel, que des choses aussi horribles puissent réellement exister...
-Pas très glamour, hein ?
Il se tourna vers Ace qui regardait ailleurs, l'air sombre. L'air un peu triste aussi. Il ne sut pas trop quoi répondre.
-J'imagine que tu trouve ça moins sexy maintenant...
Il avait parlé dans un souffle. Sanji tiqua à sa remarque. Est-ce que Ace... est-ce qu'il avait peur qu'à présent qu'il lui avait dit tout ça, il le trouve repoussant ? Est-ce que c'était pour ça qu'il évitait son regard ?
-Ace...
Il ne savait pas quoi faire. Qu'est-ce qu'il pouvait bien dire qui ne paraisse pas ridicule, après tout ce qui avait été dit ?
-Je suis désolé pour tout. Vraiment... je suis désolé que ça te soit arrivé.
Le jeune homme croisa enfin son regard et lui fit un sourire triste.
-Allez, fait pas cette tête, blondie. C'est pas la fin du monde.
Si, Ace, si. C'est la fin du monde que des gamins aient à subir tout ça...
Sanji resta silencieux. A côté de lui, le jeune homme bailla, semblant prendre délibérément une attitude détendue pour passer plus vite à autre chose, oublier l'horreur et la tristesse de tout ce qu'il venait de raconter.
-T'a des questions ?
-Hem... je t'avoue que je ne sais pas trop quoi demander, là... ça te dérangerais que je demande son avis à Zoro avant de revenir vers toi ?
-Nan, t'inquiète.
Ace souffla et baissa la tête. Tout raconter d'un coup, comme il ne l'avait jamais fait, l'avait vidé. Son récit avait au final duré assez peu de temps -peut-être quinze ou vingt minutes- mais il était fatigué. Et il n'osait pas trop regarder Sanji.
Il repensa vaguement à tout ce qu'il venait d'évoquer. Ce qu'il avait subi à l'orphelinat étant petit... Il n'en avait parlé qu'à Makino, et encore, sans rentrer dans les détails. Et au quotidien, généralement, il évitait de penser à ce genre de choses. Ce n'était pas tant à cause du traumatisme des abus qu'il avait subi... Non, ce qui lui faisait le plus de mal, c'était de se rendre compte qu'il était complètement foutu. On pouvait sans doute sortir de la prostitution quand, comme Kidd et Law, on y entrait à la fin de l'adolescence. Mais lui ? Comment pourrait-il seulement rêver à vraiment changer de vie ? Il n'avait connu que ça, se faire acheter par des gens, se faire toucher, violer par des inconnus, regarder le plafond en attendant que ça passe. Il s'y était même habitué au point qu'il avait l'impression, par moments, que ça ne lui faisait plus rien. Il était brisé, fracassé, saccagé, et ce depuis l'enfance. On ne se remettait jamais de ce genre de choses, pas vrai ? Même avec une volonté de fer. Même avec toute la force possible. Complètement foutu, ouais...
-Ace...
Du coin de l'œil, il vit Sanji se rapprocher de lui et lui poser la main sur l'épaule. Il ferma les yeux, appréciant le contact chaud de ses doigts, contact minime mais qu'il sentait empreint de beaucoup de compassion. D'habitude, ce genre de chose l'énervait. Il n'aimait pas être pris en pitié. Mais là, juste pour quelques secondes, il avait envie d'en profiter, juste un instant avant de repartir à toute vitesse dans sa vie au jour le jour, dans sa vie ou il tâchait de ne pas penser à tout ce qu'il venait de déballer, d'oublier ce qu'il était, au fond et depuis toujours : un môme cassé en milles morceaux, qui tremblait de peur dès que quelqu'un se permettait de s'approprier son corps pour quelques billets.
Il couvrit la main du cuistot de la sienne et le sentit avoir un léger mouvement de recul qui le fit sourire. Aah, sérieux... il était adorable, ce foutu photographe.
Il le regarda et sourit devant son expression à la fois un peu gênée -la faute au contacts entre leurs mains, sans doute- et pleine d'empathie. Il lui enviait cette candeur dure qu'il montrait souvent, pas celle d'un enfant, ni celle d'un bourgeois qui ignorait tout des duretés de la vie... Juste celle d'un jeune homme qui avait eu la chance de ne pas connaître les mêmes atrocités que lui, et qui était horrifié que cela arrive à d'autre. Il ne montrait pas de dégoût ,comme Ace avait pu le craindre, mais seulement cette expression à la fois soucieuse et en colère, pleine de considération pour lui. Mine de rien, c'était rafraîchissant. Dans l'entourage du jeune prostitué, tout le monde avait vécu des choses atroces -plus ou moins, mais au moins quelques grosses crasses, quoi. Alors tout le monde trouvait ça normal. Plus personne ne s'indignait, et personne ne pleurait pour les autres, trop occupés qu'ils étaient tous avec leurs propres problèmes.
Alors ouais, l'expression qu'il voyait à présent sur le visage de Sanji lui faisait du bien. Pour un être souillé comme lui, ravagé jusqu'à l'os et empli de noirceur, le cuistot faisait figure d'une lumière pure, ou d'un trésor. Parfois insupportable et répulsif, s'il avait le malheur de le comparer à lui-même, d'où ses moqueries récurrentes à son égard. Parfois terriblement attirant...
Tout à coup, il se souvint de ce que le photographe lui avait dit en arrivant au sujet de Law. Il sursauta, se détournant du jeune homme et retirant sa main, qu'il avait gardée posée sur la sienne. Semblant surpris de ce mouvement brusque, Sanji retira à son tour ses doigts de son épaule et lui lança un regard interrogateur.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Heu... je viens de me rappeler qu'il y a un truc qu'il faut que je fasse.
Il avait mis ça de côté le temps de l'interview, mais à présent qu'il y repensait, c'était assez préoccupant.
Il s'inquiétait de l'état de santé de Law depuis quelques semaines déjà, et savoir qu'il allait à l'hôpital sans leur en parler -alors qu'habituellement ils étaient au courant des moindres faits et gestes des deux autres... S'il le leur cachait, c'était que ça pouvait être grave, non ? Il fallait qu'il en parle au principal intéressé, en espérant que ce dernier ne fuirait pas ses questions...
Il regarda Sanji. Il aurait aimé passer encore un peu de temps avec lui, mais il valait sans doute mieux qu'il aille confronter son ami dès maintenant.
-Désolé, je vais devoir te fausser compagnie.
-Pas de problème, l'interview est terminée pour le moment après tout... Je vais rejoindre Zoro à l'hôtel.
Le cuistot se leva et commença à rassembler ses affaires sous le regard de Ace qui se contenta de l'observer, enfilant simplement sa veste en cuir.
Ils sortirent de l'appartement et descendirent jusque dans la rue.
-Je file à l'appart des deux abrutis, moi.
-D'accord, je vais dans la direction opposée alors, répondit Sanji. Merci... Merci encore de m'avoir raconté tout ça. Désolé de t'avoir poussé à te remémorer toutes ces choses.
-Haha, t'excuse pas, si j'avais pas voulu le faire, je l'aurais pas fait, souffla le jeune homme en réponse.
Il regarda le photographe. Il avait toujours l'air assez secoué par tout ce qu'il venait d'entendre, les joues pâles, le regard un peu vide. Il ne put retenir un autre sourire et se rapprocha de lui. Avant que son vis-à-vis n'aie pu faire le moindre mouvement, il se pencha et fit claquer un baiser sur la commissure de ses lèvres.
-Te prend pas trop la tête, blondie. A bientôt.
Surpris, le jeune homme en face de lui eut un mouvement de recul, plaquant sa main sur l'endroit ou avait atterrit le baiser.
-Que... ?
Ace fit volte-face en lui faisant un vague signe de la main, ne lui laissant pas le temps de répliquer. Tout en s'éloignant, il eut un léger rire en imaginant la tête que devait faire le cuistot à cet instant précis. Aaah, décidément, il était trop mignon pour son propre bien, lui...
Ses pensées se recentrèrent sur Law et il perdit son sourire. Il se demanda si le jeune homme serait à l'appartement ce soir.
Il espérait vraiment que tout ça n'était pas trop grave...
Sanji poussa la porte de sa chambre et y entra, la laissant claquer derrière lui et faisant glisser la bandoulière de sa sacoche le long de son bras pour la poser par terre. Il retira sa veste, remonta les manches de sa chemise jusqu'à ses coudes, ouvrit la fenêtre et alluma une cigarette, avant de se laisser tomber sur son lit et se s'allonger sur le dos, bras et jambes écartés, fixant le plafond.
Il essayait de ne pas trop penser. Il essayait de toutes ses forces, mais milles images lui venaient à l'esprit, indéfiniment. Des images qu'il ne voulait pas voir, mais qui s'imposaient à lui comme des évidences, alors que les mots de Ace résonnaient à ses oreilles, encore et encore.
Il se figurait Ace jeune. Il pouvait parfaitement l'imaginer, gamin bagarreur, un peu terreur des bacs à sables, souriant rarement, ou avec insolence, sa frimousse mouchetée de taches de rousseur, ses cheveux noirs mi-longs un peu en bataille.
Et ce mec, ce gros porc qui posait ses mains sur lui...
Sa terreur, son désespoir, sa seule envie de sortir de là, lorsqu'il avait appuyé sur la gâchette...
Ses yeux d'enfant pleins d'horreur lorsqu'il avait vu son agresseur basculer du lit, inanimé. Lorsqu'il avait vu le sang couler sur les draps...Lorsqu'il avait compris qu'il venait d'ôter la vie..
Il se le figurait adolescent, svelte et robuste, rapide lorsqu'il zigzaguait entre les passants après avoir volé sur un étalage, dormant en chien de fusil dans sa minuscule cabane de terrain vague, toujours à l'affût. Il se figurait le regard du « bâtard », de ce Teach, qui avait vu son adorable frimousse et qui n'y avait pas vu un gamin, non, mais un potentiel à exploiter... Qui s'était dit, voilà un visage qui va me rapporter de l'argent. Voilà qui va plaire aux vieux dégueulasses qui sont prêts à débourser des milles et des cents pour violer des enfants...
Il se le figurait grandissant, perdant tout ce qui avait pu ressembler de près ou de loin à de la candeur. Il se le figurait terne, blasé, à seulement quatorze ou quinze ans, alors qu'il se laissait toucher, transformer en simple objet de désir, sans broncher, encaissant simplement l'argent à la fin, comme une machine, comme une jolie poupée.
Ce môme qui n'avait rien demandé, qui avait juste eu le malheur d'être trop beau pour son propre bien.
Il ferma les yeux. Il ne voulait pas y penser... Pas penser au fait que ce genre de choses arrivait réellement à des enfants, encore aujourd'hui. Pas penser au fait que le sourire de Ace et ses clins d'œils goguenards dissimulaient réellement une horreur pareille...
La porte qui séparait sa chambre de la salle de bain s'ouvrit, l'interrompant dans ses pensées, et Zoro apparut dans l'encadrement de la porte, un air intéressé sur le visage.
-Alors ?
-Alors quoi ?
-Il t'a tout raconté ?
-Ouais... Je crois. Je te ferais écouter ça, tu me dira si t'a des questions.
Sanji tira sur sa cigarette et se couvrit les yeux d'une main. Il ne voulait pas répondre à ce que Zoro allait inévitablement lui demander. Il n'avait pas envie, maintenant, d'essayer de mettre des mots sur un truc pareil.
-Et alors ?
-Quoi ? T'es chiant.
-C'est si horrible que ça, ce qui lui est arrivé ?
-... Tu verra bien. Le dictaphone est dans la poche de ma veste.
Le journaliste entra dans la chambre pour le récupérer, puis lui jeta un coup d'oeil.
-T'a vraiment pas l'air bien.
-Laisse-moi.
-T'en pince vraiment pour Ace, hein ?
-... ! ça va pas, non ? Ta gueule.
Et voilà mes amis, c'est tout pour aujourd'hui.
J'espère que ça vous a plu... J'ai été vraiment méchante avec notre petit Ace, je sais. Je lui donnerais un peu de bonheur d'ici quelques chapitres, c'est promis.
Le chapitre de la semaine prochaine sera sûrement très court comparé à celui-là! Mais on y apprendra enfin ce qui arrive à Law (je vous tease un peu...)
Salut à tous, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre!
A la prochaine!
