Salut tout le monde!
Me revoilà avec le douzième chapitre de Wild World... Centré sur notre petit chéri Law, comme promis!
Il est assez court, je sais, surtout pour un chapitre écrit en dix jours... Promis, promis, le prochain sera beaucoup, beaucoup plus étoffé. Ce sera même probablement le plus long chapitre écrit jusque là.
Merci infiniment (je le dirais jamais assez) pour les super retours que vous m'avez donné sur les derniers chapitres. Encore une fois, j'étais vraiment pas sûre que cette fic puisse plaire alors voir qu'il y a quelques personnes qui accrochent et qui suivent ça fait vraiment plaisir!
Bref, j'arrête de raconter ma vie et vous laisse à votre lecture, on se retrouve en bas!
[Gray Terminal, jour 12]
Law alluma distraitement une cigarette, le regard toujours posé sur le livre ouvert sur ses genoux. Il tira une longue taffe et expira la fumée, toujours sans cesser de lire, faisant tourner son briquet entre ses longs doigts fins.
Il tourna une page, absorbé par sa lecture. Des souris et des Hommes de John Steinbeck.
Il s'était mit à lire, récemment, Marco l'ayant autorisé -et même encouragé- à venir piocher dans sa bibliothèque plutôt fournie. Le barman était plutôt branché littérature classique, alors il avait suivi le mouvement, d'abord pas franchement convaincu -mais c'est pas comme s'il pouvait trouver des livres ailleurs, ici. Maintenant, il en dévorait deux par semaines. Kidd se foutait de sa gueule à ce propos, « T'espère quoi, devenir une pute lettrée ? ». Ace aussi, mais Law avait fini par le convaincre d'essayer à son tour avec quelques courts romans. Mine de rien, ça trompait l'ennui, ces machins. Regarder la télé, il avait fait le tour depuis bien longtemps. Et à part baiser et faire la fête, par ici, les distractions se faisaient rares...
Il tourna à nouveau une page, fumant du bout des lèvres, tendant le bras de temps à autre pour tapoter sa cigarette contre le bord du cendrier en verre déjà bien plein sur sa table de chevet. De l'autre côté de son lit, le petit poste à cassettes de l'appartement, qu'il avait ramené dans sa chambre, diffusait les premières notes de Stairway to Heaven de Led Zeppelin. Le jour filtrait à peine entre les fentes de ses volets fermés. Il n'avait pas vraiment idée de l'heure qu'il était, mais l'après-midi était déjà bien avancée.
Il tournait une page de plus lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit d'un coup, le faisant relever la tête dans un sursaut. Kidd entra sans façons dans la pièce, s'arrêtant devant son lit et commençant à retirer sa veste en cuir cloutée -qu'il portait encore sans rien dessous- avant de la jeter sur le dossier de sa chaise de bureau.
Law le regarda sans rien dire, les sourcils froncés, surpris de le voir là. Ils ne s'étaient plus croisés depuis l'avant-veille, lorsque son colocataire avait manqué de le frapper et était parti en claquant la porte. A vrai dire, il avait plutôt appréhendé leurs retrouvailles, jusque là, persuadé que Kidd ne manquerait pas une occasion de lui faire regretter sa stupide imprudence de toutes les manières possibles.
Sa veste jetée, son ami s'avança vers le lit et y grimpa aussitôt, se mettant au-dessus de lui, lui prenant sa cigarette des mains pour l'écraser dans le cendrier, lui arrachant son livre pour le balancer sans ménagement à travers la pièce.
-Qu'est-ce que tu...
Le roux ne lui laissa pas le temps de finir, écrasant ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser passionnément, lui arrachant une légère expression étouffée de surprise. Kidd lui empoigna la nuque, à quatre pattes sur lui, et après quelques secondes de surprise, il se laissa emporter dans le baiser, passant lui aussi ses mains autour de son cou, nouant leurs lèvres, leurs langues...
-T'a renoncé à l'idée de me frapper ? Demanda-il , cynique, en reprenant son souffle, lorsque son vis-à-vis lui laissa un peu de répit.
-Ta gueule, répondit Kidd, repartant aussitôt à l'assaut.
Ses mains se firent plus aventureuses. Il fit passer le sweat de Law par-dessus sa tête, faisant glisser ses longs doigts pâles sur la peau tatouée sous laquelle on sentait les côtes, plus que jamais, sur les muscles qui avaient mincis, sur le ventre un peu creux... Ses baisers se muèrent en mordillements le long de son cou et sur ses épaules, tandis que ses mains descendaient sur la boucle de sa ceinture, qu'il défit lentement avant de glisser une main dans son boxer. Law rejeta la tête en arrière, fermant ses yeux cernés, se laissant aller à des soupirs qui se transformèrent vite en léger gémissements, tandis que ses mains se crispaient sur les épaules de son amant. Il renonça à comprendre. C'était pas la première fois qu'il se réconciliaient de cette manière, de toute façon. Il se laissa aller ainsi sans vraiment réfléchir, jusqu'à ce que Kidd se redresse sur le lit pour défaire la boucle de sa propre ceinture, laissant couler sur lui un regard qu'il connaissait bien.
-Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda Law dans un souffle.
-Je te baise.
-Tu plaisante, j'espère ?
-J'ai l'air de plaisanter ?
Le roux se pencha à nouveau vers lui et attrapa des deux mains le bord de son jean pour le lui retirer. Law l'en empêcha, lui attrapant les poignets.
-T'es con au point d'avoir oublié ce que je t'ai dis avant-hier ? J'ai le sida, espèce de crétin. On peux plus faire ça.
-C'est toi qu'a la mémoire qui flanche. Je sais que t'a eu tendance à l'oublier, Trafalgar, mais les capotes, c'est pas pour les chiens.
-C'est pas sûr à cent pour cent. Si jamais elle craque, toi aussi, tu...
-Je prend le risque, c'est bon.
Kidd fit encore un geste pour lui retirer son pantalon et Law raffermit encore la prise sur ses poignets, fronçant les sourcils.
-Que... Putain mais t'es vraiment trop con, ou quoi ?
-Allez, c'est bon, ça ira.
-T'es vraiment le dernier des gros queutards. Si t'a tant envie de baiser, va voir Ace ou sort en boite, je sais pas.
-J'ai pas envie de baiser quelqu'un d'autre.
-Que...
Sous le coup de la surprise, Law desserra sa prise et Kidd en profita pour le déshabiller pour de bon, repartant à l'assaut de son cou tandis que ses doigts fébriles déchiraient l'emballage d'un préservatif sorti de sa poche arrière.
-Kidd...
-C'est bon, Trafalgar, détend-toi. On a jamais fait craquer de capote, c'est pas maintenant que ça va commencer.
-T'a vraiment un problème...
Law finit par céder tacitement, enroulant ses bras autour des épaules de Kidd tandis que ce dernier, toujours occupé à lui dévorer le cou, le pénétrait en douceur. Il fit basculer sa tête en arrière, gémissant, enfonçant ses ongles dans la peau pâle, oubliant tout un instant, les risques, les conséquences... Il en avait besoin. De ce contact, de cette chaleur.
Depuis plusieurs jours il se sentait mourir. Lentement, mais sûrement, ses forces l'abandonnaient, son corps se transformait, il passait son temps à dormir, et il avait froid, si froid, tout le temps, un froid qui lui semblait venir de l'intérieur... Et tout empirait, petit à petit, comme s'il basculait inexorablement le long d'une pente qui le rapprochait de plus en plus de l'état d'un cadavre, comme s'il se rapprochait de la mort par paliers.
Kidd le faisait remonter. Même si c'était seulement pour quelques instants, même si c'était illusoire, sa passion brute le réchauffait, son corps contre le sien le réanimait, réactivant ses fonctions vitales, rendant à sa peau sa sensibilité, à ses lèvres leur couleur, à son esprit l'envie de vivre.
Kidd le savait, peut-être. Il était différent que d'habitude. Inconsciemment, peut-être, il le ménageait plus, ses caresses étaient plus précises qu'à l'accoutumée, ses coups de reins moins violents.
Alors pendant quelques instants, ils oublièrent tout, se fondant l'un dans l'autre jusqu'à l'extase, nouant leurs corps, leurs bouches, leurs mains, jusqu'à un orgasme simultané dont ils étouffèrent les gémissements dans une étreinte convulsive.
Law se laissa retomber sur son matelas, hors d'haleine, le cœur battant à tout rompre. Kidd, au-dessus de lui, se pencha encore sur son visage pour planter son regard dans le sien, et murmura nerveusement entre ses dents :
-T'a pas intérêt à te laisser crever, Trafalgar, ok ?
Son expression haletante et neutre, ses yeux fixes, ses cheveux écarlates retombant autour de son visage le rendaient presque effrayant. Law déglutit.
-Je vais essayer.
-Essaye pas. Fais-le.
Sur ses mots, il se redressa d'un coup et se leva, remontant son jean sur ses hanches pour reboucler sa ceinture, quittant la pièce sans demander son reste. Law resta allongé, fixant le plafond, calmant lentement le rythme de sa respiration, essuyant du poignet la sueur qui perlait à son front. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que Kidd réagisse de cette manière. Alors il s'inquiétait vraiment, cet abruti...
Il se couvrit les yeux d'une main, ne pouvant s'empêcher de sourire.
Lorsqu'il sortit de sa chambre, une dizaine de minutes plus tard, son livre à la main, il trouva son ami vautré sur le canapé comme à son habitude, regardant la télé en silence, une tasse de café à la main. Il alla se servir un mug lui aussi, puis s'installa à ses côtés, ouvrant son livre là ou il s'était arrêté. Ils se dirent rien, ne se demandèrent pas d'explications. Tout avait été dit peut-être.
Presque une heure s'écoula ainsi, chacun appréciant ce retour au calme, à ce quotidien sans trop de vagues que Law avait vraiment cru perdre, ce coup-ci. Kidd pouvait être tellement con, parfois, quand il était en colère. Il avait... Ouais, c'était dur à admettre, mais il avait eu peur de le perdre pour de bon. Il avait craint que le rouquin, sous le coup d'une tristesse qu'il n'assumait pas, ne revienne jamais vers lui, et le laisse crever seul. Enfin, vu ce qu'il venait de se passer, il avait peut-être sous-estimé ses sentiments à son égard.
J'ai pas envie de baiser quelqu'un d'autre.
Haha. Qui l'aurait cru.
Au bout d'une heure, donc, durant laquelle aucun d'eux ne troubla ce silence serein, le cliquetis familier d'une clé tournant dans une serrure se fit entendre, puis la porte d'entrée s'ouvrit et Ace fit son apparition, sapé à l'arrache et avec sa tête des mauvais jours. Son visage était pâle, ses cernes creusées -enfin, plus que d'habitude, quoi. Ses yeux noirs s'écarquillèrent lorsqu'il les vit côte à côtes, et il resta un instant les bras ballants, bouche bée, ne semblant pas savoir quoi dire.
-Bin Portgas, t'a vu la vierge ou quoi? Finit par lui lancer Kidd d'un ton grinçant.
-Non, je... Non, rien.
Il baissa la tête et enleva sa veste sans rien dire de plus, puis il s'éclipsa dans la cuisine pour se faire réchauffer une tasse de café, avant de venir s'asseoir sur le canapé à côté d'eux, toujours en silence. Quelques minutes passèrent, pendant lesquelles Law repris sa lecture et Kidd son visionnage, jusqu'à ce que le nouveau venu se décide à briser le silence :
-On va en reparler ou pas ?
-De quoi tu parle, Portgas ?
-Tu sais de quoi je parle, Kidd. C'est bien si t'a renoncé à écharper Law, mais il faudrait quand même qu'on aie une conversation à propos de ça, non ?
-Qu'est-ce que tu veux dire de plus, soupira Law en se redressant légèrement pour poser son livre sur la table basse. J'ai été con, j'ai le sida, voilà, je vois pas trop ce que tu veux que je rajoute.
-Je sais pas, moi... Les médecins t'ont dit quoi ?
-De prendre les cachetons qu'ils m'ont donné et d'attendre.
-Quoi, c'est tout ?
-...
-Quoi ?
-La maladie est en plein essor, et les gens commencent à comprendre que c'est pas qu'une maladie qui touche les gays, alors tout un tas de traitements sont en train d'être développés.
-C'est bien ça, non ?
-Ouais... Au début, ça devrait aller. Mais lorsqu'il faudra me faire hospitaliser -parce que ça va finir par arriver...
Law soupira en se pinçant l'arrête du nez.
-C'est toujours la même merde, ici. Les hôpitaux sont pourris et surpeuplés. Et comme c'est pas les séropo' qui manquent ici, les services sont overbookés.
-On se débrouillera.
-Ace...
-C'est pas pour tout de suite, non ? On va trouver une solution.
Law darda ses yeux gris sur son ami. Il essayait de se rassurer, ça se voyait. Après tout, si ça lui faisait plaisir, il allait pas lui casser le moral en lui répétant que c'était peine perdue... Kidd, de son côté, faisait mine de ne pas les entendre, les yeux toujours fixés sur l'écran.
-Et en fait, Ace, t'a fini par te faire blondie ou pas? Finit par lâcher ce dernier après un autre silence.
-... Quoi ?
-Marco nous a dit qu'il vous avait vu boire un verre hier, et que ça avait l'air pas mal entre vous...
-Ha... Mais de quoi il se mêle, celui-là...
-Alors ?
-Non.
-Quoi ? Sérieusement ? Il s'est rien passé du tout ?
Ace haussa les épaules et se détourna, croisant les bras sur son torse.
-... Tu t'es fait rembarrer ?
Devant le silence de son vis-à-vis face à sa question, Kidd éclata de rire.
-Merde alors, il est encore plus coincé du cul que je le pensais.
-Arrête, Kidd. J'ai pas envie d'en parler, là.
-Eeeeh... Mais c'est que tu commence à te faire sentimental...
-Kidd...
Ace finit par montrer les dents, agacé, et une bagarre éclata sur le canapé -comme d'habitude en violant sans remords l'espace personnel de Law, qui à nouveau plongé dans sa lecture releva la tête en soupirant. Voyant que leurs chamailleries avaient l'air parties pour durer longtemps, il se contenta de lever un pied et de le poser sur le dos de Kidd pour pousser les deux corps emmêlés par terre -ou la bataille acharnée continua sans qu'ils aient l'air de se rendre compte de rien, trop occupés à s'écraser mutuellement et à s'inter-congratuler d'un flot ininterrompu d'insultes. Law leva les yeux au ciel. Il y avait un moment qu'ils n'avaient pas été de tels gamins, tiens... Leur façon de décompresser sans doute. Enfin, il avait du mal à leur en vouloir.
Il ne savait pas combien de temps il lui restait à vivre, mais il préférait largement le passer en compagnie de ces deux idiots que tout seul. Ou qu'avec n'importe qui d'autre, en fait.
Voilà voilà, c'est tout pour aujourd'hui!
Le prochain chapitre sortira dans dix jours, le 31 janvier donc. Il va s'en passer des choses...
Comme d'habitude votre avis est plus que bienvenu!
A la prochaine!
