Bonsoir à tous et à toutes!
J'ai un jour de retard pour ce chapitre, j'en suis désolée... Je suis très occupée ces jours-ci et j'ai mis du temps à le boucler alors qu'il me restait littéralement un paragraphe à écrire. Mais bon, le prochain devrais arriver dans les temps!
Ce coup-ci vous avez encore droit à un chapitre tout mignon. Je vous chouchoute un peu avant qu'on reparte dans les sujets sombres, héhé.
Merci aux deux personnes qui m'ont laissée des reviews, je vous répond incessamment sous peu, promis!
Ce chapitre est un peu court... mais intense. Vous verrez. Héhé.
Sur ce bonne lecture et on se retrouve en bas!
[Gray Terminal, jour 14]
Sanji ouvrit doucement les yeux sur un plafond qui n'était pas celui de son hôtel.
Une légère migraine lui vrilla aussitôt les tempes et il porta sa main à son visage en grimaçant. Au bout d'une minute ou deux, elle s'atténua un peu, et il put regarder un peu autour de lui en clignant des paupières, notant dans le même temps sa bouche pâteuse et ses membres engourdis.
Tournant la tête, il se retrouva à quelques centimètres du visage de Ace qui dormait paisiblement, pelotonné contre son bras, le visage détendu.
Il écarquilla les yeux.
Tout lui revint subitement. Il était au bar avec Zoro et les deux autres... Il avait bu, était allé marcher... On l'avait attaqué... Ace l'avait trouvé... Il l'avait soigné... Il avait encore bu, et après...
Il se couvrit la bouche d'une main, sentant ses joues prendre une teinte écarlate.
Ils s'étaient embrassés... Et ensuite il ne se souvenait plus. Il avait dû s'endormir sans doute, rien d'étonnant vu son état... Il avait toujours ses vêtements...
Mais ils s'étaient embrassés ?
Il pinça les lèvres et ferma les yeux. Il ne savait pas trop comment il se sentait par rapport à ça... Il... Il était content, principalement. Même s'il avait toujours un peu de mal à l'admettre. Il était assez gêné aussi... Comment diable est-ce qu'il allait se comporter quand Ace se réveillerait ? Qu'est-ce qui allait se passer entre eux ? Qu'est-ce qu'ils allaient... devenir ? Est-ce qu'ils allaient se comporter comme un couple ? Ce serait plutôt étonnant...
Il jeta à nouveau un coup d'œil au jeune homme couché contre lui et en profita pour l'observer un instant. Endormi, Ace paraissait... Différent. Plus jeune. Plus vulnérable. Libéré de ses habituelles expressions goguenardes ou de ses sourcils froncés, son visage semblait encore plus beau. Sanji ne put s'empêcher de sourire.
C'est bon, fallait pas qu'il irait bien. Il n'avait qu'à pas se prendre la tête, ou en tout cas, pas maintenant. Ne pas penser à l'avenir, à ce que pourraient dire ou penser Zoro ou ses amis de East Blue s'ils le voyaient dans cette situation... Non, faire comme si rien n'existait en dehors de cet appartement minuscule dans lequel Ace s'était lové contre lui, lui montrant son vrai visage.
Dans tout les cas, plus jamais il ne le blesserait comme il avait dû le faire. Il ne le supporterais pas.
Il se redressa doucement, prenant garde à ne pas le réveiller, et s'assit. Il avisa le bandage sur son flanc -qui était étrangement bien fait d'ailleurs, ce n'était peut-être pas la première fois que Ace avait à soigner quelqu'un qui s'était fait tabasser...
Sa chemise était en partie couverte de sang, et déchirée à l'endroit ou le couteau l'avait transpercée. Il fit la moue – putain, elle était presque neuve – et la retira, pas fan de l'odeur d'hémoglobine séchée.
Puis il se leva, toujours en silence, et se glissa dans la minuscule salle de bain de l'appartement. Son visage dans le miroir lui parut presque étranger, avec son pansement sur la joue et son coquard sous l'œil droit. Ouais, pas de doute, ils l'avaient pas loupé, ces enfoirés...
Il se débarbouilla, mis un peu d'ordre dans ses cheveux et retourna dans la pièce principale. La cuisinière attira son attention, ainsi que la petite étagère sur laquelle reposait le peu de nourriture que Ace possédait -sans doute qu'il mangeait plus souvent chez Kidd et Law, ou alors au Moby Dick.
Il s'accroupit devant les maigres denrées, se passant une main dans les cheveux avec un sourire en coin.
-Alors, qu'est-ce qu'on va pouvoir faire de beau...
Ace se réveilla doucement au son familier d'une poêle pleine d'huile qui chauffe. Une douce odeur sucrée se faufila jusqu'à ses narines et il fronça le nez avant d'ouvrir les yeux, émergeant rapidement, bien reposé.
Il poussa un bâillement et se retourna dans son lit. Sanji apparut dans son champ de vision, dos à lui, s'affairant devant sa petite cuisinière, torse nu. Il ne put réprimer un sourire tandis que son regard courait sur la peau pâle exposée aux rayons du soleil qui perçaient à travers la fenêtre. Il y avait plus désagréable, comme première vision de la journée.
Il se redressa en silence, attendant de voir. Si le cuistot ne s'était pas barré tout de suite à son réveil, c'est que c'était plutôt bon signe pour la suite... Mais quand même. Assumera ? Assumera pas ? Vu l'état dans lequel il était la nuit dernière, il y avait même des chances pour qu'il ne se souvienne de rien...
-Qu'est-ce que tu nous fait ? Finit-il par lancer en s'étirant.
Le cuistot sursauta, jeta un regard par dessus son épaule et lui adressa un grand sourire.
-Ah, t'es réveillé... J'ai trouvé de quoi faire des pancakes, alors je me suis dit que...
-T'a bien fait.
Sanji lui sourit à nouveau, puis rougit un peu et tourna à nouveau la tête, fronçant les sourcils, l'air un peu gêné. Ace eut un demi-sourire. Alors il s'en souvenait, hein ?
Il avisa le radio-réveil posé sur sa table de chevet et l'alluma d'une pichenette, le réglant rapidement sur sa station préférée. Get It On de T. Rex retentit et il monta un peu le son avec un sourire, avant de se tourner à nouveau vers le jeune homme.
Puis, pris d'une envie subite, il se leva lestement et s'approcha du cuistot sans bruit, tandis que ce dernier retournait un énième pancake, l'air absorbé par sa tâche. Levant les deux mains, il l'effleura du bout des doigts au niveau des hanches, dans une infime caresse sous laquelle il le sentit se tendre légèrement. Sans autre réaction de sa part, il s'approcha encore et déposa doucement un baiser sur la jonction entre son cou et son épaule droite, tout en accentuant légèrement sa caresse sur ses hanches. Il se retint de rire en le sentant frissonner. Merde, il était adorable.
Sanji ne put s'empêcher de se tendre lorsqu'il sentit les doigts glisser légèrement sur ses hanches. Il avait beau se dire qu'il fallait mieux laisser les choses arriver et faire comme il le sentait, son cerveau ne pouvait s'empêcher de lui envoyer quinze questions par secondes. Comment se comporter ? Est-ce qu'il fallait évoquer leur baiser d'hier ? Est-ce qu'il devait continuer de se comporter comme avant ? Ou l'embrasser pour lui dire bonjour ? Et surtout... Qu'est-ce qu'il était censé faire, si Ace tentait de passer le cap des simples baisers ? Il ne s'était jamais retrouvé en situation intime avec un mec, après tout. Avec les filles, il s'était jamais pris la tête sur ce genre de choses, ou alors c'était quand il avait quatorze ans. Ouais. Ça résumait bien l'effet qu'Ace avait sur lui. Il avait l'impression de redevenir un petit puceau de quinze piges qui stressait pour tout et n'importe quoi.
Son cœur manqua un battement lorsqu'il sentit les lèvres du jeune homme atterrir sur sa nuque. Il se sentit devenir écarlate et pria pour que son vis-à-vis ne s'en rende pas compte. Un autre baiser suivit le premier, un peu plus haut, puis un autre, remontant le long de son cou tandis que les doigts sur ses hanches venaient dessiner des arabesques sur sa peau, se déplaçant doucement jusqu'à ses abdominaux.
Oh, bordel.
Il sentit Ace se rapprocher encore pour se couler contre lui, collant la peau nue de son torse à celle de son dos. Son ventre se contracta, il sentit l'excitation monter, beaucoup, beaucoup trop vite. Merde, il lui faisait beaucoup trop d'effet, c'en était presque effrayant. Lorsque ses lèvres eurent fini de remonter à coups de baisers le long de son cou et se risquèrent jusqu'à son lobe d'oreille, il dût se mordre les lèvres pour ne pas laisser échapper un gémissement incontrôlé.
-Ace, attend...
Il se retourna pour lui faire face. Mauvaise idée. Le sourire enjôleur qui se retrouva à quelques centimètres de son visage et la vision plus que plaisante qui s'offrait désormais à lui -Ace ne portait qu'un boxer- acheva de faire disjoncter les rares neurones que le coup sur sa tête, la veille, n'avait pas détruites.
Après quelques secondes de flottement -il devait avoir l'air particulièrement ahuri- il fondit sur ses lèvres sans réfléchir, attrapant son visage à deux mains tandis que l'autre se saisissait à nouveau ses hanches pour coller son bassin au sien, lui répondant avec ferveur.
Merde, c'était beaucoup trop agréable. Beaucoup mieux que tout ce qu'il avait connu jusqu'alors. Il avait envie de ne plus penser à rien d'autre. Tout disparaissait autour de lui. Il n'y avait plus que ces lèvres. Ces mains. Cette peau. Ce désir.
Lorsque le bruit d'un pancake qui brûle le ramena un peu à la réalité, il fut forcé de mettre momentanément fin au baiser, tournant la tête pour regarder derrière lui et éteignant le gaz du bout des doigts. Ace en profita pour s'attaquer à nouveau à son cou, lui arrachant un premier gémissement qui lui fit plaquer aussitôt sa main contre sa bouche, gêné.
Bien entendu, cela fit rire son vis-à-vis.
-Fais pas cette tête blondie, c'est pas la fin du monde.
-Ta gueule...
Il l'embrassa de plus belle, un peu rageur. Ace se plaqua de plus belle contre lui et noua ses mains dans son dos, l'entraînant doucement vers son lit. Il se laissa guider sans broncher.
C'était... différent. Tellement que c'en était presque étrange pour lui.
La manière dont ils se regardaient... La malice mêlée au désir dans leurs yeux... La façon dont ils prenaient leur temps, se découvrant petit à petit, sans se presser, sans se sentir obligé d'aller jusqu'au bout... Leurs caresses apaisées, calmes, pas frénétiques, pas teintées de rage ou de désespoir...
C'était comme si... Comme si il était normal, en fait. Comme s'il n'était pas ce qu'il était.
Comme s'il n'était pas un prostitué.
D'habitude, sa condition lui collait à la peau. Encore plus pendant le sexe. Sans parler des rapports avec les clients... Même avec les autres. Quand il couchait avec Kidd ou Law, quand il s'envoyait en l'air pour un soir avec d'autres prostitués ou des voyous... Il restait un prostitué. Un pauvre mec paumé qui faisait pas ça par véritable désir, mais par pur besoin de chaleur, d'humanité, pour se prouver à lui-même qu'il n'était pas en train de devenir un robot. Il le sentait en lui et il le voyait dans les yeux des autres. C'était du sexe réactionnel.
Aujourd'hui, c'était différent. Il ne se sentait pas comme ça. Il pouvait oublier, l'espace d'un instant, qu'il avait passé sa vie à vendre son corps. Ils se comportaient comme des gens normaux, comme des gens loin de tout ça. Comme deux jeunes gens qui s'étaient croisés dans un bar, s'étaient plu, et se désiraient, à présent. Point barre.
Pourtant Sanji savait. Il l'avait vu se prostituer. Il avait entendu son histoire. Il savait, il avait même très mal réagit à ce sujet. Et pourtant maintenant qu'ils en étaient là, il ne le traitait pas comme tel. C'était presque comme s'il ne le voyait même pas comme tel. Il ne le voyait pas comme une marchandise à acquérir. Ni comme un mec canon à ajouter à son tableau de chasse. Ni comme une échappatoire à sa vie de merde, non, il le désirait vraiment, lui. Pas seulement son enveloppe charnelle, lui.
C'était grisant. Il avait cru tout connaître du sexe, et pourtant il découvrait là quelque chose de nouveau. Et c'était un délice. Il avait envie de lui donner du plaisir comme rarement il avait eu envie d'en donner à quelqu'un. Il avait envie d'en recevoir, aussi, de se fondre en lui, de s'oublier dans sa lumière, dans son étrange candeur.
Leurs corps qui s'écrasent sur le matelas sans pour autant se séparer. Les baisers, les caresses sur leurs torses respectifs, les lèvres de Sanji dans son cou tandis qu'il déboucle sa ceinture, ses gémissements quand ses caresses se font plus intimes, les rougeurs qui apparaissent sur ses joues pâles...
Tout avait un goût nouveau pour lui. Pour Sanji aussi, il le savait. C'était étrange. Ils se retrouvaient là comme deux adolescent qui sauraient tout sur le sexe sans jamais l'avoir pratiqué réellement.
Sanji passa à son tour sa main sous l'élastique de son boxer, un peu hésitant, et il arrêta de réfléchir, rejetant la tête en arrière, appréciant seulement les sensations qui s'offraient à lui.
La chambre minuscule s'emplit de leurs soupirs, du léger bruit de leurs respirations inégales et de leurs gémissements de plus en plus intenses. Couchés côte à côte, front contre front, ils exploraient mutuellement le corps de l'autre, se débarrassant de leurs derniers vêtements, tandis que leurs regards fiévreux et intenses se croisaient par instants en silence. Au bout d'un moment, quand il se sentit à sa limite, Ace se rapprocha de Sanji, passant une main sur sa nuque et l'autre dans le creux de ses reins, nouant ses lèvres aux siennes tandis qu'il le faisait basculer au-dessus de lui.
-A... Attend, bredouilla le cuistot en rompant le baiser, l'air soudainement un peu gêné.
-Quoi ? Demanda Ace innocemment.
-C'est que... Je l'ai jamais fait avec un gars...
-Noooon, sérieux ? Putain, j'aurais jamais cru, s'exclama son vis-à-vis, goguenard, les yeux écarquillés dans une simulation d'étonnement, un sourire moqueur sur le visage.
Sanji lui couvrit le visage de sa main, fronçant les sourcils. Ace le repoussa en riant, avant de le regarder dans les yeux, à nouveau sérieux.
-C'est juste que... continua le cuisinier, l'air toujours manifestement mal à l'aise. Je... sais pas trop... Comment c'est censé se passer...
Il avait détourné les yeux sur la fin de sa phrase. Ace lâcha un soupir sonore, toujours amusé.
-C'est bon, blondie. Je vois ce qui te tracasse.
-Quoi ?
-Je ferais mieux de te laisser me prendre vu que c'est ta première fois.
-Ce... C'est pas ce...
Sanji serra les dents et pencha la tête pour poser le front contre son torse.
-Putain, parle pas comme ça, c'est gênant...
-Ben quoi ? Faut bien dire les choses.
-Tu pourrais être un peu plus subtil.
Ace passa doucement ses doigts sous son menton et lui releva la tête. Les joues du cuistot avaient pris, sans surprise, une bonne couleur cramoisie.
-Tu veux pas le faire ?
-Si, je veux...
-Stresse pas, mec. Tu l'a déjà fait avec des filles, non ?
-...Ouais...
-C'est pas si différent.
-Je voudrais pas te faire mal...
Ace éclata de rire.
-Crois-moi, j'en ai vu d'autres. Si un mec adorable comme toi me faisait mal...
Il secoua la tête, renonçant à finir sa phrase. Sanji lui en fut reconnaissant. Il ne préférait pas entendre des allusions à son « métier » maintenant...
-Bref, te prend pas la tête et fait comme tu le sens, blondie.
Ace se contorsionna un peu pour atteindre le tiroir de sa table de chevet, duquel il sortit un tube de lubrifiant et un préservatif. Puis il attrapa à nouveau le blond par la nuque et le rapprocha de lui pour l'embrasser langoureusement, reprenant doucement ses caresses, le détendant, le guidant peu à peu...
Ace rejeta la tête en arrière et laissa échapper un gémissement lorsque Sanji entra en lui, fermant les yeux presque aussitôt face à la vague de plaisir et d'excitation qui monta en lui.
Oh, merde...
Il rouvrit les yeux, haletant, tandis que Ace s'accrochait à ses épaules et l'entourait de ses jambes pour croiser ses chevilles sur le creux de ses reins, l'encourageant silencieusement à bouger.
Il commença ses va-et-viens, d'abord timidement, enfouissant son visage dans le cou du jeune homme, passant ses mains sous ses épaules, dans ses cheveux.
C'était... tellement intense... Il ressentait la moindre sensation la moindre caresse avec la plus grande précision. Le souffle du brun qui venait mourir sur son épaule... Sa beau brûlante tout contre la sienne... la caresse de ses mains, de ses ongles qui lui égratignaient le dos... Il avait l'impression d'être prêt à exploser.
Les doigts de Ace glissèrent le long de ses flancs, le faisant frissonner, pour atterrir au-dessus de ses hanches, et il commença doucement à accompagner ses mouvements, le guidant en lui, tandis que ses gémissements s'accentuaient sous l'effet du plaisir. Sanji le laissa faire bien volontiers, enfouissant de plus belle son visage dans son cou, inspirant son odeur à pleins poumons.
Il se sentait si bien. Mieux qu'il ne s'était jamais senti depuis très, très longtemps.
Il avait la sensation que désormais, il ne se plairait vraiment qu'ici.
-Il faut que j'y aille... grommela Sanji.
Couché sur le ventre, le nez dans les cheveux de Ace, son bras passé par-dessus le torse de ce dernier, bouger était la dernière chose dont il avait envie. Et ça devait s'entendre dans son intonation, car le jeune homme à ses côtés eut un petit rire, amusé.
-Pourquoi ça ?
-Il faut que je passe à l'hôpital, voir si j'ai rien de grave à la tête... Et que je passe à l'hôtel aussi, sinon Zoro va finir par croire que je suis mort ou que j'ai quitté la ville.
-Je vois...
Ace se tourna légèrement sur le flanc, passant une main dans son dos.
-Tu reviens ici après ?
-Je peux ?
-Je demanderais pas sinon, banane.
-... Ouais, je pense. Tu... Tu travaille pas ?
-J'ai bossé hier soir avant de rentrer, c'est bon.
-Ok...
Sanji finit par se redresser sur ses coudes. Il jeta un regard à son vis-à-vis et eut un demi-sourire en lui passant timidement la main dans les cheveux.
-Merci de m'avoir pardonné Ace. Je le méritais pas.
Le jeune homme haussa les épaules avant de s'étirer. Manifestement il ne tenait pas à ce qu'ils en reparlent. Puis il se redressa d'un coup lui aussi et se leva lestement, récupérant son boxer qui avait volé sur le plancher, commençant à s'habiller sans se presser. Sanji l'observa un peu en catimini. Merde. Il le trouvait tellement... désirable. Ils en avaient à peine fini qu'il avait envie de lui à nouveau...
Ce mec lui faisait beaucoup trop d'effet. Dans chacun de ses gestes. Dans chacune de ses paroles.
Il était déjà accro... Et ça lui faisait un peu peur. Bien qu'il ne préférait pas trop y penser maintenant.
-Ben t'étais ou ?
Sanji leva les yeux vers Zoro qui venait de débouler dans sa chambre, ouvrant en grand la porte qui séparait cette dernière de la salle de bain.
-Et c'est quoi ce coquard ?
-Je me suis battu hier soir.
-Ah, ok.
Le cuistot leva les yeux aux ciels devant la facilité avec laquelle son ami reçut l'information.
-Et t'a créché ou, du coup ?
Pa contre, il n'oubliait pas de poser les questions auxquelles il n'avait pas envie de répondre.
-...
Il décida d'assumer. De toute façon, il l'apprendrait sans doute tôt ou tard par quelqu'un d'autre.
-Chez Ace.
-Ooh...
-Épargne moi ton sourire débile, tu veux bien.
-Vous avez...
-Et tes questions stupides aussi, tête de mousse.
-Pff, vu la couleur de tes joues, j'ai la réponse de toute façon.
Sanji sentit son visage chauffer encore davantage et Zoro eut un grand rire. Putain, ce qu'il pouvait l'énerver, celui-là... Il se leva en pestant, lui demandant expressément de la fermer, ce que le journaliste refusa bien entendu de faire, et une de leurs bagarres rituelles commença, s'éternisant jusqu'à ce que leur voisin de chambre vienne frapper à la porte pour leur demander d'arrêter de faire tout ce bruit. Le cuistot s'excusa pour eux deux et referma la porte en jetant un regard noir à son ami.
-Bon, casse-toi maintenant, je vais prendre une couche. Je sors ce soir.
-Je te demande pas ou tu va, répondit Zoro, toujours goguenard.
-Va chier, Marimo.
Il poussa la porte du Moby Dick et le vit, de dos, accoudé au bar comme la première fois qu'il l'avait vu, discutant avec Marco, nonchalant comme il savait si bien l'être.
Il s'avança parmi la foule des danseurs, qui se balançaient sur le rythme inégal de Good Vibrations des Beach Boys, s'écartant doucement autour de lui comme une marée humaine.
Ace se retourna lorsqu'il arriva à un mètre de lui et lui sourit.
Il ne réfléchit pas, lui rendit son sourire, se rapprocha encore, et l'embrassa doucement.
Au milieu de tout le monde, sans vraiment y penser, sans vraiment en avoir grand chose à faire, à peine gêné par le sourire amusé de Marco qui leur servit deux verre sans même leur poser de question.
Vraiment, il n'avait pas envie de penser. Au diable les jugements des autres, au diable Zoro et ses sourires moqueurs un chouillat réprobateurs, au diable les gens qui les regardaient, et qui de toute façon s'en foutaient, ici, au diable sa vie d'avant. Tout ce qu'il voulait, c'était profiter. Quitte à se dissoudre complètement dans le plaisir, dans la vie agitée de ce Gray Terminal qu'il aimait bien, en fait.
Tout ce qu'il voulait ce soir, c'était ce sourire face à lui, encore et encore. C'était faire comme lui, n'en avoir rien à foutre de rien, boire à répétition les cocktails étranges de Marco, jusqu'à être ivre et tituber et rire pour trois fois rien, c'était danser sur la musique ringarde mais géniale de ce bar, c'était rentrer à pas d'heure jusqu'à ce minuscule appartement et faire l'amour, sentir encore cette peau contre la sienne et cette bouche sur sa peau, c'était s'endormir dans ces bras brûlants pour un sommeil sans rêves...
Et quelque chose dans le sourire de Ace lui disait que ce programme ne lui déplaisait pas non plus.
Et voilà... J'espère que ça vous a plu!
Je sais que j'ai une manière un peu particulière d'écrire mes lemons, j'ai du mal à les faire de manière "traditionnelle", j'ai tendance à les détailler assez peu et à ne pas forcément les mettre au centre de l'intrigue... j'espère que ça vous plaît quand même!
Dans le prochain chapitre, j'imagine que vous vous doutiez que ça allait finir par arriver, mais une petite piqûre de retour à la réalité va s'imposer...
Pardon d'avance.
Donnez-moi votre avis, vos pronostics (que j'adore, vous tombez souvent juste en plus!) ou de nouveau vos menaces de mort pour que je laisse nos ptits gars tranquilles sous les draps, et on se retrouve le 20 février pour la suite!
