Salut tout le monde!

J'espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 26 de Wild World, qui est assez long, ma foi, et où, comme vous l'avez deviné, se déroule les retrouvailles tant attendues... Je vous laisse apprécier!

Merci pour les quelques retours que j'ai eu sur le chapitre précédent, et bonne lecture à tous!


[Jour 33, East Blue]


Sanji termina de couper les ingrédients, concentré tout en écoutant d'une oreille distraite les bruits de discussions qui venaient du salon, à moitié couverts par le son de Sunday Bloody Sunday de U2 qui passait en fond. Le rire rauque de Kidd, qui lui était déjà redevenu familier, répondait aux voix plus faibles de Law et Zoro qui lui répondaient, tandis que, un peu plus loin, il entendait les murmures de Nami et Usopp qui semblaient plongés dans une conversation plus discrète.

Il était presque vingt heures. La plupart des invités n'étaient pas arrivés, et le cuistot était en train de préparer des brochettes pour tout le monde -il passerait probablement une bonne partie de la soirée dans la cuisine pour toutes les faire cuire, mais ça ne le dérangeait pas franchement. Cuisiner de la sorte pour ses amis était une vieille habitude qu'il reprenait toujours avec plaisir.

Law avait pu sortir de l'hôpital dans la journée. Il était supposé y retourner le lendemain, mais il avait l'air en meilleure forme que lorsqu'il était arrivé, c'était déjà ça – sans doute parce qu'il avait pu se reposer de la fatigue du voyage dans de bonnes conditions. Zoro avait présenté les deux prostitués aux autres comme « des amis qu'on s'est fait à Gray Terminal », sans rien préciser de plus sur leurs occupations là-bas. Ussop et Nami les avaient accueillis poliment, bien qu'ayant l'air un peu impressionnés et surpris par leur apparence physique, et n'avaient pas particulièrement l'air de se mélanger à eux pour l'instant... L'inverse aurait été étonnant, et c'était sans doute assez représentatif des réactions qu'auraient les autres une fois qu'ils seraient là. Enfin bon, tant qu'ils ne tombaient pas dans l'incident diplomatique, ils pouvaient sans doute s'estimer heureux.

Sanji posa son couteau et décida de rejoindre le salon pour un moment. Il se remettrait au travail lorsque le reste des invités seraient arrivés.

À peine avait-il posé un pied hors de la cuisine que Kidd le sollicita à grand renforts de cris.

-Hé, blondie, viens boire avec nous. Tu nous a montré quelques un de tes talents de fêtard, à GT, mais on t'a toujours pas vu danser sur la table.

-Tu peux toujours rêver, pour ça, maugréa le cuistot en allant malgré tout s'asseoir aux côtés du roux, acceptant le verre rempli que ce dernier lui tendait. Ouach. Un mélange de jus de pomme et de vodka, dosé avec toute la finesse dont était capable Kidd, et qui ressemblait plus, en fait, à de la vodka dans laquelle on aurait dilué un peu de jus de pomme pour faire joli.

-Comment tu peux boire ça ? Il était temps que je prenne les choses en main, les gars...

Il reposa son verre et s'empara de ceux des autres, tendant la main vers les nombreuses bouteilles remplies de boissons en tout genre qui jonchaient la table. Quelques ajouts, mélanges et coups de shaker plus tard, Zoro, Law et Kidd n'étaient plus face aux mixtures approximatives qu'ils sirotaient jusqu'alors, mais à de somptueux cocktails personnalisés. Le roux grogna en disant que tant qu'il y avait de l'alcool dedans, il se foutait bien du goût néanmoins il termina aussitôt son verre cul sec avant d'en demander un autre à Sanji qui se contenta d'afficher un petit sourire victorieux.

Le cuistot releva soudain la tête, se sentant observé. À l'autre bout de la pièce, près de la baie vitrée, Nami, toujours debout à côté d'Usopp, le regardait, une expression indéchiffrable sur le visage. Lorsque leurs regards se croisèrent, elle se détourna après quelques secondes, adressant une dernière phrase qu'il n'entendit pas à Ussop, avant d'ouvrir la porte vitrée coulissante qui était derrière elle pour sortir sur le balcon. Sanji fronça un peu les sourcils. Elle avait l'air bizarre...

Usopp les rejoignit, s'asseyant un peu timidement à côté de Zoro, coulant des regards incertains vers les deux nouveaux arrivants qui l'ignorèrent royalement. Le cuistot servit un cocktail à son ami au long nez, avant d'en préparer un autre avec mille fois plus de précaution et de se lever pour aller à son tour sur le balcon, refermant la baie vitrée derrière lui, étouffant le son de la musique et de la conversation qui avait repris à l'intérieur.

-Nami... ?

La jeune femme, accoudée à la balustrade, le regarda et eut un léger sourire, sans rien dire.

-Je t'ai apporté un cocktail.

-Merci.

Elle prit le verre qu'il lui tendait et se replongea dans sa contemplation de la ville qui s'étendait sous eux. Zoro habitait dans l'un des plus hauts immeubles d'East Blue. D'ici, on voyait presque tout. Sanji s'accouda à son tour à la balustrade et s'alluma une cigarette, regardant un instant les parcs faiblement éclairés par les lampadaires, la rivière qui serpentait à travers les habitations, les maisons minuscules et la mosaïque formée par les centaines de petits jardins. Il revint vite à Nami, qui avait l'air pensive et plutôt renfermée -ce qui ne lui ressemblait pas, elle était plutôt du genre énergique d'habitude.

-Tout va bien ? Lui demanda-il au bout d'un moment.

-Mmh ? Oui, oui... murmura-elle, toujours sans le regarder.

-Tu as l'air un peu bizarre.

Il réalisa que c'était la première fois qu'ils se parlaient seul à seul depuis leur rupture. C'était… étrange, que ça se fasse aussi naturellement de son côté. C'était peut-être ce qui la gênait ?

-Je suis juste un peu surprise par les amis de Zoro.

-Ah... Ils sont particuliers, c'est vrai, mais au fond ils sont chouettes, quand on apprend à les connaître.

-Je ne t'imaginait pas t'entendre aussi bien avec ce genre de personnes.

-Ah bon... Je sais pas, je...

-Tu as changé, Sanji.

Elle le regarda et il frémit devant son regard noisette. Oui, elle était toujours irrésistible, surtout dans cette petite robe blanche à manches longues toute simple… Il avait peut-être eu tendance à l'oublier un peu. Il tenta de se reprendre.

-Tu trouve ?

-Oui. Je l'avait déjà remarqué la dernière fois, à la fête de votre retour. Tu as plus d'assurance... Tu as l'air de moins te soucier de ce que les gens pensent de toi … Et tu as l'air moins… Avec les filles… Enfin...

-Ah, je... Oui, sans doute. On apprend beaucoup en voyageant, tenta-il de justifier, portant sa main à sa nuque.

Il était un peu mal à l'aise. Il ne savait pas s'il devait prendre ce qu'elle venait de dire comme un reproche ou...

-Je trouve ça pas si mal. Ça me plaît, en fait, murmura-elle avec un sourire.

Il releva la tête dans un sursaut.

-... Nami... ?

Elle lui sourit une nouvelle fois, un air un peu mystérieux sur le visage, et se détourna, faisant volte-face pour rentrer dans le loft. Il resta dehors, les bras ballants, ne sachant pas quoi penser.

Pendant des mois, après sa rupture avec la jeune femme, il avait rêvé d'une remarque comme celle-là, d'un retournement de situation qui lui permettrait, peut-être, de reconquérir celle qu'il considérait comme la femme de sa vie... Mais là...

Il avait réalisé depuis un moment qu'il n'était plus amoureux d'elle. Elle lui faisait toujours de l'effet, bien sûr, et il avait toujours envie de tout faire pour son bonheur, d'être aux petits soins avec elle, comme avec Robin...

Mais il ne se faisait pas d'illusion. La personne que son cœur et son corps réclamait, à présent, n'était pas Nami. Il le savait très bien... mais si elle revenait vers lui, est-ce qu'il serait capable de la rejeter ? De lui faire de la peine ? Ça risquait d'être difficile.

Il poussa un long soupir. Pourquoi tout devait toujours être si compliqué…. ?

Il regarda à l'intérieur du loft et réalisa que plusieurs personnes étaient arrivées depuis le début de leur conversation. Il écrasa sa cigarette dans le cendrier que Zoro avait laissé dans un coin du balcon -il était généralement le seul à l'utiliser, mais il constata que Kidd et Law l'avaient déjà rempli de mégots- et fit coulisser la porte de la baie vitrée pour entrer à nouveau.

Il se retrouva nez à nez avec Cavendish qui enlevait son manteau en roulant des épaules avec des manières de diva.

-Sanji, s'exclama le jeune homme avant de lui faire la bise -une étrange habitude qu'il avait, de faire ça à tout le monde- nom d'un chien, tu empeste le tabac, j'avais oublié.

Le cuistot ne releva pas. Le jeune mannequin faisait souvent ce genre de remarques, et on finissait par s'y habituer -comme à son côté précieux et à son ego surdimensionné.

-Cavendish. Comment ça va ?

-Oh, ne me demande pas. Je sors d'un shooting photo in-ter-mi-nable, c'était éreintant. Tout ce donc j'ai envie, c'est d'un bon cocktail et d'un canapé.

-Je vais faire une seconde tournée de cocktails.

-Oh, merci, tu es un ange. Tu peux pas savoir ce que tu nous a manqué Usopp a essayé de te remplacer au bar pendant ton absence, mais c'était un carnage. Il semble que personne ici soit capable de faire un mojito convenable. Ton talent n'a vraiment d'égal que ma beauté, ajouta-il en se recoiffant distraitement après avoir jeté son manteau sur une chaise.

-J'imagine que je dois prendre ça pour un compliment, répondit Sanji, l'air blasé, en haussant les épaules.

Il avait longtemps eu des rapports conflictuels avec Cavendish, en grande partie parce qu'il le prenait pour meilleur dragueur que lui. Il avait fini par comprendre qu'au fond, le mannequin n'était pas vraiment intéressé par les jeunes femmes à qui il faisait du charme, mais cherchait davantage chez elles une validation de sa beauté -qu'il obtenait toujours, il fallait bien avouer qu'il avait un physique des plus angéliques. Ses longs cheveux blonds aux anglaises parfaites, ses yeux d'un bleu étincelant, son visage fin et sa peau immaculée faisait tourner la tête à plus d'une -et d'un. D'ailleurs, lorsque le jeune homme alla s'étendre sur le canapé entre Usopp et Perona, Kidd, assis en face de lui, ne se priva pas pour détailler chaque centimètre de peau laissé visible par sa chemise blanche à jabot dont il laissait toujours les premiers boutons ouverts. Sanji se retint de pouffer face à ce spectacle. Oh, ils risquaient bien de finir par l'avoir, leur incident diplomatique.

-Coucou, Sanji...

Il se tourna avec un grand sourire vers la personne qui venait de l'interpeller, ayant aussitôt reconnu sa voix:

-Bonsoir, ma petite Vivi. Tu es sublime ce soir... Tu va bien ?

-Très bien, merci, répondit la jeune fille avec un sourire timide. Tu as entendu ? Il va y avoir un feu d'artifice en ville, tout à l'heure... J'espère qu'on pourra bien le voir d'ici...

Il s'engagea dans une conversation, puis une autre, saluant les diverses personnes qui arrivaient peu à peu, prenant des nouvelles, en donnant aussi -il n'avait pas eu le temps de parler en tête-à-tête avec tout le monde, la dernière fois. De temps à autre, il jetait un regard à Kidd et Law pour s'assurer que tout allait bien de ce côté là. Il semblait qu'il se soit fait du soucis pour rien, car à sa grande surprise, leur intégration avait l'air de plutôt bien se passer. Si la plupart des invités ne se mélangeaient pas vraiment à eux, se contentant de les observer, l'air mi-curieux, mi-effrayés -les regards s'attardaient en particulier sur les tatouages de Law et le rouge à lèvre de Kidd-, certains avaient fini par franchir le pas. Présentement, Law semblait plongé dans une grande conversation avec Robin, qui, de ce que Sanji pouvait comprendre de là où il était, lui posait diverses questions sur Gray Terminal. Kidd, quand à lui, sans surprise, s'était mis à boire avec Zoro, et avait finalement lancé un jeu à boire dans lequel Perona, Usopp et Coby s'étaient laissé entraîner – Perona tenait étonnamment plutôt bien le rythme, mais ce n'était pas le cas des deux autres dont les rougeurs en disaient long sur leur taux d'alcoolémie respectifs.

C'était... étrange. Sanji aurait pensé que ce serait sans doute plus compliqué... Mais après tout, pour l'instant, personne ne savait qu'ils étaient prostitués. Et Kidd et Law n'avaient pas forcément l'air de vouloir que tout le monde le sache, en tout cas pas présentement, et ils se tenaient à peu près.

Enfin bon, si tout allait bien, c'était le principal. Sanji regarda sa montre et réalisa qu'il était plus que temps qu'il lance la cuisson des brochettes. Il se dirigea vers la cuisine, après s'être excusé auprès de Tashigi qui était en train de lui raconter les déboires de son école de police, et croisa Zoro qui sortait de sa chambre.

-ça va comme tu veux, du-sourcil ?

Le cuistot jeta un regard circonspect au journaliste, surpris par sa question. Depuis quand il se souciait de son bien-être, lui ?

-...Ouuais, pourquoi ? Répondit-il avec méfiance.

-Je viens d'avoir un coup de fil. On va avoir un invité surprise, sourit son ami avant de le dépasser en lui mettant une petite tape sur l'épaule.

-Quoi ? Qui ça? Eh, Marimo!

Le jeune homme l'ignora et retourna s'asseoir. Sanji fronça les sourcils et se remit en marche vers la cuisine, étonné.

Il referma la porte derrière lui un instant, réduisant le bruit ambiant produit par le mélange de musique, de rires et de conversations diverses. De qui est-ce que cet abruti avait bien voulu parler ?

Il ne put s'empêcher de penser à Ace, mais chassa cette idée de son esprit. Non, ça n'avait pas de sens. Si Ace avait voulu venir à East Blue, il serait venu en même temps que Kidd et Law, quelques jours auparavant. Il n'avait aucune raison de venir maintenant. Alors qui ? Un de ses amis d'ici qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, peut-être ? Ou alors sa sœur, qui lui rendait visite une ou deux fois par ans - mais pourquoi est-ce qu'elle se pointerait en prévenant Zoro et pas lui ? Il ne parvenait pas à voir à qui le journaliste pouvait faire allusion...

Il secoua la tête. Après tout, il verrait bien. Il n'avait pas le temps de se prendre la tête avec ça maintenant, il devait s'occuper de ces satanées brochettes.

Il se mit au travail, les sourcils froncés malgré tout, un drôle de pressentiment montant dans sa poitrine.


-Blondie, j'ai encore faim.

Kidd entra dans la cuisine, brandissant d'une main son assiette vide, de l'autre une bouteille de rhum déjà bien entamée.

-Un peu de patience, les prochaines brochettes sont presque cui... Oh, Kidd, nom d'un chien, c'est le rhum qu'on utilise pour faire des mojitos... !

-Ah ouais ? Il passe assez bien tout seul.

-Il est pas là pour que tu le torche tout seul, abruti !

Sanji se tourna vers le roux et lui arracha la bouteille des mains. Ce dernier commença aussitôt à protester, mais il le fit taire en lui en donnant aussitôt une autre -du rhum aussi, mais de moins bonne facture, pas celui qu'il achetait spécialement chez un marchand de vins et spiritueux pour faire les meilleurs mojitos de la ville. Kidd se calma aussitôt et se fendit d'un sourire, prenant une gorgée dans la nouvelle bouteille tandis que Sanji croisait les bras et prenait un air ronchon en pestant qu'il aurait pu faire attention, quand même.

-ça va, blondie, tu vas pas nous chier une pendule. Même si t'es mignon quand tu t'énerve, ajouta le roux en le regardant de haut en bas d'un air provocant.

Le cuistot secoua la tête en levant les yeux au ciel. Il ne rougissait même plus des techniques de drague intempestive de Kidd, tellement il s'y était à nouveau habitué en si peu de temps. Il s'empara de l'assiette vide que le jeune homme avait toujours en main et se tourna vers le plan de travail, servant à Kidd trois brochettes bien juteuses, les plus garnies qu'il put trouver.

-T'es bandant avec ton tablier, lui lança se dernier d'un air moqueur en s'appuyant dos contre le mur à côté de la porte.

-Arrête de me reluquer. Pourquoi tu drague que moi ? C'est pas les mecs qui manquent, ici.

Non pas qu'il voulait absolument lâcher un Kidd en rut sur ses pauvres amis innocents, mais ça l'intriguait. Est-ce que le roux les laissait tranquille parce qu'il voulait éviter l'incident diplomatique que Sanji craignait en début de soirée ? En d'autres mots, est-ce que ce mec était capable de faire preuve de savoir-vivre ?

-Boaf. Je pensais qu'à East Blue tout le monde était comme toi ou Zoro, mais en fait c'est pas les beaux gosses qui se bousculent au portillon.

-T'exagère, lui répondit Sanji.

Non pas qu'il avait l'habitude de mater ses amis, non. Il avait sans doute jamais vraiment maté de gars avant de rencontrer Ace... Mais c'est vrai que maintenant, il avait moins de barrières, de ce côté-là. Non pas qu'il s'était senti attiré par d'autres hommes, mais il trouvait beaucoup plus normal de les regarder et de les trouver mignons, ou beaux, à l'occasion... Et il savait que Coby ou Cavendish étaient loin d'être moches, par exemple.

-Tu parle, répondit aussitôt Kidd. Le môme aux cheveux roses est pas trop mal, mais je crois qu'il ferait une attaque si je lui adressait la parole directement, rit-il. Et le blond, là... Ouais, ok, il est super bandant, mais il a surtout l'air super chiant. Bonjour le gros mégalo de service qui passe son temps à se plaindre, une vraie gonzesse.

-Cavendish ? Il paraît un peu comme ça au début mais il est cool, au fond.

-Quoi, tu te l'est fait ?

-Que... Bien sûr que non !

Sanji fronça les sourcils en rougissant. Pourquoi est-ce qu'il fallait toujours que Kidd soit aussi gênant ?

-Mouais... Alors tu veux te le faire, c'est ça ?

-Mais non. C'est pas... C'est pas mon genre, disons.

Kidd eut à nouveau un rire rauque.

-Ouais, toi t'es plutôt branché enfoiré de petit allumeur à tache de rousseurs, je sais.

Le cuistot rougit de nouveau. Il secoua la tête. Putain, il était vraiment dans une cuisine, à faire griller ses brochettes tout en parlant de ses goûts en mecs avec Kidd ? Nami avait raison, il avait vraiment changé.

Pour toute réponse, il tendit son assiette pleine au roux qui sembla aussitôt oublier ce dont ils étaient en train de parler pour se jeter sur la bouffe. Sanji le chargea de ramener le reste des brochettes cuites dans le salon pour que les autres puissent en profiter, puis se lança dans la cuisson d'une nouvelle fournée.

Plongé dans son travail, écoutant distraitement Sweet Dreams de Eurythmics qui passait en fond, couvrant les conversations qui devaient avoir lieu dans le salon, il sursauta quand, quelques minutes plus tard, il entendit la voix de Nami résonner derrière lui.

-Ouuuf, ça fait longtemps que j'avais pas fait un concours d'alcool pareil... Zoro est en forme, je l'ai pas vu comme ça depuis le lycée.

Il se retourna, pensant qu'elle lui parlait, avant de se rendre compte qu'elle ne faisait que passer dans le couloir qui longeait la cuisine et allait jusqu'à la salle de bain et aux toilettes. Tendant à nouveau l'oreille, il comprit qu'elle était en compagnie de Vivi.

-Nami... Tu as vu le mec qui viens d'arriver ?

-Le beau gosse, là ? Ouais... Je sais pas d'où il sort, mais ça fait longtemps que j'avais pas vu un mec aussi canon.

-Tu sais d'où il vient ? Zoro l'a pas présenté...

-De Gray Terminal aussi, non ? Je crois qu'il est pote avec les deux autres...

Sanji se voix des deux jeunes femmes s'éloignèrent et il les entendit entrer dans la salle de bain.

Il releva la tête, hébété.

Qu'est-ce qu'elles venaient de dire ?

Elle parlaient de lui.

Elles ne pouvaient parler que de lui.

Il repensa à toute vitesse à Zoro, qui lui avait promis un « invité surprise »...

Non, c'était pas possible, il pouvait pas être là, d'un coup, sans prévenir, il ne pouvait pas être dans la pièce à côté…

Qui tu veux que ça soit d'autre ? Évidemment. C'est lui.

Ses mains tremblaient. Il coupa la cuisson des brochettes et essuya ses mains sur son tablier, avant de le retirer lentement. Son cœur battait à tout rompre. Il prit une grande inspiration.

Oh, putain, je suis censé faire quoi, là ?

Il hésita. D'un côté, il avait une envie irrépressible de se précipiter dans le salon, de l'autre il avait juste envie de se planquer dans un coin de la cuisine et de ne pas bouger.

Soit pas ridicule. Il faut au moins que t'en aie le cœur net...

Allez. Va-y. Ouvre cette putain de porte. Vois si il est vraiment là...

Il se décida, fit demi-tour et ouvrit d'un coup la porte de la cuisine. Son regard tomba aussitôt sur le canapé en U qui lui faisait face, et il le vit.

Assis entre Law et Kidd qui, hilare, avait un bras passé autour de ses épaules. Ses mains posées sur ses genoux, l'air encore un peu étranger au décor qui l'entourait, l'air fatigué surtout, un pansement sur l'arcade sourcilière.

Mais toujours le même au fond, toujours cette foutue frimousse mouchetée de taches de rousseur, ce sourire un peu tordu et ces yeux noirs qui hantaient ses nuits depuis ce qui lui semblait une éternité, maintenant...

Ace.

Oh putain, il était vraiment là.

.

.

.

Il releva la tête et le vit.

Debout dans l'encadrement de la porte de ce qu'il devina être la cuisine, Sanji lui faisait face, les yeux écarquillés, les bras ballants. Vu sa tête, il n'avait pas été prévenu de son arrivée.

Ils se regardèrent un instant. Il accrocha ses yeux aux cheveux blonds, au visage fin, aux vêtements classes -plus que ceux qu'ils portaient à Gray Terminal- qu'il portait, à sa chemise boutonnée jusqu'en haut, à sa cravate bien nouée.

Il lui adressa un petit sourire, presque par réflexe, ne sachant pas quoi faire, ni quoi dire. Le cuistot ne lui répondit pas, l'air beaucoup trop surpris pour faire quoi que ce soit.

Ils se regardèrent pendant quelques secondes, tandis qu'autour d'eux les conversations continuaient. Personne ne semblait avoir remarqué l'arrivée de Sanji. Kidd continuait de rire en disant qu'il était un putain d'enfoiré de pas l'avoir prévenu qu'il venait les rejoindre. Ace pris un air un peu désolé. Il ne savait vraiment pas comment il était censé réagir.

Il était arrivé à East Blue ce matin, aux alentours de onze heures -c'est fou ce que les trains de nuit pouvaient être lents, le voyage avait été interminable. Il avait dormi pendant la majeure partie du trajet, toujours épuisé par ses aventures des derniers jours. Aussitôt arrivé, il s'était payé un bon gueuleton dans le café de la gare, affamé. Puis il était sorti et avait découvert la ville, un peu hébété. Sanji lui en avait beaucoup parlé, mais il n'imaginait pas que ça puisse être différent à ce point de sa ville natale.

Il avait mis du temps à oser appeler Zoro, sans trop savoir pourquoi. Et puis il était toujours fatigué il avait fait le fier devant Makino en disant être rétabli, mais une ou deux autres bonnes nuits de sommeil seraient sans doute nécessaires avant qu'il soit totalement remis de son overdose. Il s'était assis sur un banc, dans le premier parc venu, et avait finit par y piquer un bon gros somme. En se réveillant, il avait finalement marché jusqu'à une cabine téléphonique et composé le numéro de Zoro, un peu incertain. « Je suis là. Je suis à East Blue. Je peux venir voir les gars chez toi ? ». Le journaliste n'avait posé aucune question. « Prend un taxi, je te le rembourserais. Je suis au 22, rue de Shimotsuki, dernier étage ».

Il n'avait pas nécessairement prévu qu'il débarquerais au beau milieu d'une fête qui battait son plein. Ni que Sanji serait là, bien entendu.

Quelques secondes passèrent encore, et Sanji baissa les yeux. Ace finit par faire de même, distrait par Law qui lui demandait comment il avait pu échapper à Teach.

-Je t'expliquerais, lui murmura-il.

Il regarda à nouveau Sanji, mais ce dernier avait complètement détourné le regard il avait été abordé par une jolie rousse qui s'accrochait à son bras en riant. Ace reconnut la jeune femme dont le cuistot conservait une photographie dans son portefeuille, lors de son arrivée à East Blue. Son ex.

Les regards des deux jeunes hommes se croisèrent à nouveau. Puis ils se détournèrent encore.

.

.

.

Merde.

Nami lâcha le bras de Sanji et retourna s'asseoir avec les autres, un peu ivre. Le cuistot la regarda partir, un peu hébété. Il jeta un nouveau regard discret à Ace, qui discutait avec Kidd et Law, toujours assis sur la canapé. Assise également sur le canapé, Robin lui lança un regard équivoque qu'il préféra ignorer. Elle avait sans aucun doute reconnu le nouvel arrivant, dont elle avait vu la photographie quelques jours auparavant.

Merde.

Il ne savait absolument pas quoi faire, ni comment réagir. La présence du jeune homme dans la pièce l'électrisait. Il avait une folle envie d'aller le voir, de se rapprocher de lui à tout prix, mais d'un autre côté… Il ne pouvait pas, pas ici, pas maintenant, pas au milieu de tout ce monde, non… Et même s'ils parvenaient à se retrouver seuls, qu'est-ce qu'ils se diraient ? La dernière fois qu'ils s'étaient vus, ils avaient convenu qu'il valait mieux pour eux deux qu'ils cessent de se fréquenter, pas vrai ? Ils s'étaient séparés de leur plein gré…

Mais c'était pas possible, non, pas possible qu'ils s'ignorent juste comme ça, bordel, il lui avait tellement manqué...

Il fit demi-tour et retourna dans la cuisine, fermant la porte derrière lui. Ses mains tremblaient un peu. Il peinait à ralentir sa respiration, qui s'était accélérée sans qu'il s'en aperçoive. Mécaniquement, pour tenter de se calmer, il se remit à s'occuper des brochettes qu'il avait laissées en plan, tandis que son cerveau bouillonnait, rendu dingue par la proximité de Ace, qu'il aurait tout donné en cet instant pour prendre dans ses bras, sans pouvoir se résoudre à se donner les moyens de le faire…

Il entendit la musique s'arrêter dans le salon, et le bruit de plusieurs personnes qui se lèvent. Qu'est-ce qui se passait ?

Il tourna la tête vers la porte quand Vivi entra doucement dans la cuisine.

-Sanji, on va tous sur le balcon pour voir le feu d'artifice, tu viens ?

-Le… ? Ah, oui. J'arrive, ma petite Vivi, je finis juste deux ou trois trucs ici.

La jeune femme lui sourit et referma la porte en sortant. Sanji poussa un énorme soupir. Il fallait qu'il se calme… qu'il se calme…

Il s'appuya sur le plan de travail avec les deux mains et ferma les yeux. Il entendit vaguement les dernières personnes qui restaient dans le salon sortir à leur tour -apparemment, même Kidd, Law et Ace s'étaient laissés entraîner dans la contemplation du feu d'artifice- puis des bruits sourds retentir au loin, suivis par quelques exclamation de la part des personnes qui se trouvaient sur le balcon… Ce genre de feu d'artifice était organisé trois ou quatre fois par an, à East Blue, mais à chaque fois ses amis montraient le même enthousiasme. Il ne se sentait pas l'énergie de les rejoindre… Il faudrait pourtant bien qu'il confronte Ace à un moment ou à un autre, non ? Il ne savait pas vraiment de quoi il avait peur. De s'être attaché davantage que lui, peut-être. De le perdre à nouveau. De souffrir comme il avait souffert lors des premiers jours qui avaient suivi leur séparation… De se rendre compte une fois de plus que rien n'était possible entre eux, qu'il resterait toujours un cuistot triste de East Blue, et Ace un prostitué paumé de Gray Terminal…

Il fut tiré de ses pensées par une odeur de viande brûlée et rouvrit les yeux, se retrouvant face à ses brochettes qui carbonisaient lentement devant lui.

-Merde !

Il les retira du feu d'un geste brusque, agacé. Putain, cramer de la nourriture, c'est ce qu'il détestait le plus…

-Meeeeerdeuh !

Il se brûla le pouce dans l'opération et jura en grognant de douleur, coupant le feu et allant aussitôt mettre son doigt sous l'eau froide du robinet. Putain, il détestait ça, aussi. Ça ne lui arrivait plus depuis des années, ce genre d'erreurs…

Il examina son pouce, rageur. Il valait sans doute mieux mettre un pansement là-dessus, sinon ça allait le faire chier toute la soirée.

Il sortit de la cuisine, se retrouvant face au salon désert. Évitant de trop regarder en direction du balcon, il prit aussitôt la direction de la salle de bain et sortit la trousse de secours, mettant un peu de crème anti-brûlure sur la blessure avant de la recouvrir d'un pansement. Il soupira à nouveau. Ouais, il fallait vraiment, vraiment qu'il se calme…

Puis il sortit de la salle de bain et se retrouva nez à nez avec Ace qui s'apprêtait apparemment à y entrer.

Merde.

Il ouvrit la bouche, puis la referma, incapable de dire quoi que ce soit. En face de lui, le brun fit à peu près la même chose, et ils restèrent un instant face à face, immobiles, les yeux plongés dans ceux de l'autre.

Il ne sut pas qui d'eux deux bougea le premier, qui esquissa le premier mouvement, il ne sut pas qui prit l'initiative de se rapprocher de l'autre -sans doute un peu eux deux à la fois. Tout ce qu'il sut, c'est que l'instant d'après leurs bouches se nouaient et ils se serraient l'un contre l'autre avec frénésie, et que tout ce qui n'était pas eux sembla disparaître.

Oh, bordel.

Il sentait la peau chaude de Ace sous ses doigts qui froissaient le fin tissus de son t-shirt. Il sentait ses mains à lui qui se refermaient sur sa nuque, qui s'agrippaient à ses cheveux. Il sentait cette odeur et ces lèvres contre les siennes et il les reconnaissait comme s'il les avait quittées la veille. Il sentait toute ces sensations qui lui avaient tant manqué revenir, et surtout il se sentait vivant, vivant à nouveau et plus vivant que jamais, comme s'il respirait à nouveau pleinement, comme si son sang se remettait à pulser dans ses veines, là où il stagnait désespérément depuis deux semaines…

Sans cesser de l'embrasser, il poussa doucement le jeune homme jusqu'à ce que son dos heurte doucement le mur derrière lui, approfondissant le baiser, passant une main sous son t-shirt, sans penser une seconde au fait que tout ses amis qui le prenaient pour un hétéro convaincu se trouvaient actuellement à quelques mètres d'eux et que n'importe lequel d'entre eux pouvait décider de se rendre dans la salle de bain ou aux toilettes et les surprendre.

Peu importe. Il s'en foutait. C'était comme s'il aurait pu passer des heures comme ça, oubliant le reste du monde, ne pensant à rien, se contentant d'apprécier…

Mais Ace le repoussa tout à coup, l'attrapant par les épaules pour rompre son baiser, l'éloignant de quelques centimètres de lui. Sanji le regarda, ayant l'impression de sortir d'une torpeur étrange. Oh, bordel, il était vraiment là… Comment, mais comment il avait fait, putain, pour le laisser derrière lui en quittant Gray Terminal ? C'était comme s'il se rendait compte uniquement maintenant d'à quel point il lui avait manqué...

-Sanji…

Ace le repoussa un peu plus loin.

-Arrête, murmura-il.

Il avait l'air un peu paniqué tout à coup.

-Quoi ? répondit le cuistot, fronçant les sourcils.

-On peux pas… Je peux pas.

-Hein ?

Le jeune homme le repoussa et se décolla du mur, lui passant devant pour retourner en direction du salon. Sanji resta sur place, un peu hébété.

Pourquoi…

Il entendit la porte d'entrée de l'appartement s'ouvrir, puis claquer. Merde, Ace venait de sortir ?

Pourquoi ?

Merde…

Attend, tu va vraiment le laisser partir ?

Un sursaut le pris tout à coup. Non. C'était pas possible. Il ne pouvait pas renoncer à ce qu'il venait de retrouver. Il ne pouvait pas revenir à sa demi-vie d'avant son retour… Il ne pouvait pas le perdre à nouveau, c'était impossible. Peu importait la raison pour laquelle le jeune homme venait de le repousser, il devait essayer...

Il se précipita dans le salon toujours désert, puis sur la porte d'entrée qu'il ouvrit pour se jeter sur le pallier.

-Ace !

Il entendit les pas du jeune homme retentir dans la cage d'escalier et se mit à courir à sa suite, s'élançant d'étage en étage, jusqu'au rez-de-chaussée, avant de sortir dans la rue.

Il faisait noir, et de temps à autre la lumière des feux d'artifices qui continuaient toujours éclairaient le bitume d'une lueur diffuse un peu fantomatique. Sanji aperçut le brun qui s'éloignait sur la petite avenue piétone déserte sur laquelle se trouvait l'immeuble de Zoro, et courut à sa suite.

-Ace, regarde-moi.

-Laisse-moi…

-Explique-moi au moins pourquoi tu fuis comme ça.

Le jeune homme devant lui finit par ralentir et se tourna vers lui, l'air mi-triste, mi-en colère.

-Rien n'a changé, tu sais, lui lança-il. Tu te souvient de la dernière fois qu'on s'est vus ?

Sanji ne dit rien, surpris par son ton presque hargneux. Oui. Il s'en souvenait. Bien sûr. Il l'avait à l'esprit depuis qu'il l'avait aperçu tout à l'heure.

-Rien n'a changé, répéta Ace. On vit toujours dans deux mondes complètement différents. T'es toujours un mec honnête d'ici et j'suis toujours une petite pute sans avenir…

Il baissa les yeux.

-Je crois pas que tu sois plus capable d'accepter mon mode de vie qu'avant.

-Ace, je…

-Arrête. J'peux pas…

Il planta ses yeux dans les siens, avant de détourner le regard, l'air troublé. Puis il se détourna carrément, lui tournant à nouveau le dos.

-Ce que ça m'a fait quand t'es parti. Je veux plus jamais vivre ça. Je pensais que peut-être... Mais en te revoyant...

-Moi non plus. Mais…

-Je pensais pas que tu serait là ce soir. Ça aurait pas dû se passer comme ça.

Il commença à se remettre en marche.

-Ace, non, attend.

Sanji arrêta de réfléchir. Il s'élança en avant et emprisonna le jeune homme dans ses bras, l'empêchant de s'éloigner davantage. Il le sentit se tendre et ouvrit la bouche, cherchant ses mots à toute vitesse.

-Je…

Il ferma les yeux, posant le front contre les cheveux noirs devant lui.

-Je sais pas. Je sais pas si quelque chose a vraiment changé depuis la dernière fois, ou pas. Je sais pas ce qui va se passer, ni comment je vais faire, mais tout ce que je sais c'est que j'ai envie de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu ne souffre plus.

Il prit une grande inspiration, un peu paniqué à l'idée de ce qu'il s'apprêtait à dire. Puis il cessa de réfléchir.

Le tout pour le tout.

-En fait je sais maintenant que j'accepterais tout. Peu importe le mode de vie que tu veux choisir. Tout pourvu que je ne te voie pas souffrir. En fait je…

Il baissa la voix jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un murmure.

-Je crois que je t'aime. Si toi aussi tu veux être avec moi, ne fuis pas s'il te plaît.

Il se tut, le cœur battant. Il appréhendait la réaction de Ace. Peut-être qu'il allait éclater de rire après tout. Ou lui dire qu'il s'était emballé trop vite. Peut-être qu'il le repousserait pour de bon cette fois. Peu importe, il serait fixé. Ses joues le chauffaient, mais il se sentait mieux maintenant qu'il l'avait dit… Tout ça lui paraissait moins irréel, comme si en explicitant ses sentiments il avait tout rendu plus simple.

Mais Ace ne dit rien. Il resta figé et silencieux, tandis que Sanji desserrait doucement son étreinte, se redressant, les joues toujours écarlates. Après une ou deux minutes de silence, il se retourna et prit le cuistot dans ses bras, sans lui laisser le temps de voir son visage.

Le blond lui rendit son étreinte, enfouissant son visage dans ses cheveux. Quelques minutes passèrent encore, puis Ace murmura :

-J'ai besoin d'un peu de temps, ok ? Pour réfléchir à tout ça.

-Bien sûr, souffla Sanji, un peu étonné.

Le brun se détacha de lui un peu brusquement, puis il fit de nouveau volte-face et s'éloigna sans rien ajouter. Le cuistot resta en plan, un peu sonné, pas sûr de ce qui venait de se passer exactement.

Il ne l'avait qu'entraperçu dans le noir, mais il était presque certain que le visage de Ace était aussi écarlate que le sien.


Et voilà, ils se sont retrouvés...

J'espère que ce chapitre vous a plu. Je me dis que j'ai peut-être un peu trop compliqué leurs retrouvailles, mais ça m'aurait fait bizarre qu'ils se retrouvent comme si de rien n'était et se retombent dans les bras directement... Dites-moi ce que vous en pensez!

Pour ceux d'entre vous à qui les chapitres centrés sur Kidd et Law manquent, pas d'inquiétude, je ne les oublies pas, ça va bientôt revenir.

On se retrouve le 10 juin pour le prochain chapitre, d'ici là comme d'habitude prenez soin de vous!