Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien!

On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 27 de Wild World... Merci à ceux qui continuent de suivre cette histoire, vos retours me font toujours aussi chaud au coeur!

Aujourd'hui, comme souvent, un chapitre un peu mitigé, mais avec une bonne dose de bonheur à la fin, parce qu'avec l'ascenseur émotionnel que je vous ai imposé ces derniers chapitre, je crois qu'on y a tous un peu droit (sauf moi, parce que je suis une grosse sadique, mais j'en profite quand même).

Je vous laisse avec le chapitre, on se retrouve en bas comme d'habitude, bonne lecture à tous!


[Jour 34, East Blue]


Sanji sauta du bus plus qu'il n'en descendit. Il franchit en courant les cent mètres qui le séparaient de l'entrée de la clinique, devant laquelle il reconnut les silhouettes caractéristiques de Zoro, Kidd... Et Ace.

Merde, Ace. Il avait à peine pensé au fait qu'il serait sans doute présent aussi. Peu importait, il y avait plus urgent présentement que sa gêne de lui avoir avoué son amour pas plus tard que la veille.

-Marimo ! Appela-il lorsqu'il arriva à quelques mètres d'eux.

Le journaliste, qui lui tournait le dos, fit volte-face.

-Oh, du-sourcil. T'as fait vite.

-Je suis venu aussi vite que j'ai pu. Qu'est-ce qui s'est passé, exactement ?

-Rien de trop grave, en fait, plus de peur que de mal. Law a fait un malaise ce matin. Il est resté inconscient un moment, alors on a vraiment cru que...

Zoro esquissa un regard vers Kidd, qui fronça les sourcils, avant de revenir à Sanji.

-Bref, on l'a ramené ici et je t'ai appelé directement, mais en fait on vient de nous dire qu'il est revenu à lui. On t'attendait pour monter le voir.

-Merci de m'avoir prévenu...

-On y va ? Les coupa Kidd, l'air pour le moins impatient, écrasant sa clope contre le mur.

-Ouais.

Sanji croisa brièvement le regard de Ace tandis qu'il finissait de reprendre son souffle. Le jeune homme lui sourit et il ne put s'empêcher de rougir. Merde, il arrivait pas à croire qu'il lui avait vraiment dit ça, hier. Il n'aurait jamais cru en être capable, mais sur le moment, ça lui avait paru évident que c'était la chose à faire... Il détourna le regard en se grattant la nuque. Du temps. Ace lui avait demandé du temps. Qu'est-ce que ça voulait dire, exactement ? Combien de temps est-ce qu'il allait rester dans le flou comme ça ?

Il soupira discrètement et décida de se concentrer sur Law, pour le moment. Après tout, il était là pour ça, et il s'était vraiment inquiété quand Zoro l'avait appelé, une demie heure auparavant. Law avait eu l'air à peu près en forme, la veille, et là, d'un coup... Il commençait à avoir vraiment peur pour le brun, maintenant qu'il l'avait sous le nez.

Kidd entra dans la clinique par la grande porte coulissante et Zoro lui emboîta le pas. Sanji suivit son ami, sans trop oser regarder de nouveau Ace, qu'il vit du coin de l'œil s'élancer derrière lui.

L'établissement que Zoro avait choisi pour pendre soin de Law était plutôt petit et se trouvait dans un quartier calme. Même ici, l'hôpital public était bondé pour ce qui était des services qui s'occupaient des séropositifs. Le journaliste avait réussi à obtenir une avance de la part de sa maison d'édition pour payer à Law une clinique privée qui serait en mesure de le soigner correctement – du moins aussi bien qu'il était possible. Il avait argué que si le livre qu'il prévoyaient de sortir bientôt avait le succès escompté, il serait relativement mal vu que la richissime maison d'édition GrandLine aie laissé crever l'un de ses deux sujets principaux dans un hôpital public faute de soins suffisants. Son chef Mihawk avait accepté, même si, évidement, il ne s'agissait que d'une avance qui devrait être remboursée par les bénéfices des ventes du livre. Mais Zoro était confiant à ce sujet.

Après quelques minutes de marche dans des couloir calmes où allaient et venaient médecins et patients, Zoro s'arrêta devant une porte d'où un jeune infirmier était en train de sortir.

-On vient voir Trafalgar Law, déclara-il d'un ton calme. J'ai vu son médecin tout à l'heure.

L'infirmier hocha la tête sans rien dire et ouvrit la porte pour les laisser rentrer avant de s'éloigner. Kidd s'introduisit dans la pièce sans attendre, suivi de près par le journaliste. Sanji allait faire de même, lorsqu'il sentit une main le retenir par le bras.

Ace le tira vers lui et, sans prévenir, déposa un baiser sur ses lèvres. Un baiser chaste, qui fut fini avant que Sanji aie réellement pris conscience qu'il avait commencé, mais qui le fit frissonner malgré tout. Il regarda le jeune homme sans comprendre, tandis que ce dernier posait une main sur son épaule pour le dépasser avec un petit sourire.

-Que...

-Désolé, j'ai pas résisté. On se voit après ?

Il entra dans la chambre à son tour sans vraiment lui laisser le temps de répondre. Sanji le regarda faire, bouche bée, avant de se mordre l'intérieur de la joue, mi-amusé mi-renfrogné. Ça voulait dire quoi, ça ? Il en avait aucune idée, mais une chose était sûre, Ace était redevenu lui-même... Aussi assuré et provocateur que lorsqu'il l'avait rencontré à Gray Terminal. Et toujours aussi doué pour lui faire perdre ses moyens...

Il secoua la tête et entra à son tour dans la chambre de Law, décidé à se concentrer sur ce dernier, pour l'instant.

La chambre était petite, mais plutôt confortable, et bien plus chaleureuse qu'une chambre d'hôpital. Kidd s'était assis sur un bord du lit et Ace était en train de faire de même de l'autre côté. Law, assis, en appui contre d'épais coussins -sans lesquels Sanji n'était pas certains qu'il tiendrait dans cette position- était pâle, et ses traits semblaient plus creusés que la veille. Il portait un pull noir qui devait lui aller autrefois, et dans lequel il nageait tellement, à présent, qu'une de ses épaules dépassait du col. Il parlait doucement, toujours avec cette voix pleine de sarcasme qu'il avait habituellement, mais où pointait une certaine lassitude.

-Je vais bien, les gars. C'est pas la première fois que je fait ce genre de malaise. Mais ça me fait chier, maintenant que c'est arrivé, aucune chance qu'ils me laissent ressortir... Peut-être pour quelques heures, dans la journée, mais ils m'ont dit que je passerait plus de nuit dehors.

-Fait chier, grogna Kidd.

-ça vaut peut-être mieux, murmura Ace. On passera du temps avec toi ici. Les visites sont moins restreintes qu'à l'hôpital, non ?

-Mouais...

-Et je t'ai apporté mon walkman pour t'occuper, ajouta le brun. Kidd m'a donné toutes ses playlists.

-Et je t'ai pris de quoi lire, dit Zoro en sortant quelques bouquins de son sac avant de les poser sur la table de chevet. Je savait pas trop ce que tu préférerait, alors je t'en ai pris plusieurs.

-T'as pas de télé ici ? Grogna Kidd en inspectant rapidement la chambre du regard.

-Je pourrait en avoir une si je demandais. Mais pour l'instant, j'ai pas trop envie.

-Je t'ai apporté quelque chose aussi, murmura Sanji en ouvrant son sac à son tour.

Il en sortit plusieurs tupperwares qu'il posa également sur la table de chevet.

-C'est les même petits-fours que je vous avait fait à Gray Terminal, chez vous. Et des éclairs au chocolat, aussi.

Il les avait fait le matin même, et avait tout juste eu le temps de les mettre dans son sac avant de quitter son appartement, lorsque Zoro l'avait appelé.

-Une parfaite petite épouse, blondie, grinça Kidd. Law a presque plus d'appétit, alors ça n'embête personne si c'est moi qui boulote tout, pas vrai ?

-Kidd ! Gronda Ace en fronçant les sourcils.

-Ben quoi ?

-Ace a raison, n'y touche pas, lâcha Law en donnant une claque à la main inquisitrice de Kidd qui ouvrait déjà un des tupperwares. Merci à tous, ajouta-il d'une voix sourde en fermant les yeux, mais s'il vous plaît, commencez pas à flipper pour rien et à me traiter comme un grabataire sur ses vieux jours. Je suis encore en forme, ok ?

Ils hochèrent tous la tête en silence, n'osant le contredire. Il y eut silence un peu pesant de quelques minutes, puis Ace enchaîna d'un ton enjoué :

-Dis donc, ton infirmier est super canon. Yen a qui ont de la chance...

-Tu parle, il veut pas me laisser fumer, cet abruti. Je suis obligé de cloper dans les chiottes comme un putain de collégien.

-Et les autres résidents ? Tu leur fait pas trop peur ?

-Que des vieux et des fils de bourges, ils me regardent tous comme si j'allais leur sauter dessus ou je sais pas quoi.

-D'autres cas de VIH ? Demanda Zoro qui s'était appuyé contre le mur face au lit, bras croisés.

-à ma connaissance, une seule. Mais il y en a peut-être plus, je sais pas, je parle pas trop aux autres.

-T'as pu parler avec elle ? Lança Ace.

-Ouais, c'est la seule ici qui n'a pas l'air d'avoir peur de moi. Elle s'appelle Bonney, c'est une fille de riches camée qui a fugué de chez elle et qui a chopé cette merde en se piquant avec n'importe quoi. Ses vieux ont finit par la récupérer et par l'envoyer ici. Elle est dans la chambre d'en face, alors elle arrête pas de venir me faire chier quand elle s'ennuie. Elle a été prise en charge plus tôt, elle en a pour plus longtemps que moi, acheva-il en baillant, s'étirant un peu.

-Tu parle, je parie que t'es trop content d'avoir de la compagnie, rit Ace.

-ça doit surtout te faire du bien de parler avec quelqu'un qu'a pas un putain de balais dans le cul comme tout le monde dans cette foutue ville, grogna Kidd. Je l'ai croisée la dernière fois que je suis venu, sérieux, vous devriez voir ça. On dirait qu'elle vient tout droit de chez nous, je pensait pas que vous connaissiez les teintures et les piercings ici.

-Tu lui a tapé dans l'œil d'ailleurs, Kidd, dit Law avec un sourire goguenard.

-Pff, pour ce que les filles m'intéressent. Je te la laisse.

-Tu m'as regardé avant de parler, abruti ?

Sanji eut un petit rire. Il était partagé. L'était de Law était préoccupant, ça crevait les yeux. Mais en même temps, il avait l'air... Serein. Plus qu'à l'époque de Gray Terminal, en tout cas. Le voir comme ça le rassurait un peu. Law avait l'air plutôt fataliste quand à sa maladie, Zoro l'avait prévenu à propos de ça. Mais au moins, il semblait déterminé à profiter du temps qui lui restait et à ne pas baisser les bras. Et il n'avait pas peur, ou du moins, c'est ce qu'il laissait paraître.


-On rentre chez moi en voiture, je te dépose au passage ? Lui demanda Zoro lorsqu'ils furent sortis de la cuisine, faisant tournoyer autour de son doigts ses clés de voiture.

-Ouais, merci.

Ils s'entassèrent dans la minuscule voiture écarlate du journaliste. Ace prit place à côté de Sanji sur la banquette arrière, se contentant de lui lancer un sourire sans rien dire. Le cuistot ne savait pas vraiment comment se comporter. Il ne voulait pas brusquer le jeune homme alors que ce dernier lui avait demandé du temps, mais ce baiser... Enfin, c'était à Ace de faire le premier pas maintenant, non ?

Il laissa son regard se perdre sur la route qui défilait, par la fenêtre, songeant à Law et aux semaines qui allaient suivre. Alors indubitablement ils verraient le jeune homme s'affaiblir de jours en jours, jusqu'à... ? Et que feraient Kidd et Ace une fois que ça serait arrivé ? Est-ce qu'ils repartiraient simplement continuer leurs vies à Gray Terminal ? Ça paraissait beaucoup trop triste...

Il sentit la main de Ace se glisser dans la sienne et tourna la tête vers lui. Il ne le regardait pas, se contentant de caresser doucement la paume de sa main du bout des doigts, le regard également perdu dans le paysage qui défilait. Sanji lui serra brièvement les phalanges en réponse à son geste.

-Je te dépose en coup de vent en bas de chez toi, du-sourcil, ça m'évite d'avoir à me garer, lâcha Zoro avant de tourner dans sa rue.

-Pas de soucis, lui répondit le cuistot en retirant par réflexe sa main de celle de Ace.

-Je descend aussi, prévint ce dernier.

Sanji le regarda sans rien dire, pas certain de ce que ça signifiait.

Ils sautèrent tout deux du véhicule et saluèrent Kidd et Zoro d'un signe de main. Sanji regarda la voiture s'éloigner, un peu troublé, se questionnant sur ce qui allait suivre.

-Ton quartier est plutôt classe, remarqua Ace. C'est ton immeuble ?

Le cuisinier se contenta de hocher la tête. Il poussa la porte qui leur faisait face et le jeune homme le suivit à l'intérieur.

Ils montèrent les escaliers en silence. Sanji, un peu anxieux, attendait que le jeune homme parle le premier – sans doute attendait-il pour faire cela qu'ils soient installés dans un endroit calme, ce qu'il pouvait comprendre.

Sortant ses clefs de sa poche arrière, il ouvrit la porte de son appartement et laissa entrer Ace avant de le suivre. Ce dernier fit quelques pas à l'intérieur, regardant autour de lui, un sourire en coin sur les lèvres.

-Eh ben, comme je m'y attendais, c'est plutôt propret. On a dû te donner l'impression de vivre dans une benne à ordure, à GT, pas vrai ?

-Ace, je...

-Hé, blondie...

Le brun l'interrompit d'une voix douce, faisant volte-face pour se rapprocher de lui, portant une main à sa joue. Sanji apprécia fugacement le frôlement de sa peau sur la sienne.

-Ouais ?

-Est-ce qu'on peux... ne pas parler de tout ça, pour l'instant ?

Il se rapprocha encore, caressant sa pommette du pouce, allant jusqu'à coller son front au sien. Leurs souffles se mêlèrent l'un à l'autre et Sanji frémit.

-Oui... oui, bien sûr, répondit-il dans un souffle.

Ace n'attendit pas davantage, franchissant les quelques centimètres qui les séparaient encore pour nouer ses lèvres aux siennes, tandis que leurs mains s'enlaçaient et que leurs deux corps se collaient l'un à l'autre. Sanji répondit aussitôt au baiser, agrippant la nuque du jeune homme pour l'approfondir davantage. Peut importait en effet. Là, maintenant, il se foutait de connaître la réponse de Ace ou pas, il voulait seulement que ça ne s'arrête pas. Le reste, tout le reste pouvait attendre.

Sentant remonter en lui le flot de désir que le brun avait coupé la veille en interrompant leur baiser, il poussa doucement ce dernier jusqu'à son lit sans cesser de l'embrasser, passant les mains sous le t-shirt noir du jeune homme, parcourant de ses paumes la peau brûlante de son dos.

Ace finit par buter contre le matelas derrière lui et s'y assit. Sanji grimpa à califourchon sur ses cuisses et enfouit son nez dans les cheveux noirs, aspirant à plein poumons leur odeur enivrante, commençant à gémir lorsque son vis-à-vis se mit à dévorer la peau de son cou, à desserrer d'une main sa cravate et à déboutonner les premiers boutons de sa chemise pour avoir accès à davantage de peau. Le cuisinier agrippa le vêtement du brun et le tira vers le haut pour retirer son t-shirt, dévoilant son torse musclé qu'il se mit à parcourir fiévreusement du bout des doigts tout en déposant plusieurs baisers sur son épaule. Ace, de son côté, défit pour de bon le nœud de sa cravate et la retira d'un coup sec, faisant glisser le tissu autour de son cou, avant de finir de déboutonner sa chemise et de s'attaquer lui aussi à son torse, frottant le bout de son nez contre ses pectoraux, embrassant doucement ses tétons, tandis que ses mains dessinaient des arabesques sur ses flancs, descendant de plus en plus jusqu'à la lisière de son pantalon.

Sanji, haletant déjà sous le plaisir, rejeta la tête en arrière, avant d'enfouir à nouveau son visage dans la chevelure du brun, entourant ses épaules de ses bras pour le serrer contre lui.

-Putain, tu m'a manqué, souffla-il. Tu m'a tellement manqué.

Ace leva les yeux vers lui et lui sourit, attrapant doucement son menton pour lui faire pencher la tête en avant et poser un doux baiser sur ses lèvres.

-Toi aussi, blondie. T'as pas idée.

Il se mit à dessiner une fine ligne de baiser depuis sa bouche jusqu'à son menton, descendant ensuite dans son cou, tandis qu'il employait ses mains à défaire la ceinture du cuisinier, dont les caresses se faisaient elles aussi de plus en plus intimes.

Sanji se sentait perdre pied. Il avait oublié à quel point Ace lui faisait de l'effet, et avait de plus en plus de mal à rester concentré, laissant échapper des gémissements de plus en plus sonores sans réellement parvenir à s'en soucier. Sa seule envie était de ne faire plus qu'un avec ce corps dont il reconnaissait les moindre détails -comment avait-il pu croire une seule seconde qu'il serait capable de l'oublier ? Intensifiant ses caresses, retirant de plus en plus frénétiquement les derniers obstacles de tissus qui subsistaient entre sa peau et celle du jeune homme, il finit par prendre les devants, à sa propre surprise -mais c'était comme si, depuis quelques minutes, il n'agissait plus qu'instinctivement, uniquement mût par son désir- et par lentement s'empaler sur le sexe de Ace, qui étouffa aussitôt un long gémissement de plaisir contre son torse, crispant ses deux mains sur ses hanches. Il se mit à bouger, enserrant le bassin du jeune homme entre ses cuisses nues, s'agrippant à son épaule d'une main et au bas de sa cuisse de l'autre, se laissant guider par ses sensations, menant la danse au fil de son plaisir -et de celui de son vis-à-vis, à en juger les sons qu'il laissait échapper, rejetant la tête en arrière, les yeux fermés.

Il se mena ainsi lui-même jusqu'à l'orgasme, égratignant le dos du brun en crispant ses doigts sur sa peau tiède, poussant un énième gémissement tandis qu'une immense vague de plaisir envahissait son corps, avant de ralentir un peu le rythme, à bout de souffle, les joues rouges. Ace déposa un baiser brûlant sur sa clavicule, avant de l'attraper fermement au niveau du creux des reins et de se tourner, l'entraînant avec lui pour le coucher sur le lit et prendre place au-dessus de lui, se mettant à bouger à son tour, dévorant à nouveau son cou, refermant ses deux mains sur les siennes, tandis que Sanji croisait les jambes autour de son bassin, l'invitant à aller toujours plus profondément en lui. Se cambrant légèrement sous les assauts du brun, accrochant son regard aux yeux noirs qui le surplombaient, il continua de savourer chacune des sensations qui s'offraient à lui, gémissant à nouveau de plus en plus fort alors que Ace le faisait monter jusqu'à la jouissance une deuxième fois, avant de le suivre quelques secondes plus tard dans un ultime gémissement, yeux fermés, touchant son front du sien.

Sanji resta un instant immobile, le souffle court, la vue un peu floue, à regarder le plafond, encore étourdi de plaisir, tandis que Ace nichait son visage dans son cou, haletant lui aussi, et qu'il glissait une main dans les cheveux noirs trempés de sueur qui lui chatouillaient la mâchoire.

-Hé, blondie, souffla Ace au bout d'une minute durant laquelle ils gardèrent tout deux le silence, calmant peu à peu leurs respirations respectives.

-Ouais ? Répondit Sanji sans quitter le plafond des yeux, appréciant l'ultime petit plaisir de sentir les lèvres de Ace bouger contre la peau de son cou lorsqu'il parlait.

-Moi aussi... Moi aussi, j't'aime.

Le cuisinier écarquilla les yeux, relevant un peu la tête pour tenter d'apercevoir le visage du jeune homme -qui, du peu qu'il pouvait en voir, était écarlate jusqu'aux oreilles. Un sourire incontrôlable s'empara de son visage et il eut un petit rire joyeux.

-Ace... C'est moi ou tu es rouge comme une tomate ?

-Tais-toi.

-Tu te la joue sûr de toi quand tu parles de sexe, mais en fait t'es un gros timide ?

-Tais-toi ! Grogna le brun en relevant la tête, les joues toujours rouges, les sourcils froncés. J'ai pas l'habitude, c'est tout...

Sanji eut à nouveau un petit rire avant de l'attraper par l'arrière de la tête pour le rapprocher de lui, déposant un baiser sur son front.

-T'es adorable.

-Te fous pas de moi... Toi non plus tu faisais pas le fier, quand tu me l'as dit hier !

-Parce que j'étais pas sûr que ça soit réciproque... ! Mais être gêné comme ça alors que tu sais que c'est le cas... T'es un collégien, ou quoi? Quand je pense que tu te foutais de ma gueule parce que j'étais soi-disant coincé du cul...

-Tu étais coincé du cul. Même si... Il y a quelques progrès de ce côté-là, je te l'accorde, répliqua Ace avec un sourire moqueur.

-C'est ça, essaye de ramener la balle dans ton camp, monsieur je-suis-une-performance-sexuelle-à-moi-tout-seul-mais-j'ai-peur-de-dire-je-t'aime...

-Mais tu vas la fermer, oui ? Répondit Ace, mi-rageur mi-amusé, en ébouriffant les cheveux du cuistot, plaquant une main sur son visage. Je pense pas que ça soit si facile que ça pour toi non plus...

-Que tu crois, rit Sanji en écartant sa main, hilare. Désolé, mais si tu es le roi du sexe -ce que je veux bien t'accorder- tu as sans aucun doute affaire au roi de l'amour.

-Au roi de l'amour ? Pouffa Ace. T'as pas plus bouffon, comme titre ?

-C'est ça, moque-toi. En attendant, je ne suis pas gêné comme un ado de treize ans quand il s'agit de se déclarer. Et la preuve, ajouta-il en se redressant, attrapant le jeune homme par le menton en prenant un air charmeur, je t'aime, je t'aime, et je t'aime.

Ace piqua un fard et Sanji partit dans un nouvel éclat de rire.

-Merde, ça marche à chaque fois ?

-Ta gueule ! Grogna à nouveau le brun, détournant le regard. C'est juste que... Je l'avais jamais dit à personne, c'est tout...

Le cuistot cessa brusquement de rire, fixant Ace qui continuait de regarder ailleurs, l'air gêné. Il eut un sourire attendri et se redressa à nouveau pour passer un bras derrière la nuque du jeune homme, enfouissant son visage dans le creux de son épaule.

-Merci de me l'avoir dit, murmura-il. Je suis vraiment heureux que tu l'aie fait.

Ace sembla hésiter un moment, encore grognon, puis lui rendit son étreinte, fermant les yeux pour inspirer l'odeur de ses cheveux blonds.

Ouais, c'est vrai, pas de doute possible.

C'était mieux comme ça.


Et voiiiilà, il y avait longtemps que je n'avais pas terminé un chapitre sur une note aussi joyeuse!

La semaine prochaine, on retrouve le point de vue de Law et Kidd -je sais que ça vous manque.

J'ai hâte d'avoir vos retour sur ce chapitre! J'ai assez peu répondu aux review dernièrement, mais promis cette fois je le ferais sans faute!

Prenez soin de vous et on se retrouve le 20 juin pour la suite.