Salut tout le monde!
J'espère que vous allez bien.
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 29 de Wild World! On reste encore sur un chapitre assez soft aujourd'hui, je sens bien que vous vous attendez au pire du jour au lendemain vu le ton du début de ma fic, mais pour l'instant ça va aha.
Je vous souhaite une très bonne lecture!
[Gray Terminal, jour 37]
-Sanji !
Le jeune cuistot venait de déposer son tablier sur son plan de travail. Il s'étira un peu et sortit son paquet de cigarette de sa poche, levant les yeux au ciel en entendant Patty l'appeler de nouveau.
-Sanji !
-Il est l'heure pour moi, là, Patty. Demande à quelqu'un d'autre.
-C'est pas ça, petit abruti. Une cliente te demande.
-Une cliente ?
-Ouais, une jolie rousse hyper bien gaulée. Ça marche toujours aussi bien pour toi de ce côté-là, on dirait...
-C'est bien notre Sanji, ça, ricana un autre cuisinier qui passait derrière eux.
Le blond fronça les sourcils et rangea la cigarette qu'il venait de pincer entre ses lèvres. Renonçant à sa pause clope, il prit la direction de la salle du restaurant. Passant juste à côté de Patty, il lui lança un regard noir. Ce mec lui sortait par les yeux, il avait un tel manque de classe, c'était pas croyable.
Poussant la porte battante qui séparait la cuisine du reste de l'établissement, il se demanda un instant ce que Nami pouvait bien venir faire ici. C'était la première fois qu'elle venait manger au Baratie, en fait. Elle avait toujours argué que c'était bien trop cher et qu'il ne lui servait à rien de payer, puisqu'elle avait un cuisinier personnel chez elle, alors pourquoi maintenant... ?
Lorsqu'il arriva en vue de la table de la jeune femme, il eut la surprise de voir qu'elle était en compagnie de Vivi. Elles en étaient toutes les deux au dessert, à en juger les gâteaux servis devant elle. Comme à son habitude, il leur servit aussitôt son plus beau sourire en les saluant :
-Nami, Vivi, vous êtes toute les deux magnifiques aujourd'hui. Qu'est-ce qui me vaut cet immense plaisir ?
Les deux jeunes femmes se tournèrent vers lui et le saluèrent avec enthousiasme.
-Tu as un peu de temps à nous accorder ? Demanda Nami en lui lançant un clin d'œil.
-J'ai toujours du temps pour vous, tu le sais bien, répondit Sanji en prenant place autour de la table avec elles. Comment allez-vous ?
-Bien, merci, sourit Vivi. J'avais du temps pour manger ce midi, alors j'ai proposé à Nami de lui payer le restaurant ici... On ne t'a pas tant vu que ça depuis ton retour, est-ce que tout va bien ? Tu avais disparu d'un coup à la soirée de Zoro, je me demandais si...
-J'ai eu un coup de fatigue et je suis rentré, c'est tout, ne t'en fait pas. Tout ne peux qu'aller bien quand tu t'inquiète pour moi, ma petite Vivi, lui répondit Sanji tout sourire.
La jeune femme rit, l'air tout de même un peu inquiète, puis se leva en annonçant qu'elle allait au comptoir pour payer et leur prendre des cafés. Sanji voulut y aller à sa place, mais elle refusa gentiment et le laissa en tête à tête avec Nami, qui se rapprocha tout à coup de lui avec un air de connivence.
-Sanji... murmura-elle.
Le cuistot déglutit. Il n'arrivait pas vraiment à savoir ce qui lui prenait ces derniers temps, mais elle le mettait un peu mal à l'aise. Elle lui faisait d'une part toujours beaucoup d'effet, et de l'autre il appréhendait un peu le moment où il devrait la repousser... Car oui, ça ne faisait pas un pli, la jeune femme le rendait toujours dingue, mais il n'était évidemment pas question de se remettre avec elle. Il espérait qu'elle ne faisait que flirter, et qu'elle n'était pas sérieuse...
-Dis moi, commença la jeune femme, j'ai questionné un peu Zoro à propos de ce Ace, et il m'a appris qu'il logeait chez toi ?
Oh, merde. Crétin de marimo, il aurait pas pu être plus discret ? Ou au moins le prévenir... Il n'avait encore que très peu pensé à un problème qui risquait pourtant de vite devenir majeur : tout ses amis le prenaient toujours pour un hétéro convaincu, et il n'était pas certain qu'ils étaient tous prêts à entendre certaines vérités le concernant... Nami, en particulier, le préoccupait plutôt de ce côté-là. Il avait peur qu'elle le prenne mal, et n'était pas franchement prêt à lui avouer sa bisexualité -encore moins ici, sur son lieu de travail et avec Vivi qui risquait de revenir à tout moment...
Il se sentit stresser un peu et répondit de sa voix la plus assurée :
-Ace ? Ah, oui, oui. Comme Zoro héberge déjà Kidd et Law, on s'est dit que c'était plus simple que.. comme ça.
La jeune femme le regarda un peu bizarrement et il déglutit.
-...Pourquoi cette question ? Finit-il par demander, la gorge sèche.
-Eh bien... Figure-toi qu'il a carrément tapé dans l'œil de Vivi, l'autre soir. Je me demandais s'il n'y avait pas moyen que tu m'aide à arranger quelque chose.
Sanji se sentit blêmir.
-Vivi ? Ah... Mais, heu...
-Tu sais à quel point c'est rare qu'elle flashe sur un garçon... Et elle n'a pas eu de nouveau petit copain depuis Kohza, ça fait déjà plus d'un an ! Ace est vraiment trop beau et je suis sûr qu'elle pourrait lui plaire. T'en pense quoi ? Tu sais quel genre de filles il aime ?
-Heu... Non, pas trop. Il n'en a jamais parlé...
-Hmm... Enfin, ce que je me disais, c'est qu'on devrait organiser une sortie pour essayer de les rapprocher. Par exemple, si on faisait une sortie tout les quatre, je me disais que...
Sanji la regarda exposer son plan les yeux écarquillés, pas franchement sûr de ce à quoi il était en train d'assister.
Merde, c'est vraiment ce qui est en train de se passer, là ?
Oh.
Putain.
Il eut subitement envie d'être n'importe où plutôt qu'à l'endroit où il se trouvait.
Cette situation était sans aucun doute l'une des plus foireuses qu'il aie jamais connue.
Il chercha à toute vitesse un moyen d'y échapper avec le minimum de pots cassés, mais tout lui semblait compliqué. Il détestait mentir à Nami, mais il n'était clairement pas prêt à lui faire son coming-out, surtout que le faire à elle signifiait le faire à la totalité de leur groupe d'amis – il connaissait Nami, avant qu'il fasse nuit ce soit tout le monde serait au courant, et pas forcément de la meilleure des manières. Arranger un coup entre Ace et Vivi était la dernière chose qu'il avait envie de faire – et il ne savait pas pour qui ça l'emmerdait le plus, Vivi, Ace ou lui-même. Mais Nami semblait déterminée, et il savait que plus il se taisait à propos de Ace et lui, plus ils s'enfonçaient, car elle ne renoncerait pas devant de mauvaises excuses, il le savait...
Néanmoins il n'y parvenait pas. Il n'en était pas capable... Il avait envie que ses amis sachent, bien sûr. Il ne comptait pas se cacher toute sa vie -surtout maintenant que Ace était revenu. Mais il avait besoin d'un peu de temps, de pouvoir préparer le terrain, et ne voulait pas le faire dans une situation comme celle-là, où il y était juste forcé...
-Sanji ? Tu m'écoute ?
Il regarda Nami qui s'était encore rapprochée de lui. Son genoux touchait le sien à présent, et elle le regardait d'un peu trop près à son goût.
-...Oui, oui, bien sûr, bredouilla-il.
-Je te disais donc, on va boire un coup tout les quatre, disons la semaine prochaine ? Je t'appelle pour qu'on précise tout ça, arrange-toi pour cuisiner un peu Ace de ton côté ! Essaye de lui demander s'il l'a remarquée à la soirée et si elle lui plaît, déjà...
-Je... Ouais, d'accord, je fais ça.
-Trop bien, t'es le meilleur, lança-elle en lui faisant un nouveau clin d'œil.
Sanji sentit son cœur se serrer encore davantage.
-Nami, tu me raccompagne à la fac ? Ma pause finit bientôt... les coupa la voix de Vivi qui revenait vers leur table. Je nous ai pris des cafés à emporter, ça vous va ?
-Bien sûr, merci, ma petite Vivi, répondit Sanji, un peu ailleurs.
Il se dégoûtait. Tout le dégoûtait. Il avait soudain très envie de partir le plus vite possible.
Aussi il prétexta avoir quelque chose à faire pour fuir le restaurant en quelques minutes -ça n'était pourtant franchement pas dans ses habitudes de fausser compagnie à des dames. Il fit le trajet jusqu'à chez lui d'une traite, courant presque, et grimpa les escalier quatre à quatre.
En poussant la porte, il eut la première bonne surprise de sa journée -à savoir trouver les deux seules personnes sur terre à qui il avait envie de parler présentement en train de boire tranquillement un café autour de la table de sa cuisine en papotant comme s'ils se connaissaient depuis toujours.
-...Robin ? Demanda-il, interloqué.
-Oh, Sanji, répondit la jeune femme en reposant la tasse de thé qu'elle tenait en main.
-Qu'est-ce que...
-Je ne t'avais plus croisé depuis la soirée chez Zoro où tu était parti sans prévenir, alors j'ai voulu passer voir si tout allait bien, et c'est Ace qui m'a ouvert. On s'est permis de s'installer pour boire un thé en t'attendant, expliqua-elle, mais au final je vais devoir y aller. Je n'ai pas vu le temps passer, et j'ai un rendez-vous à la fac cette après-midi.
-Oh...
Sanji jeta un œil à Ace qui lui sourit. Il était assez surpris de voir qu'ils avaient fait connaissance, mais après tout ça ne l'étonnait pas de Robin, elle était curieuse et savait mettre les gens à l'aise quand elle voulait.
La jeune femme se leva pour enfiler son manteau et Sanji réalisa qu'il en oubliait ses bonnes manières.
-...Désolé de t'avoir inquiété l'autre soir, ma petite Robin. Je t'expliquerais tout ça quand tu auras plus de temps...
-Ne t'en fait pas, Ace s'en est chargé, sourit-elle.
-...Ah oui ?
-Je repasserait dans les prochains jours.
Elle embrassa le cuistot sur la joue -ce dernier ne put empêcher un large sourire de prendre place sur son visage tandis que ses joues rougissaient- et salua le brun avant de quitter l'appartement. Sanji regarda Ace qui lui sourit.
-Plutôt cool, ta pote. Elle est carrément différente des autres personnes que j'ai pu rencontrer ici jusque là.
-Oui, je sais, elle est vraiment... incroyable. Je parie qu'elle t'a cuisiné comme pas possible.
-Aha, ouais, on peux dire ça, elle m'a pas mal tiré les vers du nez. Mais j'en ai eu pour mon compte aussi.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda le cuistot en se débarrassant de sa veste avant de se rapprocher de lui.
-Bah... j'ai cru comprendre que tu la connaissait depuis longtemps, alors j'ai pu lui demander quelques petite anecdotes sur vos années lycées...
Tout en parlant, Ace s'approcha de lui et posa ses mains sur ses hanches, un sourire goguenard sur les lèvres. Sanji fronça les sourcils. Il le sentait mal.
-...Comme quoi ?
-C'est vrai que t'a galoché Zoro à votre bal de première ?
-QUOI ?
-Tu t'en rappelle pas ?
-Si, je... Merde, mais qu'est-ce qui lui a pris de te raconter ça ?
-Merde, alors tu l'a vraiment fait ? J'étais sûr qu'il y avait un truc entre vous...
-Non, pas du tout, c'était juste notre première grosse cuite à tout les deux et... Merde, ça fait des années que personne n'en avait parlé, on a tous juré d'oublier cette histoire...
-Même Zoro ?
-SURTOUT Zoro ! Oh, j'ai même pas envie d'y repenser. Quand je pense que mes lèvres pures ont touché celles de cette salade décrépie ambulante... gémit-il en prenant une pose théâtrale.
-T'en fait un peu trop là, non ?
-ABSOLUMENT PAS ! Ne me rappelle plus jamais cet épisode, ok ?
-T'as spontanément galoché un de tes potes quand t'étais ado et t'as jamais remis en question ton hétérosexualité ?
Sanji marqua une pause dans ses jérémiades, fronçant les sourcils.
-Robin m'a dit qu'elle avait en partie deviné pour toi grâce à ça, à ton retour de GT, continua Ace.
-Ben... Je sais pas, non. Maintenant que tu le dis, c'est vrai que... Je pense que peut-être, j'étais déjà attiré par les mecs au lycée. Mais je m'empêchait de le réaliser. Surtout que quand c'est arrivé, tout le monde a trouvé ça dégoûtant ou drôle, alors ça a juste dû me faire flipper, j'imagine... J'ai tout refoulé au fond de moi sans même m'en rendre compte. D'ailleurs, j'ai commencé à courir les filles comme pas possible suite à ça, parce que je voulais pas que ma réputation... Enfin...
Il se frotta l'arrière de la tête, gêné.
-Je sais pas, c'est dingue, j'avais complètement oublié tout ça. Je réalise que maintenant que c'était peut-être un indice, ouais...
Ace sourit, gardant son air moqueur.
-Donc tu as bien été attiré par Zoro à un moment dans ta vie...
-Non. J'étais trop ivre et je l'ai confondu avec Monet, une charmante jeune fille qui avait les cheveux verts aussi et du coup...
-Non. Ça c'est l'excuse que tu as sorti à tes potes le lendemain, non ?
-...Ouais, j'avoue. D'accord, peut-être que je louchait un peu sur Zoro à un moment. Mais c'était avant, et ce temps est révolu, tu m'entend ? Il n'était pas encore ce tas de muscle irrécupérable que tu connaît maintenant...
Ace éclata de rire.
-On en apprend vraiment tout les jours. Je me demande quelle tête ferait Zoro si je lui en parlais...
-Non, oublie cette histoire, pitié... gémit Sanji en posant son front contre le sien, rapprochant leurs deux corps par la même occasion.
Ace se laissa embrasser sans broncher. Le blond porta sa main à sa joue et se sépara de lui pour le regarder, un demi-sourire sur le visage.
-Qu'est-ce qu'elle t'a raconté d'autre ?
-Rien. Des trucs mignons.
-Comme quoi ?
-Comme la fois où elle t'as mis un râteau en public en terminale...
-Que...
-Ou la fois où tu a dragué une femme mariée quand t'avais à peine dix-huit ans et que son mec s'est ramené à la sortie des cours pour te casser la gueule...
-Merde...
-Ou encore la fois où tu as perdu un pari débile et que t'as été forcé de te travestir pendant une soirée entière... Elle m'a montré une photo, pour ça, d'ailleurs.
-Oh, non...
Sanji, horrifié, se détacha de lui et alla s'écraser sur son canapé, enfonçant le visage dans un coussin, désespéré. Ace le suivit et s'accroupit à côté de lui en riant.
-J'ai plus aucune crédibilité, c'est ça ? Grogna Sanji. Je passe vraiment une journée formidable...
-Pourquoi ? Ça s'est mal passé, au boulot ?
-J'ai même pas envie d'en parler. Pourquoi est-ce que Robin est aussi cruelle avec moi ?
-Parce que je le lui ai demandé, pardi.
Ace rit de nouveau devant son air dépité et il le fusilla du regard. Le jeune homme se rapprocha de lui et lui effleura la tempe du bout des lèvres.
-Allez blondie, fais pas la gueule, voyons.
-...
-Je peux essayer de me faire pardonner ?
-... Peut-être.
-T'as déjà fini tout les bouquins que je t'avais apporté ?
-Je suis en train de finir le dernier.
-Merde... T'enchaîne vraiment comme pas possible.
-C'est parce que je dors moins qu'avant, avec toutes les vitamines qu'ils me filent.
-Je t'en apporterais d'autres...
-Merci. Il est pas là l'autre débile ?
Zoro soupira légèrement et se laissa aller contre le dossier de sa chaise.
-Non. ça a été compliqué, mais il a fini par trouver une boite pour... « travailler ». Il a dit qu'il passerait te voir demain.
-Je vois.
Law, assis en tailleur sur son lit, baissa les yeux sur ses mains jointes.
-ça te dérange pas ?
-De quoi ?
-Qu'il se vende alors qu'il loge chez toi.
-Je préférerais que non, bien sûr. Mais vous êtes grands. Vous faites ce que vous voulez. Et je comprend, d'une certaine manière. Je sens qu'il n'aime pas dépendre de moi financièrement. Et il ne doit pas se sentir capable de trouver un autre travail, alors qu'il ne sais même pas pour combien de temps il est là...
Il baissa un peu la voix sur la fin de sa phrase, réalisant qu'il faisait indirectement référence au décès de Law. Ce dernier ne réagit pas, feignant de ne pas l'avoir remarqué.
Le bruit de la porte de la chambre qui s'ouvrait leur fit relever la tête.
-Law, tu veux qu'on aille mang... oh, fit Bonney en apercevant Zoro.
Elle eut un sourire sarcastique.
-Encore un visiteur, hein ? C'est vraiment la fête, chez toi. Pourquoi tout le monde se bouscule pour te voir alors que t'es aimable comme une porte de prison, et que moi j'ai jamais personne alors que je suis un ange ?
-Peut-être parce que la dernière partie de ta phrase est la pire connerie que j'ai jamais entendue, répondit Law en soupirant, les sourcils froncés.
Bonney fit la moue en s'asseyant à son tour près du lit de Law, face à Zoro qui était dos à la fenêtre. Elle considéra un instant ce dernier qui haussa un sourcil en silence.
-C'est lui, ton mec ?
-Putain, Bonney, arrête de demander ça à chaque fois.
-Mais enfin, c'est pas possible, Law ! Une ribambelle de mecs beaux comme des cœurs viennent te rendre visite, aucun n'est jamais hétéro et toi tu me soutient que...
Zoro s'éclaircit la gorge et la jeune fille s'interrompit pour le regarder, les yeux écarquillés.
-Non... se pourrait-il qu'il soit hétéro, celui-là ?
-J'en sais rien, maugréa Law que cette conversation n'intéressait visiblement pas. C'est vrai, ça, t'es quoi ? Demanda-il à Zoro.
-Je vois pas en quoi ça te regarde.
-Mec, je t'ai déballé ma vie en long, en large et en travers et tu veux même pas me lâcher ça ?
-Distance professionnelle, répondit Zoro avec un sourire torve, faisant lever les yeux au ciel à son vis-à-vis.
-Bon, Law, reprit Bonney. J'ai la dalle, on va manger au réfectoire ?
-J'ai pas faim.
-Je m'en fous, accompagne moi ! J'aime pas manger toute seule.
-Mange avec quelqu'un d'autre.
-Tout le monde est chiant ici, tu le sais bien. Allez, viens !
Elle se leva pour l'attraper par le bras et le forcer à se lever malgré ses protestations, sous le regard amusé de Zoro.
-Toi aussi, tête-de-laitue, tu viens, lui lança la jeune femme en poussant Law dehors.
-Tête de...
-Allez, grouillez-vous, si on y va trop tard les petits vieux aurons encore mangé tout les desserts.
Elle les attrapa chacun par un bras et se mit à les traîner le long du couloir en leur râlant d'aller plus vite. Zoro resta interdit un moment, puis il croisa le regard de Law qui semblait plus blasé que jamais.
-Cherche pas, j'ai déjà essayé, c'est impossible de se débarrasser d'elle.
Le journaliste lui adressa un sourire moqueur.
-Au moins, j'ai pas besoin de m'inquiéter pour que tu mange correctement, on dirait.
-Ta gueule.
.
.
.
Sanji plaqua brièvement ses lèvres brûlantes contre la nuque trempée de sueur de Ace, avant de poser son front contre son épaule pour reprendre son souffle, fermant un instant les yeux, haletant. Il sentait le cœur du jeune homme sous lui battre la chamade, et entendait sa respiration sonore et inégale qui répondait à la sienne.
Il se redressa avec peine et se retira doucement, avant de se laisser aller en arrière sur l'accoudoir du canapé, passant une main dans ses cheveux qui collaient à son front. Ace se retourna sur le dos, le souffle toujours court, et se redressa sur un coude pour lui jeter un coup d'œil accompagné de son sourire goguenard habituel.
-C'est moi ou tu devient meilleur à chaque fois ?
-J'ai un bon professeur, répondit Sanji en grimaçant à son tour un sourire moqueur.
Ace rit et se redressa pour se rapprocher de lui, s'installant le dos contre son torse, finissant de calmer sa respiration en regardant le plafond tandis que le cuistot s'allumait une cigarette, qu'il commencèrent à partager en silence.
-Bon, finit par dire le brun après avoir tiré une longue taffe, tu va me dire ce qui ne va pas, maintenant ?
Sanji baissa les yeux vers lui. Putain. Ace n'en avait pas l'air comme ça, mais il pouvait se montrer terriblement observateur parfois. Il ne savait pas vraiment comment aborder le sujet sans le blesser, mais après tout, c'était le moment parfait, pas vrai ?
Le brun leva le bras pour replacer la cigarette entre les lèvres du cuistot, qui s'en empara en le remerciant d'un sourire. Il inspira une bonne bouffée, laissant pensivement son regard glisser sur son appartement avant de se lancer :
-Des amies sont venues me voir au travail ce matin. Et je... J'sais pas, je me rend compte que je sais vraiment pas comment leur dire. Pour nous deux. Pour moi.
-Pour faire ton coming-out, tu veux dire ?
-Ouais. Ça doit te paraître con, je sais. Mais je flippe.
-Robin a l'air de l'avoir plutôt bien pris pourtant.
-Robin c'est pas pareil. Elle est vraiment ouverte d'esprit, et si observatrice et intelligente qu'au final, j'ai rien eu à lui dire, elle a tout deviné toute seule. Mais les autres... Nom de dieu, je te jure que ça passeras pas aussi bien. Et je parle pas de mon ex... J'ai peur qu'elle se sente trahie, qu'elle croie que je n'étais pas sincère quand j'étais avec elle... Les clichés ont vraiment la peau dure ici, tu sais. Déjà que l'homosexualité est taboue et très mal connue, je te parle même pas de la bisexualité...
-C'est tes potes, non ? Ils comprendrons si tu leur explique.
Sanji ne répondit pas, se contentant de fumer en silence. C'était bien ça qui lui faisait le plus de peine. Ace avait peut-être raison, mais si ce n'était pas le cas ? Si il réalisait qu'ils ne l'aimaient pas tant que ça, en fait, ou du moins pas assez pour accepter sa différence ? Et si ça leur faisait plus de peine qu'autre chose, de voir qu'en fait il leur avait menti ? Merde, il n'avait pas envie de penser à tout ça...
-Hé, blondie.
Il baissa les yeux vers Ace qui lui piqua à nouveau sa cigarette en souriant.
-Je comprend, t'inquiète. T'a qu'à prendre ton temps. Ça me dérange pas de jouer les hétéros le temps que tu trouve la bonne manière de le dire à tout le monde.
Sanji fit la moue.
-C'est gentil. Mais je veux pas que tu croie que j'ai honte de toi ou...
-Hé, c'est bon. Je m'en fous.
-Excuse-moi de t'imposer ça. Je sais que c'est pas correct.
-C'est bon, je te dis. J'ai pu voir un peu quel genre de personne étaient tes potes. Je peux comprendre que ça soit pas facile de tout leur balancer. Et puis, j'ai jamais eu à faire ça, moi, je sais pas à quel point ça peux être dur.
-T'es trop tendre avec moi.
-C'est normal, tu m'héberge et tu me nourris, faut bien que je sois un minimum sympa en contrepartie ou je vais devoir retourner dormir avec Kidd, rit le brun.
-T'es pas difficile.
Ace rit de nouveau et Sanji écrasa sa cigarette dans le cendrier posé en équilibre sur l'accoudoir du canapé derrière lui avant de refermer ses bras sur le brun pour le serrer contre lui.
-Merci.
Il traînèrent pendant quelques dizaines de minutes encore sur le canapé, partageant une autre cigarette en bavardant. Puis il fut l'heure pour Sanji de se lever pour se rendre au service du soir. Il abandonna avec regret le corps chaud de Ace et alla s'habiller, tandis que ce dernier, qui avait seulement pris la peine d'enfiler un caleçon, restait couché.
-Tu rentre tard ce soir ?
-Sûrement, oui. On accueille un gros dîner d'affaire, c'est rare qu'ils finissent avant vingt-trois heures.
-ça marche.
-Tu as prévu quelque chose ?
-Je vais sûrement passer voir Law...
-Passe-lui le bonjour. J'ai ramené des religieuses au café du travail, si tu veux lui apporter quelque chose.
-Oooh, intéressant.
-Je te vois venir, ne mange pas tout... !
-Quoi ?
Ace posa une main sur son propre torse en prenant un air faussement outré.
-Tu insinue que je suis un goinfre, peut-être ?
-Exactement.
-C'est vraiment pas correct de ta part. J'arrive pas à croire que tu me traite de cette façon... hé !
Sanji était revenu d'une traite vers lui pour lui ébouriffer sauvagement les cheveux. Le brun se débattit en riant.
-Abruti, sourit le cuistot en s'éloignant à nouveau de lui, nouant sa cravate tout en jetant un œil à la table de la cuisine. Tiens, j'ai reçu du courrier ?
-C'est ta concierge qui me l'a donné. Je crois qu'elle a déjà compris que j'habitais ici.
Sanji se saisit des enveloppe et les examina rapidement. L'une d'elles attira son attention, et il l'ouvrit pour voir ce qu'elle contenait, tandis que Ace, toujours allongé sur le canapé en sous-vêtements, commençait à feuilleter distraitement l'un de ses magazine de cuisine qui traînaient toujours sur la table basse.
-Merde, laissa échapper le blond d'une voix basse en voyant le montant de la facture qu'il venait de déplier.
Il fallait vraiment que sa taxe d'habitation tombe maintenant ? Suite à son arrêt de travail, il était vraiment juste... Surtout qu'avec l'arrivée de Ace, il avait arrêté d'accepter des heures sup' à tout bout de champ. C'était une sacrée somme à débourser d'un coup, et il ne pouvait pas se le permettre... Il pourrait peut-être faire en sorte d'échelonner le paiement, et si ce n'était pas possible, il pourrait toujours demander au marimo ou à Robin de l'avancer... Bien que cette perspective ne l'enchante guère.
Il soupira. Les tracas de la vie réelle n'étaient jamais bien loin, pas vrai...
-Un problème ?
Il se tourna vers Ace qui avait relevé les yeux de son magazine et le fixait, l'air curieux.
-Non, ne t'en fait pas.
-C'est quoi cette lettre ?
-Juste une facture, pas de quoi s'inquiéter.
Il préférait ne pas partager ce genre de chose avec le jeune homme. Il savait très bien comment ce dernier risquait de réagir, en culpabilisant de se laisser héberger chez lui alors qu'il n'avait pas d'argent... Et il savait bien que s'il y avait une chose dont il n'avait pas envie présentement, c'était que Ace s'en aille.
Ce dernier plissa un peu les yeux, l'air pas franchement dupe.
-T'es sûr ?
-Mais oui.
Sanji enfila sa veste de costard par-dessus sa chemise et se dirigea à nouveau vers Ace, se penchant doucement au-dessus de lui pour effleurer ses lèvres du bout des siennes.
-Tu diras bonjour à Law de ma part.
-Moui, répondit le brun en le retenant un instant par le cou pour l'embrasser de nouveau.
-Passe une bonne soirée. Je t'aime, souffla Sanji en se redressant tout en boutonnant sa veste.
-Moi aussi, répondit Ace en pinçant les lèvres -il était toujours aussi gêné quand ils en arrivaient à exprimer leurs sentiments, et Sanji se retenait très fort de ne pas se moquer de lui quand il le voyait continuer de rougir comme un adolescent.
Le cuistot sortit de son appartement, mains dans les poches, et commença à se rendre à pied jusqu'à son lieu de travail. Il pensa brièvement à Nami et à cette sortie qu'il lui avait promise, et réalisa qu'il n'en avait même pas parlé à Ace. Il soupira. Les problèmes qu'il rencontrait ici lui semblaient ridicules parfois, comparé à ce que Ace, Kidd oui Law avaient pu vivre, et à ce à quoi il avait été confronté à Gray Terminal...
Mais il allait quand même falloir qu'il s'y confronte, et le plus tôt serais le mieux.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui!
J'espère que ce chapitre vous a plus, et que de manière générale cette fic vous plaît toujours, même si les enjeux sont un peu plus tranquille.
ça va recommencer à bouger un peu plus dans les chapitres suivants, vous vous en doutez, je n'allais pas laisser nos petits amours tranquille trop longtemps! (pardon...)
En tout cas comme d'habitude j'ai hâte de lire vos retours, qui sont toujours aussi adorables!
On se retrouve le 10 juillet pour la suite, d'ici là prenez soin de vous!
