Salut tout le monde!
J'espère que vous allez bien et que d'une manière ou d'une autre vous profitez de votre été!
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 34 de Wild World... Merci infiniment pour tout vos retours suite au dernier chapitre! J'avais peur que la mort de Kidd et Law soient trop mal reçue, que certains ne comprennent pas leur choix, etc, mais comme d'habitude vous êtes super réceptifs et motivants!
Aujourd'hui, un autre chapitre un peu dur, forcément, mais qui cette fois va en s'arrangeant, promis!
Je vous laisse à votre lecture, et on se retrouve en bas!
[East Blue, jour 48]
-Les cercueils sont fermés ?
-Oui, Ace. Les corps ne sont pas... en suffisamment bon état.
Le brun baissa la tête.
-D'accord.
Sanji attrapa sa main doucement, presque timidement, pour la serrer dans la sienne. Il se sentit un peu soulagé en voyant que le jeune homme accepter le contact.
Le funérarium était désert. Les autres attendaient dehors, laissant respectueusement Ace rentrer en premier.
-... On ne va pas les incinérer ? Demanda encore le brun.
-... Non.
-C'est ce que Zoro avait prévu, non ?
-Oui, mais... J'ai pensé que c'était important qu'il y ait une tombe.
Il hésita avant de poursuivre:
-... Je veux dire... Qu'il y ait un endroit. Qu'on ne les efface pas juste de ce monde. Qu'il reste une trace tangible d'eux, de ce qu'ils ont vécu, de ce que ça veux dire. Ça et le livre de Zoro... Enfin, j'ai pensé que ça serait mieux, même si j'imagine qu'ils auraient préféré une incinération.
Ace resta silencieux. Sanji, qui se tenait légèrement derrière lui, ne pouvait capter l'expression de son visage.
-... J'ai mal fait ? Demanda-il timidement.
Son amant tourna la tête vers lui. Son expression était neutre, mais ses yeux brillaient.
-Non... murmura-il. Non, c'est bien.
Le cuistot se demanda s'il devait le prendre dans ses bras. Il avait peur d'en faire trop, ces derniers jours, ne parvenant pas totalement à capter si le jeune homme avait besoin d'espace pour faire son deuil ou de toute son affection.
Avant qu'il ai pu faire un geste, Ace fit volte-face et se dirigea vers la sortie.
-Allons-nous en, dit-il à voix basse. Il n'y a rien à voir ici, de toute façon.
Sanji jeta un coup d'œil aux deux cercueils de bois noir qui trônaient côte à côte, bordés de quelques gerbes de fleurs blanches. Puis il suivit Ace au-dehors.
Quelques autres personnes présentes pour l'enterrement commencèrent à entrer à leur tour, les unes après les autres. Il n'y en eut pas beaucoup. Zoro passa tout de suite après eux, accompagné de Bonney qui sanglotait en silence. Les membres de leur groupe d'amis étaient presque tous venus en soutien, mais la plupart restèrent dehors -après tout rares étaient ceux qui avaient réellement fait connaissance avec les deux jeunes hommes. Robin entra après avoir brièvement posé une main douce sur l'épaule de Ace et lancé un regard rassurant à Sanji. Usopp, après une hésitation, la suivit à son tour -après tout, il faisait partie de ceux qui avaient passé le plus de temps chez Zoro quand Kidd y séjournait.
Ace ne parla à personne, se contentant d'allumer une cigarette et de la fumer du bout des doigts en fixant ses pieds. Il ne releva la tête que lorsqu'une voiture qu'il sembla reconnaître s'engagea sur le petit parking qui bordait la chambre funéraire. Sanji comprit pourquoi lorsqu'il vit Marco en sortir, suivi de Makino.
Le brun s'élança aussitôt vers la jeune femme pour la prendre dans ses bras, enfouissant longuement son visage dans son cou sans rien dire, tandis qu'elle lui caressait les cheveux, les mains tremblante. Le cuistot eut un petit pincement au cœur. Il semblait avoir besoin de ses étreintes à elle beaucoup plus que des siennes.
Merde.
Il se sentait tellement inutile...
Marco, laissant Ace et Makino se retrouver, s'approcha de Sanji, qui lui sourit faiblement.
-Merci d'être venu, dit-il. Il en avait besoin.
-C'est normal. Répondit le barman. ...Comment il va? demanda-il après un léger silence, mettant ses mains dans ses poches en parcourant du regard le petit groupe de personnes qui formaient un attroupement près de la porte du funérarium.
-...
-C'est une question stupide, désolé, se reprit le serveur en secouant la tête. Tu arrive à le soutenir ? Je sais que ça peut être une lourde charge à porter.
Le cuistot soupira, se passant une main dans les cheveux.
-Je... je ne sais pas. Je me sens vraiment naze. J'ai l'impression de ne pas arriver à faire ou à dire ce qu'il faut... Et je... J'arrive toujours pas à croire ce qu'il s'est passé...
Il regarda le bout de ses chaussures, un peu piteux, ne sachant pas quoi dire de plus. Marco le regarda un instant, puis lui posa une main sur l'épaule, un sourire rassurant sur le visage.
-Hé. Je sais ce que c'est. T'es pas magicien, peu importe à quel point tu es là pour Ace, tu ne peux pas effacer sa peine d'un coup de baguette magique. Et il faut que tu t'autorise à faire ton deuil, toi aussi. T'as le droit de souffrir.
Sanji sourit, secouant la tête.
-C'est gentil. Mais c'est ridicule. Je ne les connaissait pas depuis aussi longtemps que vous... C'est moi qui devrait te demander si ça va, soupira-il, honteux.
Il s'alluma une cigarette et en offrit une au barman, qui accepta et tira une taffe en regardant le ciel, l'air pensif.
-Je vais sans doute te paraître cruel... Mais ces deux-là, j'ai tellement toujours eu peur pour eux que... Au final, je m'était préparé à ça depuis des années. Tu sais, des personnes prostituées qui vivent pas vieilles, il y en a des tas. C'est pas les premiers que je vois se consumer là-dedans comme ça...
Malgré ses paroles, le regard de Marco était emprunt d'une tristesse profonde, et peut-être d'un peu de colère aussi.
-Bien sûr que c'est dur, mais à force de vivre à Gray Terminal, on s'habitue à gérer ce genre de peine.
Sanji hocha la tête doucement. ça lui semblait complètement irréaliste -comment on pouvait s'habituer à ça? - mais d'une certaine manière, il comprenait ce qu'il lisait dans les yeux du barman.
Ace, qui avait finit par se défaire de l'étreinte de Makino, s'avança vers Marco, qu'il serra longuement dans ses bras à son tour. Sanji se détourna, préférant leur laisser une certaine intimité, et aperçut Zoro et Bonney qui sortaient du funérarium. La jeune femme sanglotait dans un mouchoir déjà trempé, et le cuistot remarqua que son ami lui avait attrapé doucement l'épaule, comme s'il craignait que ses jambes ne cèdent sous elle. Il s'approcha d'eux, tendant un mouchoir propre à la jeune femme qui l'accepta en reniflant.
-On va procéder à la mise en terre, lança le journaliste à Sanji.
Ce dernier hocha la tête, regardant à nouveau Ace qui pleurait en silence contre la chemise de Marco, tandis que le barman, l'air grave, le serrait contre lui.
Tout alla assez vite, en raison du peu de personnes présentes.
Ils se rendirent dans un des cimetières d'East Blue, le plus proche de l'appartement de Sanji, un peu excentré et de taille plutôt réduite.
Le cuistot resta à côté de Ace quand les deux cercueils furent descendus dans la tombe commune -encore une fois, c'est lui qui avait suggéré qu'on ne les enterre pas séparément, et le brun lui parut assez reconnaissant de ce choix.
Ils gardèrent leurs mains serrées pendant toute la fin de la cérémonie, debout côte à côte sans rien dire, jusqu'à ce que Ace, semblant ne plus tenir, niche la tête dans son cou, crispant les doigts sur son col de chemise. Le cuistot referma ses bras sur lui et le serra à l'en faire exploser, pressant ses lèvres contre ses cheveux, fermant les yeux pour retenir ses larmes. Lorsqu'il les rouvrit, il surpris les regards de son groupe d'amis qui les regardaient, debout de l'autre côté de la fosse. Nami, en particulier, avait l'air particulièrement touchée de les voir ainsi. Elle lui sourit doucement, à sa grande surprise, et il lui répondit par une grimace, ne pouvant faire mieux présentement.
La cérémonie se termina, et peu à peu tout le monde commença à se disperser. Ace finit par se défaire de l'étreinte du cuistot, et ce dernier l'embrassa sur le front avant de se séparer de lui lorsqu'il vit Bonney s'approcher d'eux timidement, ayant l'air de vouloir s'adresser au brun.
-Ace...
L'intéressé lui jeta un regard et répondit lentement à son appel par un signe de tête, l'invitant à parler.
-Tu sais... Ce matin, j'ai reçu une lettre de Law.
Le brun écarquilla les yeux.
-Quoi ?
À leur connaissance, ni Law ni Kidd n'avaient laissé la moindre note. C'est la seule chose que Ace avait voulu savoir après l'annonce de Zoro, d'ailleurs; la seule question qu'il avait posée. Bonney baissa les yeux, semblant intimidée, puis planta à nouveau son regard violet dans celui du jeune homme, continuant sur sa lancée.
-Il a dû la poster avant de quitter la ville. Il voulait sans doute ne pas risquer que je découvre son mot avant... Enfin... Voilà.
-Qu'est-ce qu'il t'as écris ?
-...À moi, pas grand chose. Juste quelques phrases, un genre d'adieu et des encouragements pour la suite. Mais... Il y avait aussi une lettre pour toi, Ace. Elle a l'air assez longue.
Elle sortit de sa poche une feuille pliée en quatre sur laquelle s'étalait une fine écriture en italique. Le brun s'en empara et, sans demander son reste, s'éloigna d'eux, faisant quelques pas entre les tombes tout en dépliant la missive entre ses mains qui tremblaient nerveusement. Sanji remercia Bonney pour lui et le couvrit de son regard inquiet, pas certain de l'effet qu'aurait cette note sur Ace.
Salut, Portgas.
J'écris ça à l'arrache avant de partir. Quand tu recevra ça, t'auras sans doute déjà appris qu'on est plus de ce monde. Envolés. Carbonisés. Pulvérisés. Effacés. Appelle ça comme tu veux.
Je sais que tu vas nous en vouloir. Et t'as raison, on est des putain d'égoïstes de faire ça. De te laisser tout seul derrière. C'est sûrement ce que tu pense, pas vrai ?
Mais t'es pas tout seul, toi, l'allumeuse. T'es plus tout seul. Nous, on est tout ce qui reste l'un à l'autre, même si ce connard de Kidd l'assumeras jamais à voix haute. Et je pense qu'un jour tu le comprendras. Quand la colère sera passée. Qu'on avait besoin de faire ça tout les deux. De mettre fin à cette vie merdique qu'on a presque commencée ensemble.
Je voulais pas partir sans rien te dire. Je t'écris pas pour t'expliquer, parce qu'il n'y a rien à expliquer que tu ne sache pas déjà, au fond. Je sais qu'on est cruels de te faire ça. Et j'espère vraiment que tu tiendras le coup sans nous. En fait, je sais que tu tiendras le coup.
Parce que t'es pas comme nous. Tu peux vivre sans nous. Et d'ailleurs c'est ce que tu vas faire.
Parce que t'as une chance, celle qu'on a jamais eue. T'as l'énergie de te sortir de ce merdier. Tu l'as toujours eue. Même bien avant blondie et tout le reste.
Fait-le. Et culpabilise pas pour nous, espèce d'abruti. Sans toi on se serais sans doute foutus en l'air bien avant.
Kidd t'écrira pas, parce que c'est un crétin incapable de s'exprimer. Mais il pense comme moi.
Alors adieu, petite allumeuse, et à l'avenir, fait gaffe à ton cul.
PS : Kidd te fait dire de bien profiter de ta monogamie de tocard.
PS2 : Dis à Zoro de faire gaffe à Bonney, j'ai pas envie qu'elle se foute en l'air.
[Jour 51]
Bonney releva la tête en entendant quelqu'un frapper à sa porte.
-Entrez, dit-elle d'une voix traînante en attrapant la télécommande pour éteindre la télé qu'elle était en train de regarder depuis son lit.
Elle se redressa en voyant Zoro entrer, surprise.
-...Oh. Salut, lui lança-elle en croisant ses jambes pour s'asseoir en tailleur sur les draps.
-Salut, répondit le jeune homme en refermant la porte derrière lui.
Elle ne l'avait pas revu depuis l'enterrement, lorsqu'il l'avait raccompagnée jusqu'à la clinique. Et à vrai dire, elle ne s'attendait pas à le revoir un jour. Maintenant que Law n'était plus là, il n'avait plus de raisons de venir dans cet endroit glauque pour l'entendre chouiner sur son sort, pas vrai?
-Tu... T'es venu récupérer ton manuscrit, c'est ça ? demanda-elle.
Elle se mordit la lèvre. Oui, c'était sans doute ça, elle aurait dû s'en douter.
-J'imagine que tu ne peux pas le laisser comme ça à n'importe qui, après tout... Il est juste là.
Elle se pencha vers sa table de chevet pour se saisir de l'épaisse liasse de feuilles que Law lui avait donné à lire une semaine avant sa mort.
-Non, répondit Zoro, l'air un peu surpris. Non, tu peux le garder. Je suis juste venu voir comment tu allait. Tu sais... après tout ça.
La jeune femme le regarda un instant. Elle ne s'attendait franchement pas à ça de sa part, mais ça lui faisait plaisir. Très plaisir, même. Elle sourit doucement et haussa les épaules.
-Je... ça va mieux, disons. J'ai finis par accepter ce qu'il s'est passé.
Elle ferma un instant les yeux et secoua la tête. Non, elle n'avait pas envie de repenser à tout ça maintenant. Elle reprit sur un ton moins sérieux:
-Mais je me sens seule, maintenant, ici. En plus je n'ai pas le droit de sortir sans accompagnateur, et à part ma visite-balade mensuelle avec ma famille chiante à mourir, j'ai pas grand chose...
Zoro hocha la tête d'un air compréhensif et se passa une main sur la nuque, baissant les yeux. Il avait l'air un peu... gêné, ce qui était surprenant. Elle attendit patiemment qu'il prenne la parole.
-À ce sujet... finit-il par dire lentement. Si tu veux sortir un peu, ça te dirais d'aller dîner, un de ces jours ?
Bonney ne répondit pas tout de suite, soufflée. C'était quoi, ça, exactement ? On ne lui avait pas fait ce genre de proposition depuis des années.
-C'est un rencard ?
-Un ren... Non. En fait, j'aimerais te parler de mon prochain projet, si tu es d'accord.
La jeune femme fit la moue.
-... J'ai le droit de voir ça comme un rencard ?
Zoro soupira en souriant.
-Je suppose.
Elle se mit à rire.
-C'est d'accord, si c'est toi qui invite invite.
-Evidemment.
Sanji sortit de la salle de bain, terminant de se sécher les cheveux. Couché sur le lit, Ace feuilletait un magazine, une cigarette allumée à la main. Il ne leva pas les yeux vers le blond, qui alla se servir un café, laissant sa serviette reposer sur ses épaules pour éviter de tremper son t-shirt.
Il était presque quinze heures. Le cuistot rentrait de son service du midi.
Il y avait maintenant deux jours qu'il avait repris le travail. Il s'en voulait un peu de laisser Ace seul pendant la journée, mais ils allaient vite se retrouver à court d'argent si au moins l'un d'entre eux ne se remettait pas au travail, et de toute évidence le brun n'était pas prêt pour ça.
Ce dernier semblait aller un peu mieux depuis l'enterrement, mais il restait très renfermé sur lui-même, parlant très peu à Sanji et pas du tout aux autres. Il passait le plus clair de ses journées couché ou assis sur le canapé et refusait de sortir, fumant cigarette sur cigarette et dormant la moitié du temps. Le cuistot savait bien que c'était normal, mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui.
Ace n'avait plus rien dit à propos de Kidd et Law après avoir lu la lettre de ce dernier, et le blond ne pouvait se sortir de la tête le fait qu'il avait dit qu'il aurait préféré mourir avec eux. Il avait peur pour eux, aussi. Il sentait toujours une coupure le séparer du jeune homme. Même s'il était conscient qu'il devait lui laisser du temps, il avait peur, au fond, que leur lien ne survive pas au chagrin du brun, et que rien ne soit jamais vraiment comme avant.
Il se servit une tasse de café, soufflant sur le liquide brûlant en regardant pensivement par la fenêtre les toits des maison environnantes, éclairées par le soleil.
-Sanji...
Il tourna la tête vers le brun, surpris de l'entendre l'appeler. Ce dernier s'était assis sur le bord du lit et le regardait, l'air un peu incertain. Le cuistot lui sourit.
-Oui ?
-Tu crois qu'on pourrait piquer la voiture de Zoro ?
Il se gratta la joue.
-...J'aimerais aller quelque part.
Plus ils avançaient, moins Sanji était sûr que ce soit une bonne idée.
Quand Ace lui avait indiqué vouloir se rendre en haut de la falaise, là où, quelques jours auparavant, l'horrible incident s'était produit, il avait aussitôt accepté, trop content que le jeune homme aie envie de faire quelque chose -avec lui, qui plus est.
Mais maintenant, il était moins sûr. Ace avait toujours l'air très sombre, la tête appuyée contre la vitre, le regard perdu dans le paysage. Et au fur et à mesure qu'ils approchaient de l'endroit fatidique, il sentait le stress monter, quittant de temps à autre la route des yeux pour lui jeter un coup d'œil, les mains crispées sur le volant.
Il se gara au bord de la petite route qui longeait la falaise, du haut de laquelle on apercevait la ville au loin. Le soleil brillait toujours, une légère brise agitait l'étendue verdoyante qui s'étalait derrière eux, tandis qu'ils sortaient tout deux de la minuscule voiture de Zoro, silencieux.
Ace fit quelques pas en direction du vide, sous le regard inquiet de Sanji. À quelques mètres d'eux, on voyait encore dans l'herbe brûlée la trace qu'avait fait le véhicule en prenant un brusque virage vers le précipice. Le brun parcourut du regard le paysage qui s'étalait sous ses yeux, tandis que le cuistot se rapprochait de lui, sans pour autant oser le toucher.
-C'est joli, ici, finit par murmurer Ace.
Sanji ne sut pas trop quoi répondre. Il se contenta de perdre à son tour son regard dans le large panorama, songeant à ce qui s'était passé ici, à Kidd et à Law, à la dernière vue qu'ils avaient eue, ici, avant de faire le mouvement fatidique... Il baissa la tête. Il avait toujours du mal à s'imaginer tout ça.
Le brun garda le silence pendant encore quelques minutes, puis se tourna vers lui. Il souriait, l'air étrangement apaisé.
-Merci de m'avoir emmené jusqu'ici. J'en avais besoin, je crois.
Il pencha la tête en arrière, fermant les yeux, inspirant longuement l'air pur. Le cuistot hésita, puis il fit un rapide aller-retour en direction de la voiture.
-Tiens, dit-il à Ace en revenant. J'ai acheté ça en vitesse avant de partir. Je me suis dit que...
Il lui tendit deux roses retenues ensembles par un ruban sombre, une rouge et une noire.
-C'est peut-être pas approprié, murmura-il, gêné, en se grattant la nuque.
-Non, dit Ace. Non, c'est parfait. Merci.
Il s'en empara avec douceur et s'approcha encore de la falaise, avant de laisser le vent les emporter vers le précipice. Puis il s'assit un instant, contemplant encore le paysage en silence. Sanji comprit qu'il avait besoin de temps et retourna discrètement vers la voiture, s'asseyant contre le capot, allumant une cigarette en attendant.
Au bout d'une dizaine de minutes, Ace finit par se relever. Il jeta un dernier regard au vide avant de faire volte-face, revenant à son tour vers le véhicule. Il sortit à son tour une cigarette et s'adossa à la carrosserie écarlate à côté du blond, fumant sans rien dire.
-On y va ? Finit par demander Sanji lorsqu'ils eurent tout deux écrasé leur mégot dans son cendrier de poche.
-Ouais...
Ace sembla hésiter, puis se tourna légèrement vers lui:
-Mais avant ça, j'aimerais bien que tu recommence à me regarder comme avant.
Le blond jeta un regard surpris au jeune homme qui le fixait, mains dans les poches, un sourire triste sur les lèvres.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Je sais pas. Depuis quelques jours t'as toujours l'air un peu effrayé quand tu me regarde. Tu n'ose plus me toucher. Tu m'observe à la dérobée. C'est presque comme si t'avais peur de moi.
-Je...
Sanji se passa une main dans les cheveux, ne sachant pas trop quoi répondre, surpris. Alors c'est comme ça qu'il le voyait...
-J'ai pas peur de toi, finit-il par soupirer. J'ai peur pour toi. À cause de ce que tu as dit... Quand c'est arrivé.
Il y eut un silence, puis il sentit la main de Ace venir se loger dans la sienne.
-T'inquiète pas pour ça. J'ai dit ça sur le coup, mais je le pense pas. C'est dur... C'est très dur pour moi, tout ça. Je sais pas si je guérirais un jour de ce qui s'est passé. Je sais même pas si j'en ai envie.
-Je comprend, s'empressa de dire le blond.
-...Mais je t'aime. Je t'aime plus que tout, et même si c'est dur, je suis heureux de la manière dont ma vie change avec toi.
Il ferma les yeux et se tourna d'un quart vers Sanji pour poser son front contre sa tempe.
-Et j'irais mieux un jour. Je te le promet. Pour ça, pour tout le reste.
Le cuistot se mordit la lèvre. Ses yeux lui piquèrent tout à coup. Il se rendit compte d'à quel point il avait été triste, ces derniers jours. Pour Kidd et Law. Pour Ace. Et à quel point il avait eu peur, aussi, que cette horreur ne finisse jamais, qu'ils restent malheureux pour toujours...
Il se tourna à son tour et encadra le visage du brun de ses mains, tandis que ce dernier lui attrapait les poignet. Ils fermèrent les yeux tout deux, profitant de leur tendresse retrouvée.
-Prend ton temps pour aller mieux, surtout, murmura Sanji. Je serais là tout du long, je te le promet.
Ils échangèrent un baiser chaste et doux, puis s'étreignirent de toutes leurs forces, toujours tristes mais, d'une certaine manière, soulagés.
Il se séparèrent au bout de quelques minutes, souriant doucement.
Puis, s'embarquant de nouveau dans la minuscule voiture écarlate, ils reprirent ensemble le chemin de la ville.
Et-voi-là!
J'espère que ce chapitre n'était pas trop rapide par rapport à certaines choses... Mais j'avais envie de les faire aller mieux assez vite, même si bien sûr tout n'est pas résolu.
Vous l'avez peut-être compris, c'était le dernier "vrai" chapitre de cette fic. Le prochain sera un épilogue, il paraîtra dans 10 jours, le 26 août, et j'en profiterais pour vous parler de mes prochains projets, dont certains sont en rapport avec cette fic, si ça vous intéresse!
ça va me faire tout drôle de finir cette histoire qui a déjà presque un an!
J'attend vos retours avec impatience, comme toujours, et espère que ça vous a plu!
On se retrouve une dernière fois dans dix jours, donc, d'ici là prenez soin de vous, et à bientôt!
