Bonsoir le monde ! Oui, je viens juste de terminer deux fics longues sur Sam et Luci, mais… ma pauvre Pandorwho se nourrit de fanfictions, manifestement. Je serais une amie atroce si je ne la nourrissais pas, pas vrai ?
Cette histoire est basée sur une idée que j'ai depuis des siècles et que j'ai tenté d'écrire par trois fois avant d'abandonner il y a plusieurs années. Du coup voilà, je l'ai ressortie et adaptée à Supernatural, tadaaam ! Veuillez noter que le scénario a l'âge mental d'une ado, donc. Voilà voilà, j'espère que j'arriverai à l'écrire entièrement, cette fois XD
Bonne lecture !
Prologue - Crossroad blues
Si on avait dit à Sam de quelle façon toute cette histoire allait débuter, il n'en aurait pas cru un mot.
Sam Winchester était un humble Américain de vingt-sept ans qui venait d'entrer dans un cabinet d'avocats renommé, McLeod & Sons, quand son frère, l'énergique et séducteur Dean Winchester, était rentré chez lui par effraction pour lui annoncer qu'il venait de gagner une forte somme d'argent à la loterie. Une fois la surprise passée et la bosse sur le crâne de Dean disparue, le jeune homme avait expliqué qu'il souhaitait utiliser son prix pour réaliser le rêve de gosse de Sam, à savoir s'offrir un voyage de deux semaines en Grèce, le tout dans un hôtel de luxe.
Enthousiaste, Sam avait payé un restaurant à Dean et ils avaient passé la soirée à parler des endroits qu'ils comptaient visiter. Par la suite, Sam avait exhumé ses vieux cours de Grec et s'était plongé avec passion dans ses révisions, tandis que Dean apprenait de son côté les bases de la discussion dans cette belle langue avec beaucoup moins de motivation.
Quelques mois plus tard, au début des vacances d'été, les deux frères avaient posé leur congés et pris l'avion pour l'Europe, où ils arrivèrent après plusieurs heures de gémissements plaintifs poussés par Dean, qui détestait voler.
Voilà pourquoi nous retrouvons nos deux héros en train de visiter des ruines antiques sous un soleil torride qui les faisait suer à grosses gouttes.
- Mec, ça craint, se plaignit Dean. Je viens de vider ma deuxième bouteille d'eau et il n'est même pas encore quatorze heures !
Sam, rêveur, s'arracha à la contemplation des bouts de murs blancs qui dépassaient encore du flanc de la colline qu'ils venaient d'escalader avec d'autres touristes pour jeter un œil à son aîné.
- Hé bien… essore ton pantalon, je suis sûr que tu peux remplir une bouteille avec toute cette transpiration ! plaisanta-t-il à moitié avant de se tourner à nouveau vers le bâtiment, ignorant de ce fait le regard noir que lui lança Dean.
La première fois que Sam avait vu les photos de cette colline sur Internet, il avait aussitôt ressenti une envie intense de s'y rendre, et maintenant qu'il y était, il avait l'impression de l'avoir déjà vue auparavant. Peut-être avait-il entrevu des représentations du temple en ruines pendant les nombreuses recherches qu'il avait menées sur le sujet, étant petit ?
Le touriste haussa les épaules. Il avait toujours été fan de la Grèce et avait compulsé des dizaines de bouquins avant l'adolescence. Il était tout à fait logique que ce voyage tant attendu ravive des souvenirs. Ce à quoi il ne s'attendait pas, par contre, fut la vague de nausées qu'il éprouva en voyant un drôle de dessin gravé sur une des dalles blanches qui pavaient le sol.
Le guide qui menait le groupe désigna cette marque comme le blason de "L'Ordre de Michael", un groupe de prêtres antiques vénérant un dieu de la Guerre et dont l'Histoire avait gardé peu de traces au cours des siècles. Sam ignorait pourquoi la marque d'un dieu imaginaire lui causait des maux de ventre pareils, aussi crut-il qu'il avait simplement mal digéré le buffet du petit-déjeuner. Cependant, Dean, en voyant le blason, fronça les sourcils à son tour sans vraiment savoir pourquoi.
Le groupe se dirigea ensuite vers un socle de marbre sur lequel reposaient deux pieds chaussés de sandales et le bout de ce qui devait auparavant être une lance. L'ébauche d'une tunique commençait au niveau des genoux, mais la statue avait été abattue au niveau des cuisses, comme foudroyée ou percutée d'un coup par un boulet de canon.
Selon le guide, la statue avait environ trois mille ans et avait été brisée au cours d'une violente tempête, qui avait envoyé promener la partie supérieure de l'œuvre à plusieurs mètres de là. Les quelques morceaux retrouvés au fil des ans avaient été rassemblés par les indigènes, puis conservés dans un musée des siècles plus tard.
Le guide marqua une pause avant de reprendre sur un ton un peu mystérieux :
- On dit que cette monstrueuse statue tenait lieu d'avertissement pour qui aurait l'audace d'entrer dans ce temple, car on le disait habité par un puissant esprit malin. Mais bien sûr, ce n'est qu'une des nombreuses légendes locales ! Prenez le temps de faire le tour des décombres et de prendre des photos, Messieurs, Dames, car ensuite, nous redescendrons de la colline pour voir le musée qui contient toutes les œuvres d'art retrouvées ici !
- Pauvre gars, enfermé en plein cagnard dans un temple sans toit, grommela Dean, les mains dans les poches, en louchant sur une goutte de sueur qui menaçait de dégouliner sur son nez. Sérieusement, comment peut-on enfermer un gars dans des ruines ? C'est un peu con, non ?
- Roh, essaie un peu d'imaginer comment c'était avant ! râla Sam, émerveillé par le monument. Tu vois, là, il y avait deux rangées de colonnes en marbre, puis un fronton, un toit et une porte gigantesque pour empêcher les pillards d'entrer !
Dean plissa les yeux en tentant de se figurer le temple intact, puis réalisa que Sam tenait un dépliant sur lequel figurait une représentation en 3D du modèle d'origine.
- Sale tricheur, grogna-t-il. Bon, tu te mets à côté des pieds de Gigantor, que je te prenne en photo ?
Sam alla se placer de bonne grâce près du socle de marbre et jeta de nouveau un coup d'œil aux deux jambes qui dépassaient de là, pensif.
- Je me demande quand même à quoi ressemblait cette statue, au départ…
Il sourit en montrant les dents pour que Dean lui tire le portrait, puis mitrailla toute la zone avec son propre appareil avant de rejoindre le guide, qui les escorta jusqu'au musée.
- Alléluia, y a la clim ! s'écria presque Dean en traversant le hall d'entrée en écartant bien les bras pour s'aérer au maximum.
- T'es pas sortable, grimaça Sam en traversant le portillon pour entrer dans la galerie d'art antique.
Le groupe de visite traversa un couloir bordé de bas-reliefs finement sculptés, bien qu'abîmés par le temps, et parvinrent à une grande vitrine dans laquelle reposaient plusieurs morceaux de la statue du temple. Sam, curieux, se pencha et vit un bout de torse à peine traversé par un pan de tissu et aux pectoraux saillants, puis un bras replié tenant une lance, dont il ne restait qu'un petit cylindre coincé entre les doigts du colosse.
L'autre bras, détendu le long du corps, portait un bracelet large sur le biceps et tenait un serpent entortillé sur lui-même au creux de la paume. Le regard de Sam remonta et croisa enfin un regard de pierre que lui rendit une paire d'yeux parvenant à manifester du sarcasme malgré leur état dégradé. Les joues étaient creusées et la mâchoire marquée, et Sam crut discerner de la mélancolie dans ce portrait incolore.
- Il a l'air triste, je trouve, murmura-t-il à l'adresse de son frère.
- Il me fout les jetons, répliqua Dean en montrant les cornes grotesques qui dépassaient des cheveux épais de la divinité.
Pris par son observation du visage de l'homme, Sam n'avait pas remarqué les petits détails ajoutés par l'artiste pour le rendre monstrueux et effrayant. Ses dents étaient effilées et menaçantes, ses oreilles plus longues que la moyenne et pointues, ses doigts se garnissaient de griffes recourbées et sa bouche était figée dans un rictus sardonique. Les cornes, quant à elles, ondulaient et pointaient agressivement hors du crâne de l'homme, comme pour embrocher les touristes rassemblés devant lui.
Sam, dégoûté par les choix très discutables de l'auteur de la statue, s'éloigna pour aller observer les autres sculptures. Malgré tout, il ne put s'empêcher de revenir vers l'"avertissement" une fois les autres visiteurs partis, incapable de retenir la pitié qu'il éprouvait envers cette créature diabolisée dans l'unique but de révulser les gens. Cependant, malgré tous ces attributs bestiaux, Sam se refusait à le trouver monstrueux. Il était même agréable à regarder, si on se concentrait uniquement sur son regard scrutateur.
C'est pris d'une incompréhensible tristesse que Sam quitta le musée pour participer au reste des activités de l'après-midi sans réagir aux piques et aux blagues de Dean.
Le soir venu, Sam mangea peu et alla se coucher de bonne heure, l'esprit ailleurs. Écrasé par la chaleur, il ne tarda pas à être emporté par un sommeil de plomb.
Il se trouvait dans une forêt, près d'une rivière. Il tenait un couteau à la main et faisait face à un homme blond qui le dévisageait avec un sourire en coin, comme s'il le trouvait amusant. Le couteau fila vers la jugulaire du blond sans que Sam puisse l'en empêcher, mais l'autre se contenta de l'attraper par la main du bout des doigts, se moquant bien des efforts que faisait Sam pour se libérer.
- C'est tout ce que tu sais faire ? nargua la voix traînante de l'homme.
Sam se débattit, surpris par la force du blond qu'il venait d'essayer d'attaquer.
- Il va falloir faire mieux que ça, continua ce dernier, amusé.
Sans lâcher le poignet de Sam, l'homme le saisit par le menton et lui releva le visage de force pour le regarder avec un sourire carnassier.
- Et si je te donnais une autre chance ?
Sam voulut ouvrir la bouche pour répondre, mais il se sentit traîné en arrière par une force invisible jusqu'à être expulsé sans ménagement hors de son rêve.
Il eut juste le temps de reconnaître le regard ironique de la statue avant de se réveiller.
Sam se redressa d'un coup dans son lit, à bout de souffle, étonné de ne pas être debout dans une forêt avec un inconnu qui passait beaucoup trop de temps à se muscler les doigts.
- Bordel, c'était quoi, ça ? ahana-t-il.
Il se passa les mains sur le visage pour écarter ses longues mèches de ses yeux, puis s'assit au bord du lit pour fixer le sol couvert de moquette.
D'accord, il avait pensé à cette fichue statue pendant toute l'après-midi et une bonne partie de la soirée, mais ce n'était pas une raison pour en rêver ! Surtout que le blond n'avait ni cornes, ni griffes, ni crocs, et n'avait pas l'air aussi démoniaque que sa statue.
… Comme si le subconscient de Sam savait pertinemment que le modèle d'origine n'en possédait pas.
Le jeune homme secoua la tête, puis se recoucha, essayant vainement de se rendormir. Malheureusement, le sommeil lui échappa sans relâche alors que le visage du blond dansait sur sa rétine comme pour le narguer davantage.
Énervé, Sam finit par enfiler un t-shirt et un jean et hésita avant d'aller frapper à la porte qui faisait communiquer sa chambre avec celle de son frère. Aucune réponse. Sam risqua un œil de l'autre côté de la porte, puis s'y engouffra, soulagé de ne pas voir son frère au lit avec une jolie Grecque nue comme un nouveau-né.
Au contraire, Dean dormait à poings fermés, étonnamment, et marmonnait doucement.
- 'tention… Sammy, râla-t-il à voix basse. 'anger…
Sam sourit, attendri, et remonta la couverture de son frère jusqu'à son menton avant de quitter la chambre sur la pointe des pieds. Il descendit les escaliers de l'hôtel en vitesse et sortit du bâtiment pour aller prendre l'air et se changer les idées.
Il était près de minuit et la Lune brillait déjà au-dessus de l'horizon. Le jeune homme alla observer les lumières de la ville en contrebas et regretta de ne pas avoir pris son appareil photo pour immortaliser cette scène. Enfin, la pauvre machine se rechargeait à l'hôtel, fatiguée par une journée entière passée à mitrailler chaque caillou que Sam trouvait, le tout sous un soleil de plomb. Il reviendrait le lendemain à la même heure pour prendre des prises de vues nocturnes, voilà tout.
L'Américain se tourna finalement et entreprit de descendre la rue la plus proche, qui menait à un petit parc, désert à cette heure. Il fit un tour parmi les arbres et les buissons et ne tarda pas à revenir sur la route principale. Il consulta sa montre et décréta qu'il pouvait encore se promener vingt minutes avant de retourner se coucher.
Sam dépassa quelques échoppes fermées et salua un chat de gouttière qui le fixait en silence de ses yeux dorés rendus brillants par la lumière des lampadaires. Il dépassa le chat et s'écarta du milieu de la route en entendant une voiture arriver dans son dos, allongeant son ombre avec ses phares.
Arrivé près d'une benne à ordures, Sam s'arrêta pour laisser à la voiture le temps de le dépasser, mais étrangement, celle-ci ne semblait plus rouler aussi vite qu'avant. Étonné, le touriste se tourna vers le véhicule et tressaillit en voyant les deux portières arrières s'ouvrir et des hommes en sortir pour se diriger vers lui.
Aussitôt, l'instinct de survie de Sam prit le dessus et il fila sur sa gauche, entre la benne et la voiture, pour prendre la fuite dans la rue. Immédiatement, il entendit les hommes se mettre à courir à sa suite et retint de justesse un glapissement de terreur, qui s'étrangla dans sa gorge tandis qu'il accélérait encore. Rapidement, Sam fit l'inventaire des potentielles armes qu'il portait sur lui, mais à part la clé de sa chambre, il n'avait absolument rien. Sans cesser de courir, le jeune avocat extirpa sa clé de sa poche et la coinça entre deux de ses doigts avant de fermer le poing, prêt à griffer le premier assaillant qui l'attraperait.
Justement, une main se referma autour de son bras et Sam, fou de terreur, se tourna à moitié pour lui planter la clé dans la peau et ressentir une petite vague de soulagement quand l'autre cria un juron. Il le lâcha finalement, et Sam reprit de la vitesse, sa clé ensanglantée à la main. Il l'avait vraiment échappée belle !
- Choppe-le ! cria quelqu'un en grec derrière lui, et Sam crut mourir quand on harponna tout à coup sa cheville.
Emporté par son élan, le touriste tomba en avant et s'ouvrit la peau avec sa clé, qu'il rangea en vitesse dans son jean avant de se faire encore plus mal par accident. Après quoi il se débattit pour se retourner et envoya son talon au visage de l'homme qui le retenait, mais l'autre esquiva et sortit une chose noire et brillante de sa poche pour…
Un flingue.
Il le menaçait d'un flingue, comprit Sam, glacé jusqu'à l'os par cette réalisation. Son corps se figea et Sam, impuissant, dut se résoudre à lever les mains pour se rendre. L'homme se releva, le domina de toute sa hauteur et, avant que sa victime ait eu le temps d'articuler un mot, le frappa à la tête avec son arme.
Le jeune homme tomba en arrière et eut l'impression d'être soulevé et déposé sur une banquette arrière de voiture avant de sombrer dans l'inconscience.
Sa dernière pensée fut pour Dean et, inexplicablement, pour le modèle de la statue biscornue.
à suivre…
Pfiou, écrire en se fiant uniquement à ses souvenirs, c'est pas de la tarte ! Enfin, normalement, tout est là ^^
Une petite théorie à exposer ? Laissez un commentaire !
