Bonjour vous ! Voilà la suite des aventures de l'esprit pervers et du pauvre avocat qui doit se le coltiner. Cette fois, on a le point de vue de Dean sur ce qui se passe, pour changer ! ^^

Dean : Il était temps.

Heum… bonne lecture ?


Dream a little dream of me

Dean Winchester faisait un rêve remarquablement désagréable à propos de son frère. A vrai dire, c'était un rêve plutôt pénétrant, le genre qui a l'air tellement réel qu'on se réveille à la fin en se demandant pourquoi on est toujours en vie. Ou pourquoi on a encore des dents.

Le rêve que Dean faisait était un de ceux-là.

Il était de retour sur cette colline beaucoup trop raide qu'il avait visitée avec Sam quelques heures plus tôt, sauf que cette fois, il faisait nuit. La statue qui avait tant fasciné son petit frère était là aussi, mais Dean eut l'impression bizarre qu'elle n'allait pas survivre à cette nuit. Ah, et au lieu d'un tas de ruines, le temple était à nouveau entier et luisait faiblement sous la lune.

Ça, c'était pour la partie relativement normale du cauchemar.

Le plus surprenant, en réalité, c'était l'énorme serpent noir qui enserrait Sam dans ses anneaux comme un pantin, prêt à l'écrabouiller jusqu'à ce que mort s'ensuive. Sam était bleu de trouille face au regard rouge et malsain que l'énorme bête avait tourné vers lui, et Dean pouvait parfaitement le comprendre. Lui, il aurait carrément fait dans son pantalon.

Étrangement, une autre silhouette clignotait par-dessus celle de Sam par intermittence. C'était un corps plus fin que le large torse du touriste et il semblait aussi… plus pâle, comme si l'autre personne portait des vêtements blancs.

Impuissant, incapable d'intervenir, Dean regarda, ahuri, son frère entourlouper une créature dix fois plus grande que lui, qui ne tarda pas à le poser au sol avec délicatesse. Sam avait raté sa vocation de dompteur !

Le touriste endormi voulut vérifier que son frère allait bien et découvrir à qui appartenait cette autre silhouette, mais une force le repoussa en arrière, au point de l'arracher à son rêve sans ménagement. Une lumière aveuglante avala Dean et il ouvrit les yeux, le souffle coupé par l'expérience de malade qu'il venait de vivre.

- He merde, souffla-t-il en découvrant qu'il était dans une tente, couché sur un lit de camp très inconfortable.

Dean se redressa tant bien que mal sur son séant et observa les alentours, s'attendant presque à trouver Sam sous l'abri rouge foncé. Une autre part de lui, celle qui gérait ses instinct et ses intuitions, lui souffla que son frère n'était pas là, et Dean la crut sans difficulté. Il voulut se lever, mais une menotte attachée à son poignet l'en empêcha.

Le mécanicien, muet de stupeur, suivit la chaîne des yeux et s'aperçut que l'autre bracelet était accroché à un piquet de la tente. S'il essayait de l'enlever, la tente s'affaisserait et ses ravisseurs le crameraient immédiatement. Car oui, Dean avait bien compris qu'on l'avait enlevé.

Perdu malgré tout, le touriste essaya de se souvenir de ce qui s'était passé. Il avait été se coucher après Sam, complètement fourbu après une journée d'escalade de fichues collines, et la chaleur avait terminé de l'anesthésier. Il avait eu vaguement conscience de la porte communicante qui s'ouvrait et avait senti la présence de son frère, qui n'était pas resté longtemps avant de s'en aller, sûrement pour se balader. Sam faisait toujours ça quand il n'arrivait pas à fermer l'œil.

Il avait cru entendre son frère revenir dans sa chambre après coup, mais il s'était trompé, puisque la porte communicante s'était à nouveau ouverte sans discrétion. Sam, lui, aurait fait pivoter le panneau avec délicatesse pour ne pas le réveiller. Quelqu'un avait donc mis la main sur la clé de la chambre de Sam et s'en était servi pour faire irruption chez Dean et le kidnapper dans son sommeil avec l'aide d'un chiffon imbibé de chloroforme. Ce qui expliquait d'ailleurs la migraine qui commençait à cogner sur le cerveau du jeune homme.

S'il se fiait à son instinct - qui ne se trompait jamais - Sam n'était pas prisonnier des kidnappeurs de Dean mais était relativement en sécurité avec un serpent géant. Waouh, comme quoi, tout est relatif.

Une fois moyennement rassuré sur le sort de son petit frère, Dean s'autorisa enfin à paniquer. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait, de qui l'avait enlevé (au moins ce n'était pas un gigantesque monstre avec des crocs) ni de ce que ces gens lui voulaient. Génial, il ne savait rien du tout.

A ce moment-là, Sam aurait lâché un petit commentaire caustique, s'il avait été présent. Mais Sam n'était pas là, et Dean commençait lentement mais sûrement à avoir les jetons.

Il fixa ses menottes avec colère, comme si ça allait les ouvrir, puis chercha des yeux un outil, un crochet, voire une clé qui lui permettrait de s'enfuir. Il ne vit qu'un coffre à l'air ancien qu'il ne pourrait de toute façon pas ouvrir car il était trop loin, et un vieux tapis élimé sur le sol. Frustré, Dean fixa le plafond de la tente et réalisa une chose.

Il n'était pas dans une tente moderne, avec la tirette et tout. C'était un vieux modèle en tissu rouge comme on pouvait en voir dans les fêtes médiévales.

D'accord. Il avait été enlevé soit par des médiévistes, soit par des tarés vieux jeu. Et vu que les médiévistes étaient généralement de gentils geeks paumés dans la vie réelle, Dean votait pour la deuxième solution.

- Ah, il est réveillé ! annonça une voix enthousiaste que Dean se mit aussitôt à haïr.

Le jeune homme se tourna pour voir un vieux croûton quasi chauve écarter un pan de la tente pour s'incruster dans sa prison personnelle. Un type brun en pardessus avec une tête d'enterrement le suivait et se posta dans un coin de la tente, comme si Dean était en état de frapper son boss, non mais franchement…

Le chauve s'approcha de son prisonnier, qui put ainsi mieux le détailler. Costume trois pièces, bedonnant, grisonnant, le regard lubrique et délavé, un double menton en formation…

- Ouais, un taré vieux jeu, confirma Dean à haute voix en acquiesçant d'un air très sérieux.

L'autre le fusilla des yeux et son poing s'ouvrit et se referma comme s'il brûlait d'en coller à une à Dean. Cependant, il ne se laissa pas emporter par sa colère, remarqua le mécanicien. Donc, il devait éviter de lui faire du mal, c'était toujours bon à savoir.

- Bon, est-ce que je peux savoir pourquoi je suis là et où est mon frère, tête de nœud ? demanda poliment l'Américain.

Le chauve se redressa, la mâchoire serrée, et sembla sur le point d'insulter Dean à son tour, mais il esquissa finalement un sourire retors avant de répondre :

- Tu es là uniquement pour nous servir d'otage, figure-toi. Ton petit frère est en train d'exécuter une mission pour nous, et il ne faudrait pas que tu te mettes en travers de son chemin et que tu l'empêches de la mener à bien, hmm ? En plus, tu lui sers de motivation, n'est-ce pas le rôle des grands frères ?

- Ouais, donc, en gros, vous l'avez menacé de me tuer s'il ne vous obéit pas. Classique, résuma Dean entre ses dents.

Décidément, ce petit chauve lui donnait envie de vomir. Ou de lui enfoncer un tisonnier dans le…

- Et peut-on savoir quelle mission débile vous lui avez imposée ? ironisa Dean.

- Oh, rien de bien méchant, répondit le chauve avec fatalisme, il doit juste tuer un monstre antique pour sauver le monde.

Les yeux de Dean s'arrondirent et il lâcha un rire nerveux, clairement amusé par cette idée.

- Vous avez envoyé mon petit frère buter un monstre ? Sérieusement ? Le petit Sammy ? L'avocat aux nerfs d'acier qui s'excuse quand il tue un moustique par accident ? Oh, et vous savez que les monstres n'existent pas ? C'est comme le Père Noël, mec, c'est un truc inventé par les adultes pour faire peur aux petits enfants. Enfin, techniquement, le Père Noël n'est pas censé faire peur, mais je vous garantis que celui qu'on avait à l'école était un vrai co…

L'homme en costume le fit taire d'un revers patriarcal sur le coin du visage. Dean faillit se mordre la langue et entendit son cou craquer à cause du mouvement rapide exercé par ses cervicales.

- Crois-moi, siffla le chauve, ressemblant plus que jamais à un gros serpent gris. Les monstres existent, et si ton petit frère ne règle pas son compte à celui-là, tu seras le premier à en subir les conséquences. Enfin, ce sera le cadet des soucis de Sam, vu que ce monstre-là réduira l'humanité en un tas de cendres à la moindre contrariété.

Il se redressa et s'éloigna vers la sortie de la tente.

- Prie pour que ton frère ait les couilles de faire son job, Dean ! Virgile, reste devant sa tente et monte la garde, ordonna-t-il à son acolyte en pardessus.

Les deux malades s'esquivèrent et Dean se retrouva à nouveau seul dans sa suite grand luxe.

Le jeune homme, perturbé, organisa ses pensées pour se calmer. Donc, Sam et lui avaient été enlevés tous les deux, Sam parce qu'il était censé tuer un monstre, et lui pour forcer la main de son petit frère. Ah, et si son intuition ne le trompait pas, son frère était à cet instant aux prises avec un serpent géant capable de détruire le monde si qui que ce soit l'emmerdait.

Et la survie du monde dépendait de la capacité de Sam à tuer une créature qu'il pensait plus ou moins innocente.

- On va tous crever, soupira Dean en se recouchant sur son lit de camp.


Sam était coincé entre les bras de Lucifer, qui l'étreignait comme si sa vie en dépendait dans son sommeil. Ils se trouvaient tous les deux couchés sur les fourrures de l'esprit, et le soleil était sur le point de se lever à l'extérieur de la grotte.

Sam étendit un bras fin mais musclé hors du lit et sentit sous ses doigts la dureté froide des pièces d'or que Lucifer rassemblait depuis déjà un siècle ou deux. Bénissant l'avidité du serpent, Sam laissa courir ses doigts sur les bijoux et autres accessoires sans importance pour enfin tomber sur ce qu'il cherchait. Il referma ses doigts autour du manche d'une petite épée d'or et la souleva pour l'observer à la lueur du soleil levant. Le métal mou n'était pas génial pour forger une arme, mais cette lame serait suffisante.

D'un geste fluide, Sam pointa la lame vers la gorge de Lucifer et laissa son bras retomber d'un coup, espérant transpercer la jugulaire tendre du grand blond.

C'est alors qu'un bras supplémentaire se souleva et attrapa le sabre entre deux doigts alors que la pointe effleurait la gorge de Lucifer. Horrifié, Sam se tourna vers le propriétaire du bras, qui venait d'ouvrir les yeux et le fixait avec amusement.

- Tu ne laisses jamais tomber hein ? murmura l'esprit en désarmant son invité pour jeter l'épée sur le tas d'or, de l'autre côté de sa "chambre".

- Jamais, siffla Sam d'une voix rendue aiguë par la peur.

- Mais qu'est-ce que j'ai bien pu te faire pour que tu ais si envie de me voir mort…?


Sam se réveilla d'un coup, tiré de son rêve bizarre par un bruit. Il leva les yeux et aperçut le visage désormais familier de Lucifer, qui le regardait avec des yeux choqués. C'est là que le touriste mit le doigt sur le bruit qui l'avait réveillé : le battement trop rapide du cœur de Lucifer contre son oreille.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Sam d'une voix pâteuse en essayant d'enfouir son rêve au fond de son esprit, au cas où l'homme-serpent saurait lire dans les pensées.

Lucifer le fixa sans comprendre, puis se passa une main sur le visage avant de lui adresser un sourire qui se voulait rassurant.

- Rien, je… j'ai cru voir quelqu'un d'autre.

- Qui ça ? s'enquit Sam avec curiosité tout en détachant les bras de Lucifer de son torse.

- …Un fantôme, fit Lucifer d'une voix si basse que Sam crut avoir mal entendu.

Le blond se leva d'un bond avec une motivation indécente et esquissa un sourire aveuglant dans la direction de Sam, qui se frottait encore les yeux.

- Allez, lève-toi Sam ! Tu dois me montrer le "XXIe siècle" aujourd'hui ! Les pizzas n'attendent pas !

L'esprit conjura un plat de fruits trop colorés et propres pour être vrais et s'assit en tailleur pour leur faire un sort. Il s'amusa à lancer des grains de raisin vers Sam, qui se garda bien de les attraper entre ses dents.

- Espèce de gamin, grogna le jeune homme en s'asseyant sur les fourrures. Où sont les toilettes ?

- Les toilettes ? répéta Lucifer, une pêche suspendue entre ses doigts à deux centimètres de sa bouche.

- J'ai la vessie pleine et je voudrais la vider, s'impatienta Sam. Tu préfères que je fasse ça sur ton or ou dans ton plumard ?

Le blond grimaça de dégoût et indiqua la sortie à Sam, qui se hâta dans cette direction, très heureux de trouver un buisson pas trop loin de la grotte. Il se lava les mains dans un cours d'eau non loin de là et retourna à la caverne pour grignoter quelque chose avant que Lucifer n'ait vidé toutes ses réserves.

- Tu as bien dormi ? demanda l'esprit d'un ton dégagé en lui offrant un quart de melon après l'avoir brisé à mains nues.

- J'aurais bien dormi si quelqu'un ne m'avait pas collé pendant des heures avec une partie très gênante de son anatomie ! s'exclama Sam en rougissant comme une brique.

- Tu as de la chance que je dorme habillé dis donc, plaisanta Lucifer.

- Tu appelles ça "habillé" ? s'étonna Sam. Tu ne portes même pas de sous-vêtements !

- Comment le sais-tu ? s'enquit Lucifer avec un sourire ouvertement pervers.

Sam se mordit la lèvre, rougit de plus belle et se garda bien de répondre. Il aurait bien aimé pointer du doigt le fait que le chiton de Lucifer était fendu sur le côté et laissait peu de place à l'imagination, mais il avait peur de s'emmêler les pinceaux à cause de l'embarras et faire croire à son interlocuteur qu'il était intéressé. Ce qui n'était pas le cas.

- Bon, quoi qu'il en soit, reprit Sam, tu ne peux pas aller en ville dans cette tenue. Tu vas te faire arrêter pour exhibitionnisme.

- Mais toutes les parties sensibles sont cachées, pourtant, objecta Lucifer, qui n'y comprenait plus rien.

- Maintenant, oui, mais au premier coup de vent, les gens auront une vue imprenable sur tes fesses.

- Et c'est mal ? Je me souviens qu'avant, les gens adoraient mes fesses !

Sam crut un instant que Lucifer le faisait tourner en bourrique, mais vu son air innocent, non, il était sérieux.

- Bon sang… souffla Sam. Ecoute, Lucifer. Les gens d'aujourd'hui ont tendance à ne pas apprécier quand les autres gens se mettent à poil devant leurs enfants, tu saisis ? Alors même si tes fesses sont sympa à regarder - et non, je ne veux pas les voir, merci - couvre-les d'un boxer s'il te plaît. Mieux, trouve-toi des fringues modernes, qu'on en finisse.

Lucifer le considéra en silence pendant quelques secondes, puis finit par acquiescer lentement.

- D'accord, il faut savoir se fondre dans la faune locale, après tout. A quoi ressemble ce "boxer" dont tu me parles ?

Le regard bleu fila sur la ceinture de Sam, qui imagina parfaitement à quoi pensait l'esprit pervers.

- Ne compte pas sur moi pour te montrer le mien, grogna le jeune homme.

Il s'empara de quelques flèches d'or qui traînaient là et s'en servit pour dessiner sommairement un boxer sur le sol de la grotte. Lucifer s'approcha précautionneusement du dessin et fronça les sourcils.

- Mais ça ne tiendra jamais, il faudrait une ceinture !

- C'est pour ça qu'on utilise du tissu élastique pour les faire, soupira Sam.

- Comment ça ?

L'avocat envoya une œillade désespérée à son hôte, dont les grands yeux bleus ne le quittaient pas. Il soupira, résigné, et releva son t-shirt pour montrer l'élastique de son sous-vêtement à l'homme-serpent. Lucifer prit ça pour une invitation et se leva pour tirer sur le tissu sombre, n'hésitant pas à l'écarter pour regarder ce qui se trouvait dessous.

- MAIS ! hurla Sam en le repoussant sans ménagement. Espèce d'enfoiré de pervers !

- Il fait si noir là-dedans que je n'ai quasi rien vu, déplora Lucifer. Mais tu sais, Sam, ce que j'ai réussi à apercevoir ne devrait pas te faire honte. Tu es très bien formé, va.

Sam hoqueta, le visage tellement rouge qu'il en devenait violet. Il balbutia quelque chose d'incompréhensible et préféra retourner se coucher plutôt que de voir cette conversation s'éterniser. Lucifer ricana, ravi de sa mauvaise blague, et claqua des doigts pour faire apparaître une copie de ce "boxer" autour de sa taille. Il effectua quelques mouvements pour tester le matériau et s'estima satisfait. C'était même assez confortable, en fin de compte.

Il copia ensuite les vêtements de Sam et en changea la couleur, optant pour un haut blanc sur un pantalon beige et une veste sable pour ne pas trop souffrir de la chaleur. Hé, il avait la classe comme ça ! Bon, ça n'avait pas la majesté d'un chiton et il se sentait un peu trop comprimé, mais si ça pouvait détendre son guide, il consentait volontiers à en passer par là.

- Voilà, je suis prêt ! claironna-t-il avec entrain.

Il prit la pose et regarda Sam se redresser pour le regarder, bouche bée.

- Ce fut rapide, commenta le jeune homme en se relevant lentement. Tu as oublié les chaussures.

Il souleva la jambe de son pantalon pour montrer ses chaussettes et ses baskets à Lucifer, qui recopia le tout d'un claquement de doigts. Et voilà, l'esprit de la nature le plus pervers de l'Histoire ressemblait maintenant à un type normal du XXIe siècle.

Le monde n'allait jamais s'en remettre.

à suivre…


Luci, pose ce clavier leeeentement !

(soupir)

Un petit commentaire me motive toujours pour écrire une suite, sachez-le !