Bonsoir ! C'est encore moi, Lilisu, qui reviens vous emmerder avec 3000 mots cuculs ! (y a un peu de Dean aussi) N'hésitez pas à reviewer, c'est bon pour ma conscience.
Bonne lecture !
Free to be you and me
Sam aurait eu une grosse bosse si les pouvoirs de l'esprit pervers qu'il accompagnait n'avaient pas apaisé la douleur dans sa tête. Il dut bien admettre que Lucifer avait ses bons côtés - beaucoup plus de bons côtés qu'il ne le pensait au départ, d'accord.
Non content de soigner l'impact en forme de mur sur la tête de Sam, Lucifer passa le reste de la journée à le scruter avec inquiétude et à lui demander comment il se sentait. C'était à la fois adorable et agaçant, et Sam eut énormément de mal à rester calme et poli avec son ami mythologique.
Il passa l'après-midi à ressasser ce que Samara lui avait dit. Il était la réincarnation d'une femme, pour commencer. Dean n'allait jamais le lâcher avec ça s'il l'apprenait un jour. Enfin, il aurait pu tomber plus mal, car Samara avait l'air plutôt impressionnante, comme fille, et elle avait failli lui briser le bras. Son amour-propre allait s'en remettre.
Elle l'avait carrément poussé entre les bras de Lucifer, et même si Sam avait de plus en plus envie de céder à la tentation - que l'autre enfoiré ne l'aidait pas du tout à combattre ! - il avait tout de même quelques réserves. D'accord, Samara avait affirmé que Lucifer devenait brutalement fidèle en tombant amoureux, mais rien ne garantissait que c'était la vérité et que Lucifer était réellement à fond sur lui.
A part ça, Samara lui avait aussi parlé de non pas une, mais trois âmes réincarnées dans des corps du présent. Il pensait que Dean était l'une d'entre elles, mais il n'avait aucune idée de l'identité de la troisième âme voyageuse, et encore moins de son pendant du présent. Logiquement, si Samara en avait parlé, c'est que cette personne devait être de leur côté. Sam avait hâte de découvrir de qui il s'agissait : un guerrier ? Un prêtre ? Un médecin ? Pour l'instant, ses rêves ne lui avaient rien révélé sur ce troisième personnage, donc peut-être était-il apparu plus tard dans l'histoire tumultueuse de Samara et Lucifer ?
Pour l'instant, il allait se préoccuper de sauver Dean, et le reste était secondaire. S'il voulait amener Lucifer à l'aider dans cette tâche, il devait gagner sa confiance et lui révéler certaines vérités que l'esprit n'était peut-être pas prêt à entendre. Il avait donc à la fois le besoin (et l'envie) de se rapprocher du blond s'il voulait libérer Dean de l'Ordre.
Au moins, la bouffe était bonne, pensa Dean, toujours menotté à son lit de camp.
Il se trémoussa inconfortablement, incommodé par la chaleur ambiante de l'après-midi, et récupéra la cuillère qu'il avait escamotée lors du repas précédent. Soucieux d'effacer les preuves de son méfait, il avait englouti la crème au chocolat fournie par ses très aimables (hrm hrm) ravisseurs et écrabouillé le malheureux pot en plastique sous ses fesses. Le pot en 2D avait ensuite été dissimulé sous le bord de la tente et la cuillère glissée dans l'élastique du pantalon de jogging qui lui servait de pyjama.
Le type qui était venu rechercher son assiette et ses couverts n'avait rien dit et s'était contenté de lui adresser un coup d'œil menaçant en se penchant devant lui avant de s'esquiver.
Dean brisa le manche de l'ustensile en plastique blanc et observa d'un œil d'expert la forme obtenue. Après l'avoir jaugée pendant quelque temps, il examina la serrure de ses menottes et entreprit de poncer le plastique dur sur le bord de son lit. Il en avait pour un certain temps, soupira-t-il intérieurement tout en fredonnant une vieille chanson de rock que son père adorait de son vivant.
Puis, pensif, il se demanda ce qu'était en train de faire Sam, quel que soit l'endroit où il se trouvait.
- Cul sec ! Cul sec ! Cul sec ! criait Sam tantôt en grec ancien, tantôt en grec moderne sous les acclamations de la foule.
Au milieu de la salle où les deux hommes avaient élu résidence pour la soirée, Lucifer vidait consciencieusement un fût de bière d'un seul trait, les yeux rendus brillants par l'attention qu'il attirait sur lui. Il reposa rapidement le fût et se frotta le menton, satisfait de sa performance.
- Alors, j'étais comment ? frima-t-il en rejoignant Sam dans un coin, ravi des applaudissements de son public d'un soir.
- Génial, affirma Sam avec un petit sourire avant de lui tendre un minuscule verre rempli d'alcool transparent.
Lucifer lui porta un toast muet et vida le verre sans quitter Sam des yeux tout en parvenant à garder un sourire en coin.
- Excusez-moi, on peut prendre un selfie ? demanda une jeune femme rougissante entourée de ses amies tout aussi bourrées.
Lucifer regarda Sam, circonspect, et écouta la traduction du jeune homme avant de se détendre. Il esquissa un grand sourire plein de dents pour l'objectif et, dès que les fêtardes se furent éloignées, il se tourna à nouveau vers Sam, enthousiaste.
- Je t'avais dit que j'étais populaire !
Sam, bizarrement, se contenta de sourire comme si Lucifer venait de réussir un test dont lui seul avait connaissance. L'esprit cogita un instant à ce sujet, puis, comme Sam avait l'air heureux, il laissa tomber et resta pendu au bras de son ami.
Il ignorait totalement pourquoi Sam avait décidé à brûle-pourpoint de les faire participer à cette… soirée avec tous ces étudiants et ces jeunes adultes éméchés, et connaissant l'avocat, il devait avoir une idée derrière la tête. Lucifer, extatique à l'idée de faire la fête, n'avait pourtant rien dit et s'était plongé dans l'ambiance électrique et bruyante de la boîte de nuit.
Les fêtes du XXIe siècle étaient très différentes de celles qu'il connaissait, mais la transition fut plus facile que prévu, l'alcool aidant. Finalement, il retrouvait beaucoup d'éléments de son époque : les tenues légères des femmes, la drague lourdingue des hommes, la musique (bien que le style ait considérablement évolué), les substances vaguement illicites et l'ivresse. Heureusement, d'après ce qu'il avait compris, il était plus ou moins interdit de se promener avec des armes dans ce pays, sans quoi la petite fête aurait pu connaître une issue bien sanglante.
Lucifer avait déjà participé à une… sauterie des Ménades, les suivantes folles et parfois droguées de Dionysos. Malgré son immortalité, il avait eu chaud aux fesses à plusieurs moments et s'était juré une chose : plus jamais. Rien que leurs danses violentes suffisaient pour finir dans le fossé le plus proche avec un ou deux membres en moins. Lucifer était un immortel marrant, pas un type complètement fou, merci pour lui.
L'esprit légèrement embrumé par l'alcool, l'homme-serpent traîna Sam sur la piste de danse et essaya d'imiter les mouvements bizarres des autres danseurs avec plus ou moins de succès. Il finit cependant par renoncer à ce rituel évoquant les gesticulations des algues sous l'océan et attrapa les hanches de Sam pour l'attirer contre lui et respirer son odeur obsédante, à peine gêné par les vapeurs de transpiration qui recouvraient la piste. Sam, bien entamé lui aussi, tenta de danser comme les autres, mais, coincé contre Lucifer, il ne parvint qu'à se trémousser maladroitement sur place.
- Je suis une quille en danse, se plaignit le jeune Américain à l'oreille de Lucifer, qui sourit contre son cou.
- Je te trouve parfait, au contraire.
- C'est vrai ? s'égosilla Sam par-dessus la musique.
- Si tu savais ce que tu me fais subir avec tes mouvements d'anguille… susurra Lucifer à son oreille en ondulant des hanches, provocateur.
Sam rougit et cacha son visage dans le creux de l'épaule de Lucifer, trop gêné pour le regarder en face. Lucifer éclata de rire et lui caressa lentement le dos de haut en bas, glissant ses doigts sur la peau de Sam juste au-dessus de son jean. Il souleva un petit peu le t-shirt du jeune homme et dessina des ronds sur sa peau lisse et un peu humide, provoquant un petit frisson que Lucifer trouva tout bonnement adorable. Le poing de Sam se resserra sur l'épaule de son cavalier et Lucifer prit ça pour un encouragement à poursuivre.
Il continua de passer ses doigts sur la peau de Sam avant de voir le teint rouge et les yeux vitreux du jeune homme, dont l'haleine était quand même bien chargée.
- Et merde, tu es complètement bourré en fait ? demanda Lucifer en rabattant le t-shirt de Sam sur son dos.
- Moui, bredouilla le touriste, la voix assourdie par l'épaule du grand blond.
Lucifer se recula, déçu. En temps normal, Sam repoussait sans cesse ses avances. Le toucher alors qu'il était soûl était totalement le genre de chose que Lucifer ne s'autoriserait jamais à faire, même si le jeune homme le suppliait. Ça le frustrait, de voir Sam si ouvert à de nouvelles expériences sans pouvoir les lui offrir, mais l'esprit avait un code de conduite. Et généralement, ses coups d'un soir tenaient mieux l'alcool et restaient suffisamment sensés pour donner leur consentement en toute connaissance de cause.
Le blond ramena l'avocat sur le bord de la piste et l'assit sur une chaise avant de s'attaquer à l'étreinte de poulpe de Sam, qui refusait de le lâcher. A moins qu'il ne ce soit endormi.
Amusé malgré tout, Lucifer décrocha un bras de lui, puis entreprit de desserrer le second, mais la main de Sam était si crispée dans son dos qu'il eut des difficultés à le dégager.
- Allez, Sam, un peu d'aide ? murmura-t-il à son cavalier.
- Nah, répondit Sam, la bouche pâteuse.
Lucifer soupira, puis tira d'un coup sur le bras du géant, qui se décolla enfin de lui. Ce faisant, un des ongles de Sam se prit dans l'ourlet du t-shirt blanc de Lucifer et, emporté par son élan, le doigt en question griffa la peau du cou de l'homme-serpent, qui faillit en lâcher Sam tant il fut surpris de sentir une douleur vive et brusque à l'arrière de la tête.
Il sécurisa tout de même la position du jeune homme alcoolisé et porta une main tremblante dans son cou avant d'écarquiller les yeux en la voyant revenir ensanglantée. Son regard choqué alla de Sam à sa main à plusieurs reprises, puis il s'assit sur une chaise voisine, les jambes tremblantes.
Comment était-ce possible ?
Sam n'était qu'un humain. Séduisant, adorable et gentil comme tout, mais un humain tout de même.
Un humain qui ressemblait un peu trop à Samara pour que ce soit une coïncidence…
Lucifer se tourna vers Sam et souleva la paupière droite de ce dernier, qui n'émit même pas de protestation, trop perdu pour s'en apercevoir. Un iris vert lui fit face, puis se teinta d'or, puis de brun avant de revenir au vert forêt.
Des yeux changeants, tout comme Samara. Le don de le blesser, tout comme Samara.
Le blond se passa une main sur le visage, tremblant. C'était impossible. Enfin, pas tout à fait ; Sam pouvait tout à fait être un descendant très éloigné de Samara et avoir hérité de son don. Il y avait donc possiblement des centaines d'humains pourvus du don de le tuer sur cette planète.
Autre implication : Samara avait épousé un homme - un autre que lui, sinon elle aurait engendré toute une lignée de quasi demi-dieux - et lui avait donné des héritiers.
Elle l'avait donc trahi non pas une, mais deux fois.
La partie sensée de Lucifer lui rappela qu'à l'époque, Samara avait déjà prouvé qu'elle n'était pas digne de sa confiance, et le fait qu'elle ait eu un amant n'avait donc rien d'étonnant. De plus, elle aurait très bien pu rencontrer un autre homme après l'enfermement de Lucifer et tomber amoureuse de lui, vu que Lucifer ne risquait pas de lui revenir. Dans ce deuxième cas, il ne pouvait pas lui en vouloir - enfin, pas plus que d'habitude.
Le côté possessif de Lucifer, bien plus bruyant que le Lucifer sensé, lui, hurla à l'outrage. Comment avait-elle osé trahir l'affection et la confiance d'un foutu esprit de la nature pour se tourner vers un bête humain ?! Comment avait-elle pu lui infliger une telle humiliation ?
La tête de Sam atterrit brusquement sur son épaule, mais Lucifer ne lui prêta aucune attention. Il fit dégriser le jeune homme d'un geste de la main et retourna à ses sombres pensées.
Combien de potentiels tueurs cette garce avait-elle engendrés, au juste ?
La tête endormie de Sam toujours posée sur son épaule, Lucifer se couvrit le visage de ses mains et envisagea un instant de pleurer de frustration, mais son orgueil l'en empêcha. D'accord, Samara l'avait blessé alors qu'il l'en croyait incapable, morte comme elle l'était, mais il ne montrerait à personne combien il souffrait, pas même à Sam.
…Bordel, il aimait toujours la guerrière, même après tout ce temps, toute cette rancune… Et elle l'avait oublié, enterré comme… comment disait Sam, déjà ? Un ex lourdingue. Comme si leur histoire n'était jamais arrivée. Comme si Lucifer ne lui avait jamais juré fidélité jusqu'à sa mort - car Samara, réaliste, avait refusé qu'il lui promette l'éternité, à l'époque.
Lucifer, fou d'une rage contenue, essaya pour la millionième fois au moins de tordre l'amour qu'il ressentait encore pour la Grecque, de le changer en haine, en vain. Autant en colère contre lui-même que contre la femme qu'il aimait, l'esprit réfléchit alors à un moyen de se venger, et son regard tomba alors naturellement sur le corps endormi de Sam.
Quelle meilleure vengeance que de séduire une bonne fois pour toutes le descendant de celle qui l'avait trahi et de celui qui lui avait ravi sa femme ?
- Bordel, ma tête… grogna Sam en ouvrant les yeux.
Il avait la bouche sèche et un mal de tête à se coller une balle entre les deux yeux, et Lucifer le regardait avec une patience amusée de l'autre côté d'une…table ? Le blond effleura le front du touriste du bout de ses doigts, et la douleur ne tarda pas à disparaître.
- Wow, merci ! s'exclama le grand brun avant de jeter un œil aux environs.
Ils étaient sur une terrasse de restaurant et les étoiles brillaient au-dessus de sa tête. Il remarqua que Lucifer avait changé de vêtements et arborait maintenant une veste de costume anthracite sur une chemise immaculée. Il avait également fait enfiler sa veste à un Sam manifestement endormi, et bien lui en avait pris car l'air se rafraîchissait rapidement.
- Heu, c'est un rencard ? balbutia l'avocat en se tournant à nouveau vers son hôte surnaturel.
- Explique "rencard" ? demanda Lucifer, les sourcils chiffonnés.
- Un rendez-vous galant ? clarifia Sam en rougissant légèrement au niveau des pommettes.
- Alors oui, c'est un rencard, acquiesça Lucifer en allumant la bougie qui trônait entre eux d'un geste de la main.
Sam rougit de plus belle et se regarda, mal à l'aise. Il se sentait encore poisseux à cause de la chaleur de la journée, et il n'était pas certain de ne pas sentir la transpiration. Lucifer dut sentir son désarroi, car il posa une main rassurante sur celle, crispée, de son rendez-vous.
- Ne t'inquiète pas, tu es parfait, fit doucement l'esprit sans retirer ses doigts de ceux de Sam.
Le grand blond laissa sa main s'attarder un instant avant de la récupérer, puis ouvrit son menu d'un geste fluide pour le parcourir en fronçant les sourcils, concentré. Sam l'imita de son côté de la table, mais lança des coups d'œil furtif par-dessus le carnet noir du restaurant classe que Lucifer avait choisi.
- Il ne fallait pas, tu sais, souffla-t-il, mal à l'aise.
- Bien sûr que si, répondit Lucifer sans quitter les plats du regard. Tu m'as offert une fête malgré que ce ne soit visiblement pas "ton truc", donc je t'offre un restaurant en retour. Tu es du genre "restaurant", je me trompe ?
- Oui…
Sam avait amené Lucifer à cette fête pour vérifier les dires de Samara au sujet de sa fidélité, et il n'avait pas été déçu, vu que l'esprit n'avait regardé que lui pendant toute la beuverie qui avait suivi. Les souvenirs de Sam étaient un peu flous, mais il se souvenait très bien d'une main fraîche dans son dos et d'une danse lente au milieu de la foule. L'alcool avait beaucoup joué dans son manque de retenue, mais le jeune homme ne pouvait pas se voiler la face : il avait aimé ça. En plus, Lucifer aurait pu profiter de l'occasion pour aller plus loin avec lui, mais il s'était arrêté de le toucher à l'instant où il avait réalisé que Sam n'était pas dans son état normal.
Ça l'avait… touché, à vrai dire, et brusquement, Dean était passé au second plan. Il était resté dans les bras de Lucifer parce qu'il le désirait, pas parce qu'il était nécessaire pour sauver son frère.
Samara avait raison, comprit Sam. J'aime Lucifer.
C'était si simple de l'admettre, en fin de compte !
- Tu as choisi ? s'enquit le blond en levant un regard bleu et perçant vers son invité.
- Heu, je vais prendre une moussaka je pense, répondit Sam sans regarder son menu. Et toi ?
Lucifer haussa les sourcils et ses joues prirent la teinte d'une cerise.
- Je… je n'arrive pas à lire cette langue, avoua-t-il difficilement.
Sam sourit et commença à énumérer en grec ancien tous les plats présents sur la carte, détaillant leur contenu quand l'intitulé n'était pas suffisant. Lucifer trouva chaussure à son pied juste avant l'arrivée du serveur et laissa Sam commander une bouteille de vin pour eux deux.
- Que ferais-je sans toi ? ronronna l'esprit en faisant ouvertement du pied à son interlocuteur.
- Des bêtises, sourit Sam en se penchant en avant pour infliger une pichenette au nez de son ami.
Lucifer l'attrapa par le bras avant qu'il ait le temps de s'écarter et s'avança lui aussi vers le bord de sa chaise, les yeux assombris par le désir, ses doigts caressant l'intérieur du poignet de Sam avec lenteur. Son visage s'approcha de celui de Sam et plana là quelques secondes, le temps de laisser le jeune homme prendre une décision. L'avocat dépassa ses espérances en s'avançant de lui-même pour l'embrasser, et le monde devint soudainement plus lumineux…
à suivre…
Il fait chaud, non ?
Hrm… reviews ?
(ça fait vraiment trop longtemps que je n'ai pas écrit de romance, dites donc)
