Bonjour ! Enfin, bonsoir.
Si je peux vous donner un conseil, ne buvez pas de soupe pendant une canicule, c'est hard. Mais c'est booooon ! Oh, et aujourd'hui, j'ai passé une heure à insulter les gens au volant de la voiture, c'était drôle ! (déjà que j'aime pas conduire…)
Bref, bonne lecture !
99 problems
- Tu as passé une bonne soirée ? demanda Lucifer, l'air de rien, en s'incrustant dans le lit de fortune de Sam comme lors des nuits précédentes.
Son interlocuteur lui adressa un sourire narquois et lui rabattit un pan de sa couverture sur la tête.
- Tu sais bien que oui, crétin !
Lucifer se dépêtra de la couverture et renvoya une expression mi-penaude, mi-amusée à son compagnon de route, qui se moqua ouvertement de la tête qu'il tirait. Le grand blond poussa un soupir exagérément long et chassa une poussière de la fourrure qui couvrait Sam.
- Quand je pense que je t'ai porté jusqu'au restaurant, que je me suis habillé et que je t'ai payé le repas et toi tu… tu te moques de moi, homme sans-cœur !
- Pourquoi, tu comptais y aller à poil ? s'inquiéta Sam, la tête penchée sur le côté.
- La prochaine fois, pourquoi pas, se promit l'esprit en passant une main dans les cheveux de Sam.
Il grimaça en glissant en bas du lit de fourrure et finit par s'allonger à côté de Sam, histoire d'être plus stable.
- Il faut vraiment que tu viennes dormir dans mon lit la prochaine fois, grinça-t-il en se pelotonnant contre Sam.
- De toute façon, même si je dormais dans une rivière pleine de piranhas, tu trouverais quand même le moyen de t'incruster, plaisanta Sam. Allez, il est tard, dors.
Lucifer se tourna sur le côté en cherchant une position confortable, puis rouvrit un œil.
- Dis Sam ?
- Hm ?
- Qu'est-ce qu'un type comme toi fichait sur une colline déserte aussi tard dans la nuit ?
- Je me promenais, répondit simplement Sam d'un ton sec.
Avec un couteau ? s'étonna Lucifer en son for intérieur.
Sur le moment, il n'avait pas réalisé l'énormité de la chose, vu que dans l'Antiquité, n'importe quelle personne douée d'un minimum d'instinct de conservation portait une lame. Pourtant, le port d'armes était fortement contrôlé à cette époque, et si Sam n'était qu'un touriste, pourquoi se promenait-il avec une arme ? Décidément, son guide ne lui disait pas tout…
- Allez comme ça, vous avez été choisis par Michael pour nous aider à combattre Lucifer ? fit une voix sourde dans l'esprit embrumé de Sam.
Le jeune homme essaya de se souvenir de l'endroit où il se trouvait et se rappela d'un coup la boîte de nuit, le restaurant, le baiser et la soirée atrocement romantique qui avait suivi. Il avait embrassé Lucifer à deux autres reprises au cours de leur rencard, mais bizarrement, l'esprit n'avait pas insisté pour lui arracher son pantalon, ni même pour l'embrasser alors qu'ils s'endormaient.
Peut-être avait-il fait quelque chose de mal ? Ou embrasser les gens avant de dormir n'était pas d'usage à son époque ?
Toujours est-il que Sam rêvait - encore - du passé, visiblement.
- Le dieu m'a envoyé une vision, expliqua Dean, ou quel que soit son nom. Il m'a révélé les méfaits de Lucifer et nous a dit de vous rejoindre.
Le prêtre de l'Ordre de Michael jaugea le frère et la sœur, puis plissa les paupières.
- Vous savez vous battre ?
- Nous sommes mercenaires depuis l'adolescence et nous avons reçu les leçons des meilleurs bretteurs de notre région, indiqua Dean sans se vanter.
Samara, quant à elle, observait le campement pourpre de l'Ordre qu'ils avaient rejoint sans plus se préoccuper de la conversation. Il y avait au moins cinquante prêtres, et certains portaient des épées et d'autres armes plus ou moins mortelles. Une des tentes, blanche, celle-là, semblait servir de salle de commandement, si elle pouvait se fier aux toges ornementées des hommes bedonnants qui en sortaient de temps à autres.
- Votre art ne vous servira à rien contre ce démon, regretta le prêtre à qui son frère parlait. Il est imperméable à toutes les attaques, quelles que soient les ruses que nous employons contre lui, il survit toujours et se gausse de nos échecs !
Ouais, si des armées se pressaient chez elle sans parvenir à la tuer, Samara aussi rigolerait bien, c'est sûr.
- Je suis persuadé que Michael nous a menés chez vous pour une bonne raison, affirma Dean. Au pire, nous pourrons vous aider à l'avenir, quand vous aurez trouvé une solution pour le vaincre.
L'autre soupira mais leur sourit malgré tout avant de les inviter à entrer dans le campement d'un signe de la main.
- Je vais demander à ce qu'on vous monte une tente. Comment vous appelez-vous ?
- Ma sœur se nomme Samara et je suis Denarius, fit simplement Dean.
- Vous n'êtes pas de ces contrées, n'est-ce pas ?
- Non, nous venons de l'Ouest…
Samara lança un regard noir aux prêtres qui la dévisageaient en murmurant entre eux.
- Ne leur en veuillez pas, s'excusa le vieil homme en parlant pour la première fois à la jeune mercenaire. Sur ces terres, les femmes s'occupent de leurs enfants et de leur mari, rien d'autre. Ils n'ont pas l'habitude de croiser une représentante de votre sexe armée jusqu'aux dents.
Samara renifla, outrée.
- He bien, peut-être que ces femmes devraient considérer l'option du port d'armes, les hommes les considéreraient peut-être mieux ainsi !
Sa réplique jeta un froid sur le camp, et Denarius, habitué à ses coups d'éclat, rigola pour détendre l'atmosphère.
- Ne te sens pas insultée, petite sœur, ils ont dû te prendre pour Artémis et hésiter entre l'adoration et la fuite ! …Donc j'imagine que ça fait de moi Apollon, plaisanta-t-il, faussement songeur.
Samara lui donna un coup de coude dans les côtes et les prêtres reprirent leurs tâches quotidiennes tout en leur filant des coups d'œil méfiants. Ils suivirent tous les deux leur guide, qui leur remit une cape et une agrafe en forme de sceau de Michael à tous les deux. Samara regarda les vêtements avec une vague répugnance et Denarius esquissa un sourire calme à sa sœur tout en récupérant sa broche.
A l'instant où ses doigts touchèrent le métal doré, les yeux verts de Dean se révulsèrent et il bascula à la renverse sous le cri de surprise de sa sœur.
- Den !
Samara se laissa tomber à genoux pour vérifier que le crâne de son frère n'était pas fracturé, puis le tint avec délicatesse sans savoir quoi faire.
- La guerrière Samara est la seule à pouvoir vaincre Lucifer, éructa Denarius d'une voix d'outre-tombe. Elle seule pourra le blesser, et il n'y a qu'en sa présence que Lucifer deviendra mortel ! La guerrière Samara est la seule…
Denarius convulsa encore pendant un instant, puis se souleva de lui-même hors des mains de sa sœur, ses yeux écarquillés à nouveau verts.
- Bordel des dieux, c'était quoi, ça ?!
- Den, tu vas bien ? Comment tu te sens ? s'enquit Samara en le tâtant de partout pour voir s'il était intact.
- Je vais bien ! J'ai juste l'impression de m'être fait renverser par un char et interroger pendant des heures par un Spartiate…
Sa sœur grimaça devant l'image et l'aida à se remettre debout. Le prêtre qui les accompagnait les fixa en silence avant de lever les mains pour remercier les dieux.
- Michael nous a envoyé ses meilleurs atouts ! annonça-t-il au campement. L'un est son Oracle, l'autre est la guerrière qui tuera Lucifer !
Les prêtres explosèrent en vivats tandis que Samara et Denarius se regardaient, de plus en plus inquiets par la tournure qu'avaient pris les événements.
Sam se réveilla en sursaut dans son lit de fourrure, Lucifer à moitié étalé en travers de son torse. Il repoussa doucement l'esprit et se passa une main sur le visage, affolé par son rêve.
Il ne pensait pas que Samara et son frère avaient rejoint l'Ordre de cette façon, mais après l'avoir vu, il dut admettre que c'était logique, en fin de compte. Comment Samara aurait-elle découvert son don, autrement ? Et finalement, si Dean était une âme réincarnée, il n'était pas si étrange qu'il ait lui aussi un pouvoir qui le rende particulier…
Alors comme ça, Dean était un genre de voyant. Ça expliquait pas mal de trucs. Pour commencer, depuis tout petit, Dean avait toujours été pourvu d'un instinct digne de la célèbre intuition féminine. Il n'était jamais étonné par ce qui lui arrivait, comme si une part de lui-même s'y attendait déjà.
Et ces derniers temps, ce don s'était renforcé, Sam le voyait maintenant. D'abord, il avait gagné le jackpot en devinant correctement tous les chiffres du tirage de la loterie, le tout au bon moment. C'était lui qui avait proposé ce voyage fatidique et fixé la date du départ, qui coïncidait parfaitement avec la libération de Lucifer. Comme si le Destin lui-même avait voulu que Sam se retrouve sur cette colline à ce moment précis. Il ne savait toujours pas comment l'Ordre avait su qui il était et où le trouver, mais au moins, une partie de l'histoire devenait subitement plus claire.
Enfin, il avait prévenu Sam de ce qui l'attendait, la nuit où il avait quitté l'hôtel et rencontré Lucifer. Sur le moment, Sam avait cru qu'il parlait de "manger", ce qui ne l'avait pas du tout étonné de la part de Dean, mais après coup, il était sûr qu'il voulait dire "danger".
Sauf que… dans le passé, Dean agissait plutôt comme une ligne directe entre Michael et ses fidèles, donc il obéissait involontairement au dieu. Mais si ce dieu était mort, comme Lucifer le pensait, cela voulait-il dire que Dean avait des intuitions… de lui-même ?
Dean acheva le remodelage de sa cuillère en plastique au petit matin. Il était crevé et avait mal aux fesses, mais il avait un passe pour la liberté. S'assurant d'un coup d'œil furtif que personne n'entrait dans sa tente, le mécanicien souffla sur son passe-partout et l'enfonça dans la serrure de son bracelet de menotte.
Il lui fallut bien trois minutes pour crocheter l'engin, la faute au manque d'expérience, mais le bracelet finit par s'ouvrir avec un déclic satisfaisant. Dean s'en débarrassa rapidement et se hâta de se lever, mais il se courba immédiatement en deux en grognant, ankylosé de partout.
- …L'impression d'avoir quatre-vingt ans, grogna-t-il à mi-voix en massant ses muscles.
Il fit craquer ses vertèbres pour les réaligner et fit quelques exercices d'échauffement, vu qu'il allait devoir courir dans approximativement deux minutes.
Avant de se faufiler hors de sa tente, le jeune homme fit le compte des affaires qu'il avait sur lui en arrivant et soupira de soulagement en se souvenant qu'il avait laissé son téléphone à l'hôtel.
Puis il se figea.
La clé de Sam. Ces enfoirés s'en étaient servis pour entrer dans la chambre de son frère, puis envahir la sienne. Ils devaient donc encore l'avoir quelque part.
- Hé merde, y a un supplément à payer pour remplacer les clés perdues, grommela-t-il en maudissant une fois de plus le petit chauve qui l'avait fait enlever.
Le jeune homme soupira bruyamment, puis profita du lever de soleil pour voir où se trouvait exactement le dénommé Virgile, qui surveillait sa tente la plupart du temps. Vu l'ombre qui se profilait sur sa gauche, le gars avait relevé son collègue vers la fin de la nuit et se tenait tout près de la tente, frais et dispo.
Très près de la tente, remarqua Dean avec un sourire mauvais.
Il n'y avait personne d'autre dans les environs, aussi s'empara-t-il du coffre qui trônait dans un coin pour l'abattre sur le crâne de Virgile à travers la toile de tente. La sentinelle tomba, assommée par le choc, et Dean laissa choir le coffre sur le lit de camp avant de sortir de sa tente, sur le qui-vive. Avisant Virgile, il s'empara de sa couverture et la jeta sur le type endormi, espérant qu'il ferait illusion assez longtemps pour lui permettre de prendre de l'avance.
Voyant un des gars faire une ronde, il s'agenouilla derrière une tente voisine et attendit que l'autre s'en aille. Ce faisant, il pensa une fois de plus à son petit frère. D'après ce qu'il avait compris, Sam était ailleurs avec sa "cible", vu que Dean n'avait été ni tué, ni libéré par Zach.
Le mécanicien ferma les yeux et espéra que la cible susdite était plus sympa avec Sam que Zach l'avait été avec lui. De toute manière, l'important pour l'instant était de retrouver son frère, qui devait être perdu et effrayé quelque part dans la région. Ils règleraient leur compte aux enfoirés rouges plus tard, et surtout ensemble. Et s'il pouvait éviter à son frère d'avoir le sang d'un autre sur les mains, ce serait un plus indiscutable.
Il devait donc trouver Sam, l'empêcher de tuer un inconnu et le mettre en sécurité.
Les doigts dans le nez, pensa-t-il amèrement.
Avisant la réserve de bois sec pour le feu de camp que faisaient ces psychopathes tous les soirs, Dean vola un bout de bois d'apparence solide et moulina dans le vide pour voir s'il pouvait s'en servir comme arme. Parfait.
Ne voyant plus personne, il marcha vers la forêt en se faisant le plus petit possible et pria mentalement pour ne pas croiser de gardes. Quelques mètres plus loin, il se dissimula derrière une remorque pleine de matériel et examina l'orée du bois, où un type faisait des allées et venues, tourné vers l'extérieur du camp.
- Ok Dean, tu peux le faire, s'auto-persuada-t-il à voix basse. Souviens-toi de la fois où Bobby t'a appris à repousser les cambrioleurs sans finir en taule…
Comme le garde ne s'éloignait pas, Dean s'avança furtivement entre les tentes, sa matraque de fortune levée vers le ciel comme une batte de baseball. Son pied se prit dans un piquet de tente et le jeune homme, déséquilibré, faillit tomber en avant et poussa un juron en retrouvant son équilibre. Evidemment, le garde l'entendit et se tourna vers lui avec vivacité, un flingue à la main.
Dean le fixa, et l'homme lui retourna son regard, un peu perdu. Ah, oui, c'est vrai, il servait d'otage.
Le mécanicien sauta sur le garde et lui asséna un coup de massue sur le crâne pour le voir s'effondrer avec un sentiment de triomphe qui écrasa instantanément le remord qu'il ressentait.
- Hé ! cria quelqu'un derrière lui.
Dean ne s'arrêta pas pour regarder qui lui parlait et prit la poudre d'escampette entre les arbres, soulagé d'être sorti de ce campement infernal. Il courut sur plusieurs mètres, puis entendit des bruits de pas qui se hâtaient dans sa direction.
- Merdemerdemerdemerde ! articula-t-il en accélérant, bénissant l'heure matinale et la fraîcheur de l'air.
Au détour d'un chemin, Dean se retrouva brusquement nez à nez avec d'autres sentinelles, qui parurent très surprises de le voir là. Le jeune homme leva sa matraque sans leur laisser le temps de se ressaisir et l'abattit sur le premier homme qui lui passa sous la main. Son poing replié heurta vivement le menton d'un deuxième, et le troisième parvint à le frapper à l'épaule avant de se prendre un pied entre les jambes.
L'évadé voulut se remettre à courir, mais une lourde main s'abattit sur son épaule, le figeant sur place. L'Américain se dégagea d'un mouvement fluide et se retourna pour affronter son nouvel adversaire, mais se trouva face à cinq types qui arrivaient à toute allure.
- Faites chier ! hurla-t-il en envoyant son arme vers la mâchoire du premier venu, celui qui l'avait touché.
L'autre empoigna son bout de bois et l'envoya voler dans les taillis. Désarmé, Dean recula de deux pas, découragé. C'est alors qu'une silhouette blanche apparut sur le sentier et commença à casser la gueule des autres poursuivants de Dean avec brio, profitant de l'effet de surprise. Ragaillardi par ce coup de main inattendu, le mécanicien donna un coup de genou à son agresseur et l'envoya rapidement au tapis, aidé par la présence de l'inconnu en blanc, qui avait fait diversion sans le vouloir.
Des cris s'élevaient dans le camps, à des mètres de là, et Dean regarda son sauveur tabasser le dernier attaquant avant de le laisser tomber sans un mot, ni même une exclamation victorieuse.
- Heu, merci ? balbutia Dean en fixant le dos du nouveau venu, qui finit par se tourner vers lui, les traits tendus par l'inquiétude.
Il était brun, mal coiffé, et portait un costume froissé bleu marine sous un trench-coat qui en avait vu d'autres. Mais ce qui choqua le plus Dean, c'est la profondeur de son regard bleu. Et de ses cernes.
- Viens avec moi si tu veux vivre, lui dit l'inconnu d'une voix un peu trop grave.
Dean n'hésita pas. Il acquiesça et suivit l'inconnu dans les fourrés.
à suivre…
Je me demande bieeeen qui peut être le sauveur de Dean ? (air innocent)
Et oui, j'ai ajouté ce rôle à mes idées de départ juste pour lui, na. Ça ajoute un peu de fraîcheur à l'histoire, je trouve ^^
Un petit commentaire peut-être ?
