J'ai enfin pu reprendre le boulot ! Conteeeeeente ! Bon, j'ai failli mourir de chaud dans mon bureau, mais on ne peut pas tout avoir, pas vrai ? Et je suis un peu crevée aussi…

Enfin, bonne lecture et merci à ma fidèle Pandorwho pour ses commentaires ! Heureusement que t'es là, baby !


Survival of the fittest

Dean courait, le trench-coat de son sauveur claquant au vent à quelques mètres devant lui. L'idée du Businessman frileux (c'est ainsi que Dean l'avait surnommé mentalement) de se déplacer hors des sentiers était loin d'être bête, car les types qui l'avaient enlevé avaient du mal à les suivre, et encore plus de mal à retrouver leurs traces dans les fourrés.

Malgré ça, les cris furieux retentissaient de plus en plus près d'eux, et l'homme en trench fit passer Dean devant pour les débarrasser des poursuivants les plus proches. Dean, pour sa part, laissa son sauveur se démerder pour prendre un peu d'avance. Quelques secondes plus tard, la respiration hachée de l'autre retentit à nouveau derrière lui, le rassurant sur l'état de son allié improbable.

- Ne t'arrête pas ! lança le type en accélérant le pas pour le rejoindre.

Dean fronça les sourcils en voyant la forêt se clairsemer tout à coup devant eux et poussa un glapissement en sentant son pied atterrir dans le vide. Il tenta tant bien que mal de se jeter en arrière pour ne pas tomber de la fichue falaise sur laquelle ils venaient de déboucher, mais son élan l'entraîna vers l'avant. Le sol se déroba sous son autre pied et, l'espace d'un instant, Dean se retrouva en chute libre dans le vide.

- Je te tiens ! s'exclama son (doublement) sauveur, qui s'était saisi de son poignet juste à temps.

Dean ferma les yeux en se voyant foncer droit sur la falaise et poussa un cri de douleur quand son visage s'écrasa contre la paroi rocheuse.

- Oh, désolé, fit le Businessman, qui le tenait toujours par le bras.

Le nez en sang, Dean lui adressa une grimace du genre "t'en fais pas pour moi" et essaya de lever son autre bras pour permettre à l'autre de le soulever plus facilement.

- Allez… Allez…! fit l'autre sans cesser de jeter des coups d'œil dans son dos.

Mais Dean ne parvenait pas à lever le bras assez haut pour permettre à son allié aux yeux bleus de se le hisser sur le bord de la falaise. En plus, sa main commençait à glisser dans celle, moite, du Businessman.

- Quand on transpire vite, on met pas un manteau par ce temps ! s'énerva le jeune homme pour se concentrer sur autre chose que sa peur.

L'autre grimaça et essaya de resserrer sa poigne sur la main de Dean, mais celle-ci glissa comme une savonnette sous la douche entre ses doigts et finit par lâcher prise. Le touriste bascula en arrière, les yeux plantés dans ceux, horrifiés, du Businessman qui le regarda tomber vers une mort certaine sans pouvoir l'empêcher.

Dean ferma les yeux à nouveau pour ne pas voir le sol se rapprocher et entendit clairement ses kidnappeurs interpeller le type en trench-coat. Peut-être que lui, au moins, réussirait à s'en sortir…

La chute fut étrangement courte, mais cela n'empêcha pas la tête de Dean de percuter quelque chose de dur.


Sam.

Sam était là, au milieu des bois, l'air complètement perdu.

Derrière lui, un homme blond au sourire démoniaque et aux mains couvertes de sang.

Sam.

Sam était là, au bord d'un lac, le visage tendu en une expression à la fois frustrée et concentrée.

Soudain, une main pâle comme celle d'un cadavre l'attrape par le bras et l'entraîne sous les flots pour le noyer.

Sam.

Sam était là, une épée à la main.

Un instant plus tard, l'arme est fichée dans le torse d'un homme blond qui s'effondre sans un cri.


- Réveille-toi !

Dean émergea d'un coup et se redressa brusquement avant de porter une main à l'arrière de son crâne en poussant un juron sonore. L'homme au trench était face à lui et le fixait de ses grands yeux, donnant à Dean l'envie irrépressible de le charrier.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda le jeune homme encore groggy en constatant qu'ils étaient dans un genre de faille naturelle rocheuse couverte de mousse qui humidifiait son pantalon de pyjama.

- C'est ici que tu es tombé, expliqua le bébé en trench-coat en penchant la tête sur le côté pour essayer de déterminer s'il allait bien.

Le touriste attendit qu'il développe, mais l'autre le considéra en silence avec un air innocent qui lui donnait des envies de meurtre.

- Et ?! s'impatienta Dean.

- He bien, les autres approchaient, et comme j'ai vu grâce à toi qu'il y avait un plateau à l'abri des regards et pas trop bas pour pouvoir survivre à la chute, j'ai sauté.

- Tu as sauté dans un gouffre ?! se récria Dean d'une voix anormalement aiguë.

- J'ai sauté sur une plateforme, exposa calmement l'autre, qui parvenait à avoir l'air adorable malgré qu'il soit plus âgé que Dean.

- Tu es un grand malade. Tu aurais dû continuer de courir et me laisser là !

- J'y ai pensé, mais je me suis dit que tu n'apprécierais pas la manœuvre, dit l'autre sur un ton d'excuse.

Le mécanicien le regarda de travers, dépassé par la bizarrerie de son allié frileux. Ce dernier lui renvoya une expression contrite et Dean, fatigué par tout ce cirque, soupira.

- Moi c'est Dean, Dean Winchester. Comment tu t'appelles ?

- Castiel Novak, répondit l'homme aux yeux bleus. Enchanté.

Il attrapa la main droite de Dean sans lui demander son avis et la secoua comme un prunier, comme s'il était surexcité à l'idée d'avoir un nouvel ami.

- Ok, c'est bon, lâche-moi ! s'emporta Dean en récupérant sa main, qui lui sembla un peu déformée après son supplice.

Il la secoua pour lui rendre sa forme originelle et se concentra à nouveau vers Castiel - Castiel, c'était quoi ce nom, sérieux ?!

- T'es qui au juste ?

- Je te l'ai dit, je m'appelle Castiel et… j'ai conscience que mon nom est un peu spécial, mais je t'assure que ce n'est pas un pseudo. Mes parents étaient fans de la Bible, tu comprends.

- Heu… j'avais enregistré la partie sur ton nom, merci. Ce que je veux savoir, c'est comment tu t'es retrouvé dans cette forêt et pourquoi tu m'as aidé !

La bouche de Castiel s'arrondit en un O muet et l'homme s'assit en tailleur sur la mousse humide pour ce que Dean voyait déjà comme une très, très longue histoire.

Génial, il n'avait que ça à faire.

- Je suis banquier aux Etats-Unis et depuis quelques mois, je fais des rêves étranges.

- Quel genre ?

- He bien, tu me prendras sûrement pour un fou, mais j'ai vu ce qui s'est passé avec ces types qui te suivaient des centaines de fois dans mon sommeil. Je te voyais à chaque fois courir pour ta vie, et je me suis vu en train de leur taper dessus pour t'aider. Au bout d'un moment, j'ai fini par comprendre que c'était important et j'ai cherché à savoir qui tu étais, où tu te trouvais… parce que j'étais certain que ce rêve se réaliserait et que si je n'étais pas là pour t'aider, tu finirais par mourir entre leurs griffes.

Dean fronça les sourcils et un intérêt nouveau pour Castiel et son histoire capilotractée naquit dans son esprit.

- Avant que tu me traites de dingue, je…

- Je te crois, le coupa Dean. Sincèrement, avec tous les trucs chelous qui se passent en ce moment, les rêves prémonitoires, c'est limite ordinaire.

- Je confirme, avant que tu te réveilles, tes yeux étaient révulsés et tu parlais dans ton sommeil, répondit Castiel comme s'il racontait un truc sur la météo.

- Pourquoi tu ne l'as pas dit avant ? s'insurgea Dean, mort d'inquiétude.

- Parce que je pensais que tu étais au courant et qu'il serait impoli de commenter, expliqua Castiel sans voir le problème.

Dean le regarda par en-dessous tout en se demandant si Cas était complètement taré ou juste inconscient.

- Bon. Il s'est passé quoi après ça ? lâcha-t-il juste pour changer de sujet.

- He bien, après ça, les rêves se sont multipliés, mais ils ne montraient plus ta course-poursuite avec ces gens. Je t'ai vu avec une jeune femme brune et vous portiez des tuniques et des protections en cuir, comme pendant l'Antiquité. Oh, et il y avait un blond avec vous, et tout le monde avait l'air inquiet. J'ai fait quelques recherches, et je me suis rendu compte que les vêtements et les armes présents dans mon rêve étaient caractéristiques de la Grèce antique, je me suis donc intéressé à la question et sans vraiment savoir pourquoi, je me suis retrouvé sur des sites de voyages qui proposaient cette destination à leurs clients.

- Et comme ça tu as pigé où tu devais aller, comprit Dean, qui voyait où le banquier voulait en venir.

- Voilà. Il y a quelques jours, j'étais dans mon bureau et je résolvais des calculs quand j'ai fait un malaise. J'ai eu l'impression que quelque chose d'horrible allait se produire et j'ai revu ton visage. Il est gravé sur ma rétine depuis ce jour-là, d'ailleurs.

- Splendide, commenta Dean avec un magnifique air blasé.

- Du coup j'ai tout plaqué et j'ai pris le premier avion pour la Grèce, poursuivit Castiel en ignorant son interruption. Ensuite j'ai suivi mon instinct et je t'ai trouvé. Voilà, tu sais tout.

Dean acquiesça, pensif, puis se prit la tête dans les mains avant de se balancer d'avant en arrière.

- Ta tête te fait encore mal ? s'inquiéta aussitôt Castiel.

- Noooon, c'est juste que cette histoire est teeeeellement… bizarre ! se lamenta le jeune homme. Qu'est-ce qu'on va faire ?! Comment je vais retrouver Sammy, moi ? Et pourquoi j'arrête pas de le voir dans des situations impossibles qui ne se sont jamais produites ?!

- Ça va allez, chuuuuuuut… Là, tout ira bien, tu verras, fit gentiment Cas en lui tapotant le dos, paternel.

Dean le dévisagea, de plus en plus estomaqué, puis reprit ses esprits et son calme.

- Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- Je propose que nous attendions quelques heures avant de bouger de cette cachette, fit posément le banquier. Les autres rôdent toujours et ici, nous sommes au frais et à l'abri du soleil.

- Mouais… grogna Dean.


Plus le temps passait, plus Sam se sentait coupable de manipuler Lucifer pour qu'il l'aide à sauver Dean. Bon, à vrai dire, l'attachement qu'il éprouvait pour l'esprit ne tenait pas tout à fait du mensonge, encore faudrait-il que le grand blond laisse à Sam le temps de s'expliquer avant de le trucider sur place quand il lui en parlerait.

Il serait sûrement triste si Lucifer lui tournait le dos après ça.

Bouleversé, même.

… Bon, d'accord, il serait totalement et irrémédiablement anéanti. Et probablement mort.

Sam n'était jamais vraiment tombé amoureux jusque là. Il avait eu des petites amies (et testé l'autre bord juste pour voir), mais c'était généralement plus pour faire plaisir aux autres que par amour. Il avait enchaîné les relations sans lendemain jusqu'à ce qu'il décide qu'il en avait marre. La prochaine personne avec laquelle il sortirait serait la bonne, avait-il décrété.

Mais peut-être qu'au fond, il avait toujours su que ces autres personnes n'étaient là que pour le faire patienter avant sa rencontre avec Lucifer.

Il en avait pris conscience en rencontrant l'esprit, mais il ne le comprenait que maintenant. Waw. En même temps, Samara le lui avait bien dit : c'est comme s'il aimait Lucifer depuis sa naissance sans le savoir.

Prédestination. Âmes-sœurs. Réincarnation. L'amour plus fort que le temps, l'espace ou la mort. Appelez ça comme vous voulez, la conclusion restait la même : Sam était foutu dès l'instant où il avait posé les yeux sur ce pervers d'esprit.


Le pervers susdit avait beau savoir que Sam lui cachait des choses (pas mal de choses, si vous voulez son avis), il ne parvenait pas à s'empêcher de graviter autour de lui comme un satellite avide d'attention. Il avait bien pensé confronter Sam à propos de ses secrets, mais sa voix restait coincée dans sa gorge quand il lui prenait l'envie d'essayer, et imaginer l'expression blessée de son humain lui faisait mal au cœur.

Même Samara ne lui inspirait pas un tel désir insensé de protection. Lucifer lui disait tout ce qui lui passait par la tête, et la guerrière supportait tout avec une force et un sarcasme admirables. Et quand il dépassait les bornes, elle lui fouettait l'arrière-train avec le plat d'un de ses couteaux pour lui apprendre le respect.

Sam était sarcastique, bien entendu, mais même s'il était sûr que le jeune homme résisterait à ses attaques verbales, Lucifer n'avait aucune envie de tenter le coup et de détruire leur relation naissante.

Sa relation avec Samara lui évoquait une barre d'acier plongée dans une forge ; deux forces de la nature qui se combattaient sans relâche pour surpasser l'autre. Ce qu'il avait avec Sam était encore fragile comme un bébé moineau, mais Lucifer comptait bien entretenir cette flamme pour la renforcer et en faire une véritable fournaise. Nul besoin de barre de fer ou d'averse dans cette image, car Lucifer n'éprouvait plus ce besoin dévorant de prouver qu'il était le plus fort des deux.

Les doutes et les questions attendraient donc. Pour l'instant, il ne voulait qu'une chose : profiter de Sam le plus longtemps possible et ignorer ses liens tordus avec Samara et les secrets qu'il ne jugeait pas utile de lui confier. Tout vient à point à qui sait attendre, n'est-ce pas ?

Et Lucifer, avec plus de trois mille ans au compteur, avait depuis longtemps appris la patience.

L'esprit fut tiré de ses pensées par Sam, qui venait d'embrasser l'arête de sa mâchoire avec un adorable petit sourire.

- Aaaaw, tu me cherches, beauté ? ronronna Lucifer en se tournant sur le côté pour attirer le grand brun contre lui.

Sam se contenta de rire et se laissa faire, mais Lucifer ne s'y trompait pas. Il avait bien vu l'ombre qui se cachait dans le regard troublé de Sam. Il voyait l'inquiétude tendre ses traits quand le jeune homme se croyait hors de vue.

Et il comptait bien trouver le responsable de ses soucis pour les lui faire payer…

à suivre…


Cas est épique. Je veux un Cas. Juste pour les répliques stupides qu'il lâche de temps en temps.

Hrm, j'espère que vous avez aimé ^^