Bonjour ! Voilà le chapitre le plus cucul (so far) de l'histoire. Je suis sûre que les suivants essaieront d'entrer dans la compétition, mais bon.
Allez, bonne lecture !
My heart will go on
- En fait, commença Castiel après une heure de silence tendu, je ne te connais même pas. Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Dean roula les yeux dans sa direction, soupira, puis se décida à répondre.
- Je suis mécano, je répare des voitures au Kansas. C'est mon père qui m'a tout appris.
- Ah, s'esclaffa le banquier, si tu savais combien de fois je suis tombé en panne rien que ces trois dernières années ! J'ai même pensé suivre une formation de garagiste pour soulager le mien.
- Bah, quand tout ce merdier sera terminé, je pourrais t'apprendre deux, trois trucs, proposa prudemment Dean.
Castiel ne répondit pas, mais un sourire reconnaissant éclaira son visage fatigué.
- Tu conduis quoi comme voiture ? finit-il par demander après un moment.
- Une Chevrolet Impala noire de 1967, se rengorgea Dean en s'installant plus confortablement contre la paroi de la falaise. Mon bébé à moi. Quand je pense que j'ai dû la laisser aux Etats-Unis… Tout ça pour prendre l'avion ! ajouta-t-il sur un ton de pur dégoût.
- Tu étais en vacances, c'est ça ? s'enquit Castiel.
- Ouais, c'était le voyage de mon petit frère, au départ. Il a toujours voulu visiter la Grèce, et quand j'ai gagné le gros lot, je l'ai invité.
Dean marqua une pause et fixa le sol couvert de mousse.
- Il me manque, admit-il. Je ne sais même pas où il est, ni s'il est en sécurité, s'il mange bien…
La main de Castiel se posa sur son épaule, rassurante.
- Je suis sûr qu'il va très bien, vous êtes du genre débrouillard, chez les Winchester, non ?
- Mouais…
- Allez, parle-moi de lui…
En fin de compte, Sam ne savait pas trop à quel moment parler de ses problèmes à Lucifer. Il pensait au départ attendre que l'esprit lui fasse confiance, mais dans les faits, comment pouvait-il être sûr d'avoir choisi le bon moment ?
Il réfléchissait à ça tout en expliquant à Lucifer comment fonctionnaient les trains quand l'esprit se tourna vers lui avec des yeux brillants pour le regarder avec tendresse. Sam leva la tête à ce moment-là et entrevit l'expression du grand blond avant que celui-ci, gêné, ne tourne la tête.
Le cœur de Sam fit un truc étrange dans sa poitrine et le jeune homme accéléra le pas pour se retrouver juste à côté de Lucifer, dont il attrapa les doigts entre les siens. Le blond émit un son surpris, puis se détacha de Sam pour prendre franchement la main du touriste dans la sienne. Sam lui adressa un sourire et Lucifer, rouge comme une brique, se pencha vers lui pour l'embrasser.
- Et si on abrégeait la visite d'aujourd'hui ? proposa l'avocat à l'oreille de son compagnon, qui acquiesça vivement en se raclant bruyamment la gorge.
C'était décidé. Il parlerait de Dean à Lucifer, et si ça se terminait mal… he bien au moins, il aurait connu son âme-sœur avant de la perdre à jamais.
Lucifer n'en crut pas ses yeux quand Sam le traîna littéralement derrière lui jusqu'à la caverne avec des joues rouges et un regard à faire fondre le palais de Borée. Il avait eu un avant-goût de cette facette de Sam à la boîte de nuit, mais c'était juste un pétard mouillé à côté de ce Sam-là, qui irradiait tellement le désir que c'en était douloureux.
Bon, Lucifer avait déjà vu ce genre d'aura primaire chez d'autres humains de son siècle, mais la voir exsuder des pores de Sam le Gentil, Sam le Sérieux ? Autant lui injecter de l'aphrodisiaque directement dans les veines ! Et que Samara aille au diable !
Ils n'avaient pas encore atteint l'ouverture béante de la grotte que Lucifer souleva Sam pour déposer une ligne de baisers brûlants sur sa gorge, sa mâchoire, la commissure de ses lèvres… tout en tâtonnant pour les conduire jusqu'à son lit. Le jeune homme répondit fiévreusement à ses attentions et enroula ses jambes autour des hanches de Lucifer, ses bras serrés autour de son cou comme s'il se noyait, comme si Lucifer était sa bouée de secours.
Le grand blond les fit tomber tous les deux sur les fourrures et continua de dévorer le cou de Sam, qui tenta de lui arracher son t-shirt à l'aveuglette. Gêné par le tissu, l'esprit finit par s'écarter pour s'en débarrasser tandis que Sam faisait de même avec le sien. Lucifer contempla un instant l'homme étendu devant lui, à bout de souffle, et claqua des doigts. Aussitôt, plusieurs feux rugissants naquirent un peu partout autour d'eux et subitement, des tambours invisibles se mirent à jouer à un rythme sulfureux dans la faille.
- Une occasion pareille demande une ambiance… particulière, expliqua Lucifer avec un sourire carnassier alors que Sam lui renvoyait une œillade inquiète.
L'avocat s'esclaffa et, alors que la température montait dans la salle, posa un regard mi-amusé, mi-attendri sur l'esprit millénaire dont il était finalement tombé amoureux.
- Tu vas finir par me tuer, plaisanta-t-il en se redressant sur ses coudes pour considérer Lucifer d'un œil neuf.
- Jamais de la vie, ronronna le blond en se penchant à nouveau pour explorer du bout de la langue le torse bronzé de Sam, qui se tortillait délicieusement sous lui, entraîné par la musique envoûtante et le contact de l'esprit sur son corps.
- Bon, j'en peux plus, râla Dean vers le début de l'après-midi. Ils ont fini par laisser tomber, là, non ?
- Je n'entends plus rien, admit Castiel en tendant l'oreille.
Lentement, les deux hommes s'extirpèrent de leur cage végétale et entreprirent de remonter sur la falaise par un sentier escarpé, d'où ils manquèrent de tomber à plusieurs reprises. Ils arrivèrent finalement dans la forêt ruisselants de transpiration causée à la fois par la chaleur et les micro-arrêts cardiaques qu'ils avaient accumulés au cours de leur escalade.
- On est vivants ! gémit Dean en se retenant de se jeter à terre pour embrasser le sol.
Castiel ôta son trench et sa veste pour replier ses manches de chemise sur ses avant-bras. Il adressa un sourire soulagé à son compagnon d'infortune et prit lui aussi un moment pour se remettre de ses émotions.
- Oui, on s'en est sortis, confirma-t-il avec un long soupir.
- Okay ! lança Dean, ragaillardi par la façon dont les choses se déroulaient. Faut qu'on trouve Sam maintenant ! Bon sang, j'espère qu'il n'est pas en train de se faire bouffer par un horrible monstre…
En fait, Sam était bien en train de se faire dévorer tout cru, mais pas du tout comme Dean l'imaginait.
- Je suis presque sûr que les monstres n'existent pas, lui assura Castiel.
- Pas plus que les rêves prémonitoires et les visions, pas vrai ? ironisa Dean.
- Très bien, trouvons Sam, fit Castiel, impassible. Est-ce que tu as une idée de l'endroit où il peut être ?
- A part qu'il est seul avec un genre de créature qu'il est censé buter… non. En plus, vu qu'il est incapable de tuer qui que ce soit, on ne le reverra pas de sitôt.
- Tu me tues, souffla Lucifer, tendu à l'extrême, mis au supplice par les mouvements lents de Sam, qui le regardait de haut en se mordant la lèvre inférieure et en ondulant des hanches.
- Bon, alors… est-ce que vous avez convenu d'un endroit où vous retrouver si vous vous perdez de vue ? tenta Castiel, consterné.
- Ben on ne s'est jamais dit en arrivant "Tiens, où est-ce qu'on se retrouve si on est enlevés chacun à notre tour par une bande de bâtards complètement tarés ?".
Le banquier leva les yeux au ciel, fatigué par l'insolence de son compagnon de route.
- Après, ils m'ont utilisé comme otage pour forcer Sam à partir, donc Sam pense que je suis toujours entre leurs griffes.
- Mais tu ne l'as jamais vu au campement, pas vrai ? devina Castiel.
- Non. Si ça se trouve, ils l'ont largué sur le pas de la porte de son "monstre" pour gagner du temps.
- Donc Sam ignore où est le camp, et il est de toute façon hors de question qu'on aille l'attendre là-bas, conclut Castiel. Tu as un autre endroit à l'esprit ?
- A part l'hôtel, non.
- Très bien, allons à ton hôtel et attendons Sam là-bas. Ainsi on pourra regarder les infos et voir si un… monstre a été repéré dans les environs.
- Tu sais, pour un gars qui a fait des heures d'avion pour aller en Grèce sur un coup de tête et sauver un type qu'il ne connaît pas, tu es vachement sceptique ! fit remarquer le mécanicien avec un sourire en coin.
- J'ai accepté l'existence des intuitions et des rêves prémonitoires, s'énerva Castiel. Mais de là à croire aux monstres…!
Dean lui retourna une œillade blasée et se mit en marche, rapidement suivi par son nouvel ami.
- Par contre, on a un problème, dit-il d'un ton léger en fouillant ses poches de pyjama.
Castiel soupira.
- Je t'écoute ?
- Ils m'ont enlevé dans mon sommeil, et je ne dors pas exactement avec la clé de ma chambre dans la poche, expliqua Dean avec un rictus gêné. Je n'ai même pas de portefeuille, donc je ne peux pas prouver que je suis bien leur client pour qu'ils me filent une clé en rab.
Le type en costume le fixa pendant une seconde, puis se mit à retourner les poches de son trench-coat pour en extirper… la clé de la chambre de Sam.
- He bien, c'est une bonne chose que je sois passé par le camp en te cherchant et que j'aie piqué ça, alors, déclara Castiel d'un ton dégagé.
Dean resta bouche bée pendant quelques secondes avant de reprendre ses esprits et d'envoyer une bourrade dans le dos de son comparse.
- Mec, t'es mon héros ! Je vais te dire, la prochaine fois que tu tombes en panne, tu m'appelles et je me taperai la route jusqu'au Nebraska pour réparer ta caisse !
Lucifer fixait le plafond de sa caverne, halluciné.
Il n'était pas trop sûr que ce qu'il venait de vivre était réel, mais l'impression d'intense satisfaction qui réchauffait son ventre et la présence d'un Sam complètement nu à ses côtés étaient des preuves suffisamment tangibles pour qu'il s'autorise à y croire.
Le blond tourna la tête et embrassa l'épaule de Sam, qui somnolait tranquillement contre son flanc.
En voyant l'avocat tout propre et un peu guindé dans ses vêtements impeccables, on n'aurait pas cru qu'il était si… libéré au lit, mais Lucifer pouvait maintenant affirmer le contraire. Avec la bonne ambiance et le bon partenaire, Sam devenait rapidement encore plus pervers que lui, et ces trucs qu'il faisait…! Décidément, l'humanité avait bien évolué en trois mille ans, et pas juste au niveau technique !
Sam l'avait allumé comme personne et lui avait murmuré des promesses à faire rougir une Ménade à l'oreille avant de les tenir une par une, inlassablement. Assurément, les ex de Sam ne savaient pas à quoi ils renonçaient en le quittant.
- Je t'aime, murmura Lucifer en calant son visage dans le creux de l'épaule de Sam.
Le jeune homme sourit dans son demi-sommeil et ouvrit les yeux à moitié.
- Je t'aime aussi, déclara-t-il, encore un peu pâteux.
- Il faudra qu'on recommence ça, fit très sérieusement Lucifer avant de déposer un baiser sur le bout du nez de Sam, qui rigola.
- Je le pense aussi, renchérit le touriste en se tournant sur le côté pour le voir plus facilement.
- Mais où étais-tu pendant ces milliers d'années ?
- Pas encore né, ricana Sam.
- Mouais, certes.
Lucifer fit la moue mais la perdit dès l'instant où il reposa les yeux sur son compagnon. Interloqué, il regarda le visage de Sam passer d'une félicité quasi-complète à un calme absolu, puis jura avoir vu le poids de la réalité retomber sur les épaules du jeune homme. Les yeux verts de Sam s'assombrirent et il perdit le sourire béat qu'il arborait encore moins d'une minute plus tôt.
- Et voilà, tu le fais encore, grogna Lucifer.
- Quoi ? s'étonna Sam.
- J'en sais rien ! Tu fais cette tête, là ! s'exclama Lucifer en gesticulant.
- Quelle tête ?
- Celle que tu tires quand tout va bien et que tu profites de la vie avant de penser à un truc qui te fait faire une tête d'enterrement. Sam, je ne peux pas jouer les petits copains parfaits si tu ne me dis pas ce qui ne va pas ! Est-ce que tu es malade ? Est-ce qu'il ne te reste que deux ans à vivre ? Tu as emprunté de l'argent à des gens douteux ?
- Non, je vais bien ! se défendit Sam en ouvrant de grands yeux alors que Lucifer le questionnait.
- Non, tu ne vas pas bien, rétorqua Lucifer en roulant les yeux. Parle-moi, Sam. Quel que soit le problème, tu n'as pas à le porter tout seul. D'autant que tu as un esprit de la nature de ton côté, je pourrais t'aider !
Sam se redressa et s'assit sur le lit, la tête entre les mains. Lucifer s'agenouilla derrière lui et lui toucha l'épaule.
- Sam…, reprit-il plus doucement, je sais que je débarque à peine dans ta vie, et peut-être que tu penses que ça va trop vite pour toi, mais crois-moi ; je suis là pour toi, quel que soit le problème.
Sam se tourna à moitié pour lui adresser une expression perdue, presque apeurée.
- Tu vas croire que je t'ai utilisé, balbutia le jeune homme d'une toute petite voix. Mais c'est faux ! Je t'aime vraiment, tu dois me croire ! Tout m'est juste… tombé dessus et je ne sais plus quoi faire, et j'ai peur que tu me détestes et que tu penses que je t'ai menti ou un truc comme ça…!
Lucifer le tira vers lui et lui caressa le dos pour l'apaiser.
- Ça va aller, commence simplement par le début, d'accord ? demanda-t-il doucement.
Sam acquiesça lentement et prit une grande inspiration tremblotante.
- Je… je ne suis pas venu seul en Grèce. Je suis venu avec mon frère Dean, et juste après notre arrivée ici, nous avons été enlevés par des types bizarres. Ils m'ont fourré un couteau dans les mains et ils m'ont dit que si je voulais revoir Dean en vie, je devais te tuer. Mais je ne peux pas… bon sang, je ne peux pas faire ça, pas à toi ! Mais si je ne le fais pas, Dean va… Il va…
La voix de Sam s'étrangla dans sa gorge et seul un gros sanglot parvint à lui échapper. Lucifer ne réfléchit pas et le serra contre lui, soucieux de lui remonter le moral.
Donc… l'Ordre avait enlevé Sam pour le forcer à le tuer. Cela confortait Lucifer dans l'idée que Sam était bien le descendant de Samara et qu'il n'avait fait qu'hériter du don de son ancêtre. Le pauvre, il ignorait tout du combat de Samara, de l'Ordre et de lui, et on l'avait balancé dans cette histoire sans lui demander son avis en lui arrachant au passage la personne qui lui était la plus précieuse…
Et Lucifer était prêt à parier qu'il ne savait rien sur son lien avec Samara, pour ne rien arranger.
- Ne t'en fais pas, Sam… souffla-t-il à l'oreille de son compagnon, satisfait d'enfin avoir le fin mot de l'histoire.
- Qu'est-ce que je suis censé faire ?! gémit Sam, et Lucifer sentit quelque chose de mouillé toucher sa peau.
- Ce que nous allons faire, c'est aller tirer ton frère des griffes de ces enfoirés et vous mettre tous les deux en sécurité pendant que je leur règle leur compte, décréta férocement le grand blond en essuyant les larmes qui avaient coulé sur les joues de son protégé.
à suivre…
Décidément, la romance, c'est plus pour moi. Je dois être trop vieille. Ou trop cynique XD
Un petit commentaire siouplaît ?
