Argh, il est tard ! (j'ai même pas envie de relire, vous voyez le genre ?) (ah, et mes cernes font la même épaisseur que mes yeux maintenant, je ressemblerai bientôt à un vrai panda !)

Hrm, bonne lecture.


Long-distance call

- He bah merde alors, lâcha Dean en revenant à la réalité en même temps que les autres.

Les quatre hommes se regardèrent, interdits. Leur vision commune les avait tenus en haleine depuis le début, mais la fin leur avait glacé le sang. Sam, qui partageait énormément de points communs avec Samara, avait beaucoup de mal à séparer ses souvenirs de ceux de sa prédécesseur. Il avait l'impression d'avoir subi les mêmes horreurs que la guerrière, d'avoir perdu Lucifer alors que ce dernier se trouvait juste à côté de lui. L'estomac retourné par l'expérience, Sam se contenta de rester là, par terre, et de frissonner d'horreur en tentant d'effacer le désespoir de Samara de son esprit.

Dean et Castiel, quant à eux, semblaient pensifs. Leur vision leur avait permis de mieux comprendre ce qui se passait et l'étendue des problèmes qui les attendaient encore.

- C'est moche ce qui t'est arrivé, mec, désolé, marmonna Dean en donnant un petit coup dans le bras de Lucifer, qui fixait le vide.

L'esprit semblait amorphe, mais à l'intérieur de sa tête régnait une guerre sans merci entre la part de Lucifer qui haïssait Samara et celle qui l'aimait encore. Après tout, il avait passé trois mille longues années à détester sa femme, alors une vérité remettant toutes ses certitudes en question lui demandait un temps d'adaptation.

Il resta muet quand les autres se relevèrent, les jambes tremblantes, pour aller s'asseoir sur les divans de la chambre de Dean et discuter de tout ça à tête reposée. Finalement, Lucifer se redressa à son tour et fila dans la chambre d'à côté pour se retrouver seul avec lui-même.

- Donc… Lucifer et toi, vous…? commença Dean sans aucun tact.

- Hum, oui, répondit brièvement Sam d'une voix rauque.

- Ah. Et qui est au-dessus ?

Le cadet des Winchester adressa un regard noir à son frère, qui n'insista pas.

- C'est véritablement une histoire tragique, commenta Castiel, le regard fixé sur la table basse. Enfin, une fois passée la révélation sur les dieux et les esprits de la nature, bien entendu. Se voir courir en tunique et sandales est assez… déroutant.

- Et carrément gay, approuva Dean.

Sam lui renvoya un regard blasé et brancha le chargeur de son téléphone dans la prise du mur.

- Pauvre Samara, reprit Castiel. Ça a dû lui briser le cœur de perdre l'homme qu'elle aimait sans pouvoir lui dire adieu.

- Je confirme, souffla Sam, qui souffrait encore des émotions trop vives de la guerrière.

- A sa place, j'aurais cherché tous les membres de l'Ordre pour les tuer tous avant de me suicider, fit remarquer Dean.

- Elle ignorait qu'il en restait, expliqua Sam. Si je n'avais pas vu les plans de l'Ordre, je n'aurais jamais pu réaliser qu'il y en avait autant !

- Quels plans ? s'enquit Castiel, subitement intéressé.

Sam sortit tous les papiers qu'il avait gardé tout ce temps à l'intérieur de sa veste et les étala soigneusement sur la table du salon.

- Si j'ai bien compris, voilà les emplacements des autres membres de l'Ordre à travers l'Europe. J'ignore s'il s'agit de camps ou de leurs chefs, mais ça fait quand même un certain nombre d'enfoirés fanatiques.

- Je m'étonne qu'un organisme ouvertement païen ait survécu aux catholiques, admira Castiel sans se soucier du fait que les païens en question étaient leurs ennemis.

- Quand j'ai rencontré Lucifer, il m'a dit que Michael était sûrement mort, faute de fidèles, commença Sam. Si ça se trouve, ils sont devenus catholiques pour ne pas être désignés hérétiques et le sont restés après coup, vu que les générations suivantes étaient catholiques depuis le départ. Du coup, leur dieu est mort parce qu'ils l'ont oublié.

- Et ils sont devenus une secte œuvrant principalement pour empêcher une fin du monde illusoire, plus un ordre au service d'un dieu, ironisa Dean.

- Et ils se fichent bien de la légalité des moyens employés, grogna Sam. Le pire, c'est qu'ils se sont tellement bien multipliés que leurs coffres sont pleins, et ils ont des avocats renommés, des résidences un peu partout dans le monde et j'en passe. Vous voyez le tableau.

- Donc on ne peut pas les attaquer de front, conclut Castiel.

- Le souci, c'est qu'ils poursuivront Lucifer jusqu'à ce qu'il soit mort, même si on l'emmène aux USA, ils ne le lâcheront jamais !

- On pourrait le cacher au garage, proposa Dean. Je lui apprendrai la mécanique et il pourra bosser avec moi s'il n'est pas trop mauvais et qu'il accepte d'apprendre l'anglais.

Castiel ouvrit de grands yeux et réalisa qu'ils avaient parlé en grec ancien depuis l'arrivée de Lucifer dans l'hôtel.

- C'est incroyable, je ne m'en suis même pas rendu compte !

- Ça surprend au début, sourit Sam. J'ai à peine eu le temps d'enseigner les bases de l'anglais à Lucifer, je pensais lui trouver un prof aux Etats-Unis…

- Ça risque d'être compliqué de lui trouver un prof qui cause le grec ancien, ricana Dean. Mais dis donc, Sammy, tu rencontres un type et tu songes déjà à le ramener à la maison après une semaine ?

Sam le fusilla des yeux mais ne trouva rien à répondre sans avoir l'air idiot ou nunuche. Castiel s'en chargea à sa place.

- Dean. Sam a eu deux vies et il est tombé amoureux de la même personne à deux reprises à trois mille ans d'intervalle. Je pense que ça en dit long : ils sont faits l'un pour l'autre, voilà tout. Il y a des choses qu'on ne peut pas éviter, même si on les combat de toutes ses forces.

Les deux frères ouvrirent de grands yeux face à la sagesse inattendue du banquier, et même Dean ne trouva pas de commentaire caustique à asséner. L'homme aux yeux bleus esquissa un sourire dans la direction de Sam et ajouta calmement :

- En fait, sans cette histoire d'Ordre, je dirais que tu es l'homme le plus chanceux de l'Histoire.

- Comment il peut lâcher des trucs aussi cuculs sans que j'aie envie de me moquer de lui ? demanda Dean, mystifié.

- C'est sans doute à cause de mon aura de vieux sage, plaisanta Castiel. Bon, je propose que nous allions tous nous coucher. La journée a été longue et il est tard.

- Tu prends le lit ou le canapé ? demanda Dean à son garde du corps attitré.

- Ma foi, le canapé a l'air très confortable, répondit gracieusement Castiel en ôtant son trench coat pour s'en servir comme couverture.

Dean écarquilla les yeux et alla fouiller dans sa valise pour en extirper un t-shirt et un pantalon léger, qu'il lança à leur nouvel allié.

- Va te changer pendant que je te trouve une couverture ! ordonna l'aîné de la fratrie en traînant le banquier jusqu'à sa salle de bain.

Sam les regarda en souriant et rejoignit sa chambre par la porte communicante. Il trouva Lucifer étendu sur le dos en train de fixer le plafond, les bras le long du corps. Le jeune homme hésita à l'embêter, puis se décida à aller prendre une douche brûlante. Il jeta ses fringues sales dans son sac et enfila un t-shirt et un pantalon propres pour aller dormir. Il trouva Lucifer dans la même position que quand il était entré un quart d'heure plus tôt.

- Hé, ça va ? murmura-t-il à l'oreille de son compagnon tout en se couchant à côté de lui.

- Le matelas est trop mou, j'ai pas l'habitude, grogna Lucifer sans le regarder. Ma grotte me manque et… franchement, je ne sais plus quoi penser.

- Ah, évidemment, fit platement Sam en adoptant la même position que son amant de l'autre côté du lit.

Ils gardèrent le silence pendant quelques minutes, puis Sam reprit la parole :

- Samara t'aimait.

- Quoi ?

- Tu as du mal à faire le tri dans tes pensées, je peux le concevoir. Donc, je me disais que si on passait par des affirmations simples, ça irait mieux.

- Ah.

- Donc, Samara t'aimait, ça c'est sûr. Elle t'aimait tellement qu'elle a tué des dizaines de personnes quand elle t'a perdu. Elle t'aimait tant qu'elle a voulu mettre fin à ses jours en croyant ne plus jamais te revoir.

- Ça n'aurait servi à rien, vu que j'étais toujours vivant, fit cyniquement remarquer Lucifer.

- Les humains font des choses insensées quand ils sont désespérés, rétorqua Sam. Est-ce que ça t'a servi à quelque chose de tuer tous ces membres de l'Ordre ? Est-ce que ça a adouci tes trois mille ans d'emprisonnement ? Non, mais ça t'a fait du bien. Tout ce que Samara savait, c'est que jamais elle ne te reverrait, donc elle a préféré mourir plutôt que de vivre sans toi.

Lucifer renifla dans le noir.

- Je vois.

- Je ne t'ai pas dit que j'étais la réincarnation de Samara parce qu'au départ, j'ignorais ce qui m'arrivait, et ensuite, j'ai eu peur que tu m'en veuilles pour les actions d'une autre personne morte depuis des siècles, continua Sam sur sa lancée.

- Je comprends.

- J'avais aussi peur que tu me prennes pour elle, que tu ne voies pas la différence entre elle et moi.

Étonnamment, Lucifer s'esclaffa, faisant sursauter son voisin.

- Le pire, c'est que maintenant que je le sais, je vous trouve plein de points communs !

- Ah ouais ? J'espère que tu ne parles pas de mes étonnantes facultés de Guerrier, ironisa Sam.

- Tu as réussi à m'envoyer au tapis, rappela Lucifer. Le guerrier le plus redoutable est celui qu'on ne voit pas venir, Sammy.

- Ne m'appelle pas comme ça.

- Héhéhéhé… hrm. Je pensais plutôt à votre tendance à prendre soin des autres, votre sens de l'humour, vos répliques cinglantes… Et vous avez la même relation quasi-fusionnelle avec votre frère. Et je trouve ironique que Samara soit payée pour attaquer des gens et toi pour les défendre.

- Mouais, c'est plutôt bancal, comme raisonnement.

Lucifer l'ignora complètement et poursuivit :

- Mais tu es plus gentil qu'elle, ça ne fait aucun doute. Elle a passé une semaine entière à essayer de m'assassiner dans mon sommeil avant de se dire que, hé, je suis plutôt beau gosse en fait.

- C'est de la gentillesse d'après toi ?

- Hmmm, plutôt de la jugeote. Mais tu n'as jamais essayé de me tuer sérieusement, Sam, elle est là, la différence.


Le lendemain matin, Castiel paya un petit-déjeuner pour Lucifer en plus du sien.

- Bordel, ches croichants m'ont tellement manqué ! s'exclama Dean, la bouche pleine.

- Si tu pouvais mâcher la bouche fermée… grommela Sam en tartinant un toast de confiture.

- Intéressant… commenta Lucifer en mordant dans l'un desdits croissants du bout des dents.

- Bien, faisons le point, maintenant que tout le monde est là, proposa Castiel en désignant Lucifer d'un mouvement de la tête.

- Une armée de connards veut faire la peau au copain de Sam et nous sommes tous des guerriers antiques revenus d'entre les morts pour… quoi, au fait ? résuma Dean.

- La vengeance ? tenta Lucifer.

- Pour que Samara puisse te revoir, banane, corrigea Sam.

- Je pense que nos… doubles avaient prévu la situation actuelle, supposa Castiel.

- Tu crois qu'ils ont trouvé un moyen de se réincarner pour empêcher l'Ordre de faire du mal à Lucifer ? demanda Sam. Pour réparer ce qui s'est produit à leur époque ?

- Pourquoi pas. Ce qui est intéressant, c'est que Samara n'est pas revenue seule, et ce n'est pas un hasard.

- Ouais, comment c'est possible ? demanda Dean. Les gens ne se réincarnent pas, normalement, et là c'est arrivé à trois personnes de la même époque !

- Ils ont peut-être utilisé un sort, tout comme les prêtres de l'Ordre ? émit Castiel. Peut-être qu'un dieu a pris leur parti et les a aidés ? Lucifer ?

Le blond lâcha son troisième croissant des yeux et sembla revenir sur terre.

- Ah, oui, c'est possible. Je ne vois pas quel dieu aurait fait ça, mais ouais.


Ils passèrent la journée à se remettre de leurs émotions et à remettre leurs dernières découvertes dans l'ordre. La partie la plus intéressante de la discussion fut sans aucun doute celle qui se rapportait à l'épée de Michael.

- Donc, cette épée… existe peut-être encore aujourd'hui ? s'inquiéta Lucifer.

- C'est possible, les archéologues ont déjà déterré des objets de ce genre, mais en général ils sont plutôt endommagés, lui expliqua Castiel.

- Mais c'est une épée magique, rappela Dean. Si ça se trouve elle est intacte chez un collectionneur !

- C'est vrai. Il faut qu'on la retrouve avant l'Ordre, c'est un fait, les pressa Sam. Il faut qu'on vérifie les collections des musées, les galeries privées, les collectionneurs, les antiquaires…

Dean pâlit.

- De quel pays au juste ? Parce que le marchand a pu la vendre en Egypte, pour ce que j'en sais. Et rien ne dit qu'elle est gentiment restée là vu que ça fait trois mille putains d'années !

Sam et les autres se passèrent une main sur le visage, désespérés.

- Il y a combien de pays aujourd'hui, au juste ? demanda presque timidement Lucifer.

- Des tas, fit sombrement Dean. Et rien ne dit qu'un archéologue l'a retrouvée, elle pourrait encore être enterrée dans le désert, ou au fond de la mer, ou dans la tombe d'un connard, ou…

- Un archéologue ! hurla Sam, les faisant tous sursauter.

- Qu'est-ce que… quoi ?! fit Dean.

- L'Ordre a dirigé des fouilles dans l'Ouest de l'Europe au cours de ces dernières années ! Je ne savais pas ce qu'ils cherchaient, mais maintenant qu'on sait pour l'épée, ça ne fait plus aucun doute !

Le touriste exhuma le dossier sur l'Objet de ses poches et les passa en revue jusqu'à ce qu'il mette la main sur la lettre.

- Voilà les coordonnées de l'objet qu'ils cherchaient, et je mettrais ma main à couper que c'est l'épée. Ils veulent mettre la main dessus pour régler son compte à Lucifer au cas où je n'y arriverais pas !

- Ou alors ils ont commencé à la chercher sans savoir que Samara s'était réincarnée, souffla Castiel. Ils ont vu la date de la libération de Lucifer approcher et ils ont paniqué.

- Ton truc, là, ça vient d'Angleterre, fit Dean en secouant la lettre repliée. Ça veut dire qu'on doit se taper la route jusque là ?

- S'ils ne l'ont pas encore trouvée, dit Castiel avec une tête d'enterrement.

- Les coordonnées sont celles d'une rivière située en Cornouailles, leur signala Sam, qui venait d'entrer le code dans son téléphone.

- Au bord de la rivière, tu veux dire ? dit Dean, un sourcil levé.

- Hm, non, c'est en plein milieu de la rivière, j'ai l'impression. Et vu qu'aucun taré n'a débarqué en hurlant pour embrocher Lucifer, je pense qu'ils ne l'ont pas encore trouvée, ils l'ont juste localisée en se basant sur des écrits et des témoignages.

- Ça vaut donc la peine d'aller voir, et de toute façon, on ne peut pas rester ici plus longtemps vu qu'ils savent où vous logez tous les deux, décréta Castiel en se dirigeant vers la porte. Je rentre à mon hôtel pour récupérer mes affaires, je suppose que nous partons demain ?

- Je vais récupérer quelques trucs à la grotte, je reviens, leur apprit Lucifer avant de disparaître purement et simplement sous leurs yeux.

Sam et Dean se retrouvèrent donc seuls dans la chambre de l'aîné, qui entreprit de ranger les vêtements qui traînaient dans leurs sacs de voyage. L'avocat, quant à lui, se dit qu'il était peut-être temps de parler de sa situation à sa cheffe. Il composa rapidement le numéro de son employeuse et appuya sur le bouton d'appel.

- Cabinet d'avocats McLeod & Sons, fit la voix professionnelle de Rowena à l'autre bout du monde.

- Hé, Rowena, c'est Sam.

- Samuel ! Les vacances se passent bien ? s'enthousiasma aussitôt la rouquine.

Sam sourit en l'imaginant croiser les pieds sur son bureau et se pencher en arrière sur son énorme fauteuil à roulettes, le fil du téléphone entre les doigts.

- Heu, à vrai dire, nous avons eu pas mal d'ennuis et nous essayons de les régler. J'appelle juste pour te dire que je reviendrai peut-être un ou deux jours en retard.

- Pas de problème, ça laissera juste le temps à la pile de dossiers sur ton bureau de grandir un peu plus ! s'exclama l'Écossaise avec humour. Ne t'en fais pas pour le boulot et profite bien de tes vacances avec ton chéri, surtout !

- Heu, quoi ?

Sam entendit alors les voix furieuses de Fergus et Oskar, les deux fils de sa patronne. Rowena les fit taire d'un claquement de langue et les engueula sans s'écarter du téléphone.

- Non, Fergus, tu ne piques pas les clients de Samuel pendant son absence et Oskar, sois un ange et va me chercher un café. Allez, ouste ! Bon, j'en étais où moi ? Ah oui ! A bientôt Samuel !

Et l'avocate raccrocha le combiné au nez d'un Sam estomaqué.

à suivre…


Encore un chapitre trop long :'(

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