Un petit chapitre d'investigation/voyage :D Et je fais vite parce qu'il est tard !

Bonne lecture !


Changing channels

Le lendemain matin, Dean et Castiel attendaient de pied ferme à l'aéroport que les deux autres daignent les rejoindre avec leurs affaires. Finalement, Sam et Lucifer arrivèrent en courant, échevelés, en tirant la valise de Sam derrière eux.

- He ben quand même, on a failli attendre ! les engueula Dean, les bras croisés.

- On a… commença Sam, à bout de souffle, les mains sur les genoux.

- On a échangé mon or et mes vieux trucs contre de l'argent actuel, expliqua Lucifer, frais comme une rose. Vous auriez vu la tronche du conservateur du musée quand je lui ai refilé toute ma vaisselle…! Et celle des antiquaires !

- Et donc…? demanda Castiel en les regardant tour à tour.

- Donc, je suis riche, se vanta Lucifer. Vachement riche, même. Mine de rien, ça valait le coup d'amasser tous ces bibelots dans mon antre.

- Du coup on a perdu du temps avec la banque et tous les transferts d'argent, mais voilà, la grotte est vide et il y a plein de zéros sur mon compte, acheva Sam. Genre, beaucoup de zéros. J'ouvrirai un compte à Lucifer quand on sera aux Etats Unis, ajouta-t-il en voyant l'air réprobateur qu'affichait Castiel.

- Sam m'a dit que les billets pour prendre ces "avions" ne sont pas donnés, donc voilà, conclut Lucifer avec un sourire désarmant.

Dean lui fila une bourrade dans l'épaule et leva les pouces.

- C'est bon, t'es mon pote. C'est décidé.

Sam leva les yeux au ciel et fila au comptoir pour acheter quatre billets en last minute pour l'Angleterre. Trois heures plus tard, leur avion s'envola avec à son bord deux hommes blasés, un type en train de hurler à la mort en se cramponnant à un sac en papier et un esprit surexcité et incapable de comprendre les consignes de sécurité disant pourtant clairement qu'il fallait rester assis pendant le décollage.

Dès que Lucifer eut repris sa place sur son siège au grand soulagement des hôtesses, Sam tira son téléphone de sa poche et prépara leur itinéraire jusqu'à la Cornouailles. Castiel, de son côté, essaya de faire lire un bouquin à Dean pour lui changer les idées, mais le mécanicien se contenta d'envoyer voler le livre avant de se rencogner dans son siège avec une expression de terreur pure sur le visage. Lucifer, lui, passa le vol à s'exercer en anglais avec Sam sous l'œil attendri de leur voisine de rangée, une vieille britannique de retour de vacances.

Une fois l'avion posé à Heathrow plusieurs heures plus tard, Sam récupéra un Dean flageolant et lui apprit la mauvaise nouvelle.

- Je me suis gouré, c'est pas une rivière mais un fleuve ! Et il fait 74 kilomètres de long, j'ai vérifié ! Alors à moins que Lucifer ait les superpouvoirs d'un aimant géant, on ne trouvera jamais cette fichue épée !

- On trouvera un moyen, assura Castiel, qui gardait toujours la foi à un point tel qu'il en devenait presque énervant.

- Mais on ne sait même pas si elle est dans l'eau ou enterrée sous une berge ! s'emporta Sam, désespéré.

- Cas a dit qu'on trouvera un moyen, répéta Lucifer dans un anglais presque impeccable.

Castiel le dévisagea bizarrement entendant le surnom, puis haussa les épaules. Il laissa ses bagages sur le sol près de Sam et attrapa un Dean plus mort que vif par le coude pour l'entraîner hors de l'aéroport.

- Allez viens, Dean, allons louer une voiture, tu pourras choisir le modèle !

Aussitôt, le visage du jeune homme s'éclaira d'un sourire et il se laissa embarquer sans discuter. Lucifer et Sam restèrent seuls dans le hall, gênés.

- Tu… tu t'améliores en anglais, fit remarquer Sam pour combler le silence pesant.

- J'ai eu un bon prof, dit Lucifer avec un petit sourire narquois.

- Moui…

Lucifer laissa un ange passer, puis reprit :

- Tu sais qu'on va peut-être tomber sur les gars de l'Ordre là-bas, hein ?

- Oui, j'y ai pensé la nuit dernière. Je me disais que… si on détruit l'épée sous leurs yeux, ils laisseront peut-être tomber ? Puisque je refuse de tuer un innocent, ils n'auront plus de moyen de s'en prendre à toi, donc ce sera fini.

- La dernière fois qu'on m'a dit ça, j'ai fini enfermé dans un fichu temple, maugréa Lucifer. Ne sous-estime pas ces connards, Sam, vaut mieux les tuer à vue, ce sera plus prudent.

- On ne tue personne ! rétorqua Sam un peu trop vivement, attirant sur lui l'attention d'autres passagers.

Il baissa prudemment la voix avant de reprendre :

- Je refuse qu'une autre personne meure encore à cause de cette histoire, ça n'en vaut pas la peine, et je suis sûr que la moitié des gars de l'Ordre ne savent pas ce qu'ils font là ! Ils se sont fait engager sans savoir à quoi ils ont affaire, j'en suis sûr !

- Ils sont là pour nous tuer ! Ils n'hésiteront pas à vous descendre pour avoir cette épée et s'en servir contre moi ! siffla furieusement Lucifer.

- Ce n'est pas pour ça qu'on doit les imiter ! Depuis quand tuer est la solution à tous nos problèmes ?!

- Depuis que c'est leur solution ! Et c'était la solution de Samara aussi !

- Je ne suis pas Samara ! gronda Sam.

Lucifer écarquilla les yeux, puis réalisa ce qu'il venait de dire.

- Oui, évidemment, pardon. Je… j'ai encore du mal à avaler cette histoire d'âme réincarnée, vois-tu.

- Ouais, ben t'es pas le seul.

Lucifer fit la moue, embarrassé d'avoir mis Sam en colère, mais le jeune homme continua rapidement pour détendre l'atmosphère :

- Tu imagines ce que ça fait ? Une seconde, je suis une petite meuf avec la poitrine, les hanches et tout le bordel, et puis je me retrouve coincé dans un corps gigantesque avec des épaules larges et des énormes mains !

Lucifer le considéra en silence, puis comprit qu'il blaguait et s'autorisa un sourire. Castiel et Dean revinrent vers eux peu après, des clés de voiture à la main.


- Bon, c'est quoi le plan ? demanda Dean alors qu'ils arrivaient en Cornouailles un peu moins de quatre heures plus tard.

- On devrait commencer par trouver un hôtel dans le coin, vu que nos recherches risquent de durer, commença Castiel en filant un deuxième pull à Lucifer, qui claquait des dents sur la banquette arrière.

Le pauvre esprit avait l'habitude des fortes chaleurs et l'air frais de l'Angleterre lui avait fait un choc. Sam était presque sûr que le grand blond allait avoir un rhume, mais après tout, pouvait-on réellement tomber malade en étant immortel ?

- Ensuite on devrait questionner les gens du coin pour savoir s'ils ont eu vent de l'arrivée de l'Ordre. S'il y a eu des fouilles, les gens doivent le savoir, supposa Sam.

- Et on pourra leur demander s'ils savent quelque chose sur l'épée aussi, ajouta Lucifer en émergeant de son pull en laine.

- Mais ça ne vous semble pas bizarre qu'une relique grecque se soit retrouvée en Cornouailles ?! fit remarquer Dean. Si ça se trouve, il y a bien une épée au fond du fleuve, mais c'est pas la nôtre ! L'Ordre s'est peut-être gouré, après tout il se passe plein de choses en trois mille ans !

- C'est la seule piste qu'on ait pour le moment, Dean, soupira Castiel.

- Bon, et même si c'est celle qu'on cherche, qu'est-ce qu'on va en faire quand on l'aura trouvée ?

- On la détruit, répondit immédiatement Sam d'un ton sans appel.

- Et si on n'y arrive pas ? demanda Castiel. C'est une épée magique, je te rappelle.

- On la dissimule quelque part, là où l'Ordre ne la trouvera jamais.

- C'est-à-dire ? Tu comptes l'emmurer dans ton appartement ?

- On trouvera bien un moyen ! Rowena a une résidence hors de la ville et elle est gardée jour et nuit, si je dissimule l'épée chez elle, par exemple, l'Ordre ne pourra pas mettre la main dessus.

- Et tu vas gentiment demander à ta cheffe de garder une arme antique chez elle ? s'étonna Lucifer d'une voix pâteuse.

- He bien, si je la lui offre, elle devra bien la stocker quelque part, répondit Sam sur un ton de conspirateur.

- Non, mais offrir une arme blanche magique à Rowena et à ses crétins de fils, c'est une mauvaise idée, d'abord, intervint Dean. En plus, ça t'arrive souvent de faire des cadeaux pareils ?

- Elle est d'origines écossaises. Si je lui dis que ça vient du Royaume-Uni, elle va l'accepter sans problème. Elle adore les cadeaux en plus. Et elle m'a déjà parlé d'une collection de trucs anciens qu'elle garde chez elle.

- Oui, mais…

- De toute façon, coupa Castiel, on n'a pas encore trouvé cette épée, alors on en rediscutera quand on aura mis la main dessus, on gaspillera moins d'énergie.

Le silence se fit dans la voiture et Dean monta le son de la radio pour alléger l'ambiance. Ils parvinrent au bord du fleuve Camel peu de temps après et s'arrêtèrent à Blisland, un petit village dans le plus pur style campagnard anglais. On leur conseilla de pousser jusqu'à Bodmin, un peu plus au Sud, où ils trouvèrent un petit hôtel où ils réservèrent deux chambres. Dean rougit comme une brique quand on lui demanda s'il voulait un lit double dans la chambre qu'il partageait avec Castiel et passa la soirée à rouspéter entre ses dents.

- En tout cas, la bouffe est bonne, fit remarquer Lucifer en mâchant une frite. Et la chambre est agréable, ils ont même mis des oies sur le lit.

- Des cygnes, Lucifer, des cygnes, corrigea Sam. Le personnel a plié deux serviettes en forme de cygnes avant qu'on arrive, ajouta-t-il en voyant l'air médusé des deux autres.

- Avec de vrais cygnes, on aurait pu soudoyer un type du coin pour qu'il nous dise où se trouve l'épée, objecta Lucifer avant de remplir méthodiquement sa bouche de frites brûlantes.

- C'est pour ça qu'on a inventé l'argent entre temps, pour sauver les cygnes innocents, renifla Dean pour cacher son fou rire alors qu'il fondait sur son burger comme un affamé.

Castiel soupira d'un air triste, et Sam le soupçonna de vouloir un cygne, lui aussi.

- La salle de bain est énorme, s'exclama Dean avec une tête de gamin de quatre ans. On pourra piquer une tête dans la piscine avant de repartir ?

Sam lui jeta une œillade blasée et haussa les épaules.

- Bon, demain on retourne vers le fleuve et on interroge la faune locale pour trouver l'épée et/ou l'Ordre, déclara-t-il.

- On interroge les cygnes maintenant ? s'étonna Lucifer.

- Heu, non, juste les habitants, rectifia Sam. On va dans les villages et on demande aux gens ce qu'ils savent.

- Oh, fit simplement Lucifer, déçu. Est-ce que je peux prendre un dessert avec ça ?


Le lendemain matin, Dean souleva un point important (il allait beaucoup mieux après son bain de minuit en plein air) : la plupart des gens bavards fascinés par l'histoire de leur patelin se trouvaient surtout dans les pubs et avaient généralement quelques grammes de sang dans l'alcool.

Castiel seconda cet avis à contrecœur, et Sam dut bien admettre que son frère avait raison. Ils roulèrent donc jusqu'au fleuve et le remontèrent à pieds aussi loin qu'ils le purent pour trouver des traces de l'Ordre, mais à part quelques piquets restés là après des fouilles, ils ne trouvèrent aucune trace des fanatiques.

- Au moins, là où il y a des piquets, on ne risque pas de trouver l'épée, commenta sombrement Sam en shootant dans un caillou.

- Foutu fleuve trop long, jura Dean, qui avait déjà mal aux pieds.

- J'ai des pansements dans ma poche si tu veux, proposa Castiel en faisant asseoir le mécanicien au bord de l'eau.

- On ne la trouvera jamais, désespéra Sam de son côté.

Lucifer se moucha bruyamment, puis vint se coller à lui pour lui piquer sa chaleur.

- Je suis sûr que si, si quelqu'un peut trouver ce truc, c'est bien nous ! Et même si on ne la trouve pas, dès que l'Ordre l'aura, ils enverront un taré pour me descendre avec, il suffira donc de la lui piquer.

- Et s'ils envoient une armée entière ? souffla Sam, trop bas pour que son compagnon l'entende.

Lucifer considéra son air renfrogné et lui tira sur la joue.

- Allez, souris Sam, on a une deuxième chance, t'as oublié ?

Il lui planta un baiser au coin des lèvres et esquissa un sourire avant d'aller voir comment allait Dean. Sam l'observa discuter en anglais avec Castiel, qui rectifiait machinalement sa prononciation, et soupira, amusé malgré lui. Lucifer et Castiel pourraient former un duo comique sans effort, s'ils le voulaient.

Dean grogna de douleur jusqu'à ce qu'ils retrouvent la voiture de location quelques kilomètres plus loin. Sam prit le volant jusqu'au village le plus proche, Hellandbridge, où ils mangèrent un peu avant de se mettre à la chasse à l'indigène bavard.

Ils se firent rembarrer à plusieurs reprises par des soûlards, et l'un d'eux menaça même d'embrocher Dean avec le pied de sa chaise. Abasourdi par la violence de l'autre, le mécanicien en resta comme deux ronds de flan et faillit se prendre une gifle au visage. Heureusement, une main le tira en arrière juste à temps et un petit homme se glissa entre lui et son agresseur.

- Bon, Denis, soit tu te calmes avec les touristes, soit je te sors, compris ? s'énerva le sauveur de Dean.

Étonnamment, le type bourré retourna à sa table, penaud, et s'excusa même auprès du nabot. Ce dernier adressa un sourire un peu tordu aux quatre étrangers et les invita à s'asseoir au bar. Et là, alors qu'ils s'attendaient à le voir s'asseoir avec eux, le petit homme blond fit le tour du comptoir et attrapa quatre verres qu'il remplit de bière locale.

- Alors comme ça, vous vous intéressez à l'histoire du coin ? commença-t-il en les fixant tour à tour de ses yeux ambrés.

- Heu, oui, nous écrivons un article sur les légendes locales de plusieurs régions d'Europe, mentit Castiel.

- Ah, et vu votre bronzage, vous revenez des côtés méditerranéennes, pas vrai ?

- On arrive tout droit de la Grèce, fit Lucifer avec son drôle d'accent, faisant hausser un sourcil au patron.

- A vrai dire, continua rapidement Sam, nous avons entendu parler d'une relique grecque qui a quitté le pays dans l'Antiquité et qui se serait retrouvée ici, en Cornouailles, aux abords du fleuve. C'était une épée, ça vous dit quelque chose ?

- Une épée ?

Le patron fronça les sourcils, un peu perdu.

- Oui, une épée légendaire, le genre de truc qu'on ne voit que dans les mythes, ajouta Dean en sirotant sa boisson avec un rictus satisfait. Fameuse, votre bière !

- He bien… Je ne sais rien sur la partie "Grèce" de votre histoire, mais personnellement, je ne connais qu'une épée qui corresponde à cette description et qui est censée se trouver par ici.

- Laquelle ? Vous savez où elle est ? le pressa Sam.

- He bien, c'est la plus célèbre des armes, sourit le patron avec un sourire fier. On l'appelle Excalibur.

à suivre…


Reviews ? :D