Bonsoir ! Voilà l'avant-dernier chapitre de cette fanfic, j'espère que vous (tu) avez (as) aimé (Pandorwho) ! Les théories et reviews sont toujours les bienvenues, notez bien.

Bonne lecture !


Lucifer rising

C'est la sensation d'une douleur sourde dans le thorax qui réveilla Lucifer. Ça, et la présence d'une grande main tiède dans la sienne. Il ouvrit difficilement un œil bleu et prit quelques secondes pour reconnaître la chambre qu'il partageait avec Sam à leur hôtel. Justement, le jeune homme était à son chevet et soulevait doucement un genre de cataplasme qui barrait le torse du blond.

Lucifer grimaça en sentant les lèvres de sa blessure bouger et aussitôt, Sam se tourna vers lui, soulagé, avant de remettre le bandage épais à sa place.

- Lucifer ! Comment tu te sens ? s'enquit l'avocat en essuyant ses doigts couverts d'une drôle de substance verdâtre sur une serviette en papier.

- Comme une merde, grogna l'esprit en réponse. Enfin, considérant que je devrais être mort, j'ai pas à me plaindre.

Sam baissa les yeux et Lucifer se gifla mentalement.

- Tu as fait ce qu'il fallait, même si j'ai pas tout compris, reprit-il pour corriger le tir. Dean et Cas ?

- Ils vont bien, répondit rapidement Sam. Ils sont dans la piscine. Castiel trouvait que la place de Dean était à l'hôpital, mais mon irresponsable grand frère a fait la sourde oreille. Donc… Cas a suivi.

- Adorable, gloussa Lucifer avant de s'interrompre pour grimacer.

- Je suis vraiment désolé, s'excusa Sam, penaud, en arrangeant une nouvelle fois le cataplasme sur le torse de Lucifer. J'aurais dû viser un endroit moins dangereux, mais c'était la seule façon pour que l'Ordre décampe.

- Attends un peu. Tu peux m'expliquer exactement ce qui s'est passé dans ce fleuve ?!

Sam quitta le bord du matelas pour la chaise qu'il avait placée contre le lit, au grand dam du blessé. Il entortilla ses doigts dans la couverture, embarrassé, avant de se mettre à table.

- Dean a eu une vision de Denarius qui lui a expliqué que l'épée n'avait en réalité pas le pouvoir de te tuer. Il a crié pour me prévenir, mais il n'a pas eu le temps d'épiloguer, donc d'après ce que j'ai compris, l'épée se contente de te prendre ta magie, et donc ton immortalité.

- Donc je n'ai plus aucun pouvoir, fit platement Lucifer.

-… Non, dit Sam d'une toute petite voix. Je n'imagine même pas à quel point ça doit être atroce pour toi, mais c'était le seul moyen pour que l'Ordre te fiche la paix… Je suis tellement désolé…

- J'ai vécu seul pendant des milliers d'années, alors si je peux avoir cinquante ans avec toi… je signe où ?

Sam releva les yeux vers lui comme pour tenter de voir s'il était sincère ou pas. Il finit par lâcher un petit rire nerveux et relâcha la malheureuse couverture avant de la réduire en charpie.

- Et ensuite ? l'invita à poursuivre Lucifer.

- L'Ordre a mis les voiles, et je leur ai promis de les tuer tous si je les recroisais, avoua Sam du bout des lèvres.

- Mon guerrier, plaisanta à moitié l'esprit.

- Après ça, on a essayé d'arrêter l'hémorragie, mais au lieu de simplement perdre ton immortalité, j'ai cru que tu allais nous claquer entre les doigts. Puis Dean a suggéré de rendre l'épée à la Dame du Lac et j'ai… he bien, j'étais furieux contre moi-même et je me suis énervé contre mon frère, parce que c'était vraiment pas le moment de s'inquiéter pour cette fichue arme. Au final, j'ai envoyé voler l'épée sans regarder où elle allait, et heureusement, elle est tombée dans le fleuve.

- Et pas dans l'œil de quelqu'un, s'esclaffa Lucifer.

- Oui, rougit Sam. La Dame l'a récupérée et a fait le truc comme dans la légende, là, elle l'a brandie trois fois, puis elle nous a filé un pot de crème cicatrisante magique en remerciement. Ça pue la mort et il y a plein de morceaux bizarres dedans, mais ça t'a sauvé la vie, pour le coup !

- Monh, tu as mis tes doigts dans mon trou béant pour me sauver la vie, roucoula l'esprit, encore un peu trop choqué pour réagir normalement.

Les joues de Sam prirent une teinte plus foncée et il fit la moue, vexé. Lucifer lui adressa un sourire innocent, puis souleva délicatement le cataplasme qui lui donnait l'impression d'être paralysé au niveau de la poitrine. Effectivement, une odeur atroce le prit aux narines, mais il pouvait voir à l'œil nu la peau se refermer sous l'épaisse pâte verte. Là où la pommade avait fait son office, sa peau était rose et sensible, et il n'avait plus aucune autre trace de l'épée qui l'avait transpercé de part en part.

- He ben, siffla-t-il, elle peut commercialiser son truc sans souci.

Il replaça l'épais bandage puis se tourna vers Sam, qui le regardait avec anxiété, comme s'il s'attendait à être rejeté d'une minute à l'autre.

- Bon, du coup, qu'est-ce qu'on fait maintenant qu'on est libérés de l'Ordre ?

- He bien, on va devoir retourner aux Etats-Unis, mais il y a encore des questions qui me turlupinent et que j'aimerais éclaircir pour pouvoir classer l'affaire pour de bon.

- L'avocat Winchester est dans la place, plaisanta Lucifer.

- Mais enfin, quand j'y pense, on ne sait toujours pas comment l'Ordre a su que Dean et moi allions nous rendre en Grèce ! Et puis, comment Samara, Cassiel et Denarius ont-ils pu voyager ainsi dans le temps et l'espace ? Par l'opération du Saint Esprit ?!

Lucifer posa une main apaisante sur le bras de son compagnon.

- Sam, tout ça est derrière nous, on a surmonté toute cette merde et on a survécu ! Il y a de quoi être fiers, je trouve, alors concentre-toi un peu plus sur ce que tu as et oublie cette histoire. On ne saura peut-être jamais la vérité, alors ne gâche pas ta vie à te torturer l'esprit avec ça.

Sam se rencogna dans son siège, déçu. Puis il mata Lucifer par en-dessous avec la tête typique de celui qui a quelque chose à dire mais qui n'ose pas le faire.

- Qu'est-ce qu'il y a encore ? soupira Lucifer, attendri par l'expression de gamin de son avocat.

- He bien… Dean, Cas et moi, on pensait rentrer aux USA dès que tu seras rétabli, du coup, j'ai une importante question à te poser.

Le visage de Lucifer s'illumina et il dut se retenir de se redresser pour embrasser son petit ami.

- Je t'écoute ?

- Est-ce que… est-ce que ça te plairait de nous accompagner et de… tu sais, venir vivre chez moi ?

Comme Lucifer était un masque figé de joie et ne répondait pas, Sam crut bon de continuer :

- Parce que sans tes pouvoirs, on ne peut pas te laisser seul ici, tu ne sauras pas te débrouiller pour travailler, payer ton loyer et tout le reste, et comme tu connais déjà les bases de l'anglais, ce serait plus simple de faire tout ça aux USA, avec quelqu'un qui peut t'apprendre ce que tu ne sais pas sur le XXIe siècle… tu vois ?

- Ce serait un plaisir, répondit Lucifer avec un sourire si éblouissant que Sam faillit en devenir aveugle.


Deux jours plus tard, Lucifer fit une bombe dans la piscine pour prouver à Sam qu'il était à nouveau intact. Sam lui fit la tête toute la soirée parce qu'ils avaient eu des problèmes avec le directeur de l'hôtel, vu que l'esprit n'avait pas jugé utile d'enfiler un maillot avant de plonger. Malheureusement pour lui, Lucifer copiait à la perfection son regard de chien mouillé et n'avait plus aucun mal à se faire pardonner quoi que ce soit.

Ils repartirent vers Heathrow le lendemain matin et usèrent à nouveau de la fortune de Lucifer pour acheter des tickets d'avion pour rentrer chez eux. Une fois qu'ils eurent atterri à Kansas City (sous les hurlements de Dean), Castiel les salua avec chaleur et partit de son côté après cinq bonnes minutes d'effusions très viriles.

Dean reprit le volant de sa voiture chérie et chargea Sam de calculer la distance entre leur ville natale et celle où vivait Castiel. Finalement, il s'avéra qu'ils étaient presque voisins avec le banquier.

Le mécanicien déposa son frère à son appartement de Kansas City et répondit à contrecœur aux grands signes que Lucifer s'amusa à lui faire quand il redémarra pour rentrer au garage familial, à Lawrence. Les deux hommes s'endormirent dès l'instant où ils posèrent le pied dans l'habitation de Sam, assommés par le décalage horaire.

Le lendemain, Lucifer visita les lieux dans les règles et devint très pote avec le chat de Sam, qui comprit immédiatement que le blond était une cible facile quand il s'agissait de piquer le repas de quelqu'un. Ils passèrent le reste des congés de l'avocat à parler anglais et Lucifer exprima rapidement l'envie d'apprendre à conduire, car il avait entrevu la voiture rouge cerise de son compagnon en faisant le tour du parking privé de l'immeuble et en était tombé amoureux.

Sam reprit finalement le travail et dut aller affronter Crowley à mains nues pour récupérer les dossiers que l'homme lui avait piqués pendant son absence. Pendant ce temps, Rowena compta les points en sirotant un cocktail alcoolisé, les pieds sur son bureau.

L'avocate interrogea longuement son employé à propos de ses vacances, aussi Sam tâcha-t-il de se souvenir du programme des visites en croisant les doigts pour qu'elle ne demande pas à voir les photos du voyage. La rouquine insista pour avoir des détails, mais Oskar vint à la rescousse de son collègue avec une énorme pile de bouquins qu'il largua en vrac sur le bureau de sa mère, l'ensevelissant sous plusieurs décennies de jurisprudence. Le jeune homme fit discrètement signe à Sam de s'esquiver et ce dernier s'exécuta, soulagé.

Peu à peu, un quotidien confortable s'installa entre les quatre hommes. Castiel échangeait des tonnes d'emails avec Dean et venait les voir un week-end sur deux à Lawrence avec des pâtisseries qu'il avait faites lui-même. Lucifer se faisait alors un devoir de toutes les goûter pour lui donner un avis constructif, bien entendu.

Un peu moins d'un mois après son arrivée au Nouveau Monde, Lucifer se trouva un emploi de prof d'arts martiaux dans un club sportif et s'éclatait à tabasser ses élèves et à leur apprendre une prise ou deux quand il en éprouvait l'envie. Son style de combat ancien et son côté excentrique attirèrent de nouveaux élèves, pour le plus grand plaisir de ses employeurs. Sam, pour sa part, appréhendait le jour où il devrait défendre son petit ami devant un juge pour coups et blessures ou une bêtise du même genre. Si Lucifer avait perdu ses capacités surnaturelles, son savoir millénaire et son entraînement martial étaient toujours bien présents.

A part ça, les deux hommes filaient le parfait amour et faisaient glousser toutes les vieilles dames de l'immeuble, qui les avaient plus ou moins adoptés comme mascottes. Les vieilles recettes de Lucifer trouvèrent grâce à leurs yeux, et le Grec devint rapidement leur chouchou, alias "celui à qui on file toutes les invitations aux soirées mondaines".

Enfin, Sam devait encore lui apprendre ce qu'était exactement une soirée mondaine et la différence majeure entre ce genre d'événement et les orgies auxquelles son compagnon avait pu participer en son temps.

L'une de ces deux soirées nécessitait des vêtements, l'autre pas.

Bref. Tout allait bien sous le soleil du Kansas. A une exception près.

Les deux questions en suspens trottaient toujours dans la tête de Sam et l'empêchaient de passer à autre chose. Il n'en dit rien aux autres, qui avaient repris le cours normal de leur vie, mais Lucifer voyait bien que quelque chose le tracassait et lui demandait sans arrêt ce qui n'allait pas. Dans ces cas-là, Sam prétextait le boulot pour ne pas inquiéter son amant, qui était tout sauf dupe.


A l'abri dans les bras de Lucifer, Sam tentait de dormir. Le souffle frais de l'esprit de la nature caressait sa joue, mais l'avocat ne parvenait pas à calmer ses pensées suffisamment longtemps pour pouvoir s'assoupir.

Comme s'il avait senti son trouble, Lucifer dessina des ronds absents dans le dos de Sam sans même ouvrir un œil, et le jeune homme réussit plus ou moins à se détendre. Le mystère qui lui occupait l'esprit depuis des semaines était toujours là, mais le sommeil l'emporta lentement mais sûrement.

- Par ici, fit la voix de Dean - non, Denarius - à son oreille.

Sam, reconnaissant un de ces rêves du passé, ne résista pas et se laissa emporter par la vision.

Denarius tirait sa sœur par la main jusqu'à une caverne effrayante balayée par la lumière de leurs torches. Cassiel fermait la marche et considérait la faille avec une pointe de peur, mais il avait confiance en le Prophète, donc il ne dit rien. Samara, quant à elle, ne réagit même pas à la vision qui lui faisait face, encore bouleversée par ce qui était arrivé à son mari. Une larme traversait de temps à autres son visage, mais la jeune femme n'y prêtait même pas attention, trop assommée pour ça.

Ils entrèrent en silence dans la caverne, où les attendaient trois silhouettes encapuchonnées. Rien ne les distinguait, si ce n'était leur taille. Celle du centre était la plus petite, mais les deux autres restaient en arrière en signe de respect.

- Merci d'être venus, dit Denarius en faisant asseoir sa sœur sur un rocher.

- Tant que le paiement est conséquent, nous consentons à nous déplacer, susurra la plus petite silhouette.

Denarius comprit le message et déposa une bourse pleine à craquer sur le sol. Le plus grand des nouveaux venus s'en empara et la soupesa avant d'acquiescer dans la direction de son chef.

- Pouvez-vous nous aider ? demanda Denarius. Pouvez-vous aider ma sœur ?

La plus petite des silhouettes se dirigea d'un pas précautionneux vers Samara et lui fit lever la tête d'un doigt sous le menton. La Guerrière lui retourna un regard vide et sans vie.

- Hm, ça ne va pas fort on dirait, fit remarquer la silhouette.

- Elle a perdu l'homme qu'elle aimait il y a plusieurs jours, expliqua Denarius. Enfin, c'est compliqué. Disons qu'il ne sortira de sa cage que dans trois mille ans, donc elle ne le reverra plus jamais.

- Sauf si je m'en mêle, fit la voix déformée de l'inconnu.

Sam dut faire un effort de concentration pour la suite, car plus le temps passait, plus Samara se détachait de la réalité, qui lui était devenue trop douloureuse. Sa vision se troublait, son ouïe le trompait et ses autres sens étaient déjà en sommeil.

Or, il avait conscience que ce qui se passait était d'une importance capitale.

- Je peux la sauver et même lui rendre son homme, mais pour ça, il faudra qu'elle sacrifie ce qu'elle a de plus précieux.

- C'est-à-dire ? demanda Cassiel, méfiant.

- Sa vie. Elle ne pourra pas revoir son mari de son vivant, c'est un fait. Je ne peux pas le libérer ni envoyer Samara dans le passé pour qu'elle le sauve. Par contre, je peux envoyer Samara directement à l'époque où il reviendra.

- Vous… vous pouvez la faire voyager dans le temps ? demanda Denarius, estomaqué.

- Pas exactement. Son corps restera ici, mais son âme rejoindra un autre réceptacle trois mille ans dans le futur.

Denarius et Cassiel s'entre regardèrent, suspicieux.

- Je peux vous laisser vous débrouiller si vous préférez, reprit la silhouette, sarcastique.

- Non ! Je veux dire… d'accord. Mais si elle le retrouve dans le futur, et que l'Ordre de cette époque la retrouve, elle sera seule contre tous. Elle va se faire tuer avant même d'avoir trouvé Lucifer. Puis-je l'accompagner ?

- Denarius ! C'est trop dangereux ! intervint Cassiel en le tirant par le bras.

- Je ne laisserai pas ma petite sœur affronter une horde de fanatiques seule, Cassiel. Elle est peut-être féroce, mais elle a besoin d'aide, alors je l'accompagne.

Cassiel fixa le sol, inspira à fond, puis reporta son attention sur son protégé.

- Dans ce cas, je viens aussi. J'ai pour mission de te protéger, tu te souviens ?

Denarius prit le bras de Cassiel et lui adressa un sourire. Les deux hommes se séparèrent après quelques secondes avant de se tourner vers les trois mystiques.

- C'est décidé, donc, conclut leur chef. Le déroulement du rituel est très simple, vous allez voir. Il me suffit de brûler vos cœurs et de prononcer une simple formule. Quand vous vous réveillerez, vous serez des bébés tout juste sortis du ventre de votre nouvelle mère. Après quoi, ce sera à votre tour d'agir, de vous rassembler et de vous mettre en chasse.

- Nos… cœurs ? balbutia Cassiel.

- Vos cœurs tout frais, oui. Mais ne t'inquiète pas, je vais vous administrer un antidouleur à tous les trois avant de commencer.

Au même moment, la silhouette de taille intermédiaire s'écarta des autres et porta une coupe pleine devant la bouche de Samara, qui avala sagement une gorgée du liquide sombre. Les deux hommes tremblants furent les suivants à boire, et bientôt, ils se retrouvèrent couchés sur le sol de pierre tandis que les trois mages allumaient un grand feu en récitant des mots étranges. Les sensations disparurent lentement de leur corps, et les trois silhouettes se penchèrent vers eux, un couteau à la main.

La dernière vision que Sam eut au moment de se réveiller en hurlant fut un large sourire et un éclat vert avant que le couteau ne transperce la poitrine de Samara.

Il rassura un Lucifer alarmé par ses cris et se recoucha aussitôt sans pour autant fermer l'œil. Voilà, maintenant il savait comment Samara et les autres avaient transcendé de temps et l'espace pour sauver Lucifer.

Et il savait comment l'Ordre avait eu vent de leur existence.

à suivre…


Plus qu'un chapitre !

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