Cet épilogue… est vachement long. Enfin. J'espère que vous aimerez la fin de cette histoire, en tout cas, je suis très satisfaite d'avoir enfin écrit cette fichue histoire dans son intégralité ! Il ne m'aura jamais fallu que sept ans pour y parvenir ! Yahouu !

Bonne lecture et lâchez les reviews, soyez pas radins !


Épilogue - Unfinished business

Le lendemain de sa dernière vision nocturne, Sam se rendit au cabinet d'avocats où il travaillait d'un pas décidé, mais il remarqua tout de même que ses mains tremblaient légèrement en prenant l'ascenseur. Il avait rendez-vous au tribunal à onze heures, ce qui lui laissait… un peu moins de deux heures trente pour régler une petite affaire personnelle.

Sam redressa sa cravate bordeaux et rectifia sa coiffure dans la glace qui couvrait le fond de la cabine d'ascenseur. L'aiguille indiqua enfin son étage et le jeune homme inspira à fond, nerveux, avant de quitter l'habitacle.

- Ah, le voilà ! s'exclama Oskar en l'attrapant par le bras pour le traîner vers le bureau de sa mère, qui se limait les ongles d'un air absorbé.

Crowley râlait à propos d'un accident d'hélicoptère privé face à l'indifférence totale de leur cheffe, et Oskar ne lâcha sa victime qu'une fois la porte épaisse refermée derrière eux.

- Samuel, sourit Rowena en le regardant franchement, pour le plus grand déplaisir de Crowley. Pile à l'heure, comme toujours. Nous avons reçu un nouveau dossier et Fils Numéro Un insiste sur le fait qu'il devrait s'en occuper personnellement, mais je pense au contraire qu'il est de ton ressort.

- Tout ça parce que le client est friqué et que Sam a une belle gueule, gronda Crowley en fusillant le plus jeune d'entre eux du regard.

- Qu'en penses-tu, Samuel ? demanda Rowena en montrant d'un geste de la main un fin dossier cartonné posé sur son bureau.

La première impulsion de Sam fut d'oublier ses lubies et de passer l'affaire en revue, mais il se baffa mentalement pour se donner du courage. Il prit une profonde inspiration sous l'œil étonné de sa patronne et resta figé au milieu de la pièce.

- Samuel ? répéta Rowena en battant lentement des paupières.

- Je… commença le jeune homme, la gorge serrée par la tension.

Oskar et Crowley, curieux, lui adressèrent des regards en coin.

- Tu ? fit Rowena d'un ton léger.

Mais Sam n'était pas dupe. Il avait déjà vu la rouquine en colère et savait qu'il valait mieux se tenir loin, dans ces cas-là.

- En fait, mes vacances ne se sont pas bien passées du tout, fit finalement l'avocat.

- Et en quoi ça concerne notre affaire, Baloo ? s'impatienta Crowley en passant une main nerveuse sur sa barbiche noire.

- Vous allez comprendre. Voyez-vous, dès que nous avons mis un pied en Grèce, Dean et moi avons été kidnappés par des dingues qui se font appeler l'Ordre de Michael. Ce nom vous rappelle quelque chose ?

Sam scruta la réaction de sa cheffe, mais la rousse resta impassible, attendant de voir où il voulait en venir.

- Mon Dieu ! Tu as porté plainte au moins ? demanda Oskar avec innocence.

- Mieux, je les ai fait fuir avec une épée plus vieille que le Christianisme, mais là n'est pas la question. Je me demande depuis plusieurs semaines comment ces types ont su que nous viendrions passer nos vacances en Grèce à cette date. Peu de gens étaient au courant, et je n'ai pas cru un seul instant que l'un d'entre eux nous avait vendus. Je pense qu'au fond, j'ai repoussé cette idée parce que je ne voulais pas y croire, mais maintenant j'en suis sûr. C'était vous, Rowena.

La rouquine baissa la tête pour le dévisager avec consternation avant de lâcher un rire incrédule.

- Moi ?

- Oui, vous avez informé l'Ordre sur la ville exacte où nous nous sommes rendus. Bordel, vous leur avez même donné le nom de notre hôtel !

- Et j'aurais prévenu cet Ordre pour…? persifla Rowena, amusée par l'accusation.

- Je l'ignore, mais je sais que c'était vous. Ça ne peut être que vous.

- Baloo a craqué son boxer on dirait, s'esclaffa Crowley en se dirigeant vers Sam pour le faire sortir.

- Non, laisse-le finir, ordonna l'avocate en tailleur sombre. Je veux savoir s'il a des preuves de ce qu'il avance.

L'avocat en noir s'écarta d'un pas mais adressa tout de même un regard alarmé à Sam, qui l'ignora, trop concentré sur Rowena. Oskar, pour sa part, les fixait tour à tour sans oser intervenir. Sam, pour sa part, commençait à perdre sa confiance en lui, mais foutu pour foutu, autant aller jusqu'au bout, n'est-ce pas ?

- Je vous ai reconnue. C'est vous qui avez arraché le cœur de Samara il y a trois mille ans pour envoyer son âme dans le futur. Alors je me demandais : comment avez-vous fait pour vous réincarner ? J'imagine qu'un de vos deux hommes de main s'en est chargé pour vous ?

Oskar et Crowley se tendirent d'un coup et Rowena, fidèle à elle-même, éclata de rire.

- Et qu'est-ce qui te fait croire que je me suis, heu… "réincarnée", au juste ? demanda-t-elle après dix bonnes secondes d'hilarité.

- Parce que si ce n'est pas le cas, ça signifie que vous avez plus de trois mille ans, ce dont je doute, dit posément le jeune homme sans se démonter.

Ce faisant, il songea tout à coup que si la sorcière du passé s'était réellement réincarnée, ça ne voulait pas dire que son homologue du futur était au courant de ses propres antécédents…

- Mère… commença Crowley, agité.

- Non, Fergus, le coupa sa génitrice en levant une main vers lui, brusquement plus sérieuse.

- Fergus ? répéta Sam, interdit.

- J'ai changé de nom dès que j'ai pu, se justifia Crowley avec un semblant de honte dans les yeux.

- On a tous changé de nom, ajouta Oskar, les épaules tombantes.

Rowena, quant à elle, s'accouda sur son bureau sans quitter Sam des yeux, un fin sourire aux lèvres.

- Décidément, on ne peut rien te cacher, Samuel. Comment as-tu compris ?

- J'ai eu la vision de la mort de Samara cette nuit, fit Sam sans prendre la peine de s'expliquer davantage. J'ai reconnu vos yeux sous le capuchon de la sorcière qui l'a envoyée dans le futur. Je n'ai pas reconnu votre voix à cause de l'état de choc dans lequel elle se trouvait, mais elle a vu votre visage, donc moi aussi. Qui d'autre que la sorcière qui nous a tous envoyés dans le futur aurait pu nous vendre ? Vous étiez la seule à part Dean, Cas et moi à pouvoir nous dénoncer.

- Hm, c'est bien, Samuel, je ne pensais pas que tu trouverais la réponse si longtemps après toute cette affaire.

Sam regarda sa cheffe, estomaqué qu'elle n'essaie même pas de nier, puis Rowena se leva de son fauteuil en levant les bras comme une gamine excitée.

- Coupable ! s'exclama-t-elle sans se départir de son sourire. Par contre, tout ton raisonnement n'était pas correct.

- Comment ça ?

- He bien, pour commencer, je ne suis pas une réincarnation. Ni mes fils, d'ailleurs.

Sam jeta un œil horrifié à Crowley et à Oskar, qu'il n'avait même pas comptés dans l'équation. Crowley lui fit un petit coucou avec un air innocent et un sourire qui l'était beaucoup moins.

- Mais… c'est impossible !

- Ah bon ? Tout est possible avec un peu de magie, mon petit Samuel. Même atteindre l'immortalité, comme ton cher Lucifer. Au fait, comment va-t-il ?

- Mais ça voudrait dire que vous êtes âgés de plus de… oh merde.

Oskar plaça une chaise juste derrière Sam, qui commençait à se sentir mal. L'avocat se laissa tomber, assommé par la nouvelle. Sortir avec un être millénaire était une chose, mais bosser avec trois immortels au quotidien sans même le savoir en était une autre.

- …Pourquoi ? Pourquoi n'avez-vous pas simplement accordé l'immortalité à Samara, Denarius et Cassiel, si c'est si facile de vivre pour toujours ? demanda-t-il enfin.

- Pour une raison très simple, répondit Rowena. La pauvre Samara était anéantie quand elle est morte. Son esprit s'était réfugié au plus profond d'elle-même, et même son frère peinait à la faire réagir. Lui accorder l'immortalité aurait été un fardeau pour elle comme pour les autres. La réincarnation a un avantage : elle permet de recommencer à zéro, sans les séquelles de la vie précédente. C'est pourquoi tu n'es pas né avec une hideuse cicatrice sur le torse, par ailleurs.

- Mais… Cassiel et Denarius allaient parfaitement bien !

- …Mais Denarius n'aurait pas supporté de passer tout ce temps sans sa sœur, surtout après l'avoir vue mourir. Et Cassiel n'aurait pas supporté de voir son protégé chéri souffrir aussi longtemps sans pouvoir l'aider, comme il est censé le faire. Je n'ai fait que leur proposer la solution la plus logique.

Sam se pencha en avant, juste au bord de sa chaise.

- Donc… vous êtes devenus immortels et c'est par hasard que je suis venu vous demander de m'embaucher ?

- Le hasard n'existe pas, récita Oskar comme s'il le répétait tous les jours. Mère vous a réincarnés, donc elle a senti votre retour dans ce monde au moment où vous êtes nés tous les trois.

- Il ne nous a pas fallu longtemps pour vous retrouver, vu qu'elle connaissait vos noms et vos dates de naissance, continua Crowley. Elle savait aussi que tu naîtrais quatre ans après ton frère et elle s'est fait passer pour une gentille voisine fan des bébés pour s'assurer que vous étiez bien "vous".

- Quand je pense que j'ai dû faire du baby-sitting…, grogna Rowena avec un long frisson. Bref. Après ça, ça n'a pas été dur de garder un œil sur vous deux. Oskar s'est chargé de Castiel, mais le brave homme a suivi la voie tracée pour lui par le Destin sans se faire prier. Nous voulions aussi surveiller Dean, mais je ne pouvais pas vraiment me faire passer pour une mécanicienne pour lui coller au train, ajouta-t-elle avec une grimace.

- C'est alors que nous avons appris que tu allait entrer à Stanford pour y étudier le droit et devenir avocat, alors nous avons ressorti nos vieux diplômes et ouvert notre propre cabinet non loin de chez toi en sachant que tu allait postuler chez nous dès la fin de tes études, fit Oskar.

- Et quand tu as eu un entretien favorable chez ces misérables cloportes de chez Wesson's, je me suis remise à la magie pour les mettre en faillite. Momentanément, bien sûr.

- On ne pensait pas rester avocats aussi longtemps, mais en fin de compte, c'est plus valorisant que d'élever des cochons, admit Crowley avec un regard outré dans la direction de sa mère. Après ça, on a attendu une bonne occasion pour t'envoyer en Grèce, et on a vraiment cru qu'on allait devoir t'inventer un voyage d'affaires quand Dean a gagné tout ce fric.

Sam resta pantois sur sa chaise, abasourdi par tout ce qu'il venait d'apprendre. Depuis le début, une sorcière et ses fils l'espionnaient dans l'ombre pour l'amener en Grèce au moment opportun pour libérer Lucifer !

- Mais… votre but était de m'envoyer en Grèce au bon moment, d'accord, mais… Lucifer était persuadé que Samara l'avait trahi quand il a été enfermé. S'il l'avait reconnue en moi plus tôt, il aurait pu me tuer simplement pour se venger !

- Bien sûr, mais nous savions qu'il était trop amoureux d'elle pour te faire du mal, assura Rowena. Il n'aurait pas pu résister à une seconde chance avec Samara. Ton changement de sexe a d'ailleurs contribué à dissimuler la vérité un peu plus longtemps, et jusqu'à preuve du contraire, tu es toujours vivant, non ?

- Et vous ne vous êtes pas dit que me vendre à l'Ordre pouvait me mettre en danger ?! Ils nous ont enlevés et menacés de mort !

- Réfléchis, Samuel. Aurais-tu retrouvé Lucifer sans eux ? Aurais-tu réussi à sauver ton âme sœur de la solitude éternelle sans l'intervention de l'Ordre ? Tu n'aurais même jamais appris son existence, sans eux !

Sam se rembrunit et fusilla la sorcière du regard.

- Il a failli mourir à cause de l'Ordre.

- Mais il a survécu et tout le monde est content ! claironna la rouquine. Enfin, sauf l'Ordre. Bon, ce n'est pas tout ça, mais est-ce que tu vas prendre cette affaire, oui ou non ?

L'avocat, hébété, essaya d'avaler tout ce qu'il venait d'apprendre tout en s'emparant du dossier pour l'étudier.

Donc, Dean, Castiel et lui avaient une sorcière pour marraine et/ou stalker, ladite sorcière avait tout planifié de manière à ce qu'ils se retrouvent enlevés et menacés de mort par une secte et pour que Sam retrouve l'amour de sa vie au péril de sa vie et de sa santé mentale. Oh, et il y avait aussi le fait qu'il bossait pour la même fichue sorcière depuis environ un an, et sans le savoir s'il vous plaît !

Voilà qui allait rendre ses disputes avec Crowley autour de la machine à café beauuuucoup plus intéressantes.


Lucifer n'avait pas cours avant quatorze heures et il s'ennuyait ferme dans l'appartement de Sam. Désireux d'améliorer son niveau d'anglais - qui était pourtant déjà très bon -, l'ex-esprit s'empara d'un roman et s'affala sur le canapé du salon. Le chat s'invita bien vite sur son estomac, et Lucifer se lança dans sa lecture.

…Pourquoi un gosse de onze ans avait-il des pouvoirs magiques quand lui n'en avait plus, au juste ? se demanda-t-il au bout d'un moment avant de balancer le bouquin sur le fauteuil d'à côté.

Foutus humains, avec leurs histoires fantastiques pleines de magie et de merveilles inaccessibles !

Lucifer adorait l'humanité, attention, mais les fictions sur lesquelles il tombait à la télévision, sur Internet ou dans les livres ne faisaient que remuer le couteau dans la plaie. Bien sûr qu'il aimait Sam et qu'il lui avait pardonné son initiative malheureuse avec le coupe-papier géant, mais parfois, la disparition de ses pouvoirs était un poids qu'il peinait à porter…

Frustré, le nouvel humain se passa une main sur le visage et émit un bruit ronflant qui fit peur au chat, mais pas assez pour le déloger de son ventre.

Bon, puisque c'était ainsi, il allait mater un film ou une série à la télé, tiens. Et si c'était un porno, tant pis pour Sam !

Lucifer esquissa un mouvement pour se lever, mais le poids du chat l'en empêcha. Il n'allait pas déloger ce charmant animal, tout de même. Le grand blond tourna la tête sur le côté et contempla la télécommande, qui trônait à sa place, sur la table basse. Il tenta bien de se déboîter le bras pour l'attraper sans bouger, mais il n'était plus aussi flexible qu'avant, malheureusement.

De plus en plus énervé par la situation pourtant normale dans laquelle il se trouvait, Lucifer n'écouta que son instinct millénaire et claqua des doigts.

Aussitôt, la télécommande décolla de la table et vint se poser sagement dans sa main tendue sous ses yeux ahuris. Lucifer contempla la boîte en plastique sous toutes ses coutures avant de s'adresser au chat d'un ton léger :

- Alors ça, c'est intéressant…

FIN


Le petit plot twist juste à la fin, un classique :D

J'espère que vous avez aimé ! N'hésitez pas à commenter surtout !

Allez, à la prochaine !