Chapitre 1 : Confrontation avec Riddle

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Le silence s'étira. Aucune des personnes présentes ne prononçait un mot, qu'il s'agisse des deux humains ou du serpent géant. Harry n'osait même pas bouger, cloué sur place par le regard félin de son opposant. Cependant… malgré le fait qu'il soit impressionnant de part son apparence… il n'avait pas l'air hostile. Plus intrigué et un peu perplexe. Sa tête légèrement penchée sur le côté lui fit vaguement penser à un chat qui évaluerait quelque chose qu'il ne connaissait pas.

Finalement, il bougea, se remettant debout avec la grâce d'un prédateur. Harry avala sa salive avec appréhension. L'homme n'avait pas l'air hostile, mais il était un inconnu, et, à moins qu'il ne se trompe, un guerrier expérimenté. Lui n'avait qu'à peine deux ans d'instruction magique sous sa ceinture, et encore. Lockhart ne leur avait rien apprit d'utile.

Esméralda n'avait pas bougée de sa position à côté de lui, lui apportant un peu de réconfort. La situation lui donnait l'impression d'être entré dans la 4ème dimension, mais il avait cette sensation depuis qu'il était entré dans le monde magique de toute façon. Les lèvres de l'homme tressaillirent, formant un léger sourire amusé.

–Tu peux approcher, tu sais. Je ne vais pas te mordre.

Harry cligna des yeux de surprise en l'entendant. Sa voix grave était calme, comme le reste de son apparence, et contenait une assurance tranquille. Avec hésitation, il s'éloigna un peu d'Esméralda.

–Qui êtes-vous ? Demanda-t-il timidement. Esméralda vous as appelé « Le Cauchemar ». Pourquoi ?

Son interlocuteur soupira doucement.

–Je vois que mon histoire n'as pas été complètement oubliée, même si, visiblement, elle est probablement plus qu'incomplète. Mon nom est Sephiroth.

–Sephiroth ? Répéta Harry. Ça ressemble à un nom de la Bible ça, non ? Moi c'est Harry.

Sephiroth haussa un sourcil, visiblement perplexe.

–Je ne saurais te le dire, je ne me suis jamais intéressé à la religion. Je ne crois réellement que en Minerva, la Déesse.

Ce fut le tour de Harry de cligner des yeux d'un air perplexe.

–Minerva ? Comme le professeur McGonagall ?

Sephiroth eut l'air amusé.

–Je ne sais pas, mais je doute qu'il s'agisse de la même personne. Minerva est la conscience de la Rivière de la Vie. C'est de là que viennent les âmes, et où elles retournent à leur mort.

–Comment vous savez ça ? Demanda Harry avec curiosité, s'approchant un peu plus.

–C'est une longue histoire, soupira-t-il. Une très longue histoire. J'espère que tu as du temps devant toi ?

–C'est samedi, répondit Harry. J'ai du temps.

Alors Sephiroth invita Harry à s'asseoir par terre, et lui raconta son histoire. Comment il avait grandit dans un laboratoire, expérimenté depuis avant même sa naissance. Comment il avait été entraîné à l'art de la guerre dès qu'il avait sut marcher. Comment il avait été jeté, presque littéralement sur le champ de bataille à douze ans, bombardé général bien trop jeune. Comment il avait rencontré les deux personnes qui étaient devenus ses seuls amis. Comment leur amitié s'était effondrée lorsque Genesis avait été blessé dans un match d'entraînement, ce qui avait provoqué l'effondrement de ses cellules, appelé Dégradation, qui l'avait lentement rendu fou, le poussant à déserter avec Angeal. Comment ce dernier était mort, ayant forcé son apprenti, Zack, à le tuer. Ce qu'il s'était passé à Nibelheim, et qui lui avait valu son appellation de Cauchemar. Comment il avait tenté de détruire le monde sous l'influence de Jenova. Comment il était mort par trois fois, se tirant de la Rivière de la Vie contre le gré de cette dernière.

Et Harry était resté immobile, écoutant presque religieusement ce que disait Sephiroth. Même Esméralda était restée silencieuse pour l'écouter. Il demanda timidement qui était Jenova, un peu intimidé par le venin avec lequel Sephiroth avait prononcé le nom.

Alors, Sephiroth expliqua. Comment on lui avait injecté des cellules de cette dernière avant même sa naissance, alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère, tout comme Angeal et Genesis, et la différence entre les cellules. Vivantes pour lui, mais pas pour les autres, ce qui avait provoqué les problèmes dont il avait parlé. Il expliqua aussi comment ses défenses avaient souffert de la désertion de Genesis, puis Angeal, et de la mort de ce dernier. Comment il avait bloqué la voix de Jenova, avant qu'il ne subisse un effondrement nerveux à Nibelheim, et mette le village à feu et à sang sous son contrôle. Il expliqua comment Jenova avait prit le contrôle de son esprit, profitant du fait qu'on lui avait prétendu qu'elle était sa mère. Comment Cloud avait put le tuer, profitant du fait qu'il avait complètement baissé sa garde. Comment son esprit avait volé en éclat lorsque Cloud avait réussi à le projeter au fond du Réacteur, directement dans la Rivière de la Vie. Comment Jenova l'avait lentement reconstitué au fil des cinq années qui avait suivies, avant qu'il ne lui arrache le contrôle… ou du moins, avait pensé le faire. Il avait récupéré un semblant de contrôle, oui, mais pas autant que ce qu'il avait cru à l'époque.

Il parla aussi du Météore. Il expliqua brièvement ce qu'étaient les Matérias, et surtout la Matéria Noire. Il expliqua son rôle, un dernier recours pour la Planète, une espèce de moyen de suicide, pour abréger ses souffrances. Il parla aussi des Armes, des créatures similaires à un système immunitaire à l'échelle du globe, créées pour contrer la Calamité. Il expliqua comment Cloud l'avait tué pour la deuxième fois à l'aide de ses amis.

–Peu importe tes prouesses martiales, dit-il doucement, un combat à huit contre un sera TOUJOURS déséquilibré et en ta défaveur. De plus, ils avaient un autre avantage sur moi.

–Lequel ? Questionna doucement l'enfant.

–Ils ne se battaient pas pour détruire le monde, mais pour le protéger. Et ils n'ont pas renoncé avant de me vaincre et de réussir à le protéger. Ils ont mit tout leur cœur dans la bataille.

Il parla ensuite du fait que Hojo l'avait cloné. Des Géostigmates, et de ce que ses Incarnés avaient fait pour le ramener. À ce dernier combat contre Cloud, où Jenova l'avait finalement laissé en paix après cette dernière défaite. Son âme était finalement redevenue à peu près complète, et il avait été horrifié par ses actions. Il n'avait jamais voulu faire ça. Ce n'était pas lui.

Mais Cloud et ses amis ne l'auraient jamais écoutés. Pas qu'il les blâme, franchement. Après ce qu'il avait fait… Il se rappelait encore de sa rencontre avec Elfé. Cette dernière lui avait demandé s'il avait une raison de combattre. À l'époque, il n'avait pas su quoi lui répondre.

Puis Minerva lui avait fait une offre, une nouvelle vie dans un autre monde, et il avait accepté. Angeal et Genesis avaient étés respectivement ramenés à la vie et sortis de leur sommeil, et, pendant un temps, il avait été… heureux, oui. Il avait apprit à vivre. Et puis tout lui avait été arraché de nouveau. Avec quelqu'un qui leur était devenu cher à tous les trois.

Et il était retourné sur Gaïa. Où il avait été scellé dans un cristal fait de Rivière de la Vie condensée, comme les Matérias, à sa propre demande. Attendant un jour de pouvoir expier ses crimes.

Et Sephiroth se tut finalement. Soulagé d'en avoir fini avec son histoire. Sachant que les légendes à son sujet auraient été bien loin de la vérité, il avait préféré tout raconter à Harry, afin que ce dernier sache la vérité. Comme ça, si quelqu'un tentait de l'éloigner de lui en lui racontant une version déformée, il serait capable de se faire son propre avis.

–Maintenant que je t'ai raconté mon histoire, déclara doucement Sephiroth, à toi de faire de même.

Harry tressaillit.

–Vraiment ? Demanda-t-il timidement. Vous êtes sûr ?

Il hocha la tête.

–Je t'ai raconté mon histoire, à toi de faire de même. Je ne te jugerais pas, si c'est ce qui t'inquiète.

Le garçon hésita. Il reconnaissait que son interlocuteur avait raison, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir honte. Il était supposé être le grand héros du monde sorcier, mais il ne pouvait même pas se protéger d'un Moldu obèse ! Pourtant, le regard de Sephiroth disait la vérité. Il ne le jugeait clairement pas, et il attendait patiemment que Harry se décide à parler.

Alors, lentement, de manière hachée, il commença à raconter sa vie. Minimisant inconsciemment ce que les Dursleys lui avaient fait, comme il l'avait fait en racontant à Esméralda. Il parla du placard sous l'escalier, dans lequel il avait dormi jusqu'à recevoir sa première lettre pour Hogwarts. Les coups, le manque de nourriture, les abus psychologiques, le fait qu'il n'avait sut son nom qu'en entrant à l'école, pensant jusque-là qu'il s'appelait Freak ou Garçon. Comment Marge prenait plaisir à envoyer Ripper, son bouledogue, l'attaquer. Le coinçant parfois en haut d'un arbre pendant des heures. Et les coups qu'il recevait en étant finalement autorisé à descendre, parce qu'il n'avait pas pu préparer le dîner.

Sephiroth l'écouta pratiquement sans dire un mot, ne l'interrompant que de temps à autres pour demander des précisions sur telle ou telle chose. Harry ne pouvait pas le voir, mais Sephiroth luttait pour garder son calme. Il n'avait qu'une envie, trouver ces… choses (ils ne méritaient même pas le titre d'animaux, et encore moins d'humains) et leur apprendre pourquoi il était appelé Le Cauchemar. Les seules choses qui le retenaient étaient le fait que Harry avait vu assez d'horreurs comme ça, et qu'il ignorait où ils vivaient.

Harry expliqua également ce qu'il était apparemment arrivé à ses parents. Comme ils avaient été assassinés par un Dark Lord, Voldemort. Comment tout le monde était trop terrifié pour seulement prononcer son nom et comment il l'aurait apparemment vaincu à quinze mois. Sephiroth n'avait pas pu s'empêcher de renifler en entendant ça.

–Les sorciers sont vraiment des idiots, remarqua-t-il en réponse au regard perplexe de Harry.

–Pourquoi vous dites ça ?

–Simple logique. À quinze mois, un enfant n'as juste pas les capacités cognitives pour comprendre ou contrôler sa magie, et encore moins la mort. Je pense plutôt que c'est ta mère qui a fait quelque chose pour te protéger.

Harry hocha timidement la tête.

–Je crois aussi.

Finalement, il toucha les deux années qui venaient de s'écouler. Ce qu'il s'était passé au cours de la première, avec Touffu le Cerbère, Quirrelmort, la Pierre Philosophale, etc. Sephiroth avait de sérieux soupçons envers le directeur en entendant ça. Ça puait les manipulations à plein nez. Trois enfants de 11 ans, capables de passer ces épreuves ? Il y avait quelque chose de particulièrement louche dans cette histoire. Il dut vraiment se faire violence pour ne pas exploser lorsque Harry lui raconta ce qu'il s'était passé durant l'été entre les deux années.

Ils avaient essayé de le tuer en l'affamant bordel de merde ! Il était pratiquement sûr qu'avec un autre mois de ce régime, Hedwige serait morte depuis longtemps, et Harry n'aurait certainement pas tenu jusqu'à la rentrée. Et quant à cette année… Harry avait été traité comme un paria jusque parce qu'il pouvait parler aux serpents. Il n'y avait rien de maléfique là-dedans ! Ce n'est pas parce que certains avaient étaient mauvais alors qu'ils parlaient cette langue que TOUS ceux qui la parlaient étaient mauvais !

Quant aux pétrifications… Harry expliqua que Esméralda avait été forcée d'attaquer les enfants Né-Moldus de l'école, alors qu'elle ne le voulait pas. Ce n'était pas son rôle. Il fut surprit de comprendre ce que disait Esméralda en confirmation, et il se pinça l'arête du nez avec un brin d'agacement. Apparemment, en plus de le garder à jour concernant la langue parlée/écrite du coin, la Rivière de la Vie lui avait en plus offert le Fourchelang. Encore un point noir contre lui, comme s'il avait besoin de ça. Il envisagea un moment de changer son apparence en sortant de la Chambre des Secrets, comme Harry lui avait dit qu'elle était appelée, avant d'y renoncer. Dans tous les cas, son identité serait rapidement connue.

Esméralda leva soudain la tête, regardant en direction de la pièce principale, derrière elle et Harry.

§IL est là,§ siffla-t-elle, son ton un mélange de dégoût et de colère.

Alors comme ça, le fragment d'âme du Mage Noir était ici. Dans ce cas, il allait s'occuper de lui. Il se leva souplement, attirant l'attention d'un Harry inquiet.

–Puisqu'il est là, autant aller l'accueillir décemment, non ? Demanda-t-il à Harry, lui offrant un sourire rassurant. Ne t'inquiète pas, je ne le laisserait pas faire plus de dégâts.

–Et la fille qu'il possède ? Osa Harry.

–S'il n'est pas trop tard pour elle, bien sûr que je la sauverais, déclara Sephiroth fermement, avançant en direction de la porte que Harry et Esméralda avaient empruntée.

Elle avait expliqué que le mot de passe servait seulement à entrer, mais qu'il suffirait de toucher la porte depuis l'intérieur pour sortir. Il fit comme elle avait dit, et vit la portion du mur coulisser pour dévoiler l'immense caverne. Harry juste derrière lui, il sortit, prêt à appeler Masamune s'il le fallait.

Son regard tomba sur une fillette rousse, qui devait avoir le même âge que Harry, à peu de choses près, et ce dernier laissa échapper un « Ginny ! » montrant qu'il la connaissait. Le garçon se précipita vers la fille, tandis qu'il scannait l'endroit du regard. Personne encore, pour l'instant. Elle était allongée aux pieds de la statue, apparemment inconsciente. Il pouvait voir qu'elle était toujours en vie, mais son état était clairement critique.

Harry la secouait, essayant désespérément de la réveiller, mais sa tête ballottait d'un côté et de l'autre comme une poupée de chiffons.

–Inutile, elle ne se réveillera pas, dit alors une voix douce.

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oOo

Albus « trop de noms » Dumbledore ne comprenait rien à ce qui se passait. Une heure plus tôt environ, une alarme avait résonné dans l'école alors qu'il descendait au repas. Le son strident avait retenti absolument partout, et impossible de l'arrêter. Il avait croisé des élèves affolés, en particulier les Né-Moldus, et de nombreux Sang-Purs qui ne comprenaient rien à ce qui se passait.

Les professeurs n'étaient pas d'une grande aide non plus, aucun ne savait ce qui se passait. Il avait ordonné que tous les élèves soient raccompagnés dans leurs Salles Communes, et un compte des têtes effectué. Après ça, il remonta dans son bureau, où il trouva le Choixpeau en train de passer un savon aux portraits des anciens directeurs.

–… Et si le crétin qui a enlevé les portraits des Fondateurs n'avait pas fait cette connerie, vous sauriez ce qui se passe !

–Les idées qu'ils proposaient était absurdes ! Protesta l'un d'entre eux. Et puis, c'est impossible que Salazar Slytherin ait été l'avocat des Né-Moldus ! Tout le monde sait qu'il était un Sang-Pur ! Et qu'il méprisait les Né-Moldus, qui sont inférieurs aux Sang-Purs ! Ça ne pouvait PAS être son portrait !

–Bla, bla, bla ! S'exclama le Choixpeau sur un ton sarcastique. Vous allez me dire que j'en sais moins que vous sur les Fondateurs ? Eux qui m'ont créé ? Et moi je suis une vieille casquette de baseball dans ce cas-là !

–Qu'est-ce qui se passe ici ? Demanda Albus sur un ton autoritaire, un peu choqué tout de même du langage du vieux chapeau.

Phineas Black pointa le Choixpeau du doigt depuis l'intérieur de son portrait.

–Ce vieux Choixpeau a décidé de ne pas expliquer pourquoi il a dit « Ooops, on dirait que le Cauchemar est réveillé » en gloussant lorsque l'alarme a commencé !

Albus cligna des yeux avec surprise, avant de froncer les sourcils pensivement, cherchant dans ses souvenirs via l'Occlumancie. Finalement, il trouva une référence. La très ancienne Légende du Météore. Il regarda le Choixpeau, fronçant les sourcils.

–Clarence, le Cauchemar est une légende. Il n'y a aucune preuve qu'il existe.

Le Choixpeau éclata de rire en entendant ça.

–Une légende ? Vraiment ? Et que sont les dragons, licornes et sphinx pour les Né-Moldus, Albus ? Jusqu'à ce qu'ils entrent dans le monde sorcier, ils ne sont que des mythes aussi.

Albus pâlit en entendant ça. Toutes les légendes que les sorciers se transmettaient de générations en générations au sujet du Cauchemar insistaient sur sa puissance et sa dangerosité. S'il était réellement aussi puissant et dangereux que les histoires le disaient… alors ils avaient un énorme problème sur les bras. Après tout… il avait faillit détruire le monde… et il aurait réussit sans un groupe de héros appelé Avalanche.

Et si vraiment il s'était réveillé… ça voudrait dire qu'il avait dormit pendant plusieurs milliers de millénaires. Sauf que vu les histoires au sujet de sa puissance, il doutait que ça ait émoussé sa force. Ce qui signifiait qu'ils avaient un des plus puissants Mages Noirs ayant existé en liberté.

–Directeur, les Professeurs arrivent ! S'exclama le portrait d'une jeune femme, entrant en courant dans le paysage accroché à côté de la porte.

Immédiatement, les portraits des anciens directeurs se calmèrent et s'installèrent dans leurs cadres, faisant semblant de dormir. Albus lui-même se secoua mentalement, et s'assit à son bureau, se tournant vers le Choixpeau.

–Clarence, il n'y aurait pas moyen d'arrêter cette alarme ?

–Nope, répliqua joyeusement le Choixpeau. Elle s'arrêtera toute seule lorsque le danger sera passé. Et, juste pour votre information, le Cauchemar n'est pas la chose la plus dangereuse se trouvant actuellement à l'intérieur de l'école. Et vous savez de quoi je parle, ajouta-t-il plus sérieusement, réussissant à donner l'impression d'un regard noir malgré son absence d'yeux. Alors pourquoi vous ne faites rien ?

Albus choisit de ne pas répondre. Il avait ses raisons de ne rien faire lorsqu'il avait été averti de la présence du journal. Il avait l'espoir que Harry parvienne à le détruire, mais sans lui-même survivre à la rencontre.

Au moins, l'alarme n'était pas assourdissante. Elle était agaçante, mais supportable. Les membres du personnel entrèrent les uns après les autres dans le bureau, s'asseyant sur les chaises qu'il avait créé en prévision de ça. À part Lockhart, qui arborait son sourire idiot habituel, tous avaient la mine grave, la pire étant Minerva, qui avait l'air effondrée.

–Nous avons un problème Albus, dit-elle d'une voix sombre. Tous les élèves sont présents, à l'exception de deux : Miss Weasley et Mister Potter.

Albus cligna des yeux avec surprise. Il n'était pas surpris par la disparition de la jeune Weasley, sachant que c'était elle qui était en possession du journal maudit. Mais Harry ?

–Harry ? Demanda-t-il avec surprise. Avez-vous des détails, Minerva ?

–Mister Potter était allé rendre visite à Miss Granger, qui, comme vous le savez, est encore pétrifiée à l'infirmerie. Poppy l'a vu pour la dernière fois aux environs de 11h ce matin, avant qu'il ne sorte, en laissant son sac sous le lit de Miss Granger. Depuis, personne ne l'a vu dans la Salle Commune de Gryffindor, ou même le reste de l'école, rapporta-t-elle, les lèvres pincées d'inquiétude. Quand à Miss Weasley, un message a été peint au mur, juste en dessous du précédent : « Son squelette reposera à jamais dans la Chambre. »

Albus pinça les lèvres à son tour. La mort de Miss Weasley était un sacrifice inévitable. Même si Harry parvenait à détruire le Horcrux, Miss Weasley devait être aux portes de la mort, sa force vitale presque entièrement drainée. Il lui faudrait plus que certainement user de compulsions soigneusement choisies sur Molly, et peut-être de potions de loyautés plus fortes, afin qu'elle ne questionne pas son plan. Il n'avait rien contre le plan pour asservir Harry avec des philtres d'amour ciblés sur Ginevra, mais, au final, elle n'était pas indispensable. De toute façon, l'enfant était tellement obsédée par Harry qu'il n'aurait pas été étonné de savoir que Molly lui en donnait également. Les cheveux récupérés sur Harry au fil des années avaient eut leur utilité, mais si ce plan venait à tomber à l'eau, ce n'était pas très grave. Après tout, c'était pour le bien de tous.

Personne ne fit attention au trille attristé de Fawkes, sur sa perche, pensant qu'il était en lien avec les nouvelles que Minerva venait d'apporter. En réalité, c'étaient les pensées qui agitaient l'esprit d'Albus qui chagrinaient l'oiseau mythique. Si seulement il pouvait le laisser… mais il était enchaîné. Donnant l'illusion que Albus était du côté du Bien. Alors que ça n'avait rien à voir.

Si seulement quelqu'un pouvait détruire les chaînes qui le liaient à Albus… il l'abandonnerait sans hésiter un instant.

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oOo

–Inutile, elle ne se réveillera pas, dit alors une voix douce.

Harry sursauta et se retourna, toujours à genoux.

Un jeune homme de grande taille, les cheveux noirs, l'observait, adossé contre un pilier. Ses contours étaient étrangement flous comme si Harry l'avait regardé à travers une fenêtre aux vitres givrées. Mais il était parfaitement reconnaissable.

–Tom… Tom Riddle !

Riddle approuva d'un signe de tête sans quitter Harry des yeux.

–Qu'est-ce que vous voulez dire par « Elle ne se réveillera pas ? » demanda Harry, désespéré. Elle n'est pas… Elle n'est pas…

–Elle est toujours vivante, répondit Riddle, mais c'est tout juste.

Harry l'observa. Tom Riddle avait été élève de Hogwarts cinquante ans auparavant et pourtant, il était là, devant lui, baigné d'une lueur brumeuse qui brillait autour de lui, avec le même visage qu'il avait à seize ans.

–Vous êtes un fantôme ? demanda Harry d'une voix hésitante.

–Disons plutôt un souvenir, répondit Riddle d'une voix paisible. Conservé pendant cinquante ans dans un journal intime.

Il pointa l'index vers les orteils géants de la statue. Le petit livre noir que Harry avait trouvé dans les toilettes de Mimi Geignarde était ouvert sur le sol. Pendant un instant, Harry se demanda comment il était arrivé là, mais il avait d'autres soucis plus urgents.

–Il faut m'aider, Tom, dit Harry en soulevant à nouveau la tête de Ginny. Nous devons sortir d'ici le plus vite possible. Ginny a besoin de soins d'urgence.

–Inutile, personne ne peut l'aider, répondit Riddle sur un ton négligeant.

–Pourquoi ? Demanda Harry, le regardant avec de grands yeux.

Riddle n'avait prêté aucune attention à Sephiroth pour le moment, qui se contentait de regarder la scène avec attention. Il pouvait voir les fils de magie autour de lui, tous sombres et montrant clairement leurs intentions mauvaise et néfastes. Il essayait encore de comprendre comment ils interagissaient les uns avec les autres, et surtout ce qu'ils faisaient. Certains étaient attachés au journal, d'autres s'étaient clairement accrochés à la fillette, et d'autres encore à cet ombre de l'adolescent nommé Riddle. Il avait un mauvais pressentiment concernant toute cette histoire.

Sephiroth activa discrètement sa Matéria Scan, lui permettant de voir l'état de la fillette. Et il vit que sa force vitale était dangereusement et anormalement basse.

–Qu'est-ce que ça veut dire ? Ajouta Harry après quelques secondes.

–J'ai longtemps attendu ce moment, Harry Potter, dit Riddle. Le moment de te voir, de te parler.

–Écoutez, dit Harry en perdant patience, je crois que vous ne comprenez pas très bien la situation. Nous sommes dans la Chambre des Secrets. On parlera plus tard, quand nous serons sortis d'ici.

–Non, on va parler maintenant, répliqua Riddle en continuant d'afficher un large sourire.

Harry l'observa attentivement. Il ne comprenait pas comment Riddle pouvait être aussi calme, considérant leur situation. Esméralda n'était peut-être pas méchante, pas naturellement, mais n'importe qui serait inquiet en étant ici.

–Qu'est-ce qui est arrivé à Ginny ? demanda-t-il lentement.

–Voilà une intéressante question, répondit Riddle d'un ton aimable. C'est une longue histoire. La raison pour laquelle Ginny se trouve dans cet état, c'est qu'elle a ouvert son cœur et révélé tous ses secrets à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas et qu'elle ne pouvait même pas voir.

–De quoi parlez-vous ?

–Du journal intime, dit Riddle. Mon journal. La petite Ginny y a écrit ses confidences pendant des mois et des mois, en me racontant ses petites préoccupations dérisoires, ses frères qui se moquaient d'elle, son arrivée à Hogwarts avec des vêtements et des livres d'occasion, et aussi - une lueur s'alluma dans les yeux de Riddle - la grande question : le beau, le bon, le grand, le célèbre Harry Potter allait-il un jour l'aimer ?

Pendant tout ce temps, Riddle n'avait pas quitté Harry du regard. Il y avait presque de l'avidité dans ses yeux. Harry avala sa salive. Riddle commençait à sérieusement l'inquiéter. La seule raison pour laquelle il ne paniquait pas était la présence de Sephiroth derrière lui.

–C'est terriblement ennuyeux d'avoir à entendre toutes les petites idioties d'une fillette de onze ans, poursuivit-il. Mais j'ai fait preuve de patience. Je lui ai répondu, j'ai compati à ses malheurs, j'ai été gentil, très gentil. Ginny m'adorait. Personne ne m'a jamais comprise comme toi, Tom, m'écrivait-elle. Je suis si heureuse de pouvoir me confier à ce journal… C'est comme si j'avais toujours un ami dans ma poche…

Riddle éclata de rire, un rire aigu et froid qui ne lui allait pas et qui donna la chair de poule à Harry.

–Je dois reconnaître que j'ai toujours eu le don de séduire les gens dont j'avais besoin. Alors Ginny m'a ouvert son âme et il se trouve que son âme représentait exactement ce qu'il me fallait. Ses peurs les plus profondes, ses secrets les plus obscurs me donnaient de la force, de plus en plus de force. J'ai senti grandir en moi un pouvoir infiniment plus grand que celui de la petite Ginny. Un pouvoir suffisant pour commencer à confier à Miss Weasley mes propres secrets, pour déverser un peu de mon âme dans la sienne…

–Qu'est-ce que ça signifie ? demanda Harry, la gorge sèche.

–Tu n'as donc pas encore deviné, Harry Potter ? dit Riddle d'une voix douce. C'est Ginny Weasley qui a ouvert elle-même la Chambre des Secrets. C'est elle qui a tordu le cou des coqs, elle encore qui a tracé les terribles messages sur le mur. C'est elle enfin qui a lancé le monstre de Slytherin sur quatre Sang-de-Bourbe et sur la chatte d'un Cracmol.

–Non… murmura Harry.

–Mais si… dit Riddle sans se départir de son calme. Oh, bien sûr, au début, elle ne savait pas ce qu'elle faisait. C'était très amusant. Si tu avais vu ce qu'elle écrivait dans le journal… C'était de plus en plus intéressant… Cher Tom, récita-t-il, les yeux fixés sur le visage horrifié de Harry, je crois que je suis en train de perdre la mémoire. Il y a des plumes de coq sur ma robe et je ne sais pas du tout d'où elles viennent. Cher Tom, je n'arrive pas à me souvenir de ce que j'ai fait le soir d'Halloween, mais un chat s'est fait attaquer et j'ai de la peinture sur moi. Cher Tom, Percy n'arrête pas de me dire que je suis toute pâle et qu'il ne me reconnaît plus. Je crois bien qu'il me soupçonne… Il y a eu une autre agression aujourd'hui et je ne sais pas du tout où j'étais. Tom, qu'est-ce que je vais faire ? Je me demande si je ne suis pas en train de devenir folle… Tom, j'ai l'impression que c'est moi qui attaque tout le monde !

Harry serrait les poings, les ongles enfoncés dans ses paumes.

–Il a fallu longtemps pour que la stupide petite Ginny cesse de faire confiance à son journal, poursuivit Riddle. Mais elle a fini par avoir des soupçons et elle a essayé de s'en débarrasser. C'est à ce moment-là que tu es intervenu, Harry. Tu as trouvé le journal et rien n'aurait pu me faire plus plaisir. N'importe qui d'autre aurait pu tomber dessus, mais c'est toi qui l'as trouvé, la personne que j'avais le plus envie de connaître…

–Et pourquoi vouliez-vous me connaître ? demanda Harry.

Il se sentait trembler de fureur et il avait du mal à parler d'une voix égale.

–Ginny m'a parlé de toi, Harry, répondit Riddle. Elle ne m'a rien caché de ta passionnante histoire.

Son regard, de plus en plus avide, s'attarda sur la cicatrice de Harry.

–Je voulais en apprendre davantage sur toi, te parler, te rencontrer si c'était possible. Alors, pour gagner ta confiance, j'ai décidé de te montrer la célèbre capture de ce grand benêt de Hagrid.

–Hagrid est mon ami, dit Harry qui ne pouvait, cette fois, empêcher la colère de faire trembler sa voix. Et vous lui avez tendu un piège, c'est ça ? Je croyais qu'il s'agissait d'une simple erreur, mais…

Riddle éclata à nouveau de son rire aigu.

–C'était ma parole contre la sienne, mon cher Harry. Je te laisse le soin d'imaginer la réaction du directeur, le vieil Armando Dippet. D'un côté, Tom Riddle, pauvre mais brillant, orphelin mais si courageux, préfet et élève modèle. De l'autre, ce gros balourd de Hagrid, qui ne perd jamais une occasion de s'attirer des ennuis en élevant des bébés loups-garous sous son lit ou en allant se battre avec des trolls dans la forêt interdite. Mais je dois dire que j'ai été surpris moi-même de voir mon plan marcher aussi facilement. Je pensais qu'il y aurait bien quelqu'un pour s'apercevoir que Hagrid ne pouvait pas être l'héritier de Slytherin. Il m'avait fallu cinq années entières pour réunir toutes les informations possibles sur la Chambre des Secrets et découvrir le passage secret qui permettait d'y accéder. Comme si Hagrid avait l'intelligence et le pouvoir d'y parvenir ! Seul Dumbledore, le professeur de métamorphose, paraissait croire que Hagrid était innocent. C'est lui qui a réussi à convaincre Dippet de garder Hagrid et d'en faire le garde-chasse de l'école. Je crois que Dumbledore avait deviné quelque chose. Il ne semblait pas avoir autant de sympathie pour moi que les autres professeurs…

–Dumbledore a compris à qui il avait affaire ! dit Harry, sans desserrer les dents.

–Après le renvoi de Hagrid, il m'a soumis à une surveillance quelque peu agaçante, dit Riddle d'un ton désinvolte. Je savais qu'il ne serait pas raisonnable d'ouvrir à nouveau la Chambre pendant que j'étais à l'école. Mais je n'avais pas l'intention de perdre le bénéfice de mes longues années de recherche. J'ai donc décidé de laisser derrière moi un journal intime qui conserverait dans ses pages l'être que j'étais à seize ans, pour qu'un jour, avec un peu de chance, je puisse amener quelqu'un d'autre sur mes traces et achever ainsi la noble tâche de Salazar Slytherin.

–Vous n'avez rien achevé du tout, répliqua Harry d'un air triomphant. Personne n'est mort, cette fois-ci, même pas la chatte. Dans quelques heures le philtre de mandragore sera prêt et tous ceux qui ont été pétrifiés reviendront à la vie.

–Je ne t'ai pas encore dit, reprit Riddle d'une voix tranquille, que tuer des Sang-de-Bourbe ne m'intéresse plus. Depuis plusieurs mois, maintenant, ma nouvelle cible, c'est… toi.

Harry le regarda avec des yeux ronds.

–Imagine ma fureur quand je me suis rendu compte que tu n'avais plus mon journal et que c'était Ginny qui l'avait repris. Elle l'avait vu dans tes mains et s'était mise à paniquer : si jamais le journal te répétait tout ce qu'elle lui avait confié ? Pire encore, s'il te révélait qui avait tordu le cou des coqs ? Alors, cette petite idiote a attendu que le dortoir soit vide et elle est venue te le voler. Mais je savais ce qu'il me restait à faire. Je me doutais bien que tu étais sur la trace de l'héritier de Slytherin. D'après tout ce que Ginny m'avait dit sur toi, je savais que tu serais prêt à tout pour résoudre le mystère, surtout si une de tes meilleures amies se faisait agresser à son tour. Et Ginny m'avait dit que toute l'école était en émoi depuis qu'on savait que tu parlais Fourchelang… Alors, j'ai fait écrire à Ginny son propre message d'adieu sur le mur et je l'ai amenée ici en t'attendant. Elle s'est débattue, elle a crié, elle est devenue insupportable, mais il ne reste plus beaucoup d'énergie vitale en elle : elle en a trop mis dans le journal, c'est-à-dire en moi. Suffisamment en tout cas pour me permettre de me détacher de ses pages et de reprendre une existence autonome. Depuis que nous sommes arrivés ici, elle et moi, je t'ai attendu. Même si je ne comprends pas comment tu as pu arriver ici avant nous. Je savais que tu viendrais et j'ai beaucoup de questions à te poser, Harry Potter.

–Quoi, par exemple ? lança Harry, les poings serrés.

–Par exemple, dit Riddle avec un sourire engageant, comment se fait-il qu'un bébé sans talent magique particulier ait pu vaincre le plus grand sorcier de tous les temps ? Comment as-tu réussi à t'en tirer avec une simple cicatrice, alors que les pouvoirs de Voldemort ont été détruits ?

Il y avait à présent une étrange lueur rougeâtre dans ses yeux avides.

–Qu'est-ce que ça peut vous faire ? dit lentement Harry. Voldemort a vécu après vous.

–Voldemort, dit Riddle d'une voix douce, est à la fois mon passé, mon présent et mon avenir, Harry Potter…

Il sortit de sa poche la baguette magique de Ginny, et écrivit dans l'air en lettres scintillantes :

TOM MARVOLO RIDDLE

Puis il fit un mouvement avec la baguette et les lettres de son nom s'assemblèrent dans un ordre différent. À présent, on pouvait lire :

I AM LORD VOLDEMORT

–Tu vois ? murmura-t-il. C'est un nom que j'utilisais déjà à Hogwarts, pour mes amis les plus proches. Tu crois donc que j'allais accepter « l'énigme » qui m'avait donné ce nom immonde de « Riddle », légué par mon Moldu de père ? Moi, l'héritier par ma mère du sang de Salazar Slytherin qui coule dans mes veines ? Moi, conserver le nom abject d'un misérable Moldu qui m'a abandonné avant même ma naissance, le jour où il a découvert que sa femme était une sorcière ? Non, Harry, je me suis forgé un nouveau nom, et je savais que le temps viendrait où les autres sorciers auraient peur de prononcer ce nom-là, lorsque je serais devenu le plus grand sorcier du monde !

Harry avait l'impression que son cerveau était comme engourdi. Ahuri, il contemplait Riddle, l'orphelin qui était devenu l'assassin de ses parents et de beaucoup d'autres…

Au bout d'un long moment, Sephiroth prit la parole, attirant l'attention sur lui.

–À ce que je vois, même à seize ans, tu étais déjà un idiot et un lâche, et ça ne s'est visiblement pas arrangé avec les années, dit posément Sephiroth, avançant tranquillement avec la grâce d'un prédateur, venant se placer à côté de Harry et Ginny.

Les bras croisés sur sa poitrine, il fixait Riddle/Voldemort avec un regard méprisant. Ce dernier le fixa avec arrogance.

–Un lâche ? Demanda-t-il sur un ton dangereux.

–Un lâche, confirma Sephiroth, toujours aussi calme. Rien que ton nom le prouve. Voldemort. « Vol de Mort » en anglais, traduisit-il calmement. Tu as si peur de la mort que tu as volontairement fracturé ton âme. Et surtout, tu es capable de t'en prendre à un bébé qui ne peut pas se défendre. Quant à ta défaite, je doute qu'elle soit due à Harry, mais plutôt à sa mère. Et si tu crois le contraire, tu es un idiot.

–Et qu'est-ce que tu en sais ? Siffla Riddle avec colère.

–Je suis déjà mort trois fois, remarqua calmement Sephiroth. Et crois-moi, d'expérience, la mort n'est pas si terrible comparé à ce que j'ai déjà vécu.

–Il n'y a rien de pire que la mort ! Gronda Riddle.

–Vraiment ? Demanda Sephiroth en haussant un sourcil. Sais-tu seulement de quoi tu parle ? Moi oui. Est-ce que tu as déjà été plongé dans de la Mako pure ? Crois-moi, tu as l'impression d'être plongé dans un bain d'acide, qui ne détruirait pas ton corps, et donc ne mettrait pas fin à tes souffrances. Tu as déjà eut ton bras cassé à répétitions, pour voir le temps qu'il mettrait à se ressouder ? Sans anesthésie bien sûr, parce que ça fausserait les résultats. Ou encore, qu'on t'ait ouvert le corps avec un scalpel, pour voir l'effet qu'auraient certaines substances sur tes organes internes ? Qu'on t'enlève un morceau d'intestin, pour voir le temps qu'il mettrait à se reconstituer ? En comparaison, la mort est un soulagement.

Harry le regarda avec de grands yeux, horrifié par ce qu'il avait vécu. Quand il avait raconté son histoire, Sephiroth n'avait fait que survoler ce qu'on lui avait fait, sans entrer dans les détails. Harry comprenait mieux qu'il ait pété un câble, si ce qu'il venait de dire était représentatif de ce qu'il avait vécu.

Riddle le fixait avec les sourcils froncés.

–Tu es mort trois fois, tu dis ? Dans ce cas, la mort ne doit pas être si bien que ça, railla-t-il, si tu t'en es échappé à plusieurs reprises.

Sephiroth renifla, son regard contemplant Riddle avec mépris.

–Si ça n'avait tenu qu'à moi, je ne serais pas revenu à la vie. Mais comme mon âme ne pouvait pas réintégrer la Rivière de la Vie, fracturée comme elle l'était, je n'ai pas pu résister au monstre qui avait prit le contrôle de mes actes. Et le fait que mon âme ait été en pièce n'était pas de mon fait. Et, avant que tu ne fasse des suppositions erronées, non, je n'ai utilisé aucun rituel pour revenir à la vie.

La confusion apparut sur le visage de Riddle. Puis il posa une question qu'il n'avait pas demandée jusque-là.

–QUI es-tu exactement ? Comment as-tu pu revenir à la vie par trois fois, si tu n'as utilisé aucun rituel obscur ?

Sephiroth rit doucement, et Harry sentit un frisson glacial lui parcourir le dos. Il y avait quelque chose de flippant dans ce rire, et il fut rassuré de savoir que Sephiroth était de son côté, et pas de celui de Riddle. Le regard qu'il dardait sur Riddle était froid, dur et implacable. Oui, Harry était bien content de ne pas être son ennemi…

–Qui je suis ? As-tu vraiment besoin de poser la question ? Tu n'as donc pas entendu parler de moi, dans les légendes racontées par les sorciers ? Pourtant, il s'agit certainement de l'une des plus anciennes et connues.

Riddle fronça les sourcils, puis ses yeux s'agrandirent de stupeur.

–Ne me dis pas que… tu es LE Cauchemar ?

–Plus exactement, mon nom est Sephiroth, répondit négligemment ce dernier. Mais oui, il s'agit d'un de mes titres.

Riddle éclata de nouveau de ce rire glacial et dérangeant, et Harry frissonna. Décidément, il lui faisait peur. Il était au moins soulagé de savoir que Sephiroth était de son côté, et refuserait certainement d'aider Riddle.

–Oh, c'est tellement parfait Harry Potter ! LE fameux Cauchemar, celui qui a faillit détruire le monde, est de retour ! Ces Moldus inférieurs n'ont aucune chance contre toi ! Tu vas pouvoir tellement te faire plaisir en les détruisant et en les dominant !

Sephiroth haussa un sourcil, avant de lever son majeur en direction de Riddle et de lancer avec sarcasme :

–Assieds-toi là-dessus et fais l'hélicoptère, comme l'aurait dit quelqu'un qui m'était cher.

Riddle s'arrêta net de rire, le regardant d'un air choqué.

–Pardon ? Demanda-t-il sur un ton dangereux. Tu es en train de me dire quoi, que tu es un putain de pédé ?

Harry, sur le côté, regardait la conversation comme un match de tennis. Si la situation n'avait pas été aussi grave, il aurait éclaté de rire devant la tête de Tom quand Sephiroth avait dit ça. Ce dernier avait l'air presque amusé.

–Techniquement parlant, une fois que j'ai enfin eut l'occasion d'explorer ma sexualité, j'ai découvert que j'étais plutôt bisexuel. Cependant, là n'est pas le sujet. La violence et la destruction, j'ai déjà donné. Et ça ne m'a apporté que plus de souffrance. C'est d'ailleurs une bonne chose que tu n'ai pas trouvé mon cristal avant.

–Pourquoi ? Demanda Tom sur un ton bas et dangereux.

–Parce que j'aurais refusé de me réveiller pour quelqu'un d'aussi mauvais que toi, répondit Sephiroth sur un ton calme et posé. Mon cristal aurait été déplacé ailleurs, et tu ne m'aurais jamais retrouvé. La violence et la destruction ne sont pas ce que je veux. Tu aurais pu crier autant que tu aurais voulu, tu ne m'aurais jamais atteint.

Son regard se posa ensuite sur Harry, et le garçon fut surprit de voir que son regard était chaleureux, contrairement à quand il regardait Tom. Sephiroth reporta son attention sur Riddle, ses yeux redevenant froids et durs.

–Une voix m'appelant pour mettre le monde à feu et à sang n'aurait eut aucun impact sur moi. Mais une petit voix faible d'enfant qui appelle au secours ? Qui supplie quelqu'un de le protéger ? Ça, oui, ça pouvait m'atteindre. Parce que c'est ça, ma vérité. C'est ça que j'attendais et espérais. C'est pour ça que je me suis réveillé.

Harry le regarda avec de grands yeux en entendant ça. Alors… c'était bien sa prière qui l'avait poussé à se réveiller ? Son regard repassa sur Riddle, et ses yeux s'agrandirent. Depuis tout à l'heure, la silhouette de Riddle était devenue moins floue, plus solide. Il se rappela alors ce qu'il avait dit un peu plus tôt. Il drainait la force vitale de Ginny ! Si ça continuait, il allait la tuer ! Heureusement, Sephiroth s'en était aussi rendu compte.

–Tu as eut ton temps, gamin. Je ne sais pas exactement ce que tu as fait, mais je ne vais pas te laisser tuer ces enfants, dit-il posément.

Il referma sa main gauche sur le vide… ou plutôt sur une espèce de… flamme verte turquoise claire, comme les lucioles qui avaient constitué le cristal. Flamme qui disparut presque aussitôt pour laisser la place à une longue épée. Harry la regarda avec de grands yeux. Okay, ça c'était bizarre. La longue lame fine ressemblait à une épée japonaise… qui aurait mesurée près de deux mètres. Elle devait être au moins aussi grande que Sephiroth, et ce sans compter la poignée. Comment il faisait pour la manier avec autant d'aisance ?

Tom recula d'un pas, visiblement surpris. Il eut ensuite un sourire mauvais.

–Très bien, si tu le prends comme ça. On va voir comment le légendaire Cauchemar tient le coup face au Basilic de Salazar Slytherin.

Il s'éloigna, se rapprochant de la statue géante. Tom leva la tête vers le visage en pierre de Slytherin, à demi noyé dans l'obscurité. Riddle ouvrit grand la bouche et se mit à siffler, mais Harry comprit ce qu'il disait.

§Parle-moi, Slytherin, le plus grand des quatre de Hogwarts.§

Harry cligna des yeux de surprise en entendant le mot de passe. Il faudrait qu'il en parle à Esméralda, parce qu'il ne voyait pas pourquoi Salazar avait mit cette phrase pour ouvrir cette entrée-là. Le visage géant de Slytherin se mit à bouger, le tirant de ses pensées. Frappé d'horreur, Harry vit la bouche de pierre s'ouvrir de plus en plus grand, en formant un immense trou noir.

Quelque chose remua alors à l'intérieur de la bouche béante, quelque chose qui sortait en rampant de ses profondeurs.

Harry recula jusqu'au mur et ferma les yeux, ne voulant pas se faire tuer accidentellement par Esméralda. Une lourde masse tomba sur le sol en le faisant trembler.

§Esméralda, non !§ Appela-t-il sur un ton suppliant. §Ne l'écoute pas !§

§À qui tu parles, Potter ?§ Demanda la voix moqueuse de Riddle. §Tu ne sais donc pas que le Basilic n'obéit qu'à un descendant de Slytherin ? Parler Fourchelang ne te sauveras pas ici !§

Le silence s'étira, terrifiant Harry. Pourquoi Sephiroth ne faisait rien ? Qu'est-ce qui se passait ? Riddle reprit la parole, sonnant énervé.

§Qu'est-ce que tu attends ? Tue-le !§

Esméralda prit alors la parole, surprenant Harry.

§Je ne crois pas, petit Mage Noir,§ siffla-t-elle. §Tu n'es plus l'héritier de Sal.§

§Quoi ?!§ S'exclama Riddle, manifestement choqué.

Surprit, Harry ouvrit les yeux. Esméralda se tenait devant lui, le protégeant de son corps. Il ne pouvait même pas voir Sephiroth, le corps de Esméralda étant presque aussi épais que lui était haut. Sa tête était levée haut dans les airs, culminant à au moins une dizaine de mètres.

§Je SUIS l'héritier de Salazar Slytherin !§ Siffla Riddle avec fureur. §Tu es supposé m'obéir !§

§Pour ça, il faudrait que tu sois le véritable héritier de Sal,§ répondit Esméralda avec dédain. §Et de plus, tu n'as visiblement PAS fait correctement tes recherches. Sinon, tu saurais que je suis une femelle.§

§QUOI ?§ Cria Riddle, l'air furieux.

§Sal avait inclut une clause dans sa magie familiale,§ développa Esméralda. §Si un de ses descendants utilisait un rituel aussi maléfique que celui que tu as utilisé avec ce journal, alors il était immédiatement déshérité. Tu n'es PLUS l'héritier de Sal depuis que tu as fait ça. Harry l'est. Et sa revendication est supérieure à la tienne. Je ne peux pas dire comment, mais elle l'est.§

§C'est impossible !§ Hurla Tom, perdant visiblement le contrôle de ses émotions.

Esméralda rit en réponse.

§Ça fait mal, hein, petit Mage Noir ? De savoir que tu n'es plus l'héritier de Sal ? Dommage pour toi ! Dans un conflit entre deux héritiers, c'est celui qui a la morale la plus proche de Sal qui gagnera à chaque fois. Entre obéir à toi ou à Harry, Harry vaincra à tous les coups. Il est bien plus digne d'être l'héritier de Sal que toi. Quant à ton journal… est-ce que tu savais que mon venin est l'une des choses pouvant le détruire ? Même s'il semblerait que je n'aie pas besoin de m'en occuper…§

§Laisse ce journal !§ Cria soudain Tom, sonnant paniqué cette fois.

§Je ne crois pas, non,§ répondit calmement Sephiroth. §J'ai finalement compris comment fonctionnait les sorts que tu as placés sur ce livre, et je vais te faire une confidence : je peux voir la magie. Et si je peux voir les filaments qui soutiennent l'existence de ton morceau d'âme, que penses-tu que je peux leur faire ?§

§NOOOOOOOOOOOOON !§ Hurla Tom.

Son cri se changea soudain en un long hurlement suraigu, qui fit frissonner Harry, avant de se couper abruptement. Quelque chose tomba au sol, résonnant dans le soudain silence. Tout ce que Harry entendait désormais, c'était un curieux bruit de gouttes d'eau qui tombaient au sol. Au bout d'un moment, la voix de Sephiroth s'éleva dans le silence.

§Tu peux sortir, Harry. Le danger est passé.§

Harry contourna prudemment Esméralda, arrivant en vue de Sephiroth. Ce dernier tenait un petit livre noir entre deux doigts, son expression légèrement dégoûtée devant l'encre qui continuait à goutter des pages. Il lâcha le journal, tournant son attention vers Harry.

–C'est vraiment fini ? Demanda timidement le garçon.

Sephiroth hocha la tête, se tournant pour s'accroupir à côté de Ginny. Délicatement, il prit son pouls, hochant la tête avec soulagement en voyant qu'il s'arrangeait. Il était intervenu juste à temps. Il leva la tête en entendant Harry s'approcher, l'air inquiet.

–Ne t'en fais pas, elle va s'en sortir. Nous sommes intervenus juste à temps. Une heure de plus, par contre, et il aurait été trop tard.

Harry soupira de soulagement.

–Ron sera soulagé. Et surtout ses parents. Elle est leur seule fille, expliqua-t-il en voyant le regard intrigué de Sephiroth. Elle a six frères, y compris Ron.

Sephiroth renifla avec amusement.

–La pauvre enfant. Elle devrait émerger d'ici peu, mais je doute qu'elle soit en état de marcher avant plusieurs heures.

Un gémissement attira leur attention, et Harry s'accroupit devant Ginny, anxieux. Elle battit faiblement des paupières, ouvrant les yeux, et son regard tomba sur Esméralda. Son cri de panique strident fit grimacer Sephiroth, ses oreilles sensibles résonnant sous l'effet des décibels. Elle tomba ensuite dans les pommes, affolant brièvement Harry, avant que Sephiroth ne le calme.

–Du calme, elle est juste évanouie. Je crois qu'elle a paniqué en voyant Esméralda.

Cette dernière se plaqua au sol, chagrinée.

§Je voudrais tellement pouvoir lui dire que ce n'était pas de sa faute,§ siffla-t-elle.

§On lui dira,§ assura Sephiroth. §En attendant, tu ne connaîtrais pas un moyen pour nous de sortir d'ici ?§

Esméralda hocha la tête.

§Sal avait prévu un escalier qui monte tout seul dans le tuyau menant aux toilettes par lesquelles le Mage Noir me faisait sortir. Même si ça n'a pas toujours été des toilettes,§ gloussa-t-elle. §À la base, c'était un lavoir. Je ne sais pas quelle est l'andouille qui a décidé d'en faire des toilettes pour femelles.§

§Je suppose qu'il suffit juste de demander des escaliers dans ce cas ?§ Demanda Sephiroth sans cacher son amusement.

Esméralda opina.

§Ça marchera avec Harry, puisqu'il est l'héritier de Sal. Tu devrais aller voir les Goblins pour faire un test d'héritage,§ ajouta-t-elle en direction de l'enfant. §Ils pourront te donner des précisions. Moi, tout ce que je peux dire, c'est que tu es son héritier, et que ta revendication était plus forte que celle de ce Mage Noir.§

Harry opina. Maintenant qu'il n'était plus en train de parler avec Sephiroth ou Esméralda, et que le danger était passé, il réalisa qu'il mourait de faim et de soif. Il avait déjà passé plus de temps que ça sans manger chez les Dursleys, mais avec toutes ces émotions, il était épuisé.

La main de Sephiroth se posa sur son épaule, le faisant tressaillir, et il leva les yeux, croisant le regard concerné de celui-ci.

–Viens, il faut sortir de là. Sauf si tu veux que je te porte aussi ? Demanda-t-il avec humour.

Harry rougit, un peu gêné. Il voyait bien que Sephiroth le taquinait, mais il n'était pas épuisé au point d'être porté ! Le guerrier rit doucement, amusé, et se remit debout, portant Ginny d'un bras, sans effort. La tête de cette dernière était calée sur son épaule, et il vérifia qu'elle ne risquait pas de glisser, avant de faire signe à Harry d'ouvrir la voie.

Celui-ci se dirigea vers l'immense porte fermant la salle, promettant à Esméralda qu'il reviendrait pour discuter avec elle. Ils reprirent le chemin qu'il avait parcourut seul à l'aller, et Harry réalisa que, finalement, il n'était pas si long que ça. Le stress lui avait donné la sensation que le tunnel était sans fin, alors que finalement, il ne devait pas faire plus de 800 mètres, maximum.

Quand ils arrivèrent en bas du tuyau/toboggan, Harry se demanda comment il allait faire pour faire apparaître les escaliers. Puis il vit une petite sculpture de serpent sur le mur à côté, si détaillée qu'il en paraissait réel. Il n'eut qu'à bouger légèrement sa baguette, qui donnait toujours une faible lueur, pour avoir l'impression qu'il bougeait.

§Est-ce que je peux avoir des escaliers s'il vous plaît ?§ Siffla-t-il. §Et est-ce que le tuyau pourrait se nettoyer aussi s'il vous plaît ?§

Harry ne savait pas si c'était parce qu'il avait demandé ça en Fourchelang, parce qu'il était l'héritier de Slytherin (et un meilleur que Tom/Voldemort), ou parce qu'il avait demandé poliment, mais presque instantanément, le tuyau se nettoya parfaitement et fit apparaître des marches. Il ne chercha même pas à se poser des questions, trop de choses étranges étaient arrivées par la suite, et il grimpa sur la première marche, Sephiroth juste derrière lui.

L'escalier se mit aussitôt en mouvement, et Harry fut soulagé de ne pas avoir à remonter tout ce qu'il avait descendu en glissant. Il allait un peu plus vite qu'un escalator moldu, des rares fois où Harry avait pu accompagner les Dursleys lorsqu'ils ne pouvaient pas le laisser enfermer dans le placard ou chez Madame Figg. Au bout d'un moment, Harry aurait été incapable de dire combien de temps exactement, l'escalier mobile les déposa dans les toilettes des filles hantées par Mimie Geignarde. Ils venaient juste d'en descendre, et le lavabo de se remettre en place, lorsque Mimie sortie de sa cabine. Elle jeta un seul regard à Sephiroth, et plongea aussi sec dans le tuyau de ses toilettes avec un hurlement strident de panique, qui ne réveilla même pas Ginny.

–Est-ce que je veux vraiment savoir ? Demanda Harry sur un ton fatigué.

–Ma légende, répondit Sephiroth sur un ton similaire. Maintenant, que fait-on ? Je serais d'avis d'aller faire examiner Ginny par un guérisseur compétent, sans vouloir insulter l'infirmière de l'école, mais je ne sais pas l'heure qu'il est.

Harry jeta un œil à sa montre, et grogna en voyant l'heure. 9 heures du soir passées, presque 10h. Ça voulait dire que le dîner était fini depuis longtemps, et que s'ils allaient maintenant à la Salle Commune, TOUT le monde allait leur sauter dessus et exiger des réponses. Et puis c'était quoi cette alarme qui braillait ?

Juste au moment où il se faisait cette réflexion, l'alarme se tut avec un couinement étranglé. Le guerrier et l'enfant échangèrent un regard perplexe, puis un autre fantôme passa à travers le mur. Harry était habitué au phénomène, et Sephiroth, lui, se contenta tout juste de tiquer. Il avait rarement vu des esprits, à part Zack et Aerith, mais les choses avaient bien changé depuis son époque. Le petit couple était au moins en couleurs, pas en nuances de gris. Et c'était quoi ces chaînes ?

–Bonsoir, monsieur le Baron Sanglant, fit timidement Harry.

Le fantôme un peu lugubre hocha la tête en réponse.

–Bonsoir, jeune Harry. Hogwarts m'a alertée de votre présence et de votre problème. Si vous voulez bien me suivre…

Sephiroth tiqua de nouveau, mais suivit le mouvement sans rien dire. Il eut plus de mal à rester impassible devant les tableaux qui parlaient. La Rivière de la Vie lui avait certes offert un certain nombre d'informations liées à l'époque autour de lui, le gardant plus ou moins à jour, mais c'était une chose de savoir au sujet de portraits parlants, et une autre de le voir de ses propres yeux.

Harry prit timidement la parole, le tirant de ses pensées :

–Baron, est-ce que je peux vous poser une question ? Comment est-ce que vous vous appeliez avant ?

–Edmund, jeune Harry. Cependant, je préférerais que vous n'utilisiez mon ancien nom qu'en privé.

–D'accord. Baron Edmund, comment est-ce que Hogwarts a sut que nous avions un problème ?

Le fantômes eut un rire amusé, sonnant assez inquiétant malgré son amusement manifeste.

–Jeune Harry, pendant un millénaire, des sorciers se sont succédé entre ces murs. Tous, adultes comme enfants, ont utilisé la magie presque quotidiennement. Est-ce si étonnant que Hogwarts ait développé sa propre conscience ? Les escaliers ne se déplaçaient pas aussi aléatoirement au tout début. De plus, Hogwarts vous a toujours apprécié.

Plus timidement encore, Harry répondit :

–Esméralda, la Basilic de Salazar Slytherin, a dit que j'étais son héritier. Ce serait pour ça que l'école m'aime bien ?

Le Baron Sanglant s'arrêta net, prenant Sephiroth par surprise, distrait comme il l'était par son environnement, et ce dernier lui passa au travers, lui donnant l'impression de passer à travers une chute d'eau glaciale. Il fit immédiatement un pas sur le côté pour sortir du fantôme, lequel ne lui prêta même pas attention, occupé à étudier Harry. Finalement, il hocha la tête, reprenant sa route.

–Cela expliquerais bien des choses en effet. Je connaissait Salazar Slytherin de mon vivant, et je dois avouer que vous partagez des traits communs, même si vous ressemblez beaucoup à votre père. Je ne pense pas que ce soit le bon moment pour clamer la possession de l'école, en revanche. Hogwarts refuserait de garder le Professeur Dumbledore. Or, il est le seul que Riddle craigne. Le Directeur n'est pas réellement fiable, mais avec Riddle toujours vivant… d'une certaine façon, certes, mais qui n'est pas passé dans l'au-delà..

–Vous savez donc ce qui se passe dans l'école, dit Sephiroth, pensif.

–Oui, mais nous ne sommes plus écoutés depuis longtemps, soupira le fantôme lugubre. Autrefois, l'école possédait un Code de Conduite, qui aidait à la cohésion entre les maisons, et était appliqué par l'école même.

–Je vois… une chose à considérer, dit pensivement Sephiroth.

Heureusement, il n'y avait absolument personne dans les corridors, et ils atteignirent rapidement leur destination, pourtant située au Septième étage du château. Le Baron les guida jusqu'à une tapisserie particulièrement hideuse, représentant un sorcier… tentant d'apprendre à des trolls à danser ? Sephiroth fixa la tapisserie avec un mélange de perplexité et de dégoût, se posant de sérieuses questions sur la santé mentale des sorciers.

Le Baron Sanglant se tourna vers eux.

–Il vous suffit de parcourir le couloir par trois fois en pensant à ce dont vous avez besoin pour faire apparaître la Salle sur Demande. Probablement la plus grande création de Dame Ravenclaw. Elle ne peut cependant pas faire apparaître la nourriture, mais demandez un Elfe de Maison une fois à l'intérieur, et il vous apportera à manger. Bonne nuit.

Sur ce, il passa à travers le mur, les laissant seuls. Harry et Sephiroth échangèrent un regard, puis le garçon haussa les épaules, et commença à parcourir le couloir, pensant qu'il leur fallait une pièce où ils pourraient manger quelque chose et dormir jusqu'au matin sans être dérangés.

À son troisième aller-retour, il entendit Sephiroth émettre un sifflement admiratif, et il se retourna d'un bloc. Il vit qu'une porte était apparue dans le mur, en face de la tapisserie. Prudemment, il alla l'ouvrit, et passa la tête dans l'ouverture. Il vit une table pour trois sur un côté, et trois lits semblables à ceux des dortoirs de l'autre. Ouvrant la porte en grand, il laissa entrer Sephiroth, refermant derrière lui. Ce dernier alla immédiatement poser Ginny sur un des lits, et lui retira ses chaussures avant de la border sous les couvertures.

Harry le regarda faire, puis, timidement, se sentant un peu ridicule, appela dans le vide :

–Est-ce que je pourrais avoir un elfe de maison s'il vous plaît ?

*Pop*

–Qu'est-ce que Tippy peut faire pour maître Harry Potter ? Demanda un petit être qui ressemblait à Dobby, en moins maigre malgré tout.

Ce dernier, trop fatigué pour argumenter avec le titre, répondit doucement :

–Est-ce qu'il serait possible de nous apporter à manger s'il te plaît ? Je n'ai rien avalé depuis ce matin, et Sephiroth je ne sais pas depuis quand, mais au moins un bon millénaire.

–Essaie plutôt dix mille minimum, fut la réponse amusée. Et j'ai un métabolisme très élevé. Comparé à un humain normal, je consomme autant que trois personnes en un repas.

L'elfe couina de terreur en voyant l'argenté, et se cramponna à la jambe de Harry. Sephiroth n'eut pas vraiment l'air surprit par la réaction, mais Harry se douta qu'il était probablement blessé, même si habitué. Alors il prit la peine de s'accroupir devant l'elfe terrifié, et lui expliqua brièvement l'histoire de Sephiroth. Il ne sut pas vraiment si ça avait eut un effet, vu que le pauvre elfe continuait à trembler comme une feuille, mais il aurait au moins essayé.

L'elfe disparut quelques minutes plus tard, et revint poser de la nourriture sur la table, repartant immédiatement, ne voulant visiblement pas rester plus longtemps en présence du Cauchemar. Harry aurait été incapable de dire ce qu'il avait mangé, trop épuisé par ses émotions. Raconter son histoire deux fois de suite avait été dur, émotionnellement parlant, mais, quelque part, ça l'avait soulagé.

Une fois l'estomac plein, il se dirigea vers le lit, et fut vaguement surprit de voir son pyjama étendu dessus. Il ne se posa même pas de questions, et se changea rapidement, s'écroulant sur les couvertures, trop crevé pour se glisser dessous. Il fut surprit, par contre, de sentir Sephiroth le border, comme il l'avait fait avec Ginny. Il tourna vaguement la tête, et croisa le regard du guerrier. Celui-ci passa la main dans ses cheveux, un geste auquel il n'était pas habitué, mais qui le réconforta étrangement.

–Dors, fit doucement l'argenté. Ne t'inquiète pas, je veillerais sur vous.

Harry hocha faiblement la tête, et ferma les yeux. La seconde suivante, il était plongé dans le sommeil.

Sephiroth s'assit sur la chaise, et contempla les enfants en train de dormir. La première fois qu'il avait vu Harry, celui-ci lui avait vaguement rappelé un Zack enfant, physiquement parlant, en beaucoup plus maigre. Sa personnalité, par contre, lui rappelait plus Angeal. Moins porté sur l'honneur, mais assez similaire. Il se demanda s'il savait aussi cuisiner. En tout cas, il ne pourrait pas faire pire que Genesis. Il ricana en pensant à ça. Le rouquin avait été un véritable pyromane, y compris en cuisine. Il fallait aimer ce qui était brûlé, avec lui. Même Sephiroth était meilleur en cuisine. Après tout, il suffisait de suivre les instructions.

Il soupira. Ses amis lui manquaient. Même le Chiot lui manquait, à ce stade. Et elle aussi. Il ferma les yeux, frottant son visage pour essuyer ses larmes. Chaque fois qu'il pensait à elle, il ne pouvait s'empêcher de voir son corps étendu au sol, morte. Secouant la tête, il s'obligea à penser à autre chose.

Les Dursleys seraient sa priorité en revenant de l'école. Avec un peu de chance, les Goblins pourraient l'aider à obtenir la garde de Harry. Il avait de sérieux doutes concernant les affaires de la famille de Harry, vu ce qu'il s'était passé jusque-là dans sa vie. De plus, comment est-ce qu'ils pouvaient s'offrir autant de nourriture ? Même sans rien dépenser pour Harry, il y avait quelque chose de louche. Est-ce qu'ils touchaient quelque chose de la part de l'état ? Il grogna de frustration. La Rivière de la Vie ne lui avait pas donné beaucoup d'informations concernant les lois actuelles, il allait devoir faire des recherches là-dessus.

La nuit s'écoula ainsi, Sephiroth planifiant ses prochains mouvements, essayant de prévoir pour toutes les éventualités.

Pendant ce temps, à Privet Drive, les occupants du numéro 4 frissonnèrent dans leur sommeil, deux d'entre eux se réveillant même en sursaut, avec l'impression que quelqu'un avait marché sur leur tombe.

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oOo

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Le staff releva la tête avec surprise lorsque l'alarme s'interrompit soudainement dans un couinement étranglé. Même Lockhart se tut, visiblement surprit, s'interrompant au milieu de ses vantardises comme quoi il savait où se trouvait la Chambre des Secrets. Il y eut comme un frisson glacial dans le dos d'un certain nombre de personnes, notamment Dumbledore et Snape.

Le Choixpeau gloussa.

–Il semblerait que le danger soit passé… concernant l'objet de magie noire en tout cas. Albus, à votre place, je laisserais le jeune monsieur Potter tranquille. Je doute fort que son… garde du corps apprécie vos petites combines, dit-il sur un ton de mauvais augure. Après, vous faites comme vous voulez.

Albus le fusilla du regard, mais n'osa rien dire à voix haute. Trop de témoins. Heureusement, personne n'avait saisit ses allusions. Et il avait déjà ordonné il y a longtemps aux portraits et au Choixpeau de ne rien dire en présence d'autres personnes.

Il allait devoir accélérer le retour de Harry chez son oncle et sa tante, s'il voulait pouvoir garder le contrôle de ses plans.

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À suivre…

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Le Cauchemar est en train de comploter… Les Dursleys n'ont aucune chance *ricanement diabolique*

J'ai choisi de laisser les noms anglais, parce que certains noms français sont ridicules et que je ne les aime pas. De plus, certains jeux de mots sont perdus à la traduction. Suivant les cas, je donnerais la traduction si nécessaire.

À la prochaine !