Réponses aux Review :

Lockinson Evan : merci beaucoup pour ta review enthousiaste ! Oui, j'ai pensé que se raconter leurs histoires respectives était une bonne chose, car ça posait les bases d'une relation plus saine que dans une autre situation. Et c'était aussi un risque calculé de la part de Sephiroth, stratégiquement parlant. Il sait très bien que son histoire a due être déformée, alors il préfère raconter la vérité. Pour ce qui est de ta question, non, Sephiroth ne s'est pas encore rendu compte de ça. Il voit la magie, mais pas les âmes. Mais ne t'inquiète pas, ce fragment connaîtra une fin bien méritée en temps et en heure *rire diabolique* et oui, le Choixpeau (Clarence) est un sadique XD en même temps, à part pour la Répartition, le pauvre doit s'ennuyer comme un rat mort dans le bureau de Dumbles, à l'écouter discourir tout seul sur ses grands plans pour le bien de tous

SuperNova : merci, ça fait plaisir :) prends ton temps pour laisser une bonne review ;) Les aventures de nos deux loustics, comme tu dis, ne font que commencer XD

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Chapitre 2 : Qui sème le vent…

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Harry sentit une main le secouer pour le réveiller. Il grogna « 'core cinq minutes Ron… » et se retourna, prête à se rendormir. Sa couverture lui fut arrachée, et il protesta, toujours à moitié endormi. Levant la tête pour fusiller du regard celui qui l'avait privé de sa source de chaleur (plus probablement Dean ou Seamus), il fut instantanément réveillé en voyant qu'il s'agissait en fait de Sephiroth. Qui avait l'air franchement amusé cette fois.

Et tout lui revint. La feuille de papier dans la main d'Hermione, la descente dans la Chambre des Secrets, Esméralda, Sephiroth, son réveil suivit de leur discussion, et la confrontation avec Riddle/Voldemort.

–Debout Harry. Je t'ai déjà laissé dormir plus tard que prévu, tu avais vraiment l'air épuisé. Mais le Baron Sanglant est déjà passé pour dire qu'il était l'heure du petit déjeuner. Et les élèves ont déjà commencés à être laissés sortis de leurs Salles Communes, d'après lui.

Harry grogna en entendant ça. Ça s'annonçait folklo, tiens. Il avait disparu depuis le milieu de journée la veille, et si tous les élèves avaient été envoyés dans leurs Salles Communes, impossible de dissimuler sa disparition ou celle de Ginny. Avec l'alarme qui avait apparemment résonné la veille, impossible de manquer leurs disparitions.

–Ginny ! S'exclama-t-il, sautant hors de son lit.

La concernée était assise sur son propre lit, recroquevillée sur elle-même, des larmes ayant clairement coulé sur ses joues. Visiblement, les événements de la veille pesaient toujours sur elle. Sephiroth posa la main sur son épaule, lui faisant lever la tête.

–Habille-toi avant. Il va falloir descendre, et je doute que tu aies envie de t'exposer en pyjama, ajouta-t-il avec amusement.

Harry baissa les yeux sur sa tenue, et hocha la tête en rougissant. Il remonta sur le lit, tirant les draperies pour avoir un peu d'intimité. Son uniforme et sa robe avaient clairement été nettoyés par les elfes de maisons de l'école, et il les enfila avec soulagement. Il n'aurait pas aimé avoir à remettre un uniforme sale. Une fois habillé, il ressortit, et remarqua alors que le troisième lit n'avait apparemment pas servi. Surprit, il regarda Sephiroth.

–Vous n'avez pas dormi de la nuit ? Demanda-t-il timidement.

Sephiroth rit doucement.

–Harry, j'ai dormi pendant plus de dix mille ans minimum. Et je t'avais promis que je veillerais sur vous deux, non ? Une nuit de sommeil manqué ne me posera pas de problèmes. Dans le pire des cas, je peux tenir jusqu'à une semaine sans dormir, si les circonstances l'exigent. C'est rare, mais cela m'est déjà arrivé.

Harry le regarda avec de grands yeux. En entendant ça, il avait presque l'impression que Sephiroth n'était pas humain. Et pourtant, il était le premier adulte à avoir l'air de réellement se soucier de son bien-être. Mais surtout, son histoire lui avait montré qu'il était au final un homme presque normal. Et qu'à un moment donné, comme tout être humain normalement constitué, il avait craqué. Plus violemment que la moyenne, certes, mais c'était inévitable vu ce qu'il avait vécu. Harry était même surprit qu'il ait tenu aussi longtemps.

Il se dirigea ensuite vers Ginny, et posa la main sur son épaule pour attirer son attention. Celle-ci sursauta violemment, visiblement surprise, et leva un regard terrifié sur Harry. En voyant que ce n'était que lui, elle se calma en partie, mais fondit en larmes.

–Je suis désolée Harry ! Sanglota-t-elle. Je ne voulais pas faire tout ça ! Mais je pouvais pas résister ! Harry… Oh, Harry, j'ai essayé de te dire… l'autre jour… mais je… je ne pouvais pas parler devant Percy. C'était moi, Harry… mais je jure… que je ne voulais pas faire ça… C'est Riddle qui m'a obligée à… Il m'a imposé son pouvoir et… Comment as-tu fait pour tuer cette… cette chose ? Où est Riddle ? La dernière chose dont je me souvienne, c'est quand il est sorti de… de son journal… Et… qui est-ce ? Demanda-t-elle, parlant clairement de Sephiroth. On… on dirait le personnage de la Légende du Météore… mais… il…

–Du calme Ginny, tenta de la calmer Harry, mal à l'aise. Je sais que ce n'était pas de ta faute. Riddle a disparu, Sephiroth s'est occupé de lui. On est dans une salle du château, on a dormi là. Sephiroth a veillé sur nous cette nuit.

Ginny leva la tête, les larmes coulant toujours sur ses joues, déconcertée.

–Sephiroth ?

–Sephiroth Valentine, pour être précis, se présenta ce dernier.

Harry le regarda avec surprise, c'était bien la première fois qu'il l'entendait utiliser un nom de famille. Sephiroth lui lança un regard qui disait clairement « plus tard », et Harry n'insista pas. Il se tourna de nouveau vers Ginny, et lui donna la meilleure explication qu'il pouvait inventer en si peu de temps :

–Il va être mon garde du corps pour le moment. Avec tout ce qui m'arrive dans ma vie, j'en ai bien besoin, ajouta-t-il sur un ton déprimé.

En plus, c'était en grande partie la vérité. Légèrement déformée, mais la vérité. Après tout, Sephiroth avait dit qu'il s'était réveillé en entendant sa prière. Il ne savait même pas pourquoi il avait dit ça, mais c'était ce que le guerrier voulait entendre depuis son cristal. Ginny hocha faiblement la tête, avant d'ajouter timidement :

–On fait quoi maintenant ?

–On va descendre dans la Grande Salle pour le petit déjeuner, répondit Harry. J'ai pas vraiment envie de me faire dévisager par l'école, grommela-t-il, mais on peut pas rester cachés éternellement. Et tes frères doivent s'inquiéter.

Ginny pâlit en entendant ça, mais elle hocha la tête et sortit du lit, remettant ses chaussures. Ses vêtements avaient manifestement été échangés pendant la nuit, probablement par un Elfe de Maison, alors ils étaient propres, bien qu'un peu froissés, vu qu'elle avait dormi dedans. Il devait y avoir un millénaire de crasse dans ce tuyau lorsqu'ils étaient passés dedans à l'aller.

En sortant de la Salle sur Demande, Harry regarda autour de lui, perdu. C'était la première fois qu'il venait dans cette zone du château, du coup, il était perdu. Il leva la tête vers Sephiroth, espérant que lui au moins se souviendrait du chemin jusqu'aux toilettes des filles. Une fois là, il pourrait retrouver le chemin vers la Grande Salle.

–Suivez-moi, ordonna doucement l'argenté, choisissant une direction avec assurance.

Harry fut surprit de voir le chemin qu'ils avaient parcourus la veille. Il ne se souvenait pas que c'était si loin ! Au bout d'un bon moment, ils arrivèrent aux toilettes de Mimie, et Harry prit quelques secondes pour s'orienter.

–Par ici, dit-il en commençant à marcher, les deux autres le suivant docilement.

Ginny était presque collée à lui, craignant visiblement Sephiroth, qui se contentait de regarder autour de lui, paraissant mémoriser le chemin. Finalement, ils arrivèrent devant les portes de la Grande Salle, et Harry prit une grande inspiration. Il haïssait sa célébrité. Tout le monde allait encore le regarder, et le fait qu'il revienne avec Ginny allait faire crever le plafond à sa réputation. Alors que c'était Sephiroth qui avait fait presque tout le travail !

Il poussa les portes à contrecœur, et il put entendre le bruit des bavardages de l'autre côté. Ce dernier mourut lorsqu'il entra avec Sephiroth et Ginny, avant de se changer en hurlements de panique parmi une partie de la population étudiante. Principalement du côté des élèves plus âgés, et sans doute une majorité de Sang-Purs. Même les profs avaient l'air affolés, et Dumbledore fut le premier à agir, contournant la table des professeurs pour s'approcher d'eux, baguette sortie et prête à agir.

Son premier sort, cependant, produisit simplement un bruit d'explosion, comme un tir de canon, amenant le silence. Il reporta ensuite sa baguette vers Sephiroth, qui se tenait calmement immobile, les bras croisés sur son torse, un sourcil levé. Harry bougea discrètement pour aller se placer derrière le guerrier, son Directeur lui faisant peur. Il n'y avait aucune trace du grand-père un peu foufou dans l'attitude de Dumbledore, même ses yeux ne scintillaient pas comme ils le faisaient d'habitude. Harry comprenait mieux pourquoi il était le seul sorcier que Voldemort ait jamais craint, il était terrifiant comme ça.

–Qui êtes-vous ? Demanda Dumbledore, complètement sérieux pour une fois.

–Sephiroth Valentine, fut la réponse calme. Et vous-même ?

Le vieux sorcier cligna des yeux, un peu surprit par le calme de son interlocuteur, et le fait qu'il ne le reconnaisse apparemment pas. C'était bien la première fois que ça arrivait.

–Professeur Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, directeur de Hogwarts, répondit-il, toujours sur ses gardes. Que faites-vous ici ?

–À vos souhaits, fit Sephiroth, sarcastique. Hé bien, j'ai été engagé par Harry Potter ici présent comme garde du corps. Et d'après ce que j'ai apprit, il en a bien besoin.

–Potter, qu'est-ce que vous avez encore fait comme conneries ? Feula Snape en s'approchant, les sourcils froncés, dans toute sa gloire sombre.

Harry n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, Sephiroth s'interposant entre lui et la « chauve-souris des cachots », comme le surnommaient les élèves. Il s'empara de son épaule, faisant se crisper le maître de potions sous la force de sa poigne. Snape sentit un frisson lui parcourir le dos en réalisant que son interlocuteur se retenait. Et s'il avait raison… alors il était probablement capable de lui arracher le bras sans trop d'effort. Il le fusilla du regard, prêt à l'injurier de la façon la plus méprisante possible, mais sa voix mourut dans sa gorge en croisant les yeux félins qui lui faisaient face.

Le regard était froid et dur, et il sentit un frisson d'effroi lui parcourir le dos en réalisant que Sephiroth pourrait certainement le tuer sans hésitation s'il poussait les choses. Il tenta d'user de Legilimancie pour savoir ce que son vis-à-vis avait dans la tête… mais se heurta à une barrière plus solide que tout ce qu'il avait déjà rencontré. Sephiroth étrécit les yeux, puis il se pencha et murmura à l'oreille du professeur :

–Si j'étais vous, j'arrêterais de faire ça tout de suite. Je vous laisse tranquille pour cette fois, mais le prochain coup, je ne serais pas aussi… indulgent.

Il se redressa et le lâcha, Snape reculant immédiatement en se massant l'épaule. Il allait certainement devoir sortir le baume contre les bleus, et il ne serait pas étonné de trouver la marque de la main de Sephiroth. Le Professeur de Potions était beaucoup de choses, mais un idiot, certainement pas. Il décida ici et maintenant que s'il pouvait éviter la confrontation avec Sephiroth, il le ferait. Et si ça impliquait de laisser Potter en paix, qu'il en soit ainsi.

Les élèves se mirent à murmurer devant la démonstration, surtout lorsque Snape se déplaça pour aller se mettre derrière Dumbledore, après lui avoir chuchoté quelque chose à l'oreille. Le vieux sorcier fronça les sourcils à son tour en entendant ce que l'espion lui disait. Cet… individu était quelqu'un de dangereux. Beaucoup trop dangereux. Et s'il prenait Harry avec lui… ses plans risquaient de partir à l'eau. Il ne pouvait pas se le permettre.

–Et pourquoi ressemblez-vous au légendaire Cauchemar ?

Sephiroth décida de s'amuser un peu avec eux, et aussi de les fourvoyer un brin. S'ils pensaient qu'il n'avait rien à voir avec le personnage de sa légende, ils se méfieraient moins. Il se mit à changer la couleur de ses cheveux et de ses yeux, et joua également avec la longueur de sa chevelure. Les murmures reprirent autour d'eux, moins effrayés cette fois, et il vit des rouquins approcher du coin de l'œil. Sans doute les frères de Ginny. Des jumeaux, un frère apparemment plus vieux, et un autre du même âge que Harry, probablement le fameux Ron. Ginny semblait hésiter à aller les rejoindre, alors il la poussa gentiment dans le dos, la faisant tressaillir.

Il lui adressa un sourire doux quand elle leva la tête vers lui.

–Va les rejoindre.

Elle mit quelques secondes avant de comprendre ce qu'il disait, mais partit rejoindre ses frères en courant lorsque ses mots pénétrèrent son cerveau. Ceux-ci s'emparèrent d'elle, l'attirant dans une étreinte multiple, seul Ron hésitant, regardant en direction de Sephiroth et Harry. Le guerrier reporta son attention sur un Dumbledore manifestement déconcerté par ses changements d'apparence. Heureusement, Sephiroth avait aussi acquis des connaissances sur certaines particularités des sorciers, indépendamment du Fourchelang, et notamment les métamorphomages. S'ils pensaient qu'il en était un, ça lui donnerait plus de temps avant qu'ils ne réalisent qui il était réellement. Ça finirait forcément par arriver, il ne se faisait pas d'illusions, mais au moins il gagnerait du temps.

–Disons que je prend son apparence pour faire fuir les abrutis. S'ils s'arrêtent uniquement à mon apparence et qu'ils ne cherchent pas à me connaître, alors ils ne valent pas la peine que je m'intéresse à eux.

–Je… vois, fit lentement Dumbledore. Dans tous les cas, votre… inquiétude est appréciée concernant Harry, mais vous n'avez pas à vous inquiéter. Il ne risque rien.

–Et mon cul c'est du Chocobo, répliqua Sephiroth, son ton dégoulinant de sarcasme. Il est hors de question qu'il retourne chez ces… animaux qui se font passer pour sa famille. Quant à ce qui se passe dans cette école…

Dumbledore fronça les sourcils, avant de se figer alors qu'il allait argumenter. Il avait complètement oublié qu'ils étaient au milieu de la Grande Salle, avec une bonne partie du corps étudiant qui les observaient. La… démonstration de Sephiroth semblait leur avoir fait oublier qui il était (Albus était pratiquement certain qu'il s'agissait bel et bien du légendaire Cauchemar, le timing était trop proche), mais s'ils continuaient ainsi, il y aurait des choses qui seraient révélées, et qu'il voulait garder cachées. Il était parfaitement au courant du traitement de Harry aux mains de son oncle et de sa tante, grâce aux objets qu'il avait liés à l'enfant. Son traitement faisait partie de son plan, il avait besoin que Harry reste faible et manipulable.

–Si vous le voulez bien, nous en reparlerons plus tard, dit Dumbledore, tentant de projeter sa personnalité de grand-père excentrique.

Sephiroth haussa un sourcil, méfiant.

–Je doute que je change d'avis. Maintenant, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je suggère d'arrêter ce spectacle. Harry a eut une journée stressante hier, de même que Ginny. J'espère d'ailleurs que vous organiserez un examen avec un guérisseur compétent, vu ce qui lui est arrivé cette année.

–J'y penserais, répondit Dumbledore sans trop s'avancer.

Si jamais elle était vue par un guérisseur… des informations sur le Horcrux risquaient de fuir par le bouche à oreilles. Et elles risquaient d'arriver aux oreilles de Tom, bien qu'il ne soit pas en Angleterre en ce moment même. Si c'était le cas, il risquait de déplacer les autres qu'il avait fait (il était quasiment certain qu'il en avait fait 6, Harry compris). Et de les rendre inaccessibles.

Sephiroth le regarda longuement avec attention, sentant son manque de sincérité. Il renifla ensuite, méfiant, et se tourna, plaçant sa main dans le dos de Harry pour le guider vers la table d'où provenaient les rouquins, qui s'étaient assis autour de leur sœur. Il put sentir Harry tressaillir sous sa main, et surtout il pouvait sentir sa maigreur sous son uniforme, malgré dix mois à pouvoir manger autant qu'il en avait besoin. Ses envies de meurtre refirent surface, et il eut de la peine à les contrôler. Oui, l'éloigner le plus possible de ces… animaux était définitivement une priorité.

Ils s'assirent à côté des rouquins, qui les regardèrent brièvement du coin de l'œil, plus préoccupés par leur petite sœur que lui. Ron était le seul à le regarder en fronçant les sourcils, apparemment pas ravi de sa présence. Mais s'il voulait rester assit à côté de Harry, ses options étaient limités, l'autre côté étant prit par Sephiroth. De l'autre côté de l'argenté, les élèves s'étaient poussés le plus possible, clairement pas à l'aise avec lui, malgré sa démonstration.

Il ne pouvait pas vraiment les blâmer. Il avait toujours été impressionnant, et son manque de sociabilité n'avait pas aidé. Son éducation avait été uniquement centrée sur la guerre, et tout ce qui allait autour. Interagir avec les gens avait été jugé secondaire, et il avait dû apprendre ça sur le tas. Les faux-pas avaient été nombreux, surtout avant de rencontrer Genesis et Angeal. Comprendre ce que pensaient les autres lui avait toujours posé problème. Avec elle… il avait pu commencer à comprendre comment interagir de manière moins… rude. Utiliser les métaphores et les euphémismes, et ne pas toujours dire le fond de sa pensée comme elle lui venait. Enrober un peu ses mots. Certes, il y avait des moment où il était nécessaire de dire le fond de sa pensée, mais pas toujours.

Il soupira, se frottant le visage. Il fallait qu'il arrête de penser à ça. Peut-être qu'observer les enfants autour de lui l'aiderait. Même si Ron, d'après ce que Harry avait dit, manquait aussi de manières. Il fronça les sourcils en regardant le garçon. Il avait autant de manières à table qu'un Béhémoth, pour l'amour de Minerva !

Agacé, il se pencha au-dessus de Harry, et cogna légèrement sur la tête de Ron avec ses jointures, faisant se figer le garçon.

–Qu'est-ce que tu es, un animal ? Questionna Sephiroth sans cacher son agacement. Tu as des couverts, utilise-les. Et ferme la bouche quand tu mange.

Ron resta figé quelques secondes, un peu pâle, puis avala sa bouchée, avant de faire de plus petits morceaux. Il continua à manger sans s'interrompre, prenant juste le temps de couper un peu sa nourriture. Il garda également un peu plus la bouche fermée, et Sephiroth hocha la tête avec satisfaction en se redressant. Mieux. Pas encore parfait, mais mieux. Il remarqua le soulagement dans l'expression des enfants en face de Ron, et se demanda pourquoi, au nom de la Déesse, ses parents ne lui avaient pas inculqué les bonnes manières.

Il fronça les sourcils en regardant la nourriture en face de lui. Il n'était pas fan des nourritures grasses comme ça, mais un coup d'œil sur la longueur de la table lui apprit qu'il n'y avait rien plus à son goût. Enfin, vu son métabolisme, il ne risquait pas de prendre du poids de toute façon. Avec un soupir inaudible, il commença à manger, gardant un œil sur son environnement par habitude. Une bonne chose, sinon il aurait certainement eut un réflexe malheureux quand un missile châtain fonça sur Harry.

Il regarda avec un certain amusement les retrouvailles entre Harry et Hermione (le fameux missile châtain), qui manqua étouffer Harry dans son étreinte. Cependant, le garçon ne lui en voulait visiblement pas, s'il en jugeait par le large sourire qu'il arborait. Hermione était l'une de ses deux seuls amis, ce qui lui provoqua un pincement au cœur en lui rappelant sa propre situation. Il gloussa doucement en l'entendant parler à toute allure, et se demanda si Harry arrivait à suivre.

Ça lui rappelait cette fois où quelqu'un avait trouvé le moyen de faire boire un mug entier d'expresso à Genesis. Et même pas un petit. Ce dernier avait été surexcité pendant presque une heure, avant de s'évanouir dans un coin lorsque l'effet avait cessé. Il avait récité Loveless à toute allure durant tout ce temps, et seule la force de l'habitude lui avait permit de comprendre ce qu'il disait. Il soupçonnait Reno pour ce coup-là. Avant tout parce que le Turk roux avait été le premier à faire circuler les photos de Genesis en position compromettante.

Finalement, Hermione se calma assez longtemps pour que Harry puisse lui résumer ses aventures. Il n'en dit pas beaucoup plus qu'à Ginny, mais son amie se figea et regarda Sephiroth avec de grands yeux.

Hermione avait lut au sujet de Sephiroth bien sûr. Après tout, sa légende était encore plus ancienne que celle de Merlin, et tout aussi connue. Pourtant, elle ne parvint pas à paniquer en le voyant. Parce que son regard ne ressemblait pas à celui décrit dans les histoires, empli de haine, de malice et de folie. Non, le regard qu'il portait sur elle était calme et impassible, comportant à peine une pointe de curiosité. Et, étrangement, sa présence était rassurante. Elle ne savait pas pourquoi, mais il la faisait se sentir en sécurité. Comme si elle avait retrouvé quelque chose qui lui avait manqué. De plus, d'après Harry, c'était Voldemort qui avait lancé le Basilic sur les élèves. Et Sephiroth l'avait vaincu apparemment. Alors ça faisait de lui quelqu'un de bien, non ?

Finalement, le petit déjeuner se termina, et la plupart des élèves sortirent, certains allant dans leurs salles communes pour finir leurs devoirs, d'autres allant les faire dehors, profitant du soleil. Harry décida d'en profiter pour aller explorer le château avec Sephiroth, histoire de lui montrer un peu l'endroit. Avec un peu de chance, s'ils se perdaient, Sephiroth pourrait leur permettre de retrouver leur chemin. Et comme ça, il pourrait raconter son histoire à Hermione.

Sortant de la Grande Salle, il prit la direction de la Salle Commune de Gryffindor, racontant à Hermione ce qu'elle avait manqué durant le temps où elle avait été pétrifiée. Il venait juste d'arriver au moment où il avait trouvé la page dans sa main, lorsque Sephiroth leur fit signe de s'arrêter. Il fixait deux élèves un peu plus loin, l'un d'entre eux, plus âgé, s'en prenant clairement à un élève plus jeune, sans doute un premier année. Ce dernier était clairement terrifié, et paraissait au bord des larmes.

Sephiroth s'approcha à grands pas, Harry et Hermione restant prudemment en arrière. Il n'avait pas beaucoup parlé de sa vie en temps que Général à Harry, mais il lui avait cependant expliqué qu'il n'avait jamais toléré le harcèlement. Chaque fois qu'il était tombé sur ce genre de situations, il avait toujours invité le harceleur pour une « aimable » discussion dans son bureau, lui faisant bien comprendre qu'il n'avait pas intérêt à recommencer. S'il le reprenait à faire ça, il se chargeait de le renvoyer avec déshonneur de l'armée, et de le barrer de toutes les listes possibles pour s'engager. Et il n'avait pas intérêt à tenter de revenir avec un faux nom.

Harry reconnut un des élèves lorsque Sephiroth posa la main sur son épaule, le tirant en arrière pour l'éloigner du première année terrifié. Il s'agissait d'un Gryffindor de troisième année, Conac… non, Cormac MacLaggen. Il était absolument imbuvable, persuadé d'être le Don de Merlin aux filles. Et il était vraiment arrogant, agressif, et moralisateur. Harry trouvait qu'il incarnait les pires traits de leur maison. Le première année, en revanche, était un pauvre Slytherin.

Contrairement à la croyance populaire, Harry n'avait rien de particulier contre la maison des serpents. C'était plus Ron ça. Le problème de Harry se résumait en un nom surtout : Malfoy. Lui et sa clique lui pourrissaient la vie depuis le premier jour. Sinon, Harry n'avait guère plus d'intérêt pour Slytherin que pour les autres maisons, Ravenclaw comme Hufflepuff.

Lui et Hermione aidèrent le pauvre garçon complètement perdu, ramassant ses livres et l'aidant à les remettre dans son sac, tandis que Sephiroth passait un savon monumental à un Cormac complètement ahuri. Le jeune Slytherin s'empressa ensuite de filer, plus que surprit que le Golden Boy de Gryffindor ait aidé un « serpent visqueux » comme Ron les appelait.

Cormac s'en prit alors à Harry, clairement furieux.

–Potter ! Pourquoi ton « garde du corps » m'a agressé comme ça ? On ne peut même plus apprendre leur place aux serpents maintenant ?

Harry tressaillit sous le volume de sa voix, qui lui rappela dangereusement Dudley, avant que Sephiroth, encore plus agacé, ne le tire à l'écart pour lui passer un nouveau savon. À la fin de celui-ci, Cormac, agacé, s'éloigna en tapant des pieds, visiblement furieux que quelqu'un lui dire quoi faire dans l'école, sans pour autant être un préfet ou un prof. Harry soupira. L'histoire allait certainement faire le tour de l'école avant même le déjeuner, si ça prenait si longtemps.

Il regarda Sephiroth, qui se pinçait l'arête du nez, comme pour retenir une migraine ou un profond agacement. Il laissa ensuite échapper un soupir et regarda les enfants devant lui.

–Décidément, l'humanité ne s'arrange pas avec le temps. C'est à se demander pourquoi Minerva a prit la peine de doter les humains d'un cerveau.

Hermione ouvrit la bouche, prête à le mitrailler de questions, mais Harry posa la main sur son épaule pour la faire taire. Elle le fusilla du regard, jusqu'à ce qu'il s'explique :

–Hermione, tu pourras lui poser autant de questions que tu veux tout à l'heure, promis. Pour l'instant, il y a trop de risque que quelqu'un nous tombe dessus.

Son amie ne put que reconnaître la justesse de ces arguments, ce qui ne l'empêcha pas de s'emparer de la main de Harry pour le traîner derrière. Sephiroth les suivit en riant doucement devant l'empressement de Hermione à absorber un nouveau savoir. Une petite érudite en herbe, cette enfant. Elle lui rappelait un peu Genesis, l'obsession de Loveless en moins.

Ils passèrent rapidement devant le portrait de la Grosse Dame, qui gardait l'entrée de la Salle Commune de Gryffindor. Sephiroth haussa un sourcil devant le nom, mais ne fit aucun commentaire. Ils n'entrèrent pas, principalement parce qu'ils dormiraient là cette nuit, et que Harry ne voulait pas se faire dévisager/interroger par tout le monde.

Finalement, il atteignirent la Tour d'Astronomie, un des points les plus élevés de l'école. Harry pointa la Forêt Interdite, le Lac Noir, et quelques autres repères du paysage à Sephiroth.

Ce dernier secoua la tête.

–Dire à des enfants qu'il ne faut pas aller quelque part revient à les encourager précisément à faire ça. Même moi je sais ça. Et c'est particulièrement flagrant concernant ta première année, Harry. Surtout en sachant qu'il suffisait d'un simple sortilège d'ouverture pour déverrouiller la porte.

Sa réflexion fit céder le barrage, et Hermione le bombarda de questions sur son histoire, pourquoi il était là, quand s'était passée sa légende, et ainsi de suite. Sephiroth, amusé, répondit à toutes ses questions. Heureusement, elle ne posa aucune question sur sa vie personnelle, ou plutôt sur le manque de vie privée qu'il avait eut. Il lui raconta tout ce qu'il avait dit à Harry, développant un peu plus ce qu'était Jenova devant sa curiosité sur ce sujet, insistant sur sa dangerosité. La Calamité venue du ciel avait presque anéantit les Cetras, ou Anciens, lorsqu'elle avait atterrit, et avait fini par provoquer leur extinction en tant que peuple propre. Il n'en était pas certain, mais pensait que les sorciers étaient peut-être descendants des Cetras qui s'étaient mélangés aux humains normaux.

Il n'hésita pas à expliquer comment il avait faillit détruire le monde sous l'influence de Jenova. Il ne cacha pas non plus son rôle dans la mort de la dernière Cetra ayant conscience de ses pouvoirs. Malheureusement, il ne pouvait pas répondre à beaucoup de questions sur les Cetras. Leur histoire avait été perdue bien avant sa propre naissance, et même Aerith, du peu qu'elle lui avait dit, n'avait jamais su plus que les bases. Même Ifalna, sa mère biologique, n'en avait su guère plus. Et presque toutes les autres âmes des Cetras avaient depuis longtemps été absorbées dans la Rivière de la Vie, se fondant dans le courant.

La magie avait beaucoup évoluée depuis son temps aussi. Les Matérias avaient été oubliées, ou le savoir à leur sujet avait été volontairement perdu.

Ça avait provoqué un nouveau barrage de questions, sur la magie de son époque, les Matérias, et qui était Minerva. Il avait répondu du mieux qu'il pouvait, expliquant qu'il n'était pas vraiment la meilleure personne pour parler des Matérias.

–À qui faut-il demander alors ? Demanda Hermione, boudant légèrement devant le fait qu'il ne pouvait pas répondre aussi précisément qu'elle l'aurait voulu.

–Genesis était considéré comme l'expert en Matérias au sein de la Shinra, dit doucement Sephiroth, son regard se perdant vers la forêt. Si tu voulais savoir quelque chose sur les Matérias, c'était à lui qu'il fallait demander. Mais à moins qu'il ne se soit réincarné…

–Vous croyez qu'il l'est ? Demanda doucement Harry.

Sephiroth haussa les épaules.

–Tout dépend de si Angeal s'est réincarné aussi. Les connaissant, étant donné qu'ils avaient déjà refusés d'être promus séparément, je doute qu'ils se soient réincarnés très loin l'un de l'autre. Quelques mois de différence tout au plus. Et s'ils ne se sont pas réincarnés en femme, l'un ou l'autre, ajouta-t-il en riant.

–C'est possible ? Demanda Hermione avec curiosité.

–Bien sûr. Les Cetras, d'après ce que m'a dit Aerith, pensaient qu'aucune vie n'était supérieure aux autres, et donc qu'il était tout à fait possible qu'une personne se réincarne en animal, en monstre ou même en plante. Alors je ne vois pas pourquoi ils n'auraient pas pu se réincarner en femme. Par contre, je peux tout à fait imaginer Genesis insulter la Déesse si ses souvenirs lui reviennent et qu'il est une femme. Il a beau la vénérer, je doute qu'il prenne plaisir à se retrouver dans le corps d'une femme. Il avait, disons… une petite réputation de coureur de jupons avant sa désertion, ajouta-t-il, redevenant mélancolique sur la fin. Même s'il s'est calmé par la suite.

Hermione, curieuse, demanda des précisions avec un brin d'hésitation. Elle pouvait voir que c'était un sujet sensible. Sephiroth ne se montra pas très précis, parlant simplement du fait qu'ils avaient été envoyés dans d'autres mondes. Il connaissait un peu la théorie des mondes parallèles, grâce à une jeune femme, du coup, il lui expliqua que lui et Angeal avaient été ramenés à la vie, et qu'ils avaient eut droit à une autre chance dans un autre monde, et Genesis avait été sorti de son sommeil et envoyé là-bas lui aussi.

Il ne s'attarda pas sur ce qu'il s'était passé, expliquant simplement que ce monde était en pleine apocalypse zombie, et Hermione frissonna en entendant ça. La simple mention de zombie la terrifiait, à la plus grande perplexité de ses parents. Le genre commençait tout juste à prendre son essor, mais pas question pour elle de s'y intéresser. Elle était certes trop jeune pour regarder ça, mais chaque fois qu'on en parlant, ça la terrifiait sans raison.

Elle fut surprise d'apprendre que la jeune femme dont il parlait avait perdu la vue à cause d'une bombe nucléaire. Un avion avait bombardé une ville un peu plus loin. Juste assez loin pour qu'elle ne soit pas touchée par les radiations, mais assez près pour qu'elle voie l'explosion, et en perde la vue. Ils l'avaient alors protégée dans leurs voyages, jusqu'à ce qu'elle soit tuée dans un autre monde encore.

Sous l'effet de la rage et du chagrin, Genesis avait utilisé une de ses Limites, une attaque particulière que les gens de leur époque pouvaient utiliser lorsqu'ils avaient prit suffisamment de coups, un peu semblable à un épisode de magie accidentelle, qui aurait toujours un effet précis. Malheureusement, les Limites avaient un lien avec la Rivière de la Vie, or, leur accès aux Matérias avait été bloqué, alors cette Limite, appelée Apocalypse, avait causé un contrecoup particulièrement violent sur son corps, ce qui avait fait qu'il en avait vomit du sang, avant de mourir.

Et Angeal avait été tué lui aussi, par un survivant de l'escadron qui les avait attaqués. Hélas, Sephiroth n'avait pu arriver qu'après les faits, et Angeal, bien qu'encore en vie, était agonisant. Il avait survécu juste assez longtemps pour lui transmettre le souvenir de ce qui s'était passé, avant de mourir. Il avait faillit détruire un bon morceau de la zone sous l'effet de la colère et de la douleur, mais l'esprit de la jeune femme l'avait arrêté. Elle lui avait dit qu'ils n'en valaient pas la peine. Les tuer ne lui apporterait rien, si ce n'est une sensation de vide. Ça ne la ramènerait pas à la vie.

Le cœur brisé, il était revenu sur Gaïa avec leurs corps, suivant Aerith et Zack. Il avait ensuite demandé à ce qu'il soit scellé dans un cristal de Rivière de la Vie, dans l'espoir qu'un jour, il trouverait une raison de vivre. Et il avait dormi pendant plus de dix mille ans, jusqu'à ce qu'il entende Harry supplier quelqu'un de le protéger. Il ne répéterait pas ce que le garçon lui avait dit, par respect pour lui, mais une chose était sûre, il ne le laisserait pas revenir chez ces… animaux.

Hermione hocha la tête avec satisfaction. Le peu que Harry lui avait dit sur sa vie chez les Dursleys peignait un tableau assez sombre, et le récit du sauvetage de Harry lors de l'été dernier indiquait qu'il y avait quelque chose de vraiment pas clair dans cette maison. Quel taré enfermait un enfant dans sa chambre comme un criminel, avec une demi-douzaine de serrures, et en ne lui donnant qu'un bol de soupe par jour ? Sans compter qu'ils ne le laissaient sortir que 10 minutes PAR JOUR, matin et soir, pour utiliser les toilettes et se laver, le laissant enfermé le reste du temps. Non, il y avait un truc pas net dans cette demeure. À se demander comment Harry pouvait la considérer comme sa maison.

Elle secoua la tête. D'où ça lui venait ça ? Pourquoi elle pensait à ça ?

Harry regarda sa montre, et soupira en voyant que c'était déjà l'heure du déjeuner. Le spectacle ne s'arrêtait jamais à Hogwarts, et, à son corps défendant, il en était souvent l'attraction principale. S'il avait pu rester caché jusqu'à la fin de sa scolarité, il l'aurait fait. Il en avait marre d'être tantôt le sauveur du monde sorcier, tantôt le successeur de Voldemort. Il était juste Harry, merde ! Juste un gosse de 12 ans qui voulait être normal !

Peut-être que maintenant que Sephiroth était là, il pourrait souffler un peu. Avec de la chance, Sephiroth ne verrait pas d'inconvénient à attirer l'attention sur lui, et les gens l'oublieraient. Il renifla. Il pouvait toujours rêver.

Un peu à contrecœur, il prit le chemin de la Grande Salle. Hermione continuait à parler avec Sephiroth, mais sur le sujet des divers monstres qu'il y avait à son époque, et il les écouta distraitement d'une oreille. Bien sûr, son point de vue était celui de quelqu'un qui avait dû les tuer pour protéger les civils, mais certains nécessitaient de la stratégie pour les éliminer. Certes, étant donné sa puissance, il lui suffisait parfois de simplement les dominer par la force, mais même lui avait ses limites.

Et là où ses subordonnés pouvaient parfois se reposer (et comment il avait envié Genesis et Angeal lorsqu'ils prenaient des vacances, même si n'avait jamais formulé ça à voix haute), lui n'avait jamais de vacances. Il n'avait fait que travailler, et sa charge de travail avait encore empiré à la désertion de Lazard Deusericus, qui avait été le Directeur du SOLDAT jusqu'à ce qu'il disparaisse avec Angeal. On lui avait collé le poste sur les bras sans lui demander son avis, et il n'avait pas osé protesté, trop bien conditionné à obéir aux ordres, jusqu'à ce qu'il craque.

–Parfois, dit-il doucement, il faut savoir dire non, et refuser lorsque ça devient trop dur. Faire confiance à l'autorité ne doit être fait qu'avec prudence, car le pouvoir corrompt, et certains sont prêts à tout pour le garder.

–Pourtant… voulut protester Hermione.

–Hermione, je ne sais pas pourquoi tu as une telle confiance aveugle envers l'autorité, et je ne te le demanderais pas, mais tu devrait la modérer, ou un jour cela te causera des ennuis. Je ne dis pas que c'est mal, mais certains professeurs ne sont clairement pas dignes de cette confiance, comme Snape. Ce matin, il a essayé d'entrer dans mon esprit sans mon autorisation. Il sait désormais que s'il recommence, je ne me contenterais pas de lui refuser l'accès.

–Il peut faire ça ? S'exclama Hermione avec surprise.

Même Harry releva la tête en entendant ça. Certains sorciers pouvaient lire dans les pensées ? Le simple fait que ça soit possible lui donna des frissons. Son esprit était le dernier endroit auquel personne n'avait touché, et il n'avait pas envie qu'on viole ce sanctuaire sans son autorisation.

–Il peut, et, des rares informations que j'ai, l'a fait de manière illégale. Normalement, il faut une autorisation du Ministère pour ça.

–Comment peut-on contrer ça ? Demanda Harry avec détermination.

–Apprendre l'Occlumancie. Par contre, les avertit Sephiroth, c'est une discipline dure à maîtriser. Je ne serais pas étonné que Hermione ait certains boucliers naturels, mais tu dois malgré tout t'entraîner dur pour y arriver.

Harry hocha la tête, déterminé à apprendre à protéger son esprit contre les intrusions. Hermione, de son côté, était déjà en train de réfléchir aux livres à se procurer pour apprendre ça. Elle n'avait pas souvenir de les avoir vus dans la bibliothèque de l'école, ce qui était un peu suspect. Peut-être dans la Réserve ? Par contre, il lui faudrait un autre mot pour y accéder, en admettant qu'elle connaisse le titre du livre dont elle avait besoin. Elle allait devoir attendre de rentrer à la maison et de pouvoir aller à Diagon Alley pour trouver ce qu'elle cherchait. Elle laissa échapper un grognement de frustration à cette pensée. Elle détestait devoir attendre pour acquérir de nouvelles connaissances, qui pouvaient en plus lui être utile sur ce coup.

Sephiroth la regarda avec amusement devant son grognement de frustration. Oui, une vraie copie de Genesis, sans l'obsession de Loveless. Il soupira. Si seulement ses amis pouvaient se réincarner… Malheureusement, ce n'était pas une science exacte. Pour autant qu'il sache, ils n'était pas encore prêts de se réincarner.

En arrivant dans la Grande Salle, ils furent accostés par un Ron incrédule.

–Harry, Cormac n'a pas arrêté de se plaindre que tu l'aurais empêché d'apprendre sa place à un Slytherin. C'est vrai ?

–Ron, fit Harry avec exaspération, Cormac était en train d'agresser un première année. J'ai pas vu qu'il s'agissait d'un Slytherin avant que Sephiroth ait tiré Cormac en arrière. Et c'est lui qui a passé un savon à Cormac, moi j'ai rien fait.

–Mais… mais… c'était un Slytherin ! Bégaya Ron.

–Rien à foutre, ronchonna Harry. C'était un première année, point barre. Ça aurait été un Hufflepuff, Ravenclaw ou même un Gryffindor, je serais quand même intervenu. Enfin, j'aurais laissé Sephiroth faire.

Ron eut l'air sur le point de protester, jusqu'à ce que Sephiroth le soulève par le col, lui arrachant un couinement de surprise. Quoi qu'il ait pu vouloir dire, les mots se coincèrent dans sa gorge en croisant le regard agacé du guerrier.

–Ronald Weasley. Depuis quand la Maison de quelqu'un devrait avoir une incidence sur le fait d'intervenir dans une agression ou non ? Demanda-t-il sur un ton glacial. Peu m'importe les Maisons de ceux qui se font agresser, comme Harry. Si je vois un enfant avoir des problèmes, j'interviendrai, un point c'est tout. Maintenant, je ne veux plus t'entendre sur le sujet, est-ce que je suis clair ?

Ron se contenta de le regarder avec de grands yeux, la bouche ouverte de stupeur. Pourquoi est-ce qu'il avait un frisson qui lui parcourait le dos en le voyant comme ça ? Il ne le connaissait même pas ! Il fut tiré de ses pensées par Sephiroth qui le secouait légèrement pour attirer son attention, répétant sa question. Il hocha frénétiquement la tête, n'osant pas parler, et le guerrier le reposa au sol, satisfait.

La scène avait attiré l'attention de tout le monde, et les derniers sceptiques à Slytherin furent forcés de reconnaître que le premier année avait raison. Le reste de l'école était perplexe, mais, pour une fois, les rumeurs avaient raison. Ron se précipita vers la table, ne voulant pas se faire un peu plus humilier par Sephiroth. Lui, Harry et Hermione suivirent plus posément, et s'assirent à côté de lui, Sephiroth de l'autre côté de son protégé, pendant que Hermione s'asseyait en face de lui.

Le repas fut plus léger que les discussions de la matinée, tournant plus autour des cours. Sephiroth se résolut à garder un œil sur Lockhart, l'incapable lui donnant l'impression d'être un imposteur. Il faudrait qu'il emprunte les livres d'Hermione pour regarder ça, mais il ne se faisait pas d'illusion. Cet homme représentait une menace potentielle pour le futur, mais pas parce qu'il était doué au combat, plutôt le contraire. Apprendre aux élèves à retenir ses couleurs préférées ou ce qu'il avait soi-disant accompli ne leur apprendrait rien d'utile. Il était en train de représenter une menace pour leur éducation, et il était bien placé pour savoir à quel point celle-ci était importante pour le futur. Surtout avec Voldemort qui continuait à se promener dans la nature, même s'il était actuellement un spectre.

Soupirant, il se pinça l'arête du nez, une migraine commençant à se former. Il n'était pas réveillé depuis 24h qu'il avait l'impression d'être revenu à son poste de Général, avec les devoirs du Directeur du SOLDAT ajoutés par-dessus. Au moins il n'avait pas à gérer le Chiot. Son enthousiasme et son énergie sans fin étaient épuisants, même s'il n'aurait pas dit non là. Cette fois, il n'avait que deux personnes à gérer, trois s'il comptait Ron, étant donné qu'il doutait que Harry le laisse en arrière.

Et au moins il n'y avait pas les Turks. Il frissonna en y pensant. Une fois, Tseng lui avait dit qu'il avait l'impression de gérer une garderie géante. Sephiroth avait compatit. Parfois, il avait la même sensation. Ça s'était vaguement calmé après la désertion de Genesis, de son côté du moins.

Après le repas, ils repartirent à l'exploration du château. Sephiroth avait bien demandé s'il n'y avait pas une carte, mais les enfants avaient expliqué qu'explorer Hogwarts était considéré comme un rite de passage, selon les élèves plus âgés. Une autre chose à laquelle il n'avait pas vraiment envie d'assister était les matchs de Quidditch. Ce n'était pas vraiment son idée du fun, foncer à vive allure sur des balais volants tout en se faisant attaquer par des boulets de canon enchantés. Hermione partageait son avis, mais Harry s'amusait quand même en jouant, malgré le fait qu'un de ses matchs se soit soldé par un séjour à l'infirmerie à cause de Lockhart.

Il se résolut à regarder le sujet des Elfes de Maisons. S'il pouvait comprendre la raison pour laquelle Dobby restait au service de son maître, peut-être pourrait-il faire quelque chose.

Il fut tiré de ses pensées par Harry, qui tirait sur sa manche pour attirer son attention. Il regardait devant, et Sephiroth s'aperçut qu'il y avait une autre situation de harcèlement en cours. Sérieusement, c'était trop demander aux professeurs que de faire leur travail ? Agacé, il avança à grands pas vers les enfants, des filles uniquement cette fois-ci. Les soulevant dans les airs, il remarqua que l'une d'entre elles était d'ascendance asiatique (Wutaïenne à son époque), tandis que l'autre, rousse, était probablement du pays. Il leur jeta un regard noir.

–Il me semblait pourtant avoir été clair au déjeuner. Vous voulez peut-être que nous allions voir votre Directeur ou Directrice de Maison ?

–Il s'agit du Professeur Flitwick, dit Hermione, jetant un regard noir aux deux filles.

–Non ! Protesta l'asiatique.

–Alors laissez-là en paix, ordonna Sephiroth en les reposant. Je veux bien passer l'éponge, pour cette fois.

Les filles s'empressèrent de filer, terrifiées. Petit à petit, Hogwarts était en train de réaliser qu'il y avait désormais quelqu'un qui ne tolérerait pas le harcèlement dans ses couloirs. Cependant, les habitudes avaient la vie dure, et il faudrait du temps pour que le message rentre dans toutes les têtes.

Son regard se posa sur la fille la plus étrange qu'il ait vue. Ses longs cheveux blonds cendrés étaient attachés dans son dos par un ruban rose, atrocement familier. Ses yeux gris avaient une expression rêveuse, son étrangeté accentuée par les boucles d'oreilles en forme de radis qu'elle portait, et le collier de bouchons autour de son cou. Elle lui offrit un sourire rêveur.

–Merci pour votre aide.

–Il n'y a pas de quoi, Miss… ?

–Lovegood, Luna Lovegood, répondit-elle sur le même ton rêveur que le reste. C'est agréable de voir que les Épées et leur Fourreau marchent de nouveau pour la protection du monde.

Elle s'éloigna ensuite en sautillant joyeusement, pendant que les trois autres la regardaient avec divers degrés d'ahurissement. Le silence régna un long moment, avant que Harry ne résume la pensée générale :

–Bizarre.

–Tu m'en diras tant, murmura Sephiroth, perplexe. Tu la connais Harry ?

–Du tout. Tout ce que je peux dire, c'est qu'elles étaient toute à Ravenclaw. À part ça, rien. Et toi Hermione ?

–Pareil. Vous croyez qu'elle parlait de Genesis et Angeal ? Demanda Hermione, saisie d'un éclair d'inspiration.

Sephiroth marqua un temps d'arrêt en entendant ça, et se mit à réfléchir. Étrangement, ce que Hermione disait se tenait. Est-ce que ça voulait dire que Zack aussi ? Dans ce cas… elle s'était peut-être réincarnée aussi. La question, en qui ? Et les autres ? Il retint un fou rire en imaginant Zack réincarné en chien. Nan, peut-être pas quand même. Mais le Chiot réincarné en chien, ce serait le pompon.

.

oOo

.

Très loin de là, dans une prison au milieu de la mer, un grand chien noir amaigri éternua violemment, avant de changer de position pour essayer d'avoir plus chaud. Pourvu qu'il n'attrape pas froid. Personne ne l'aiderait. Et s'il mourrait… il ne pourrait pas aider Harry.

.

oOo

.

Ils reprirent ensuite leur chemin, continuant à explorer. Le reste de l'après-midi fut sans histoires, et ils descendirent au dîner sans incidents. À table, ils retrouvèrent une Ginny qui avait reprit des couleurs. La présence de ses frères lui avait visiblement fait beaucoup de bien, mais quand Sephiroth les interrogea, il apprit que personne n'avait organisé d'examen avec un guérisseur. Il fronça les sourcils. D'accord, leur famille était peut-être pauvre, et ils rechignaient peut-être à accepter de l'aide, mais quand même !

Il soupira. Leur situation lui rappelait Angeal. Lui-même avait été pauvre, mais fier, parfois trop fier pour accepter de l'aide. Et ne parlons pas de Genesis, pensa-t-il en reniflant. Certes, il s'était peut-être calmé après leur premier voyage, mais il était resté trop fier pour son propre bien, de son point de vue. Sephiroth ne pouvait pas vraiment parler, mais lui, c'était son éducation le problème. Elle leur avait dit que c'était normal de pleurer ou d'accepter de l'aide quand on ne pouvait pas tout faire soi-même. Et que ça demandait bien plus de courage que le contraire.

Il ferma les yeux, le chagrin et le désespoir menaçant de le submerger. Il les refoula sans pitié, ce n'était pas le moment. Il n'était pas tête brûlé comme Genesis au point de courir au suicide à sa mort, mais ça ne voulait pas dire qu'il n'en avait pas souffert. Il voulait honorer sa mémoire.

McGonagall passa, le tirant de ses pensées. Apparemment, Dumbledore voulait parler à Harry en privé, au sujet de ce qu'il s'était passé, et comment Ginny avait été sauvée. Sephiroth pinça les lèvres en entendant ça. Si le vieux fou s'imaginait qu'il allait laisser Harry hors de sa vue juste parce qu'il était le directeur de l'école, il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au coude !

Harry fut rassuré de voir que Sephiroth se levait pour l'accompagner dans le bureau de Dumbledore, même si McGonagall n'eut pas l'air ravie.

–Monsieur Valentine, le directeur souhaite parler à Mr Potter en privé.

–Dommage pour lui, répliqua Sephiroth, mais il est hors de question que je laisse Harry seul avec qui que ce soit tant que je ne suis pas certain de leurs intentions, à l'exception d'Hermione. Cela vous inclut vous, le directeur, et à peu près tous les professeurs ici présents.

La professeur de Métamorphoses eut l'air quelque peu vexée, mais un regard à Sephiroth lui apprit que tenter d'argumenter revenait à essayer de passer la gargouille menant au bureau d'Albus sans mot de passe. Une entreprise vouée à l'échec. Elle partit donc à grands pas en direction du bureau d'Albus, le dos raidit par l'agacement.

Sephiroth se massa les tempes en suivant le mouvement. En remontant de la Chambre des Secrets, il avait dû arrêter sa capacité à voir la magie, sous peine de ne plus pouvoir fonctionner. L'école était tellement saturée de magie pure et de sorts qui lui permettaient de fonctionner que la migraine avait menacée de le rendre inopérant. Heureusement, il n'avait pas eut besoin de beaucoup de temps pour faire ça.

Au cours de la journée, il avait fait des tests pour voir combien de temps il pouvait tenir. Verdict : cinq minutes grand max. Et encore, à peine. À la fin des cinq minutes, il avait déjà un mal de tête carabiné, qui s'était heureusement dissipé assez rapidement. Cette capacité serait donc à utiliser avec parcimonie, en cas de nécessité comme un combat ou ce genre de choses. Mais en l'activant à l'instant, il avait pu voir des sorts sur McGonagall. Impossible de dire lesquels exactement, il n'avait pas eut le temps. Cependant, quelque chose lui disait que c'était des compulsions, du peu qu'il avait pu voir.

Quelque chose lui disait qu'il allait rapidement haïr le directeur, surtout s'il s'obstinait à vouloir renvoyer Harry chez ses tortionnaires. Ça lui rappelait trop Shinra père, mélangé à Hojo sur les bords (en moins sadique). Mais il n'avait clairement pas le bien-être de Harry en tête. Si c'était le cas, il était un Chocobo.

Ils arrivèrent finalement devant la gargouille, et il haussa un sourcil devant le mot de passe. Il était peut-être accro au sucre, mais cette friandise ne lui donnait juste pas envie d'essayer. Franchement, qui voudrait manger une sucrerie portant le nom de CAFARD ? Il frissonna de dégoût, avant de regarder l'escalier montant tout seul avec intérêt. Ça lui rappela celui qu'ils avaient empruntés pour sortir de la Chambre, au détail près que celui-là montait en spirale.

Minerva frappa à la porte avant de l'ouvrit, faisant signe à Harry et Sephiroth d'entrer. Albus leva la tête en les entendant, avant de froncer les sourcils en voyant le guerrier, le scintillement de ses yeux diminuant. Il avait espéré pouvoir parler à Harry en privé, et peut-être utiliser quelques compulsions pour le convaincre de laisser son garde du corps derrière. Manifestement, ce plan était déjà inutile. Cependant, il avait profité du fait qu'ils avaient exploré le château dans la journée pour placer quelques Portoloins sur les affaires de Harry, principalement ses vêtements moldus. Il les avait prudemment programmés pour qu'ils s'activent dans la matinée du jour du retour par le Hogwarts Express, mais avant le départ.

De cette façon, s'il parvenait à retenir Sephiroth dans son bureau assez longtemps, Harry serait escamoté chez son oncle et sa tante sans qu'il puisse faire quoi que ce soit, et même si l'homme aux cheveux d'argents savait transplaner, il ne devait jamais être allé à Privet Drive. Donc il ne pourrait pas y aller rapidement. S'il parvenait déjà à trouver l'endroit. Et la maison où Harry vivait l'été était si bardée de sortilèges qu'il aurait beaucoup de mal à y accéder.

Snape fronça les sourcils en voyant le guerrier entrer. Fabuleux. Il venait à peine de prendre la décision de l'éviter qu'il se retrouvait déjà confronté à lui. Tant pis, Albus avait insisté pour qu'il soit présent, pas pour qu'il fasse quoi que ce soit. Il tenait à sa vie. Il frissonna lorsque Sephiroth croisa son regard, les yeux félins d'un vert acide rencontrant les siens, d'un noir d'encre. Non, tenter de lui tenir tête était voué à l'échec. Et il n'était pas suicidaire.

–Monsieur Valentine, soupira Albus sur le ton d'un grand-père désappointé, il me semblait pourtant avoir précisé que je désirais parler au jeune Harry en privé.

–Et comme je l'ai dit au Professeur McGonagall, répliqua sèchement Sephiroth, il est hors de question que je laisse Harry seul avec qui que ce soit tant que je ne suis pas certain de leurs intentions. Ça vous inclut vous, et encore plus Snape. Vous voulez parler à Harry ? Ce sera en ma présence, un point c'est tout.

Albus soupira, continuant à projeter sa personnalité de vieux grand-père inoffensif. Intérieurement, en revanche, il fulminait de colère, et seule sa maîtrise de l'Occlumancie lui permettait de continuer. Ses plans étaient en train de tous tomber à l'eau les uns après les autres à cause de cet individu.

Il tenta d'interroger Harry sur le journal, mais sans succès. Le choc qu'il ressentit en apprenant que c'était Sephiroth qui avait détruit le Horcrux le laissa sans voix pendant un moment. Comment ? Normalement, il n'existait que deux moyens de détruire ces choses : le Feudeymon, et, comme l'avait dit le Basilic de Salazar Slytherin en personne, le venin du serpent mythique. Il ne voulait pas croire que Salazar Slytherin n'était pas un Seigneur des Ténèbres comme Esméralda (le nom du Basilic) l'avait dit. Ça devait être un truc pour faire baisser la garde de Harry.

Pourtant… s'il disait vrai, les attaques ne devraient pas reprendre. Et il avait déjà interrogé Ginny, mais le fait qu'elle se soit évanouie en voyant le serpent géant ne lui avait pas permit d'obtenir beaucoup d'informations. Elle avait cependant confirmé la partie selon laquelle le journal avait été détruit, puisqu'elle avait survécu. Si ça n'avait pas été le cas, elle serait morte.

Harry ne put rien lui apprendre sur la façon dont Sephiroth avait détruit le Horcrux, en partie parce qu'il n'avait pas vu ce qu'il avait fait. Et le guerrier aux cheveux d'argents refusa de dire comment il avait fait.

Sephiroth était loin d'être stupide. S'il avait été en pleine possession de ses facultés lors du combat contre AVALANCHE, les choses se seraient terminées très différemment. Dévoiler un de ses atouts à quelqu'un qui avait toutes les chances d'être un ennemi ? Pas question. Il n'était pas devenu un Général en étant éduqué à être idiot. Ni à perdre son calme. Mais par Minerva, le Directeur était doucement en train de lui taper sur le système. Il avait apprit à contrôler ses émotions et à ne pas se mettre en colère, mais qu'est-ce qu'il avait envie de s'énerver contre le vieux sorcier.

Dumbledore refusait de laisser tomber, il était pire qu'un Loup de Nibel avec un os. Finalement, Sephiroth le coupa, agacé.

–Écoutez, je n'ai PAS l'intention de vous dire comment faire. Alors cessez d'insister. Et à moins que vous ne me donniez une EXCELLENTE raison pour qu'il retourne chez ces… animaux, et même là, il ne retournera JAMAIS là-bas. Nous ne feront qu'y passer s'il veut récupérer des affaires ayant une valeur sentimentale, et c'est tout.

Albus pinça les lèvres. Il ne voulait pas dévoiler tout de suite les raisons pour lesquelles il forçait Harry à retourner à Privet Drive, et s'il pouvait éviter de parler des Protections de Sang (il était persuadé que Sephiroth verrait tout de suite les failles dans ce raisonnement), il préférait le faire. Sachant que Sephiroth avait été un Général, il n'avait probablement pas atteint ce rang en étant idiot, loin de là. Et le raisonnement tactique étant important, il était sûr que le guerrier pourrait dévoiler toutes ses machinations sans problème majeur.

Aussi, lorsque Sephiroth se leva et poussa gentiment Harry à le suivre, il ne chercha pas à les retenir. Le garçon avait d'ailleurs évité son regard durant tout l'entretien, et Albus se demanda si Sephiroth lui avait parlé des bases de la Legilimancie. Il n'avait pas cherché à entrer dans l'esprit de l'argenté, prenant en compte les avertissements de Severus, aussi manquait-il d'informations.

Ce dernier avait étudié la situation avec attention. Ce n'était pas parce qu'il n'était pas intervenu qu'il était resté inactif. Et de ce qu'il avait pu observer, la relation entre les deux, bien qu'encore à ses balbutiements, était clairement du type protecteur/protégé, ou peut-être grand frère/petit frère. Dans tous les cas, Sephiroth était clairement décidé à protéger le rejeton Potter. Il frissonna en imagina le Seigneur des Ténèbres tenter de s'en prendre à Potter. Il n'avait aucune peine à visualiser le sang et les membres voler s'il arrivait à lever la main sur le morveux. Il résolut de Transplaner dès que possible si jamais la situation se produisait. Survivre à la colère du Seigneur des Ténèbres était possible, surtout en sachant qu'il était le seul Maître de Potions de l'organisation. Survivre à la colère du Cauchemar ? Non. En tout cas il ne voyait pas de moyen. Si ce n'est sauver le morveux.

Pendant ce temps, Sephiroth redescendait avec Harry, se dirigeant vers la Salle Commune de Gryffindor. Harry était fatigué par toute la marche qu'il avait faite aujourd'hui, et il attendait avec impatience le moment de se mettre au lit. Ils venaient de tourner un coin, lorsqu'ils tombèrent sur la dernière personne que Harry aurait pensé voir ici : Malfoy père. Se dernier avançait avec l'arrogance de ceux qui se croient tout permis, et Dobby le suivait à petits pas précipités, le corps enveloppé de bandages, le visage ravagé par une terreur abjecte.

Harry se figea net, sous le choc. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Une ampoule s'alluma dans l'esprit de Sephiroth, connectant les différents événements. Dobby qui venait prévenir Harry d'un grand danger (le mettant accidentellement encore plus en danger), les tentatives de l'Elfe de Maison de forcer Harry en dehors de l'école, la « bataille » dans Flourish and Blotts entre Lucius Malfoy et Arthur Weasley, où Lucius avait dû glisser le journal intime dans les livres de Ginny. Dobby était allé contre le lien qui l'unissait à cet… individu, pour essayer de sauver Harry.

Ses yeux s'étrécirent. Lucius Malfoy lui rappelait horriblement Shinra Sr. La même tendance à se pavaner et à étaler son argent (selon Harry), et surtout, le même mépris pour la vie des autres. Qu'est-ce qu'il faisait ici ?

Ses yeux se posèrent sur Dobby, qui désignait Malfoy du doigt, avant de se donner de grands coups sur la tête. Apparemment, il essayait de lui faire passer un message, mais il le connaissait déjà. Son attention fut de nouveau attirée par le sorcier, qui lui offrait un sourire aussi faux que celui de Scarlet.

–Ainsi donc, vous êtes le fameux Sephiroth Valentine.

–Et vous êtes Lucius Malfoy, répondit Sephiroth sur un ton plat. Que voulez-vous ?

Son ton sec indiquait clairement qu'il n'appréciait guère son interlocuteur, et un éclair de colère passa dans le regard de celui-ci. Il se contrôla cependant, et Sephiroth fut légèrement impressionné par ça. Au moins, il était plus intelligent que son fils.

–J'ai entendu parler de vous. D'après ce que je sais, vous n'êtes pas un allié de ce vieux fou amoureux des Moldus, n'est-ce pas ?

–Et qu'est-ce qui vous fait croire que je pourrais pour autant avoir envie de m'associer à des criminels et des meurtriers dans votre genre ? Railla Sephiroth, le regardant froidement. Vous, qui soudoyez les gens avec de l'argent teinté du sang d'innocents ? Simplement parce qu'ils sont différents ?

Malfoy Sr ne parvint pas à retenir l'éclair de colère dans son expression cette fois, mais reprit rapidement le contrôle.

–Vous faites sans doute allusion à ces rumeurs comme quoi j'aurais été un Mangemort ? Voyons, ce ne sont que des rumeurs. Tout le monde sait que j'ai été sous le sortilège de l'Imperium. Je n'ai jamais été condamné pour ça. Je suis un membre respecté de la communauté.

–Mais bien sûr, répliqua Sephiroth, son ton dégoulinant de sarcasme. Et mon cul c'est quoi, du Chocobo ?

Harry releva la tête pour le regarder, surprit. C'était la deuxième fois qu'il l'entendait se montrer grossier, alors que d'habitude, il était toujours poli et utilisait plus un langage soutenu qu'autre chose. Il se demanda si c'était un signe que Sephiroth était en train de s'énerver, mais il n'avait pas été réellement grossier face au Directeur plus tôt.

Son regard repassa sur Dobby, qui continuait à désigner Lucius du doigt, avant de se cogner la tête, et de répéter ces actions en boucle. Soudain, Harry comprit. Il fit un signe de tête à Dobby et celui-ci recula dans un coin en se tordant les oreilles pour se punir de ce qu'il venait de faire.

–Vous ne savez pas comment Ginny est entrée en possession de ce journal intime, Mr Malfoy ? demanda Harry.

Lucius Malfoy se tourna vers lui.

–Pourquoi devrais-je savoir comment cette petite idiote s'y est prise pour dénicher ce journal ? dit-il.

–Parce que c'est vous qui le lui avez donné, répliqua Harry. Ça s'est passé chez Flourish and Blotts. Vous avez pris son vieux livre sur les métamorphoses et vous y avez glissé le journal, c'est bien cela ?

Il vit Mr Malfoy serrer les poings.

–Il faudrait le prouver, siffla-t-il.

Sephiroth lui offrit un sourire digne d'un requin, empli de dents et de malice, et Lucius recula d'un pas, un long frisson glacial lui passant dans le dos. Sephiroth était juste terrifiant comme ça, et il se demanda s'il ne s'agissait pas réellement du légendaire Cauchemar.

–Oh, personne n'y arrivera, dit-il en lui adressant un sourire inquiétant. C'est impossible, maintenant que j'ai effacé Riddle du journal. Mais d'un autre côté, Lucius, je vous conseille de ne plus distribuer les vieilles fournitures scolaires de Lord Voldemort. Car si certaines d'entre elles tombaient à nouveau entre des mains innocentes, je pense qu'Arthur Weasley ferait tout pour prouver qu'elles vous appartenaient… Et je me ferais un plaisir de l'y aider, ronronna Sephiroth sur un ton dangereux.

Lucius Malfoy resta un instant immobile et Harry vit nettement sa main se contracter, comme si l'envie le démangeait de sortir sa baguette magique. Mais finalement, il se tourna vers son elfe de maison.

–On s'en va, Dobby !

La main de Sephiroth s'élança comme un serpent, se refermant sur la taie d'oreiller crasseuse que portait l'Elfe, lui arrachant un couinement terrifié, lorsque ce dernier passa près de lui. Dobby tremblait de terreur sous sa main, mais il l'ignora. Ses yeux brillaient légèrement, le rendant encore plus inquiétant, et il admira distraitement le courage de l'Elfe, qui parvenait à ne pas se pisser dessus. Cependant, sa concentration était entièrement sur le lien qui unissait Dobby et Lucius Malfoy, qui le regardait avec incrédulité, ne comprenant pas ce qu'il faisait.

Finalement, il comprit comment le lien fonctionnait, et, de son autre main, pinça le filament de magie qui soutenait le lien, le sectionnant net. Les yeux de Dobby s'agrandirent de façon presque impossible anatomiquement, avant qu'il ne le repose gentiment au sol.

Lucius le fusilla du regard, avant de se détourner.

–Viens, Dobby. J'ai dit viens ! Aboya-t-il lorsque ce dernier ne parut pas l'entendre.

Dobby, trop occupé à examiner ses mains, ne réagit pas. Finalement, il leva les yeux vers Sephiroth.

–Mister Cauchemar… a libéré Dobby ? Demanda-t-il sur un ton à mi-chemin entre l'émerveillement et la terreur.

Lucius se figea, avant d'afficher un air méprisant.

–Ridicule. Le seul moyen de libérer un Elfe est de lui donner un vêtement. Tout le monde le sait. Et vu que je n'ai pas fait ça…

Sephiroth rit doucement, se tournant vers lui.

–Comme tout le monde sait que vous n'êtes pas un Mangemort ? Vous ne connaissez rien à la magie. Vous avez oublié qu'il y a certaines règles qu'il ne faut pas briser. Vous avez maltraité votre Elfe de maison, endommageant ainsi l'un des termes du Pacte qui unit les Elfes et les Humains.

–Vraiment ? Siffla Lucius. Et lequel, selon vous ?

–Protéger l'Elfe. En le maltraitant, vous avez suffisamment endommagé le lien pour que je puisse le sectionner aisément. Si vous ne l'aviez pas fait… si vous aviez respecté votre part du contrat… Je n'aurais pas été en mesure de le briser pour lui. Même si Harry aurait certainement pu se débrouiller pour le libérer, en vous faisant lui donner un vêtement.

Lucius Malfoy se figea sur place, les yeux fixés sur l'elfe, puis sur lui, et retour à Dobby. Pendant un instant, Sephiroth crut qu'il allait se ruer sur lui. Il attendait presque ça avec impatience. Humilier cet… individu aurait été un plaisir, puisque, d'après ce qu'il avait cru comprendre, une fois privés de leurs baguettes, les sorciers devenaient inutiles. Il prit mentalement note d'apprendre le maniement de l'épée à Harry. Ça pourrait toujours lui servir.

Finalement, Lucius Malfoy lui jeta un regard de pure haine, avant de tourner les talons dans un grand tourbillon de cape hors de prix. Sephiroth se détendit, laissant se dissiper le sort qu'il avait discrètement préparé dans sa main droite. Il avait toujours aimé lancer des sorts de cette main, car ça lui permettait de se servir de sa main gauche pour utiliser Masamune. Avec un soupir, il coupa sa capacité à voir la magie… mais pas avant de voir Dobby recréer son lien, avec Harry cette fois.

Il leva les yeux au ciel, priant Minerva pour que sa vie soit plus facile. Au moins, si Dobby était lié à Harry, il ne prendrait peut-être pas des mesures aussi… drastiques pour le sauver. Du moins, il l'espérait. Il remarqua que Dobby le regardait avec un mélange de respect et de crainte, et il soupira.

–Dobby, dit doucement Sephiroth, le faisant tressaillir. Je n'ai rien contre le fait que tu veuille protéger Harry, mais, à l'avenir, si tu pense qu'il est en danger, viens me voir d'abord, d'accord ? Je suis là pour le protéger désormais.

Dobby hocha frénétiquement la tête, l'air à peine soulagé. Harry, au contraire, avait l'air beaucoup plus soulagé que l'elfe, et il priait avec ferveur pour que Dobby obéisse à ça. Il pensa soudain à quelque chose.

–J'ai encore une question à te poser, Dobby, dit Harry, l'elfe reportant son attention sur lui. Tu m'as dit que toute cette histoire n'avait rien à voir avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, tu te souviens ? Alors…

–C'était un indice, Monsieur, répondit Dobby, comme s'il s'agissait d'une évidence. Dobby vous a donné un indice. On pouvait librement prononcer le nom du Seigneur des Ténèbres avant que ce nom change. Vous comprenez ?

– C'est vrai, dit Harry d'une voix faible. Bon, il faut que je m'en aille, maintenant. La journée a été longue, et j'ai encore à faire…

Dobby hocha la tête avec beaucoup plus d'enthousiasme, et disparut dans une dernière détonation. Harry poussa un soupir de soulagement. Sephiroth pouvait le comprendre. La dévotion de Dobby à Harry était remarquable, bien qu'exagérée. Il pouvait aussi comprendre que Dobby préfère servir Harry que quelqu'un comme Lucius. En parlant de ça… Sephiroth repensa à ce que le Baron Sanglant avait dit à Harry.

–Harry…

Le garçon le regarda avec curiosité.

–Oui, Sephiroth ?

–Je pense que tu devrais demander à Hogwarts de réactiver le Code de Conduite, fit pensivement l'argenté. À mon avis, cela devrait permettre de calmer les harceleurs qui semblent régner dans l'école. S'ils se rendent compte que leur comportement est la raison pour laquelle leur Maison perd des points… peut-être se calmeront-ils ?

Harry cligna des yeux, surprit, et réfléchit à ce que disait Sephiroth. Effectivement, il n'avait pas tort. Après, est-ce que ça suffirait avec Malfoy ? Regardant autour de lui et ne voyant personne, il décida de tenter le coup.

–Hogwarts, est-ce que tu pourrais réactiver le Code de Conduite s'il te plaît ? Demanda-t-il, essayant de ne pas se sentir ridicule en s'adressant au vide.

Même en sachant que l'école avait développé une forme de conscience, il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir assez ridicule en disant ça sans s'adresser à quelqu'un. À son plus grand étonnement, une cloche retentit quelque part dans l'école. Le son légèrement cristallin résonna brièvement, et un portrait non loin éclata de rire.

–Ah, voilà qui fait plaisir à entendre ! Ça fait si longtemps que je n'ai pas pu retirer des points à ces andouilles de Slytherin ! Franchement, leur comportement mériterait des baffes depuis un bon siècle, minimum ! J'ai honte de ce que mon ancienne Maison est devenue ! Merci, mon garçon !

Toujours caquetant, le portrait partit sur le côté du cadre, et disparut, passant dans une autre peinture. Harry le regarda filer de portrait en portrait, un sentiment d'inquiétude le parcourant brièvement. Enfin, trop tard pour regretter ça. Il regarda en direction d'un autre portrait, laquelle se frottait les mains avec joie. Il demanda timidement :

–Le Directeur ne vas pas savoir que c'est moi qui ait fait ça au moins ?

Le portrait, une femme replète aux cheveux blonds cendrés, le regarda avec un brin de surprise, avant de lui offrir un sourire chaleureux.

–Ne t'inquiète pas mon chou, si tu ne veux pas qu'on en parle (Harry hocha furieusement la tête), alors aucun des portraits ne dira rien au directeur. La loyauté des portraits va avant tout à l'école, puis aux héritiers des Fondateurs, et ensuite seulement au Directeur en place. J'imagine que tu ne veux pas qu'il soit remplacé ?

Harry secoua négativement la tête.

–Tant que Riddle est dans la nature, dit-il sombrement, il vaut mieux qu'il reste. Une fois qu'il ne représentera plus une menace…

La femme hocha la tête avec un sourire carnassier, qui fit frissonner Harry.

–Très bien mon petit. Hogwarts le tolérera jusqu'à ce que ce petit parvenu de Riddle ait cassé sa pipe. Après ça… caqueta-t-elle. Veux-tu aussi que l'école disperse le Bureau des Gouverneurs ? Étant donné qu'il n'existait pas à la création de Hogwarts, elle ne le reconnaît pas comme valide.

Harry hésita un moment, puis regarda Sephiroth, espérant que son aîné aurait une idée. L'Ex-Général se frotta pensivement la mâchoire, réfléchissant, puis regarda son protégé.

–Je pense que, pour l'instant en tout cas, il vaudrait mieux ne pas y toucher. Cela risquerait trop de leur mettre la puce à l'oreille. En revanche, je serais d'avis de renvoyer Malfoy Sr. Ça calmera peut-être sa progéniture.

Harry opina, et regarda le portrait de la femme, qui riait d'un air sadique.

–Oh oui, ça, ça le calmerait ! Je crois d'ailleurs que ce petit serpent idiot va creuser le plus gros du trou dans lequel sa Maison va se retrouver. Franchement, il n'a pas le dixième de l'intelligence et de la ruse de son père, sans compter son charisme. Il se repose uniquement sur son nom et l'argent de sa famille. Il a de l'ambition, certes, mais c'est tout. Et quelle idée d'offrir UNIQUEMENT des Nimbus 2001 à l'équipe de Slytherin. Ce sont des balais conçus pour la vitesse ! Ils sont parfaits pour les Attrapeurs, mais pas pour les autres postes, soupira-t-elle en secouant la tête. Et ne parlons pas des balais utilisés pour les débutants, ajouta-t-elle avec exaspération. J'ignore par quel miracle il n'y a pas encore eut d'accident mortel !

Sephiroth hocha la tête en entendant ça. Il faudrait qu'il voit ça avec Harry dans le futur. Pour l'instant, décida-t-il en le voyant bâiller, il était temps qu'il aille dormir. Gentiment, il attira l'attention du garçon et le guida jusqu'à la Salle Commune. Il avait remarqué que Harry tressaillait de peur chaque fois qu'il le touchait ou que quelqu'un haussait la voix, et il avait bien conscience que c'étaient des conséquences de ce que les Dursleys lui avaient fait. Oh oui, s'il tombait sur eux, il doutait d'arriver à se retenir de les massacrer.

Arrivés dans la tour de Gryffindor, il chercha Hermione du regard. La voyant dans un coin, ses livres étalés autour d'elle, il se dirigea dans sa direction, Harry le suivant docilement comme un petit chien. Et voilà qu'il se retrouvait à la place d'Angeal. Au moins Harry n'était pas aussi hyperactif que Zack.

Attirant l'attention d'Hermione cette fois, il lui demanda s'il pouvait lui emprunter les livres de Lockhart. Cette dernière, visiblement surprise, accepta, et remonta dans son dortoir pour aller les chercher. Il la remercia, lui assurant qu'il les lui rendrait le lendemain matin. Sephiroth s'installa à une table, Harry à côté de lui, et emprunta une plume et de l'encre au garçon, pendant que ce dernier s'installait pour faire ses devoirs.

Ni l'un ni l'autre ne fut dérangé du reste de la soirée, et Sephiroth aida Harry à ranger ses affaires avant de remonter dans le dortoir, les livres dans une main et ses notes dans l'autre. Au moment même où Harry se demandait où Sephiroth allait dormir, ouvrant la porte du dortoir, il vit qu'un lit supplémentaire avait été ajouté dans le dortoir… et c'était lui, ou est-ce que la pièce s'était agrandie légèrement ?

Il cligna des yeux, fatigué, puis haussa les épaules, décidant de ne pas se poser de questions. Il se prépara pour la nuit comme d'habitude, et se glissa sous les couvertures, tirant les draperies. Comme Dean et Seamus, après avoir réalisé que Ron et Neville ronflaient comme des bûcherons, il avait recherché un sortilège de Silence, pour le placer sur les rideaux. Trop fatigué par son week-end, il en oublia d'en parler à Sephiroth, s'endormant comme une masse.

Ce dernier s'était installé contre la tête de son propre lit, ses notes à côté de lui, et il continua à lire les livres, s'arrêtant de temps à autres pour écrire. Jusqu'à présent, il avait déjà trouvé deux occurrences où il aurait été à deux endroits différents au même moment. Et trop loin l'un de l'autre pour qu'il les atteigne en transplanant, même en faisant plusieurs arrêts. Ça, plus le soit-disant sortilège qui permettrait de rendre forme humaine à un loup-garou… et lui il était un Chocobo.

Au bout d'un moment, il finit quand même par remarquer les ronflements sonores de Ron et Neville. Un brin ennuyé, il leva la main droite sans interrompre sa lecture, et lança un Silence dans leurs directions. Le silence revenu, il continua comme si rien ne s'était passé. Il continua à travailler toute la nuit, alternant entre les différents livres. Oui, clairement, entre ce que lui avait dit Harry et ce qu'il pouvait lire, Lockhart était un crétin incapable. Il commençait à sérieusement soupçonner que d'autres personnes avaient fait ces exploits, et que Lockhart se les était appropriés.

Ce fut aux environs de l'aube qu'il eut finit, et il posa ses conclusions sur ses genoux, s'appuyant contre le bois en se pinçant l'arête du nez. C'était encore pire que ce qu'il avait craint. De plus, si personne n'était venu l'attaquer en procès (ou équivalent), ça voulait dire qu'il avait probablement effacé la mémoire des véritables auteurs de ces actes. Sa dangerosité était inférieure à ce qu'il pensait, en termes de combat en tout cas, mais concernant l'éducation… c'était encore pire que ce qu'il imaginait.

Avec un soupir, il prit ses notes et relut ses conclusions avec soin. Il hocha la tête lorsqu'il eut finit. Si avec ça il ne poussait pas les élèves à se débarrasser de cet incompétent… Il ne lui restait plus qu'à espérer que Hogwarts l'aiderait. Levant la tête, il appela doucement le seul elfe de l'école dont il connaissait le nom :

–Tippy, est-ce que tu peux venir ? Je ne te ferais pas de mal. J'ai besoin que tu fasse quelque chose pour moi.

Au bout de quelques minutes, alors qu'il pensait qu'il devrait se débrouiller seul ou demander à Harry d'appeler Dobby, un *pop* résonna doucement, Tippy apparaissant sur son lit. L'elfe tremblait comme une feuille, mais il était quand même venu. Sephiroth lui offrit un sourire rassurant, qui sembla le calmer très légèrement.

–Qu'est-ce que Tippy peut faire pour Mister Cauchemar ? Demanda bravement l'elfe.

–Est-ce que tu pourrait copier ceci et le poster dans toutes les Salles communes s'il te plaît ? Demanda doucement Sephiroth, parlant à voix basse pour éviter de réveiller les enfants autour de lui. Je voudrais aussi savoir si Hogwarts peut faire en sorte que personne ne puisse les décrocher ou les abîmer.

Tippy cligna des yeux, surprit, et prit les feuilles avec hésitation, les regardant. Il regarda ensuite Sephiroth, visiblement perplexe.

–Pourquoi Mister Cauchemar fait ça ?

–Parce qu'il représente une menace pour l'avenir des enfants, dit doucement Sephiroth, ses yeux brillant dans l'obscurité du dortoir sous l'effet de sa colère contenue. S'il continue comme ça, il risque de présenter une menace en particulier pour Harry. Avec Voldemort en liberté, s'il ne sait pas se battre…

Tippy opina.

–Hogwarts aidera. Maître Harry est le seul Héritier actuellement. Les autres ne savent pas.

–Est-ce que Hogwarts sait de qui il s'agit ?

–Non, Mister Cauchemar. Hogwarts ne sait qu'il y a un Héritier que si l'Héritier vient à l'école. Maître Harry est le seul pour le moment. Est-ce que Mister Cauchemar les protégera s'ils viennent à l'école ?

Sephiroth hocha la tête.

–La gestion de l'école me cause de sérieuses inquiétudes, honnêtement. Je ne sais pas à quoi le Directeur joue, mais je ne crois pas qu'il ait la sécurité des enfants en tête, ni même leur éducation. Dans tous les cas… peux-tu faire ça rapidement ?

Tippy acquiesça.

–Tippy aura ça prêt avant que les élèves se lèvent. Tippy… veut remercier Mister Cauchemar pour protéger Maître Harry.

Sephiroth secoua la tête avec un léger amusement.

–Si je me suis réveillé, Tippy, c'est parce que Harry a supplié que quelqu'un le protège. Si ses ennemis veulent lever la main sur lui, ils devront me passer sur le corps avant.

L'elfe repartit avec un air soulagé, et Sephiroth poussa un soupir. Se massant le front, il se laissa aller pensivement contre la tête du lit. Il était trop tard (ou trop tôt, selon le point de vue) pour essayer de dormir un peu. Enfin, maintenant qu'il savait que Harry était à peu près en sécurité, il pourrait dormir la nuit prochaine. Il continua à réfléchir sur ce qu'il allait faire dans le futur proche en attendant qu'il soit l'heure pour les enfants de se lever.

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À suivre…

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*caquètement démoniaque*

Oui, ils ont semés le vent, et maintenant, ils vont récolter l'ouragan !