Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à J.K. Rowling.

Note d'auteur : Salut à tous ! Voici mon premier OS ! Enfin OS, j'ai tellement aimé l'écrire que j'envisage de faire une suite. ) D'ailleurs, vous verrez quelques petits détails laissés au cas où, pour une possible suite. Enfin bref, vous me direz si vous en voulez une ou si préférez en rester là.

Pour la petite histoire, j'ai eu l'idée d'écrire cette fiction après avoir lu le roman Dévisagée de Erin Stewart, que je vous conseille vivement. C'est un gros pavé, mais je l'ai trouvé touchant et le personnage principal et assez sarcastique. Un très beau livre.

S'il y en a qui se demandent, je n'ai pas arrêté mon autre fiction, mais juste fait une petite pause par manque d'inspiration. Mais je m'y remets ! D'ailleurs, un nouveau chapitre ne devrait pas tarder, plus long cette fois-ci.

Voilà, j'espère vraiment que ça va vous plaire. Je m'excuse d'avance pour les possibles fautes d'orthographe ou autres qui traîneraient, j'ai beau lire et relire, il y en qui m'échappent ! J'attends vos retours avec beaucoup d'impatience ! Et dites moi si vous voulez une suite ou pas !

Bonne lecture !

OoOoOo

Brûlé

Le jeune garçon observa son reflet dans le miroir de sa chambre d'hôpital. Il avait tout perdu lors de l'incendie. Ses parents. Sa maison. Et même son visage.

Mais maintenant qu'il était à peu près guéri, il pouvait rentrer. Mais rentrer où ? Il n'avait plus de famille, plus de maison.

Il avait été décidé qu'il irait dans un pensionnat d'Écosse, une école où il pourrait apprendre la magie. Personne ne lui avait demandé son avis. De toutes façons, cela faisait plus d'un an qu'il ne parlait plus. Il répondait simplement aux questions, mais c'était tout.

C'était un petit garçon brisé. Brisé par la perte de ses parents. Brisé par la perte de sa maison. Brisé par la perte de sa vie. Tout cela à cause d'un sort qui avait mal tourné.

Il se dirigea vers la porte et se retourna une dernière fois pour regarder cette pièce qui l'avait hébergé pendant plus d'un an. Le lit était fait, attendant sûrement le prochain malheureux brûlé. Les rideaux tirés laissaient filtrer un rayon de soleil. Deux photos accrochées au mur avaient été oubliées. Il les attrapa de ses mains autrefois fines et blanches, aujourd'hui rouges et boursouflées. L'une le représentait, allongé sur son lit d'hôpital, entouré de l'équipe médicale qui s'était occupée de lui pendant toute sa convalescence. Tous les médecins et infirmiers paraissaient heureux et souriaient, ce qui n'était pas le cas du petit garçon. L'autre représentait ses parents jeunes, souriants, amoureux. Cette photo-ci était légèrement brûlée et les bords étaient noirs de suie. Mais c'était une des seules choses qui lui restait de ses parents. On avait aussi retrouvé la bague familiale de son père dans les décombres de son manoir. On lui avait expliqué qu'elle n'avait pas brûlé car elle était en cuivre et que cette matière avait une température de fusion très élevée. Et de sa mère, il ne lui restait qu'une broche de la même matière.

Il sortit dans le couloir principal de l'aile des Grands Brûlés et marcha vers la sortie. Il pouvait voir la lumière au bout du couloir. Après avoir passé cette porte, les têtes se tourneraient sur son passage. Il pourrait lire sur les visages le dégoût, la peur, la gentillesse teintée de pitié. Certains l'éviteraient, d'autres le regarderaient fixement. Les jeunes enfants questionneraient leurs parents sur l'état de son visage. Les adultes l'éviteraient superbement. Et les enfants de son âge agiraient tantôt comme des jeunes enfants,tantôt comme des adultes. Ils étaient assez imprévisibles d'après les jeunes qu'il avait pu croiser dans les couloirs.

Lorsqu'il poussa la porte de l'hôpital, la chaleur pesante de la fin de l'été l'envahit de toutes parts, lui rappelant, le temps de quelques secondes, l'incendie qui avait ravagé sa maison. Il observa le paysage autour de lui. Rien de spécial. Juste un grand parking à moitié rempli, des arbres bordant la route moldue, car oui, il avait été soigné dans un hôpital moldu, allez savoir pourquoi. Des ambulances étaient garées devant les portes de service et même un hélicoptère s'était posé sur le toit d'un blanc immaculé. De loin, il pouvait voir des blessés en tous genres entrer et sortir par les autres portes de l'hôpital. Mais il était le seul brûlé à sortir de cette fourmilière géante. Une grande voiture noire était garée à quelques mètres de lui. Un homme habillé de la même teinte en sortit et se dirigea vers le petit garçon. Il le fixa pendant une milliseconde et sortit un papier de sa poche.

« M. Drago Malfoy ? » demanda-t-il, sans une once de sentiments dans la voix. Ce dernier acquiesça d'un signe de tête, sans émettre le moindre son. L'homme ouvrit alors la porte arrière et Drago s'engouffra dans la voiture, apercevant sur le papier une photo de lui avant l'incendie, les cheveux d'un blond presque blanc et la peau parfaite. Autant dire que l'homme avait dû avoir du mal à le reconnaître. Ce dernier entra à son tour et démarra. Il se dirigea vers la sortie et le jeune garçon se laissa bercer par la route.

Lorsqu'il se réveilla, la voiture était à l'arrêt dans une rue déserte, devant un pub qui portait l'inscription « Le Chaudron Baveur ». Il avait déjà entendu ce nom dans une conversation lorsqu'il était plus jeune. Le chauffeur ouvrit la porte et se dirigea rapidement vers le coffre pour saisir le seul bagage de Drago, qui ne contenait que quelques affaires de première nécessité. Le chauffeur entra dans le pub et discuta pendant cinq minutes avec le barman. Ce dernier empoigna le bagage de Drago et d'un signe de main, lui intima de le suivre. Drago avança entre les rangées de tables, sentant les regards peser sur lui. Apparemment, chez les sorciers non plus les brûlés ne courraient pas les rues. Les clients chuchotaient sur son passage, certains le regardaient avec pitié, comme il l'avait prédit. D'autres évitaient son regard, l'observant en coin. D'autres encore faisaient comme s'ils n'avaient rien vu. Certains retenaient même leurs rires, ce qui terrassa Drago. Cela le brûla de l'intérieur, lui démangeant affreusement les bras et le visage. Il aurait voulu disparaître sous terre. Mais il se contenta de baisser la tête, affreusement gêné et honteux de ses cicatrices. Il pressa le pas, les larmes commençant à perler au coin de ce qui lui restait des yeux. Il ne souhaitait pas rester plus longtemps dans cette pièce qui le mettait extrêmement mal à l'aise.

Il grimpa les escaliers quatre à quatre, voulant échapper au plus vite aux regards pesants et aux chuchotements et entra dans une chambre à la suite du barman. Celui-ci lui expliqua brièvement, après lui avoir fait visiter la chambre, qu'un homme de grande taille, prénommé Rubéus Hagrid et travaillant dans la fameuse école de magie, allait venir le chercher le lendemain pour l'emmener acheter ses affaires scolaires. Après cela, le barman redescendit, laissant Drago seul dans sa chambre.

Celui-ci s'allongea lourdement sur son lit, observant le plafond miteux, qui semblait presque s'écrouler. La chambre ne devait pas mesurer plus de dix mètres carrés, salle-de-bain comprise. Elle ne comportait qu'un simple lit à baldaquin aux rideaux tout aussi miteux que le plafond, un tapis décrépi posé sur un sol de pierres brutes et grises, un petit bureau en bois tenant à peine sur ses pieds et une armoire calée contre le mur froid, dont le fond s'affaissait et dont les cintres en fer étaient tous tordus. La salle de bain n'était pas dans un meilleur état. La vitre de la douche était si sale que l'on n'y voyait pas à travers, le lavabo contenait encore des traces de dentifrice séché et les serviettes ne semblaient pas avoir été lavées depuis la dernière occupation de la chambre.

Mais le petit Drago n'y prêta pas attention, étant trop occupé à se remémorer son passage dans le pub et ces regards insistants, si blessants pour un petit garçon comme lui. Non, il n'était pas comme les autres, mais cela valait-il autant de moqueries et de chuchotements ? Il n'avait pas choisi cet accident, il n'avait pas choisi de survivre seul, sans ses parents pour l'épauler, il n'avait pas choisi de garder un corps mutilé toute sa vie. Magie ou pas, rien ne pouvait effacer ses cicatrices. La vie l'avait décidé comme ça, il fallait s'y faire. Drago l'avait compris en voyant pour la première fois son reflet dans le miroir. Depuis, il n'en avait plus besoin, les regards et les chuchotements suffisaient pour qu'il se rappelle qu'il n'était plus rien.

Le jeune garçon passa le reste de la journée à s'occuper avec la seule chose qu'il avait dénichée à l'hôpital : un livre. Il avait dû le lire des centaines de fois, mais cela suffisait à l'occuper des journées entières. Ce livre était un des seuls dont il ne se lassait pas. Sur la première page étaient inscrites les initiales C.G. Il aurait aimé faire des recherches sur cette personne, mais cela était impossible au vu du nombre de personnes ayant les mêmes initiales. Lorsqu'il avait aperçu ce livre, abandonné sur un banc dans un couloir, il s'était rappelé les moments de complicité qu'il avait avec sa mère, allongé dans son lit à l'écouter le lire et le relire chaque soir.

Lorsqu'il releva les yeux de son livre, la nuit était tombée avec la chaleur écrasante de la fin du mois d'août. Il enfila un pull et pris son courage à deux mains pour descendre et aller se chercher quelque chose à manger. Mais il fut devancé par le barman qui toqua à la porte, les bras chargés de nourriture posée sur un grand plateau de service. Drago le remercia d'un signe de tête et de ce qui ressemblait à un léger sourire.

Il s'installa à la fenêtre et entama son repas en observant la ville encore bien animée. Puis il déposa son plateau vide devant la porte de sa chambre et alla se coucher. Ce soir-là, il eut un peu de mal à s'endormir, préoccupé par ce qui allait lui arriver par la suite. Il se demandait à quoi ressemblait l'école de magie. Il essaya de deviner la réaction de l'homme qui viendrait le chercher le lendemain face à ses cicatrices. On l'avait sûrement prévenu mais cela n'empêchait pas les gens de laisser paraître leurs sentiments sans trop de discrétion.

Il fut réveillé le lendemain matin par trois coups frappés à la porte. Il se leva prestement et ouvrit la porte. Mais alors qu'il s'attendait à voir le barman de la veille, une jeune serveuse d'une vingtaine d'année se tenait sur le pas de la porte, un plateau chargé encore une fois sur les bras. Elle se figea alors qu'elle allait le saluer et écarquilla les yeux pendant ce qui parut des heures à Drago. Puis elle se ressaisit, lui tendit le plateau, les mains légèrement tremblantes et tourna les talons presque en courant. La vue de Drago se brouilla quelques instants, mais il s'était promis de ne pas pleurer pour ses cicatrices, alors il retourna dans sa chambre et s'assit à même le sol pour manger son petit-déjeuner.

Lorsqu'il eut fini, il s'habilla et descendit dans le pub encore vide après avoir été prévenu que l'homme nommé Hagrid l'attendait en bas. Celui-ci se retourna et l'observa de toute sa hauteur. Puis il sourit derrière sa grosse barbe touffue et se présenta en serrant la main abîmée de Drago :

« Je suis Rubéus Hagrid, gardien des Clés et des Lieux à Poudlard. Et garde-chasse par la même occasion. Tu dois être Drago ? Drago Malfoy ? ».

Celui-ci acquiesça d'un signe de tête, un peu étonné de la réaction inconnue de ce géant.

« Tu as dû entendre parler de Poudlard, l'école de magie où tu vas passer l'année ? »

Drago acquiesça de nouveau, sans émettre encore une fois le moindre son.

« Eh bien, tu as besoin de matériel pour pouvoir travailler là-bas. Donc, nous allons aller sur le Chemin de Traverse, que tu dois aussi connaître, pour aller acheter tout ça. »

Le Chemin de Traverse. Il accompagnait ses parents à chaque fois qu'ils s'y rendaient. Cet endroit le fascinait. Par l'ambiance chaleureuse qui y régnait, par les commerces en tous genres que l'on pouvait trouver et même par les sorciers qui s'y promenaient. Il appréhendait un peu de se promener dans la foule, mais il avait hâte de retrouver cet endroit qu'il aimait fréquenter avant l'accident.

Ils se dirigèrent donc vers l'arrière du bar, passèrent une porte en bois et se retrouvèrent dans la cour arrière, où étaient entreposées des poubelles et des caisses remplies de bouteilles vides. Le demi-géant se dirigea vers le mur en briques rouges tout au fond de la cour et sortit un parapluie rose de son énorme manteau. Il compta les briques du mur, et tapota trois fois à un endroit précis. Les briques se mirent à trembler et à se déplacer, pour former une arcade où même Hagrid pouvait passer sans avoir à baisser la tête. Devant eux se dressait une rue pavée qui serpentait à perte de vue.

Devant cette rue piétonne si familière, plein de souvenirs enfouis parvinrent à Drago. Cette fois où il avait accompagné sa mère, alors qu'il n'était qu'un petit enfant, chez Madame Guipure pour qu'elle aille s'acheter une robe à l'occasion d'une soirée et qu'elle lui avait payé une grosse crème glacée de chez Florian Fortarôme à la fin de l'essayage.

Ou cette fois où son père avait dû se racheter une baguette magique car la sienne avait été brisée et qu'il en avait fait essayer à son fils. Ce jour-là, il avait failli détruire la boutique !

« On va commencer par ton uniforme. Ça ne te dérange pas d'y aller tout seul ? Je vais aller te chercher ton animal de compagnie pour aller plus vite. D'ailleurs, tu préfères un crapaud, un chat, ou un hibou ? » demanda Hagrid, le sortant de ses pensées.

Il opta pour la seconde option, préférant la douceur du chat plutôt que la peau rugueuse du crapaud. Et pour ce qui était du hibou, on lui avait bien précisé qu'il y avait une volière à Poudlard, il en aurait donc à disponibilité.

Hagrid se dirigea donc vers l'animalerie, laissant Drago seul devant la boutique de prêt-à-porter de Madame Guipure. Il poussa la porte, faisant tinter la clochette au-dessus de sa tête et entra dans le magasin. Une petite sorcière replète et souriante, entièrement vêtue de mauve se dirigea vers lui. Elle marqua un temps d'arrêt en remarquant ses cicatrices mais retrouva rapidement son sourire éclatant.

Après avoir demandé à Drago ce dont il avait besoin pour Poudlard, elle l'escorta jusqu'au fond du magasin où elle lui demanda de monter sur un petit tabouret en bois verni. A côté de lui se tenait un jeune garçon, de même taille et même âge que lui, à la peau noire et aux yeux marrons. Il ne tourna même pas la tête vers lui, se contentant d'observer tous les faits et gestes de la couturière qui était occupée à travailler un ourlet sur sa robe de sorcier, de sorte à lui faire remarquer la moindre erreur sur son uniforme.

Madame Guipure lui passa une robe de sorcier et entreprit elle aussi d'épingler un ourlet pour ajuster la longueur. Après avoir trouvé la taille parfaite, elle la multiplia par trois comme il était demandé sur la liste de matériel. Puis, elle lui fit essayer un chapeau noir et pointu, une paire de gants protecteurs en cuir de dragon et une cape d'hiver noire avec des attaches d'argent. Enfin, elle se rendit à la caisse et Drago paya ses achats avant de se diriger vers la sortie. Juste avant qu'il passe la porte, il se retourna vers la vieille femme et murmura un faible « Merci ». Il fut étonné de recevoir en retour un simple mais chaleureux « Bon courage, mon garçon ». Il lui sourit et rejoignit Hagrid qui tenait dans ses énormes bras une petite cage qui contenait un petit chaton noir et blanc. Le contraste entre la grande taille du demi-géant et celle minuscule du chaton était assez amusant !

Drago remercia Hagrid pour le cadeau et ils se dirigèrent vers la librairie nommée Fleury et Bott pour acheter les ouvrages et manuels scolaires nécessaires pour la première année à Poudlard. Des piles de livres étaient entassées devant un comptoir en bois verni installé dans un coin de la librairie où les nouveautés étaient présentées. Un escalier en bois menait à une mezzanine tout aussi remplie de livres, de contes, de romans, de grimoires, de volumes et de manuels posés sur des étagères bancales. Une foule de parents se pressait dans le magasin à la recherche de livres et manuels scolaires pour leurs enfants. Les vendeurs slalomaient entre les clients et les enfants courraient entre les rayons, des livres en tous genres dans les bras. Une odeur de papier neuf et de cuir embaumait la boutique.

Les regards suivaient Drago tandis qu'il avançait péniblement dans la foule, précédé d'Hagrid. Quel étrange duo ils faisaient ! Un demi-géant et un grand brûlé ! Drago tenta de se concentrer sur le lieu magistral dans lequel il se trouvait, ignorant les regards insistants, furtifs, fuyants, rieurs ou même teintés de pitié. Il attrapa les livres dont il avait besoin sur les étagères, les paya et sortit presque en courant, fuyant cet endroit qu'il aimait pourtant beaucoup mais auquel il n'avait plus vraiment accès.

Ils allèrent déjeuner rapidement et finirent d'acheter une baguette magique, un chaudron en étain, le matériel de potions, un télescope et une balance en cuivre. Puis ils rentrèrent au pub et Drago se dépêcha d'ajouter tous ses nouveaux achats au peu d'affaires qui occupaient sa malle. Il passa le reste de la journée à feuilleter les livres scolaires, à réessayer les uniformes et autres affaires qu'il avait achetés chez Madame Guipure et à refaire sa valise des dizaines de fois pour être sûr de ne rien oublier.

Le lendemain, il se leva de bon matin et se prépara pour la rentrée, très anxieux à l'idée de passer un an dans un lieu qu'il ne connaissait pas et où il ne connaissait personne à part Hagrid. Mais ce dont il avait le plus peur était le regard des gens qu'il allait devoir affronter. Jamais il n'avait été opposé à autant de regards d'un coup, qui plus est à des regards d'enfants. Il n'était absolument pas préparé aux réactions des jeunes de son âge, car les seuls qu'il avait côtoyés depuis l'incendie étaient des grands brûlés comme lui.

Il déjeuna rapidement et descendit dans le pub, la valise à la main. Hagrid l'attendait, installé au bar, et discutait avec le barman de la dernière saison de Quidditch. Lorsqu'il l'aperçut, il le salua de la même manière que la veille, attrapa sa malle de ses grandes mains et se dirigea vers la sortie. Ils prirent le métro moldu, non sans éviter les regards pesants et les chuchotements, et arrivèrent quelques minutes plus tard à la gare de King's Cross. Hagrid tendit un billet de train à Drago et lui expliqua en détails comment se rendre sur la voie 9 3/4. Puis, il le quitta et le laissa seul dans la gare bondée de monde.

Il se dirigea donc vers le quai neuf et dix, la boule au ventre, toujours suivi par les regards et les chuchotements. Soudain, il vit le jeune garçon de la boutique de Madame Guipure courir vers une barrière entre deux tourniquets, poussant son chariot à toute vitesse et passer à travers dans un souffle. Il décida de faire de même et poussa donc son chariot en courant vers la barrière. Il se sentit aspiré et se retrouva sur un quai rempli de parents, d'enfants et d'adolescents, traînant leurs malles et portant des cages à hiboux à bouts de bras. Il se retourna et se trouva face à une grande arche de fer forgé qui remplaçait la barrière et les tourniquets. Des panaches de fumée s'échappaient de la locomotive à vapeur du Poudlard Express et des enfants criaient de joie à l'idée de retrouver leurs amis et l'école de magie. Les plus jeunes pleuraient, ne voulant pas quitter leurs parents et leurs frères et sœurs et les plus grands s'apprêtaient à passer leur dernière année à Poudlard, qui précédait leur vie d'adultes. Les premiers wagons semblaient être déjà plein d'élèves penchés aux fenêtres, bavardant avec leurs parents ou cherchant vainement une place assise.

Drago observa de loin ce joyeux chaos, encore invisible aux yeux des gens. Il hésitait à se lancer dans sa nouvelle vie, celle d'après l'incendie. Il craignait de ne pas être accepté par la société sorcière, qu'elle le rejette comme les Sangs-Purs rejetaient les Nés-Moldus. Il craignait de regretter d'avoir survécu. Il craignait les moqueries, les rires, le harcèlement et tout ce que l'on pourrait lui infliger. Mais s'il avait retenu quelque chose de ses parents, c'était bien que la crainte n'allait pas lui gâcher la vie et encore moins une bande de gamins moqueurs. Il prit donc son courage à deux mains, agrippa son chariot et s'élança dans la foule. Au fur et à mesure qu'il avançait, les regards se tournaient et se posaient sur ses cicatrices. Les parents, comme il l'avait prédit, évitaient son regard, préférant s'occuper d'un quelconque livre oublié. Les enfants eux, agissaient complètement différemment les uns des autres. Certains le regardaient fixement, d'autres chuchotaient en le regardant avec pitié et d'autres encore semblait le trouver amusant et riaient discrètement ou même à gorge déployée. Drago sentit encore une fois les larmes monter mais ne réussit pas à ravaler celle qui dévala sa joue striée de greffes et de cicatrices. Il l'essuya rapidement et essaya de garder un air déterminé même si une véritable tornade de sentiments se déchaînait en lui.

Il grimpa dans le train, trouva un compartiment vide, posa ses affaires dans le filet au-dessus de sa tête et s'installa contre la vitre. Puis, à onze heures précises, le train s'ébranla et démarra son trajet vers Poudlard. Personne, durant tout le voyage, ne vint le déranger plus de cinq minutes. Certains tentèrent de venir lui parler, clairement amusés, le prenant sûrement pour animal de foire, mais il tournait la tête vers la vitre et fermait les yeux. Les élèves finissaient toujours par partir, dépités de ne pas avoir réussi à lui faire émettre le moindre son.

Lorsqu'il aperçut le château au détour d'un virage, il enfila son uniforme et attrapa ses affaires. Il se sentait prêt à affronter Poudlard. Mais il attendit tout de même que tous les élèves du wagon soient sortis pour se décider à son tour à quitter le compartiment et à s'engouffrer dans le couloir. Dès qu'il posa le pied dehors, le froid de la fin de l'après-midi lui mordit les joues et lui gela les doigts. Il n'avait beau être que le premier septembre, les soirées étaient fraîches en Écosse. Drago remonta son col et tira ses manches, puis il se dirigea vers ce qui lui semblait être les autres premières années et se laissa guider par Hagrid vers les barques du lac noir, toujours sous les regards pesants des autres élèves.

Il monta dans une barque avec un groupe d'élèves qui l'observa durant toute la traversée. Il admira le château et le parc depuis le Lac Noir, se rapprochant un peu plus chaque seconde de sa nouvelle vie, une vie sans ses parents et loin de sa maison. Une vie différente.

Ils accostèrent et Hagrid les mena jusqu'aux portes du château. Puis, une femme de haute taille, à l'aspect sévère, coiffée d'un chignon serré et portant des lunettes carrées pris le relai. Elle les escorta devant une grande porte en bois et finit par se présenter comme étant Minerva McGonagall, professeure de métamorphose. Puis, elle leur demanda de patienter et elle disparut dans la salle derrière la porte.

Une bande de garçon qui semblait se connaître depuis longtemps s'approcha de Drago et le plus grand des trois l'alpagua : « Alors c'est toi le garçon aux cicatrices ? C'est vrai que tu es bien amoché. T'as joué avec les allumettes ? »

Drago serra les dents mais ne pipa mot. Le grand continua dans sa lancée et sembla se délecter de voir les larmes perler aux yeux de Drago.

« Je n'aimerais vraiment pas être à ta place. Je ne sais pas comment je ferais pour vivre avec une tête pareille ! »

Le reste du groupe éclata de rire tandis que les têtes commençaient à se tourner. Une larme roula sur la joue de Drago mais les garçons continuèrent de rire ouvertement. Soudain, Drago sentit une main se glisser dans la sienne. Il se retourna et se retrouva face à une fille de taille moyenne, aux yeux bruns et aux cheveux broussailleux. Elle sourit et il remarqua qu'elle avait aussi de grandes dents. Elle le mena loin du groupe et des rires des garçons après leur avoir lancé un regard noir mais elle ne dit rien à Drago. Elle se contenta de serrer sa main et de l'entraîner vers la table des professeurs lorsqu'ils s'avancèrent dans la Grande Salle.

C'était la première fois qu'un enfant de son âge réagissait ainsi. Il ne connaissait pourtant pas cette fille mais elle se comportait comme une grande sœur avec lui. Ou comme une amie.

Il ne remarqua pas tout de suite les quatre grandes tables remplies d'élèves qui observaient les nouveaux arrivants comme s'ils attendaient quelque chose. Ni l'immensité de la salle. Ou encore le plafond magique.

Le professeur McGonagall prit la parole, après s'être assurée que tous les élèves étaient bien rangés: « Bienvenue à Poudlard ! Le banquet de début d'année va bientôt commencer, mais avant, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Sachez que cette répartition constitue une cérémonie très importante. Votre maison sera en effet, durant toute la durée de votre séjour, comme votre seconde famille. Vous serez répartis entre les quatre maisons ayant pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Vous aurez des cours en commun avec les autres maisons, mais la plupart du temps, vous suivrez les même cours que le reste des élèves de votre niveau et de votre maison. Vous disposerez aussi d'une salle commune et de dortoirs attribués. Pendant votre séjour à Poudlard, vous pourrez rapporter des points à votre maison ou en faire perdre en fonction de vos résultats, de votre comportement et du respect des règles communes. A la fin de l'année, la maison qui aura gagné le plus de points remportera le coupe des Quatre Maisons. Bien, maintenant que vous en savez plus, la cérémonie de la Répartition va pouvoir commencer. Je vais vous appeler un par un dans l'ordre alphabétique, puis vous monterez sur ce tabouret et je poserai ce chapeau sur votre tête. C'est lui qui décidera dans quelle maison vous serez répartis. »

Elle appela une jeune fille nommée Hannah Abbot qui s'assit sur le tabouret, toute tremblante et attendit la réponse du chapeau magique. Celui-ci l'envoya à Poufsouffle, dont la table applaudissait fortement. Puis les élèves défilèrent. Il y eut Susan Bones qui fut envoyée elle aussi à Poufsouffle ainsi que Justin Finch-Fletchley. Terry Boot et Mandy Brocklehurst furent envoyés à Serdaigle, Lavande Brown et Seamus Finnigan à Gryffondor et Millicent Bulstrod, Vincent Crabe et Grégory Goyle à Serpentard.

Puis, elle appela une certaine Hermione Granger, et la jeune fille qui tenait toujours sa main se détacha de Drago, lui sourit et se dirigea vers le tabouret. Le chapeau magique décida de l'envoyer à Gryffondor, et celle-ci, toute contente, courut jusqu'à sa table, acclamée par les applaudissements.

Ensuite, un garçon au nom de Neville Londubat fut appelé et envoyé lui aussi à Gryffondor. Enfin, Drago entendit son nom et il s'avança vers le tabouret, en s'efforçant de paraître confiant, et le professeur McGonagall posa le chapeau sur sa tête. Il sentait encore et toujours les regards peser sur lui, mais préféra se dire qu'ils attendaient juste de savoir dans quelle maison il serait envoyé et pas qu'ils fixaient ses brûlures et ses cicatrices.

Il y était. Le moment crucial. Allait-il pouvoir rester aux côtés de la seule personne qui l'avait sauvé de la noyade dans cette mer de regards, de chuchotements, d'insultes, de moqueries et de pitié ? Allait-il survivre dans cette tempête qu'était l'enfance ? Allait-il traverser l'ouragan de cette nouvelle vie ? Allait-il pouvoir retrouver sa vie d'avant ? Celle où il n'était qu'un enfant parmi d'autres, celle où il ne se faisait pas remarquer dès qu'il sortait, celle où il avait une famille, une maison ? Non, c'était certain. Mais avec l'aide de gens précieux, comme Hagrid ou même cette fille qui lui avait tendu une main dans cette vie brisée, cette fille qui ne le connaissait pas, mais qui avait décidé de lui donner une chance, il pourrait s'en créer une autre. Une différente. Il ne retrouverait jamais son ancienne vie, mais une nouvelle s'offrait à lui. Une vie d'apparence noire et sombre, emplie de moqueries et d'insultes. Mais de l'autre côté, une part de lumière l'attendait sûrement. Et cette fille, Hermione Granger, en ferait peut-être partie.

OoOoOo

Et voilà ! J'espère que cela vous a plu et que j'ai su retranscrire les sentiments de Drago. Je n'ai jamais vécu d'incendie et ne suis encore moins brûlée, et je ne le souhaite à personne, mais j'espère que j'ai réussi à faire passer quelque chose. Que ce soit un message ou des émotions. Je pense que vous comprendrez mieux, dans le livre que j'ai cité plus haut, que nous sommes tous pareils à l'intérieur. Que l'on soit brûlé, handicapé, malade, noir, blanc, ou autre, personne ne mérite de moqueries ou d'insultes, car il est différent. Chacun a une histoire différente, et comme on dit, on ne juge pas un livre à sa couverture. Eh bien c'est pareil pour nous. Je vais reprendre une phrase que je trouve très belle dans le roman Dévisagée : « Tout le monde a des cicatrices. Certaines sont juste plus visibles que d'autres. »

A bientôt,

Noonstories.