Bonjour à tous! Aujourd'hui, nous nous retrouvons pour ma participation au défi 3: Écrivez un texte contenant l'une des trois thématiques suivantes, à choix : omegaverse, maladie de Hanahaki, ou mpreg sans omegaverse, et j'ai choisi ce dernier!
Avant toute chose: je ne pensais jamais écrire un mpreg de toute ma vie x) En général, je n'aime pas ça, mais il s'avère que j'ai eu une véritable illumination alors j'ai dit "mmmh, pourquoi pas?" et voici que je me retrouve avec ce petit OS. Du coup, sortant totalement de ma zone de confort, j'ai été quérir soutien et aide auprès de mes chères Moira-Chan et Takkaori que je remercie énormément! Merci Momo pour ta bêta et ta patience avec ce texte, sans toi il aurait clairement été bien moins bon, et merci Takka pour ta relecture et ton avis! TwT
Avant de vous laisser lire, je dois prévenir que cet OS contient une mention de scène de sexe et traite de la question de l'avortement. Vous êtes mis en garde, si vous n'êtes pas à l'aise avec ces sujets-là, passez votre chemin! Je précise que l'avortement reste un choix personnel et que je ne prends pas parti ici.
Et sinon, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant avoir réussi à m'en sortir convenablement!
Défi no. 3 – Mpreg sans omegaverse : Kilomètres
Il était dix-neuf heures lorsque que la nuit commença à envelopper Tokyo de son voile bleuté. Le mois de novembre venait à peine de débuter, et déjà les soirées se faisaient plus fraîches. Le froid s'insinuait dans les maisons, collant aux vitres et glaçant le carrelage. L'hiver venait lentement dominer l'automne qui s'en allait, cédant sa place.
Ce soir-là, Katsuki était allongé sur son lit, le corps jeté entre les draps. Il avait les jambes croisées et les mains derrière le crâne, doigts entrelacés, fixant avec insistance le haut plafond de son grand appartement. Il était encore vêtu de son costume de héros version hiver, n'ayant même pas pris la peine de retirer entièrement son masque qu'il avait remonté sur son front, ni même ses bottes qui souillaient ses draps propres.
À vrai dire, Ground Zero n'en avait rien à faire, là, tout de suite. Devoir changer ses draps pour un peu de saleté était bien le dernier de ses soucis. Car à l'intérieur, il bouillonnait, consumé par un magma brûlant qui lui tordait les tripes et qui lui foutait une putain de boule dans la gorge. À l'extérieur, il semblait calme. Silencieux, regard fixe, mâchoire peut-être un peu trop contractée pour avoir l'air tout à fait détendu mais il semblait calme. Ce n'était qu'une façade.
Derrière son crâne, ses doigts tremblaient encore des explosions intensives qu'il avait lancées comme un fou contre les murs et le sol de la salle d'entraînement de son agence.
Bakugo était souvent en colère. Il avait un sale caractère, et il s'énervait vite, et fort. Pourtant, la rage redescendait toujours après qu'il se soit défoulé, retrouvant un niveau décent qu'il pouvait contrôler. Mais aujourd'hui, même après avoir passé une heure à exploser le moindre centimètre carré du ciment qui recouvrait le sol du gymnase pour défouler ses nerfs, il était encore enragé, furieux, et hors de lui… Même s'il tentait de se contenir.
Il ne savait même pas comment il avait pu prendre la route pour rentrer de son agence jusqu'à chez lui. Ses pneus avaient crissé et il était parti à toute blinde, faisant rugir son moteur et traversant la ville en un clin d'œil. De là, il avait ouvert sa porte comme une brute en la fracassant contre le mur, l'avait claquée aussi sec, avait gravi quatre à quatre les marches qui menaient à sa mezzanine et s'était laissé tomber comme une masse sur son matelas extra confortable qui lui semblait aussi dur que de la pierre, ce soir.
Lentement, il tourna la tête vers la droite, où les vitres qui faisaient les murs de son loft lui offraient une vue sur la mégalopole. Le ciel de la nuit était d'un bleu pur et vif, strié de quelques nuages gris qui naissaient à l'horizon, masquant les premières étoiles. Le jeune homme finit par quitter sa position allongée, tendant son bras pour fourrer ses doigts au fond de la poche de son pantalon. Il en tira une baguette en plastique bleue et blanche qu'il leva devant ses yeux, fronçant les sourcils à la vue du petit objet qui était la source de sa colère.
C'était un test de grossesse. Et il était positif.
§§§
Des semaines. Des semaines qu'il se traînait avec une sale nausée accrochée à l'estomac, des semaines qu'il dormait mal, des semaines qu'il ne se sentait pas dans son assiette, le ventre tendu et le teint pâle. Un coup, il n'avait pas d'appétit et ne pouvait rien avaler. L'autre, il dévorait des montagnes entières de nourriture et en redemandait encore. Il ne comprenait pas.
Il avait cherché ce qui avait bien pu le mettre dans cet état. Il avait réfléchi à ce qu'il avait mangé, d'abord, qui aurait pu lui retourner le bide. Mais même en revoyant en détail tout ce qu'il aurait pu avaler de suspect durant ces derniers jours, il n'avait su mettre la main sur la source d'une quelconque intoxication alimentaire. Les plats relevés ? Non, il était bien trop habitué, même si parfois il avait la main un peu lourde sur le piment. De la viande ou du poisson qui aurait tourné ? Impossible, il mangeait toujours tout le jour même. Du lait ou des œufs un peu dépassés niveau date ? Il n'en achetait pas, de toute façon. C'est sûr, ce n'était pas la bouffe qui l'avait rendu malade.
Puis, il avait tenté de diagnostiquer ses symptômes. Il aurait certes pu aller chez un toubib, ça aurait été plus rapide. Mais Bakugo n'était pas le genre de petite nature à aller chialer chez le doc' dès qu'il avait un pet de travers. Ça allait passer, comme tout le reste. Ça finissait toujours par passer. Mais pas cette fois.
C'était comme si… Il y avait quelque chose, en lui. Et cette réalisation l'avait soudainement fait douter.
Plutôt que de manger, qu'avait-il fait, ces dernières semaines ? Ces derniers mois ? Et si la source de son mal ne remontait pas à plus loin ?
Inquiet, il avait effleuré l'éventualité d'autre chose, de plus gros qu'une petite indigestion.
Les hommes pouvaient tomber enceints, même si c'était extrêmement rare. De l'ordre d'à peu près un homme sur cinq cents, à ce qu'on disait, et encore fallait-il qu'il se fasse féconder au bon moment. Autant dire que ça n'arrivait presque jamais. En général, les grossesses se passaient mal, car leur corps n'était pas fait pour porter un enfant et en mettre bas naturellement. Leurs hanches étaient trop étroites, leur utérus souvent atrophié… L'accouchement se finissait souvent en césarienne, et rares étaient les enfants qui survivaient lorsqu'ils avaient réussi à se développer correctement.
Eijiro et lui se fréquentaient depuis le lycée. Ils s'étaient connus à Yuei, où ils avaient passé trois ans ensemble. C'était inévitable, ils étaient attirés comme des aimants et avaient couché ensemble pour la première fois en deuxième année, sans être capables de se quitter ensuite. Mais en grandissant, et après l'obtention de leurs diplômes, leurs chemins s'étaient séparés. Eijiro avait rejoint l'agence de Fatgum, à Osaka. Le héros lui avait proposé une place chez lui et Red Riot n'avait pas hésité. Katsuki, lui, était resté à la capitale, rejoignant l'agence du numéro Un, Endeavor. Il avait choisi la voie qui le rapprocherait le plus de ses rêves, quitte à s'éloigner de celui pour qui il cultivait des sentiments. Mais les deux garçons continuaient à se voir, même si leurs entrevues étaient rares.
Deux mois plus tôt, en septembre, Bakugo avait eu une affaire dans le Kansaï. Il en avait profité pour rejoindre Kirishima, et ils avaient passé une nuit ensemble, juste une seule, alors ils en avaient joui au maximum en se jetant littéralement l'un sur l'autre et en faisant l'amour jusqu'à l'aube. En repensant à cette soirée torride, Katsuki sentit son ventre se tordre. En général, ils se protégeaient, mais cette fois-ci aucun d'entre eux n'avait eu de protection sur lui et c'était le blond qui avait insisté. Il avait joué au con, et pas qu'un peu. Il avait totalement merdé, oui ! Il grinça des dents, compressant entre ses doigts la tigette en plastique avant de l'envoyer s'exploser contre le mur, de rage. Comment un héros en devenir pouvait être aussi négligent ! Comment avait-il pu se laisser avoir par l'excitation en faisant fi des risques avec une telle insouciance ! Il se haïssait d'avoir été aussi irréfléchi et il en payait les frais. Et maintenant, il ne savait pas quoi faire. Il était paumé, perdu, largué, avec un test de grossesse positif encastré dans son mur alors qu'il était un homme et que celui qui l'avait mis enceint résidait à des kilomètres.
Las, il se passa une main sur ses paupières empreintes de fatigue, ses yeux rouges épuisés, leur éclat terne. Eijiro arrivait à Tokyo ce soir, pour passer deux jours avec lui, et il ne savait pas comment lui annoncer la nouvelle.
§§§
Le glissement des roulettes de la grosse valise résonna dans l'entrée de l'appartement lorsque Kirishima fut à l'intérieur. Des bribes de sa voix tintaient entre les murs alors qu'il retirait dans un froissement sa veste perlée des gouttes de la pluie fine qui s'était mise à tomber sur la ville lorsque Bakugo était venu le chercher à l'aéroport.
L'habit fut vite pendu au porte-manteau vide qui attendait là, et l'homme désencombré des ses bagages put enfin prendre son hôte et compagnon dans ses bras maintenant qu'il était arrivé à destination. Katsuki était dos à lui, occupé à retirer sa propre veste lorsque les deux larges paumes du rouge glissèrent sur ses hanches. Il frémit, ayant perdu l'habitude des contacts, ne pouvant retenir un claquement de langue en s'échappant de la prise de l'autre garçon. Surpris, Eijiro vit son homme disparaître dans le couloir, le laissant seul dans l'entrée. Il ne fut pas long à lui emboîter le pas, un sourcil levé, inquiet, et retrouva le blond appuyé le bas du dos contre le bar qui faisait face aux baies vitrées de son loft. Le soleil était couché à présent, et la ville n'était plus qu'une vague mer sombre, illuminée des éclats lointains des autres buildings qui faisaient le paysage. Dans la pièce, il faisait noir. Sa main tâtonna contre le mur avant de trouver l'interrupteur qui éclaira le salon derrière eux.
« Est ce que tout va bien ? » Souffla-t-il en se glissant derrière lui, le bar les séparant. Il n'osa pas reposer les mains sur son compagnon qui l'avait déjà rejeté une première fois. Le cendré restait tourné, observant silencieusement la ville. Kirishima finit par contourner le bar pour venir à sa gauche, près de lui. Il se pencha pour capter son regard. « Katsuki ? »
L'autre homme finit enfin par tourner le visage vers lui. En voyant qu'Eijiro semblait encore avoir pris un centimètre, il fronça les sourcils. Depuis la terminale, il était devenu plus grand que lui et ça lui foutait les glandes, mais ça n'était pas le sujet. Il grogna quelque chose d'inaudible, semblant à moitié ruminer pour sa propre personne. En réalité, il ne savait pas vraiment s'il devait lui dire ce qu'il avait sur le cœur maintenant, mais dans tous les cas, il ne pourrait pas lui cacher bien longtemps. C'était dommage de commencer le week-end avec une discussion aussi sérieuse, mais il le fallait. Alors il fut direct :
« Tu te rappelles la dernière nuit qu'on a passée ensemble ? »
Le rouquin haussa d'abord les sourcils, avant que la surprise ne laisse place à un sourire en coin.
« Comment l'oublier, tu était si…
-Tais-toi, le coupa brutalement le cendré en crispant les doigts sur les manches de son haut, je suis sérieux. Je suis enceint. »
Ses mots claquèrent dans le silence comme un coup de fouet dans le vide, sa voix rauque transperçant Eijiro de toutes parts.
« … Comment ? »
Il se passa un instant pendant lequel les deux garçons se fixèrent. Le rouge était sans voix, et le cendré avait de larges cernes sous les yeux, témoins de son épuisement.
« Je t'avais dit de… Tu as… J'attends un gosse, putain ! »
Kirishima ouvrit la bouche, traitant l'information comme il le pouvait. Ses doigts, qu'il avait agrippés au rebord du bar, se relâchèrent totalement, et ses deux iris rouges s'étaient posés dans ceux du blond sans le lâcher. Il semblait ne pas croire ce qu'il venait d'entendre. En voyant qu'il ne réagissait pas, Bakugo baissa le regard, les lèvres pincées. Sa voix était rauque, et il souffla dans un murmure :
« Je sais pas quoi faire… Je suis un héros, je me suis battu toute ma vie pour être là où je suis et je veux aller encore plus loin, je veux dépasser Endeavor, je veux devenir encore meilleur qu'All Might… Ma carrière commence à peine à devenir palpitante, et ça… C'est pas le bon moment. »
En sentant la voix de son compagnon s'éteindre de la sorte, le rouquin sortit de son mutisme, se reprenant le plus vite possible. Katsuki n'était clairement pas dans son assiette, et il n'aurait pas été un héros, encore moins un vrai mec, de le laisser se morfondre comme ça devant lui ! Il passa un bras rassurant autour de l'épaule de l'autre garçon, l'attirant vers lui, et posa son front contre le sien.
« J'aurais jamais cru que ça aurait pu nous tomber dessus, commença-t-il, c'est tellement rare… Mais ça peut bien se passer. »
Katsuki recula pour pouvoir le regarder en face. De quoi parlait-il ? Eijiro poursuivit :
« Bien sûr, tu… Tu restes maître de ton choix. Si tu penses que c'est trop dangereux d'arriver à terme, ou si, enfin… Tu penses que c'est trop tôt pour toi, ou que tu n'en veux pas… Je t'accompagnerai quelle que soit ta décision. Et si tu veux qu'on en reparle, peu importe le moment… Tu sais que je suis là, hein. C'est normal que je sois là pour t'aider, c'est aussi ma responsabilité alors… »
Il y eut un nouveau silence. Bakugo déglutit, et Kirishima termina :
« Mais si tu as cet enfant, enfin… Si on a cet enfant, ça ne t'empêchera pas de devenir le numéro Un. Si tu continues de mettre les bouchées doubles comme tu l'as toujours fait, tu deviendras encore meilleur, alors… Ne vois pas ça comme un frein. »
Ground Zero eut du mal à cacher son embarras lorsque Red Riot lui souffla encore une fois qu'il déciderait ce qu'il voulait, et que, si jamais, il serait heureux de fonder une famille avec lui, même si leurs rejetons seraient très probablement de véritables bombes à retardement sur pattes comme leur père. Kirishima était redevenu sérieux avant d'ajouter avec la douceur qu'il lui était propre que Katsuki n'était pas forcé de choisir tout de suite. Il ne devait pas prendre une décision à la hâte et à chaud, et devait se laisser le temps de bien réfléchir au choix qu'il prendrait. Malgré ça, le blond restait toujours indécis et troublé. Sa vie allait changer, il ne fallait pas se leurrer. Et peut-être que quitter sa routine de héros l'inquiétait.
Plus tard dans la nuit, lorsque les deux garçons finirent par aller se coucher, le blond allongé en chien de fusil entre ses draps, une main glissée avec méfiance sur son bas-ventre tendu, il repensa aux paroles d'Eijiro, déjà endormi juste derrière lui. Il avait en lui une chose qui était à la fois lui, et à la fois Kirishima. Un parfait mélange des deux… Il ferma les yeux, toujours préoccupé par le futur, mais se dit qu'il redoublerait de férocité s'il avait la chair de sa chair à protéger.
Un rictus étira ses lèvres, satisfait. Quoi qu'il arrive, il allait tous les écraser. Ceux qui oseraient se dresser sur son chemin et celui des siens finiraient en cendres.
Fin
Et voilà! Alors, pour ou contre les potits bébé lovechild KiriBaku? xD
Bref, sérieusement, j'espère que cet OS vous aura plu! Ça a été un peu compliqué pour moi, et c'était vraiment un défi à relever pour le coup mais ça exerce! xD
Merci d'avoir lu et à bientôt!
