Voici ma participation pour le défi de l'été du forum Saint Seiya, merci à Arthygold et Sea-Rune de l'avoir organisé ! On s'est bien amusé à compléter les phrases des uns des autres.

Voici la mienne : "Il était une fois, dans un lointain royaume, vivait un/une prince/princesse nommé.e Milo. Quiconque croiserait son regard mourrait, le cœur explosant d'amour. Pourtant, Milo avait du mal à résister à une douce mélodie qui enchantait la forêt voisine. Curieux(se), un jour que ses chaperons n'était pas avec lui/elle, il/elle décida de partir à la recherche de cette voix. Après des heures de marche en travers de la forêt, il/elle tomba sur un.e enchanteur(resse) nommé.e Camus." (J'ai laissé le choix du genre des personnages et ça été décidé que ça sera des femmes)

Les autres n'étaient pas mal non plus mais par manque de temps je n'ai fait que celui là (mais je ferais peut-être les autres une autre fois). C'était celui qui m'inspirait le plus vu que c'était de la fantaisie et du Camus/Milo bref tout ce que j'aime ! J'ai conscience que j'ai peut-être un peu forcé sur certains traits et que ça peut paraître cliché et niais mais j'aime les histoires comme ça. J'ai voulu faire en sorte que ça ressemble à un conte de fée. Et j'ai aussi essayé de dessiner la cover de cet OS (Camus et Milo comme je les imagine dans cette histoire).

/!\ Petit spoil de Next Dimension avec le personnage d'Odysseus.

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.


La princesse maudite et l'enchanteresse captive

Il était une fois, dans un lointain royaume riche et prospère, naquit une princesse du nom de Milo. Elle était belle comme un oiseau de paradis, humble comme un agneau, brave et forte comme un lion. Dans l'adolescence, elle devint une magnifique jeune fille aux yeux et à la chevelure bleu foncé. Les habitants du royaume ne cessaient d'admirer et de louer sa beauté. Sa réputation était telle, qu'elle arriva jusqu'aux oreilles d'un puissant sorcier.

Curieux, il s'alla à sa rencontre. Quand il la vit s'entraîner aux arts guerriers dans la cour du château, il tomba immédiatement sous son charme. Pris d'une passion dévorante, le sorcier lui déclara sa flamme et la demanda en mariage.
Milo fut extrêmement surprise dans un premier temps, puis elle finit par décliner poliment sa proposition. Quel genre de personne accepterait une demande aussi soudaine venant d'un parfait inconnu ? Pas elle en tout cas.

Le sorcier fut rendu furieux par son rejet, sous le coup de la colère, il lui lança un terrible maléfice : « Si je ne peux pas t'avoir alors personne ne le pourra ! A compter de ce jour : quiconque croisera ton regard, tombera éperdument amoureux de toi et succombera car cet amour fera exploser son cœur ! » sur ces paroles, il disparut dans un nuage de fumé.

Alarmée par ces dires, elle essaya d'avertir les personnes à proximité d'elle du danger imminent. Malheureusement, il était trop tard : tous moururent instantanément sous son regard horrifié. En ce jour funeste, les sujets du royaume se mirent à la craindre et à la fuir, seuls quelques rares serviteurs étaient restés à son service. La princesse se mit à porter un masque et mena une vie recluse, sombre et morne dans le château. Elle prit également la décision de limiter les rencontres et les interactions avec autrui, et ce jusqu'à la fin de ses jours afin d'éviter de causer plus de décès.

Les années passèrent, Milo continua la même routine jusqu'à l'âge adulte. Alors que la princesse sombrait dans la solitude, elle entendit, un soir, un chant provenant de la forêt voisine. C'était étrange : il semblerait qu'elle fût la seule à entendre cette voix. Elle se mit à l'écouter toutes les nuits, c'était devenu son seul réconfort dans son quotidien triste et terne. Cependant, la curiosité la poussa à vouloir savoir à qui appartenait cette si belle voix.

Un jour, alors que ses chaperons étaient absents, elle partit à la recherche de cette personne. Armée de dagues et de son courage, la princesse s'engouffra dans la forêt sans savoir ce qu'il l'y attendait. On disait que ce lieu était hanté, le peu de personnes qui osaient s'y aventurer, racontaient en ressortant qu'il y avait de la brume, et qu'ils avaient l'impression de tourner en rond, revenant systématiquement à l'entrée.

Il faisant très sombre, l'endroit était des plus lugubres et il y avait effectivement de la brume, mais Milo avança vaillamment en se guidant au son de la voix. Au fur et à mesure de sa progression, le chant devenait de plus en plus clair, elle était proche. La mélodie la mena vers un endroit lumineux, le chemin déboucha sur une clairière éclairée au clair de lune.

La princesse vit une belle jeune femme assise, au milieu d'un parterre de fleurs blanches, chanter. C'était sûrement la voix de cette inconnue qu'elle entendait tous les soirs. La femme possédait une longue chevelure bleu sarcelle, ainsi que de curieux sourcils divisés mais qui n'enlevaient rien à son charme. La brise soufflait faisant danser ses cheveux et les pétales blancs au gré du vent. Était-ce un ange ? Une fée ? Milo ne saurait le dire mais ce qui était certain, c'était que cette vision fut mystique. Quand elle acheva sa chanson, elle remarqua la présence de Milo et l'interrogea :

« Comment est-ce possible ? Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ?

— Hm… Bonsoir, je m'appelle Milo. Je vous ai entendu chanter et j'ai voulu vous rencontrer. Alors j'ai suivi le son de votre voix et cela m'a mené jusqu'ici.

— Je dois vous avouer que cela me surprend, cela fait si longtemps que je vis ici... Vous êtes la première personne que je rencontre, c'est inespéré.

— C'est sûrement à cause de ce brouillard, j'ai entendu dire qu'il était impossible d'avancer car cette forêt était hantée mais me voilà arriver jusque-là. La rumeur serait-elle fausse ?

— Non, c'est vrai : personne n'est censée pouvoir arriver jusqu'ici… Mais vous dîtes avoir suivi le son de ma mélodie, alors cela me parait logique de vous voir céans. C'est tout bonnement incroyable… Mais dites-moi, pourquoi portez-vous un masque ?

— Ce masque empêche ma malédiction d'agir, alors je fais en sorte de ne jamais l'enlever en présence d'autrui.

— Une malédiction ?

— Oui… Il y a quelques années de cela, un sorcier m'a jeté un sort : quiconque croiserait mon regard mourrait sur le champ… Je n'aurais pas dû sortir ainsi, c'était irresponsable de ma part. Pardonnez-moi si je vous ai importuné, adieu. »

Elle s'apprêta à partir mais l'inconnue l'arrêta :

« Attendez.

— Oui ?

— Vous ne m'importunez pas le moins du monde. Pour être honnête, je vis seule dans cette forêt, cela faisait longtemps que j'espérais avoir de la visite. Et comme je vous l'ai dit : vous êtes la première personne que je rencontre.

— V-Vraiment ? Ma présence ne vous gêne pas ?

— Aucunement, pourquoi semblez-vous si désemparée ?

— Mais… ma malédiction… ne vous effraie-t-elle pas ?

— Vous portez un masque, je n'ai donc rien à craindre.

— … Je pourrais très bien le faire tomber par accident…

— … Vous ne voulez pas rester, c'est cela ? Inutile de chercher des excuses, je comprendrais si vous voulez partir.

— N-Non ! Ce n'est pas ce que vous croyez… C'est juste que… J'ai l'habitude que l'on me fuit à cause du danger que je représente. J'accepte de rester puisque vous voulez bien de moi. Au fait, comment vous appelez-vous ?

— Je me nomme Camus, je suis heureuse d'avoir enfin de la compagnie. »

Milo fut extrêmement touchée par les paroles de Camus. Elle n'aurait jamais imaginé qu'un jour, elle aurait à nouveau une conversation tranquille avec quelqu'un. Elle s'installa près de l'autre femme, et commencèrent ainsi à échanger pendant des heures sans voir le temps passer. Camus voulait tout savoir de Milo et comment était le monde extérieur. La princesse bien qu'ayant vécu enfermée pendant ces dernières années, avait tout de même voyagé avant son ensorcellement. La femme aux cheveux sarcelle écoutait ses récits attentivement, le monde au-delà de la forêt semblait si vaste et rempli de merveilles. Elle apprit que Milo était non seulement une princesse mais aussi une guerrière accomplie, elle la fascinait même si elle ne le montrait pas. D'un accord commun, elles se tutoyèrent mutuellement et Camus n'aurait pas à être formelle avec son altesse. La princesse remarqua au bout d'un moment qu'elle ne parlait que d'elle-même depuis le début. La dame de la forêt était bien mystérieuse, elle questionna alors Camus à son tour :

« Nous parlons beaucoup de moi, mais parle-moi un peu de toi.

— Eh bien… A vrai dire, je n'ai pas grand-chose à raconter… Je passe le plus clair de mon temps à m'exercer à la magie et au chant… Je n'ai pas beaucoup de choix d'activité ici.

— Pourquoi ne pas sortir de la forêt alors ? Tu pourrais voir de tes propres yeux tout ce que je t'ai raconté.

— Hélas, je ne peux pas : je suis prisonnière de la forêt, je ne peux pas en sortir.

— Comment se fait-il ?

— Je suis née ici, le maître de cet endroit est une puissante créature magique. Il a vu en moi un don et un fort potentiel pour la magie. Alors pour me garder en captivité, il a érigé une barrière autour de la forêt.

— Tu aimerais pouvoir voir le monde extérieur ?

— J'ai toujours voulu savoir ce qui se trouvait dehors… Ici, il fait éternellement nuit, je ne connais que ce monde de ténèbres, de silence et de solitude : je suis la seule humaine en ces lieux. Parfois, je fais des rêves où je vois cette autre réalité avec ses paysages et ses habitants. J'étais curieuse, mais j'avais aussi peur de ce qu'il y avait au-delà de la barrière. Cependant… maintenant que je t'ai rencontrée, j'ai l'impression que mes craintes étaient fondées. Le monde que tu me décris à travers tes histoires a l'air captivant, j'aimerais comme toi pouvoir sentir la chaleur des rayons de soleil sur ma peau.

— N'y a-t-il pas un moyen de te faire quitter cet endroit ?

— Si, il y en a bien un, mais il est bien trop dangereux.

— De quoi s'agit-il ?

— Il faudrait combattre la créature régnant sur ce territoire, mais elle est très puissante. Elle vit au fin fond de la sylve, plus on s'enfonce dans les bois, plus le danger est grand. Avec mes pouvoirs je sécurise la zone jusqu'ici, c'est pour cela que je ne quitte jamais cet endroit.

— Donc si j'ai bien compris, il suffit de défaire le monstre tapi dans les profondeurs du bosquet pour que tu puisses t'en aller d'ici. Dans ce cas, je me porte volontaire pour la trouver et l'abattre.

— Comment ? C'est de la folie ! Tu n'as aucune idée de ce qu'il pourrait y avoir, tu pourrais y perdre la vie ! Je suis sincèrement touchée par ta sollicitude… Mais je ne te demande pas de te mettre en péril pour moi, ta présence me suffit pour me réconforter.

— Mais si personne ne le fait, tu ne pourrais jamais voir le monde extérieur. Tu sembles malheureuse d'être seule dans cet endroit… Laisse-moi t'aider, en gage de ma gratitude pour m'avoir sortie de ma solitude.

— … Tu sembles bien déterminée… J'ai le sentiment que rien de ce que je pourrais dire ne te dissuadera… Très bien, je ne t'arrêterai pas, mais laisse-moi t'accompagner. Je ne te laisserai pas te mettre en danger sans rien faire. »

Milo accepta ravie de pouvoir l'aider. A elles-deux, elles auraient plus de chance pour venir à bout de cette quête. C'était d'un pas décidé qu'elles s'enfoncèrent dans la sombre et sinistre forêt. L'enchanteresse se chargea d'éclairer le chemin à l'aide de sa magie.

Elles marchèrent pendant un moment sans rencontrer de danger, toujours sur le quai vive malgré tout. Soudain, elles virent des silhouettes avec des yeux rouge menaçants bouger rapidement dans la pénombre. C'étaient des lycanthropes qui fonçaient vers les deux jeunes femmes. La princesse se mit immédiatement en garde devant Camus, prête à la protéger. Alors que les créatures se jetèrent sur elles, vive comme l'éclair, Milo sortit ses lames, esquiva chaque attaque et poignarda chaque assaillant. En quelques minutes, elle les terrassa sans être blessée. Bien que rassurée de voir la princesse saine et sauve, Camus lui assura qu'elle pouvait aussi très bien se défendre elle-même et qu'elle n'avait pas à la protéger ainsi. Sentant qu'elle avait quelque peu vexé l'enchanteresse, elle lui promit de lui faire confiance pour les prochains combats à venir. Néanmoins, la dame de la forêt fut émue et impressionnée par la bravoure et l'altruisme de la princesse. Elle était indéniablement forte, rapide, efficace et il y avait quelque chose de beau dans sa manière de combattre.

Elles reprirent leur marche, le paysage devenait de plus en plus lugubre et l'ambiance oppressante : chaque bruissement de feuilles, chaque craquement de brindilles les mettaient en alerte, mais la présence de l'une rassurait l'autre. Ensemble, elles n'avaient rien à craindre.
Au bout d'un moment, un bruit assourdissant retentit. C'était un vrai supplice pour leurs oreilles et le son ne semblait pas cesser de se propager. Si cela continuait, elles finiraient par avoir les tympans détruis et perdre conscience. Camus usa alors de sa voix en l'amplifiant avec ses pouvoirs pour contrer cette cacophonie, la surpassant ainsi en volume, créant ainsi des interférences sonores. Le chant résonna dans toute la zone, Milo en profita pour aller chercher la source du vacarme. Elle était là, quelques mètres plus loin, cachée derrière le feuillage d'un saule-pleureur : une banshee. D'un geste net et précis, Milo jeta une de ses dagues dans sa direction. La lame fendit l'air et finit par transpercer le monstre, l'éliminant sur le coup. La princesse était admiration devant le sang-froid et la réactivité dont faisaient preuve l'enchanteresse dans cette situation délicate. elle était aussi subjuguée par la puissance, l'élégance et l'aura mystique que dégageaient l'autre femme. Ces péripéties leur permirent de mieux se connaître et d'avoir un aperçu de leurs capacités respectives, l'une impressionnant l'autre.

Elles repérèrent un lac à proximité avec des lotus et des nénuphars en surface, illuminé par les rayons argentés lunaires et des lucioles. L'endroit avait l'air tranquille, et le cadre était charmant, difficile de croire qu'un tel endroit se trouvait aux confins d'un lieu aussi sinistre.
Elles s'assirent aux abords et se désaltérèrent, l'eau y était claire et fraîche. Puis elle se reposèrent dans un silence confortable, mais dans les profondeurs du lac, quelque chose semblait se mouvoir…

Alors qu'elles s'apprêtaient à reprendre la route après cet instant de répit, brusquement, des algues tentaculaires jaillirent de l'eau et foncèrent vers elles ! Malgré sa surprise initiale, Milo put les esquiver grâce à ses réflexes et à sa rapidité. Malheureusement, Camus fut attrapée ! Elle lutta pour se défaire de l'emprise de cette monstruosité qui l'empêchait d'utiliser ses pouvoirs et qui aspirait son énergie. S'apercevant que la magicienne était en danger, la guerrière lança une lame dans sa direction et réussit à sectionner l'algue, la libérant ainsi de son joug.

Cependant, elle fut piégée à son tour juste après son lancer, et fut entraînée rapidement vers les abysses du lac. Sans hésiter, Camus plongea pour lui porter secours à son tour. D'autres algues l'assaillirent mais en vain, la magicienne les gela avant qu'elles ne puissent l'atteindre. Il fallait qu'elle fasse vite : Milo risquait de mourir d'asphyxie et vampirisée par cette plante. Lorsqu'elle arriva au niveau du monstre, elle gela d'abord la plante ensuite la brisa. Camus attrapa la princesse puis remonta rapidement à la surface. Une fois sur la rive, l'enchanteresse figea l'entièreté du lac dans la glace.

Tout de suite après, elle s'enquit de l'état de son amie. Camus essaya de l'appeler mais aucune réponse ne vint, elle était donc inconsciente. La magicienne remarqua qu'elle respirait encore mais faiblement, elle avait probablement dû avaler beaucoup d'eau. Elle hésita sur la démarche à suivre : devait-elle lui insuffler de l'air ? Oui, certainement mais… cela reviendrait à poser ses lèvres sur les siennes et elle n'avait jamais cela… Cette idée l'embarrassait beaucoup, peut-être que Milo serait fâchée et… Mais à quoi pensait-elle ?! La princesse était en danger et elle s'embarrassait de futilités ! Elle prit une seconde pour se calmer et retrouver son sang-froid. Ça irait, elle pouvait le faire ! Elle devait le faire pour la sauver !

La jeune femme lui retira donc son masque, n'ayant rien à craindre normalement : son altesse était évanouie, elle ne risquait pas de croiser son regard et donc de mourir. Une fois son visage a découvert, elle fut envoûtée par la beauté de ce dernier : elle avait des traits si délicats et harmonieux ! Bien qu'elle n'eût jamais vu personne d'autre auparavant, elle était persuadée que c'était le plus beau faciès qui lui eût été donné de voir. Elle aurait tant aimé pouvoir contempler ses yeux qui étaient sûrement magnifiques… Encore une fois, elle s'était égarée dans ses pensées, ça n'allait pas du tout ! Elle reprit vite contenance et entreprit un bouche-à-bouche.

Milo finit par tousser et recracher de l'eau, avant de reprendre petit à petit conscience. Quand elle revint à elle, elle se sentit étourdie et porta une main à son front, puis constata avec effroi qu'elle ne portait plus son masque ! Comment cela se faisait-il ?! Elle ne se souvenait pas de l'avoir enlevé ! Soudain, elle se rappela des derniers événements, elle se voyait se faire noyer dans les profondeurs de l'étang, et d'avoir entrevu Camus plonger avant de sombrer dans le noir. Camus ! Où était-elle ?! Est-ce qu'elle allait bien ?! L'héritière du trône était prise de panique : elle n'avait plus son inhibiteur de malédiction et ne savait pas se qu'il était advenu de son amie, c'était vraie une catastrophe !

« Camus ! Où es-tu ?!

— Je suis là.

— Hm ?! »

En réalité, la femme au cheveux sarcelle était assise, dos tourné non loin d'elle. Un immense soulagement l'envahit, mais elle ne se sentait pas encore sereine sachant que son visage était encore découvert. Elle regarda dans les alentours et vit son masque sur le sol juste à côté d'elle, elle le remit immédiatement puis d'adressa à l'autre femme :

« C'est bon, j'ai remis mon masque, tu peux te retourner. Que s'est-il passé ? Pourquoi je ne le portais plus ?

— Ah… Eh bien… Tu as été entraîné dans les eaux, mais j'ai réussi à t'extirper du lac. Tu semblais manquer d'air… J'ai donc enlevé ton masque pour que tu puisses mieux respirer…

— Oh je vois, merci de m'avoir sauvée.

— Inutile de me remercier pour cela…

— Hm ? Que t'arrive-il ? Ton visage est tout rouge, te sens-tu malade ?

— Ah non… Ce n'est rien…

— Tu es sûre ? Si tu ne te sens pas bien, tu peux le dire tu sais.

— Non, ce n'est rien vraiment, je t'assure… Nous pouvons repartir. »

N'instant pas plus, elles reprirent la route. Camus avait pris soin de sécher leurs vêtements, grâce à sa maîtrise sur l'eau : elle enleva le liquide qui les imbibait.
Elles avancèrent jusqu'à se retrouver devant des tourbières, dont des gaz toxiques en émanaient. Camus essaya de geler l'eau et le sol afin d'éviter des embourbements et d'empêcher les émanations de sortir mais en vain. Il semblerait que l'endroit fût immunisé à la magie. Comment faire pour passer ? Il semblait que les tourbières s'étendaient dans tous les sens, il n'y avait sans doute pas d'autres chemins pour les contourner. La situation paraissait sans espoir, auraient-elles fait tout ce chemin pour rien ? Alors que Camus s'était résignée, Milo s'avança, enleva son masque et le lui tendit. Camus ne comprenait pas son geste et avant qu'elle ne puisse demander, la princesse s'expliqua :

« Je pense pouvoir traverser sans trop de souci : il suffit juste de courir assez vite et de sauter d'arbre en arbre sans tomber dans ces marécages. Penses-tu pouvoir le faire ?

— Hélas non… Je ne suis malheureusement pas très athlétique…

— Ce n'est pas grave, je peux te porter sur mon dos et traverser.

— C'est vrai que tu possèdes une force impressionnante mais… et le gaz nocif ?

— Quand j'étais petite, j'ai été piqué par un scorpion au poison mortel. J'y ai miraculeusement survécu et on m'a menée jusqu'à un médecin de légende pour me soigner, son nom était Odysseus. Non seulement il m'avait guérie, mais en plus, il m'avait immunisée contre tous types de poison. Ce gaz n'aura donc aucun effet sur moi, alors prends mon masque : il est doté d'un filtre qui te permettra de respirer normalement sans craindre la toxicité. »

Bien qu'au début réticente, elle finit par accepter et croire en Milo (ce n'était pas qu'elle n'avait pas confiance en elle, mais les choses ne se déroulaient pas toujours comme on le souhaiterait). Elle mit le masque et s'agrippa fermement au dos de la princesse. Elles avaient convenu qu'en cas d'attaque, ça serait Camus qui se chargerait des ennemis pour que Milo puisse se concentrer sur la route. La guerrière prit de l'élan et fit un grand bond, avant d'atterrir sur un arbre jonchant la tourbe puis s'élança à nouveau à pleine vitesse. Camus était admirative de sa capacité à se déplacer avec une telle célérité malgré le fardeau qu'elle portait. Tout à coup, des créatures jaillirent du marécage, Milo ne s'arrêta à aucun moment, l'enchanteresse les figea instantanément. Elle devait avouer qu'elle se sentait bien sur le dos de son altesse, elle sentait son agréable chaleur corporelle et son doux parfum de pomme. Cela l'emplit de sérénité, elle était si apaisée qu'elle se mit à fredonner doucement un air.
La princesse en fut ravie, sa voix était claire comme de l'eau de roche, elle avait l'impression que ce chant lui donnait de la force et du courage. Elles traversèrent ainsi les tourbières en un rien de temps. Comme Milo l'avait dit : elle ne souffrait aucunement des émanations toxiques, décidément elle était vraiment très impressionnante. Camus descendit et lui rendit son masque sans croiser son regard.

Elles sentaient qu'elles approchaient de l'antre de la bête. Elles avancèrent encore et croisèrent d'autres ennemis en chemin, mais leur tandem combattait avec harmonie, elles pu les défaire sans trop de difficultés. Elles arrivèrent enfin dans le lieu le plus reclus de la forêt. Il faisait noir, même avec la lumière créée par Camus, elles ne virent qu'à quelques mètres devant elles. Tout à coup, elles entendirent une voix gronder : « QUI OSE PROFANER MES TERRES ? » cette voix appartenait à un immense dragon !

« Nous sommes venues pour que vous fassiez disparaître la barrière de la forêt.

— LA BARRIÈRE ? TOI LA FEMME AUX CHEVEUX VERT D'EAU FONCÉ… JE TE RECONNAIS, TU ES L'HUMAINE QUI EST NÉE EN CES TERRES, TU CHERCHES À POUVOIR T'ÉCHAPPER ? CELA N'ARRIVERA JAMAIS ! JE NE TE LAISSERAI PAS PARTIR : TU M'APPARTIENS COMME TOUT CE QUI EST ICI ! »

Le dragon déploya ses ailes créant une énorme bourrasque qui souffla tout sur son passage. Milo et Camus résistèrent puis se mirent en position de combat, elles n'avaient pas le choix : la créature ne voulait pas coopérer alors elles allaient devoir le battre !
Le dragon abattit ses griffes à l'endroit au se trouvait Milo mais cette dernière esquiva le coup en faisant un grand bond, Camus en profita pour geler le bras de la bête, la princesse lança des dagues depuis les airs en direction de la tête du dragon : elle fit mouche mais la créature ne semblait pas en souffrir. Le dragon se libéra de la glace et frappa Milo alors qu'elle retombait et l'envoya valser sur plusieurs mètres.
Inquiète, Camus se précipita vers elle mais la créature ne leur laissa aucun répit et envoya des rafales de feu dans leur direction ! L'enchanteresse réussit à les bloquer grâce à des boucliers de glace qu'elle créait. Milo se releva péniblement, cette bête possédait une force colossale et semblait faire preuve d'une résistance à toute épreuve, comment faire pour la vaincre ? Elle vit avec effroi que la glace de Camus était entrain de fondre, son bouclier n'allait pas faire long feu ! Elle accourut vers elle et se jeta sur elle, l'écartant de justesse avant qu'elle ne se prenne un souffle enflammé ! Leurs offensives n'avaient aucun effet sur le dragon et elles ne pouvaient pas continuer à éviter les attaques indéfiniment, la situation semblait désespérée.
C'est alors que Milo eu tout à coup une illumination, les paroles du sorcier lui étaient revenu à l'esprit : « Quiconque croisera ton regard, tombera éperdument amoureux de toi et succombera car cet amour fera exploser son cœur ! ». C'était risqué mais cela pouvait marcher, elle n'avait pas grand-chose à perdre. Si elle ne faisait rien, elles seraient condamnées alors autant tenter le coup. Tout en continuant à courir pour éviter les assauts du dragon, elle lui intima :

« Camus, éloigne-toi vite d'ici !

— Comment ? Et toi alors ?

— J'ai une idée mais elle est un peu risquée et je ne veux pas que tu sois entraînée dedans.

— C'est trop tard pour me dire ça ! Et puis il est hors de question que je t'abandonne !

— Camus… s'il-te-plaît, va-t'en. Je te promets que quoiqu'il arrive, tu seras libre !

— Mais… je ne veux pas de cette liberté si ça signifie que je risque de te perdre !

— Ecoute-moi, si nous ne faisons rien, cette bête risque de nous tuer toutes les deux ! Je pense avoir la solution pour la terrasser mais ça ne sera pas très beau à voir… Et peut-être que cela ne marchera pas alors j'aurais au moins fait diversion pour que tu puisses t'enfuir. Ma décision est prise, s'il-te-plaît, accorde-moi cette faveur.

— … Je peux le sentir : ta détermination est inébranlable… Très bien… je te fais confiance mais promets-moi de revenir ! Sinon je t'en voudrais pour l'éternité !

— C'est promis. »

Milo s'approcha de la créature, concentrant ainsi tout l'attention sur elle. Camus en profita pour courir loin d'ici mais jeta quand même quelques regards en arrière, elle pria de tout son être pour que la princesse s'en sorte victorieuse et vivante. Elle réalisa un miracle sans le savoir : ses pensées et ses sentiments étaient si forts, qu'ils parvinrent jusqu'à Milo sous forme d'énergie spirituelle qui lui donna de la force. Alors qu'elle avançait vaillamment malgré ses blessures, à travers les flammes générées par la créature, elle jeta un regard en arrière : Camus avait déjà disparu de son champ de vision, cela voulait dire qu'elle était déjà assez loin. Arrivée devant le dragon, elle lui faisait face : droite et digne sans sourciller.

« HMPF… TU OSES ME DÉFIER DE CETTE MANIÈRE, C'EST À SE DEMANDER SI TU ES INSOLENTE OU INCONSCIENTE.

— Hahaha… Eh bien… Peut-être un peu des deux.

— PETITE IMPERTINENTE ! JE VAIS TE FAIRE PASSER L'ENVIE DE RIRE UNE FOIS QUE JE T'AURAI RÉDUITE EN CENDRE !

— Eh bien… Essayez donc… mais avant cela… j'ai quelque chose à vous montrer…

— HMM ?

— Mon visage… sera la dernière chose que vous verrez de moi. »

Elle lui dévoila sa face, le dragon pu lire dans son regard toute la volonté qui l'animait.

« HMPF… CROIS-TU VRAIMENT POUVOIR M'INTIMIDER AVEC CE REGARD FAROUCHE ? TU ME FAIS DOUCEMENT RIRE MAIS LA PLAISANTERIE A ASSEZ DURÉ, JE VAIS EN FINIR AVEC TOI !

— … C'est la fin… tout ne dépend plus que de la malédiction… Pff…Hahaha ! Qui aurait cru qu'elle pourrait me servir un jour ?

— PRÉPARE-TOI A MOUR… AAARG ! MAIS QU'EST-CE QU- ?! AAAARG ! POURQUOI MON CŒUR BAT-IL AUSSI VITE ? QUELLE EST CETTE SORCELLERIE ?!

— … Elle marche ! Vous voilà victime du sortilège qui m'ait été jeté. Bientôt votre cœur explosera… Alors, adieu. »

Le dragon se sentit gonfler d'instant en instant, il finit par exploser dans un dernier long râle d'agonie, répandant une fumée noire nocive aux alentours. Camus entendit un bruit sourd au loin, alarmée et inquiète pour Milo, elle fit demi-tour pour la rejoindre. Quelques instants plus tard, elle vit la guerrière courir vers elle, elle se sentait, dans un premier temps, soulagée mais se fut de courte durée car elle remarqua qu'une nuée noire se dirigeait vers elle à une vitesse prodigieuse. Milo repéra la magicienne et courut aussi vite qu'elle pouvait, quand elle fut assez proche d'elle, la princesse bondit sur elle tout en lui plaçant son masque sur son visage et la plaqua au sol. La fumée noire les frappa l'instant d'après, elles se sentirent souffler par une bourrasque qui dura quelques minutes avant de s'arrêter brusquement. Camus se releva un peu sonnée et remarqua la présence de Milo contre elle, apaisée de la voir, elle la serra dans ses bras de toutes ses forces lui arrachant un hoquet de surprise. Milo était aussi très heureuse de la voir saine et sauve, l'enchanteresse lui rendit son masque et la serra à nouveau contre elle, la princesse lui rendit l'étreinte avec la même intensité. Soudain, Camus sentit une nouvelle puissance l'envahir : c'était l'énergie magique libérée par le dragon à sa mort, l'enchanteresse percevait ainsi sa propre puissance magique se décupler !

Tout à coup, une lumière apparue au loin : c'était l'aube qui se levait. C'était la première fois que Camus voyait un lever de Soleil, elle sentit sa gorge se nouer et les larmes lui monter aux yeux. Milo la voyant en émoi, lui serra la main et contempla avec elle les premiers rayons de la journée. Après, s'être remises de leurs émotions, Milo lui proposa de sortir de la forêt maintenant cela devait être possible, Camus acquiesça avec un sourire. Elles empruntèrent alors le chemin du retour main dans la main, constatant que les monstres peuplant la sylve avaient disparu et le paysage avait changé. C'était probablement l'image que le dragon donnait à la forêt et maintenant qu'il n'est plus, elle reprenait son aspect originel. Quand elles arrivèrent près de la sortie, Camus sentit à la fois de l'angoisse et de l'excitation : elle voulait vraiment voir ce qu'il y avait au-delà de cette sylve mais elle avait aussi peur : comme si elle allait se retrouver à nouveau seule dans un monde qui lui est totalement inconnu. Milo sentit son inquiétude, elle pressa un peu plus sa main pour la rassura et montrer qu'elle sera toujours là. Elle fut touchée par ce geste, avec la princesse à ses côtés, elle n'avait plus peur de rien. Elles sortirent alors des bois, l'enchanteresse fut éblouie un instant par l'astre du jour, quand sa vue s'adapta : elle vit pour la première fois une plaine et une ville au loin, elle apprécia aussi la chaleur des rayons du Soleil et le vent souffler sur son visage. C'était mieux que ce qu'elle avait imaginé mais elle était persuadée qu'elle n'aurait pas autant aimé ces découvertes sans Milo. D'ailleurs, il lui resta encore une chose à voir, quelque chose dont elle avait envie par-dessus tout : admirer le regard de la princesse.

« Milo.

— Oui ?

— Je voudrais te remercier de tout ce que tu as fait pour moi, je te serais éternellement reconnaissante.

— Allons… tu ne me dois rien, c'est moi qui aie pris la décision seule de m'aventurer dans la forêt. Tu ne m'as rien demandé et tu m'as même aidée et puis ça m'a fait plaisir de voyager avec toi. Alors vraiment tu n'as pas à te sentir redevable.

— Peut-être mais je suis comme ça désolée, dit-elle avec un sourire. Alors s'il-te-plaît, accepte mon enchantement en gage de ma gratitude.

— Un enchantement ?

— Oui… Je sens que je peux te libérer de ta malédiction.

— Vraiment ?!

— Tout à l'heure, après la mort du dragon, j'ai récupéré sa puissance et ça m'a rendue beaucoup plus forte. Je pense pouvoir combattre le maléfice qui t'affecte. Alors je t'en prie, laisse-moi essayer.

— D'accord, je te fais confiance. »

Camus se concentra sur la malédiction de Milo, laissant son pouvoir affluer vers elle. La princesse sentit la magie de l'enchanteresse l'envahir et la sonder, elle était douce et apaisante comme une caresse. Camus repéra le mal qui la rongeait, il était tenace mais elle arriva tout de même à en venir à bout. Quand elle eut fini, elle demanda à Milo de retirer son masque. Bien que réticente, elle finit par le quitter sans une certaine crainte, gardant ses yeux hermétiquement fermés : elle était terrifiée à l'idée de tuer Camus, elle ne voulait absolument pas que cela arrive ! Elle sentit une main fraîche se poser sur sa joue.

« Tu peux maintenant ouvrir les yeux.

— Mais… Et si la malédiction était toujours là ?

— Ne t'inquiètes pas, fais-moi confiance, tout ira bien. »

Elle faisait totalement confiance à Camus mais la peur était toujours présente. Alors elle commença à les ouvrir lentement avec énormément d'appréhension. Quand elle les ouvrit complètement, elle vit le visage de Camus juste en face du sien. Elle ne put s'empêcher de le trouver magnifique avec ses yeux améthyste, ses sourcils divisés et ses lèvres légèrement rosées. Elle était tellement absorbée dans sa contemplation qu'elle en oublia ses craintes. Camus n'était pas dans un état différent : elle était en train de détailler scrupuleusement les traits de Milo mais surtout elle admirait ses beaux yeux bleu foncé, son regard était si profond qu'elle avait l'impression qu'elle pourrait s'y noyer. Au bout d'un moment, elles se rendirent compte qu'elles étaient en train de d'observer l'autre. Embarrassées d'être prises sur le fait, elles détournèrent rapidement le regard puis finalement elles pouffèrent et éclatèrent de rire tellement la situation était ridicule et plutôt drôle. C'est alors que Milo se souvint de ce qu'elles étaient en train de faire avec cette scène un peu gênante, Camus avait l'air d'aller bien mais dans le doute elle préférait demander :

« Camus, est-ce que tu ressens des changements ?

— Non, pas particulièrement.

— Alors… le charme a été rompu ?!

— Il semblerait que oui.

— Merci Camus ! »

Milo se jeta sur elle pour l'enlacer, les faisant basculer et tomber sur l'herbe. Camus lui rendit l'étreinte puis elles repartirent dans un autre fou rire, soulageant toute la tension accumulée. Quand elles se redressèrent, la proximité qu'elle avait avec la princesse la fit rougir et sentir des papillons dans son ventre, elle avait déjà entendu parler de ce sentiment dans ses rêves. Elle sentit l'irrépressible envie d'en faire part à Milo :

« Milo…

— Oui Camus ?

— Tu sais… je suis si heureuse de t'avoir rencontré, c'était la meilleure chose que me soit arrivée.

— Le sentiment est réciproque.

— Toutes nos discussions et toutes ses péripéties que nous avons vécu. J'ai l'impression d'être plus proche de toi que jamais, et pourtant nous nous connaissons que depuis quelques heures.

— Oui moi aussi je le ressens, je pense que cette aventure nous a forgé des liens plus forts que le temps.

— Est-ce que la fin de celle-ci marque aussi notre séparation ? Demanda-t-elle avait un soupçon de tristesse dans sa voix.

— Comment ? Non ! Bien sûr que non ! Nous ne sommes pas obligées de nous séparer, tu peux venir vivre avec moi au château… Enfin, si tu le veux bien sûr. Et si tu as envie de partir, je le comprendrais aussi, mais nous resterons toujours amies. Quelle que soit la distance, peu importe le temps qui s'écoulera, et même si nous ne nous verrons pas.

— Milo… merci.

— C'est naturel, bien que je serai quand même triste si tu partais.

— Je n'ai pas envie de m'en aller… Ou du moins, si tu n'es pas avec moi.

— Mais je croyais que tu voulais découvrir le monde ?

— Oui, mais je ne trouve pas les découvertes intéressantes, si tu n'es pas avec moi. Et puis tant que je serais proche de toi, je serais heureuse.

— Oh… c'est donc à cause de moi, si tu ne peux pas réaliser tes rêves…

— Non pas du tout, au contraire même. Mes rêves ne se réaliseront qu'à tes côtés.

— Désolée, je ne comprends pas.

— Ce que je veux dire… c'est que je veux rester avec toi pour toujours parce que… je t'aime. »

Milo sentit son visage s'empourprer suite à cette déclaration, c'était si soudain ! Elle ne s'y attendait pas du tout ! Mais d'un autre côté cela la rendait triste.

« Camus, je pense que la malédiction est toujours présente : tu as réussi à chasser la partie mortelle mais l'autre partie est toujours là…

— Comment cela ?

— Le sorcier avait prononcé les paroles suivantes : « Quiconque croisera ton regard, tombera éperdument amoureux de toi et succombera car cet amour fera exploser son cœur. », tu n'es pas morte alors que tu as croisé mon regard, cela signifie que cette partie du maléfice ne fonctionne plus. Cependant… tu dis m'aimer… c'est dû à l'autre partie.

— Qu'est-ce qui te fait croire cela ?

— Tu viens de me dire que tu m'aimais juste après avoir vu mon visage… Tu dois être sous l'emprise du sortilège… Je suis désolée ! Je n'ai jamais voulu pas que soit victime de ma malédiction !

— Milo, calme-toi ! Je ne suis pas du tout sous l'emprise d'une quelconque malédiction ! Je t'aimais depuis longtemps… Bien avant que je ne vois ton visage. C'est juste que je ne m'en rends compte que maintenant.

— V-Vraiment ? Depuis quand m'aimes-tu ?

— Je pense que dès notre rencontre, tu as immédiatement touché mon cœur. Et au fur et à mesure de nos aventures, j'ai appris à te connaitre : j'aime ta personnalité, tes qualités comme tes défauts, j'aime tout de toi.

— Camus…

— Mais il semblerait que tu ne ressentes pas la même chose que moi… »

A cette pensée, l'enchanteresse se sentit extrêmement peinée, les larmes coulèrent sans qu'elle ne puisse les retenir. Milo s'approcha d'elle, l'enlaça et lui murmura doucement : « Ne pleure pas, je ne supporte pas de te voir verser des larmes, je préfère te voir sourire. Ne t'inquiète pas, je t'aime aussi. Alors s'il-te-plaît, ne sois pas triste. ». Camus était stupéfaite par ces paroles, Milo venait-elle vraiment de lui dire qu'elle l'aimait aussi ?! Elle n'en croyait pas ses oreilles ! Voyant le doute dans son regard, la princesse approcha son visage du sien et l'embrassa tendrement. L'enchanteresse fut d'abord sous le choc puis elle put sentir toute la sincérité et l'amour de Milo dans ce baiser, maintenant elle n'avait plus de doute ni de chagrin, elle lui rendit pleinement son baiser. Quand elles se séparèrent, elles étaient maintenant certaines de leurs sentiments.

« Je t'aime Camus.

— Je t'aime aussi Milo. »

Elles s'embrassèrent encore une fois toujours avec beaucoup de douceur et de dévotion. Elles passèrent un long moment à se cajoler avant de se décider à bouger, elles avaient décidé de se diriger vers le château en passant par la ville. Elles marchèrent main dans la main et pour ne pas provoquer une panique générale, Milo avait remis son masque. Arrivées dans le bourg, les habitants reconnurent la princesse, ils étaient étonnés de la voir en dehors de sa demeure, tous devinrent aussitôt méfiants et s'éloignèrent d'elle. Cette attitude était normale après tout, mais Milo ne se laissa pas décourager ! Elle expliqua à tout le monde que l'enchanteresse se tenant à ses côtés avait vaincu sa malédiction, bien sûr la plupart était peu enclin à la croire alors elle leur fit une démonstration avec Camus. Voyant que l'autre femme ne mourut pas, les habitants furent soulagés : enfin ils allaient pouvoir de nouveau côtoyer leur princesse ! Les villageois organisèrent une fête en l'honneur de la princesse et de l'enchanteresse, les festivités durèrent trois jours. Après cela la princesse décida de partir en voyage avec Camus. Ensemble, elles découvrir le monde. Elles revinrent quelques années plus tard et décidèrent de se marier, la cérémonie fut des plus somptueuse, Camus fut couronnée reine aux côtés de Milo. Et ensemble, elles gouvernèrent de manière juste et bienveillante. Elles vécurent ainsi heureuses de longues années durant.

Fin.


J'ai repris l'histoire d'Ecarlate (le chevalier du scorpion de Next Dimension) pour Milo. Je trouvais que ça ferait une explication cohérente avec son immunité au poison.