Après une suppression puis republication, j'espère avoir vaincu le bug qui sévissait.

Ceci est ma première fic, elle ne sera pas très longue. Bien sûr, l'univers et les personnages appartiennent à J. K. Rowling.

Chapitre 1

Le retour de la biche

Harry, Ron et Hermione couraient dans les couloirs du château. L'avant-dernier Horcrux venait d'être détruit dans la salle sur demande et beaucoup d'autres objets avec. A vrai dire, eux-mêmes avaient évité la destruction de justesse. Harry souleva une tapisserie qui menait à un passage secret qu'il avait repéré durant sa scolarité grâce à la carte du Maraudeur, espérant pouvoir traverser ce couloir-là, au moins, sans y voir des sortilèges ou des débris voler en tous sens. Il lui fallait un peu de calme, il allait devoir trouver Voldemort, peut-être devrait-il utiliser le lien pour se faire ? Plongé dans ses pensées, il était arrivé à la moitié du passage lorsqu'une lueur argentée attira son attention. Soudain, il s'arrêta net, et Hermione derrière lui le percuta de plein fouet.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

Sidéré, Harry ne parla pas tout de suite. Il observa en détail la forme qui avançait vers lui, et il demanda doucement, lorsqu'il fut presque sûr :

-Ron, tu vois ce que je vois ?

-Ben ça alors ! C'est elle, suivons-la !

-Qu'est-ce que vous racontez, les garçons ? Nous devons trouver le serpent et…

-« Hermione, c'est la biche qui m'a mené jusqu'à l'épée de Gryffondor. » expliqua Harry. « Je ne sais pas à qui elle appartient… mais sans elle nous n'aurions jamais retrouvé l'épée. Peut-être qu'elle sait où se trouve le serpent et veut nous aider une seconde fois. »

-« Elle ne veut pas nous aider, et elle ne sait rien. » corrigea la jeune fille agacée. « Seule la personne à qui elle appartient peut aider ou non. Cette biche n'a pas de volonté propre, c'est un Patronus, Harry. »

-« On sait, on sait… » marmonna Ron. « Ce n'est qu'une façon de parler, n'est-ce pas Harry ? »

-Oui, bien sûr. Juste une façon de parler.

Il n'ajouta rien et se précipita à la suite de son guide éthéré. Plusieurs fois, ils furent pris dans des affrontements qui ralentirent leur course. A chaque pas, ils craignaient de tomber sur un visage ami de plus au sol. Parfois, ils devaient marcher dans des gravats. Mais finalement, ils arrivèrent au deuxième étage. Harry écarquilla les yeux lorsqu'il vit la biche passer par l'ouverture qui menait dans le bureau de Dumbledore. Il la suivit et monta les escaliers quatre à quatre, Ron et Hermione sur les talons, la gargouille se refermant derrière eux dans un grondement, les isolant du fracas des combats qui se menaient un peu partout.

-C'est… c'est Dumbledore !

-Impossible. Un patronus ne peut être créé que par une personne vivante, Harry.

-Mais… c'est bien lui qui m'a légué l'épée, parce qu'il savait qu'elle détruit les horcrux. Et la biche m'a fait trouver l'épée. Maintenant, elle me guide jusqu'ici. Là où nous parlions de la jeunesse de Jedusor, et comment il serait possible d'enfin pouvoir le tuer. La gargouille… elle était ouverte. Tu ne trouves pas ça bizarre, toi ?

-« Moi, oui, sacrément bizarre. » confirma Ron, prenant le parti d'Harry. « Après tout, Dumbledore n'était pas n'importe qui. Il a peut-être trouvé un moyen pour nous aider s'il lui arrivait quelque chose. »

-« Ce sont de drôles de coïncidences. » avoua Hermione. « Mais il y a forcément une autre explication. »

-C'est impossible, Hermione. Personne n'est au courant pour les horcrux, à part Dumbledore et nous.

-Les morts n'aident pas les vivants, voyons ! Et qui te dis qu'une autre personne ne peut pas être au courant ?

-Il m'a dit que c'était un secret…

-Mais t'avait-il dit comment faire pour détruire les Horcrux ?

-Non, c'est vrai, mais… oh, et puis laisse tomber, Hermione.

Ils étaient parvenus jusqu'à la pièce. La biche se volatilisa, et l'œil d'Harry ne tarda pas à être attiré par quelque chose de brillant sur le bureau alors que Ron venait tout juste de fermer la porte derrière eux.

-La Pensine… c'est la Pensine dans laquelle on regardait les souvenirs avec Dumbledore !

-« Harry. » l'appela Ron alors qu'il avançait vers l'objet. « N'oublie pas, c'est le bureau de Snape maintenant. »

Le garçon se stoppa net. Bien sûr. Tout le temps qu'il eût passé ici était en compagnie du vieux professeur, mais désormais, c'était son meurtrier qui était à la tête de l'école et qui occupait logiquement les lieux. Son excitation retomba un peu, et il prit la peine d'observer la pièce. Elle n'était pas si différente du temps de Dumbledore. Il manquait juste Fumseck et les bonbons au citron. Un tas d'objets étranges et bourdonnants dont il n'avait jamais su la fonction étaient toujours là, et il remarqua que le tableau du professeur Dippet était vide, ainsi que tous les autres. Et puis, il y avait la Pensine, en évidence sur le bureau. Snape l'avait-il laissé là en quittant son poste avec précipitation, lorsque la nouvelle de la présence de Harry dans les environs était parvenue jusqu'à lui ? Il s'approcha un peu plus.

-« Harry ! » protesta Hermione. « Tu ne vas pas violer une seconde fois les souvenirs du professeur Snape ? »

Son ami serra les poings, son regard refléta toute la haine, tout le mépris que lui inspirait l'homme. Il avait pourtant eu l'impression que les choses s'amélioraient l'année précédente. Professeur de défense contre les forces du mal, la matière où Harry excellait, Snape n'avait plus tellement l'occasion de le rabaisser en cours. Il trouvait parfois quelque chose, mais tout s'était arrêté lorsque Harry avait finalement pris son courage à deux mains. Un jour, il avait traîné à la fin de l'heure et s'était approché du bureau, se répétant intérieurement qu'il était un Gryffondor pour ne pas se défiler.

-« Hem… monsieur ? » avait-il appelé.

Le regard noir l'avait transpercé comme une épée.

-Qu'est-ce que vous voulez, Potter ?

-« Je voulais vous présenter mes excuses… » avait-il dit très vite. « Pour… vous savez, l'année dernière. Et… et je voulais vous dire que je n'ai pas du tout aimé ce que j'ai vu. »

Et puis, il avait filé avant que Snape n'ait l'occasion de lui répondre en se délectant du fait qu'il s'était bien rendu compte que James était un salaud, ou qu'il ne lui retire des points pour remettre l'histoire sur le tapis. Mais après ça, il avait été traité en cours comme un élève normal de Gryffondor, c'est-à-dire qu'il avait plus tendance à récolter des remarques et à perdre des points que les Serpentards, mais au moins, il pouvait respirer sans déclencher des foudres. Le professeur répondait même à Harry lorsqu'il lui disait bonjour au détour d'un couloir... oh, à sa manière bien évidemment :

-Monsieur Potter. Si vous voulez bien disparaître de mon chemin, il se pourrait que ce soit effectivement un bon jour.

Il se surprenait parfois à l'observer, pendant les cours. Maintenant que la haine ne l'aveuglait plus, il lui trouvait un certain charisme. Harry prenait en maturité et il avait cessé de soupçonner Snape pour tout et n'importe quoi, finissant par accepter l'idée qu'il était des leurs. Lorsque Dumbledore lui avait demandé d'aller le chercher, à leur retour de cette maudite caverne, cela avait sonné à ses oreilles comme une évidence. Trouver un maître en potions pour un homme très faible qui venait justement d'en boire une… mais la suite de l'histoire lui avait montré qu'il aurait dû rester sur son idée première. Le regard fixé sur la Pensine, il répondit à Hermione :

-Je vais me gêner, tiens, de regarder les souvenirs de cet assassin. Et puis si ça se trouve, ce ne sont pas les siens. Peut-être qu'on est là parce que lui n'y est plus, que la voie est libre. Surveillez la porte, d'accord ?

Ron répondit rapidement pour ne pas laisser le temps à Hermione de protester de nouveau :

-Compte sur nous, mon pote. Si ce sont les souvenirs de Snape, tu verras peut-être où tu-sais-qui a prévu de s'installer pour le siège de Poudlard, et du coup, on pourra y aller pour le serpent.

Harry se pencha au-dessus de la Pensine. Il vit un jardin d'enfant et se demanda en quoi cela pourrait lui apporter quoi que ce soit, mais il devait savoir, il voulait en avoir le cœur net. Si la moindre chose là-dedans pouvait l'aider… les aider tous, il se devait de vérifier. Il plongea sa tête dans le liquide argenté.

Lorsqu'il se retrouva dans la réalité, Harry était sonné par tout ce qu'il venait de voir, le point culminant étant la révélation finale. L'enchaînement de tous ces souvenirs avait été intense, générant en lui un tas d'émotions qu'il avait du mal à garder sous contrôle.

-Harry… c'était un piège… c'est lui !

L'espace d'un instant, il se demanda s'il n'était pas encore dans les souvenirs de l'homme. Ron n'avait-il pas prononcé le même genre de phrase lors de la fin de leur troisième année, alors qu'Hermione et lui s'étaient précipités à la suite du chien qui enlevait leur ami vers la cabane Hurlante ? Et puis, alors que ses yeux faisaient le point, il le vit. Snape.

-Vous… vous êtes là.