Merci pour vos follows ! N'ayant pas la plume du siècle, je m'attendais plutôt à ce qu'on me dise « stop ! c'est nul ». Mais comme personne à crié, j'ose poster le deuxième chapitre ^^
Bonne lecture
Chapitre 2
Le Survivant ne doit pas survivre
Ron et Hermione s'étaient tournés vers la porte, baguette en main. Soudain, un bruit qui semblait provenir de l'armoire attira leur attention. Ils se tournèrent dans cette direction, mais il était trop tard.
-« Expeliarmus. » leurs armes furent attrapées au vol par une main alors que la silhouette s'avançait un peu plus. « Inutile de vous acharnez ainsi sur cette poignée, miss Granger. Seul le directeur a le pouvoir de la bloquer ou de l'ouvrir. Il semble que vous l'ignoriez… décevant de votre part. »
Ron aurait éclaté de rire et peut-être charrié Hermione en lui demandant si ce n'était pas écrit quelque part dans l'histoire de Poudlard si la situation était moins dramatique. Parce qu'elle l'était. Severus Snape se tenait face à eux, pointant les trois baguettes dans leur direction, les scrutant de son regard froid. Ron tenta de se précipiter sur Harry, pour l'arracher à la Pensine, mais il se fit projeter contre le mur immédiatement. Peut-être même avant d'y avoir pensé, tant la réaction de leur ancien professeur fut vive.
-Restez où vous êtes, tous les deux.
Des liens jaillirent de sa baguette qui vinrent entraver les deux soutiens de l'espoir du monde sorcier. Ils en avaient traversé, des épreuves. Mais cette fois, la situation semblait désespérée. Hermione repensa à toutes les embuches dont ils s'étaient sortis in extremis. Elle voulait croire que tout n'était pas terminé, mais cette fois, elle ne voyait pas comment ils allaient s'en sortir. Severus Snape était puissant, et contrairement à beaucoup de mangemorts, il était intelligent.
-Je suis ici pour Potter.
-« On se doute que vous n'êtes pas là pour prendre le thé, espèce de traître ! » Ron s'agitait dans ses liens, il était dans une colère noire. Non content de leur tomber dessus au plus mauvais moment, alors qu'ils étaient à deux doigts de terminer leur quête, Snape se permettait de se foutre d'eux. « Après Dumbledore, vous allez tuer Harry ! »
-Passer toutes ces années auprès de miss Granger n'a pas fait déteindre son brillant esprit sur vous, monsieur Weasley. Incapable de comprendre une phrase aussi simple… J'ai dit que j'étais là pour Potter, pas que j'étais là pour le tuer. »
Hermione fut choquée de s'entendre qualifiée d'esprit brillant par cet homme qui l'avait toujours considéré comme une 'insupportable je-sais-tout'. Mais elle n'eut pas le temps de s'appesantir plus longtemps sur le fait. Ron enchaîna :
-Où est la différence ? Vous irez le porter à Voldemort comme le bon chienchien que vous êtes.
Si seulement les sorciers n'avaient pas besoin de cette fichue baguette magique. Ron le savait, s'il en avait le pouvoir, il pourrait tuer l'homme qui leur faisait face. La haine, le dégoût qu'il éprouvait envers lui, l'instinct de protection qu'il avait envers son meilleur ami pourraient le faire basculer du côté de ceux qui peuvent prendre une vie. La vie d'un sale mangemort en valait-elle vraiment la peine de toute façon ? La rage de Snape semblait faire écho à la sienne. Visiblement, il avait touché un point sensible. Il allait en remettre une couche lorsque soudain, Harry se redressa. Ron n'avait aucune idée de ce qu'il avait pu voir là-dedans, mais son ami n'avait pas l'air bien. Il semblait choqué et n'était visiblement pas encore totalement avec eux mais quelque part dans ses pensées en train de ressasser ce qu'il venait de visionner. Alors il cria pour l'avertir.
-Harry… c'était un piège… c'est lui !
Et il fut soulagé de le voir reprendre ses esprits.
-Vous… vous êtes là.
-Monsieur Potter… voilà une année que nous nous sommes quittés, et vous faites toujours preuve d'une capacité d'observation fascinante.
Les deux hommes se regardèrent longuement en silence, comme s'ils se trouvaient hors du temps, comme si aucune guerre n'était en train de se dérouler, comme si l'ultimatum de Voldemort n'allait pas bientôt expirer. Aucune émotion ne passa sur le visage du plus âgé, tandis que le plus jeune était très ouvertement ému. Ce fut Ron qui brisa l'instant :
-Harry ! Qu'est-ce que tu foue ? Neutralise cet enfoiré !
Le jeune homme réalisa alors la position indélicate de ses amis. Il jeta un regard noir à Snape qui leva un sourcil agacé :
-J'ai simplement anticipé une catastrophe, Potter. Ma patience est pour le moins limitée, je ne vous apprends rien.
-Aviez-vous peur d'être de nouveau assommé, professeur ?
-Insolant… arrogant… Finite !
Les liens qui retenaient Ron et Hermione disparurent. Snape leur lança leur baguette, et il posa son propre artefact sur le bureau. Harry secoua la tête.
-Gardez-la. Nous sommes tous des adultes, dans cette pièce. Ron, Hermione, il faut que je vous parle.
-Nous n'avons pas toute la nuit, Potter. Tentez d'être bref.
Harry fit de son mieux pour raconter le plus rapidement possible ce qu'il venait de voir. L'amitié de Snape avec sa mère, il n'osa pas suggérer devant ses amis, et surtout le principal intéressé que cela avait été plus probablement de l'amour. Malgré que l'homme n'était finalement pas un mangemort, il le craignait capable de tout de même le découper pour le transformer en ingrédients de potions s'il osait formuler une telle chose. Il expliqua comment Snape s'était engagé auprès de Dumbledore, comment la mort du vieil homme avait fait partie du plan non pas de Voldemort mais du leader de la lumière. Cela devint plus dur, lorsqu'il en arriva à la révélation finale. Cela le terrifiait, il buttait sur les mots. Le professeur le coupa alors :
-Dumbledore m'a informé du fait que monsieur Potter est un horcrux. Il voit en cela la clé de l'énigme de la prophétie qui lie votre ami au seigneur des ténèbres.
-Q-quoi ?
Ron balbutia, alors qu'Hermione restait silencieuse. Le regard émeraude se tourna vers elle et le Gryffondor reprit la parole :
-Tu t'en doutais, n'est-ce pas, Mione ? Je… je crois que moi aussi, mais que je ne voulais pas que ce soit vrai. Ce qui m'étonne vraiment, c'est que Voldemort ne s'en doute pas lui-même, alors qu'il est entré dans ma tête...
-« Ne prononcez pas ce nom. » cracha Snape, comme lors des cours d'occlumencie. « Le seigneur des ténèbres n'a pas connaissance de ce fait, c'est une évidence, Potter. Et c'est ce qui le perdra. Ces morceaux d'âme sont manifestement indépendants les uns des autres, bien qu'appartenant à la même personne. De plus, vous êtes un être humain. L'Horcrux n'est qu'une infime partie au milieu du flot de vos propres émotions, de votre personnalité. A l'évidence, il doit être englué sous une bonne couche de stupidité. »
Harry sourit, ce genre de réplique l'aurait fait bondir il y a peu mais dans les nouvelles circonstances, il trouvait ça plutôt drôle. Lorsque tout était chamboulé, cela faisait parfois du bien de voir des choses qui ne changeaient pas. Il acquiesça ensuite. Si Voldemort était au courant, il serait certainement moins obsédé par le fait de le tuer. La voix d'Hermione était timide lorsqu'elle s'adressa à Snape :
-Il y a forcément un moyen d'extraire l'Horcrux de Harry, n'est-ce pas professeur ?
L'angoisse tordit les trippes du survivant. Il avait toujours pensé qu'il pourrait perdre la vie dans le combat final, mais il y avait toujours cette petite voix. La voix de l'espoir qui lui soufflait qu'avec un peu de chance, il pourrait s'en sortir. Grâce à un phénix, à des parents fantomatiques, à ses amis… Mais cette fois, la voix de l'espoir ne parlait plus. Pour que le monde soit débarrassé du mage noir, il falllait que l'espoir se taise, que Harry oublie que la chance pouvait lui sourire et lui offrir malgré tout un avenir. Il devait mourir. Il répondit à la place de Snape, espérant que sa voix ne tremblait pas trop :
-Oui Hermione. Il y en a un, mais je n'ai pas le temps de vous expliquer. Nous allons nous occuper de ça avec professeur Snape. De votre côté, il faudrait que vous vous occupiez du serpent, d'accord ? Nous devons partager les tâches pour faire au plus vite.
-« Harry ! » protesta Ron. « Mais qui te dis que ce ne sont pas des conneries, tout ça ? C'est Snape, bordel ! Il a sûrement tout inventé ! »
Harry posa une main sur le bras de son meilleur ami. C'était la dernière fois qu'il pouvait le faire, et il regarda Ron en se faisant le plus calme possible.
-Ce qui me le dit, c'est ma mère, Ron.
-Ta mère l'a fréquenté il y a des années, Harry ! Dumbledore aussi lui faisait confiance, et voilà où il est !
D'un geste, Ron montra la direction de la tombe qui se dressait dans le parc.
-« Le… le sortilège de Maugrey, Ron. » Hermione était intervenue. Elle aussi s'était demandé si tout cela n'était pas un piège, mais beaucoup d'informations se recoupaient dans son esprit, et le plus marquant à ses yeux, c'était cet épisode. « Il fallait dire au faux Dumbledore qu'on ne l'avait pas tué pour neutraliser le sortilège. Je suppose que quelque chose serait arrivé si le meurtrier du professeur Dumbledore s'était présenté… et… le professeur Snape est venu, mais il a pu entrer… comment n'y ai-je pas penser plus tôt ? La personne qui a tué Dumbledore, c'est Dumbledore lui-même, puisqu'il a demandé ce service pour servir son plan, tu comprends ? »
Ron ouvrit la bouche. Les explications, lorsqu'elles étaient données par Hermione rendaient toujours les choses si logiques. Il la referma et il marmonna :
-Ben ça alors… j'y aurais pas pensé.
-« Compte sur nous, Harry. » reprit la jeune femme. « Nous allons nous occuper du serpent, tu as raison, il faut faire vite. »
Elle tira Ron vers elle, et tous deux étreignirent Harry pour se donner du courage. Alors qu'Hermione broyait ses côtes, l'élu se dit qu'elle avait compris. Il regarda ses deux meilleurs amis franchir la porte débloquée par le directeur et lorsqu'il se retourna vers Snape, celui-ci était tout près de lui.
-Je suis désolé, Potter.
-« Harry. » corrigea-t-il. « J'aimerais être juste Harry, jusqu'à ce que cela arrive, professeur. Lorsque je laisserai Voldemort me… tuer, Potter sera de retour. Pensez-vous qu'il fera ça vite ? »
Le regard noir le scruta pendant quelques instants avant que l'homme ne reprenne :
-« Je suis désolé, Harry. Cela ne devait pas se terminer ainsi. » il sembla hésiter, et puis il poursuivit finalement : « J'ai fait cette promesse que vous connaissez désormais au nom de votre mère. L'objectif était de vous protéger et non de vous envoyer droit vers le seigneur des ténèbres… Il désire depuis si longtemps se débarrasser de l'ombre que vous êtes à son tableau que je pense que ce sera rapide, oui. »
Harry n'était pas sûr que ce soit si réconfortant qu'il l'avait espéré. Dans l'idée de mourir vite, il y avait toujours l'idée de mourir. Ne voulant pas montrer la peur qui l'habitait, il choisit de répondre à ce que Snape avait dit en premier.
-Je sais, monsieur. Maintenant, je le sais. Je… je vais y aller, mais je voulais vous dire… cela vous surprendra peut-être, mais je suis reconnaissant envers tout ce que vous avez fait.
Snape lui adressa un hochement de tête sec. Il aurait bien ironisé sur les épanchements Gryffondor mais puisqu'il venait lui-même de dire qu'il était désolé, il préféra plisser les yeux et répliquer de sa voix doucereuse :
-Et où comptez-vous aller exactement comme ça, Harry ? Vous savez comme moi que vos amis n'ont aucune chance de trouver le serpent qui se trouve au plus près du seigneur des ténèbres. Savez-vous où se trouve votre ennemi ?
-Pas vraiment, mais je peux essayer de le voir.
-Inutile. Je sais où il se trouve. Je m'occuperai moi-même du serpent.
Il avait pensé que les souvenirs serait l'ultime aide de son professeur, mais sa collaboration allait l'accompagner jusqu'à la dernière étape. Harry secoua la tête :
-Mais… il va…
-Me tuer ? Pensez-vous qu'après tous ces risques pris vous aurez la satisfaction de me voir trembler, Potter ?
Harry baissa la tête. Ce ton, ça ressemblait beaucoup plus à son professeur de potions et il n'avait aucune envie de se disputer avec lui maintenant. C'était le dernier allié avec qui il aurait l'occasion de parler. Et il fallait bien l'avouer, il avait un peu honte. Parce que lui, il était terrifié.
-Non monsieur. J'étais juste inquiet, je ne pensais pas que c'était maladroit.
-« Allons-y. Mettez votre satanée cape. » dit le plus vieux, semblant vouloir couper court. « Et pas de stupidité, vous restez près de moi. Nous évitons les combats, sauf extrême nécessité. »
Harry obéit sans faire d'histoires. Il venait visiblement de briser le semblant de cordialité qui s'était installé entre eux. Sa marche vers le destin se ferait finalement seul bien qu'il était accompagné. Il suivit son ancien professeur vers l'extérieur. Celui-ci se déplaçait admirablement dans les ombres, à tel point qu'Harry craignait parfois de le perdre lorsque les couloirs partaient dans plusieurs directions. Dans sa tête, les visages de ses amis défilaient. Ron et Hermione bien sûr. Mais aussi Neville, Dean, Seamus, Luna et tant d'autres avec qui il avait partagé de bons moments entre les murs de ce château. Des rires, des pleurs, des aventures. Qui aurait pensé que la dernière se ferait en compagnie du détestable maître de potions devenu directeur de Poudlard ? Le Gryffondor était content que ce dernier lui ait ordonné de mettre sa cape. Ses pensées l'avaient fait craquer. Les larmes coulaient sur son visage et il préférait qu'elles restent invisibles. Alors qu'ils passaient les grandes portes désormais détruites et commençaient à fouler le sol du parc, il essaya de se remonter le moral en pensant aux personnes qu'il allait retrouver. Ses parents… Sirius… C'était la fin, mais serait-ce si affreux qu'on le pensait ? Dumbledore lui avait dit quelque chose lors de sa première année, à propos de ce qu'était la mort pour un sorcier équilibré. Alors qu'il réfléchissait à la phrase exacte, ce qu'il venait de penser s'imposa de nouveau à lui. C'était la fin. La fin ! soudain, il s'arrêta net, frappé de stupeur.
-« Mais bien sûr… » murmura-t-il. « Monsieur ? »
Harry se mit à courir. Il avait parlé un peu plus fort. Il s'attendait à se faire écorché vif par Snape pour cela, mais aucune réponse ne lui parvint. Son arrêt le lui avait fait perdre de vue et il accéléra.
-Monsieur ?
Il n'osait pas crier. Aucun Mangemort ne devait le découvrir. Mais il devait absolument retrouver Snape ! Le plan était clair. Ils devaient se rendre auprès de Voldemort ensemble, mais Harry commençait à se dire que ce plan, comme tous les autres ne serait pas exactement celui qu'ils avaient imaginé.
