Chers lecteurs, chères lectrices, je vous souhaite le bonjour !

Si vous en êtes là, c'est que le premier chapitre a suffisamment éveillé votre intérêt. J'espère que le reste vous satisfera.

N'hésitez pas à commenter, c'est toujours stimulant et ça permet de s'améliorer !


Chapitre 2: L'enfer c'est les autres, ou comment faire ses courses quand on est un clochard richissime

Le chemin de Traverse était bondé, comme pour chaque veille de rentrée. Tous les petits sorciers et les petites sorcières qui allaient et venaient dans tous les sens pour faire leurs courses avant la rentrée avait de quoi rendre fou un psychologue de Sainte-Mangouste.

Jack, lui, se tenait au milieu de tout ce bazar ambulant, perplexe. Il avait les mains chargées et, dans son dos, le trentenaire dynamique à la carrure spectaculaire qui l'accompagnait n'était pas plus libre.

-Il nous reste les chaudrons, lança l'homme blond avec un grand sourire.

-On est obligé ? répliqua le jeune garçon, sur la défensive.

De toute façon, ça ne changeait pas de s'habitude : Jack était toujours sur la défensive quand il y avait du monde autour de lui.

-Tais-toi, rabat-joie ! bouda le géant blond. C'est ta première rentrée et tu ne me laisses pas profiter. T'est méchaaaannnnt...

Jack soupira. Orphelin depuis que ses parents avaient été tués par un Mangemort indélicat et tardif, il s'était retrouvé sous la responsabilité de son parrain, Néréas Griggs, un type aussi cinglé que lui-même, après un séjour douloureux en orphelinat sorcier.

Il donna un coup de pied dans le tibia de son tuteur, qui poussa un cri de douleur.

-Ferme-là, espèce de dégénéré, lança Jack. Tu me fous la honte !

-La honte ? s'exclama Néréas, faussement vexé. Non mais t'as vu comment tu me parles ? Je suis l'adulte responsable, moi.

Jack lui rendit un ricanement méprisant.

-Tu n'as rien de responsable.

Ils finirent par rentrer dans la boutique « Au Bon Chaudron ». Dès qu'ils entrèrent, ils attirèrent toute l'attention. Il fallait dire que voir un gamin aux cheveux blancs qui se baladait pieds nus en sautillant et qui se dispute avec un type qui atteignait presque les deux mètres, aux cheveux blonds mi-long et au sourire flippant avait de quoi attirer le regard.

Un vendeur se précipita pour prendre leur commande, au milieu de la foule stupéfaite de parents inquiets (dès qu'ils virent Néréas) et d'enfants perplexes (lorsqu'ils virent la dégaine de Jack). Dès que le vendeur, homme longiligne qui conservait précieusement les quelques cheveux qui lui restaient, s'aperçut de la mauvaise tenue de Jack, il fit une moue. Une moue que Jack connaissait pour l'avoir vu dans tous les autres magasins du Chemin de Traverse dans lesquels il avait mis les pieds. Le genre de regard qui vous fout en rogne et vous pousse à hurler « mêlez-vous de votre cul, connard ! ».

C'est d'ailleurs la phrase que failli lâcher Jack sans même sans rendre compte :

-Mêl...

-Je crois qu'il nous faut un chaudron. Standard, en étain, taille 2, renseigna poliment Néréas avant même que le vendeur n'ouvre la bouche.

Le vendeur stoppa sa course folle, manqua de se prendre les pieds dans un gamin aux cheveux blancs qui semblait regarder quelque-chose d'invisible perché au plafond, et finit par commencer à entreprendre un demi-tour magistralement maitrisé, lorsque Néréas l'interpella :

-Non, attendez !

Le pauvre homme se prit les pieds dans ses lacets et tomba droit aux pieds du garçon rêveur qui semblait attendre quelque-chose.

Néréas et son filleul éclatèrent d'un grand éclat de rire, tout comme une bonne partie du magasin. Vexé dans son orgueil, le vendeur se releva, épousseta ses vêtements et jeta un regard meurtrier à ces clients qu'il avait tout d'un coup follement envie d'étrangler. Seul le garçon rêveur ne fit pas attention à lui.

-En fait, nous allons prendre six chaudrons, l'informa Néréas.

-Six, s'insurgea Jack. Je vois que tu me fais confiance !

Il était de notoriété publique de Jack, jeune garçon au noble lignage et à la fortune magistrale, possédant de grandes capacités magiques, héritier de biens nombreux et dispersés aux quatre coins du monde, détenteur de titres multiples et accumulés de la famille, avait l'habitude de faire exploser ses chaudrons. Sans rater aucune potion, non, c'était simplement par pur plaisir. Qu'est-ce qui était plus agréable que d'entendre le bruit caractéristique de l'éclatement/brulure/destruction d'un chaudron de quelque façon que ce soit ?

Voyant le regard ricaneur de son parrain, Jack se renfrogna. Le vendeur revint avec les six chaudrons demandés, s'efforça d'atteindre la caisse en zigzaguant à travers la foule et parvint enfin à donner le prix des articles.

Au moment où Néréas s'apprêtait à mettre la main dans la poche pour sortir les sous de Jack, une furie fit son entrée dans la boutique. Elle avait le regard clairvoyant, comme si elle voyait au-delà de ce que les hommes percevaient. Ses cheveux blond platine tombaient juste au-dessus de ses épaules et elle cherchait quelque-chose du regard. Elle vit enfin le jeune garçon rêveur.

-Lysander, nous te cherchons partout ! Pourquoi tu ne nous as pas suivis ?

-Je réfléchissais, murmura son fils. Tu sais bien que celui qui aime à apprendre est bien près du savoir.

-Mais l'oiseau qui chante ne sait pas si on l'entendra !

Le garçon hocha la tête, comme s'il comprenait tout à fait leur langage codé. Tout d'un coup, le regard de Néréas s'illumina, comme frappé.

-Luna ! La p'tite Luna !

La femme regarda le géant sans comprendre, puis elle se fendit d'un sourire rêveur.

-Néréas ! ça fait longtemps.

-Depuis ton mariage, veinarde ! répliqua l'homme blond.

Voyant que la discussion était partie pour durer, Jack comprit que cela était une très bonne occasion pour s'en aller. Il s'éclipsa sous le regard envieux du vendeur, qui attendait toujours les sous pour les chaudrons. Le garçon avait besoin de s'éloigner un peu de son parrain.

Jack avait toujours été très indépendant. L'orphelinat, ça forgeait le caractère. Mais avec cette nouvelle figure paternelle envahissante, il ne savait pas trop comment réagir.

Dehors, il aperçut les quelques militants au Sang-Neuf, comme ils s'appelaient, nés d'un sorcier et d'un humain. Ils distribuaient des tracts en proférant des malédictions contre les sangs-purs. Jack s'attira un coup d'œil méprisant de ces nouveaux militants et se cogna brutalement à une jeune demoiselle, qu'il envoya au tapis. Il se confondit en excuse et se précipita pour aider sa victime à se relever.

Il s'agissait d'une jeune fille blonde aux cheveux très très très longs, qui ramassait ses affaires éparpillées avec effarement en répétant des excuses en boucle.

-ça doit valoir une fortune en shampoing, lança Jack sans s'en rendre compte, les yeux rivés sur ses cheveux, tout en l'aidant à rassembler ses affaires sans n'en faire tomber aucune des siennes.

Etonnée de la remarque, la jeune fille leva les yeux vers lui, puis lui sourit.

-Tu n'imagines même pas ! Sans compter le temps que je mets pour les brosser. C'est un enfer.

Jack tendit sa main à la jeune demoiselle pour l'aider à se relever. Elle accepta l'aide avec plaisir, les joues encore rouges de gêne.

-Je m'appelle Jack, se présenta-t-il.

-Raiponce. Tu vas entrer en première année à Poudlard toi aussi ?

Il hocha la tête, avant de s'apercevoir qu'un des livres de la jeune fille était encore par terre. Il se baissa, attrapa l'ouvrage en question et haussa les sourcils devant la couverture. On voyait le bas du visage d'une femme à la peau pâle, aux lèvres rouges, avec une goutte de sang qui perlait du coin de la bouche.

-Quand le danger rôde..., lut-il.

La demoiselle lui arracha le roman, écarlate. Elle le dissimula au milieu de ses autres livres, qui n'étaient que des livres de dessin.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda le garçon, perplexe.

La jeune fille bredouilla quelque-chose d'inaudible en commençant à prendre la couleur de la tomate bien mûre.

-Quoi ?

-Un roman ! s'énerva-t-elle, écarlate.

-Oh...

Probablement un truc moldu, comprit Jack. C'est pour ça qu'elle ne voulait pas lui montrer, elle avait peur de la réaction d'un Sang-Pur (Ce qui n'était pas vrai du tout, mais Jack ne connaissait pas grand-chose des moldus) !

En vérité, la petite Raiponce, Née-Moldue, ne connaissait absolument rien des origines de Jack Frost et s'en foutait bien royalement. Mais c'était un peu la honte à 11 ans (et, en toute sincérité, à tout âge de l'adolescence) de s'afficher avec le plus cliché et le plus fantastique des romans relatant l'amour d'un vampire et d'une humaine (un peu particulière tout de même, l'humaine).

-Raiponce ! appela soudain une voix au loin.

La jeune fille fit un maigre sourire à Jack, qui avait réussis en deux minutes à l'envoyer au sol et à lui foutre une honte monumentale, puis s'excusa de nouveau.

-Ma belle-mère m'attend, marmonna-t-elle. Je dois y aller. A plus tard...

Elle s'enfuit aussi vite qu'elle était venue. C'est alors que Jack se rendit compte qu'il tenait encore dans sa main un autre exemplaire de la série que lisait la jeune fille (le 8ème tome, pour être précis, pompeusement intitulé Pire que la mort). Il voulut le rendre à la demoiselle, mais le temps de lever le regard, elle avait déjà disparu dans la foule. Alors il se retrouvait avec un exemplaire de La communauté du Sud dans les mains, sans savoir quoi en faire.

De toutes façons, il pourrait toujours lui rendre à Poudlard...

Curieux, il jeta tout de même un coup d'œil au titre. Cela ressemblait vraiment à des livres de mise en garde ou de Défense Contre les Forces du Mal. Et puis, un petit coup d'œil à l'intérieur ne faisait pas de mal.

Jack ouvrit le livre et parcourut les premières lignes. Comme tout garçon de son âge, il se mit à blêmir, puis se couvrit d'une jolie couleur pivoine. Néréas le retrouva figé sur cette première page, bloqué, les joues en feu.

-On y va, mon gars ? lui lança le géant avec un bourrade amicale.

Jack lui jeta un coup d'œil timide par-dessus le livre.

-On peut s'arrêter dans une librairie moldu, sur le chemin du retour ?


Voilà la fin du chapitre 2, j'en poste encore un aujourd'hui! J'espère qu'il vous a plu, le prochain chapitre verra apparaitre Harold, le troisième protagoniste!

Dans le chapitre 3:

"-Je peux m'asseoir ? demanda-t-il en rentrant la tête dans les épaules.

Le jeune Harold avaitdéjà failli mourir sept fois depuis son arrivée dans le train. Cependant, ilfut ébahi devant la scène qui se déroulait sous ses yeux"