Chapitre 3: Retrouvailles et rencontres, ou de l'importance des romans d'amours cucul

S'il avait fallu un jour catégoriser Raiponce, bien des anthropologistes, sociologistes, psychologues et autres médecins aux professions tout aussi obscures auraient été bien en peine de la classer quelque-part. Après tout, Raiponce était une artiste et, comme toutes les artistes, elle avait un grain quelque part (peut-être même un peu plus qu'un seul). Sans compter des cheveux aux pouvoirs curatifs surprenants et d'une puissance peu commune.

Cependant, elle restait la plupart du temps une jeune pré-adolescente normale, avec des réactions normales. C'est pourquoi, comme toute jeune sorcière normalement constituée, elle fut absolument bluffée en voyant pour la première fois de sa vie le fameux Poudlard Express. En marchant le long de la voie 9 ¾, elle se sentait plus que jamais intégrée au monde des sorciers. Sa belle-mère, Gothel, la suivait de près, sans la lâcher des yeux.

Les parents de Raiponce étaient tous deux des Moldus. Ils avaient divorcé quand elle était tout bébé et sa mère s'était vite remariée avec une sorcière qui avait longtemps caché son secret. Cependant, lorsque Raiponce avait découvert par accident que sa belle-mère possédait de la magie, celle-ci lui avait tout appris sur le monde des sorciers, surtout lorsqu'elle avait senti que la jeune demoiselle possédait elle aussi d'étonnants pouvoirs, dont certains liés à ses cheveux. C'était cette femme hyper protectrice qui accompagnait Raiponce pour sa rentrée.

-Tu as bien tous tes livres ?

-Oui !

-Tes vêtements ?

-Oui !

-Tes shampoings ?

Et la liste continuait invariablement. Raiponce hochait la tête à chaque fois qu'elle acquiesçait. Gothel l'attrapa et la serra contre elle juste avant que la jeune fille ne monte dans le train.

-Passe une bonne année ! Fais-toi des amis et éclate-toi !

Raiponce acquiesça une fois encore, mais son impatience la faisait trépigner. Elle embrassa sa belle-mère, attrapa toutes ses affaires et monta dans le train. Il lui fallut dix essais pour trouver un compartiment où il n'y avait personne. Lorsqu'elle tomba sur le seul inoccupé de tout le Poudlard Express, elle en profita, s'y réfugiant instantanément. En collant le nez à la fenêtre, elle vit les personnes courir dans tous les sens sur le quai, les embrassades dans les écrans de fumée, les cris de joies et ambiance survoltée était extraordinaire pour une jeune fille qui n'avait guère l'habitude de sortir de chez elle.

Il ne fallut que quelques minutes pour que la porte ne s'ouvre avec violence.

-Je te trouve enfin ! pleurnicha une voix. J'en peux plus, j'ai les jambes en compote.

Raiponce se retourna et vit Mérida, sa meilleure amie, jeune rousse rebelle qui semblait complètement remise de son rhume estival.

-Je suppose que ta tentative de fugue pour Durmstrang a échoué...

A ces mots, Mérida blêmit, détourna les yeux une seconde et fit un signe de tête affirmatif. Raiponce fut surprise de cette réaction, mais elle ne s'y attarda pas. Si la roussette n'avait pas envie de parler, elle n'allait pas la forcer. Elle la connaissait depuis si longtemps qu'elle savait comment réagissait son amie.

-Sinon, tu as passé un bon été ? la questionna Mérida.

-Génial ! Et j'ai ça pour toi !

Raiponce sortit de son sac le tome 9 de la Communauté du Sud, de Charlaine Harris, et lui tendit.

-Super ! s'exclama la roussette en s'en emparant. J'en pouvais plus d'attendre. Merci beaucoup, Blondie !

Raiponce rougit. Les deux jeunes filles se connaissaient depuis des années, lorsque la jeune allemande avait découvert le secret de sa belle-mère. Dès lors qu'elle et sa mère furent au courant de la nature du nouveau membre de leur famille, elles se mirent à côtoyer les amis de Gothel. C'est ainsi que les deux filles s'étaient rencontrées et elles s'étaient toutes les deux plu.

Elles bavardèrent jusqu'au moment où sonna le départ. Sitôt que le sifflement retentit, les deux jeunes filles se précipitèrent à la fenêtre pour voir la gare s'éloigner. Dès que le quai fut noyé dans la fumée blanche, chacune partit à ses occupations. Raiponce sortit un carnet un dessin et se lança dans des croquis de son amie, alors que Mérida préféra sortir de son immense valise une épée monumentale, qu'elle s'empressa d'aiguiser.

-C'est un cadeau de mes petits frères, expliqua-t-elle en voyant l'air surprit de Raiponce.

La jeune fille blonde retourna alors à son dessin.

C'est devant cet étrange tableau que parvint Harold Horrib Haddock III, jeune garçon minuscule et tout fin qui trainait derrière lui autant d'affaires qu'il était humainement possible de porter. Il pliait sous le poids de ses sacs de voyages et ouvrit timidement la porte du compartiment.

-Je peux m'asseoir ? demanda-t-il en rentrant la tête dans les épaules.

Le jeune Harold avait déjà failli mourir sept fois depuis son arrivée dans le train. Cependant, il fut ébahi devant la scène qui se déroulait sous ses yeux. Entre Raiponce qui s'était mise la tête en bas, les pieds posés sur la paroi, pour dessiner, et Mérida qui aiguisait son arme en sifflotant, il y avait de quoi ! Raiponce leva les yeux vers le nouveau venu et lui fit un sourire radieux.

-Bien entendu !

Elle lui désigna la banquette et Harold alla s'installer. Raiponce retourna immédiatement à son dessin. Elle travaillait les ombres et les plis des vêtements, mais ça n'avait rien d'une sinécure.

-Vous vous appelez comment ? demanda Harold en farfouillant dans son sac.

-Mérida. Et la blondasse aux tifs trop longs, c'est Raiponce. T'es en première année aussi ?

Harold hocha la tête, avant de se plonger dans l'écran d'un ordinateur gameur de ouf qu'il avait ramené et amélioré. Il tapotait régulièrement sur les touches, qui produisaient de petits bruits de fond discret.

Aux alentours de midi, Mérida bailla et s'étira.

-J'ai la dalle ! se plaignit-elle. Pique-nique !

A cette remarque, l'intérêt de Raiponce s'accrut d'un seul coup. Elle sortit presque précipitamment de son sac l'immense panier qu'elle avait emmené. Mérida fit de même et déroula une nappe par terre, tandis que la jeune blonde sortait des cactus de son sac devant l'air stupéfait d'Harold. Raiponce se surprit même à fredonner.

-Qu'est-ce que vous faites ? s'étonna le garçon.

-On prépare notre pique-nique, voyons ! lui répondit Mérida, comme si la réponse était évidente.

Les deux jeunes filles s'installèrent sur leur nappe, au milieu des cactus et plantes en pots disséminées autour d'elles. Elles sortirent des cakes aux olives, tomates, poivrons et lardons faits maisons, des tartes salées de toutes sortes, des salades composées avec des pâtes et du poisson, du pâté en croute, des tortillas, des boulettes de poisson, du pain piégé... adieu les habituels sandwichs !

-Ma mère cuisine pour se détendre, expliqua Raiponce, les joues rouges. Tu en veux ?

Timidement, Harold vint s'asseoir à côté des deux jeunes filles qui attaquaient sauvagement le pique-nique. Devant les quantités astronomiques, il resta dubitatif.

Un quart d'heure plus tard, l'admiration avait fait place dans ses yeux. Les deux jeunes filles avaient presque tout englouti à elles deux. Ensuite ce fut le tour des desserts, et quels desserts ! Encore une fois, les filles firent leur sort au panier, sous le regard béat et admiratif d'Harold. Il n'avait jamais vu des personnes qui mangeaient aussi bien. L'appétit vorace des deux filles lui semblait vraiment étrange après le régime précoce de sa voisine, qui n'avalait guère plus d'une feuille de salade en guise repas.

Raiponce, elle, était rassasiée. Elle avait toujours eu l'habitude de bien manger chez sa mère. Elle jeta un coup d'œil à Mérida, qui finissait de lécher la gelée de framboise sur ses doigts. Son amie avait toujours vécu avec un cuisinier miraculeux qui les noyaient aussi sous de grosses quantités de nourriture. De plus, elle avait un peu hérité de la forte constitution de son père et son corps avait besoin de manger.

Très vite, les deux jeunes filles se mirent à entamer des chansons ridicules sur des musiques connues. Les paroles n'étaient pas toujours très claires, si bien qu'entre Je suis une pomme de terre, L'athlète se mord le pied et Harry va-t'en crever, il avait découvert tout un nouveau vocabulaire surprenant.

-Déflemmardiser ? demanda le garçon avec étonnement.

Raiponce, qui avait une belle voix et qui chantait avec le plus d'enthousiasme, hocha la tête avec les yeux brillants.

-Antonyme du verbe flemmardiser.

Harold décida de ne plus poser de questions, surtout qu'ils s'approchaient de Poudlard. Les trois élèves mirent leurs robes de sorciers, préparèrent leurs affaires et s'apprêtèrent à sortir. Dès que le train s'arrêta, ils trainèrent leurs affaires avec plus ou moins de succès (Harold dû y mettre toute sa force physique) hors du train.

Dehors, un prof tout en taille et en muscle les attendait, un sourire bardé sur son visage. Ses cheveux blonds étaient taillés n'importe comment et il se tenait dans un smoking blanc immaculé.

-Messieurs et damoiselles de premières années, par ici !

Il avait à peine besoin d'hausser la voix. Raiponce frissonna. Ce type respirait la dangerosité. Elle prit tout son courage à deux mains pour suivre ce monstre humain. Mérida essayait de dissimuler son trouble, mais elle n'en menait pas large non plus.

Les deux jeunes filles se retrouvèrent dans la même barque, mais furent séparées d'Harold. En traversant le lac et en voyant apparaitre le château, Raiponce s'illumina complètement. Elle effleura la surface plane du lac, troublant légèrement l'eau. Quant à Mérida, elle se renfrogna. Non, Poudlard n'était certainement pas son premier choix.

Dès qu'ils arrivèrent de l'autre côté, quelqu'un les conduisit à travers un dédale de salles impressionnantes. A la grande surprise de Raiponce, Mérida s'astreignait à apprendre le chemin par cœur. « Au cas où on doit s'enfuir », lui dit-elle. Puis elles s'arrêtèrent avec tout le monde devant une porte titanesque. La porte s'ouvrit, laissant passage à une jolie jeune femme au teint olive et aux beaux yeux en amande. Elle était grande, fine, toute délicate. Sa robe de sorcière tournoyait autour d'elle et son sourire était rassurant au possible.

-Benvenuti à Poudlard, chers élèves ! s'exclama-t-elle avec un fort accent italien. Je suis le professeur Imelda Massarelli, professeure de sortilège à Poudlard.

Tous les élèves sentirent leur anxiété s'envoler.

-Dans quelques instants, vous allez être répartis dans vos maisons et vous rejoindrez vos camarades. Les quatre maisons de Poudlard sont Serpentard, Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor. Durant vos années à l'école, votre maison sera une seconde famille pour vous. Vos actions pourront faire gagner des points ou en perdre à votre maison et, à la fin de l'année, une coupe sera remise à la maison ayant accumulé le plus de points.

La professeure inspira.

-Je vous souhaites d'excellentes années à Poudlard. Maintenant, la cérémonie de répartition va commencer. Che le probabilità siano sempre a tuo favore.

La porte s'ouvrit sur ces paroles que personne ne comprit, et ce fut avec anxiété que Raiponce avança dans la salle immense.


Donc voilà la fin d'un nouveau chapitre. Ce n'est que le début du gros bazar, je vous promets qu'il n'y aura plus beaucoup de sérieux à partir du chapitre 10... ça part totalement en cacahouète. Mais oui, il y a bien une intrigue, je vous rassure. Avec des supers vilains, des méchants super forts, une directrice génialissime et des jumeaux tous pétés.

Alors, qu'avez-vous pensez de ce chapitre? Le prochain sera sur la répartition. Et ça ne sera pas de tout repos. De quoi envisager une reconversion pour les professeurs de Poudlard. Je les plains presque.

A bientôt!

Dans le prochain épisode:

"-GRYFFONDOR ! dit-t-il à voix haute.

La tablée de Gryffondor n'eut même pas le temps de rugir son approbation que Mérida avait enlevé le Choixpeau et se mettait à hurler.

-Vendu ! C'est ma mère qui l'a manipulé pour que j'aille à Gryffondor !"