Rating M : relation sexuelle consentie entre deux adultes. C'est un lemon, mais rien de très graphique.


Slow hands

Allison était lessivée. Elle avait eu une dure semaine au bureau, entre la renégociation du contrat avec les Hale et l'ouverture d'une nouvelle antenne à Sacramento. Et comme si ce n'était pas assez, son père l'avait appelé ce midi pour la supplier encore une fois de reprendre l'entreprise familiale. Allison n'avait que faire de Argent Armuries. Cette compagnie avait beau avoir été le moyen de subsistance des Argent depuis des générations, la jeune trentenaire n'était pas intéressée par les armes à feu, ni par le commerce de celles-ci. La société avait toujours été un lieu réconfortant pour elle, nostalgique symbole de son adolescence passée à s'entrainer au tir à l'arc, mais Alison n'avait aucune envie d'en être responsable. Ce n'était pas parce qu'elle était la dernière héritière Argent qu'elle devait se sacrifier pour sauver l'entreprise familiale. Tamora Monroe, la protégée de Gerald, était tout à fait capable de reprendre la compagnie et de la gérer à sa façon. Ce n'était pas parce qu'elle ne faisait pas partie de la famille que l'on devait lui enlever sa chance de faire ses preuves.

Lorsqu'Allison avait appelé sa meilleure amie pour se plaindre de l'insistance de son père et du poids de ses responsabilités familiales, Lydia lui avait proposé de sortir en boite pour se changer les idées. La charmante blonde vénitienne s'ennuyait à mourir depuis que Stiles avait été transféré au bureau du FBI à Chicago, et elle comptait sur l'aide de son amie pour oublier son ennui et s'amuser un peu. Mais Allison n'était pas d'humeur à faire la fête. Elle était épuisée, et elle avait simplement envie de prendre du temps pour elle. Un bain moussant, un verre de vin et un bon livre, c'était tout ce qu'elle désirait.


Déstabilisée dès son arrivée par l'agressant ballet des lumières stroboscopiques et par le bruit assourdissant que certains osaient qualifier de musique, Allison s'en voulu d'avoir cédé aux caprices de Lydia. Alors qu'elle aurait pu se reposer chez elle, en pyjama, confortablement lovée sous les couvertures, elle se retrouvait encerclée par une foule au parfum alcoolisé, les pieds martyrisés par les escarpins affutés que Lydia lui avait prêtés.

Les jeunes femmes s'installèrent dans l'un des box disposés en périphérie de la piste de danse et furent aussitôt assaillies par des prétendants qui n'entendaient qu'à les mettre dans leur lit - si possible, les deux en même temps. Amusée, Lydia annonça à la cantonade qu'elle était déjà prise et se leva pour aller chercher à boire au bar, abandonnant Allison à ces hommes entreprenants.

L'héritière Argent ne se sentait pas du tout menacée. Elle savait se défendre et, tout comme Lydia, elle trouvait surtout divertissante cette attention qu'on lui portait. Bien qu'Allison ne puisse rivaliser avec l'intelligence de son amie, elle avait tout de même compris les manigances de cette dernière : tenter de la distraire de ses soucis grâce au boost de confiance que lui procurerait cette popularité soudaine. Et puis, si l'une de ces rencontres lui permettait de trouver le grand amour, Lydia s'en féliciterait jusqu'à la fin de leur vie. Un autre soir, peut-être, Allison se serait amusée à fleurter, à danser, et aurait peut-être même ramené un heureux élu chez elle. Mais ce soir, elle n'avait vraiment pas la tête à ça. Elle se désintéressa rapidement de ces beaux Apollon qui lui faisaient la cour et, lorsqu'ils la quittèrent enfin, Allison posa sa tête sur le dossier de la banquette et ferma les yeux, se demandant pourquoi Lydia mettait autant de temps à commander deux mojitos.

La jeune femme entrouvrit les paupières et parcourut le club des yeux, à la recherche de la magnifique chevelure de son amie. Son regard vagabonda distraitement sur les gens qui sautillaient au rythme de la musique, lorsqu'elle aperçut un homme qui lui semblait familier. Traversant la foule d'un pas décidé, il releva la tête et Allison fut stupéfaite par l'image qui se dessinait devant elle. Cet homme, c'était Isaac.

Il avait changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Il était toujours aussi grand, mais il n'était plus aussi svelte que quand il était adolescent. Ses épaules s'étaient élargies, les traits de sa mâchoire s'étaient durcis, il avait pris du muscle, aussi, et ses adorables bouclettes avaient été tondues, laissant place à une coupe soigneusement peignée. Il était adulte, maintenant.

Cela devait faire au moins dix ans qu'elle n'avait pas eu de ses nouvelles. Ils s'étaient promis de garder le contact, lorsqu'Isaac avait quitté les États-Unis pour l'Europe afin de débuter son apprentissage de l'art de la parfumerie auprès d'un grand maître français. Mais les années étaient passées, leurs vies s'étaient chargées, et malgré les nombreuses larmes qui avaient été versées lors de leur séparation, ils étaient passés à autre chose.

Isaac semblait chercher quelqu'un dans la foule. Allison ne pouvait s'empêcher de l'observer, se mouvant avec aisance dans l'amas de corps qui l'entouraient. Il se tenait droit et fier, avec l'assurance de ceux à qui le monde appartient. Il n'était plus l'adolescent maladroit qu'elle avait connu, et elle n'était pas certaine de ce qu'elle ressentait par rapport à ce changement.

Par inadvertance, leurs regards se croisèrent. Ses yeux se posent sur le visage de la jeune femme et le scrutèrent un moment. Ils étaient froids, ternes, et ils avaient perdu cette étincelle malicieuse qui allumait son regard lorsqu'il s'amusait autrefois. Pourtant, les coins de sa bouche frémirent, et un sourire discret traversa son visage. L'avait-t-il reconnue ? Allison voulut lui faire un signe, le saluer de la main afin de lui signaler qu'elle se souvenait de lui, mais il fut englouti par la foule et elle détourna le regard, embarrassée.

La jeune femme fut profondément bouleversée par cette apparition fugace. Respirant profondément, elle tenta de rationnaliser la situation et fini par conclure que ça ne pouvait pas être lui. Il était peu probable qu'il se trouve ici, en même temps qu'elle, alors qu'il n'avait pas remis les pieds en Amérique depuis son départ. Allison aimait penser que s'il était rentré au pays, il l'en aurait avisée. Elle avait été ce qui ressemblait le plus à une famille, pour lui.

Chassant cet étrange mirage de son esprit, Allison entreprit de rejoindre Lydia pour découvrir ce qui pouvait bien la retenir aussi longtemps. Alors qu'elle arrivait au bar, elle senti une main se poser doucement dans son dos, assez haut pour n'être qu'un geste cordial. Elle sut immédiatement qui c'était lorsqu'elle senti le souffle d'un murmure sur sa nuque : « Bonsoir, Allison. »

« Isaac », répondit la jeune femme à travers un sourire qu'elle n'arrivait pas à réprimer. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Elle se retourna et soudain, Isaac se tenait devant elle, grand et distingué. Allison songea que l'adolescent qu'elle avait connu était devenu l'homme qu'elle avait rêvé qu'il soit, à l'époque.

« C'est comme ça que tu accueilles un vieil ami ? J'avais gardé le souvenir d'une jeune femme beaucoup plus chaleureuse. » lui répondit Isaac.

Allison vit passer un sourire dans ses yeux, et elle sut immédiatement ce que cela signifiait. « Charmeur », lui reprocha-t-elle en l'accueillant à bras ouverts. Elle laissa glisser ses mains sur les épaules d'Isaac alors qu'il déposait sa tête dans le creux de son cou, comme s'il souhaitait s'imprégner de son odeur pour la graver à jamais dans sa mémoire.

L'accolade, bien que chaste, dura un peu plus longtemps que nécessaire. Lorsqu'Allison relâcha son emprise, Isaac la laissa docilement s'éloigner, ses mains ne s'attardant qu'une seconde sur la courbe de ses hanches.

Ils allèrent s'asseoir dans un box et Allison oublia complètement Lydia. Durant des heures, ils se racontèrent leurs vies respectives, rattrapant le temps qu'ils avaient perdu loin l'un de l'autre. Isaac lui expliqua tout ce qu'il avait appris en Europe, le travail qu'il avait accompli et le développement de sa carrière. Allison l'informa de tout ce qui s'était passé en son absence, des chemins qu'avaient pris leurs camarades de classes, des rumeurs qui lui parvenaient encore de Beacon Hills d'un temps à l'autre. À la fin de la soirée, ils savaient à nouveau tout l'un de l'autre, et c'était comme si les dix années qui les avaient séparés n'avaient jamais eu lieu. Ils avaient retrouvé leur complicité d'antan, leur proximité, aussi, Isaac s'étant permis de se rapprocher d'Allison alors qu'ils discutaient.

- Tu m'as manqué, murmura-t-il, reposant sa tête sur l'épaule d'Allison.

Et elle retrouva cet adolescent, tendre et vulnérable, qui avait fait chavirer son coeur.

- À moi aussi, tu m'as manqué... Tu n'as pas idée à quel point, répondit-elle dans un souffle, caressant les courtes bouclettes qui chatouillaient sa gorge.


Lorsqu'elle cloua fermement Isaac contre la porte de son appartement, ravageant ses lèvres, Allison ne put s'empêcher de remarquer l'incroyable ressemblance avec leur premier baiser. Sa jolie bouche s'étira en un sourire que son amant s'empressa de faire disparaitre en mordillant sa lèvre inférieure. Allison soupira d'aise. C'était encore meilleur que dans ses souvenirs. Embrasser Isaac, c'était comme sentir les rayons du soleil réchauffer sa peau après les longs mois d'hiver. Doux et réconfortant. Alors qu'Isaac reposait son front sur le sien dans l'espoir de reprendre le contrôle de sa respiration haletante, Allison lui demanda :

- Es-tu toujours aussi doué de tes doigts?

- Ça dépend... Es-tu toujours aussi expressive vocalement?

Pour la première fois depuis son retour, Allison retrouva cette étincelle de malice dans les yeux de son amour d'adolescence. Sans perdre une seconde de plus, la jeune femme entraina son invité vers la chambre, des papillons virevoltant dans son ventre.


Isaac avait toujours aimé travailler de ses mains. La fibre artisane faisait partie de son ADN, et ce n'était pas pour frimer qu'il avait quitté son pays pour se former auprès des plus grands maitres parfumeurs de France. Il avait ça dans le sang.

Mais si vous lui aviez demandé quel était le travail qu'il préférait accomplir, qui le rendait le plus fier, le plus heureux, il vous aurait répondu, le rouge aux joues, que c'était d'user de son doigté magique pour donner du plaisir à quelqu'un. Pour lui, il n'y avait rien au monde qui soit plus gratifiant que les doux gémissements qu'il pouvait soutirer d'un simple geste de la main. C'était un art complexe et délicat, dans lequel il excellait.

Étendue sur le dos, les cuisses couvertes d'une légère chair de poule, Allison fondait (littéralement) sous les caresses de son amant. Elle sentait ses longs doigts d'artiste s'enfoncer en elle, explorant sa féminité et faisant naitre en elle des sensations qu'elle n'avait jamais connues qu'avec lui. Ne pouvant réfréner les sons obscènes qui s'échappaient de ses lèvres, Allison tenta de les étouffer dans son poing. Isaac fut plus rapide qu'elle et intercepta sa main, la maintenant tendrement -mais fermement- contre le matelas. « J'aime t'entendre », susurra-t-il. Au diable les voisins, pensa Allison. Cet homme aux doigts de fée méritait d'entendre ces éloges à son talent.

S'enfonçant dans les limbes de son plaisir, Allison oublia tout. Sa mauvaise journée, ses problèmes avec son père, le retour inattendu d'Isaac, envolés. Son cerveau se vida et se laissa envahir par cette douce sensation qui émanait du plus profond de son être, ce désir insatiable d'en avoir toujours plus, toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus loin... Ses muscles la lâchèrent d'un coup et son corps s'effondra sur le lit, frissonnant sous la fine couche de sueur qui habillait sa peau.

Isaac fut sur elle en un instant, écartant les mèches trempées qui collaient à son front, caressant, recouvrant sa peau de son corps pour la réchauffer. Allison ne s'était jamais sentie aussi sereine qu'en ce moment précis, dans les bras de cet homme qu'elle chérissait.

Quelques minutes passèrent, lentes et paresseuses, et la jeune femme recommença à avoir conscience de son environnement. Elle senti la pression sur sa cuisse, ce membre ferme et se rappelant à son attention. Allison glissa doucement sa main le long du flanc de son amant, cherchant à atteindre l'objet de sa convoitise.

- Isaac...

- Non, Allison, tu n'as pas à retourner la faveur. Je suis bien, là.

- Isaac, s'il-te-plait, laisse-moi te faire du bien, supplia-t-elle, les joues encore rouges de son excitation. Si tu en as envie, j'aimerais bien...

- Si tu en as envie, j'aimerais aussi, repris Isaac en plongeant ses yeux dans les siens.

Le jeune homme s'écarta d'elle, s'allongeant à ses côtés, et lui laissa libre accès à son corps. Allison sourit en dirigeant ses caresses vers l'endroit où il en avait le plus besoin, enfouissant son visage dans l'épaule d'Isaac. Il respirait plus rapidement, remarqua-t-elle, bien qu'il essayait de le cacher. Elle accéléra la cadence.

Adolescents, ils avaient passé des nuits entières dans les bras l'un de l'autre, explorant le corps de l'autre de leurs mains, goutant à la douceur de sa peau. C'était leur truc, leur secret à eux deux, bien gardé. Ils n'avaient pas besoin de plus. Les caresses et les baisers passionnés leur suffisaient.

Allison senti les doigts d'Isaac s'enfoncer dans sa hanche, son corps se raidir, et il ferma les yeux, comme pour mieux apprécier les vagues de plaisir qui s'échouaient en lui. Une chaleur humide se répandit entre leurs corps entremêlés, mais la jeune femme ne s'en soucia guère. Elle berça Isaac à travers la tempête, jusqu'à ce que le calme revienne.

- Je suis si heureux de te retrouver, confia-t-il en déposant un baiser sur sa tempe.

- Moi aussi, murmura Allison, le sommeil la gagnant. Ne pars pas...

Isaac regarda la jeune femme succomber à l'appel de Morphée et, sans y réfléchir, repris cette vieille habitude qu'il avait de la border d'un « Je t'aime ». Puis, se retournant pour recouvrir leurs corps du drap délaissé, il vit l'écran de son portable s'illuminer. Le nom de Lydia s'y afficha, accompagné d'un message laconique :

« Ne me remercie pas. »


Voilà! C'est la première fois que j'écris du contenu mature, normalement je fais plutôt dans le fluff tout mignon. J'avais envie de m'y essayer, tout en gardant mon style habituel, tout en métaphores et en douceur. J'aimerais bien avoir vos avis, est-ce que ça vous plait? Ou bien est-ce que vous préférez un lemon classique, plus graphique? Dites-le moi dans les reviews! Et qui sait, peut-être cet os aura une suite...