Défi n° 10 : Écrivez un texte qui se passe soit 20 ans avant l'histoire de My Hero Academia, soit 20 ans après.
Titre : Apocryphe
Résumé : Le front de libération à gagné la guerre. Mais un petit groupe de résistant est là pour empêcher l'humanité de disparaître.
Déjà le défi 10 ! Je pensais pas réussir à en écrire autant ! Bizarrement c'est toujours les défis qui m'inspire le moins au première abords qui donne les OS les plus longs.
Il y a du spoil sur les chapitres jesaispluscombiendumanga, mais en tout cas, c'est pas encore passé dans l'animé.
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Il y a longtemps, très longtemps; dans une galaxie lointaine, pas si lointaine, apparurent les alters. Des pouvoirs surhumains conférant aux hommes des capacités hors du commun. Très vite, des lois furent établies, des règles furent imposées pour permettre à tous de vivre dans un monde sécurisé. L'ordre des héros vit le jour, des justiciers légaux aux services de la loi, les seuls êtres autorisés à utiliser leur alter.
Mais ses règles ne plurent pas à tout le monde et très vite, des personnes se réunirent pour tenter de renverser les héros. Ils se faisaient appeler « le front de libération du paranormal » . Ils s'allièrent aux plus grands vilains pour lutter contre les héros, se fut la première guerre des alters. Après de nombreuses batailles et des pertes innombrables, le front de libération gagna.
Libéré des contrainte et des règles, chacun se mit à utiliser son alter comme bon lui semblait, et très vite le chaos se répandit à travers le pays. Puis de par le monde. Dorénavant c'était la loi du plus fort qui régnait et les pires crapules de l'histoire luttaient sans merci pour prendre le contrôl, entraînant la terre dans une guerre sans fin.
Mais un groupe de rebelle luttent encore pour le salut de l'humanité, autrefois héros, ils n'en n'ont aujourd'hui plus que leurs anciennes valeurs, justice, équilibre et harmonie. Ils luttent avec un seul objectif : celui de rendre au monde une paix qu'il n'aurait jamais dû perdre….
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Vingt ans plus tard ...
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Eri se laissa tomber derrière le muret, ses forces l'avaient abandonnées maintenant qu'elle se savait presque à l'abri. Un léger sourire ourla ses lèvres perlées de sang. Elle essuya la salive ensanglantée d'un mouvement de manche et tourna la tête vers la personne qui l'accompagnait. L'homme, les yeux écarquillés par la panique, avait le souffle court et la voix haletante.
« Mademoiselle Eri » Fit-il avec son accent prononcé qui avait longtemps intriguée Eri quand elle était plus jeune. « Nous n'aurions pas dû… »
« Oh ça va. » L'interrompit Eri dont l'air réjouit contrastait avec la frayeur qu'affichait les traits de son compagnon d'infortune. « Il faut bien qu'on agisse, ça fais des jours qu'aucun camps n'a bougé. C'était le moment de faire quelques choses. Puis tous c'est bien passé non ? »
« Mais les autres… »
« Les autres nous remercierons quand ils verront toutes les vivres qu'on a rapporté. »
L'homme n'osa plus la contredire. Après un court moment où seul le souffle de leur respiration osa briser le silence oppressant qui s'enroulait autour d'eux, Eri fit signe de continuer.
La jeune femme se releva à moitié, une main sur son flanc douloureux et, après s'être assurée que la voie était libre, reprit sa course jusqu'à un espace étroit entre deux cylindres de béton éventrés. Elle se laissa glisser avec souplesse dans le passage et ne pu retenir un léger rire lorsque ses pieds atterrirent dans un ploc familier, les gouttes d'eau d'une flaque boueuse venant tremper ses mollets.
Elle n'était pas partit très longtemps, à peine quelques dizaines d'heures, mais c'était bon d'être de retour.
Eri se décala. Elle laissa son partenaire se glisser à ses côtés, l'homme râlant contre l'eau croupie qui venait abîmer le bas de pantalon de toile, se qui fit de nouveau ricaner Eri. Même en plein milieu d'une guerre, il se préoccupait toujours de son apparence.
« Allez on est plus très loin. » L'encouragea Eri. « Peut être que tu pourras te changer la bas. »
« Ça serait déjà un miracle si je ne trouve, ne serait-ce qu'un vêtement propre. » Maugréa son compatriote.
Il prit pourtant les devant de leur petit groupe, visiblement lui aussi très pressé de rentrer. Après quelques tournant serrés, passages étroits, couloirs dans le noir et boyau de béton à moitié démolis, ils arrivèrent enfin à l'entré du repaire de la résistance.
Eri laissa son compatriote tapper le code d'accès. Elle se redressa, prête à affronter les remontrance des dirigeants pour son escapade non autorisé. Elle se rassura en serrant la lanière du sac à dos sur son épaule et les nombreux objets qu'il contenait, son autre main pressée contre le côté gauche de son ventre. Déjà, un liquide poisseux se répandait entre ses doigts.
Elle prit une courte inspiration quand la porte céda dans un grincement sinistre, mais personne n'attendait derrière, lui offrant quelques secondes de répit supplémentaire. Celui-ci fut de courte durée, Eri entendait déjà des pas se précipiter dans le long couloir, sans doute alertés par l'ouverture peu discrète du conduit.
Mais ce ne fut pas la silhouette d'un adulte qui se dessina à l'autre bout du passage, mais bien celle d'une enfant approchant des huit ans, ses longs cheveux sombres flottant derrière elle comme agité par un courant imperceptible.
« Eri-san ! Yuuga-san ! » S'écria l'enfant en se précipitant vers eux.
« Ko' ! » Lui répondit Eri sur le même ton réjoui, contente de revoir la petite fille.
Elle libéra son côté droit pour la recevoir contre elle, dans une étreinte maladroite mais chaleureuse.
« Kongaku ! » Fit Yuuga, son ton sévère en total opposé à celui de la jeune femme. « Que fais tu là ? Tu sais que tu n'as pas de droit de venir ici seule, c'est dangereux. »
« Mais je vous ai entendu arriver... » Marmonna Kongaku en faisant une moue adorable.
Elle entortilla son long lobe d'oreille autour d'un de ses doigts et leva des yeux remplis de larmes contenus vers l'adulte. Yuuga perdit son air mécontent pour soupirer
« C'est bon pour cette fois. » Abdiqua-t-il.
Eri ricana d'amusement. Yuuga se laisser avoir à chaque fois, il avait le coeur trop tendre pour résister aux enfants.
« Merci Yuuga-san ! » S'écria la petite en venant lui faire un câlin à son tour.
« Mais tu ne dois pas t'éloigner de ta tante, tu le sais. D'ailleurs, où est Mina ? » Demanda l'homme en relevant la tête en direction du boyau par lequel était arrivé Kongaku.
« Je suis là. » Répondit justement une femme dans la trentaine en les rejoignant d'un pas plus mesuré. Elle leur adressa un regard sévère. « Contente de vous voir revenir en vie. »
Yuuga baissa les yeux. Même après plus de vingt ans à la côtoyer, il avait toujours du mal à soutenir son regard quand Mina était énervée. Elle avait cette aura qu'on les grands chefs et qui n'avait de cesse de se développer depuis le début de la guerre. Son regard sombre allié à ses pupilles jaunes la faisait plus que jamais ressembler à une véritable reine.
« Je suis désolé Mina. » Tenta de s'expliquer Yuuga avec un sourire crispé. « Eri n'a rien voulu entendre et… »
« Et tu étais sensé la surveiller, pas l'accompagner sur le champs de bataille. » Le coupa Mina. « Je te rappelle que si on l'a perds, on perds tous. »
« Allez Mina, ça c'est pas mal passé. Pas besoin d'en faire tout un fromage. » Intervient Eri avec enthousiasme, elle ricana à la mention de la spécialité française et jeta un coup d'oeil en direction de Yuuga. « En plus on a trouvé pleins de trucs, genre, des gourdes purificatrices, du tissus pour faire des bandages ou des nouveaux vêtements, des boîtes de conserves et même … »
« Eri. » Fit brusquement Mina alors que la liste s'éternisait. Et Eri se tue lorsque le regard orangé se posa sur elle. « Kota est rentré. »
Le rire d'Eri s'étrangla dans sa gorge.
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Eri poussa la porte bancale pour pénétrer dans l'infirmerie, son sourire joyeux et fière s'était volatilisé lorsqu'elle avait apprit le retour prématuré de la mission d'infiltration. Son arrivée fut saluée par des soupirs de soulagement de la part des blessés étendus sur les brancards de fortunes. Sans attendre les ordres du médecin en chef, elle attacha sa longue crinière blanche et savona ses mains pour en enlever la crasse de l'extérieur. Puis elle s'attella au chevet des lits de camps les plus éloignés de l'entré, là où les cas les plus graves étaient alités.
« Tu t'es fait attendre. » Grinça Neito lorsqu'elle se pencha sur la plaie béante d'un femme soldat dont il s'occupait jusqu'alors.
« Désolée. » Souffla Eri, ce n'était pas le moment pour les reproches.
Du bout des doigts, elle effleura la peau meurtrie, et rembobina doucement l'historique de la blessure. C'était douloureux pour la patiente, mais ainsi, elle limitait les risques de remonter trop loin et de causer des dommages, cette fois irréversible. Elle ne voulait pas prendre le risque d'effacer son alter, ou même d'effacer littéralement la combattante.
Voyant qu'elle prenait les choses en mains, Neito l'a laissa et se dirigea vers le fond de la pièce pour toucher Chiyo et emprunter son alter quelques minutes de plus. La médecin en chef était maintenant trop âgée pour utiliser son pouvoir sans provoquer de dommages sur son propre corps, mais les talents de copieur de Neito permettait encore à l'alter de récupération d'être utile. La vieille femme était assise sur le bureau au fond de l'infirmerie, surveillant ses patients d'un oeil attentif.
Malheureusement, même en prenant son alter, Neito ne pouvait soigner que des petites blessures, les soldats, déjà épuisés par leur longue mission à l'extérieur, ne supporteraient pas la fatigue supplémentaire causée par la récupération rapide. C'était là qu'intervenait Eri et son alter de Rembobinage, elle pouvait soigner les plaies les plus grave sans laisser de séquelles.
Après avoir guéri les cas les plus grave, Eri se laissa tomber sur un lit libre, essuyant la transpiration qui perlait à son front. Les autres n'avaient pas besoin d'elle, il valait mieux laisser les hommes et femmes récupérer le plus normalement possible sans jouer avec les lois de la nature. L'alter d'Eri n'était réservé que pour les cas les plus critiques.
La porte de l'infirmerie s'ouvrit de nouveau mais Eri ne releva pas la tête, les allés et venus étaient fréquents dans ce lieu.
« Eri ! »
Tout son corps réagit à l'entente de cette voix, se tendant dans sa direction. Eri rouvrit subitement les yeux qu'elle n'avait même pas eu conscience d'avoir clos, et voulut se lever, mais la douleur dans son flanc se rappela brusquement à elle. Elle porta sans le vouloir une main sous ses côtes, appuyant sur la plaie pour faire refluer la douleur. Ce qui porta l'attention du nouvel arrivant dessus.
« Merde tu es blessée ! » S'exclama-t-il horrifié. « Neito ! »
« C'est rien ! » S'empressa de rectifier Eri avec un sourire. « J'ai connu pire. »
Mais l'autre la força quand même à s'allonger, remontant son haut pour exposer la blessure. Eri tenta de l'en empêcher mais le jeune homme avait bien plus de force qu'elle et elle finit par le laisser faire avec un soupir.
« C'est rien Kota. » Assura-t-elle de nouveau. « Il y a des cas bien plus urgent. »
« Tu as peut être connu pire, mais il est hors de question que tu souffre davantage. » La contredit Kota. « Qu'est-ce qu'il fou ? Neito ! »
Le blond jeta un bref coup d'oeil à la plaie entre deux patients.
« Juste une coupure un peu profonde et quelques bleus. » Déclara-t-il rapidement. « Rien de très grave. »
« Tu vois. » Fit Eri en souriant à Kota.
Neito se pencha vers elle pour lui déposer un bisou sur la joue puis lui ébouriffa affectueusement les cheveux avant de s'éloigner vers les autres blessés. Eri sentit une légère somnolence l'envahir. Elle retient un bâillement, puis se redressa en position assise, baissant son haut au tissu tachés de rouge sur la peau de nouveau immaculée.
« Pas de quoi s'inquiéter. » Conclu-t-elle.
« Tu te fou de moi ? » Lui répondit Kota dans un grognement, il se laissa tomber sur le brancard libre à côté. « Pas de quoi s'inquiéter, Eri ! Tu es sortie ! »
« Et alors ? Il ne s'est rien passé de grave, on a même pas rencontré un seul membre du front de libération ! Je me suis juste blessée toute seule parce que je faisais pas attention. »
Ce n'était même pas faux. Elle s'était prit un barre de fer dans le ventre seulement parce qu'elle courait en regardant derrière elle pour vérifier que Yuuga l'a suivait toujours. Pas de quoi s'alarmer.
« Mais tu n'es pas autorisé à sortir ! » S'emporta Kota d'un ton furieux.
« Mais j'en ai marre de rester cloitrer sous terre, je veux aller sur le terrain ! » Protesta Eri. « Je veux me rendre utile moi aussi ! »
« Tu es bien plus utile ici que sur le terrain ! »
Le regard de Eri se fit plus sombre tandis que la jeune femme se renfrognait.
« Alors toi aussi tu pense que je ne suis qu'un outil ? »
« Ce n'est pas ce que j'ai dis. » Contredit Koda, il se força à se calmer et à rendre sa voix moins agressive. « Tu sais à quel point tu es précieuse. »
« Oui, oui. » Fit Eri, riant jaune. « J'ai compris, je suis utile, donc je dois pas me mettre en danger. »
« Sans toi cette guerre n'a plus aucun sens. Toutes ses morts non plus aucun sens si tu n'es plus là pour nous permettre de les arrêter. »
« Alors peut être que je devrais juste disparaître, et cette guerre disparaîtra avec moi. » Répliqua Eri que la fatigue et l'irritation rendait acide.
Kota se raidit subitement comme si on lui avait planté un poignard dans la jambe. Il la fusilla du regard et se leva du brancard.
« Ne dis pas des choses pareils. » S'exclama-t-il, perdant patience. « Tu n'es pas en état de discuter, je reviendrai plus tard. »
Et sans attendre la moindre réponse, il lui tourna le dos et marcha à grand pas vers la sortie. Eri soupira et se laissa retomber en arrière, s'allongeant de nouveau sur le lit de camps inconfortable.
« Tu sais, il s'inquiétait beaucoup pour toi. »
La petite voix toute proche de son oreille fit sursauter la jeune femme. Elle se redressa sur un coude est son visage s'attendrit en voyant la moue enfantine de Kongaku.
« Ko', depuis quand tu es là ? »
« Je suis arrivé en même temps que Kota-san. » Répondit la petite fille en se hissant sur le lit, prenant place dans le petit espace que lui laissa Eri. « Est-ce que vous êtes amoureux ? »
« Quoi, avec Kota ? » S'amusa Eri, que la question fit rigoler. « Comment tu peux penser ça ? On fait que se disputer, et il a un mauvais caractère. »
La petite hocha gravement la tête prenant ses paroles en compte et conclus :
« Vous êtes amoureux. »
« L'amour ne peut pas exister au sein d'une guerre. » La contredit la jeune femme.
« Tante Mina m'a dit que ma maman et mon papa se disputait tout le temps. » Poursuivit néanmoins l'enfant. « Et que c'est comme ça qu'ils sont tombés amoureux. »
« Mais l'amour ne marche pas pareille pour tout le monde. Regarde, Neijire et Mina ne se dispute jamais. »
Kongaku fit la moue, visiblement peu convaincue par l'argument. Elle préféra changer de sujet.
« Est-ce que tu as vu mon papa ? »
Eri la regarda avec chagrin. Elle passa sa main dans les cheveux sombres de la petite, effleurant la mèche dorée qu'elle avait héritée de son père.
« Je ne suis pas aller du côté de la ligue, tu sais. C'est dangereux là bas. »
« Mais si on dit à mon papa que je suis là, il reviendra avec nous, hein ? »
Eri regarda longuement la lueur d'espoir dansant dans les yeux de l'enfant qui ne connaissait son père qu'à travers les histoires qu'on lui racontait.
Elle sourit tristement et fit ce qu'elle avait toujours détesté que les adultes fassent. Mentir aux enfants.
« Oui, je suis sûr que Denki reviendrai. »
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Dès qu'elle avait ouvert les yeux, Eri s'était levée, ignorant les courbatures qui tiraient sur tous les muscles de son corps. Comme elle l'avait dit, elle avait connu bien pire. Elle quitta l'infirmerie rapidement, après s'être assurée qu'on avait pas besoin d'elle, et prit le chemin de la salle de réunion d'un pas décidé.
Elle toqua et n'attendit pas de réponse pour entrer, peu importe l'heure, elle était sûre d'y trouver quelqu'un. Pourtant, elle fut surprise de découvrir l'homme assis seul dans une semi obscurité que la faible lueur d'une lampe à huile ne parvenait pas à dissiper.
L'homme blond était penché sur une carte, les traits tirés par des jours sans dormir, le regard dur de celui qui ne peut plus trouver le sommeil. Pourtant encore jeune, il paraissait d'un autre âge. Une lourde cape rouge bordée de fourrure recouvrait le côté droit de son corps pour camoufler l'absence de son bras, perdu à la guerre. Il n'avait jamais voulu laisser Eri utiliser son alter sur son moignon. Pour ne rien oublier disait-il.
Ça faisait un moment que Eri n'avait pas vu le chef de la résistance. Enfin, ancien chef. Katsuki n'était plus que l'ombre de lui même depuis la mort de son amant. Il avait laissé les rênes de la base à Mina et son poste de commandant à Hitoshi. Les observant continuer de jouer à une guerre dont il ne comprenait plus le sens.
« Mina m'a dit que tu avais désobéit à ses ordres pour sortir. »
La profondeur de son timbre fit frissonner Eri, elle se redressa presque inconsciemment, le dos droit et au garde-à-vous. Même après tous ses mois passé seul dans le noir, Katsuki était toujours aussi intimidant. Il avait perdu la colère qui animait le moindre de ses gestes autrefois, et il ne restait en lui qu'une lassitude immense, un calme ardent qui forçait au respect.
« Pour aller chercher des vivres et des objets de premières nécessités. » Osa tout de même répondre Eri.
« Nous avons des bataillons pour cela. »
« Des bataillons qui n'étaient pas rentrés depuis plusieurs semaines. »
« Eri. »
La jeune femme se tendit brusquement, serrant les poings de frustration.
« Je sais que tu aimerais aider davantage. » Reprit Katsuki de son ton effroyablement calme. « Mais nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en danger plus d'homme que nécessaire. »
« Mais je suis tout à fait capable de me débrouiller seule, je peut être une aide très utile sur le terrain. Le front sait qu'il ne peut rien faire contre moi alors...»
« Eri. » L'interrompit de nouveau Katsuki. « Je sais que …» Sa voix se coupa, il ferma douloureusement son poing et se massa les tempes avant de reprendre. « Qu'il t'a formé. Mais je ne peux pas te laisser les affronter. Il m'en aurait voulu de te mettre en danger. »
« Non. » Le contredit- Eri. « Il ne t'en aurait pas voulu parce que c'est ce qu'il aurait fait. Il m'a formé pour être juste, pour sauver les gens, pour mettre un terme à cette guerre. Pas pour jouer les infirmières une fois tous les six mois. Je pourrai être beaucoup plus utile ! Je pourrai… je sais pas ! Je resterai en arrière s'il faut, pour les soigner sur le champs de bataille, là bas je servirai vraiment à quelque chose ! »
« Eri. » Cette fois ce n'était pas Katsuki mais bien Mina qui venait se joindre à eux dans la salle de réunion. « Tu sais qu'on ne peut pas te mettre en danger. Cette guerre ne s'arrêtera pas tant que les alters existeront, et tu es la seule à pouvoir les effacer. »
Eri sentit la colère enfler en elle. Elle serra les poings et se mordit la lèvre pour ne pas exploser, se rappelant des conseils de son maître. Calme et maîtrise de soi était la clé de toute chose, agir sous le coup des émotions était néfaste pour les deux parties. Elle parvient à laisser refluer son irritation et c'est sur un ton froid qu'elle déclara :
« J'ai compris que vous voulez juste exploiter mon pouvoir. Finalement vous ne valez pas mieux que Overhaul. »
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« Lève toi. »
Eri accusa le poids du sac qu'on venait de lui envoyer sur le ventre. Elle se redressa, repoussant sur le côté le lourd fardeau qui lui avait coupé la respiration et plissa les yeux devant la lumière drue qui emplissait le dortoire. Même sans le voir, elle avait reconnu la voix de Kota.
Elle attrapa le pull roulé en boule au fond de sa couchette qu'elle avait enlever pour dormir, et l'enfila par dessus son débardeur. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Le dortoire était interdit aux hommes.
« Pourquoi ? » Grogna Eri, en se frottant les yeux. Elle n'avait pas assez dormi et le réveil n'était pas des plus agréable.
« On part. » Répondit Kota.
Le jeune homme s'était tourné de trois- quart, visiblement peu à l'aise de se trouver là, mais pas assez gêné pour lui tourner complètement le dos, sachant très bien les risques auquel il s'exposait en la sous estimant.
« Où ça ? Ça t'emmerderai d'être plus clair pour une fois ? »
« En mission, c'est ce que tu voulais non ? » Railla Kota visiblement peu ravis de ce fait.
D'un coup, Eri fut beaucoup plus alerte. Elle se leva, ignorant le regard que son camarade posa sur ses jambes dénudées, et enfila son pantalon de combat.
« Vraiment ? » Demanda-t-elle néanmoins, pas sûr que ce soit la réalité. « C'est une vrai mission, officielle ? »
« Oui. » Grogna le jeune homme qui s'agaçait déjà. « Un ordre directe de Bakugo-san. »
« Génial ! » S'exclama Eri, laissant libre court à sa joie. Enfin on lui confiait une mission sur le terrain ! « Mais, avec toi ? »
« Moi aussi ça m'emmerde, crois moi, c'est idiot de te mettre en danger comme ça... Mais j'ai pas le choix, Mina-san a menacé de faire fondre mes couilles si je te ramène avec une seule égratignure. »
Eri ricana, elle savait la femme capable de tout. Elle attrapa le sac que lui avait balancé Kota pour la réveiller et vérifia son contenu par aquis de conscience. Elle y glissa quelques affaires de plus entre les produits de premières nécessités et les montagnes de bandages.
« Allez dépêche toi. » La pressa Kota en jetant un regard anxieux en direction du couloir.
« Oui, oui ! » Fit Eri, dont même la mauvaise humeur de Kota ne pouvait entacher la joie de partir en mission.
Une fois son sac calé sur le dos, elle suivit Kota dans le couloir.
« Qu'est-ce qu'on doit faire d'ailleurs ? » Demanda-t-elle finalement lorsqu'ils rejoignaient la sortie vers l'extérieur.
Kota lui tient la porte dans une fausse galanterie exubérante et Eri ne pu s'empêcher de lui faire une grimace lorsqu'elle passa devant lui.
« Oh comme d'habitude. » Répondit Kota, laissant la lourde porte de refermer derrière eux. « Sauver le monde.
