Auteur : Sakura-okasan.
Titre : « regret... Promesse ».
Couple : Lan Zhan /Wei Wuxian
Rating : T
Genre : Romance,angst
Bêta : Marjo76
voici un Un écris pour le concour Promesse de kinai.
Thème de défi « Promesse ».
Je ne compte plus les années depuis que tu es parti. Oui, plutôt, si, je le fais. Ça fait maintenant treize longues années que tu n'es plus là. Treize années que mon cœur a été déchiré, par la peine et le regret. J'aurais dû te protéger. J'aurais vraiment dû le faire. Te protéger des autres, te protéger de toi-même, également, s'il l'avait fallu. Mais, je n'ai pas fait tout ça... Je ne l'ai pas fait suivant les règles à la lettre, comme à mon habitude. Ce ne fut que quand tu as disparu, que je me suis aperçu de ce manque, qui me ronge depuis, petit à petit. Ton absence a laissé un vide, qui n'a jamais pu être apaisé, même après toutes ces années. Depuis, je vis comme toi, j'aime le penser, tu aurais aimé. Je fais ce que tu ferais, sans aucun doute. Ça m'a amené plusieurs mésaventures, mais je n'en ai cure, si, avec tout ceci, je peux m'approcher, même un peu, de ce que tu fus... Mais, même avec ça, je ne vis qu'à moitié. Si j'avais pu, je t'aurais rejoint depuis longtemps, quand j'ai appris ton décès. Mais, avoir recueilli ton fils -notre fils- a contribué à ma survie... si l'on peut dire... Je te vois en lui, parfois. Il tient de toi, certaines mimiques, même après le peu de temps que vous avez passé ensemble, même en ne se souvenant de rien, après que je l'ai recueilli, après t'avoir cherché, après l'avoir trouvé lui, tremblant, fiévreux, dans le creux de cet arbre. Je n'en peux plus, Wei Ying, tu me manques trop... Je m'effondre sur mon lit et finis par m'endormir, épuisé à force d'avoir trop pleuré, comme à chaque fois que mes pensées se tournent vers toi... presque à chaque instant de ma vie, depuis ces treize dernières années.
Je suis de nouveau là, dans mes anciens appartements, au Cloud Recesses. Je joue du Guqin. J'inspire. Ce temps me paraît si lointain et à la fois, si proche. J'ouvre les yeux, que je n'avais pas eu conscience de fermer. « Il » est là, devant moi, la tête reposant dans sa paume, un sourire malicieux comme à son habitude, aux lèvres. Je me sens soudain accablé par la douleur et la perte... Il est toujours là, avec ses yeux pétillants de vie ! J'aimerais pourtant détourner le regard... mais je ne le peux pas. Je m'abreuve de sa présence, en imprime le moindre détail dans mon esprit. Je le vois sur le point de m'adresser la parole, mais le décor devient flou...
Quelqu'un me secoue doucement. Je m'éveille, en voyant le visage de « mon » fils : Lan SiZhui. Il a ce regard inquiet, depuis quelques temps... Je sais ce qu'il doit penser, mais, je n'arrive pas à lui parler... Que pourrais-je lui dire ?
-Seigneur Porteur de Lumière, je vous ai apporté votre petit-déjeuner. Souhaiteriez-vous vous rafraîchir, avant ?
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J'arrive, comme à mon habitude, dans les appartements de la personne qui m'a élevé, celui que je considère comme mon père. Je le vois, effondré sur son lit. Il a encore passé la nuit a pleuré... Je n'ose lui en demander la raison. J'ai beau être jeune, j'ai bien remarqué les moments où il semble ailleurs... Petit à petit, j'ai réussi à voir à travers son masque, à déceler la moindre de ses expressions, cachées dans ses yeux dorés et ce que j'y ai vu et vois toujours, me fait souffrir... Alors, je fais de mon mieux pour le soutenir. Il se lève et m'adresse un signe de tête, qui me fait sourire. Il y avait longtemps qu'il ne m'avait pas adressé un tel signe de tendresse, aussi flagrant. Je place le service à thé sur la table, ainsi que les fruits et attends qu'il revienne. Il a les traits plus détendus, aujourd'hui, j'en conclus qu'il a dû passer une meilleure nuit, que d'habitude. Je lui sers du thé, qu'il accepte volontiers. Après avoir mangé quelques fruits, je pars, me rendant à mes leçons matinales.
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Bien que je sache que ça n'avait été qu'un rêve, il me comble de bonheur. J'ai pu m'abreuver de la douceur de son visage et combler, ne serait-ce qu'un instant, le vide qu'il a laissé dans mon cœur. Je finis le déjeuner que m'a apporté SiZhui et me rends au Pavillon de la Bibliothèque, finir mes travaux en cours. La journée se passe doucement, dans une paix, seulement troublée par le bruit du vent. J'ai vite fait de terminer mes dossiers en cours, en fin de journée. Grand Frère vient me prévenir d'une chasse nocturne et me demande si je veux accompagner nos jeunes disciples. Je lui réponds par l'affirmative.
J'ai toujours l'amer espoir de le retrouver lors d'une chasse nocturne ou d'une sortie quelconque. « Amer » parce que, jusqu'à lors, cet espoir fut vain. Je sais pertinemment que ce n'est qu'un mince espoir, qu'il me vient seulement de mon cœur, qui se languit, et non de mon esprit, qui connaît la dure réalité, mais je continue à chercher. Sans cesse. Je continuerais de le chercher pour le restant de ma vie, et même de mon immortalité, si c'est ce que je dois faire. Je m'en suis fait la promesse ! Et je la tiendrai !
Les jours passent. Nous sommes le jour de la chasse nocturne. Je surveille mes disciples et là, je le vois. La personne pour qui j'ai le plus de rancœur, au monde ! Je sais qu'une des règles du Cloud Recesses est de ne tenir aucuns griefs, mais envers cette personne, je ne peux m'en empêcher. Jiang Cheng ! Je sers les poings et prends sur moi, néanmoins. Je ne dois pas montrer à quel point, je l'exècre. Cet homme qui m'a tout pris ! Lui, le frère adoptif de Wei Ying ! Celui-là même, qui a mis un terme à sa vie, d'après les rumeurs. Je dois me contenir... « Il » n'aurait pas voulu que je le tue... Sinon, il serait mort depuis longtemps !
La chasse se passe, aucun signe de lui... Je ne désespère pas, pourtant. Je laisse mes disciples suivre leur chemin. Ils doivent passer par là, pour apprendre et s'il y a le moindre problème, je le réglerais. Tout se passe pour le mieux. Une fois rentrés au Cloud Recesses, je fais mon rapport aux aînés et me rends dans mes appartements. SiZhui m'apporte mon dîner. Je le laisse manger avec moi. Son visage est illuminé de bonheur ! Il est vrai que je n'ai pas fait ça depuis longtemps... Voir cet enfant si heureux, me met du baume au cœur.
Il s'en va le sourire toujours aux lèvres, tandis que je me mets devant mon Guqin, retranscrivant mes émotions, plutôt douces, en ce jour, si j'en exclus cette ordure de Jiang Cheng ! Ma main ripe sur une corde et je décide de m'arrêter, me mettant au lit.
Me revoilà dans le Pavillon de la Bibliothèque. La même scène se déroule devant moi. Wei Ying me fait face, la tête posée dans sa paume. Je l'observe, sans un mot, sans un geste. Puis, quelque chose change. Ce Wei Ying bouge.
-Qu'y a-t-il, Lan Zhan ? J'ai quelque chose sur le visage ?
Surpris, je n'ose répondre.
-Lan Zhan ! S'exclame Wei Ying, me passant la main devant le visage.
-Hn.
C'est tout ce qui me vient à l'esprit.
-Ah, voilà ! Tu étais perdu parmi les nuages de ton clan ! Rit celui pour qui mon cœur battra à jamais.
-Wei Ying !
-Tu es toujours aussi drôle, Lan Zhan, dit-il, en me faisant un clin d'oeil malicieux.
-Hn.
-Tu ne m'as pas répondu... J'ai quelque chose sur le visage ?
-Non.
-Oh ! Je vois, s'exclame-t-il, toujours malicieux, tu étais subjugué par tant de beauté !
Sa phrase terminée, il passe sa main dans sa soyeuse chevelure brune.
Je me réveille, le cœur et le corps légers, comme peu souvent. Je ne me suis plus aussi bien senti depuis longtemps ! Lorsque je suis levé, je pars au devant de SiZhui. Il est toujours au déjeuner. Je me place au côté de mon frère. Il me regarde avec un doux sourire et continue de déjeuner. J'en fais de même. Je vois mon fils. Il a toujours ce sourire, qui occupe son visage. Il resplendit !
Plus tard, je me rends à ma classe, attendant mes disciples. Ils ont l'air plus que concentrés, aujourd'hui ! Nous avons bien avancé sur les leçons. Je leur permets de poser toutes les questions qu'ils veulent, sur les thèmes que nous avons déjà vus. Tout se passe bien, jusqu'à la question du jeune Lan JingYi. Tout d'abord, il a des questions sur l'énergie du ressentiment. Ça, je peux comprendre qu'il se demande comment ça fonctionne. Mais, ensuite, il pose des questions sur le Patriarche de YiLing. Ces questions-là, n'étaient pas dénuées de verve. Je n'apprécie pas le ton employé pour poser ces questions... J'y réponds donc fraîchement.
De nouveau, ce vide se fait sentir... De simples rêves ne suffiront jamais à combler le trou dans ma poitrine... De simples rêves ne suffiront jamais à apaiser ce mal-être qui me ronge... Je sors de la classe, les yeux emplis de douleur et le visage fermé. Cette douleur à laquelle j'avais pensé pouvoir échapper, ce jour-là... mais qui me suit sans relâche, telle une vieille ennemie. Elle survit, tout comme moi...
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Le moral de Lan WangJi retomba aussi vite qu'il était monté, le laissant dans une profonde mélancolie. Il n'avait même plus rêvé de Wei WuXian depuis plusieurs jours et son humeur s'en ressentait. Lan SiZhui était, de nouveau, inquiet à son sujet. Son père était de nouveau malheureux... pire encore qu'avant son regain d'énergie, si possible... Il ne savait pas ce qu'il s'était passé, mais il avait envie de tout faire pour que Lan WangJi retrouve sa joie de vivre.
Il redoubla d'efforts pour lui remonter le moral, mais rien n'avait l'air de fonctionner... Cependant, il ne baissait pas les bras pour autant ! Ce fut ce jour-là, qu'il pensa avoir trouvé la solution. Le jour où son père reçut une missive, il rusa, pour qu'il la lise, la plaçant sur le haut de la pile. Une fois fait, il attendit sa réaction. Elle ne se fit pas attendre ! Celui qui allait partout où se trouvait le chaos, avait trouvé sa nouvelle destination. Il informa les jeunes disciples de leur nouvelle mission : le Village Mo. Lan SiZhui espérait vraiment avoir pris la bonne décision.
Quand ils arrivèrent sur place, Hanguang-Jun prit plusieurs chambres dans une auberge pour que les jeunes disciples se reposent, avant leur mission. Réaliser une mission, en pleine possession de leurs moyens, était plus sûr. Lan WangJi se disait que cette mission venait à point nommé, pour lui faire penser à autre chose, que sa peine constante. Une fois installé, il alla chercher quelques informations auprès de l'aubergiste, qui ne put lui en apprendre davantage. Il remonta dans sa chambre et, après quelques tasses de thé, partit se coucher.
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Je suis de nouveau là, un poids soulage mon cœur. Je regarde autour de moi, mais ne le vois pas... Où est-il ? Avant, il m'attendait là, accoudé au bureau, me regardant. Le décor change. Nous voilà dans un pré rempli de lapins. Je souris et aperçois une silhouette au loin. C'est lui ! Il avance vers moi, le visage inquiet.
-Lan Zhan, je n'ai pas beaucoup de temps, pour tout t'expliquer... Mais, écoute-moi. Je suis bien là, c'est le vrai moi, dit-il, me prenant la main. Je vais bientôt revenir. Un jeune cultivateur va me céder son corps. Il a fait appel à mon âme, pour le venger.
Je resserre ma main autour de celle de mon « amour » et le regarde bien dans les yeux. Ils sont emplis de sincérité.
-Je t'attendrai. Toujours.
-Je devrais revenir bientôt. Cherche-moi... me dit-il, encore.
-Hn. Je le promets.
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Lan WangJi se réveilla, en sueur. Il espérait tellement que tout ce qu'avait dit Wei WuXian soit la vérité. Si tel n'était pas le cas, il en mourrait sûrement de chagrin... Il avisa l'heure. Il était très tôt, le matin. Il en profita pour mettre en place le plan de traque. Le plan en place, il descendit prendre son déjeuner. Il passa l'heure suivante à repenser à son rêve. Tout avait eu l'air si réel ! Le fol espoir de revoir son amour perdu lui redonnait le goût de vivre. Peut-être que cette chasse nocturne serait fructueuse ! Il l'espérait grandement.
Quand Lan SiZhui descendit déjeuner et qu'il aperçut son père, en faire de même, il remarqua de suite, qu'il avait de nouveau ce petit éclat d'espoir dans le regard. Il le salua, d'un chaleureux sourire. Ravi que cette chasse nocturne lui ait changé les idées, espérant que cela dure. Il déjeuna avec ses camarades, prêts à remplir la mission donnée.
Tous réunis devant le Manoir Mo, Lan WangJi leur expliqua comment tout allait se dérouler. Il leur demanda de bien respecter les consignes données, pour ne pas qu'il y ait d'accident. Tous acquiescèrent, face aux ordres du Porteur de Lumière. Le groupe entra d'un seul homme, avec, à sa tête, Hanguang-Jun.
Une fois à l'intérieur, la Dame du Manoir Mo vint à leur rencontre. Elle les salua bien poliment... Trop, pensa Lan WangJi et les invita à s'asseoir, pour prendre le thé.
-Merci, grands immortels, d'être venus dans notre maison, afin d'éliminer les mauvais esprits. J'ai beaucoup entendu dire que la Secte de GusuLan était entraînée pour être droite et avoir une tenue extraordinaire. Maintenant que je vous ai rencontrés, je peux affirmer que ces rumeurs sont vraies. En parlant de cela, notre famille Mo, si l'on peut dire, est aussi liée aux immortels... si le grand immortel...
-Je suis là ! S'écria un nouveau venu, nommé Mo XuanYu, qui n'était autre que le jeune homme lié aux immortels, mais également, le Patriarche de YiLing réincarné.
Plusieurs heures auparavant...
Mo XuanYu... Qui est-ce ?... Mo XuanYu... Qui m'appelle ?... Qui est Mo XuanYu ?... Tu es désormais, Mo XuanYu !... Non, ce n'est pas vrai, je ne le suis pas... Si tu l'es, désormais !... Je ne voulais pas placer la malédiction du sacrifice sur toi... Je suis désolé, dit une voix déchirée de culpabilité. Mais ils sont trop cruels... Ils font trop de mal ! Tues-les... Tues-les tous !... Pour moi !... Venge-moi, Wei WuXian !... Venge-moi !
Wei WuXian se réveilla, hagard. Il était accroupi, au centre d'un cercle ensanglanté, dans une pièce exiguë. Des talismans, tout aussi ensanglantés étaient éparpillés dans la pièce. Il regarda autour de lui et aperçut du maquillage. Que faisait-il là ? Il n'en savait rien... ou peut-être que si ? Tout se mélangeait dans sa tête... La porte s'ouvrit et plusieurs personnes entrèrent, pour le frapper.
Qui est-ce ?... Qui oserait frapper le YiLing Laozu ?!
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Quelqu'un d'autre vient d'arriver. Il m'adresse la parole d'un ton dédaigneux, me frappe, me demande quelque chose... Je ne comprends pas ce qu'il se passe, ni où je suis... Je comprends qu'il m'a volé des objets, qu'il affirme qu'ils étaient à lui, parce que tout ce qui était dans cette maison lui appartenait...
-Jeune Maître, nous avons fini de tout détruire.
-Si vite ? As-tu trouvé des objets d'immortels ?
-Tout ce qu'il y a, dans cette pièce délabrée est ici, répondit le serviteur, en montrant des feuilles éparses.
-Pourquoi caches-tu des papiers pourris, comme si c'était un précieux trésor ?! Siffle le « jeune maître », en me frappant de nouveau. Tu te crois si exceptionnel d'avoir été recueilli par la Secte Jin, pendant plusieurs années ?! Ils ne reconnaîtront jamais un bâtard illégitime comme toi ! N'as-tu pas été chassé comme un chien ?!
Il continue de me frapper avec les feuilles, que le serviteur a ramassées. Il me crache des insultes au visage, pour ensuite être informé que les immortels de la Secte de Lan venaient d'arriver.
Quand ils partent, je me relève et me rends compte que je porte du maquillage. Tanguant, je me rends à l'extérieur. La lumière m'éblouit. Je respire l'air frais et voit un bassin d'eau. Je me relève les cheveux, me les attache et me débarbouille un peu le visage, gardant le maquillage plus ou moins intacte, juste au cas où.
-Mo XuanYu, Mo XuanYu... ça m'allait bien, moi, d'être mort. Pourquoi m'avoir ramené ? Tu as même utilisé le sortilège de sacrifice pour ça... Quelles puissantes rancune et haine possèdes-tu ?
Je me parle à moi-même... ou plutôt, à mon reflet dans l'eau. J'avise alors mon bras, où la tunique reflète quatre coupures, profondément ancrées dans ma chaire. Le YiLing Laozu est ingrat et frénétique, voilà ce que tout le monde pense de moi. Il est le plus à même de venger les autres, bien évidemment ! Une cicatrice correspond à une vie... Si ses ennemis ne meurent pas, les cicatrices ne guériront jamais... Je suis dans de beaux draps, moi...
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Après s'être fait disputer pour être sorti de sa « chambre », Wei WuXian entendit les employés du Manoir Mo, dire que la Secte de GusuLan était en pleine discussion avec Madame Mo. Il eut un sourire empli de malice et se dirigea vers l'endroit en question. Le maquillage bien en place, il se cacha derrière les tentures d'un pilonne. Il remarqua, de suite, que Lan WangJi était là, accompagnant sûrement les jeunes disciples dans leur chasse nocturne. Un frisson le parcourut. Lan WangJi, son seul et véritable ami. La personne sur qui il avait pu compter tant de fois... Celle... il se secoua la tête et sortit de sa cachette, quand il entendit parler de Mo XuanYu.
-Je suis là ! Qui m'a appelé ? Je suis le seul qui puisse prétendre à devenir un immortel dans cette famille !
-Qui l'a laissé sortir ?! Faites-le partir !
Monsieur Mo essaya bien de lui dire de partir, mais Wei WuXian n'était pas de cet avis. Vu qu'on le prenait pour un fou, il allait se conduire comme un fou ! Il s'écroula au sol et se mit à crier, tel un enfant.
-Non ! Je ne veux pas partir ! Je ne veux pas ! Non !
Ceci fit rire les gens du village et certains disciples de la Secte de Lan. Lan WangJi, lui, restait stoïque, comme à son habitude. Il avait bien compris le manège de ce jeune cultivateur, mais attendait la suite des événements. Le jeune maître se dépêcha de se lever, pour essayer de déloger son cousin de là, mais rien n'y faisait. Il ne faisait que crier plus fort, affirmant qu'il ne partirait pas, qu'il resterait là ! Il feignait même la douleur, quand il vit son cousin lui tirait les bras.
-Lâche-moi ! Lâche-moi !
Mais, quand Wei WuXian vit qui le tenait, il se releva à toute vitesse, pour s'agripper au pilonne. Le jeune disciple de Lan, qui avait tenté de l'aider, quant à lui, ne savait que dire, ni quoi faire... Il regardait la scène, choqué et ce fut pire, quand il entendit Madame Mo affirmer que son neveux était fou.
-Lâche ça ! Et arrête de te comporter comme un cinglé ! Lâche ça ! A-Tong, attrape-le !
Le serviteur essaya, lui aussi, de déloger Wei WuXian du pilonne, mais rien n'y faisait.
-Non, je ne partirai pas ! Je ne partirai pas tant qu'il ne m'aura pas rendu ce qu'il m'a volé ! Voleur ! Tu m'as volé ! Rends-moi mes affaires ! Continua Wei WuXian, sur un ton très enfantin, en direction de son cousin.
-Menteur ! Pourquoi je te volerais tes affaires ?! Tu ne dis que des mensonges !
-Si ! C'est toi qui les as prises ! Tu me les as volées de force ! C'est toi !
Son cousin, hors de lui, leva la jambe pour frapper Wei WuXian, mais Lan WangJi, les yeux vifs, prit une goutte de thé et la lança sur le pied du jeune maître. Personne n'avait rien vu, sauf Wei WuXian, qui fit semblant d'être touché par son cousin, pour ajouter encore plus de drame à la scène.
Il se releva en pleurant, affirmant que c'était très douloureux, que sa famille le haïssait, qu'ils le frappaient. Il en rajouta encore une couche, en montrant ses blessures, aux gens du village, qui commençaient à le plaindre. Wei WuXian, voyant que sa diatribe avait fonctionné, prit une cruche de vin sur une des tables et se sauva.
Lan WangJi, quant à lui, avait froncé les sourcils, face à tant d'étalage d'espièglerie. Son cœur se serrait en pensant que cette personne ressemblait beaucoup à son Wei Ying. Il garda cette pensée dans un coin de son esprit, se promettant d'aller voir ce jeune cultivateur, afin d'en avoir le cœur net.
Après plusieurs heures à former ses disciples à cette mission, Hanguang-Jun partit à la recherche du jeune Mo XuanYu. Il le trouva adossé à un mur, savourant l'alcool qu'il avait chipé. Lan WangJi s'approcha et, quand il vit ce jeune homme, son corps défaillit. Sans le maquillage, Mo XuanYu ressemblait beaucoup à Wei WuXian. Il trébucha, posant ses mains autour du visage du plus jeune.
-Wei Ying... Tu...
Il l'emprisonna dans une embrassade. Peut-être avait-il trop serré, car le jeune homme poussa un petit gémissement de douleur.
-Lan Zhan ! Tu me fais mal !
À peine avait-il dit ça, qu'il le regretta... Le brun paniqua. Et si son ami le rejetait, encore une fois ? S'il le... Si... Si...
-Wei Ying ? Est-ce vraiment toi ? Demanda Lan WangJi, en le touchant, pour être certain que son amour était réellement en face de lui et non plus dans ses rêves seulement.
Wei WuXian ne sut quoi répondre et ne répondit ainsi pas.
-Wei Ying ? S'enquit Lan WangJi. Wei Ying... Pardon... Pardonne-moi...
-Pour quoi voudrais-tu que je te pardonne, Lan Zhan ? Tu n'as rien à te faire pardonner...
-Wei Ying...
-Lan Zhan, tu commences à me faire peur, là... s'exclama Wei WuXian, avec un petit rire angoissé.
Lan WangJi fit alors une chose qu'il n'aurait jamais pensé faire de sa vie. Il posa les mains sur les épaules du plus petit, le plaqua au mur et l'embrassa à pleine bouche. Tout d'abord, Wei WuXian ne répondit pas, trop choqué par ce geste si entreprenant. Puis, il finit par se détendre et répondit au baiser avec ferveur. Il n'avait jamais osé avouer à son ami qu'il le chérissait bien plus que comme un simple ami. Il avait cru ses illusions parties en fumée avec lui, ce jour funeste où il avait péri. Mais, tout changeait à cet instant. Maintenant qu'il était revenu. Il rit un peu, pensant à la scène, puis resserra son emprise sur les épaules de Lan WangJi. Hanguang-Jun relâcha Wei WuXian, le temps de reprendre son souffle et, voyant les yeux de son compagnon, il sut qu'il avait prit la bonne décision.
-Wei Ying, promets-moi de ne plus jamais me quitter, dit-il, sérieux, ses yeux dorés emplis de détermination.
-Je te le promets, répondit Wei WuXian, son propre regard argent, plein de ferveur.
Fin.
