Disclaimer : Harry Potter appartient entièrement et uniquement à J.K. Rowling. Je ne fais qu'écrire des fanfictions dessus à mes heures perdues.


Chapitre III

Samedi 18 octobre 2025 – Château de Poudlard

- C'est complètement, fou, Lily ! chuchota Hayden.

Un éclat de rire lui répondit plus en avant dans le passage secret.

- Pourquoi est-ce que tu chuchotes ? Personne ne va nous entendre, ils sont tous au match !

Hayden leva les yeux au ciel, même si sa petite amie ne pouvait pas le voir. Cela dit, Lily avait un sacré instinct, et il était certain qu'elle devinait ses faits et gestes, dans un tel moment.

- Et nous aussi, on devrait y être ! lui rappela Hayden.

- Le match n'a pas encore commencé, lui répondit Lily. On a le temps.

Elle était tellement désinvolte, si peu inquiète… L'inverse d'Hayden, qui aimait tout maîtriser dans sa vie. Elle lui apprenait à lâcher prise, et il devait reconnaître qu'il aimait l'insouciance dont elle faisait preuve, même si cela l'effrayait parfois.

- Lily, on est tous les deux capitaines. Les membres de nos équipes vont se demander pourquoi on n'est pas dans les gradins, alors que les Gryffondor et les Poufsouffle vont débuter leur match, et qu'ils ont des nouveaux joueurs.

- Mais j'ai envie de passer du temps avec toi ! se plaignit la jeune fille.

Et Hayden fondit.

Quand elle adoptait cette petite voix, quand elle le faisait passer pour la personne la plus importante du monde, lui, du haut de ses dix-sept ans, était incapable de résister. Il fondait, et cédait à tout ce qu'elle lui proposait. Car il n'était pas capable d'aller à l'encontre de sa moue boudeuse, de ses taches de rousseur, de son air espiègle.

- Et puis, qu'est-ce que tu veux regarder dans ce match ? On ne va rien apprendre qu'on ne sait déjà, et ça ne va pas modifier les pronostics de l'année en matière de Quidditch. Tes joueurs sont excellents, ils n'ont pas à s'inquiéter de nouveaux adversaires. Les miens sont nuls, et heureusement que je suis dans l'équipe pour relever le niveau, et faire en sorte qu'on marque au moins cent cinquante points à chaque fois. Sachant que ce n'est pas assez pour nous faire gagner, puisque mon gardien est une véritable passoire.

- Ce n'est pas la modestie qui t'étouffe, fit remarquer Hayden.

Le couloir était sombre, et il ne voyait pas grand-chose. C'est pour cela qu'il ne remarqua qu'au dernier moment que Lily s'était rapprochée de lui.

Elle glissa ses bras autour de la taille d'Hayden, et leva la tête vers lui. Il était à peine plus grand qu'elle.

- C'est la vérité, rétorqua-t-elle. Pas un manque de modestie.

Il pencha la tête vers elle, et l'embrassa doucement. Elle sourit contre ses lèvres.

- Tu vois, quand tu veux. Toi aussi, tu préfères être ici qu'au match.

- C'est équivalent, répondit Hayden.

- Menteur ! s'offusqua Lily. Je suis mieux que quelques joueurs de Quidditch.

- T'es beaucoup plus attirante, reconnut Hayden.

Lily sourit un peu plus, avant d'embrasser à nouveau Hayden.

Il se crispa soudain.

- J'ai entendu…

- Rien, souffla Lily. Tu n'as rien entendu. Il n'y a que toi et moi dans ce couloir, parce que, vraiment, personne ne s'intéresse plus aux passages secrets de Poudlard, et tu le sais, ce qui est notre plus grande chance à l'heure actuelle. On peut être tranquilles ici…

Mais Hayden, nerveux, n'arrivait pas réellement à se détendre.

Si durant l'été, ils s'étaient vus à plusieurs reprises dans le monde moldu, ce qui évitait de croiser des élèves de Poudlard, la rentrée les avait vus redoubler de stratagèmes pour passer quelques minutes ensemble. La connaissance encyclopédique de Lily de Poudlard, de son fonctionnement, de ses passages secrets et de ses lieux inconnus de tous aidait beaucoup les deux adolescents. Mais ce n'était pas toujours suffisant, et ils devaient également éviter les interrogations de leurs camarades, qui se demandaient parfois où ils disparaissaient. Le fait qu'ils n'aient pas d'amis en commun leur permettait, bien évidemment, de ne pas éveiller les soupçons plus que nécessaire.

Mais la situation restait tendue, et ils profitaient trop de leur liberté secrète pour avoir envie de se révéler au grand jour. Alors, ils vivaient dans le secret leur début de relation, espérant sans cesse que cela ne serait su que lorsqu'ils l'auraient décidé, et pas avant.

- Détends-toi, Hayden ! le bouscula Lily.

Elle se détacha de lui, tourna sur elle-même.

- Il n'y a personne ! Tu ne veux pas profiter du fait que je sois là, juste pour toi ? plaisanta-t-elle.

- Si…, souffla-t-il. Bien sûr que si…

Il combla la distance qui les séparait, et la reprit dans ses bras. Elle posa sa tête sur son torse, et il inspira profondément l'odeur qui se dégageait de ses cheveux.

Lily était une vague de bonne humeur. De joie, de nouveauté, dans sa vie. D'exubérance, de spontanéité, de liberté. C'était la première fois qu'il se laissait aller aussi naturellement à l'expression de ce qu'il pensait, ressentait. Et pourtant, il ne lui en donnait pas beaucoup. Mais ce qu'il lui donnait, c'était plus que ce que personne n'avait jamais vu. Elle le savait, elle en profitait.

- Cigarette ? proposa Lily.

- Tu me donnes de mauvaises habitudes.

- Je te sors de ton quotidien, corrigea-t-elle en plongeant la main dans sa cape d'extérieur.

Il pleuvait et ventait dehors, elle en aurait besoin pour assister au match de Quidditch.

- Juste une, et ensuite, on va au match, accepta Hayden.

Elle roula des yeux.

- Tu es beaucoup trop sérieux.

- Pas avec toi, la contredit Hayden. Vraiment, pas avec toi…

Lily sourit grandement.

- Un privilège rien que pour moi. Quelle chance !

Elle offrit une cigarette à Hayden et, dans l'obscurité du passage secret, ils la savourèrent. Lily observait avec attention le passage secret, vérifiant si des élèves étaient passés par ici récemment, s'ils avaient laissé des traces de passage.

Hayden, lui, la dévorait du regard. Sans qu'elle ne s'en rende compte, évidemment. Sans qu'elle ne le remarque, il la détaillait, gravait chacun des détails de son corps dans sa mémoire, espérant que jamais il n'aurait besoin de puiser dans ses souvenirs pour se rappeler avec perfection de ce à quoi ressemblait la fille du Survivant.

Lily était lumineuse. Et elle l'irradiait, tout le temps, même à distance. Par ses piques, par son enthousiasme, par ses bousculades. Par ses grands gestes, sa ferveur.

Par tout ce qu'elle était.

- Il faut qu'on y aille, Lily, murmura Hayden.

Il détestait ces moments, mais il savait également que c'était leur rigueur qui leur offrait cette tranquillité.

Lily gémit.

- Je sais…, souffla-t-elle.

- Allez, on trouvera rapidement un autre moment, et tu le sais, la rassura Hayden en lui caressant doucement la joue.

Elle sourit.

Chaque fois qu'Hayden Zabini se montrait aussi doux avec elle, Lily se demandait comment personne n'avait jamais pu voir cette part de sa personnalité avant. Pourquoi est-ce qu'aucun autre élève ne s'était jamais intéressé à lui ? Pourquoi est-ce qu'il s'isolait toujours, pourquoi est-ce qu'il restait toujours aussi distant avec les autres élèves de Poudlard ? Elle ne l'avait jamais vu partager des moments de rire, ou tout du moins de détente, qu'avec Scorpius Malefoy, et c'était d'ailleurs comme cela que Lily avait découvert ce trait de personnalité, alors que sa cousine Rose s'était rapprochée de Scorpius Malefoy, sans que cela n'aboutisse à rien.

Ils remontaient le passage secret, quand Lily s'arrêta fermement. Elle tenait la main d'Hayden, et le força à faire de même.

- Lily ! souffla-t-il. Le match va débuter.

- Attends, attends. Il faut qu'on parle Quidditch, justement.

- Pourquoi ?

- Tu es batteur.

- Je suis au courant.

- Et moi, attrapeuse.

- J'ai étudié l'équipe de Quidditch de Serdaigle, je sais quel poste tu occupes.

- Tu ne comprends pas.

Hayden fronça les sourcils. Avant de se détendre. Et de les froncer à nouveau en comprenant ce qu'elle sous-entendait.

- Non.

- Si, insista Lily.

- Non ! On est deux batteurs, c'est lui qui…

- Allons, Hayden. Tu sais très bien que lorsque je plonge vers le Vif d'or, votre but, c'est de m'empêcher, à vous deux, de le saisir. Donc, lors du match qui nous opposera, tu vas devoir me viser. Réellement. Comme tu le ferais pour n'importe quel autre attrapeur.

Hayden secoua la tête. Aucun mot ne sortait plus de sa gorge, mais Lily, en quelques mois, avait compris qu'il était comme ça. Elle ne pouvait pas le changer. Hayden se confiait peu, c'était à elle de le convaincre de parler et, surtout, d'accepter ce qu'elle allait lui dire.

- Lily, je ne vais pas te viser.

- Tu devras le faire, lorsque je serai après le Vif d'or. Et tu sais très bien que je le trouverai avant ton attrapeur.

Hayden serra les poings, oubliant qu'il tenait la main de Lily. Elle ne dit rien toutefois, acceptant la douleur. Elle savait qu'elle allait au-delà de la capacité d'Hayden d'accepter qu'il puisse la blesser, mais elle devait le forcer à franchir cette limite.

- Pense à ce qui se dira, si tu ne me vises pas. C'est toujours toi qui vises l'attrapeur. Et puis, peut-être que tu ne m'atteindras pas, le rassura Lily.

Ils savaient tous les deux que c'était un mensonge, mais Hayden choisit d'y croire. Il relâcha la pression dans ses poings.

- Je pars le premier, marmonna-t-il. Il ne faudrait pas qu'on nous voie arriver ensemble au match. On doit être les derniers.

Lily le regarda disparaître. Elle se massa pensivement la main qu'il avait broyée, refusant de revenir sur ce qu'elle venait de lui infliger.

Il allait devoir la viser.

Comme il visait tous les attrapeurs, toujours.

Et elle savait qu'il ne ratait pas souvent sa cible.

Elle allait avoir très mal.

Si c'était le prix à payer pour leur intimité, elle était prête à souffrir.

.

Dimanche 11 avril 2032 – Le Terrier

Lily se rapprocha discrètement de l'homme qui se tenait immobile, les mains dans les poches, à l'écart du bruit et des préparatifs.

- Tu sais, on ne mange pas les Malefoy chez nous.

Scorpius Malefoy sursauta en se rendant compte que Lily Potter était juste à côté de lui.

- Je ne vous ai pas entendu arriver ! se justifia-t-il alors que Lily riait joyeusement.

- Tutoie-moi, on a déjà fait une soirée ensemble. Et je m'inquiéterais si tu m'entendais arriver alors que je souhaite te surprendre. Il paraît que je suis Auror, ça serait une mauvaise publicité pour le Bureau si je n'étais pas capable de surprendre les sorciers qui ne sont pas des mages noirs.

Scorpius étira ses lèvres en un mince sourire.

- C'est vrai. Tu étais au Bangladesh, c'est bien ce que m'a dit Rose ?

- C'était le cas il y a trois mois. Ensuite, j'ai bougé dans d'autres pays, évasa Lily. Le principe de l'unité des affaires étrangères.

Elle se frotta l'épaule droite en même temps qu'elle disait cela, avant de plonger une main dans la poche de son indéfectible veste en cuir.

- Cigarettes ? proposa-t-elle, tout en connaissant par avance la réponse.

Hayden lui avait bien évidemment parlé de Scorpius, de ce qu'il aimait, détestait. Elle doutait que tout ait changé en deux ans.

- Non, merci, dit le garçon. Je ne suis pas un grand fan.

- Ouais, comme la plupart des membres de ma famille, reconnut Lily en se servant dans son paquet. Mais du coup, ça me donne une excuse pour m'éloigner de la foule. Toi, à l'heure actuelle, tu n'as pas d'excuses. Méfie-toi, on va croire que tu nous méprises…

Il lui jeta un regard affolé, avant de se tourner vers la masse de Weasley et Potter qui s'affairait derrière eux.

Lily éclata de rire.

- C'était une plaisanterie, Scorpius, détends-toi !

- Je ne suis pas très au fait de vos… plaisanteries, reconnut-il. En fait, j'ai entendu qu'il y en avait déjà eu une dizaine depuis que je suis arrivé, mais je ne suis pas arrivé à les comprendre…

- T'es un marrant, toi. Pas étonnant que Rose soit avec toi, s'esclaffa encore plus Lily.

- Ce n'est pas… souvent que je fais rire les autres.

- Et c'est exactement pour ça que tu es hilarant, le rassura Lily. Pourquoi est-ce que Rose n'est pas avec toi pour te protéger des blagues de cette famille ?

Scorpius soupira, apparemment désolé lui aussi d'être lâché seul au milieu des fauves. Il avait rencontré presque toute la famille Weasley, mais à chaque fois en petit comité, et c'était plus simple. En revanche, se retrouver propulsé au milieu de cette marée humaine incapable de rester immobile et silencieuse était une autre épreuve, et il devait reconnaître qu'il échouait lamentablement, à l'heure actuelle.

- Elle a été réquisitionnée pour la préparation du dessert.

- Pauvre d'elle, ça veut dire que grand-mère est en train de la cuisiner à ton sujet, grimaça Lily.

- Pour être honnête, j'ai cru comprendre qu'elle voulait surtout savoir pourquoi Rose t'avait emmenée à une fête alors que tu devais dîner ici, quand tu es rentrée.

- Oups, grommela Lily.

Depuis une semaine qu'elle était rentrée en Angleterre, Lily n'avait toujours pas fait l'effort d'aller voir ses grands-parents et, surtout, leur expliquer pourquoi elle avait raté le repas qu'ils avaient organisé pour elle.

- L'avantage d'être la dernière, c'est que tout m'est pardonné, dit Lily. Le désavantage, c'est que passé la vingtaine, cet avantage n'est plus vrai.

Scorpius sourit, d'un vrai sourire cette fois.

- Eh, mais c'est que tu arrives à te détendre ! Jolie performance.

- Merci, dit sobrement Scorpius.

- Je vais presque croire que tu es capable d'exprimer des émotions sur ton visage.

- C'était une plaisanterie ?

- Il y a encore du boulot, soupira Lily. Rose m'a dit que tu étais préparateur de potions, dans l'entreprise de ton père ?

Scorpius acquiesça, avant de se lancer dans une explication plus détaillée de ce qu'il faisait au quotidien. Petit à petit, Lily en apprit plus sur le garçon, même si, beaucoup de ce qu'il lui disait lui avait déjà été rapporté par Hayden, des années auparavant.

Plus elle l'écoutait, plus elle réalisait que Scorpius n'était pas fait pour cette ambiance, pour ce brouhaha permanent qui régnait dans leur famille. Et c'était bien la preuve qu'il tenait beaucoup à Rose pour être présent ce dimanche, alors qu'il n'était pas du tout à son aise parmi toutes ces personnalités qui se bousculaient.

Lily en était à un nombre assez élevé de cigarettes lorsqu'on l'appela.

- Lily Luna Potter !

Elle se tourna vers sa mère, qui se tenait près de la table, et la regardait avec colère. Derrière elle, Harry Potter adressa un regard désolé à sa fille.

Malgré elle, Lily laissa échapper quelques jurons bien sentis, surprenant Scorpius.

- Et c'est ainsi que ma vie s'achève, souffla Lily.

- Tu ne dramatises pas ?

- Bien sûr que si, rétorqua Lily. Mais ma mère va me passer un savon qui va me faire regretter d'être là aujourd'hui.

Elle éteignit la cigarette qu'elle était en train de consumer, et la fit se volatiliser d'un coup de baguette magique.

- Parce que tu fumais ? s'enquit Scorpius.

Il n'avait pas réellement envie d'être à nouveau tout seul, et de devoir se mêler encore à la foule. Lily lui tapota l'épaule, compréhensive. Ça avait toujours été une des facultés de Lily, de deviner ce que pensaient les autres… à part Hayden Zabini. Pour lui, elle avait besoin de le pousser à parler.

- T'inquiète, je ne vais pas te laisser tout seul. Je t'envoie Louis, il est à peu près normal. Aussi normal qu'un Weasley peut l'être, n'aie pas trop d'espoir là-dessus quand même. Mais normal. Et si ma mère m'appelle, ce n'est pas parce que je fumais. Quoique, je crois que j'aurais préféré, grommela Lily.

Elle porta deux doigts à sa bouche, et siffla sur une note aiguë. Aussitôt, un garçon se retourna. Elle lui fit de grands signes. Abandonnant ce qu'il était en train de faire, il se rapprocha d'eux.

- Tu vas voir, Louis est sympa, dit Lily avant de s'éloigner à grandes enjambées vers sa mère.

Harry Potter et Ginny Potter, anciennement Weasley, s'étaient légèrement écartés pour que Lily les retrouve loin des oreilles indiscrètes.

- Oui ? demanda Lily, innocemment, lorsqu'elle les rejoignit.

- Ton père vient de me raconter.

Lorsque sa mère croisait les bras sur sa poitrine, Lily savait qu'il fallait qu'elle joue serré si elle ne voulait pas être prise au milieu d'une énorme dispute. Tant que sa mère ne posait pas les mains sur les hanches, elle avait encore une chance de s'en sortir.

Plutôt que d'essayer de jouer l'innocente, en lui demandant ce que son père venait de lui raconter, Lily choisit la franchise.

- Je sais, maman, ce n'est pas simple à entendre. Mais c'est sans danger, mentit-elle.

- Si tu ne gardes pas cette substance dans ton corps pendant plus de six mois, et ton père vient de dire que cela faisait déjà un mois que tu en avais bu !

Lily se frotta l'épaule droite en grimaçant. Elle détestait l'idée que sa mère s'inquiète, mais elle comprenait que son père lui en ait parlé. Cependant, quelques semaines de délai en plus l'auraient arrangée.

- Maman, on est coincés. On sait qu'il se joue de nous, et si on ne prend pas les devants…

- Tu sais, quand ton père cherchait à battre Voldemort, il ne fricotait pas avec la magie noire, répliqua Ginny. Et il me semble que ton suspect est légèrement moins dangereux que Voldemort !

Lily ferma les yeux. Si sa mère sortait l'argument Voldemort, la situation était plus désespérée que ce à quoi s'était attendue Lily.

- Ce n'est pas tout à fait vrai, répliqua Lily, et tu le sais aussi bien que moi. La magie noire était tellement autour de Voldemort que papa a forcément dû la fréquenter. Et puis, dédramatisa-t-elle, ce n'est pas réellement de la magie noire. En tout cas, pas en Afrique.

- Sauf qu'ici, tu es en Europe ! siffla sa mère. Et que tu es une Auror européenne, pas africaine.

Lily se tut quelques instants, cherchant quelle stratégie adopter pour ne pas déclencher la bombe. Elle se rendait bien compte que ses chances de s'en sortir sans que sa mère ne lui hurle dessus étaient très faibles. Le risque, c'était que si sa mère s'énervait réellement, son père risquait de faire de même, à nouveau. Or, elle n'était pas réellement tentée par un drame familial, aujourd'hui.

- Maman, ça nous permet d'en savoir plus sur lui, et de nous en rapprocher chaque jour un peu plus.

C'était un mensonge, mais sa mère ne réagit pas à cette réflexion, ce qui fit comprendre à Lily que son père n'avait pas tout expliqué. Il lui avait ménagé une voie de sortie, au cas où elle se retrouverait dans cette situation. Elle choisit de s'y engouffrer.

- Je ne le fais pas pour moi, ni pour la gloire, ni pour la magie noire, la rassura Lily. Je le fais pour arrêter ce sorcier, ou cette sorcière. Je le fais pour qu'on puisse enfin mettre un nom et un visage sur cette menace. Pour que le monde sorcier puisse dormir en paix.

Sa mère se mordit la lèvre.

Lily regarda son père, qui l'encouragea d'un signe de tête. Elle prit une profonde inspiration.

- Je le fais pour James.

Et elle sut à l'instant précis où elle prononçait ses mots qu'elle aurait mieux fait de se taire.

Sa mère changea de position, et ses mains se positionnèrent sur ses hanches. Instinctivement, Lily et Harry reculèrent d'un pas. Distance de sécurité.

- Ne mêle pas ton frère à ça, siffla Ginny.

- À quoi ne dois-je pas être mêlé ?

Un bras se posa sur les épaules de Lily, tandis que la silhouette d'Albus se dessinait à ses côtés. Elle en aurait ri de soulagement, si sa mère n'était pas autant en colère.

- Pas toi, lui expliqua Harry. James.

- Pourquoi est-ce que tu lances toujours les sujets sensibles, Lily ? plaisanta Albus en lui pinçant la joue.

- Arrête de faire ça, je ne suis plus une gamine, grommela Lily.

- Tu le seras toujours pour moi, lilipuce.

- Va mourir, grogna Lily.

- Pour ça, il faudrait déjà que tu m'attrapes ! plaisanta Albus en s'éloignant promptement.

Lily ne se fit pas prier trop longtemps. Elle fusa à la suite de son frère.

Albus était rapide, mais ce n'était rien en comparaison aux réflexes de Lily. Dès lors qu'ils furent hors d'atteinte des reproches de leur mère, Lily sauta sur le dos d'Albus.

- Pourquoi est-ce que tu es aussi insupportable ? pesta-t-elle alors qu'il la réceptionnait sans problème, habitué à ce geste depuis des années, et pas du tout déstabilisé par le gabarit de Lily, devenue adulte depuis.

Albus pouffa.

- Tu plaisantes ? Je viens de te sauver de maman ! Qu'est-ce que tu as fait pour la mettre dans un tel état ?

Lily réfléchit quelques instants. Albus avait raison. Elle était sur le point de passer un très mauvais moment en compagnie de sa mère, et l'arrivée d'Albus avait été l'occasion parfaite pour se tirer de ce mauvais pas.

- Il semble que papa ne garde pas toujours le secret quant à ce que je fais en tant qu'Auror, avoua Lily dans une grimace.

Elle descendit du dos de son frère, et ils se mirent en route vers leur lieu de réunion de famille. Les autres membres de leur famille prenaient peu à peu place autour de la table qui avait été dressée dans le jardin de Molly et Arthur Weasley, et, la plupart des cousins sentant que l'orage était à craindre si Lily s'installait à côté de sa mère, Ginny était déjà entourée de beaucoup de personnes. Lily serait à son parfait opposé pendant le repas.

- Oh, comprit Albus. Et si moi je devais être au courant de ce que tu as fait en tant qu'Auror, est-ce que je serais dans le même état que maman ?

Lily haussa simplement les épaules, une manière pour elle de faire comprendre à Albus qu'il ne serait certainement pas ravi, mais qu'elle n'allait pas lui en parler tout de suite.

- Pourquoi est-ce que tu veux aborder les sujets qui fâchent ? le questionna-t-elle simplement.

Il éclata de rire.

- Tu plaisantes ? Je t'ai sauvée alors que tu parlais de James, en le prenant comme exemple pour te défendre. Faire ça, c'est bâtir son échafaud, monter soi-même dessus, et déclencher l'arme mortelle qui va te faire passer de vie à trépas !

Lily grimaça. Alsev avait raison, même si cela lui faisait mal de l'admettre. Elle avait perdu pied lorsque sa mère lui avait parlé, et elle avait été incapable de réagir correctement, de manière à ce qu'elle s'en sorte sans dommage.

Elle devait manger avec sa mère le lendemain midi, en tête à tête, et elle savait qu'elle allait regretter amèrement son écart du jour.

Elle s'installa en bout de table, à côté de Rose. Albus prit place à côté de Scorpius.

- Salut, mon ami !

Lily étouffa un rire dans sa main. Scorpius, abandonnant pendant un instant sa façade avenante, lança un regard glacial à Albus.

- Albus, tu as passé des années à me pourrir la vie à Poudlard. Nous ne sommes pas amis.

- Je ne dirais pas que je t'ai pourri la vie, le corrigea Albus. J'ai surtout essayé de te dérider. Sans réussir, à mon plus grand malheur…, soupira dramatiquement Albus. Et appelle-moi Alsev, on est amis je te rappelle !

Scorpius lui lança un regard qui oscillait entre le dégoût, la déception, le dépit, l'exaspération… Lily avait de plus en plus de difficultés à rester sérieuse, et elle remarqua que Rose également.

Scorpius décida finalement de ne pas répondre, prenant plutôt le plat qu'on lui tendait, et se servant.

- Donc, tu sais te servir toi-même d'un plat ? s'étonna Albus.

- Tu m'as vu faire pendant sept ans à Poudlard. Vu qu'apparemment, ma vie te passionne, tu as bien dû remarquer que je me nourrissais.

- Enfin quelqu'un qui te fait remarquer que ton obsession pour Scorpius n'était pas saine, soupira Rose. Sers-toi plus, Scorpius, sinon, mamie ne va pas être contente.

- Mais… je ne vais jamais…

- Ne t'inquiète pas, on a tous nos astuces pour réussir à terminer nos assiettes, le tranquillisa Lily.

Les plats passaient, les conversations défilaient. Rose et Lily avaient toujours été proches, et elles avaient énormément de choses à se raconter. Lily profitait de ses retours sur le territoire anglais pour raconter à Rose toutes les expériences qu'elle avait vécues pendant ses voyages. Rose, de son côté, racontait à Lily toutes les nouveautés qui ébranlaient le monde sorcier. Travaillant au département de la coopération magique internationale, marchant fièrement dans les traces de sa mère, elle avait toujours quelque chose d'intéressant et d'inédit à raconter à sa cousine, qui était aussi une des seules à l'écouter passionnément, dans la famille.

Albus avait fini par abandonner l'idée de chercher des noises à Scorpius, et s'intéressait réellement à sa vie, tout comme Louis, assis à côté d'eux.

Louis avait toujours aimé rencontrer de nouvelles personnes et discuter avec elles. Lily trouvait que c'était une bonne chose qu'il soit proche de Scorpius, il le mettrait plus à l'aise que les autres membres de sa famille. Victoire et Dominique, par exemple, ne débuteraient sûrement pas de conversation pour en apprendre plus sur Scorpius. Les oncles et tantes de Lily ne feraient que lancer des piques sur la famille Malefoy, et ce n'était pas ce qui mettrait le jeune homme le plus à l'aise.

Avec Albus et Louis à ses côtés, Scorpius avait sans cesse de nouveaux sujets de conversation, et ne paraissait pas s'ennuyer, ni être trop mal à l'aise.

Et, pour le plus grand bonheur de Lily, la conversation prit soudainement une tournure qui l'intéressait particulièrement. Elle avait beaucoup de chance, ces temps-ci, pour entendre les informations qui l'intéressaient particulièrement depuis son retour de l'étranger.

- Tiens, j'ai reçu une invitation au mariage de ton ami, Zabini… Tu sais pourquoi ? On ne peut pas dire que je le connaisse réellement…

L'intérêt de Lily explosa, et elle se tourna vers son frère, faisant craquer ses cervicales.

- Viens, Alsev ! le supplia Rose. Je ne veux pas être toute seule à ce mariage…

- Il y aura Scorpius ! rétorqua Albus.

- Super, c'est la seule personne que je vais connaître, marmonna Rose.

- Je vais faire semblant de ne pas être vexé d'être aussi peu considéré, grommela Scorpius en plantant sa fourchette dans son morceau de viande avec un semblant de violence.

Lily jeta un regard amusé à Louis, qui retenait difficilement un rire également. Ils s'amusaient réellement de la situation.

- Alsev, tu adores te mettre en avant. Un mariage, c'est tout à fait la publicité qu'il te faut. Surtout qu'il a lieu juste avant le lancement de ta nouvelle pièce, tu pourras faire la promotion.

- Et Skeeter pourra, à juste titre, critiquer ta tenue, murmura Lily, juste assez fort pour qu'Albus l'entende.

Son frère s'empourpra immédiatement.

- Quelle vipère, celle-là ! Elle n'a tellement rien sur moi qu'elle se sent obligée de descendre ma tenue !

Il pointa un couteau menaçant vers sa sœur, qui s'en moquait totalement.

- Alors que mon ensemble avait été créé par les plus grands créateurs sorciers des États-Unis ! Skeeter est jalouse parce qu'elle ne gagne pas assez pour se payer des tenues qui mettent en valeur sa silhouette défraîchie et boudinée.

- Alsev, range immédiatement ce couteau !

La voix cinglante de leur grand-mère le ramena à la raison.

- Pardon, mamie, murmura-t-il en posant le couteau et en jetant un regard assassin à sa petite sœur.

Les conversations reprirent, non sans qu'Albus reçoive un regard d'avertissement de ses parents, qui le fit se ratatiner un peu plus sur sa chaise.

- Pourquoi est-ce qu'ils nous font toujours aussi peur, alors que nous sommes adultes ? souffla-t-il à Lily.

Elle le regarda, avec un sourire désolé.

- Parce qu'ils ont beaucoup trop de moyens de pression sur nous, et qu'ils savent comment faire de nos vies un enfer.

Satisfait de cette réponse, Albus hocha la tête, et se remit à manger, bien plus tranquillement cette fois.

- Le mariage est au début de l'été, donc ? demanda-t-elle l'air de rien à Rose.

- Oui, à la fin du mois de juin. Tu connaissais bien Zabini ? Vous étiez en classe ensemble…

Lily secoua la tête, se retenant de trouver une excuse pour ne pas répondre. Sa cousine se douterait alors de quelque chose.

- Pas spécialement. Il était capitaine de l'équipe de Quidditch, et je l'ai croisé dans quelques cours, mais il n'était pas très causant… Je partageais sa paillasse en Potions, mais je n'ai pas appris grand-chose le concernant, avoua-t-elle.

Ou mentit-elle, selon le point de vue.

- Et sa fiancée, Jane Wilson ? Tu sais de qui il s'agit ? Je l'ai aperçue à un seul moment de la soirée, elle cherchait Zabini, justement…, enchaîna Rose.

Lily s'étouffa légèrement avec son jus de citrouille, avant de secouer la tête.

- C'est normal que personne ne la connaisse, intervint Scorpius. Elle n'était pas à Poudlard, mais à Ilvermorny. Elle est venue au Royaume-Uni il y a bientôt un an, après quelques mois de relation à distance avec Hayden.

Lily essayait de ne pas paraître plus intéressée qu'elle aurait dû l'être, mais elle ne pouvait s'en empêcher. C'était au-delà de ses forces. Elle avait besoin d'en savoir plus, c'était une pulsion sourde qui battait au fond de son corps, et qu'elle avait besoin d'apaiser.

- Hayden était partie avec d'autres Guérisseurs aux États-Unis, et ils se sont rencontrés comme ça. C'est une femme très sympathique, très douce. Pas du tout du genre à créer des problèmes. Je crois qu'Hayden avait besoin de cela, c'est pour ça qu'ils sont ensemble. Jane est très avenante, elle voit toujours le bon chez les autres. Elle a un caractère très doux, très posé. Cela correspond totalement à la personnalité d'Hayden.

Lily se frotta l'épaule droite, qui la faisait légèrement souffrir. Il fallait qu'elle aille à Ste Mangouste sous peu. Elle aurait déjà dû s'y rendre depuis son retour en Angleterre, mais avoir recroisé Hayden quelques heures après son retour seulement l'avait dissuadée de mettre la moindre partie de son corps à l'hôpital. Elle risquait de bientôt le regretter.

- Elle est intelligente, vive… Et elle ne se laisse pas démonter par la famille d'Hayden, même si personne ne lui rend la tâche facile. Non, c'est vraiment une belle personne. Je suis content qu'ils se soient rencontrés, surtout à ce moment de la vie d'Hayden. Il n'était pas en très grande forme lorsqu'il est parti aux États-Unis, même si je n'ai jamais su pourquoi, reconnut Scorpius.

La conversation dévia petit à petit sur les connaissances qu'ils pouvaient avoir en commun, se rendant compte que, malgré la distance que Scorpius avait toujours mise entre lui, Albus et Rose, ils connaissaient et fréquentaient beaucoup les mêmes personnes.

Lily perdit petit à petit le fil de la conversation.

Hayden, parti aux États-Unis, alors qu'il se sentait mal.

À cause d'elle, sûrement.

Elle se mordit la lèvre, releva la tête, accepta le plateau de dessert qu'on lui tendait, et reprit le cours de ses pensées.

Jane Wilson, une personne bien sous toutes les coutures, selon Scorpius Malefoy et qui, selon l'analyse de Lily, était son exacte opposée.

Hayden n'avait pas besoin de Lily dans sa vie, il avait besoin de quelqu'un qui ne ressemblait pas à l'Auror. Il s'était détaché de Lily, avait cherché une personne qui n'avait rien à voir avec Lily, et s'était entiché d'elle.

Le pire, dans tout ça, c'est que Lily n'arrivait plus à les détester. Ni Hayden, ni Jane. Elle aurait pu agir tout autrement, deux ans auparavant, et elle ne l'avait pas fait. Alors, dans un sens, oui, Hayden avait raison, tout était de sa faute.

Et il semblait qu'elle ne pouvait plus rien réparer.

Peut-être que, finalement, c'était ce qui était le plus difficile pour elle. Réaliser que tout était de sa faute, qu'elle n'avait pas réussi à aller de l'avant, et ne pas être capable de les détester autant qu'elle se détestait.

Comment est-ce qu'elle pouvait vouloir retourner dans la vie d'Hayden alors que, clairement, il n'avait plus besoin d'elle, et ce depuis un long moment déjà ?

Hôpital Ste Mangouste

- C'est la saison de la scrofulite ou quoi ? pesta Hayden.

Depuis le début de sa journée, il en avait soigné une dizaine déjà, et il savait que cela n'allait faire qu'empirer.

- Je ne te le fais pas dire, soupira Rhéa Pye. Je déteste ce moment de l'année où on n'a que des maladies contagieuses.

- Est-ce que tous les guérisseurs de cet étage ont bien vérifié qu'ils n'étaient pas à risque ? demanda Hayden en prenant le dossier du patient suivant.

Pour remarquer qu'il était également atteint de scrofulite. Il retint un soupir de dégoût, avant de s'intéresser à la réponse de sa supérieure et collègue.

- J'ai renvoyé Filius à l'étage des empoisonnements par potions, parce qu'il n'a jamais eu la dragoncelle, alors que c'est également la saison, dit simplement Rhéa. Incroyable qu'il n'ait pas pensé à nous le dire lorsqu'il est venu à notre étage. C'est totalement inconscient !

Hayden hocha la tête, particulièrement d'accord avec Rhéa. La dragoncelle était mortelle pour la plupart des adultes qui la contractaient, et chaque année, ils voyaient un ou deux sorciers qui décédaient de cette maladie à Ste Mangouste.

- Qu'est-ce que tu fais là, d'ailleurs ? Tu n'es pas en plein préparatifs de mariage ? demanda Rhéa alors qu'ils allaient chercher leur nouveau patient.

- Si, mais je n'ai pas de congés illimités, lui rappela Hayden. Et si tu veux qu'on parle de mon mariage, je tiens à te rappeler que tu n'as pas répondu à ton invitation.

- Je sais. J'ai encore le temps, il me semble ? Peut-être que j'aurai quelque chose d'autre de prévu, le taquina-t-elle.

- Si je suis obligé d'être présent, toi aussi ! siffla Hayden.

Rhéa lui adressa un regard oblique, qu'il n'eut aucun mal à traduire. Elle se donna tout de même la peine de le verbaliser.

- Tu plaisantes, j'espère ? C'est toi qui l'as demandée en mariage.

Hayden ne répondit pas.

- Ne me dis pas que tu regrettes, gronda Rhéa.

- Non. C'est juste que je n'aime pas toute cette organisation. J'aimerais autant… faire autre chose.

Ce n'était qu'un demi-mensonge. Il éprouvait des difficultés à s'impliquer dans la préparation du mariage, bien que tout ou presque soit délégué à une autre personne. Mais, surtout, ce qui lui posait problème, c'était le retour de Lily Potter.

Lily Potter dont il n'arrivait pas à oublier les mimiques, les sourires, les gestes, les clins d'œil, les mouvements, les habitudes. Lily Potter qui, comme à chaque fois, prenait beaucoup trop d'importance dans son esprit, parce qu'elle n'en prenait pas assez dans son environnement, parce qu'elle était trop invisible pour qu'il puisse en profiter pleinement.

Il la détestait pour réussir, en aussi peu de temps, à reprendre autant de place dans sa tête. Elle n'aurait jamais dû entrer à nouveau dans sa vie, Hayden avait tout fait pour cela, n'ayant aucune interaction ou presque avec des personnes qui auraient pu lui parler d'elle. Il avait tout essayé, tout tenté. Il avait cru qu'il l'avait oubliée, oblitérée.

Sauf qu'en une apparition, elle avait réussi à reprendre sa place dans son esprit, à ce qu'il la déteste toujours autant que deux ans auparavant.

Et, également, à ce qu'il l'admire toujours autant.

Par-dessus tout, ce qu'il ne comprenait pas, c'était le fait que seul lui, dans sa famille, semblait éprouver du ressentiment envers Lily. Sa famille disait toujours amen à ce que faisaient les Potter, oubliant apparemment ce qu'il s'était produit deux ans auparavant, le mépris avec lequel ils avaient été traités, les fausses accusations dont ils avaient été victimes.

Comment rayer cinq ans de mensonge ? Elle avait toujours dit qu'elle lui faisait confiance, qu'elle ne doutait pas de lui.

Et sur une seule accusation, elle avait prouvé qu'elle n'avait fait que lui mentir durant presque cinq ans.

La journée passa bien trop lentement au goût d'Hayden. Il détestait tous ces cas de scrofulites, où il n'avait rien de plus à faire que donner une potion, faire des ordonnances, merci, au revoir, prenez soin de vous. Ces journées l'abrutissaient réellement, et il se demandait parfois pourquoi il faisait ce métier. Il aimait les cas plus complexes, plus subtils. Ceux où ils revoyaient les sorciers, où ils essayaient de trouver un remède sur le long terme.

Rhéa Pye, sa supérieure, était comme lui. C'est pour cela qu'en fin de journée, il lui trouva le même air fatigué qu'il avait lui-même observé dans le miroir, quelques minutes auparavant.

- Tu veux aller boire un verre ? proposa Rhéa.

- Non, je dois aller choisir les fleurs qui décoreront les tables. Sache qu'elles seront vertes, fais en sorte d'accorder ta tenue à cette couleur.

- Tu n'es pas Serpentard pour rien, pouffa Rhéa. À charge de revanche, il faut vraiment que tu te détendes et ailles boire un verre !

Hayden aurait aimé lui dire qu'il était particulièrement détendu, par rapport à la situation actuelle, au retour de Lily Potter à Londres qui le mettait dans un état de nerfs incroyable. Ne pas aller boire un verre était une protection comme une autre. Il craignait trop de la croiser, au détour d'un pub sorcier.

Il ajusta sa cape de voyage, prêt à transplaner.

- Attends, Hayden, je…

Il arrêta son mouvement, et observa Rhéa, qui semblait mal à l'aise, soudainement.

- Je… n'ai pas encore répondu à ton invitation parce qu'elle n'est pas que pour moi, mais également pour Alban.

- Bien sûr, dit Hayden. Alban est le bienvenu, et nous avons préféré faire une invitation pour vous deux.

- Ouais, sauf qu'Alban et moi…

Elle joignit ses deux mains, avant de les séparer brutalement.

- Ah, comprit Hayden.

C'est pour cela que, depuis quelques semaines, elle ne lui avait pas parlé des sorties faites avec son petit ami. Rhéa, qui passait son temps à lui raconter l'exposition qu'ils avaient visitée, le restaurant où ils avaient mangé, était soudainement devenue totalement silencieuse à ce sujet.

Il hésita un instant, se demandant s'il devait lui demander ce qu'il s'était passé, si elle était triste, ou si elle avait besoin de quoi que ce soit. Puis, avisant que ses yeux étaient totalement secs, et réalisant qu'il n'avait pas envie de récupérer les problèmes des autres en plus des siens, Hayden laissa tomber la possibilité de se montrer empathique avec Rhéa Pye. Il ferait cela un autre jour, peut-être.

- Ce n'est pas grave. On barrera son prénom sur l'invitation, dit simplement Hayden. Franchement, tu n'aurais pas dû te prendre autant la tête pour ça. En plus, je ne l'appréciais pas.

Rhéa balbutia quelques mots qui n'avaient aucun sens, avant de redevenir muette, surprise de la révélation d'Hayden.

- Il n'était invité que parce qu'il était ton petit ami, mais on l'enlèvera. On a dû rajouter Albus Severus Potter dans la semaine, autant qu'on enlève d'autres invités ailleurs si c'est possible, soupira Hayden. Allez, à demain, Rhéa.

Il transplana, laissant sa supérieure dans le noir.

- Ce n'est vraiment pas l'empathie qui l'étouffe, celui-là, pesta Rhéa.

Elle avait toujours trouvé Hayden taiseux, s'étant souvent demandé comment est-ce qu'il avait pu plaire à Jane Wilson, qui semblait bien plus pétillante que lui, mais elle avait fini par comprendre qu'Hayden n'avait pas la même manière d'appréhender les interactions sociales que la plupart des autres sorciers. Il avait besoin de digérer les informations, les comprendre, et, ensuite seulement, exprimer ce qu'il ressentait. Tant mieux pour lui si cela plaisait à Jane, mais Rhéa devait reconnaître que, souvent, elle trouvait qu'il se comportait simplement comme un imbécile.


Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Bonjour à tous, merci d'être encore présents pour me suivre ! Comme le confinement est prolongé, j'ai du temps pour écrire (entre quelques sessions de télétravail), et autant vous dire qu'avant la fin du confinement, cette FF sera terminée. On va pouvoir rester au rythme d'un chapitre par semaine, ce qui doit être la seule bonne nouvelle ou presque de tout ceci. J'espère que vous êtes toujours motivés par ce que vous lisez. C'est assez différent de ce que j'ai pu écrire dernièrement, donc ça peut être surprenant de me retrouver avec cette fiction comme retour sur le site. Personnellement, je m'amuse pas mal à l'écrire :)

Comme chaque semaine, merci à DelfineNotPadfoot pour ses corrections rapides et efficaces !

Réponse pour Guest : Aaah, ravie de te compter parmi les lectrices et lecteurs de cette FF :D ! J'espère que la suite plaira, et que tu trouveras des réponses à tes questions au fur et à mesure des chapitres :). Merci pour ta review.

Bon lundi de Pâques (ne mangez pas trop de chocolat tout de même !) et à lundi prochain.

Méfaits accomplis.