Disclaimer : Harry Potter appartient entièrement et uniquement à J.K. Rowling. Je ne fais qu'écrire des fanfictions dessus à mes heures perdues.


Chapitre IX

Jeudi 4 avril 2030 – Bureau des Aurors

Lily était Auror depuis quelques mois seulement, mais elle trouvait déjà ce métier fascinant. Elle ne regrettait définitivement pas les trois années de formation, qui l'avaient poussée dans ses retranchements. Bien sûr, parfois, elle avait eu envie d'abandonner, mais à chaque fois, Hayden avait su la convaincre de rester, de continuer, de garder le cap. Elle l'avait écouté, parce qu'il savait parfaitement ce qu'elle voulait, et ce dont elle avait besoin dans ces moments où elle ne se sentait pas à la hauteur.

La réalité, c'est qu'abandonner aurait été un échec pour Lily, et qu'elle n'était pas familiarisée avec l'échec.

Elle arriva au Bureau des Aurors avec quelques minutes de retard, comme chaque matin, après avoir fumé une dernière cigarette avant d'entrer dans le Ministère, où la consommation de cigarettes, sorcières ou moldues, était interdite.

Elle salua ses collègues, réalisa que son frère paraissait épuisé. Pendant un instant, elle crut que c'était à cause d'une planque, mais elle se souvint soudainement que James était seul depuis quelques jours, parce qu'Isabella était partie en Espagne pour une affaire. C'était la première fois depuis la naissance d'Eleanor qu'il se retrouvait seul, et son instinct souffla à Lily que la petite fille n'avait pas mené la vie facile à son père en l'absence de sa mère.

De plus, même si James et elle n'échangeaient pas souvent sur leurs affaires en cours, il lui avait semblé entendre que celle de James était particulièrement ardue.

Elle piétinait, pour sa part, d'être sur des affaires plus complexes. Souvent, elle enviait sa belle-sœur Isabella qui, plus âgée que son frère, avait rejoint l'unité des affaires étrangères quelques mois avant d'accoucher. Elle savait qu'Isabella avait travaillé dur pour obtenir cette place, et qu'elle n'avait pas démérité mais, forcément, Lily la jalousait un peu, espérant sans trop y croire qu'un jour, elle aurait la possibilité d'obtenir la même place. C'était l'unité de l'élite des Aurors, et Lily rêvait de faire ses preuves rapidement.

Lily prit place à son bureau, et tira un dossier à elle. Le département des jeux et sports magiques voulait la voir, sûrement pour une histoire de match truqué. Lorsqu'il y avait soupçon de match truqué, mais que les fonctionnaires du département des jeux et sports magiques n'arrivaient pas à le prouver, ils contactaient les Aurors pour qu'ils jettent un œil. Lily était très douée pour ces subtilités, et elle était plébiscitée par le département des jeux et sports magiques, qui ne doutait plus de son efficacité. Lily décida qu'elle irait rapidement, l'affaire pouvant prendre du temps, si jamais il s'avérait que le match avait bel et bien été truqué. Cela lui permettrait, de plus, de se replonger dans le sport sorcier. C'était quelque chose qui lui manquait, depuis qu'elle avait quitté Poudlard.

La porte du chef du Bureau des Aurors s'ouvrit, les faisant tous lever la tête.

- Votre attention, s'il vous plaît !

Il n'en avait en réalité pas besoin. Tous les Aurors avaient bien évidemment suspendu leurs activités à la seconde où Harry Potter était sorti de son bureau, un parchemin à la main.

- Nous avons reçu une dénonciation ce matin, pour possession illégale d'artéfacts de magie noire, en lien avec Voldemort. Il va falloir faire une perquisition pour vérifier l'authenticité de cette annonce.

- Quelle famille ? s'exclama le voisin de box de Lily. Ou sorcier ?

- Il s'agit bien d'une famille, confirma Harry Potter en rajustant ses lunettes sur son nez. La famille Zabini. Ils n'ont jamais été liés à Voldemort en tant que Mangemorts, cependant.

Un reniflement exaspéré monta du box à côté de James.

- Allons, peut-être qu'ils n'étaient pas des Mangemorts, mais ils ont toujours été proches de Mangemorts, en revanche !

Plusieurs exclamations d'assentiments se firent entendre dans le bureau des Aurors, chacun allant de son commentaire concernant la famille Zabini.

Seule Lily restait totalement silencieuse. Son sang pulsait dans ses tempes, son cerveau tournait à mille à l'heure. C'était impossible. Elle avait passé des journées entières chez les Zabini, quand seuls Hayden et elle s'y trouvaient. Elle avait exploré chaque recoin, Hayden lui avait même montré les cachettes familiales. Il n'y avait aucun artéfact de magie noire dissimulé chez eux, et elle le savait pertinemment. Pourquoi quelqu'un affirmait le contraire ?

Elle reprit pied avec la réalité, et réalisa qu'autour d'elle, la plupart des Aurors trouvaient plausible la présence d'objets de magie noire chez les Zabini. Ils allaient perquisitionner en pensant que c'était dans l'ordre des choses, et ne pas avoir de compassion pour les habitants de ce manoir.

Sans qu'elle ne s'en rende compte, elle se leva et prit la parole, presque malgré elle.

- Je veux y aller ! dit-elle, comme une automate.

Harry Potter lui jeta un regard en biais, surpris, avant de hausser les épaules.

- Très bien, Auror Potter. Prenez quelqu'un d'autre avec vous qui serait disponible, dit simplement Harry Potter en n'accordant plus un regard à sa fille. Demandez aux administratifs de rédiger le mandat autorisant la perquisition, puis allez-y. On ne peut pas laisser traîner ce genre d'affaires.

Lily déglutit. Le choix le plus évident était son frère, mais elle craignait de déraper devant James, et de lui avouer toute son histoire avec Hayden. Elle ne voulait pas prendre ce risque. Elle regarda les box d'Aurors, cherchant celui ou celle qui serait le moins enclin à bousculer les Zabini. Son choix se porta sur Tom Nook, un vétéran bientôt à la retraite, et qui avait toujours le rôle du gentil Auror dans ses interrogatoires. Il croyait fermement en l'innocence des suspects qu'il côtoyait, tant qu'il n'avait pas les preuves contraires.

- Auror Nook ? demanda Lily.

- Avec plaisir ! lui répondit l'Auror en récupérant ses affaires.

C'était un choix légitime. On ne pourrait pas leur reprocher de ne pas avoir effectué une fouille correcte, parce que Nook avait de l'expérience et ne laissait rien au hasard.

Le temps de terminer les formalités administratives, les deux Aurors étaient prêts à mener à bien leur mission.

Trente minutes plus tard, ils approchaient du manoir des Zabini.

- C'est bizarre, comme lettre, dit Nook. Franchement, les Zabini n'ont jamais adoré la magie noire. Je connais la grand-mère, elle a le don pour choisir des maris qui meurent rapidement en lui léguant une immense fortune, mais c'est le seul point noir dans l'histoire des Zabini… Tu ne trouves pas ça surprenant ?

Lily hocha la tête, la gorge sèche. Bien évidemment qu'elle trouvait cela surprenant. À vrai dire, elle savait même que c'était totalement faux. Alors qu'elle approchait du manoir, elle se demandait si elle avait bien fait de se porter volontaire.

Tom ne parut pas se rendre compte du malaise qui habitait sa jeune collègue. Mais qui s'en serait rendu compte ? Dissimuler ses sentiments lorsqu'Hayden était en jeu, c'était une seconde nature pour Lily.

- Écoute, Lily, tu es jeune, c'est une de tes premières perquisitions. Je te laisse commencer le baratin habituel, et si jamais il manque quelque chose, je te soutiens, d'accord ?

- Euh… Ouais, on fait comme ça, marmonna Lily.

Elle rajusta sa veste en cuir, sortit son badge d'Auror et le mandat avec les sceaux du Ministère de la Magie et du Bureau des Aurors. Ils grimpèrent les marches qui menaient à la porte d'entrée, et Lily frappa deux coups fermes.

Ils patientèrent moins de deux minutes avant qu'un Elfe de Maison ne vienne leur ouvrir.

Lily n'avait jamais rencontré Ticktik, mais elle en avait entendu parler. À chaque fois qu'Hayden la faisait venir au manoir des Zabini, il envoyait leur Elfe faire des courses pour plusieurs heures, voire plusieurs jours.

- Aurors du Ministère, les présenta Lily avant que l'Elfe ne leur parle. Nous avons un mandat pour fouiller votre domicile. Pouvez-vous rassembler toutes les personnes vivant dans ce manoir dans une même pièce ? Nous devons leur parler.

- Ils sont en train de petit-déjeuner dans la salle à manger, miss, murmura l'Elfe, apparemment inquiet.

Lily entra, son collègue sur les talons. Elle lui jeta un simple coup d'œil, et il lui adressa un signe de tête, comme pour lui dire qu'elle agissait parfaitement jusqu'à présent.

S'il savait à quel point elle se détestait…

Ils arrivèrent dans la salle à manger où les parents Zabini, Hayden et deux de ses sœurs, qui avaient terminé Poudlard, prenaient le petit-déjeuner.

- Des Aurors, maîtres, souffla l'Elfe en se balançant d'avant en arrière.

Le père d'Hayden haussa un sourcil de surprise. Lily resta aussi neutre que possible, mais elle sentait le regard d'Hayden qui se posait sur elle à intervalles réguliers, essayant de deviner ses sentiments.

Ce qu'elle prit bien soin de dissimuler sous un air détaché et impersonnel.

- Des Aurors, murmura Blaise Zabini de sa voix profonde.

Maintenant, Lily savait de qui Hayden tenait sa voix. Elle frémit, imperceptiblement.

- Auror Potter, se présenta Lily. Auror Nook, continua-t-elle en désignant son collègue. Nous avons été avertis de la présence d'artéfacts de magie noire détenus illégalement chez vous. Nous allons vous demander de nous présenter tous les artéfacts que vous possédez, leurs certificats d'authenticité et les permis de possession correspondants. Également, je vous demanderai de bien vouloir nous montrer chacune des caches que vous pourriez posséder. Du fait des relations que vous pouvez entretenir avec des personnes jugées comme Mangemorts ou alliées de Voldemort lors des Grands Procès qui ont fait suite à la deuxième guerre des sorciers, nous allons également vous demander de nous montrer toute la correspondance que vous avez pu avoir avec eux, ainsi que les artéfacts qu'ils auraient pu vous prêter. Avec leurs permis, cela va de soi. Et de nous notifier tout objet que vous possédez mais qui ne serait pas présent dans ce manoir actuellement, et pourquoi vous l'en avez fait sortir.

Un silence flotta dans la pièce après son annonce. Lily n'osait pas le regarder, mais elle imaginait très bien le regard outré d'Hayden, et la trahison qu'il était en train de vivre. Elle avait envie de vomir. Elle se haïssait, à cet instant. Elle savait qu'elle avait très bien joué son rôle, parce que son collègue n'ajouta rien, et Lily s'en voulut encore plus. Hayden devait penser qu'elle prenait au sérieux cette menace.

- C'est une plaisanterie ?! s'exclama finalement la plus jeune des sœurs présentes, en se levant à moitié.

Zoey, si Lily se souvenait bien. La dernière, Leah, était à Poudlard encore. Cassiopée, la plus grande des sœurs, lançait des éclairs avec ses yeux.

- Tais-toi, siffla sa mère. Et reste assise.

Zoey obéit de mauvaise grâce à sa mère, qui la gratifia d'un regard noir. Elle ne souffrirait pas une autre intervention de cet acabit.

La mère de famille ne semblait toutefois pas rassurée de cette perquisition de bon matin. Elle posa une main douce sur l'avant-bras de son mari.

- Blaise ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.

Les poings de Blaise Zabini étaient serrés fermement. Lily pouvait sans peine imaginer ce qu'il ressentait. Les deux sentiments qui se battaient en duel dans son cerveau. L'envie de les chasser de chez lui, et le besoin de prouver qu'il n'avait rien à se reprocher. Il finit par prendre à nouveau la parole, d'une voix lente et détachée, comme arrachant chacun des mots qu'il prononçait du plus profond de son âme.

- Ticktik, va chercher ce que l'Auror Potter vient de demander, y compris ce que messires Nott et Malefoy nous ont prêté lors de leur dernière visite. Et ensuite, accompagne l'un d'entre eux étudier les caches, pour vérifier que nous n'oublions rien.

- Je m'occupe des caches, se proposa Tom Nook.

- Bien, maître Blaise, murmura l'Elfe en se baissant très bas.

L'Elfe partit immédiatement, l'Auror Nook sur les talons.

Lily le maudit. Tous les objets que possédaient les Zabini allaient être apportés dans la pièce, et elle allait devoir les examiner, prendre des notes, lancer des sortilèges, devant toute la famille. Elle aurait voulu être ailleurs plutôt qu'ici.

Seulement, elle était Auror. Elle ne pouvait pas être ailleurs. Surtout qu'elle avait demandé à être ici.

L'Elfe ne tarda pas à revenir avec une partie des possessions des Zabini.

- J'espère, Auror Potter, que vous êtes prête à être déçue de ce que vous allez découvrir, gronda Blaise Zabini. Je ne pensais pas que le Bureau des Aurors avait du temps à perdre pour des rumeurs de cet acabit.

Il s'était levé, et la dominait de toute sa hauteur. Sauf que Lily était Auror, et n'était pas effrayée par une tentative d'intimidation aussi grotesque. Un sourire en coin aux lèvres, mais le regard glacial, elle leva le menton.

- Le problème des rumeurs, monsieur Zabini, c'est qu'elles ciblent des personnes qui ne sont pas fiables. Maintenant, si vous voulez bien, je dois effectuer mon travail. Et je vous demanderai de vous rasseoir pendant cette perquisition. Nous n'avons pas besoin de faire étalage de nos puissances magiques respectives, la situation ne le nécessite pas…

La mère d'Hayden et Leah Zabini étouffèrent une exclamation outrée. Cassiopée, Hayden et leur père restèrent bien plus stoïques et froids. Blaise Zabini détailla longuement le visage de Lily, jusqu'à ce qu'elle montre, d'un geste impatient, la chaise qu'il avait quittée.

Lily se sentait de plus en plus nauséeuse.

Elle n'aurait jamais dû se proposer.

Elle sortit sa baguette magique, prit le premier parchemin sur la pile apportée par l'Elfe de Maison des Zabini, vit qu'il identifiait une bague dotée d'un compartiment secret, qui se remplissait à chaque fois qu'on la refermait d'un poison puissant et quasiment indétectable. Elle lança les enchantements nécessaires pour s'assurer que tout était aux normes.

Le silence de plomb qui tomba sur la pièce n'était brisé que par la culpabilité de Lily, qui lui serrait le cœur.

Lily relut la lettre qui l'attendait à la fin de sa journée pour la septième fois. Elle aurait dû se douter qu'un tel courrier l'attendrait. Elle ne pouvait cependant pas se douter de la violence des mots qu'elle recevrait, et de sa difficulté à les assimiler.

Alors, j'imagine que c'est le moment où nos chemins se séparent, n'est-ce pas ? Merci, Potter, pour m'avoir rappelé que toi et moi n'évoluions pas dans les mêmes sphères. Que mon nom était douteux, à l'inverse du tien.
Tu ne réalises certainement pas la violence de ce que tu viens de faire, parce que c'est une situation qui t'échappe. Une situation que tu n'aurais jamais pu connaître. Pendant des années, tu as voulu me faire croire que c'était une situation qui ne pouvait pas m'arriver non plus.
C'était sûrement pour que cette journée soit encore plus difficile à vivre pour moi. Je ne pensais pas que tu serais capable d'aller jusqu'à mener une perquisition chez nous, parler ainsi à mon père, avec aussi peu de considération pour mes parents, mes sœurs… ou pour moi.
Dans un sens, merci de m'avoir montré ta vraie nature. Cela m'évite de commettre une grossière erreur, que je regretterais aujourd'hui.
Finalement, Potter, tout ça n'était qu'une vaste erreur, qu'un vaste mensonge. Tes mensonges sur la confiance en moi que je devais avoir. Tes mensonges sur tes sentiments. Tes mensonges sur tout ce qui tenait notre relation.
Est-ce qu'il y a eu au moins une seule chose de vraie, dans tout ce que tu m'as dit ? Ne prends pas la peine de me répondre, je connais la réponse. J'aurais dû la voir avant.
Tu es bien trop volatile, bien trop Potter pour que quiconque te comprenne réellement, que quiconque sache à quoi tu penses, ou même si tu étais sincère. J'ai été naïf et stupide de penser que j'avais découvert la vraie Lily Potter, que je savais mieux que n'importe qui d'autre qui tu étais, en réalité. Personne ne peut dire qu'il te connaît réellement.
Je ne sais même pas si tu te connais, toi-même.
Et je crois sincèrement que je n'ai pas envie de te connaître. Je n'ai pas envie d'explorer cette facette de ta personnalité.
J'en ai assez. Assez des mensonges, assez de ce simulacre de relation, assez de me complaire dans l'idée que nous sommes plus heureux comme ça, alors que la finalité, c'est cette journée et cette violence dans ton passage chez ma famille.
Ne cherche plus à me recontacter. Ne t'approche plus de moi. Oublie-moi. Oublie-nous. Tu n'as pas hésité à salir toute la confiance que j'avais placée en toi, tu ne devrais pas avoir de difficultés à passer à autre chose.
Je ne veux plus jamais te revoir.
H.

Lily étouffa un sanglot. Chaque mot était un poignard qui s'enfonçait dans sa poitrine.

Malgré la demande, elle ne put s'empêcher d'envoyer une lettre à Hayden pour le supplier qu'ils se revoient, pour qu'elle lui fournisse des explications.

Elle ne savait pas encore qu'elle allait lui envoyer de nombreuses lettres, et qu'elle ne recevrait jamais de réponse.

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Lundi 3 Mai 2032 – Sussex de l'ouest

Jane Wilson serra un peu plus la main de son fiancé, alors qu'ils grimpaient les marches qui menaient au manoir des Zabini.

- C'est vraiment bien ce que nous a organisé miss Harrington, dit-elle en se remémorant les plans et décorations qu'ils venaient d'observer chez leur organisatrice de mariage.

Distrait, Hayden hocha la tête. Jane s'en contenta.

- J'ai tout de même un doute concernant le positionnement de certains membres de ma famille, murmura Jane. Je ne voudrais pas créer de polémiques quelconques…

- Ne t'inquiète pas pour cela, la rassura Hayden. Je suis certain qu'il n'y aura aucun problème.

Il pénétra dans le manoir. Aussitôt, Ticktik apparut pour récupérer leurs capes.

- Monsieur Hayden, miss Jane, vous êtes attendus dans la salle à manger pour le thé. Vos parents vous prient de vous presser, insista Ticktik.

- Oh… Très bien. Merci, bafouilla Jane.

Elle n'appréciait pas énormément la tradition du thé instaurée dans la famille d'Hayden, mais elle ne pouvait les empêcher de la perpétuer.

- Votre grand-mère est également présente.

Jane frissonna. Elle n'aimait pas du tout la grand-mère d'Hayden, qui pourtant l'appréciait et n'hésitait pas à prendre sa défense et à aller dans le même sens qu'elle.

- Nous y allons immédiatement, répondit Hayden.

L'Elfe les suivit en trottinant alors que Hayden se dirigeait vers la pièce qu'il connaissait par cœur. Il ouvrit la porte doucement, laissa passer sa fiancée.

- Oh, bonjour. Je ne savais que nous avions une invitée en plus…, souffla Jane.

Hayden haussa un sourcil de surprise, avant de suivre sa fiancée, afin de découvrir l'invitée à laquelle faisait allusion Jane.

Lily Potter se tenait debout dans la salle à manger des Zabini, et cela mit immédiatement Hayden en colère. Il serra son poing gauche.

Il lui jeta un coup d'œil, mais elle paraissait déterminée à ne surtout pas le regarder. Son regard se posait sur les différents tableaux qui ornaient la pièce, les découvrant. À chaque fois qu'elle venait, Hayden prenait soin de voiler les tableaux, pour qu'ils ne discutent pas du passage de Lily. Hayden regarda ensuite les autres membres de sa famille, qui paraissaient attendre avec impatience Hayden et Jane.

- Prenez place, enfin ! souffla la grand-mère d'Hayden. J'ai passé l'âge d'attendre des heures des explications, alors, dépêchons. Ticktik, nous aurons besoin de thé pour neuf personnes.

- Je n'en prends…, commença Jane.

- Ah, vous allez en prendre, je vous le dis, gronda la grand-mère Zabini.

Jane se tut, blanche. Elle traversa la pièce, salua la grand-mère, puis s'installa dans un fauteuil. Hayden prit plus son temps, essayant de capter le regard de Lily, qui ne voulait définitivement pas le regarder.

Elle faisait tournoyer son badge d'Auror dans une main, et sa baguette dans l'autre. Hayden embrassa sa grand-mère légèrement sur le front, avant de s'installer à côté d'elle. Elle lui serra immédiatement une main.

- Ticktik, prépare trois thés verts, deux thés à la menthe, deux thés noirs, un thé aux baies et un thé à l'ortie pour notre invitée, murmura finalement Hayden.

L'Elfe acquiesça puis partit s'acquitter de sa nouvelle tâche.

- Bien. Maintenant que nous sommes au complet, pouvez-vous nous expliquer votre présence ici, miss Potter ? demanda la grand-mère avec un air espiègle.

Lily lui sourit doucement, et Hayden les maudit. Ces deux-là étaient faites pour s'entendre.

- Bien sûr, madame Zabini, à la condition que vous vous rappeliez que je suis Auror, et donc que vous utilisiez mon titre lorsque vous vous adressez à moi, dit doucement Lily.

Cela faisait longtemps que personne n'avait parlé ainsi à la grand-mère d'Hayden, et si toute sa famille parut scandalisée, la vieille sorcière choisit d'en rire.

- Très bien, Auror Potter. Expliquez-nous tout.

Lily rangea son badge dans sa poche.

- Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a un peu plus de deux ans, j'ai effectué une perquisition ici chez vous, suite à une lettre vous dénonçant pour possession illégale d'artéfacts de magie noire, qui avait été envoyée au Bureau des Aurors. Nous n'avons rien trouvé, bien évidemment.

L'Elfe de Maison revint à ce moment avec les boissons. Lily se saisit de la sienne avant de remercier chaleureusement l'Elfe, qui lui offrit un sourire étincelant. Comment est-ce que Lily faisait pour se faire apprécier par tout le monde, alors qu'Hayden avait simplement envie de lui hurler dessus et de la faire sortir du manoir ?

- Aujourd'hui, au nom du Ministère tout entier et plus principalement au nom du Bureau des Aurors, je tiens à vous présenter nos excuses pour cette perquisition qui, si elle s'est avérée infructueuse, n'en demeurait pas moins violente pour vous, je le conçois. À titre personnel, je n'ai jamais cru que vous possédiez des objets de magie noire relatifs à Voldemort, ou à n'importe quel mage noir.

Tout le monde trembla à la mention de ce nom. La main libre de la grand-mère d'Hayden se crispa sur la main de son petit-fils.

- Nous ne pouvions cependant pas passer outre cette lettre. Il s'avère que peu de temps après, nous avons compris qu'une sorcière, dans le monde entier, dénonçait des familles entières, avec les mêmes accusations qu'elle avait proférées à votre encontre. Nous avons compris qu'il s'agissait d'un schéma récurrent, et nous avons concentré nos efforts sur cette piste. Depuis peu, nous avons l'identité de cette personne, et nous avons finalement compris ses motivations.

Lily sirota une gorgée de son thé brûlant. Tout le monde était pendu à ses lèvres, sauf Hayden. Les paroles de Lily tournaient encore et toujours dans sa tête.

Lily n'avait jamais cru que sa famille jouait avec la magie noire.

Cette révélation lui fit l'effet d'un coup de poignard. S'il pâlit sous sa peau brune, personne ne parut le remarquer.

- Il se trouve qu'elle s'en prend majoritairement aux familles qui, lors des différentes guerres, n'ont rien fait, pour n'importe quel camp. Dans votre cas, vous ne vous êtes pas alliés à Voldemort, mais vous n'avez pas non plus rejoint les rangs de l'Ordre du Phénix. Cette personne en veut à toutes les familles qui n'ont pas su prendre de décisions dans les différentes guerres qui ont pu ébranler le monde des sorciers. Toutefois, maintenant que nous avons son identité et ses motivations, nous allons certainement la trouver plus facilement, et l'arrêter rapidement.

Hayden prit une gorgée de thé pour se donner contenance, mais il n'y arrivait pas.

Lily n'avait jamais cru que sa famille trempait dans la magie noire.

Lily avait pris une potion de magie noire qui la mettait en danger pour retrouver la personne qui les avait accusés.

Lily avait fait énormément de choses pour lui, sans qu'il ne le sache.

Il se sentait mal, et une forte nausée le prit soudainement. Sauf qu'il ne pouvait décemment pas quitter la pièce sans attirer l'attention sur lui. Il devait rester stoïque.

Personne ne réagissait réellement, dans la pièce.

- Ne croyez pas que je n'apprécie pas les excuses, finit par prononcer Blaise Zabini. Je n'en attendais pas moins de la part de votre père et de son Bureau. Cependant, je suis surpris que vous veniez en personne nous l'annoncer, surtout que, si j'ai bien compris, vous êtes chargée de l'arrestation de cette personne… Pourquoi êtes-vous venue nous voir, plutôt qu'envoyer un de vos fonctionnaires de bureau ?

Lily hocha la tête, comprenant les doutes.

- Mon unité est revenue en Angleterre car notre cible était de retour au Royaume-Uni. Et depuis peu, elle s'est mise à envoyer des lettres dénonçant des familles qui ont déjà été prises pour cible au Royaume-Uni, dont votre famille.

- Et que dit cette lettre ? s'enquit Blaise Zabini.

- Pas grand-chose de plus que la première, lui assura Lily.

- Pardon d'insister, mais je ne comprends toujours pas votre déplacement.

Lily soupira.

- Car les rares fois où plusieurs lettres ont été envoyées, des tentatives d'assassinat ont été perpétrées envers les familles prises pour cibles. Quand je dis « pas grand-chose », disons que les mots ajoutés à cette lettre vous conseillent fortement de ne pas prendre à la légère la menace.

Un silence glacial tomba sur la pièce, troublé par les exclamations des tableaux, qui, s'ils se faisaient discrets, ne manquaient pas d'apprécier l'agitation qui régnait dans la salle à manger.

- Enfin un peu d'action ! souffla la grand-mère de Zabini.

Ce fut furtif, mais un sourire passa sur le visage de Lily, avant qu'elle ne reprenne son sérieux.

- Très bien… Que préconisez-vous ? demanda la mère d'Hayden. Car, c'est pour cela que vous êtes venue, n'est-ce pas ?

- Tout à fait, confirma Lily. Il se trouve que notre suspecte s'en prend aux familles lors de rassemblements.

Tout doucement, Hayden vit arriver la demande de Lily. Sa grand-mère, apparemment en manque d'action, allait adorer la suite de cette conversation. Jane allait sûrement provoquer un peu d'action dans la pièce.

- Le Bureau des Aurors a donc étudié les prochains événements familiaux qui touchent les familles concernées, et dans votre cas, il s'agit du mariage de votre fils aîné.

Ce fut subtil, mais Hayden saisit à quel point Lily peinait à parler de son mariage. Comme s'il s'agissait d'une verrue disgracieuse, mais qu'on ne peut pas enlever pour autant.

- Je suis ici pour vous demander de repousser le mariage à une date ultérieure, le temps que nous arrêtions notre suspecte.

- Ah, non ! s'exclama Jane Wilson.

Son éclat d'humeur surprit tout le monde. Lily haussa un sourcil, dédaigneuse.

- Excusez-moi ? demanda froidement Lily.

- Enfin, le mariage est dans plusieurs semaines ! Nous n'allons pas le reporter alors que vous allez sûrement l'arrêter d'ici là ! Qui plus est, nous partons une semaine après le mariage pour nous installer aux États-Unis avec Hayden, mais le mariage doit avoir lieu ici ! s'écria Jane. Administrativement parlant, on ne va pas s'en sortir sinon !

Hayden vit clairement Lily prononcer silencieusement les mots « s'installer aux États-Unis » avec un franc désespoir. Seulement, elle reprit rapidement contenance.

- Miss Wilson, je ne suis pas certaine que vous saisissiez la gravité de la situation. Nous parlons de tentatives d'assassinats…

- Vous vous rendez ridicule, ma petite, confirma la grand-mère Zabini. Des mariages, vous pourrez en faire plein. Regardez-moi, j'en cumule huit !

Encore une fois, ce rapide sourire sur le visage de Lily.

Jane regarda furtivement la grand-mère d'Hayden, avant de reprendre son argumentaire.

- Certes, des tentatives d'assassinats ! Mais est-ce que des gens sont réellement morts ? dit désespérément Jane. Et puis, on pourrait… vous pourriez être présente au mariage, vous et vos collègues, pour nous protéger ! suggéra-t-elle.

Les trois sœurs d'Hayden semblaient se régaler du spectacle de voir Jane dans un tel état de perte de contrôle d'elle-même. Leah et Zoey l'observaient avec un franc intérêt, comme se demandant jusqu'à quelle tonalité aiguë pouvait monter sa voix. Cassiopée, elle, observait la perte de contrôle de Jane, en la comparant à l'immobilité glaciale de Lily, comme analysant et comparant les deux personnalités.

- C'est une plaisanterie, n'est-ce pas ? demanda froidement Lily. Vous n'êtes pas sérieuse, lorsque vous nous demandez de vous protéger pour s'assurer que votre mariage aura bien lieu à la date prévue ?

- Si ! Vous pourriez…

Lily posa durement sa tasse sur le meuble contre lequel elle était adossée. Elle traversa la pièce, droit sur Jane. Blaise Zabini se redressa sur son fauteuil, prêt à agir, mais son fils fut plus rapide, connaissant bien mieux les réactions de Lily, sans que personne n'en ait conscience dans cette pièce. Hayden se leva immédiatement et se mit sur la route de Lily. Il posa une main sur l'épaule gauche de Lily, qui le regarda froidement.

- Enlève ta main, et laisse-moi passer, siffla-t-elle.

Hayden hésita, avant de la laisser faire.

Lily remonta sa manche gauche sur son avant-bras, dévoilant la balafre qu'Hayden avait aperçue lors de sa visite chez le Guérisseur Rakepick, sans qu'il ne sache à quoi elle était due.

Jane grimaça en la voyant.

- Vous êtes américaine, miss Wilson, c'est bien ça ? Vous avez entendu parler de l'anniversaire de la fille du président du MACUSA ? Sachez qu'il était la cible de notre suspecte, lui également, mais qu'il n'a pas voulu annuler la fête d'anniversaire pour sa fille. Nous étions douze Aurors surentraînés sur place pour assurer la sécurité. Deux sont décédés, et trois convives également. J'ai eu de la chance, je n'ai écopé que de cette balafre en envoyant valser les cadeaux piégés qui étaient envoyés à sa fille. Il y a deux ans, ma belle-sœur est décédée en allant à la rencontre de cette personne. Une Auror de l'unité des affaires étrangères, qui connaissait la menace. Nous sommes toujours dans l'attente d'un nouvel Auror pour combler notre perte. Et vous voulez mettre en danger votre vie, celle de votre fiancé, de vos familles et de vos amis parce que vous ne voulez pas repousser votre mariage ? Vous croyez sincèrement qu'on va mettre à disposition assez d'Aurors pour protéger votre fête, parce que cela vous ennuie de déplacer votre mariage à une autre date ?

Lorsque Lily se mettait en colère, c'était rarement à grands renforts de cris. Elle préférait opter pour une voix glaciale, en assénant des vérités pas toujours faciles à entendre.

Jane déglutit.

- Je risque ma vie tous les jours pour des causes plus importantes qu'un mariage. Et désolée de vous annoncer qu'étant donné l'ordre d'importance des familles, la vôtre ne va pas avoir droit à la protection totale des Aurors.

- Je pense que nous avons compris, Auror Potter.

Le père d'Hayden venait de parler. Lily ne recula pas pour autant.

Hayden posa à nouveau une main sur l'épaule de l'Auror.

- Recule, murmura-t-il rapidement à la jeune femme.

Lily inspira, et retourna à sa place. Elle reprit sa tasse de thé, comme si de rien n'était.

- La décision de reporter ou non votre mariage ne dépend que de vous, continua naturellement Lily. Cependant, je dois vous avertir que conserver cette date serait vous exposer à des risques importants, et que nous ne sommes pas en mesure de vous protéger efficacement, car nous n'avons pas connaissance de la méthode que pourrait utiliser cette personne pour vous blesser. Le Bureau des Aurors vous invite vivement à repousser la cérémonie, afin de garantir la sécurité des sorciers invités. Dans le cas où vous maintiendriez la date prévue, nous ne pourrions être présents pour vous protéger.

Jane se mordillait la lèvre supérieure en regardant Hayden, qui ne la voyait même pas. La discussion lui paraissait être à des années lumières de lui. Il était encore déboussolé par les rapides explications de Lily sur ce qui s'était produit deux ans plus tôt, et il n'avait qu'une envie, la secouer pour lui dire qu'elle mentait, une fois encore, et qu'il ne s'agissait pas d'un simple malentendu, qu'elle l'avait réellement trahi.

Sauf que la vérité s'insinuait doucement dans le cerveau d'Hayden, et qu'il comprenait que celui qui s'était trompé, durant tout ce temps, c'était lui, et que sa haine contre Lily n'avait en réalité aucun fondement.

Il retourna s'asseoir, comme un automate, à côté de sa grand-mère, qui lui tapota la main avec compassion.

- Encore une dernière chose, reprit Lily. La sorcière qui s'en prend à vous signe chacune de ses lettres avec un corbeau. Est-ce que vous avez déjà rencontré quelqu'un qui agissait ainsi, est-ce que cela rappelle quelque chose à l'un d'entre vous ? demanda Lily. Ça peut être subtil, ça peut…

Elle se tut immédiatement. Tout le monde secouait la tête, à l'exception de Leah, la plus jeune des sœurs, qui venait de plaquer ses mains sur sa bouche, de stupeur.

- Leah, c'est bien ça ? demanda Lily, adoptant un ton bien plus doux que lors des précédents échanges qu'elle avait eus avec les Zabini. Vous avez croisé cette personne ?

Elle hocha la tête, toujours muette.

- Très bien. Je vous demanderai de venir au Bureau des Aurors, seule ou avec un de vos parents ou un membre de votre famille si vous le préférez pour nous raconter tout ça, dit Lily. Il y aura forcément quelqu'un qui connaît l'affaire pour vous écouter, venez quand vous le souhaitez, même la nuit si besoin. C'est une bonne chose de savoir qu'elle a eu assez confiance en elle pour vouloir entrer en contact avec un membre de votre famille, expliqua Lily. Je vais vous laisser à présent, vous avez des décisions à prendre concernant le mariage de votre fils. N'hésitez pas à nous tenir au courant, termina-t-elle en regardant les parents d'Hayden.

Hayden serra les poings, hésitant à se lever pour la raccompagner, pour, peut-être, enfin écouter les explications que Lily avait voulu lui donner des années plus tôt. Il fut pris de court par Cassiopée.

- Je vous raccompagne, dit calmement la sœur d'Hayden. J'ai besoin de me dégourdir les jambes après toutes ces révélations. Quand on s'appelle Zabini, on a moins l'habitude des situations exceptionnelles que lorsqu'on s'appelle Potter…, murmura la jeune femme en rejetant ses tresses derrière son épaule.

Lily lui coula un regard étonné, se rappelant sans peine que Cassiopée était la sœur d'Hayden qui leur avait posé le plus de soucis lorsqu'ils étaient à Poudlard, toujours à la recherche de son frère, prête à les surprendre sans même s'en rendre compte.

- Encore désolée du dérangement, dit Lily en saluant d'un bref signe de tête la famille rassemblée dans la salle à manger. Je vous souhaite une bonne fin de journée.

- Eh bien, entre la fois précédente où des tasses se sont mises à voler parce qu'elles avaient été ensorcelées, et cette fois où la fille Potter débarque pour nous expliquer que vous êtes la cible d'une sorcière dérangée, je trouve que vos invitations à prendre le thé mettent mon cœur à mal ! soupira la grand-mère Zabini juste avant que Cassiopée ne referme la porte derrière elle et Lily.

Le silence du couloir les enveloppa immédiatement. Cassiopée se mit en marche vers la sortie du manoir, Lily lui emboîtant le pas. Elles arrivèrent rapidement à la lourde porte en bois clair, et Lily salua une dernière fois Cassiopée avant de descendre une première marche.

- C'était toi, n'est-ce pas ? murmura d'une voix à peine perceptible Cassiopée.

Lily se figea et se retourna, peu certaine de la marche à suivre et de ce que venait de dire Cassiopée. La sœur d'Hayden avait refermé la porte derrière elles, et, d'en haut, regardait Lily avec une certaine fierté et animosité.

- Hum ?

Un doute s'insinua cependant dans le corps de l'Auror. Cassiopée l'observait avec un intérêt non feint, et Lily ne se souvenait pas avoir souvent été observée avec une telle intensité.

À dire vrai, la dernière fois, c'était par le grand frère de Cassiopée, justement.

Le cœur de Lily manqua un battement.

Cassiopée était celle qui avait manqué les voir plus d'une fois, qui avait toujours soupçonné son frère de leur cacher quelque chose, de disparaître dans le château non pas pour s'isoler, mais pour retrouver une autre personne, qu'il n'avait pas encore prévu de leur présenter.

- C'était toi, confirma Cassiopée. Quand Hayden disparaissait pendant des heures dans Poudlard, quand il revenait avec cet air heureux et paisible… C'était toi. Toi qu'il allait retrouver.

La gorge de Lily s'assécha.

- Je ne…

- Je n'aime pas les mensonges, la coupa froidement Cassiopée. Je n'ai pas besoin que tu t'empêtres dans un mensonge quelconque, je l'ai bien vu.

Cassiopée désigna l'intérieur du manoir.

- Hayden n'a jamais été aussi tactile avec personne. Il n'a jamais paru aussi… intense que lorsqu'il s'est adressé à toi, à l'intérieur. Il n'a jamais regardé personne comme il te regardait.

Cassiopée descendit une marche pour se mettre au même niveau que Lily.

- Lorsque tu as perquisitionné, il y a deux ans… Tu l'as fait parce que tu préférais que ce soit toi plutôt que quelqu'un d'autre, pas vrai ? Parce que tu savais qu'on n'avait rien à se reprocher, et que tu allais faire cette perquisition sans nous malmener plus que nécessaire. Malgré la violence de certaines de tes paroles…

La question était purement rhétorique. Lily ne prit même pas la peine de répondre. Le sang battait contre ses tempes, et elle avait une irrépressible envie de trembler. Elle se retint difficilement, restant calme au maximum, malgré la panique qui affleurait dans son esprit.

- Je n'irai pas en parler à Jane, si c'est ce qui t'effraie. Ce n'est pas à moi de le faire, ajouta Cassiopée en haussant les épaules. Mais dis-moi… Pourquoi est-ce qu'Hayden semblait découvrir aujourd'hui seulement que tu ne nous as jamais soupçonnés ?

Lily se racla la gorge.

- Vous devriez le lui demander, plutôt qu'à moi.

Lily tentait de garder sa casquette d'Auror, la distance nécessaire à cet échange, mais Cassiopée ne l'entendait pas de cette oreille.

- On parle d'Hayden. Il ne m'en parlera jamais. Je parie qu'il t'en aurait parlé, à toi, parce que tu dois connaître plus de secrets le concernant que tous les membres de cette famille.

Lily soupira. Cassiopée était une vraie Serpentard, fourbe jusqu'au bout des ongles, et qui cherchait à atteindre ses objectifs, peu importaient les chemins qu'elle empruntait.

- Je n'ai jamais pu l'expliquer à Hayden. Il a refusé de me revoir après cette perquisition, murmura Lily.

- L'imbécile, souffla Cassiopée. Cela lui ressemble bien.

- Cassiopée, écoutez… Il s'agit d'une vieille histoire. Votre frère va épouser miss Wilson, et cela semble leur convenir tout à fait.

- Oh, Merlin, tu as connu mon frère mieux que nous ! Tu ne peux pas dire cela. Moi-même, je ne trouve pas qu'ils devraient se marier. Ne me dis pas que tu comptes laisser faire !

- C'est plus complexe que cela. J'ai fait beaucoup pour votre frère, murmura Lily. Je l'ai aidé sur beaucoup de plans de sa vie personnelle, mais… Je ne peux plus prendre de décisions à sa place. Il a préféré m'oublier, refaire sa vie. Il a pris une décision il y a deux ans de cela, et elle m'écartait de sa vie. Je ne crois pas qu'il soit bon qu'il revienne dessus.

Cassiopée secoua sa tête, furieusement.

- Tu ne crois pas que mon frère mérite mieux que cette petite vie tranquille qu'il prévoit de vivre avec Jane, une fois mariés, aux États-Unis ? Tu sais qu'il vaut mieux que ça !

Lily soupira, et sourit doucement à Cassiopée. Immédiatement, Cassiopée détesta ce sourire. Elle savait qu'il ne présageait rien de bon pour son frère, qu'elle n'allait pas aimer ce que Lily allait dire… et qu'elle n'aurait aucun moyen de pression pour la faire changer d'avis.

- Et moi, Cassiopée ? Est-ce que vous ne pensez pas que je mérite mieux qu'un homme qui profite de la première occasion pour décider que je l'ai trahi, et qui refuse d'écouter la moindre explication provenant de la femme dont il était soi-disant amoureux ?

Cassiopée se mordit furieusement la lèvre. Lily hocha la tête.

- Exactement. C'est frustrant, mais il n'est pas le seul à avoir perdu quelqu'un, il y a deux ans. Sauf que moi, j'ai essayé de lui tendre la main, et il a toujours refusé de la saisir. Je mérite plus que d'être celle qui lui ouvre les yeux. Je mérite d'être celle pour laquelle on fait des efforts, pour laquelle on se bat un minimum.

Lily soupira.

- Merci tout de même de vous en être préoccupée. Il a de la chance de vous avoir pour sœur, et vous nous avez donné beaucoup de sueurs froides, quand nous étions à Poudlard. Mais c'est trop tard…

- J'aurais aimé vous surprendre, à Poudlard, murmura Cassiopée. Ça aurait sûrement changé beaucoup de choses…

- Bien sûr, sourit Lily. Mais vous ne nous avez pas surpris, et c'est là toute la différence… Bonne journée, miss Zabini.

Lily la salua de la main, avant de descendre les marches du perron. Cassiopée rentra dans le manoir, mais au lieu de retourner immédiatement dans la pièce où se trouvait sa famille, elle se posta à la fenêtre, regardant l'Auror s'éloigner sous le vent du mois de mai.

Cassiopée sentit sa grand-mère qui se postait à côté d'elle, observant également Lily Potter qui se faisait de plus en plus petite, jusqu'à être à une distance acceptable pour transplaner.

- Qu'a donc fait ton frère pour laisser passer une femme avec autant de jugeote ? demanda sa grand-mère.

Cassiopée lui offrit un regard surpris.

- Jeune fille, j'ai été mariée huit fois. Il y a certaines choses qu'on ne peut décemment pas me dissimuler, lui révéla sa grand-mère. Alors, est-ce que ton frère peut encore se faire pardonner ?

- Je croyais que tu appréciais Jane, s'étonna Cassiopée.

- Bien sûr. Mais elle n'est pas ma petite-fille, contrairement à Hayden. C'est lui que je veux voir heureux en priorité. Viens donc me raconter tout ça dans le salon, nous y serons plus tranquille que dans la salle à manger, où la future mariée est en train de pleurer à chaudes larmes, consolée par tes sœurs, et non pas par ton frère, par ailleurs…

Cassiopée prit délicatement le bras de sa grand-mère, prête à tout lui révéler. Elle se demandait seulement si cela servait à grand-chose.


Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Défi du jour : faire une note courte. Pas comme la semaine dernière. J'ai pas tenu longtemps à faire des notes courtes, hein. Il y a des habitudes qui ne se perdent pas...!

Comment allez-vous ? Le travail, télétravail, tout ça ? Bien ou bien ? Puisque vous demandez, moi, ça va. J'ai repris en temps partiel sur place, le reste en télétravail. J'ai l'impression de réapprendre tout mon métier depuis le début, avec les nouvelles normes. A côté de ça, j'ai pu reprendre mon sport de toujours, et ça, c'est cool ! Bon, revenons à notre chapitre.

Il s'agit du dernier chapitre avec un passage dans le passé, je suis au regret de vous l'annoncer...! Nous allons maintenant rester dans le présent de Lily et Hayden. J'ai hésité un moment même à écrire cette scène de début, puisqu'elle est sous-entendue dans le chapitre précédent, mais ça faisait un miroir avec la scène dans le présent, donc je trouvais assez dommage de la faire sauter. J'espère que ça n'est pas trop redondant tout de même... Enfin.

C'est vrai que j'aurais pu faire comme dans Invisible, où on a eu une vraie alternance entre le présent et le passé. Le truc, c'est que dans Invisible, toute la narration était pensée autour de ce double temps, on avait une vraie immersion dans les deux époques, ce qui n'est pas le cas ici, et ce n'était pas la volonté non plus. C'est pour ça que j'ai préféré ne pas le faire. Cela n'avait pas un intérêt de fou pour la suite de l'histoire. Donc, on arrête à présent les passages dans le passé. Il se passera, de toute façon, bien assez de choses dans le présent, promis, juré.

(Foutue note qui s'étire... Faut que j'arrête de vous parler de ma vie, en fait.)

DelfineNotPadfoot a enlevé les fautes restantes dans ce chapitre (qui en doutait encore ?), et adore la grand-mère Zabini. Elle a un sacré caractère, d'ailleurs.

Merci à tous, encore et encore, pour vos reviews, follows, favoris. Vous avez été nombreux à réagir au dernier chapitre, en plus ! (Que ce soit par l'ajout de l'histoire dans vos favoris / follows ou en mettant des reviews) C'était fou ! C'est la scène de l'ascenseur qui a fait toute la différence, j'en suis certaine. Pour Liliana, je te souhaite la bienvenue par ici :) J'ose espérer que la suite de l'histoire te convaincra.

Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente semaine, et vous dis à lundi prochain pour un nouveau chapitre qui nous fait rencontrer un vampire !

Défi du jour : raté.

Méfaits accomplis.