Disclaimer : Harry Potter appartient entièrement et uniquement à J.K. Rowling. Je ne fais qu'écrire des fanfictions dessus à mes heures perdues.
Chapitre X
Mardi 11 mai 2032 - Allée des Embrumes
Lily jeta un coup d'œil à sa montre, et étouffa un juron. Elle n'avait pas pour habitude d'écumer tous les pubs magiques pendant des heures sans trouver les personnes qu'elle cherchait. Seulement, depuis le début de sa traque, elle n'avait toujours pas réussi à mettre la main sur l'indicateur qu'elle cherchait depuis quelques jours déjà. Elle avait envoyé plusieurs personnes sur le terrain, mais tous les Aurors envoyés étaient revenus bredouilles, ce qui l'avait poussée à délaisser ses analyses de la Corneille pour finalement se mettre elle-même en chasse.
Lily était une bonne traqueuse. Elle l'avait su assez tôt dans sa vie, quand elle arrivait à repérer le Vif d'or sur le terrain avant tout le monde, que ce soit dans un match où elle jouait, ou lors d'un match qu'elle observait depuis les gradins. Quand elle était devenue Auror, sa capacité à trouver les ennemis était devenue un atout indéniable, qui la rendait favorite lors de la constitution d'équipe. On perdait souvent moins de temps à chercher un mage noir lorsqu'on avait Lily Potter avec soi. Malheureusement, depuis qu'elle travaillait sur l'affaire de la Corneille, ses statistiques avaient baissé, l'enrageant particulièrement.
Son épaule droite pulsait anormalement depuis le début de la soirée. Lily savait qu'il fallait qu'elle retourne voir le Guérisseur Rakepick, mais si elle y allait maintenant, le pouvoir de la potion de traçabilité perdrait en efficacité. Or, elle avait besoin qu'elle soit aussi efficace que possible.
Lorsqu'elle avait bu de cette potion, elle n'avait eu aucune certitude quant à ce qui allait se produire. Elle savait, bien sûr, qu'elle prenait des risques peu communs. Elle n'était pas stupide à ce point. Assez stupide pour boire cette potion, mais pas assez stupide pour le faire sans connaître les conséquences. Cependant, elle n'avait pas imaginé qu'elle devrait apprivoiser cette substance, la comprendre, la câliner, devenir amie avec elle, jusqu'à la maîtriser, et savoir comment l'interpréter.
Au début, elle avait simplement senti des impulsions plus fortes lorsqu'elle était sur une bonne piste, lorsqu'elle approchait d'un point d'intérêt de la Corneille – Julieta Cuervo, il fallait que Lily se mette à l'appeler par son prénom et son nom. À présent, Lily comprenait de mieux en mieux les subtilités de la potion. Elle ressentait différentes pulsations, selon les situations.
Des pulsations rapides, comme un cœur qui bat vite sous le stress, lorsqu'elle approchait d'une donnée sensible sur la Corneille.
Des pulsations lentes, profondes, lorsqu'elle piétinait et n'avançait plus sur son affaire.
Des pulsations sourdes lorsqu'elle prenait une fausse route.
Des pulsations saccadées lorsqu'elle s'approchait de personnes qui pouvaient lui fournir des informations sur cette personne… et c'était exactement ces pulsations qui venaient frapper le long de l'épaule droite de Lily, à l'instant où elle passait devant le pub Aux dents longues, situé dans l'Allée des Embrumes.
- Super, grommela-t-elle. Chez les vampires. Je n'ai aucune envie de traiter avec eux ce soir, j'ai pas la patience…, pesta-t-elle.
Elle aurait préféré que ce soit Francis qui s'en occupe, mais son collègue était parti à travers le monde pour s'enquérir, auprès des autres Ministères, s'ils recevaient de nouvelles lettres signées de la Corneille, pour des familles qui avaient déjà été visées. De plus, il profitait de ces voyages pour leur donner l'identité de la suspecte, afin que les Aurors du monde entier soient sur leurs gardes.
Il devait revenir dans la journée du lendemain, mais Lily ne pouvait pas rester les bras croisés en attendant son retour. Elle avait donc décidé d'aller sonder les indicateurs, surtout que, si elle n'avait pas la patience avec toutes les personnes qui fricotaient avec l'illégalité, ils la respectaient toutefois plus, pour la simple raison qu'elle faisait partie d'une grande famille de sorciers, et que les membres de sa famille avaient milité pour des lois et des conditions plus justes pour l'ensemble de la communauté sorcière.
Elle poussa les portes battantes pour entrer dans le pub. La musique était basse, sur une fréquence à peine perceptible pour ses oreilles, mais parfaite pour celles des vampires qui s'agitaient au rythme qu'ils écoutaient. La lumière était quasiment absente, et une odeur de sang emplissait la pièce.
Lily plissa le nez, et se coula vers le comptoir. Le barman la regarda d'un air mauvais.
- On n'a pas appelé les Aurors, grommela-t-il.
Lily lui offrit un sourire étincelant, qui contrastait avec son regard froid.
- Mais une Auror est quand même là. C'est la magie de notre métier, d'être toujours présents pour parer aux situations qui pourraient poser problème… comme une surconsommation de sang dans un pub vampire, ajouta-t-elle avec une pointe de menace dans la voix. Donc, dis-moi, Esteban, est-ce que je dois demander à chacun de tes clients s'ils ont consommé plus de sang qu'ils n'en ont réellement besoin, ou est-ce que tu préfères qu'on passe les formalités d'usage et que tu me dises directement où se trouve Abraham ?
Le vampire la regarda de haut en bas, la fureur déformant son visage. Lily tapotait impatiemment sur le comptoir, mais elle ne voulait pas le brusquer plus que nécessaire. Certes, elle était tolérée dans ces établissements, mais provoquer une émeute dans un bar vampire n'était pas bon pour ses affaires, ni pour celles du Bureau des Aurors, et elle aurait des difficultés à justifier le moindre débordement auprès de son supérieur.
- Aux fléchettes, finit par marmonner le barman, non sans lui adresser un dernier regard haineux.
Il repartit s'occuper des clients qu'il estimait être plus agréables que Lily.
- Eh bien, il est ronchon ce soir. Et une Bièraubeurre, s'il te plaît !
Elle s'installa sur un tabouret, et attendit sa commande, qui mit beaucoup plus de temps que nécessaire à arriver. Elle ne s'en formalisa pas.
- Tu ne viens pas l'arrêter, quand même ? bougonna Esteban en donnant sa Bièraubeurre tiède à Lily.
- Non. Mais je devrais peut-être te mettre une amende pour m'avoir servi une boisson même pas fraîche !
- Désolé, Potter, mais la dernière fois que tu es venue, tu as fait fuir ma clientèle pendant deux semaines, j'ai mis du temps à m'en remettre.
- Ils n'ont qu'à moins tremper dans l'illégalité, et être un peu plus honnêtes avec leurs revendeurs, répliqua Lily.
Le barman ne répondit rien, mais son attitude montrait clairement son désaccord avec l'Auror. Lily soupira.
- Écoute-moi Esteban, je ne l'ai pas fait de gaîté de cœur. Ton travail, c'est de servir des boissons, le mien, c'est de m'assurer que les méchants sorciers ne soient pas trop méchants, justement. Franchement, je suis la plus arrangeante de tous mes collègues, et je t'ai sorti plus d'une fois d'un mauvais pas. Seulement, vous ne m'aidez pas ! se justifia Lily. Moi, il faut ensuite que j'explique au grand chef pourquoi je vous laisse dépasser la limite de consommation de sang autorisée chaque soir, et le fait que vous me donniez des informations de temps à autre ne justifie pas tout.
Esteban la fusilla du regard.
- On n'est pas des balances ici !
Lily leva les yeux au ciel.
- Si ça te fait plaisir de le croire… Allez, bonne soirée, Esteban. Je vais voir Abraham, j'ai l'impression que plus personne ne veut jouer aux fléchettes avec lui. C'est mon tour à présent.
Lily se leva souplement, et, sa Bièraubeurre toujours en main, elle se débrouilla pour sortir une cigarette avec sa main libre. Elle l'alluma à l'aide d'une bougie qui traînait sur une table, et s'approcha de la personne la plus âgée du pub.
Abraham von Hell était un vampire qui avoisinait les quatre cents ans. Ou les cinq cents ans. Pour être honnête, Lily n'était plus tout à fait certaine de son âge. Ce dont elle était sûre, en revanche, c'est que garder un vampire de cet âge dans ses connaissances était important pour deux raisons. La première, c'est qu'il connaissait la plupart des faits historiques importants, et pouvait expliquer sans problème les tenants et aboutissants des relations entre deux peuples, sur une période plutôt longue. La seconde, c'est que pour être toujours vivant à un âge aussi avancé, même pour un vampire, il fallait connaître un certain nombre de malfrats qui vous protègent, mais aussi qui vous craignent. Il était donc nécessaire de rester proche d'Abraham lorsqu'on cherchait des renseignements, Lily l'avait compris très rapidement en tant qu'Auror.
Elle s'approcha de la zone de jeux de fléchettes, et saisit trois fléchettes dans un pot en terre cuite. De dos, le vampire ne s'était pas encore donné la peine de se retourner, même si Lily ne doutait pas une seule seconde qu'il avait déjà compris qu'elle était proche de lui, et qu'elle venait lui parler. Autour de lui, quelques vampires étaient assis, la regardant s'approcher, à moitié avec défiance, à moitié avec intérêt.
Elle ajusta son tir, visa, et lança la fléchette. Elle frôla l'oreille d'Abraham, arrachant quelques uns de ses rares cheveux fins qui restaient sur son crâne, et la fléchette partit s'enfoncer au milieu de la cible.
Le vampire se retourna lentement, le regard impassible.
- Tu sais, je n'ai plus beaucoup de cheveux. Il serait aimable de ta part de t'en souvenir, et d'éviter de m'en ôter de manière spectaculaire uniquement pour amuser la galerie.
- Je tâcherai de m'en souvenir, répondit Lily avec un sourire étincelant.
- Et je suppose que tu t'en souviendras encore mieux si je te dis ce que tu veux entendre ?
- Tu as tout compris, confirma Lily, en faisant disparaître son sourire.
Son interlocuteur la jaugea du regard. Il fit un rapide signe de tête à ses amis installés autour de lui, et ils disparurent à la vitesse vampire, laissant la zone vide d'oreilles indiscrètes.
- Installe-toi, proposa Abraham en désignant une table ovale, où des verres vides de sang attendaient leurs propriétaires.
- Merci, répondit Lily en prenant place.
Le vampire prit son temps, mais la rejoignit également. Lily l'observa plus attentivement. Les canines d'Abraham luisaient, signe qu'il était en bonne santé, et qu'il avait bu sa dose de sang peu de temps auparavant. Les poches sous ses yeux étaient moins importantes que la dernière fois qu'elle l'avait vu, et il paraissait plus en forme. Elle avait craint, quelques mois plus tôt, que son règne se termine bientôt, mais ses doutes étaient à présents évanouis.
Les rares cheveux qui restaient sur son crâne étaient blancs comme neige. Ses pupilles étaient particulièrement sombres, et une cicatrice barrait son sourcil gauche.
- Pour un vieillard, t'es plutôt en forme, lui fit remarquer Lily.
- On ne t'a jamais dit qu'il valait mieux parler avec déférence à tes anciens, surtout si tu as une faveur à leur demander ?
Lily renifla, amusée.
- Abraham… Toi et moi, on fonctionne par échange. Tu as des informations dont j'ai besoin, mais toi, tu dépends de moi pour obtenir ce dont tu as envie. Alors, franchement, soyons polis l'un avec l'autre, mais il n'est pas nécessaire d'aller au-delà de la politesse admise en société.
On vint servir un verre de sang à Abraham, qui le sirota doucement, fixant l'Auror avec un grand intérêt.
- Tu en veux ? proposa-t-il à Lily.
- Je ne baigne pas dans la magie du sang, répondit l'Auror en buvant une gorgée de sa Bièraubeurre.
Tiède, c'était vraiment une boisson mauvaise. Elle agita sa baguette, et un seau de glace jaillit de derrière le comptoir et traversa le pub, avant de se poser avec délicatesse devant Lily. Elle plongea la chope dedans, ne faisant pas attention aux exclamations outragées qui jaillirent avec le dérangement – et s'éteignirent lorsque les vampires réalisèrent que c'était l'Auror Lily Potter qui avait invoqué le seau de glace.
Les conversations reprirent, sans qu'on ne s'intéresse plus à Abraham et Lily.
- Non, pas la magie du sang pour Lily Potter… Mais j'ai entendu parler de magie noire, en revanche.
Lily le fixa intensément, mais Abraham n'avait pas prévu de céder face au regard impérieux de l'Auror. Il préférait sourire, légèrement moqueur.
- Je vois que tes indicateurs sont toujours à la pointe des dernières informations.
- Lorsque l'on vit aussi longtemps que moi, c'est nécessaire, lui rappela Abraham. Le savoir, c'est le pouvoir. Le pouvoir, la victoire. La victoire, la vie éternelle…
- Ou presque. Tu n'es pas immortel.
- Non, en effet.
- Seulement doté d'une vie plus longue que les autres…
- Et j'en profite allègrement, confirma Abraham.
- Tu en as vu, des choses, pendant ces années, continua Lily sur le ton du badinage. Des révolutions, des changements majeurs dans le monde, des pays qui naissent, qui disparaissent, des civilisations massacrées, d'autres qui se déclaraient la guerre, et puis d'autres qui faisaient la paix… Tout ce que tu as vu, durant ces centenaires…
Abraham arrêta de siroter son verre, regardant Lily avec une nouvelle attention. Le ton de Lily n'était plus celui du badinage, mais celui de l'Auror au travail. Ce n'était définitivement pas une visite de courtoisie.
Cela dit, ce n'était jamais des visites de courtoisie, avec Lily Potter. Abraham avait appris cela des années auparavant, et si Lily Potter le cherchait depuis plusieurs jours, ce n'était définitivement pas pour s'assurer qu'il était en bonne santé.
- Des temps de paix, des temps de guerre… et toutes ces familles qui ont pris part à ces conflits, quelle horreur, quel déchirement dans certains cas ! murmura Lily.
Elle secoua la tête, visiblement peinée de penser à tout ce qui avait déchiré les familles, lors des guerres des sorciers, ou des guerres entre sorciers et moldus, avant l'instauration du Code International du Secret Magique.
- Bien sûr, reprit Lily avec plus de légèreté, certaines familles ont préféré rester à l'écart de ces guerres. Cela peut se comprendre, après tout. Ne pas prendre de risques, dans le cas où nous sommes déjà dans une famille fragilisée, où nous voudrions protéger les membres de notre famille ou éviter de faire des vagues… Oh, bien sûr, c'est une position totalement compréhensible.
Lily sortit sa Bièraubeurre du seau glacé, et prit une gorgée. C'était plus agréable à la bonne température. Tout en savourant sa boisson, elle observa attentivement Abraham.
Le vampire ne bougeait plus. Ses paupières ne tremblaient même pas.
Lily sourit un peu plus. Son interlocuteur attendait patiemment la suite de la conversation, mais ne voulait pas prendre le risque de prononcer la moindre parole que Lily pourrait interpréter de la manière qu'elle voulait.
- Enfin, c'est compréhensible de mon point de vue. Certaines personnes peuvent se sentir lésées, en revanche, des pertes et outrages qu'elles ont subis, alors que d'autres familles n'ont rien fait du tout et n'ont rien perdu… Moi, j'arrive à comprendre que si on a perdu beaucoup à cause de la guerre, on ne soit pas spécialement contents d'apprendre que ceux qui n'ont rien fait puis récoltent la paix vivent au quotidien leur petite vie, comme si rien ne s'était passé. Tu en penses quoi, Abraham ? demanda Lily avec calme.
Le vampire posa son verre sur la table, et essuya la table plusieurs fois de la paume de sa main, même si aucune saleté ne semblait y trôner.
- J'imagine qu'on peut être énervé et agacé, effectivement, si on fait partie d'une famille qui a subi des pertes durant une guerre, de voir que d'autres personnes n'ont rien perdu… et n'ont rien fait, finit-il par prononcer calmement.
Lily hocha la tête.
- Exactement ! Et c'est d'ailleurs ce qui arrive en ce moment, j'imagine que tu es au courant ?
Abraham ne répondit rien, mais il baissa légèrement la tête, en signe d'assentiment.
- Forcément, tu es au courant, confirma Lily. Tu es toujours au courant de tout ce qui se trame dans les bas-fonds du monde sorcier. Par contre, tu es moins au courant de ce qu'on dit chez les Aurors. Comme, par exemple, que lorsqu'on recoupe toutes les familles sans participation aux guerres, on se rend compte que les familles qui traînent dans des pubs comme celui où nous nous trouvons actuellement ne sont étonnamment pas touchées par notre suspecte, alors même qu'elles ont les caractéristiques pour être ciblées… Surprenant, n'est-ce pas ?
Abraham reprit tranquillement son verre de sang, espérant que Lily allait lui laisser du temps pour réfléchir, mais l'Auror avait abandonné son sourire de badinage, et redevenait une professionnelle sur le terrain.
- Ou peut-être que ce n'est pas si surprenant que cela, finalement. Toutes les familles qui n'ont pris aucun côté pendant les guerres, mais qui seraient prêtes à dénoncer d'autres familles qui ont agi comme elles pourraient peut-être avoir la paix de la part de notre suspecte… Tu sais, celle qu'on surnomme la Corneille.
- Je ne suis pas certain de te comprendre, tenta Abraham.
- C'est simple, pourtant. Imaginons qu'Abraham von Hell soit un vampire qui, durant la dernière guerre en tout cas, n'a pas choisi de camp, que ce soit celui de mon père ou de Voldemort. Typiquement, il serait ciblé par la Corneille qui ne veut pas que des familles, comme celle d'Abraham, restent impunies pour n'avoir rien fait. Sauf qu'Abraham von Hell est au courant de l'existence de cette Corneille, parce qu'il est au courant de tout ce qui frôle l'illégalité, ou qui plonge littéralement dedans, dans le monde des sorciers. Et qu'Abraham von Hell connaît personnellement toutes les familles du monde sorcier, parce qu'il est sur cette terre depuis très longtemps… Peut-être que cet Abraham, pour éviter de se retrouver sous les projecteurs des Aurors et subisr une perquisition qui allait lui coûter cher, du fait des activités pas toujours légales qu'il fait chez lui et des objets qu'il possède sans en avoir le droit, trouve la Corneille ou trouve du moins un moyen d'entrer en relation avec elle, et lui propose un marché.
- Du genre ? murmura Abraham.
- Du genre, le nom de toutes les familles, dans le monde, que pourrait cibler la Corneille… en évitant soigneusement celles qui font partie de ses étroits collaborateurs. Et en demandant à la Corneille de ne pas y toucher.
Abraham ferma les yeux.
- Et je ne peux pas le nier, parce que…
Lily frappa doucement sa propre épaule droite, un sourire entendu pour le vampire, même si celui-ci ne la regardait pas. Elle savait que son ouïe surdéveloppée allait de toute façon lui faire comprendre le mouvement qu'elle venait de faire.
- La magie noire est plus puissante que tes mensonges, précisa-t-elle tout de même.
Abraham acquiesça.
- Très bien. Maintenant que tu m'as expliqué tout ceci… Explique-moi pourquoi tu es venue me voir ? De quoi as-tu besoin ?
Lily se renfonça dans son siège, satisfaite de constater qu'elle obtenait ce qu'elle voulait de son entrevue avec Abraham.
- Le Bureau des Aurors saura te remercier de ta coopération.
- J'y compte bien, grommela Abraham.
Il rouvrit les yeux, et fit signe à Lily de poursuivre.
- J'ai besoin que tu me fournisses tous les noms de tes collaborateurs qui l'ont renseignée. La Corneille, précisa Lily. Ensuite, il faut que tu m'expliques comment vous entrez en contact les uns avec les autres, et si quelqu'un l'a déjà vue. Peut-être que vous connaissez certaines de ses planques… J'en ai besoin également. Ah, et si tu pouvais m'expliquer le sortilège avec lequel elle signe ses lettres, ça m'arrangerait, je n'en peux plus de ce corbeau en signe de reconnaissance qui nous nargue à chaque fois qu'on regarde le parchemin, reconnut Lily.
- Ce n'est pas ton travail de trouver ce genre d'informations ? lui fit remarquer Abraham.
Lily haussa les épaules.
- Franchement, j'en suis à deux ans d'enquête, si je pouvais passer à autre chose, ça serait une bonne chose, reconnut-elle.
Elle sortit une plume et un parchemin de sa veste en cuir, ainsi qu'une cigarette. Elle posa les deux premiers objets devant Abraham, et le troisième à sa bouche.
- Comment vous êtes entrés en contact, aussi. En fait, si tu pouvais me donner toutes les informations relatives à elle depuis le début, ça serait un sacré gain de temps. Merci, termina Lily. J'attends.
Elle alluma sa cigarette. Le temps qu'elle la fume, Abraham n'avait toujours pas pris la plume, et ne faisait rien pour aider Lily.
- Un problème ? s'étonna l'Auror.
- En échange, j'ai quoi ? Parce que, soyons honnêtes, je vais perdre toute la confiance de mes collaborateurs lorsqu'ils réaliseront que j'ai balancé la Corneille aussi rapidement et facilement, fit-il remarquer.
- Pas du tout ! s'insurgea Lily. On inventera une histoire comme quoi je t'ai forcé à me donner ces informations, enfin, ce que tu veux, lui assura-t-elle.
- Non. Je ne marche pas.
Lily chercha une autre cigarette dans sa veste en cuir, et l'alluma immédiatement.
- Ok, on peut, éventuellement, prévoir quelque chose d'un peu plus intéressant pour toi, concéda-t-elle. De quoi tu as besoin ? De plus de sang ? supposa-t-elle.
Abraham parut offensé.
- J'ai bientôt cinq cents ans. Tu crois réellement que tu peux m'offrir des poches de sang, comme à un vulgaire vampire nouveau-né ?
Lily grimaça. Mais elle nota dans un coin de sa tête qu'Abraham approchait donc du demi-millénaire. Est-ce qu'elle serait invitée à la fête d'anniversaire ?
- Ouais, je dois reconnaître que je ne suis pas bien au fait des cadeaux qu'on peut offrir à un vampire qui avoisine les cinq cents ans.
Ce fut au tour d'Abraham de fouiller dans ses vêtements, avant de sortir un minuscule bout de parchemin, qu'il tendit à Lily. Elle le prit et le lut attentivement, avant de pousser un soupir fatigué.
- Il ne s'agit que de noms de vampires avec qui j'ai eu des problèmes, j'espère que tu plaisantes Abraham ?
- Ils ont tous besoin d'autorisations de sortie ou d'entrée du territoire, cela dépend des cas.
- Fais une demande auprès du département de contrôle et de régulation des créatures magiques, qui va ensuite…
- Faire une demande auprès du département de la coopération magique internationale, oui, je connais la procédure. Je sais aussi que pour des cas comme eux, qui ont déjà eu des déboires avec la justice…
Il lança un regard appuyé à Lily, lui rappelant ainsi que c'était surtout avec elle qu'ils avaient eu des déboires, et qu'elle était celle qui rendait la procédure aussi complexe et longue.
- La procédure prend des semaines, voire des mois. En revanche, si toi, Auror, fais directement la demande à ta cousine qui travaille au département de la coopération magique, on s'épargne beaucoup de paperasse et de temps perdu. Qu'en penses-tu ?
- J'ai besoin des raisons qui les poussent à entrer ou sortir du territoire de Grande-Bretagne, lui rappela Lily.
- C'est noté à côté de leur nom.
Lily jeta un œil sur le parchemin, et grimaça.
- Tourisme n'est pas une raison valable. Et encore moins « goûter de nouvelles saveurs » ! s'esclaffa-t-elle.
- Je suis certain que tu trouveras les termes qui conviennent… pas vrai ? demanda Abraham en tendant une main vers la plume que Lily lui avait fournie.
Elle soupira.
- Tu as cette liste sur toi depuis longtemps ?
- Quelque temps. Je désespérais que tu aies à nouveau besoin de moi pour te la donner, reconnut Abraham. Alors, quand mes hommes ont su que tu étais à la recherche d'informations sur notre connaissance commune, je me suis dit que c'était le moment de la prendre avec moi.
Elle avait bien remarqué qu'elle était suivie, plus tôt dans la soirée, mais elle n'avait pas remarqué qu'il s'agissait des hommes d'Abraham.
Lily hésita quelques instants encore avant de ranger la liste précautionneusement dans sa veste en cuir, profitant de l'occasion pour se saisir d'une nouvelle cigarette.
- Je m'en occupe. Mais sache que tu n'as pas choisi la cousine la plus facile à convaincre. Je ne te promets pas d'avoir les autorisations dès demain.
- Bien sûr, acquiesça Abraham en hochant la tête. Je ne les attendais que pour la semaine prochaine.
Lily lui lança un regard noir, avant de hocher lentement la tête. Abraham sourit, et saisit la plume que lui avait donnée Lily.
- J'espère que tu n'es pas pressée, cela risque de me prendre quelques heures.
Lily jeta un coup d'œil à sa montre. Elle était bonne pour une nuit blanche.
…
Quand Lily entra dans le Ministère de la Magie à huit heures ce matin-là, elle se demanda si elle n'allait pas devoir prendre une potion d'œil vif pour s'assurer de rester éveillée le temps qu'elle fasse ce qu'elle devait faire avant de rentrer chez elle pour s'écrouler dans son lit. Elle avait réussi à prendre un thé et un muffin dans une roulotte de vente à emporter, à quelques rues du Ministère. Elle croqua dans le muffin, et regretta amèrement de ne pas en avoir pris un deuxième.
Elle se glissa dans un ascenseur avec le flot de fonctionnaires qui venaient travailler. Tous avaient le visage de sorciers qui avaient eu droit à une bonne nuit de sommeil. Lily les jalousait énormément.
Elle laissa l'ascenseur s'enfoncer de plus en plus dans le Ministère, jusqu'à atteindre le quatrième département, celui de la coopération magique internationale, tout en terminant son muffin. Elle sortit en compagnie d'un petit sorcier qui faisait une tête de moins qu'elle, et qui n'arrêtait pas de se moucher.
- Allergies ? demanda-t-elle avec compassion.
Il hocha la tête, surpris de la voir s'adresser à lui. Les Aurors n'étaient pas connus pour se mêler aux autres fonctionnaires, et encore moins pour discuter de banalités.
- Pas de chance, dit simplement Lily en s'éloignant en buvant une gorgée de thé.
Elle se dirigea vers le bureau de Rose, au bureau de l'application des décrets. Elle sortit de sa veste la liste des vampires qui avaient besoin d'une autorisation d'entrée ou de sortie du territoire, avec les justifications pour ces déplacements qu'elle avait modifiés, de sorte que les motifs paraissent valables à Rose, et la posa sur le bureau encombré de sa cousine. Elle ajouta une petite note pour lui demander de le faire aussi rapidement que possible, afin de participer à l'avancement de son affaire. Ce n'était pas l'exacte vérité, mais Rose, avec un peu de chance, n'y verrait que du feu. Puis Lily fit demi-tour.
Elle manqua bousculer le sorcier qu'elle avait déjà croisé à la sortie de l'ascenseur. Il lui sourit timidement, et Lily lui adressa un bref signe de tête. Elle préférait ne pas être mal vue ce matin par les collègues de Rose, si jamais elle devait être vue en train de leur parler.
Lily reprit l'ascenseur, et se laissa porter jusqu'au département de la justice magique. Un premier bâillement l'accompagna durant son voyage, puis un deuxième. Elle était exténuée.
- Eh, Lily ! Il y a du monde pour toi, l'avertit sa collègue Ana.
Lily se renfrogna.
- Personne ne peut les prendre à ma place ?
- C'est pour l'affaire de la Corneille. Leah Zabini, apparemment. T'es la seule à être déjà arrivée et sur l'affaire, lui apprit l'Auror Ana.
Lily ne voulut même pas savoir pourquoi personne de l'équipe n'était présent. Il devait toujours y avoir quelqu'un, au Bureau des Aurors, pour s'occuper de l'affaire de la Corneille. Pourquoi est-ce que ce n'était pas le cas le jour où elle voulait seulement rentrer chez elle pour dormir ?
- OK, je m'en occupe. Elle est où ?
- À ton bureau. Elle n'est pas toute seule, l'avertit Ana.
Lily craignit un instant que ce soit Hayden ou Cassiopée qui accompagnait Leah mais, à sa plus grande joie, il s'agissait seulement de leur père, Blaise Zabini. Elle savait qu'elle pouvait rester stoïque devant le père de famille.
Elle s'approcha d'eux, et leur serra à chacun la main.
- Merci d'être venue, Leah.
- Il fallait que je retrouve ce que m'a confié la femme, c'est pour ça que j'ai mis du temps à venir, murmura-t-elle.
Elle avait les yeux embués, et fixait les photos épinglées au mur du box de Lily. L'Auror suivit son regard, et réalisa que les photos n'étaient pas si joyeuses que cela. La plupart des personnes affichées étaient décédées, ou bien étaient des criminels en puissance, recherchés par tous les pays du monde. Lily se souvint alors qu'Hayden avait toujours dit de Leah qu'elle était la plus sensible de ses sœurs, toujours à ressentir énormément d'empathie pour les personnes qui l'entouraient. Voir ces images devait être douloureux pour la cadette des Zabini.
Lily agita la main, et un drap vint se poser sur le mur du box.
- Magie sans baguette ? releva Blaise Zabini, légèrement impressionné.
- Effectivement. On a l'obligation de suivre la formation à Ouagadougou, lorsqu'on rejoint l'unité des affaires étrangères, se justifia Lily. Difficile à maîtriser, mais ça a de sacrés avantages.
Lily s'installa confortablement sur sa chaise, et nota qu'on avait donné des boissons pour faire patienter les deux membres de la famille Zabini.
- Leah, pour reprendre notre conversation là où nous l'avions laissée… Vous dites que vous avez déjà croisé une personne qui utilise les corbeaux pour signer des lettres, ou pour se présenter. Simplement pour être sûre…
Lily fouilla dans son dossier, et en sortit une lettre, qu'elle plia de sorte que seul le corbeau soit visible.
- Est-ce qu'il ressemblait à cela ?
Leah Zabini hocha la tête, et fouilla dans son sac à main.
- En fait… Elle s'est approchée de moi il y a quelques semaines, lors d'un forum de présentations d'auteurs. Je travaille pour La plume de Morgane, je ne sais pas si vous connaissez…
- Très bien, à vrai dire, lui confirma Lily. Chouette boutique, qui invite souvent mon frère Albus pour animer des ateliers de théâtre.
Le regard de Leah s'illumina, comme c'était souvent le cas pour les sorciers et sorcières lorsqu'on mentionnait Albus Severus Potter devant eux.
- Oui, c'est vrai ! Bref, j'étais à ce forum, avec plein d'auteurs, et elle est venue me parler et m'a donné ce livre…
Elle posa l'ouvrage sur le bureau, bien en face de Lily. L'Auror sortit sa baguette magique et la pointa sur le livre. L'ouvrage se mit à bourdonner férocement. Lily leva sa baguette magique, et le livre redevint silencieux.
- Il y a un corbeau en bas de chaque page, exactement comme celui de la lettre que vous m'avez montrée.
Lily agita sa baguette pour que des pages se dévoilent.
- Vous l'avez touché à main nue ? s'enquit Lily, alors que le livre tremblait légèrement entre eux.
- Oui. Moi également, répondit Blaise Zabini.
- Et vous n'avez rien eu ? s'étonna Lily.
Le père et sa fille se regardèrent.
- Non, finit par répondre Blaise Zabini.
- Tant mieux, soupira Lily. Il a dû être ensorcelé pour ne blesser que ceux qui n'appartiennent pas à votre famille. Je vais l'envoyer à nos experts de magie noire. Par précaution, vous devriez rendre visite à votre fils et lui demander de vérifier que vous n'avez pas été contaminé par un sort de magie noire, parce que ce livre en déborde. J'imagine qu'elle vous l'a donné pour que, si nous effectuions une nouvelle perquisition, nous tombions dessus, alors que vous n'avez aucun certificat pour posséder cet objet. Bien. Leah, est-ce que c'était cette personne ?
Lily sortit une photo de son dossier, et la montra à la jeune femme.
- Peut-être, murmura-t-elle.
Lily hocha la tête.
- Elle était sûrement métamorphosée. Qu'est-ce qu'elle vous a dit, exactement ?
Pendant encore une heure, Lily posa un certain nombre de questions à Leah, principalement pour s'assurer que les réponses concordaient avec les informations qu'ils avaient déjà. Leur affaire était presque bouclée, ils n'avaient plus qu'à arrêter la suspecte. C'était encore le plus difficile, puisqu'elle faisait en sorte d'être discrète, mais les Aurors restaient confiants, persuadés que Julieta Cuervo n'avait pas été prévenue que son identité était finalement connue.
Une Plume à Papotes prenait en note tout ce que racontait Leah Zabini. Autour d'eux, les box se remplissaient petit à petit, alors que les Aurors arrivaient au compte-gouttes. Ce fut au moment où Harry Potter entrait également dans le Bureau des Aurors que Leah termina son histoire, et répondit aux dernières questions qu'avait Lily pour elle.
- Parfait, souffla l'Auror. Merci beaucoup. Je vais demander l'étude de ce livre, et vous pourrez le récupérer ensuite, lorsqu'on se sera assurés qu'il est sans danger.
- À votre avis, pourquoi est-ce qu'elle a donné ce livre à Leah ? demanda Blaise Zabini.
Lily fronça les sourcils, prenant le temps de réfléchir.
- Pour être honnête, je n'en suis pas certaine, dit-elle finalement. Il y a de grandes chances qu'il s'agisse d'une ruse pour nous lancer sur une fausse piste, encore. Vous discréditer, et nous faire croire que vous aviez des choses à vous reprocher. On en saura plus lorsque nous l'aurons arrêtée.
Du moins l'espérait-elle. Elle avait des doutes. Lily sentait que Julieta Cuervo, une fois arrêtée, ne prendrait pas la peine de les renseigner sur les zones floues de cette affaire. Qu'elle n'expliquerait pas tout, préférant emporter les secrets avec elle. L'Auror ne savait pas comment elle pouvait être persuadée de cela. Peut-être était-ce dû au fait que, pendant deux ans, elle avait enquêté sur elle, et qu'elle la comprenait très bien, maintenant.
Lily se leva, imitée par Blaise et Leah Zabini. Harry Potter arriva à cet instant au niveau du bureau de sa fille.
- Potter, le salua calmement Blaise.
Ils se serrèrent la main.
- Zabini. C'est ta dernière fille, c'est bien ça ? demanda Harry en serrant également la main de Leah. Enchanté.
- Tout à fait, confirma Blaise. Nous avions des informations à donner à la tienne, de fille.
Harry coula un regard vers Lily, qui, d'un coup de baguette magique, enroula le parchemin sur lequel s'étalaient les paroles que venait de lui confier Leah Zabini.
- Ouais, l'affaire de la Corneille… Foutue histoire, grommela Harry Potter. Désolé que ça vous soit tombé dessus.
Blaise Zabini haussa les épaules.
- Tant pis. Merci pour l'attention que tes Aurors portent aux mages noirs qui courent encore… Tu-Sais-Qui ne t'avait pas suffi ?
- Les ennuis m'aiment trop pour que je les laisse sans moi pour les occuper, répondit simplement Harry.
- Je déteste vraiment quand tes anciens camarades viennent ici, grommela Lily. J'ai l'impression qu'il n'y en a que pour toi, alors que, franchement, maintenant, tu passes surtout ton temps derrière un bureau.
Harry regarda sa fille avec stupeur.
- Ah, non, je ne travaille plus pour aujourd'hui, alors je redeviens ta fille, pas une Auror sous tes ordres. Je n'ai pas dormi depuis vingt-quatre heures, je rentre chez moi, se justifia Lily avec un sourire aussi étincelant qu'elle le pouvait malgré le manque de sommeil.
- Comme tu peux le constater, ma fille est légèrement moins polie que la tienne, soupira Harry. Mais je crois que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même pour son caractère.
Blaise Zabini offrit un sourire compatissant à Harry Potter, le genre de sourire que partagent les pères qui ont les mêmes problèmes.
- Exactement, confirma Lily en saisissant une pile de dossiers. Car si tu disais que c'était de la faute de maman, je lui raconterais tout, plaisanta Lily en embrassant rapidement son père sur la joue. Je vous laisse à vos souvenirs, moi, je rentre dormir. Merci encore d'être venus. Monsieur Zabini, miss Zabini, je vous souhaite une bonne journée.
Lily les salua une dernière fois, puis se dirigea vers les ascenseurs, pressée de retrouver son appartement. Elle n'avait pas fait dix mètres qu'on l'interpella.
- Lily… Lily !
L'Auror se retourna. Sa cousine arrivait en courant, un parchemin connu de Lily à la main. La liste de vampires. Bon. Mieux valait régler cette affaire tout de suite, se dit Lily.
- C'est quoi, cette liste de vampires ?
- Je te l'ai noté, j'ai besoin d'autorisations de sortie de territoire pour ces vampires.
- J'ai lu ta note… Mais ce n'est pas à moi de le faire.
- Sauf que si tu t'en occupes, ça ira plus vite, fit remarquer Lily.
Rose fronça le nez, visiblement contrariée.
- Je sais, et j'ai commencé à me pencher dessus, mais, je te le rappelle, ce n'est pas mon boulot et, ensuite, ils ont des casiers longs comme un occamy dans un grenier vide !
Lily grimaça. Parfois, elle aimerait que Rose soit moins consciencieuse dans son travail. Mais ce ne serait pas Rose, dans ce cas…
- Ouais, de simples malentendus, balaya Lily.
- Des malentendus lorsqu'ils promettent de te saigner ? releva Rose, sceptique, en citant ce qu'elle avait lu plus tôt alors qu'elle se penchait sur les antécédents des vampires.
- Alors, déjà, il n'y en a qu'un qui m'a promis ça, et ensuite, j'avais vidé sa réserve de sang à ce moment, il était assez agacé. Mais entre temps, on s'est arrangé, j'ai rempli ses stocks, et depuis, on s'entend super bien !
Surtout parce que Lily faisait en sorte de ne jamais le croiser.
- Rose, je sais que c'est beaucoup te demander que de faire ces autorisations sans trop regarder leurs casiers, mais si tu ne le fais pas, ils vont aller parler à ma suspecte, et elle va s'enfuir, sauf que je n'ai vraiment pas besoin de ça, surtout alors qu'elle se trouve sur notre territoire.
Rose soupira, et secoua la tête. Elle n'aimait pas ça, lorsque Lily passait au-dessus des procédures pour obtenir ce qu'elle voulait, et qu'elle la mêlait à ses magouilles.
- Je te promets ce que tu veux ! la supplia Lily. Je t'en prie, Rose. Si je n'ai pas ces autorisations, je suis partie pour encore des mois de traque, et franchement, je déteste traquer des sorcières alors que j'ai déjà tous les éléments pour les arrêter, ça n'a plus aucune saveur… S'il te plaît ! insista Lily.
Rose ne semblait pas convaincue, aussi, Lily se décida à sortir la dernière carte qu'elle avait à jouer. Elle se rapprocha de sa cousine, et lui chuchota à l'oreille.
- Tu as entendu les rumeurs sur le fait que cette personne soit mêlée à la mort d'Isabella ?
Rose pâlit légèrement.
- Ce ne sont pas que des rumeurs. C'est elle qui l'a assassinée. Rose, je ne peux pas prendre le moindre risque, pas cette fois. Il faut que tu m'aides.
Lily se recula, observant avec une satisfaction savamment dissimulée les diverses émotions qui traversaient le visage de Rose. Dès lors que l'argument familial entrait en compte, Rose ne pouvait rien refuser à Lily.
- Très bien, souffla Rose. Mais tu viens déjeuner avec moi et mon collègue célibataire, ajouta-t-elle.
Lily retint une grimace. Rose se faisait un devoir de faire rencontrer des hommes à Lily dès qu'elle le pouvait. Lily essayait de ne pas céder, mais elle devait reconnaître que Rose était tenace.
- Ouais, Bertrand, très bien.
- Il ne s'appelle pas Bertrand.
- Bernie ? Bernt ? tenta l'Auror.
- Bert, lui répondit Rose. Et tu l'as croisé ce matin.
Lily regarda sa cousine, scandalisée.
- Celui avec les allergies ?
- Tu vas l'adorer ! lui assura Rose. On dit ce week-end, il est libre, moi aussi, toi aussi, Scorpius aussi ! Bisous, je te fais tes autorisations immédiatement, j'adore travailler avec toi !
Lily avait la désagréable impression que sa cousine l'avait baladée depuis le début, mais elle était bien trop épuisée pour lui demander des informations supplémentaires. Et puis, de toute façon, pourquoi est-ce qu'elle refuserait de rencontrer le collègue de Rose ? Après tout, elle était célibataire, lui aussi et, surtout, Rose n'allait pas présenter à Lily quelqu'un sans intérêt. Hayden était sur le point de se marier. Lily n'avait pas besoin de se raccrocher à un souvenir. Alors, elle poussa un énième soupir, et se dépêcha de quitter le Ministère, avant qu'un nouveau problème lui tombe sur le bout du nez.
Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.
Aaaah, un jour férié. C'est si beau, comme concept. Quel dommage, toutefois, que je ne travaille jamais les lundis, ce qui fait qu'en fait, aujourd'hui, c'est surtout mon week-end.
Merci, encore et toujours, à DelfineNotPadfoot pour ses corrections sur ce chapitre ! Elle adore Abraham. J'espère que vous aussi, eh eh.
Ce qui est certain, c'est que vous avez adoré la grand-mère Zabini la semaine dernière ! Est-ce qu'Abraham vous aura fait le même effet ? Bonne question. J'ai introduit pas mal de personnages dans cette histoire, et il est vrai qu'on les voie assez peu. C'est normal, dans un sens, Lily et Hayden sont adultes et ont des métiers prenants (et il y en a un qui "prépare" un mariage), alors voir toutes leurs connaissances régulièrement, ça devient complexe. D'ailleurs, ça a été très complexe pour moi de les faire interagir de manière cohérente, mais, eh ! J'y arrive de temps à autre, selon les chapitres.
Merci à tous pour vos reviews, etc., tout au long de la semaine. Vous êtes de plus en plus nombreux, je vois des nouveaux pseudos, c'est fou. Merci à Liliana pour ta review, et comme tu dis, j'espère qu'Hayden va enfin réfléchir à cette vérité qu'il a évité pendant des années. Et la grand-mère, tout le monde l'adore, j'en ai bien l'impression :)
La semaine prochaine, pas de nouveaux personnages ! On restera centrés sur Lily et Hayden. Est-ce qu'ils seront ensemble dans une même pièce, toutefois ? Mystère, il vous faudra attendre lundi prochain pour le savoir ;) !
Profitez bien de cette semaine de beau temps (enfin, je crois qu'il fait beau partout...?) et à lundi prochain, au plaisir d'avoir de vos nouvelles :)
Méfaits accomplis.
