Disclaimer : Harry Potter appartient entièrement et uniquement à J.K. Rowling. Je ne fais qu'écrire des fanfictions dessus à mes heures perdues.
Chapitre XV
Vendredi 27 août 2032 – Impasse des Demiguises
Lily avait adopté sa posture favorite sur sa fenêtre, une jambe dans le vide et l'autre repliée. Elle avait posé son bras gauche dessus, qui la lançait terriblement. Elle se doutait que les premiers soins qu'elle avait faits n'étaient pas suffisants pour une blessure suite à une confrontation avec un Nundu. Mais, franchement, elle n'avait pas envie d'aller à Ste Mangouste. Elle ne voulait croiser personne. Elle ne voulait plus quitter son appartement. Pas depuis qu'elle prenait conscience que sa vie privée, que la seule et unique histoire qui compte à ses yeux se soit retrouvée dans les quotidiens à scandales.
Lorsqu'elle était sortie du bureau de son père, elle avait compris qu'elle n'avait pas rêvé, et que les regards qu'on lui lançait étaient bien remplis de curiosité. Elle n'avait pas pris la peine de parler avec ses collègues. Elle était allée à son bureau, avait pris quelques dossiers, et était partie rapidement.
Elle avait songé à s'arrêter voir Rose, mais, finalement, avait abandonné cette idée. Et lorsqu'elle avait mis un pied au Chaudron Baveur, elle avait réalisé que plus d'un sorcier attendait son retour pour l'observer, la dévisager, et chuchoter. Alors, elle avait serré les dents et avait transplané jusque chez elle. Au moins, dans son appartement, elle était tranquille.
Elle posa la tête contre le mur. Sa cigarette à la bouche, elle regarda la carte du monde qu'elle avait mise au milieu de sa salle à manger, avant de se concentrer à nouveau sur le parchemin qu'elle tenait entre les mains.
Elle le déroula à nouveau, et un sourire légèrement attendri naquit sur ses lèvres. Hayden était toujours aussi prolifique lorsqu'il lui écrivait une lettre.
Lily,
Je crois que le plus difficile, c'est de commencer. Je n'ai plus l'habitude de t'écrire, alors, je ne suis pas certain de ce qui va ressortir de cette lettre.
Tout d'abord, sache que… c'est toi que je choisis. En fait, je n'avais pas le choix, depuis le début, je le réalise à présent. Ça a toujours été toi, parce que, soyons honnête, tu es la seule à m'avoir donné envie de me dévoiler, de me confier. C'est avec toi que je ris, souris, parle, ai le plus peur, fais les choses les plus folles pour un Zabini. C'est toi qui m'as forcé à escalader des montagnes lorsqu'on partait en escapades secrètes, alors que je déteste le vide. Et je ne regrette rien de toutes ces émotions et sensations que tu m'as fait vivre.
Pendant longtemps, bien sûr, j'ai cru que je regrettais. C'était faux. C'était ma stupide peur, celle de voir ton nom et le mien accolés sur toutes les lèvres, sur un titre racoleur du journal de Skeeter. Sauf que lorsque ton nom et le mien ont été collés sur son journal, je ne l'ai pas regretté.
J'ai simplement regretté que cela arrive aussi tardivement.
J'ai tellement de choses à te dire. À me faire pardonner. À rattraper. Mais je vais déjà commencer par le présent.
J'ai appris il y a quelques jours que tu étais partie sur une affaire à l'étranger et… ça a été le Cognard que j'avais besoin de me prendre pour réaliser beaucoup de choses. Ensuite, tout s'est précipité.
Je devais voir Millicent Harrington, ta camarade de dortoir, avec Jane, pour la payer et la remercier de tout, et puis, aussi, pour un dernier récapitulatif de ce qu'elle avait fait. Sauf qu'au lieu de cela, c'est devenu le moment où j'ai rompu avec Jane. C'était sûrement la meilleure chose que je puisse faire.
Parce qu'alors qu'elles parlaient toutes les deux, j'ai réalisé que non, je n'aimais pas Jane comme j'avais pu t'aimer, et franchement… ça ne vaut pas le coup d'être avec elle si la relation n'atteint pas le dixième de ce qu'on a pu vivre, toi et moi.
Je ne vais pas te mentir, elle n'en était pas ravie, et elle a quelque peu profité de la situation pour raconter une bonne partie de ce que je lui avais raconté sur nous deux dans les journaux. Les détails, ce qu'on s'est dit… Je ne crois pas que c'est dans cette lettre que je dois l'écrire. Tout ça mérite une vraie discussion entre toi et moi, et j'espère que tu m'accorderas la possibilité de discuter. Que tu ne feras pas ce que j'ai fait, il y a plus de deux ans…
J'ai conscience que depuis ce 4 avril, il s'est passé beaucoup de choses. Tu as perdu un membre de ta famille, et tu ne pouvais pas parler de moi. Tu as vu beaucoup de choses avec ton métier, et pas des plus tendres, ça aussi, j'en ai conscience. Je sais que je n'ai pas été là alors que, je le crois, tu avais besoin de moi. Tu as évolué, tu as changé, tu as une volonté nouvelle, je la vois dans tes yeux. Je sais que tu n'es plus exactement la même personne qu'il y a deux ans, mais, tu sais quoi ? Moi non plus. On a changé. Tous les deux. Peut-être pas pour le meilleur, je ne sais pas.
Je sais en revanche qu'on peut toujours être ensemble. Ce ne sera pas la même relation, bien évidemment.
Mais en fait, si. Ça sera la même relation. Parce que la meilleure partie de moi, la meilleure évolution de moi-même, je sais qu'elle ne peut avoir lieu qu'avec toi qui me pousses à montrer à tout le monde qui je suis.
Il n'y aura plus de secrets, moins en tout cas. Il n'y aura plus les non-dits. Les mensonges non plus.
Il n'y aura plus moi qui me cache derrière des prétextes stupides, comme celui de dire que ton nom de famille est trop puissant, et que je ne veux pas qu'on nous rabaisse simplement à nos familles.
Comme tu peux t'en douter, je ne vais pas déménager aux États-Unis, changer de travail, ou autre. Finalement, je reste ici. Mais… pas tout de suite. J'ai eu de rapides discussions avec mes parents. Ils voulaient comprendre, bien sûr. Je ne crois pas avoir réussi à tout leur expliquer sur notre histoire. À vrai dire, j'ai besoin de toi pour la comprendre, alors… j'espère te voir à mon retour.
Parce que je pars tout de même. Pas loin, pas longtemps. Simplement, je veux visiter un peu le monde. J'avais des congés prévus après le mariage qui n'aura pas lieu. Je vais aller visiter l'Amérique du Sud, l'Océanie, et je pense faire un détour par les pays de l'Europe de l'Est également. En fait, je crois que je vais visiter tous les pays que je t'avais dit que je voulais visiter, lors de notre première nuit dans ton premier appartement. Je ne sais pas si tu te souviens de cette liste…
Je m'égare. C'est fou, ça, tu ne trouves pas ? Je suis toujours ordonné, sauf lorsque tu rentres dans l'équation. Tu réalises à quel point tu me perturbes ?
Tiens-moi au courant lorsque tu reviens de mission, s'il te plaît. Que je le sache dès mon propre retour, que je puisse te rendre visite.
Si tu l'acceptes, évidemment.
J'espère que tu accepteras, sincèrement. Parce que j'ai fait quelque chose de stupide, bien sûr, et tu as toutes les raisons de m'en vouloir. Mais j'ai aussi envie de croire qu'il y a une suite possible à notre histoire.
Hayden.
Doux Merlin, il fallait qu'elle lui arrache les mots lorsqu'il était en face d'elle, mais dès qu'on lui mettait un parchemin et une plume entre les mains, il était impossible à stopper.
Bien évidemment qu'elle lui aurait envoyé cette lettre, s'il n'était pas porté disparu. Lily lui en voulait toujours, pour beaucoup de choses, mais elle savait également pardonner, et elle avait su se pardonner elle-même. Elle pouvait pardonner à Hayden.
Et puis, soyons honnêtes. Elle lui en avait voulu, bien sûr, mais pas assez pour lui tourner définitivement le dos.
Elle inspira profondément, et regarda la carte du monde au milieu de sa salle à manger.
Évidemment qu'elle se rappelait de tous les pays que voulait visiter Hayden. Elle se souvenait même de l'ordre dans lequel il les avait cités, et connaissant sa rigidité typique de Serpentard, elle était prête à parier qu'il avait visité les pays dans cet ordre.
Sauf que, d'après ses parents, la dernière missive qu'il leur avait envoyée provenait de l'Argentine, qui n'était, finalement, que le troisième pays de sa liste.
Elle sortit une cigarette de sa veste qu'elle n'avait toujours pas enlevée, et la mit à sa bouche à l'instant où des coups fermes étaient frappés à sa porte.
Elle regarda l'horloge qui trônait sur un de ses murs, étonnée. Elle n'attendait personne, et il n'était pas l'heure habituelle des visites. Toutefois, ses alarmes ne s'étaient pas déclenchées.
Elle se leva souplement, prit sa baguette, et se dirigea vers sa porte d'entrée, regardant par le judas. Elle se détendit immédiatement, et ouvrit sa porte.
- Salut, grand frère ! s'exclama-t-elle en prenant James dans ses bras.
- Tu devrais être plus vigilante, on pourrait être des mages noirs ! la sermonna son grand frère.
- Pas du tout, mon appartement est truffé de glaces à l'ennemi. Une seule, ce n'était pas suffisant, se justifia-t-elle. Entrez ! dit-elle aux personnes qui suivaient son frère.
Elle adressa un regard entendu à James en reconnaissant Rhéa Pye juste derrière lui.
- J'imagine qu'elle n'est pas présente pour me soigner ? plaisanta-t-elle. Parce que j'en aurais bien besoin… Et où est Eleanor ?
La Guérisseuse rougit furieusement, amusant grandement Lily.
- Comment est-ce que tu as réussi à te blesser pour une mission aussi simple ? s'étonna James en enlevant sa veste. Eleanor est chez papa et maman.
Lily ne lui répondit pas immédiatement. Derrière Rhéa, il y avait Albus et sa femme, et Albus prenait déjà Lily dans ses bras. Si cela pouvait paraître être un geste d'amour, la violence qu'il mettait dans l'étreinte prouvait le contraire.
- Comment est-ce que tu as pu me cacher ça pendant des années ? siffla Albus, l'air mauvais.
- Laisse ta sœur tranquille, lui répondit simplement sa femme.
Aussitôt, Albus obéit, l'air grognon.
- Chiara ! Depuis le temps que je ne t'avais pas vue ! souffla Lily en se laissant emporter dans une autre étreinte.
- Bien sûr, tu ne viens jamais me rendre visite en Italie, lui reprocha la femme d'Alsev.
- Et pourquoi est-ce que tu ne viens pas t'installer en Angleterre, chez Alsev ? répliqua Lily.
Sa belle-sœur lui lança un regard entendu.
- Parce qu'il fait trop froid.
- Et moi, je n'irai pas m'installer en Italie, parce qu'il fait trop chaud, ajouta Albus. Bien, maintenant qu'on a terminé le débat systématique de vos retrouvailles, si on s'installait et qu'on discutait de la raison de notre présence à tous ici ?
Ils pénétrèrent tous dans l'appartement de Lily, prenant leurs aises, à part Rhéa, qui observait discrètement le lieu. James se dirigea vers la cuisine, et prit des Bièraubeurres pour tout le monde.
- Surtout, ne te gêne pas pour prendre dans mes affaires !
- Ok, répondit-il en se servant également une cigarette.
- C'était de l'ironie…, grommela Lily.
- Je ne l'ai pas entendu de cette oreille, répliqua James avec un grand sourire.
- C'est quoi, ça ? s'enquit Albus en prenant un parchemin qui traînait.
La lettre d'Hayden. Lily la lui prit immédiatement des mains.
- C'est privé.
- Du genre, vraiment privé, ou du genre privé mais qui a été étalé dans les journaux pendant que tu étais à l'étranger ? demanda-t-il avec un grand sourire.
Lily le fusilla du regard. Rhéa avait légèrement souri, amusée de la réflexion d'Albus, et Chiara posa une main tranquillisante sur le bras de son mari.
- Il me semblait qu'on avait convenu de ne pas en vouloir à Lily, parce qu'il n'y a pas matière à lui en vouloir ? dit tranquillement Chiara.
Son accent chantant avait tendance à adoucir les mœurs, et Albus leva les yeux au ciel, avant de capituler.
- Très bien, soupira-t-il. Mais je ne m'excuserai pas pour les photos peu avantageuses que Skeeter a choisies sans que je ne m'y oppose.
- Tu exagères, tu aurais au moins pu donner des photos où j'étais à mon avantage après une arrestation, pas une photo de moi avec du pus de Bubobulb dans les cheveux ! s'insurgea Lily en désignant la représentation d'elle-même qui s'étalait dans tous les journaux et articles relatant les derniers potins du monde des sorciers.
Un large sourire mesquin s'étala sur le visage d'Albus. De toute évidence, il avait choisi cette photo sciemment, et était ravi de constater que cela agaçait Lily.
- OK, c'est le moment où je dois intervenir en tant que plus âgé de la fratrie, comprit James. Alsev, je sais que tu es vexé parce que Lily ne t'a pas parlé d'Hayden, et que tu aurais aimé être au courant de cette information concernant ta petite sœur. Tu as l'impression qu'elle ne te faisait pas confiance, c'est normal, et c'est douloureux. Toutefois, te venger en donnant les pires photos d'elle pour les articles de Skeeter et ses collègues, c'était une vengeance indigne d'un Potter. Lily, tu es énervée, tendue, parce que tu arrives en pleine tempête médiatique à ton sujet et parce que tu es blessée, et fatiguée. Mais vraiment, depuis quand est-ce que tu attaches de l'importance à ton physique dans les journaux ?
- Depuis que j'ai fait la une pendant des semaines alors que je n'étais même pas au courant d'y être parce que j'étais au milieu du désert ? railla l'Auror.
Un silence de plomb tomba dans l'appartement. Rhéa semblait regretter d'être présente alors qu'elle ne connaissait que peu toute cette famille. Elle se sentait tout sauf à sa place. Chiara se demandait comment est-ce que les trois frères et sœur pouvaient être aussi butés quand ils se parlaient, alors qu'ils étaient sensés lorsqu'ils étaient pris séparément. Albus avait envie d'en vouloir à sa sœur et, en même temps, il s'agissait de sa sœur, alors c'était difficile pour lui. James essayait de ne pas éclater de rire, ce qui eut le mérite de remettre les idées en place à Lily.
- Très bien, capitula Lily. J'ai exagéré. J'ai mes torts concernant mon histoire avec Hayden. Et franchement, Alsev, tu aurais pu choisir les photos de mon adolescence, quand j'avais les dents encore écartées et des boutons, alors, ça aurait pu être pire.
- J'y ai songé, avoua Albus du bout des lèvres.
Lily parut sur le point de s'insurger, avant de prendre sur elle.
- Je te remercie de ne pas l'avoir fait, grommela-t-elle en lui lançant tout de même un regard mauvais.
Elle remonta sa manche gauche, dévoilant son bandage qui entourait son avant-bras.
- Rhéa, est-ce que tu peux soigner ça un peu mieux ? J'ai croisé la route de trois Nundus, et les premiers soins ont été faits en catastrophe en Érythrée…
- Des Nundus ?! s'exclamèrent en même temps Albus et James.
- C'est quoi, un Nundu ? demanda Chiara, intriguée.
- Un léopard géant, qui va très vite, dont le souffle diffuse des maladies mortelles, et il faut cent sorciers pour en venir à bout. Le genre de bestioles qu'on évite de croiser, répondit Rhéa en devenant immédiatement professionnelle. Je ne pensais pas qu'un jour, je devrais soigner quelqu'un qui avait croisé leur route.
Elle s'approcha de Lily, sortit sa baguette et défit le bandage. Elle sourit devant la plaie.
- Tu t'en sors plutôt bien.
- Tu n'as pas idée, souffla Lily en levant les yeux au ciel. Le fonctionnaire de l'office des Portoloins va m'entendre encore longtemps. Heureusement que je suis une Auror douée.
- Vantarde…, murmura Albus, un sourire aux lèvres.
Lily ne releva même pas, et se tourna vers son autre frère.
- D'ailleurs, James, ce serait bien que tu ailles le voir aussi, les démarches administratives, c'est ton métier.
Un silence flotta à nouveau dans l'air. Lily observa tous ceux qui étaient dans la pièce, se demandant pourquoi elle avait la sensation d'être la seule à ignorer une information capitale.
- Qu'est-ce que j'ai dit ? soupira Lily.
- Je ne travaille plus au Ministère. Je t'avais dit que je voulais changer de métier, je l'ai fait… Je travaille dans une boutique d'ensorcèlement d'objets magiques.
- Il fait principalement des expériences pour que les objets lui explosent au visage, expliqua Albus.
- C'est faux ! s'insurgea James.
- C'est totalement vrai, répondit Rhéa en retenant difficilement un sourire.
- J'ai toujours su que je choisissais le bon Potter en épousant celui qui voulait devenir acteur, souffla Chiara.
Rhéa continuait de s'affairer sur le bras de Lily, utilisant différents sortilèges et onguents qu'elle sortait à un rythme effréné des tréfonds de son sac à main. Petit à petit, les différents tiraillements et brûlures que ressentait Lily disparurent.
- Tu as tout ça dans ton sac ? s'enquit Albus avec curiosité.
- Alsev, je suis Guérisseuse, bien sûr que j'ai tout ça dans mon sac, répondit simplement Rhéa. En plus, ça peut toujours servir. La preuve, ajouta-t-elle avant qu'Albus ne tente de la contredire.
Elle déboucha une fiole, et versa quelques gouttes du contenu sur les griffures que Lily avait sur l'avant-bras.
Lily, pour la première fois depuis plusieurs années, avait l'impression de ne pas être partie à peine trois mois en mission. Elle avait la sensation que des années entières s'étaient écoulées depuis son départ. Tout semblait avoir changé, bien plus que ce dont elle avait l'habitude.
La dynamique qui existait auparavant entre James, Albus et Chiara avait changé, avec l'ajout de Rhéa dans l'équation, et Lily comprenait peu à peu qu'elle allait devoir elle aussi trouver quelle était sa place dans cette nouvelle organisation… sachant qu'elle devait s'y intégrer en acceptant le fait que tout le monde soit au courant de son histoire avec Hayden, sans qu'elle n'ait décidé de leur en parler.
Chiara discutait naturellement avec James, pendant qu'Albus regardait la carte du monde que Lily avait créée avant leur arrivée. Rhéa, elle, continuait son travail, jusqu'à ce qu'une intense sensation de fraîcheur se propage dans le corps de Lily, partant depuis son avant-bras.
- Et voilà ! termina la Guérisseuse avec un petit sourire satisfait.
- Merci, murmura Lily en regarda son avant-bras.
La chair était rosée, et on voyait encore nettement les griffures, mais aucun saignement n'était perceptible, et Lily se doutait que les plaies n'allaient pas se rouvrir. Un vrai travail de Guérisseuse.
- Alors, euh… Pourquoi est-ce que vous êtes là, exactement ? demanda l'Auror en prenant une cigarette dans son paquet.
- Pour toi, évidemment ! souffla Albus. On veut savoir comment tu vas.
- Je rentre de mission, je suis fatiguée, voilà comment je vais, Alsev, tenta de dédramatiser Lily.
Bien évidemment, elle ne fit pas illusion. Lily soupira, et s'installa sur une chaise. Aussitôt, tout le monde en fit de même, à l'exception de James, qui piocha d'abord une cigarette dans le paquet de sa sœur. Elle n'avait même plus la force de lui faire un reproche à ce propos.
- Franchement, Lily, ça a été un tel choc pour tout le monde, et nous, on a eu le temps de nous faire à l'idée, on a vu les journaux arriver au fur et à mesure… Mais toi, tu as tout pris en pleine figure d'un seul coup. Tu as le droit de dire que tu es sous le choc, et épouvantée, ou n'importe quel autre sentiment, la rassura James.
Elle haussa les épaules, avant de regarder Albus.
- Comment ça se fait que ça ait pris une telle ampleur, Alsev ? Tu as l'habitude d'endiguer ce genre de situations…
Il grimaça.
- Bien sûr que j'en ai l'habitude, c'est moi la vitrine de la famille Potter. Mais là… Presque cinq ans de relation cachée, j'étais invité au mariage de Zabini, qui finalement ne se marie pas à cause de toi, Skeeter qui a une dent contre toi parce que tu as passé toute ta vie à la faire tourner en bourrique… Franchement, vu les premiers brouillons de tous ces articles que j'ai eus entre les mains, je te le dis sincèrement, j'ai évité les pots cassés et ta flagellation sur la place publique.
Lily ferma les yeux et se prit la tête entre les mains. Aussitôt, elle sentit les bras de Chiara qui vinrent entourer ses épaules.
- Eh ! Ce n'est pas grave, la rassura-t-elle. Ton frère t'en veut à mort de ne pas lui en avoir parlé, mais il s'en remettra…
- Pas dit, bougonna Albus.
- Et toute ta vie a été étalée dans les journaux, de ta rentrée à Poudlard à tes affaires d'Auror, mais est-ce que ça n'est pas pour la meilleure des choses, finalement ?
Lily lui jeta un regard surpris.
- Comment ça ?
- Eh bien… Au moins, vous pouvez maintenant vous afficher sans problème, le secret a volé en éclats !
- Pour être honnête, je n'aurais jamais imaginé qu'il y avait quoi que ce soit entre vous deux, murmura Rhéa. J'ai travaillé avec lui pendant des années, depuis…
- Son arrivée à Ste Mangouste, je sais, la coupa Lily.
Rhéa se tut, consciente qu'elle jouait sur un terrain inconnu pour elle. C'était une situation si étrange, une relation hors norme.
- Est-ce que vous vous êtes vus, depuis ton retour ? s'enquit Albus.
- Non, je…
Lily fronça les sourcils. Elle réalisa alors que rien n'avait paru dans aucun journal, et que seule elle, son père et la famille d'Hayden semblaient être au courant de la disparition du jeune homme.
- Hayden a disparu. Je réalise à présent que ce n'était dans aucun journal. Il est parti pour voyager après sa rupture, et ses parents n'ont plus reçu de ses nouvelles depuis plusieurs semaines. En fait, j'étais attendue à mon retour au Ministère parce que ses parents et papa semblaient imaginer que nous avions pu fuir comme deux amoureux des temps modernes, grommela Lily.
- Disparu ? Il s'est perdu ? s'étonna Rhéa.
- Attends, quand tu dis disparu, c'est qu'il a décidé de ne plus être contacté ? s'étonna Chiara.
- Il y en a qui ont plus de facilité à disparaître de la surface de la terre que d'autres, grommela Albus, apparemment jaloux.
Seul James, qui avait été Auror, comprit ce que Lily voulait dire, et pourquoi elle avait un air si grave sur le visage depuis qu'ils avaient pénétré dans son appartement.
- Il a été pris dans une embuscade ?
Des exclamations surprises jaillirent de tous les côtés.
- Il semble qu'il soit tombé sur les mauvaises personnes au mauvais moment, et qu'elles demandent de l'argent à ses parents, qu'ils n'ont pas. C'est d'ailleurs très étrange, c'est rarement comme ça qu'un kidnapping se fait du côté sorcier, murmura Lily, songeuse. Il y a beaucoup d'incohérences dans cette affaire. Et puis, ce n'est pas la première personne qu'on voudrait kidnapper, reconnut-elle. C'est assez nébuleux.
Un silence de plomb tomba dans la pièce, mais Lily ne s'en rendit même pas compte. Elle continuait ses réflexions, essayant de trouver une explication à ce qui lui retournait le cerveau depuis déjà plusieurs heures. Elle avait beau réfléchir, rien ne venait l'éclairer.
- Et cette carte du monde, c'est quoi ? s'enquit Chiara.
- Tous les pays qu'il voulait visiter. L'ordre dans lequel il voulait les visiter, continua Lily en désignant les numéros.
- Et les couleurs ? s'enquit Albus.
- Bleu pour les endroits où il s'est déjà rendu, rouge pour ceux qu'il restait à visiter. Les dernières nouvelles qu'ont eu ses parents, c'était lorsqu'il était en Argentine, expliqua Lily. Il devait ensuite partir en Biélorussie.
- Comment est-ce que tu sais tout ça ? s'étonna Rhéa. Lorsqu'il me disait qu'il devait s'installer aux États-Unis, il tirait une telle tête que je pensais que jamais il n'avait voulu quitter l'Angleterre…
Lily secoua la tête, souriant doucement.
- S'installer ailleurs, sûrement pas, mais voyager… Hayden adorait ça. Et puis, c'était plus simple pour nous, d'être à l'étranger. Moins de personnes qui le connaissaient, ou me connaissaient…
Elle regarda le parchemin qui contenait les mots qu'Hayden lui avait écrits avant de partir, et qu'elle tenait toujours à la main, avant de le ranger dans une poche de sa tenue.
- Bon, eh bien, c'est une bonne chose que tu aies toutes ces informations, ça va te permettre de le trouver plus vite ! s'exclama Albus.
Lily ne dit rien. Elle n'avait pas le cœur de dire les choses telles qu'elles étaient, alors James le fit pour elle.
- Sauf que tu n'es pas sur l'affaire, comprit James.
Sa petite sœur ne répondit rien, mais elle n'en avait pas besoin.
- Pourquoi est-ce que tu as tout ça dans ton appartement, alors ? s'étonna Rhéa. On dirait pourtant que tu t'en occupes, Lily, non ?
- Enfin, Rhéa ! s'exclama James. Ma sœur se mêle de tout ce dont elle a envie de se mêler, regarde ce qui s'est passé entre toi et moi !
- Bien joué, d'ailleurs, dit Albus en adressant un clin d'œil à Lily. Heureusement que tu étais avec lui lors de la dernière visite pour Eleanor, je n'aurais jamais cru qu'il en pinçait pour la Guérisseuse. En fait, vous ne me dites jamais rien lorsqu'il s'agit de vos relations…, réalisa-t-il soudainement. Enfin, bien joué ! répéta-t-il avec un franc sourire.
- Merci, se vanta celle-ci.
- Lily, ce n'est pas un jeu ! s'exclama James. Est-ce que papa t'a dit de ne pas t'en mêler ? Spécifiquement ? Est-ce qu'il t'a ordonné d'être en dehors de l'affaire ?
Lily détourna le regard, posant ses yeux sur Chiara, qui la regarda avec désolation.
- Non, ma belle, tu n'auras pas mon soutien là-dessus. Si ton père t'a demandé de ne pas t'en mêler, c'est que tu ne dois pas t'en mêler.
Lily se renfrogna. Chiara avait toujours pris son parti lors de désaccords dans sa famille, surtout lors de l'adolescence de l'Auror, mais ce temps était révolu.
- Donc, papa t'a demandé de ne pas t'en mêler, interpréta sans difficulté James.
Lily croisa les bras sur sa poitrine.
- Tu sais que je suis la meilleure pour retrouver des personnes disparues.
- Lily, je pense que papa et James ont raison, intervint doucement Albus. Ce n'est pas une bonne chose que tu t'en mêles.
- Et pourquoi cela ? s'énerva Lily.
- Parce que tu es trop impliquée émotionnellement, fit remarquer Rhéa. Je ne peux pas dire que je te connais…
- Eh bien, dans ce cas-là, ton avis n'est peut-être pas nécessaire, bougonna Lily.
James la fusilla du regard, et voulut intervenir, mais Rhéa ne lui en laissa pas le temps. Bien que plus pâle, la Guérisseuse ne semblait pas vouloir se laisser démonter par le tempérament légèrement colérique qu'adoptait Lily ce soir.
- Mais je sais qu'il n'est jamais bon de se mêler professionnellement lorsque la situation est beaucoup trop personnelle. Tu risques de prendre des risques inconsidérés.
- Et c'est déjà ce que tu as fait, lui rappela James. Pour la Corneille…
- Ah oui, en parlant de ça, il me semble que pour cette histoire de magie noire, j'avais le droit de lui en vouloir, n'est-ce pas Chiara ? grommela Albus en regardant sa femme.
- Oui, soupira-t-elle. On avait dit qu'on ne lui en voulait pas pour les secrets, mais pour la magie noire, c'était autorisé.
Lily leva les bras, et les croisa derrière sa nuque.
- Sérieusement ? Vous êtes venus pour quoi, ce soir, exactement ? Pour me descendre sur la place publique ou pour être un soutien sans faille après que ma vie privée a été étalée dans les journaux alors que je n'étais même pas présente pour m'en défendre ?
Albus la fusilla du regard, et James se pinça l'arête du nez, en fermant les yeux.
- Eh bien, à ce rythme, on en parle jusqu'à la saint Merlin ! pesta Chiara. Qu'est-ce que vous êtes butés, tous les trois, c'est pas croyable. Moi qui pensais que vos parents exagéraient, je réalise enfin les trésors de patience qu'ils ont dû déployer pour vous éduquer et arriver à la fin de vos discussions et disputes.
Elle eut le mérite de les mettre tous les trois d'accord, et reçut trois regards mauvais. Rhéa se retira doucement du cercle, sachant pertinemment qu'elle n'était pas encore assez habituée à cette dynamique pour s'en mêler sans faire roussir sa baguette.
- On est venus pour te soutenir, Lily, il n'y a aucun doute là-dessus, mais comprends aussi que la situation n'a pas été simple, pendant deux mois et demi ! Alsev a dû se démener avec Skeeter et toutes ses fouines pour que leurs articles ne deviennent pas un véritable pugilat contre toi et contre le Ministère, car je te rappelle quand même que tu dépends de lui professionnellement. Et tout ça sans pouvoir te consulter et te demander des explications ! James, nous l'avons appris à ce moment-là, était la seule personne au courant de toute ton histoire, et lui-même ne le savait que depuis peu de temps, mais il semblait prêt à accepter de te défendre comme une dragonne défend ses œufs. Et nous, on se dépatouillait avec les informations que tu ne nous avais jamais données, en essayant de rester calmes, d'assurer qu'on te soutenait éternellement, alors qu'on n'avait aucune idée de ce qui s'était passé entre vous deux !
Lily essayait de paraître toujours en colère, mais cela devenait de plus en plus difficile. Elle réalisait, bien sûr, les difficultés que cela avait pu être pour les membres de sa famille. Forcément, ils avaient dû se sentir délaissés.
- James, en parlant d'implication, ne la ramène pas trop, poursuivit Chiara. Parce que c'est un peu simple de balancer à Lily qu'elle a été impliquée émotionnellement dans l'affaire de la Corneille, quand on sait que c'est toi qui as signé l'accord pour la potion de traçabilité, en acceptant lorsque l'argument était que cela pouvait aider à retrouver la personne qui avait tué la mère de ta fille. D'un point de vue émotions, tu es pas mal également, et on ne t'a rien reproché.
James se renfrogna quelque peu, mais l'argument avait fait mouche, et il n'ajouta rien.
- Et Alsev, par Merlin, je t'aime et ça fait onze ans que je te le dis, mais arrête d'être aussi rancunier ! Tu as le droit d'être inquiet parce que ta sœur a utilisé la magie noire, c'est normal, mais arrête de lui en vouloir pour son histoire avec Hayden ! Vous êtes infernaux, incapables de vous parler, et moi, j'ai autre chose à faire que de vous regarder vous écharper. La réalité, c'est que tu t'en veux surtout de n'avoir rien vu, et pas uniquement parce que ta sœur a su te dissimuler une partie importante de sa vie. Tu as l'impression de ne pas être un assez bon frère, qui n'a pas été capable de comprendre sa petite sœur.
- Je n'ai rien écouté après le moment où tu as dit que tu m'aimais, mentit honteusement Albus.
Chiara le fusilla du regard.
- Prenez-vous dans les bras, maintenant.
Albus, James et Lily la regardèrent, interdits.
- Ne vous faites pas prier ! Prenez-vous dans les bras, pardonnez-vous, et consolez votre petite sœur, elle en a besoin !
Réticents, ils obéirent tout de même. Albus se mit à droite de Lily, James à gauche.
- C'est comme ça qu'il faut faire, avec eux, expliqua Chiara à Rhéa. Les mettre devant leurs torts, et les forcer à se réconcilier. C'est leur mère qui m'a donné l'astuce lorsque je me suis fiancée à Alsev et, pour le moment, je dois reconnaître que ça fonctionne plutôt bien.
- Je prends note, murmura Rhéa.
Albus serra un peu plus fort ses bras autour de Lily.
- Désolé pour mon incompétence en tant que frère, bougonna Albus.
- Pardonné, murmura Lily. Désolée pour les secrets.
- Pardonnée, lui assura Albus.
- Moi, j'ai juste envie de vous faire un câlin, dit James.
Il reçut immédiatement une bourrade de la part de Lily, et une claque à l'arrière du crâne de la part d'Albus.
- Mérité, reconnut James en grimaçant et alors qu'ils se séparaient de leur étreinte.
- Bien, soupira Chiara. On va enfin pouvoir avancer… Lily, installe-toi, et raconte-nous tout depuis le début. Entre Hayden et toi. Pas sur cette affaire de disparition, ça, ce n'est pas à nous de nous en occuper. Ni à toi, je te le rappelle.
Bien malgré elle, Lily s'installa sur son sofa, entourée immédiatement par ses deux frères, protecteurs. Ils n'avaient plus eu besoin de l'entourer ainsi depuis des années - Lily avait toujours su se débrouiller seule - mais aujourd'hui, elle avait besoin de soutien, et ils seraient les piliers dont elle avait besoin sans le savoir.
Pendant plusieurs heures, Lily parla. Donna les détails de leur histoire. La fois où elle avait compris qu'Hayden Zabini pouvait être plus ouvert, alors qu'il parlait avec Scorpius Malefoy. Son besoin viscéral, à partir de là, d'en savoir plus, de le faire s'ouvrir, de le comprendre. Leurs rencontres fortuites dans les passages secrets de Poudlard, dans les coins isolés, jusqu'à ce moment où elle avait commencé à lui dire où se trouvaient les passages secrets. Les rencontres qu'elle forçait, parce qu'elle avait la carte du Maraudeur sous les yeux. Toutes ces fois où elle lui avait lancé une de ses réflexions qui le mettaient dans l'embarras, amusée de le voir perdre un peu ses moyens devant elle. Cette fois où il l'avait embrassée, étant celui qui surprenait l'autre, pour inverser les rôles. Le début de leur histoire, sa capacité à le faire se confier. Leurs rendez-vous secrets, les jalousies d'Hayden et l'assurance de Lily. Les mots qu'ils s'envoyaient pour se donner rendez-vous, qu'ils dissimulaient dans les affaires de l'autre. Leurs études, le fait qu'ils mentaient à leurs amis sur les relations qu'ils pouvaient avoir, pour ne pas recevoir trop de questions gênantes et invasives. Les escapades secrètes, les déceptions de ne jamais partager officiellement quoi que ce soit et, en même temps, le soulagement de n'avoir personne pour se mêler de leur relation.
Et puis, la Corneille.
La dégringolade rapide, efficace, et l'incapacité à revenir en arrière. Les silences d'Hayden. Le départ de Lily.
Et puis, toujours la Corneille, deux ans plus tard.
Et aujourd'hui.
- Et puis, quand je suis revenue de mission, j'ai appris pour sa disparition, grommela Lily. Maintenant, je dois laisser d'autres Aurors s'en occuper, alors qu'on sait très bien que je m'en sortirais mieux qu'eux.
James et Albus avaient depuis longtemps passé un bras autour de leur petite sœur pour lui apporter physiquement le soutien dont elle avait besoin. Comme ils avaient pu s'en douter en connaissant la personnalité de leur petite sœur, elle n'avait pas versé la moindre larme. Elle en avait déjà versé beaucoup plus que ce dont elle était capable depuis quelques mois, elle refusait de recommencer. Ce n'était pas dans sa nature.
- Je sais que ce n'est pas facile de rester sans rien faire, commença James, mais je pense que c'est la meilleure chose à faire dans une telle situation.
Lily haussa les épaules.
- Je n'en suis pas certaine.
- Ton frère a raison, Lily, murmura Rhéa. Tu ne vas pas rendre service à Hayden en te mêlant des affaires des Aurors. C'est le meilleur moyen de les gêner dans leur enquête.
Lily se mordit la lèvre, et regarda Chiara, qui secoua doucement la tête. Sa belle-sœur savait très bien que Lily n'allait pas abandonner aussi facilement, et il ne fallait surtout pas qu'elle lui donne la moindre raison de croire qu'elle avait raison de s'acharner à se mêler des affaires des Aurors. Chiara resterait ferme, et ne donnerait pas raison à Lily.
- Très bien, souffla l'Auror. Si vous le dites. Mais je peux tout de même aller demander à mon amie Millie ce qui s'est passé la dernière fois qu'elle a vu Hayden et Jane. Ou aller voir Rose, pour savoir si Scorpius a parlé avec Hayden, et ce qui a pu se dire.
Un silence gêné suivit sa déclaration. Les quatre personnes présentes dans la pièce avec elle semblaient déterminées à ne pas regarder trop franchement Lily.
- Qu'est-ce que j'ai encore dit ? soupira Lily.
Albus toussota, apparemment peu assuré d'être celui qui allait lui donner la nouvelle.
- Tu sais, nous on est là, on arrive à passer outre le fait que tu nous aies menti pendant des années, mais… Ce n'est pas le cas de tout le monde, lâcha-t-il finalement.
- Comment ça ?
- Disons que ce n'est pas vraiment le bon moment d'arriver la bouche en cœur chez tes amis, ou chez les cousins et cousines, pour leur demander des nouvelles d'Hayden, comme si de rien n'était, ajouta James.
Lily fronça les sourcils.
- Rose était très en colère, finit par dire Albus. Tu es proche d'elle, c'est certain, mais je le suis encore plus. Elle a vidé ses nerfs sur moi, mais je ne te garantis pas qu'il ne lui reste pas encore un peu d'énergie pour être énervée contre toi.
- Ce qu'Alsev veut dire, continua Chiara, c'est que tu n'es pas en odeur de sainteté actuellement, dans le monde sorcier, y compris auprès des gens dont tu étais proche. Ne t'attends pas à ce que tes amis, ou ta famille, sautent à ton cou lorsque tu iras les voir.
- Il serait même bon que tu n'y ailles pas tout de suite, avoua James.
Rhéa hocha vigoureusement la tête après les paroles de James.
- J'étais présente lorsqu'Alsev est venu tempêter auprès de ton frère, et je n'aurais pas aimé que sa colère soit dirigée contre moi. Tu risques de ne pas apprécier ce que ta famille ou tes amis ont à te reprocher.
Lily haussa les épaules. Au point où elle en était, elle était prête à tout entendre.
Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.
Les semaines passent et ne se ressemblent pas mais, pour le moment, je pense tout de même à toujours vous poster un nouveau chapitre ! D'ailleurs, je crois bien que la semaine prochaine, vous n'allez pas avoir de chapitre… Je vais voir. C'est quasiment certain que je ne ferai pas vos RàR, et je doute avoir la possibilité de vous poster un nouveau chapitre. Cela va vous permettre d'avoir deux semaines pour vous préparer à ce qui va se passer pour Lily lorsqu'elle va vouloir revoir du monde !
Bon, sinon, ce chapitre. Comme vous le voyez, je ne vous avais pas menti, on retrouve James et Albus ! Mais également Rhéa et Chiara, la femme d'Albus… Car oui, Albus est marié, comme cela avait été dit dans un chapitre plus avant. Bref. Une bonne dynamique entre ces trois-là, mais il faut reconnaître qu'ils sont moins fatigants quand ils sont deux par deux !
DelfineNotPadfoot est toujours présente pour corriger les chapitres, merci à elle !
Merci à vous, également, pour vos nombreuses reviews, qui sont toujours un plaisir à lire :) ! J'espère que ce chapitre, même si peu de choses s'y passe, vous aura plu tout autant que celui de la semaine dernière. Je vous dis à très vite (lundi prochain, ou celui d'après) pour un nouveau chapitre. Profitez bien de ce mois de juillet !
Méfaits accomplis.
