Je crois que Damian est un de mes personnages préférés de l'univers DC parce que c'est comme un pendule, il oscille en cherchant sa place sans vraiment la chercher ce qui le rend vraiment très intéressant de par sa complexité.
Je sais parfaitement ce qu'on dit de moi. Que je suis un petit con arrogant et impertinent la plupart du temps. Que du haut de mes 14 ans je crois tout savoir, que je me permets de faire preuve d'ingérence dans la vie des gens. Que je suis têtu et violent . Imbu de moi-même. Ambitieux, trop ambitieux. Et c'est majoritairement vrai. Sauf que je ne me crois pas supérieur aux autres. Je sais que je le suis. Je suis un génie et ce n'est pas de la vantardise, c'est dans mes gênes. J'ai des connaissances universitaires poussées dans la plupart des domaines : mathématiques, langues, histoire, sciences, arts militaires et martiaux, musique, peinture, sculpture, informatique… La liste était plus longue que la distance entre la Terre et Proxima du Centaure. On m'a élevé comme ça. Pour ça. Sans cesse on m'a répété que je suis celui qui doit être à la hauteur de Ra's Al Ghul et du chevalier noir, les dépasser en tant que leur digne héritier. On m'a appris dans la douleur que les erreurs sont inacceptables. Alors j'ai toujours du mal à voir les gens faire n'importe quoi. D'où mes fréquentes ingérences.
Pour ma violence je pourrais jouer de nouveau la carte de ma mère et de mon grand-père sociopathes et blâmer mon éducation au sein de la ligue des assassins. Mais ce serait hypocrite de ma part. J'aime cette violence et la façon dont elle coule dans mes veines, ça me défoule, je me sens toujours bien quand j'y laisse libre court. L'adrénaline d'une bataille aiguise mes sens, je prends conscience de tout mon corps et de chaque tressautement musculaire de mon adversaire, c'est grisant. Tim dit que je suis un sociopathe, moi je pense que lui est juste un peu fragile. D'autant plus que je me suis calmé depuis que père m'oblige à sociabiliser avec les autres acolytes et des jeunes de mon âge. Ce qui est une véritable épreuve parce que soyons francs, je déteste les ados. Beaucoup trop guidés par leurs hormones pour que leur compagnie soit supportable. Et puis son obstination à m'inculquer une certaine moralité plus saine a fini par porter ses fruits puisqu'il m'arrive d'épargner mes ennemis. Mais à chaque fois que j'épargne une de ces vies je ne peux pas m'empêcher de me dire que je me ramollis.
La vérité, c'est qu'au fond de moi je me sens de plus en plus souvent comme une machine. Vide à l'intérieur. Je suis un peu comme l'Homme de Fer du Magicien d'Oz. Je désire devenir Batman mais au fond je ne sais même pas pourquoi. Pour accomplir ce qu'on me répète être mon destin depuis l'enfance ? Pour obtenir la reconnaissance de mon père ? Faire plaisir à ma mère ? Rendre fière mon grand-père ? Je ne suis même pas certain que ça me comblerait.
Je ne suis qu'un ado et pourtant je suis déjà aigri. Je ne suis même pas certain de savoir réellement ce qu'on ressent quand on est heureux. Rien ne me satisfait jamais pleinement.
Je me sens bien quand j'ai réduit un ennemi à une forme indistincte rampant sur le sol en suppliant. Je me sens bien quand je passe du temps avec John ou Colin. Je suis content quand je bats Tim, Jason ou Dick. Je suis content quand je gagne à un jeu vidéo. Ça me fait plaisir quand Batman m'emmène en mission et me donne des responsabilités. Ça me fait plaisir de jouer avec mes animaux. Mais je ne suis pas certain que ça définisse réellement le bonheur.
Je me sens vide parce que parfois j'ai peur de ne pas avoir de rêves, de buts qui n'appartiennent qu'à moi sans une quelconque influence extérieure.
Quand j'en viens à penser à ce genre de chose, j'envie les animaux qui n'ont pas de conscience pour les triturer avec ce genre de pensées dérangeantes. Et je me dis que j'aimerais être un oiseau. Ironique pour le porteur du costume de Robin. Mais c'est libre un oiseau, ça peut aller partout et ça n'a de compte à rendre à personne, ça ne fait que se laisser porter par le vent...Bon ou méchant les gens s'en foutent parce que ce n'est qu'un piaf.
Et parfois, quand je passe avec aisance de toit en toit dans l'obscurité, la cape au vent alors que s'étend devant moi la ville lumineuse endormie, agitée et obscure je peux presque les sentir. Là, juste entre mes omoplates. Ces ailes qui ne demandent qu'à se déployer. Et sans même m'en rendre compte, je souris.
Si vous étiez un personnage du magicien d'Oz qui seriez-vous ?
