Disclaimer : Harry Potter appartient entièrement et uniquement à J.K. Rowling. Je ne fais qu'écrire des fanfictions dessus à mes heures perdues.


Chapitre XXI

Samedi 18 août 2035 – Godric's Hollow

Accroupie au bord du sentier, la petite fille se concentra fermement, les yeux plissés sur les brins d'herbe sèche qui s'agitaient dans la brise chaude du mois d'août. Elle se concentra tant et si bien que des petites tiges finirent par sortir de terre, grimper, voir la naissance d'un bourgeon, jusqu'à ce que celui-ci éclose en coquelicots.

Lorsqu'Eleanor Grace Potter estima qu'il y en avait assez pour la satisfaire, elle se releva, et répéta l'opération à divers endroits le long du sentier.

Elle voulait des coquelicots, et si possible, de partout.

Elle vagabonda un moment, semant des coquelicots partout où elle le pouvait, évitant les adultes qui voulaient la contempler et lui dire qu'elle avait énormément grandi depuis la dernière fois qu'ils l'avaient vue. Elle détestait lorsque les grandes personnes faisaient ça.

Sa robe la gênait. Elle n'avait pas l'habitude d'en porter, elle préférait lorsqu'elle était en pantalon ou en short. Bien plus pratique pour grimper aux arbres, se rouler dans l'herbe pour dévaler les collines, chevaucher son balai-jouet, bref, pour faire toutes les activités qu'elle aimait faire.

Elle trouva un bâton, et le soupesa, avant d'essayer de le tordre.

- Hum… Bois très rigide, décréta-t-elle.

Ce serait une excellente baguette magique. Sauf qu'elle n'avait aucun endroit où la ranger, réalisa-t-elle avec ennui. Comment est-ce qu'on rangeait une baguette lorsqu'on portait une robe qui n'avait aucune encoche pour cela ?

L'enfant se trouvait bien embêtée, à présent. Elle souffla un grand coup, avant de se calmer.

Sa tante lui avait promis de lui montrer comment ranger une baguette avec une robe, parce que sa tante aussi allait porter une robe aujourd'hui. Il fallait qu'elle la trouve.

Et alors qu'elle évitait les grandes personnes depuis un long moment, elle se décida finalement à les retrouver. Où pouvait être sa tante ? Elle était la meilleure pour jouer à cache-cache. Elle ne la trouvait jamais lorsqu'elles jouaient ensemble…

Mais sa tante devait être avec son papa, aujourd'hui, Eleanor en aurait parié sa baguette magique en bois très rigide.

Bon, sauf que… où était son papa ? Elle avait bien entendu l'information à un moment donné de la journée, mais comme elle avait ensuite suivi des enfants de son âge, puis qu'elle s'était attribué comme mission de faire fleurir des coquelicots, elle avait un peu oublié l'information qu'on lui avait donnée. Sûrement dans la maison de ses grands-parents, supposa Eleanor en courant vers la bâtisse.

Derrière elle, d'autres coquelicots continuaient de pousser.

La porte de la maison était grande ouverte, beaucoup de personnes s'activaient à l'intérieur, mais Eleanor se glissa entre toutes les mains qui tentaient de l'attraper pour la prendre dans une étreinte. Les grandes personnes ne réalisaient pas qu'elle avait une mission de la plus grande importance à mener ?

Elle grimpa les escaliers rapidement, parce qu'elle les connaissait par cœur. Arrivée au premier palier, elle hésita un instant, puis monta au second étage, et ouvrit la porte de la chambre de sa tante.

Elle fut déçue de ne pas la trouver.

- Eleanor ! s'exclama la femme de son oncle.

- Chiara ! cria Eleanor en se jetant dans ses jambes.

Elle n'osait plus se jeter dans ses bras depuis que le ventre de Chiara avait pris une forme beaucoup plus ronde. Apparemment, elle allait bientôt avoir un cousin. L'information plaisait beaucoup à Eleanor, même si elle n'avait pas encore saisi toutes les conséquences que cela engendrait. Elle trouvait surtout que l'information était plaisante et, apparemment, cela faisait plaisir à tout le monde. À part à son oncle Alsev, qui parlait sans cesse de cheveux en moins, de stress énorme, et d'autres choses qu'Eleanor ne comprenait pas. Ce qu'elle avait compris, en tout cas, c'est que tout le monde se moquait de son oncle Alsev, et elle trouvait cela amusant.

Elle leva les yeux vers Chiara Potter, qui lui souriait doucement, et lui caressa le haut du crâne.

- Dis-moi, il y avait autant de coquelicots que cela sur ta robe, ce matin, lorsque tu l'as mise ? s'étonna Chiara avec un air amusé.

Eleanor eut le mérite de paraître confuse, mais elle ne chercha pas à se justifier. À la place, les trois personnes dans la pièce rirent doucement, et celle qui portait, de l'avis d'Eleanor, la plus belle robe, s'agenouilla pour se mettre au niveau de l'enfant. Aussitôt, Eleanor lui offrit un magnifique sourire, et se détacha des jambes de Chiara pour se rapprocher de la personne agenouillée.

- Rhéa, tu es trop jolie.

La Guérisseuse sourit doucement, et passa une main dans les cheveux de l'enfant, essayant de discipliner une mèche, qui refusait de rester derrière l'oreille d'Eleanor, et glissait sans cesse devant ses yeux. Peine perdue. Sûrement le gêne Potter qui prenait le dessus.

- C'est ce qu'on n'arrête pas de me dire, reconnut Rhéa Pye avec un léger sourire. Je vais finir par y croire…

Elle prit le bouquet que lui tendait la troisième personne, qu'Eleanor ne connaissait que très peu. Elle se souvenait tout de même qu'elle s'appelait Hestia, et qu'il s'agissait de la petite sœur de Rhéa.

- Qu'est-ce que tu penses de ce bouquet, Eleanor ? demanda doucement Rhéa, avec un sourire sur le visage, et une chaleur dans le regard qu'Eleanor adorait voir.

La petite fille plissa le nez.

- Il manque des coquelicots, dit-elle aussitôt, arrachant des rires aux trois femmes.

- Entièrement d'accord, confirma Rhéa. Est-ce que tu crois que tu pourrais en ajouter ? s'enquit Rhéa Pye, un rire dansant dans son regard.

Eleanor ne se fit pas prier, et quelques secondes plus tard, quatre coquelicots apparurent dans le bouquet.

- Merci, Eleanor !

Rhéa se pencha, lui embrassa le front, amusant grandement Eleanor. Elle rendit rapidement son étreinte à la femme, et se détacha en reculant doucement.

- Est-ce que vous savez où est tatie Lily ? Je dois lui demander un conseil, dit-elle sagement.

- Quel genre de conseils ? s'étonna Hestia avec amusement.

- C'est un conseil d'Auror, expliqua Eleanor. J'ai trouvé une baguette magique, mais je ne sais pas comment la fixer à ma robe, et c'est embêtant. Tatie Lily m'a dit qu'elle me montrerait, parce qu'elle sait comment la fixer de manière pratique, comme une Auror doit le faire. Si les Aurors le font, tout le monde devrait le faire.

Chiara cacha son rire dans ses deux mains, mais Eleanor ne la regardait pas. Elle préférait regarder Rhéa de ses yeux d'un bleu profond.

- Je crois qu'elle est avec papa, lui dit simplement Rhéa.

- Merci ! s'exclama Eleanor en faisant demi-tour, et en partant en courant.

Elle s'arrêta soudainement, avant de regarder Rhéa.

- Il est où, papa ? demanda-t-elle.

- Dans la chambre de quand il était enfant, répondit Rhéa.

- Évidemment, souffla Eleanor, comme agacée de ne pas y avoir songé par elle-même.

Elle sortit de la pièce, alors que quelques rires se faisaient entendre derrière la porte qu'elle refermait.

Elle parcourut le long couloir, faisant la course avec le centaure de la tapisserie. Elle le battit, comme à chaque fois. Ce centaure était trop vieux pour elle.

Elle entra dans la pièce où son papa dormait quand il était enfant, et Eleanor soupira de soulagement. Son papa était là, et sa tante Lily également.

- Quelle beauté ! s'exclama sa tante Lily en lui jetant un rapide coup d'œil. Je ferais bien pareil avec ton père, mais il refuse de me laisser m'occuper de son nœud papillon…

- Papa ! Laisse tatie Lily s'occuper de ton nœud papri… papi… parillon…

- Comme l'insecte, Eleanor, lui souffla son père.

- Papillon !

Sa tante Lily rit doucement, mais Eleanor savait que ce n'était pas pour se moquer d'elle, alors ce n'était pas grave.

L'enfant comprit rapidement que son père et sa tante étaient en grande discussion avant qu'elle n'arrive, aussi choisit-elle de ne pas les interrompre tout de suite avec son problème de baguette magique. Elle grimpa sur le lit de son père, de quand il était enfant, et admira les Botrucs de la housse de couette, qui s'agitaient et grimpaient dans les branches des arbres qu'ils protégeaient. En les regardant, elle laissa traîner une oreille distraite, même si elle ne comprenait pas tout ce que se disaient son papa et sa tante.

Son papa n'arrivait définitivement pas à faire correctement son nœud papillon, et sa tante Lily éclata à nouveau de rire.

- Au lieu de rire comme une imbécile, aide-moi !

Eleanor n'entendait pas souvent son père parler comme ça. Sa tante Lily, d'habitude, le reprenait lorsqu'il s'adressait à elle de cette manière, mais elle n'en fit rien cette fois.

- Tu es stressé ?

N'entendant pas de réponse, Eleanor regarda son père. Il ne répondit pas, se contentant de hocher la tête, la gorge nouée.

- Marrant, ta future femme est beaucoup plus détendue…

Son papa adressa un regard très colérique à sa tante.

- Tu étais déjà bien stressé, pour ton premier mariage, se rappela Lily. Je peux te reposer la même question ?

- Si tu me demandes à nouveau si…

- Tu veux t'enfuir ? proposa-t-elle en lui coupant la parole.

- Est-ce que maman ne t'a pas interdit de me poser cette question ? grommela-t-il.

- Bien sûr qu'elle l'a fait, James, mais depuis quand est-ce que j'obéis à maman, lorsqu'elle ne peut pas m'entendre ? se moqua Lily. Eleanor, n'oublie pas de toujours obéir à ton père, pas comme moi.

- Et à Rhéa aussi ! ajouta James.

Eleanor leva les yeux au ciel.

- J'obéis plus à Rhéa qu'à toi, papa, dit simplement la petite fille.

Sa tante Lily éclata franchement de rire, tandis que James, interdit, regardait sa fille. La chair de sa chair le trahissait déjà.

- Doux Merlin.

- Tu avais raison. Elle a hérité du caractère d'Isabella…

Eleanor les regarda sans réellement comprendre, avant de reprendre la contemplation de la housse de couette. Les Botrucs étaient des créatures fascinantes. Elle s'intéressa à nouveau à la conversation lorsqu'elle entendit le prénom de son oncle.

- Pourquoi est-ce que ce n'est pas Alsev avec moi ? s'étonna James. Je croyais que c'est lui qui allait venir…

- Il aide papa pour l'arrivée des invités, et pour tenir les journalistes à l'écart.

Eleanor n'avait jamais trop compris ces histoires de journalistes et de photographes, l'un allant rarement sans l'autre. Ce qu'elle savait, en revanche, c'est que toute sa famille faisait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter qu'Eleanor les croise, comme les autres enfants de son âge de leur grande famille. Elle aimait autant ça. Elle détestait qu'on se mêle de ses jeux avec les enfants de son âge.

- Je les avais oubliés, ceux-là, murmura son père.

Sa tante Lily grimaça.

- Tu as bien de la chance d'avoir réussi à les oublier, grommela-t-elle. Moi, ils sont tout le temps sur mon dos depuis trois ans. Et voilà, c'est terminé.

Lily lâcha le nœud papillon de James, qui ressemblait enfin à quelque chose.

- Trop joli, ton nœud papillon, s'exclama Eleanor.

- Merci ! lui dit son père avec un sourire étincelant. Et bravo, tu as réussi à dire le mot du premier coup.

Eleanor répondit à son sourire avec la même intensité.

- Qui est avec Rhéa, alors ? s'enquit James en se concentrant à nouveau sur Lily.

Ah ! Eleanor avait la réponse à cette question, elle.

- Hestia et Chiara, répondit l'enfant.

Son père et sa tante la regardèrent avec intérêt.

- Comment est-ce que tu sais cela ? s'étonna son papa.

- J'ai fait comme tu m'as dit, tatie Lily. J'ai enquêté. Je cherchais tatie Lily, alors je suis allée dans ton ancienne chambre, parce que c'est normal que tu sois là-bas, mais tu n'y étais pas, mais il y avait Rhéa et Hestia et Chiara, et j'ai ajouté des coquelicots au bouquet de Rhéa, et ensuite je leur ai dit que je te cherchais et elles m'ont dit que tu étais avec papa, et j'ai demandé où était papa. Et maintenant je suis là et je t'ai trouvée !

Sa tante lui adressa un regard admiratif, le même que celui de son père.

- Très bonne enquêtrice, approuva son père.

- Et pourquoi est-ce que tu me cherchais ? s'enquit Lily avec un sourire amusé.

- Pour ma baguette magique.

L'enfant montra en même temps le bâton qu'elle n'avait toujours pas lâché.

- Je ne sais pas comment fixer ma baguette dans ma robe sans qu'elle ne me dérange, grommela Eleanor, toujours agacée de ne pas avoir trouvé de solution à son problème.

- Évidemment ! souffla Lily. Ton oncle Alsev aurait dû penser à cette fixation lorsqu'il a choisi ta robe.

- Exactement ! s'exaspéra Eleanor en levant les yeux au ciel.

Elle remarqua que son père n'appréciait pas son geste, alors elle prit une mine désolée. Sa tante se mordit doucement la lèvre supérieure, puis s'approcha. Elle redressa un pan de sa robe, juste un, et sa baguette magique, habilement dissimulée, apparut immédiatement. Elle la fit glisser de son encoche en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, la fit tourner entre ses doigts, et une petite bise secoua la robe d'Eleanor. Lorsque l'enfant pencha la tête vers sa robe, elle devina qu'une encoche, exactement la même que celle de sa tante, était apparue.

Elle la trouva, y glissa le bâton.

- Super !

L'enfant se replongea dans l'observation des Botrucs.

- Pourquoi est-ce que tu ne joues pas avec les autres enfants, Eleanor ? lui demanda son père, tandis que sa tante s'affairait autour de lui.

- Je sais pas. Je vais les revoir plus tard. Je voulais vraiment que tatie Lily m'aide avec mon problème de baguette.

- Ou peut-être qu'elle joue moins avec les autres enfants parce qu'elle sait qu'elle aura bientôt un frère ou une sœur avec qui le faire…

Eleanor ne comprit pas réellement ce que ça voulait dire. Elle plissa les yeux et pencha légèrement la tête sur le côté. Son père, par contre, était beaucoup plus abasourdi par la nouvelle. Il tentait de se coiffer en même temps que sa sœur ajustait un pli de sa tenue.

- Qu'est-ce que… Pourquoi… Comment…

- Respire, parce que maman, papa, ta future femme et tous tes invités m'en voudraient si on devait faire intervenir les Guérisseurs qui sont sur place aujourd'hui pour t'empêcher de t'étouffer, ricana Lily. Et je ne le savais pas vraiment, une simple intuition, mais comme tu viens de la confirmer…

Eleanor observa sa tante passer un bras autour des épaules de son frère.

- Bien joué.

- Arrête avec les expressions d'Alsev, lui reprocha immédiatement James.

- Et félicitations à vous deux, ajouta Lily en posant un rapide baiser sur la joue bien rasée de James.

Ce qui était rare, car James avait décidé qu'il ne se raserait que pour les grandes occasions, à présent. Son mariage en était une. Eleanor était bien contente qu'il ait décidé d'enlever sa barbe aujourd'hui, elle ne l'aimait pas trop. Elle trouvait que ça grattait lorsqu'il l'embrassait sur le front, et elle aimait bien que ça ne la gratte pas, lorsqu'il lui faisait des bisous.

- Merci, dit sobrement James. Bien évidemment, tu gardes cette information pour toi pour le moment…

- Promis ! Le fils d'Alsev aura un cousin ou une cousine du même âge, ça va être génial ! s'exclama Lily.

Le sourire de James confirma cette impression. Eleanor, elle, était de plus en plus confuse. Elle ne comprenait vraiment rien. Heureusement, une distraction qu'elle comprenait intervint. La porte s'ouvrit à nouveau, faisant sursauter son père et sa tante. Sa grand-mère Ginny apparut dans l'embrasure, et son regard se fit suspicieux.

Eleanor adorait lorsque sa grand-mère regardait comme ça son papa. Cela lui donnait la sensation qu'il avait fait une grosse bêtise, et elle aimait bien quand son père avait le regard de celui qui venait d'être pris sur le fait. Elle avait la même expression lorsqu'elle était surprise alors qu'elle venait de prendre une tartelette à la citrouille de Louis, ou bien une meringue chocolatée de Lucy, alors qu'on lui avait formellement interdit de le faire.

- Pourquoi est-ce que vous avez sursauté ? Qu'est-ce que vous avez encore fait ?

- Maman ! On est des adultes, maintenant ! lui rappela Lily. On ne fait plus des bêtises comme des enfants.

- Bien sûr, souffla Ginny Potter. Comme si tu n'avais jamais pris des potions de magie noire, ou n'étais jamais partie en Russie sans aucune autorisation…

Lily eut la décence de paraître gênée, alors que James ricanait. Eleanor aimait bien, quand les grandes personnes étaient confuses. Surtout lorsqu'il s'agissait de sa tante ou de son père. Ou de son oncle Alsev, évidemment. C'était amusant.

- Et comme si toi, tu ne faisais pas exploser tous les objets que tu peux dans ton atelier.

Cette fois, ce fut James qui parut gêné. Lily ne rit pas, mais elle avait un sourire moqueur sur les lèvres. Leur mère les regarda en soupirant. Eleanor étouffa un rire en plongeant la tête dans la couette de son papa, quand il était petit. Ginny s'approcha d'elle, et lui embrassa le crâne, comme Eleanor adorait qu'elle le fasse. Elle sourit, se redressa, et jeta ses bras autour du cou de sa grand-mère, qui la réceptionna sans hésiter un seul instant, et la porta hors du lit.

- Je n'ai pas le temps pour découvrir ce qui vous fait avoir ces airs coupables. James, dépêche-toi de finir de te préparer. Ta fille est prête, elle !

- Oui, moi je suis prête, papa !

- Je n'arrive pas à me coiffer ! se plaignit-il.

Ginny sortit sa baguette magique, et en un tour de main, la coiffure de son fils fut prête.

- Allez, tout le monde se dépêche, on va être en retard ! James, tu ne veux pas être en retard à ton propre mariage. Et Lily, ne demande pas, encore une fois, à ton frère s'il veut partir en courant !

- Elle l'a déjà fait, cafta Eleanor.

- J'ai toujours voulu aider quelqu'un à s'enfuir de son mariage, se justifia Lily avec une moue boudeuse.

Elle glissa toutefois son bras sous celui de son frère, et le guida vers la sortie.

- Prêt à te marier à nouveau ? s'enquit-elle.

Il sourit largement.

- Plus que prêt.

- Alors, allons-y !

Eleanor, dans les bras de sa grand-mère, les suivit, en s'étonnant du silence soudain de la maison. Mais elle aimait bien ça.

- Eh, papa !

James s'arrêta immédiatement.

- Oui ?

Eleanor se concentra, plissa les yeux et, rapidement, un coquelicot apparut sur la poche du costume de son père, qui sourit largement.

- Tu as raison. On allait oublier le plus important ! se moqua son père. Merci, ma puce.

- De rien !

Ils reprirent leur route. Lily fouilla dans la poche dont elle avait agrémenté sa robe de cérémonie. Elle en sortit un écrin, qu'elle tendit à James. Eleanor observait la scène avec grand intérêt.

- Tiens. La bague que tu vas donner à Rhéa.

- Ce n'était pas Alsev qui devait l'avoir ? s'étonna James.

- Il la laissait traîner n'importe où, souffla Lily. Je l'ai récupérée il y a quelques heures.

- Typique, souffla James. Merci.

Ils traversèrent le jardin jusqu'au lieu de cérémonie. Lily mena son frère jusqu'à la place qui lui était due, puis se plaça derrière lui, attendant qu'Albus les rejoigne, ce qui ne tarda pas. Ginny les accompagna, et posa Eleanor, qui s'assit aussitôt sur l'estrade. L'allée qui menait jusqu'à celle-ci était ornée de coquelicots, l'enfant s'était personnellement assurée qu'aucun autre type de fleurs ne pointerait le bout de son bourgeon.

Ils étaient en extérieur aujourd'hui, le temps était clément, et le soleil ne tapait pas encore trop fort. Rhéa avait voulu d'un mariage en plein air, elle avait eu son mariage en plein air. Eleanor était plutôt contente de cela. Elle aimait bien la sensation du vent sur sa peau, son visage, ou dans ses cheveux.

- C'est toi qui avais la bague ? souffla son oncle Alsev en se postant à côté de Lily.

- Bien sûr, tu la laissais traîner n'importe où.

- Ouais, je sais. Merci. Je déteste les responsabilités…

- Tu te souviens que tu es bientôt père ? souffla Lily.

- Ne m'en parle pas, j'en fais des crises d'angoisse toutes les nuits. Pourquoi est-ce que Chiara n'est pas stressée ?

- Parce qu'elle est beaucoup plus posée que toi, et ne se prend pas la tête pour trois fois rien, rétorqua Lily. Le déménagement en Italie se passe bien ?

- Ouais. Elle refuse que notre enfant aille à Poudlard, par contre, mais bon, j'ai quelques années pour la faire changer d'avis, et…

Un raclement de gorge les fit se taire. Eleanor tourna les yeux vers son père, amusée. James leur lançait un regard noir.

- Est-ce que vous pourriez reprendre votre discussion plus tard ? Par exemple, une fois que je serai marié ?

Albus rougit, et Lily adressa un sourire étincelant à James, avant de hocher la tête. Eleanor regarda dans la foule qui était présent. Un homme lui adressa un clin d'œil, et Eleanor tenta de lui rendre, sans vraiment y arriver. Mais il leva un pouce en l'air, et elle sourit, contente d'avoir réussi à se faire comprendre.

- Trop aimable de votre part, souffla James.

Rhéa arrivait sur l'allée, accompagnée de son père, et Lily et Albus réussirent un exploit pour eux deux : se taire pendant un temps qui était très long, selon leur échelle du temps.

Eleanor ne démordrait jamais de l'idée que Rhéa était la plus belle personne de la journée. Elle observait les adultes, sans vraiment écouter ce qui se disait parce que, franchement, la personne qui parlait était un tantinet ennuyante et surtout très vieille, et Eleanor n'aimait pas écouter les personnes qui parlaient trop et étaient trop vieilles.

Son oncle Albus se mit à pleurer à la fin du premier tiers de la cérémonie.

Sa tante Lily tint jusqu'à la fin, avant de pleurer également. Eleanor était persuadée que sa tante dirait que ses larmes étaient à cause des allergies qu'elle venait de s'inventer. Lily faisait toujours ça lorsqu'elle pleurait d'émotions, elle l'avait déjà fait lorsque Chiara et Albus avaient dit qu'ils allaient avoir un enfant.

La cérémonie se termina finalement, unissant James Potter et Rhéa Pye, qui refusait de changer de nom de famille, car toutes ses recherches médicales portaient son nom, et qu'elle n'avait pas envie de faire les changements. Et aussi, parce que le nom Potter avait un certain poids, qu'elle n'était pas certaine de vouloir porter sur ses épaules.

Lorsque les applaudissements se furent taris, que les félicitations baissèrent en intensité, les invités furent redirigés vers la zone du jardin des Potter où attendaient des boissons et collations.

Eleanor se leva aussitôt, et se glissa vers sa tante, qui ne semblait pas vouloir se mêler tout de suite à la foule. Alors, Eleanor décida de parler un peu avec elle. Elle avait beaucoup de choses à lui raconter, parce que ça faisait très longtemps qu'elle n'avait pas vu sa tante Lily, cette dernière était partie dans un pays qu'Eleanor n'arrivait pas vraiment à prononcer. Du haut de ses presque six ans, elle avait énormément de choses à lui raconter, surtout maintenant qu'elle commençait à montrer ses premiers signes de magie.

- Et hier, j'ai même transformé mon lit en plume, c'était trop doux, tatie Lily, tu te rends compte ?

- Toi, tu vas être une sacrée sorcière, lui assura sa tante, amusée.

Eleanor hocha la tête, apparemment convaincue qu'elle serait effectivement une grande sorcière, si elle réussissait aussi facilement à changer son lit en plume, simplement parce qu'elle l'avait voulu.

- Eh, regarde, papi est avec Chiara et la dame trop forte !

Sa tante Lily tourna la tête vers le lieu désigné par sa nièce, et sourit. La dame trop forte n'était autre que Minerva McGonagall, qu'Eleanor trouvait trop forte depuis qu'elle avait réalisé que Minerva pouvait faire taire tous les Potter ou Weasley d'un seul coup d'œil.

C'était un exploit réalisable par seulement quelques sorciers, aussi, Eleanor n'avait pas tort de trouver Minerva McGonagall très forte.

- Viens, on va leur dire bonjour, proposa Lily.

Eleanor acquiesça, se demandant si sa tante voulait réellement aller leur dire bonjour. Elle semblait chercher quelqu'un. Mais cette impression disparut rapidement de l'esprit d'Eleanor lorsqu'elle arriva au niveau de son grand-père, et qu'elle put grimper dans ses bras, et essayer de discipliner ses cheveux – sans y arriver le moins du monde. Comme toujours, elle laissa traîner une oreille, essayant de comprendre ce qui se disait.

- Ta mission s'est bien passée ? demanda son grand-père à sa tante.

- Parfaitement, répondit Lily. Sauf qu'ils ont réussi à oublier qu'il y avait quatre personnes à arrêter, ce qui fait que j'ai dû rester plus longtemps pour trouver le dernier sorcier en fuite… J'ai cru que je n'allais pas être revenue à temps !

- C'est un peu l'histoire de votre vie, Lily, n'est-ce pas ? demanda la dame trop forte.

- Minerva, est-ce que vous êtes toujours en train de me reprocher mes retards scolaires ? s'offusqua Lily.

- Un petit peu, reconnut la directrice du collège Poudlard.

Lily Potter grimaça.

- J'espère que votre fils n'héritera pas du talent de sa famille pour les retards, dit Minerva McGonagall en se tournant vers Chiara.

- Il n'a pas intérêt, gronda la future mère.

- D'ailleurs, comment se passe le déménagement en Italie ? demanda Harry.

- Alsev n'arrête pas de se plaindre de la chaleur, répondit Chiara, fataliste. Mais il s'y fera.

- Bien sûr qu'il se fera, grommela Lily. Il a déjà trois contrats pour des pièces de théâtre, il n'aura pas le temps d'avoir chaud à l'extérieur, il sera toujours sur scène ! Mais en parlant de ton fils, est-ce que tu comptes nous dire son prénom avant sa naissance ?

La femme d'Albus la menaça du doigt.

- Non, et arrête de menacer ton frère de glisser du Veritaserum dans son jus de citrouille, il me demande toujours de le goûter avant d'en boire, et je n'en peux plus de boire du jus de citrouille !

Lily éclata de rire, tandis que Harry leva les yeux au ciel.

- Chaque jour, Harry, je vous félicite, Ginny et vous, pour votre capacité à avoir élevé ces trois enfants…

Harry eut un sourire espiègle.

- Et de l'avoir fait sans que la maison ne s'effondre ! ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Chiara éclata de rire, et Lily eut une moue amusée.

- C'était pour mettre de l'ambiance à la maison.

- C'est vrai que ça nous manquait, dans notre famille, plaisanta son père.

- Poudlard a lui aussi failli s'effondrer quelques fois, se souvint Minerva McGonagall.

- Vous en avez eu, du courage, de les avoir en élèves !

- Heureusement pour moi, je ne suis plus professeure, seulement directrice…

Eleanor plongea ses yeux dans le regard de la vieille femme, n'arrivant pas à s'en détacher.

- Mais, si on ne peut pas connaître le prénom du futur enfant, peut-on au moins savoir…

La directrice ne paraissait pas savoir comment terminer sa phrase.

- Dans quelle école il ira ? termina Lily. Oh, allons, Minerva ! s'esclaffa-t-elle alors que Minerva McGonagall lui lançait un regard surpris. Moi aussi, à votre place, je voudrais savoir si le fils d'Alsev allait venir dans mon école. Histoire de prendre ma retraite avant…

Chiara éclata de rire.

- Il ira à Beauxbâtons, même si Alsev prétend encore avoir le choix.

- Me voilà soulagée. Albus Severus était…

- Un effroyable élève ? proposa Lily.

- Disons qu'il était compliqué à maîtriser, surtout lorsqu'il décidait que la vie devait être une représentation de théâtre. Et il ne lâchait jamais Scorpius Malefoy d'une semelle, alors que le pauvre garçon voulait à tout prix l'éviter !

Ils éclatèrent tous de rire, surprenant Eleanor qui ne comprit pas ce qui les amusait autant. Mais l'enfant ne prit pas la peine de s'offusquer de ne pas tout comprendre. Elle venait d'apercevoir le même homme que plus tôt, celui qui lui avait fait un clin d'œil. Elle tira sur la manche de sa tante.

- Tatie Lily ! s'exclama-t-elle en désignant l'homme en question.

Lily Potter tourna la tête, et sourit doucement en voyant qui lui désignait sa nièce.

- Si vous voulez bien m'excuser…

Eleanor se glissa hors des bras de son grand-père alors que sa tante s'éloignait. Elle ne voulait pas rater une seule miette des choses importantes qui se déroulaient aujourd'hui. Elle devait tout savoir.

Et puis, surtout, elle voulait le saluer avant sa tante.

Alors, Eleanor se mit à courir, dépassant sa tante qui rit doucement, et se jeta dans les bras de l'homme, en riant d'amusement.

- Hayden ! Je ne t'avais pas encore vu aujourd'hui !

Eleanor dit cela avec une moue adorable, qui fit rire Hayden Zabini. Un de ces rires que peu de monde avait l'occasion de connaître, mais qu'il laissait s'échapper de plus en plus souvent.

- Ton père a du souci à se faire. Avec un tel sourire, tu auras le monde à tes pieds !

- Son père la laissera faire sa vie comme elle l'entend, que ce soit en étant irrésistible auprès des autres ou pas, grommela Lily en arrivant à leur niveau. Hors de question que je laisse James devenir surprotecteur envers sa fille.

- Pourquoi est-ce que je ne suis pas surpris d'avoir cette conversation avec toi ? murmura Hayden.

Lily leva les yeux au ciel.

- Parce que je dois être prévisible. Et, dis donc, qu'Eleanor ne t'ait pas encore vu aujourd'hui passe encore, mais moi, tu comptais attendre combien de temps avant de venir me saluer ?

Hayden sourit doucement, ancrant son regard dans les yeux pétillants de Lily. Eleanor les regarda en essayant d'attirer à nouveau l'attention sur elle, mais sans y parvenir réellement.

- Tu es presque aussi insaisissable que les mariés, aujourd'hui.

- Ouais, c'est le risque, quand tu es la sœur du marié. Mais je ne t'ai pas beaucoup vu non plus, parmi les invités.

- Tes cousins et cousines m'ont obligé à les aider à préparer les décorations, avec ton amie Millicent.

Lily sourit. Millicent s'était pliée en quatre pour que le mariage du fils aîné des Potter soit inoubliable, une fois encore.

- Ton amie qui se demande si, un jour, on va lui demander ses conseils pour notre mariage.

Lily leva les yeux au ciel.

- Hayden Zabini, je t'ai déjà vu aux portes de ton propre mariage, et j'ai appris de mes erreurs.

Hayden lui lança un regard surpris.

- Il y a trop de risques qu'une femme débarque à quelques mois de notre mariage, et que j'apprenne que tu as entretenu une relation secrète avec elle pendant des années.

- Je n'ai fait ça qu'avec toi, lui promit-il.

Elle éclata de rire, avant d'être interrompu par un baiser d'Hayden.

- Est-ce qu'on peut parler de cette nouvelle cicatrice sur ton bras gauche, maintenant que j'ai toute ton attention ? murmura Hayden.

- Je cumule toutes mes cicatrices sur le bras gauche, c'est ma marque de fabrique, assura-t-elle effrontément.

Hayden renifla, mécontent, mais ne continua pas sur cette conversation. C'était une cause perdue et, de toute façon, Lily était une Auror. Bien sûr qu'elle recevait des cicatrices, lors de ses missions.

- Tu m'as manqué, préféra-t-il dire sobrement.

- Toi aussi, lui assura Lily. Autant que notre lit confortable, gémit-elle.

- Eh ! Et moi, je vous ai manqué ?

- Toujours, Eleanor, toujours ! affirmèrent-ils d'une même voix.

Hayden éclata de rire, ce rire qu'il n'avait dévoilé qu'à Lily dans un premier temps, et qu'il utilisait de plus en plus souvent à présent, pour tout le monde, dès lors que l'occasion se présentait. Et puis, il reprit le fil premier de leur conversation.

- Je vois que tu me compares à un lit. Adorable.

- Il fut un temps où tu me disais que j'étais aussi attirante qu'une équipe de Quidditch, lui rappela Lily. Niveau romantisme, tu repasseras.

Eleanor ne comprenait pas grand-chose à la conversation. Alors, elle décida de faire pousser de nouveaux coquelicots. C'était joli, les coquelicots.

Hayden embrassa Lily sur le haut du front, décidant d'abandonner cette discussion également. Il voulait simplement profiter de Lily, de sa présence, du fait qu'elle soit avec lui. Il ne faisait que ça, depuis presque trois ans : profiter que Lily soit avec lui, à ses côtés. Qu'elle ait accepté de tenter à nouveau l'expérience d'être avec lui, en effaçant les bases secrètes de leur première tentative d'histoire.

Cela n'avait pas été simple, finalement, surtout pour leurs familles, qui s'étaient souvent demandé si leur histoire, réelle, pouvait tenir sur le long terme. Pour le moment, ça fonctionnait. Hayden avait appris à communiquer, à se faire pardonner et à pardonner à Lily. Lily avait appris à laisser Hayden s'exprimer par lui-même, ce qui était déjà une énorme évolution de leur histoire.

Ils avaient eu du temps pour développer cette facette de leur relation après l'audience de Lily. Le nouveau Ministre russe de la Magie avait intercédé en la faveur de Lily, envoyant une lettre à la Ministre de la Magie britannique, lui expliquant que si jamais Lily Potter perdait ses privilèges d'Auror au Royaume-Uni, la Russie était prête à l'accueillir parmi leurs effectifs qui s'étaient amoindris ces dernières années. Le Magenmagot s'était alors retrouvé dans la délicate position de vouloir radier une Auror de leurs effectifs, en sachant que s'il le faisait, cette Auror partirait exercer pour une autre nation. Alors, la décision avait été prise de mettre à pied Lily Potter pour quelques mois, puis de la réintégrer ensuite en tant qu'Auror des affaires sportives, avant de finalement lui rendre sa place parmi les Aurors de l'unité des affaires étrangères, deux ans plus tard.

Hayden, de son côté, avait réussi à récupérer son travail à l'hôpital Ste Mangouste, qui était heureux de récupérer le jeune homme dans ses effectifs. Les mois d'inactivité pour Lily, et donc de présence sur le territoire anglais, leur avait permis de dégrossir les contours éventuels d'une reprise de leur relation, sur des bases beaucoup plus saines. Et ils avaient fini par prendre la décision de reprendre leur histoire.

Ces quelques mois avaient aussi permis à Lily de se réconcilier avec ses amis, et les membres de sa famille qui lui en avaient voulu du secret. Rose n'hésitait cependant pas à taquiner encore Lily sur toute cette histoire, parfois avec sympathie, des fois avec un peu plus d'agacement. Mais comme Lily savait comment répondre à sa cousine, leur relation était redevenue ce qu'elle était auparavant : celle de deux cousines qui s'adorent, et se lancent des compétitions sans cesse, pour savoir laquelle saura apprendre le plus de langues étrangères.

À ce jour, Rose menait de deux langues.

Lily posa sa tête sur l'épaule d'Hayden.

- Un séjour en Italie, après la naissance du fils d'Alsev et Chiara, ça te tente ? proposa-t-elle.

- J'ai déjà dit à ton frère qu'on irait, avoua Hayden. Eh ! Tu pars deux mois en mission, mais moi, je continue de voir du monde, lui dit-il alors qu'elle lui lançait un regard de reproche.

Elle soupira.

- Tu as raison.

Elle leva un bras vers une invitée – Rose, en l'occurrence – avant de regarder à nouveau Hayden.

- Je n'ai pas vu Scorpius. Il est où ?

- Crois-le ou non, mais il s'est fait kidnapper par Eleanor en début de journée, qui lui a demandé de raconter des histoires aux enfants de la cérémonie, et, depuis, je crois qu'il est toujours en train de raconter des histoires.

- Oh…

- Comme tu dis. Mais je note qu'Eleanor n'en profite pas…

- Je fais pousser des coquelicots, je ne peux pas être partout ! lui fit remarquer l'enfant.

- Un point pour elle, rit Lily.

Hayden allait reprendre la parole, mais il fut interrompu par le Patronus d'un chat aux poils longs qui vint se poster devant Lily. Eleanor leva les yeux, intriguée. Les Patronus qui venaient lors des événements familiaux apportaient toujours des nouvelles qui l'intéressaient, même si elle ne savait pas pourquoi.

- Non, pas maintenant…, gémit l'Auror.

Mais le Patronus prit la parole malgré tout. La voix de William Donovan, l'Auror qui, lors de sa première mission avec Lily, avait failli être décapité par des Nundus, se fit entendre.

- Désolé de vous déranger le jour du mariage de votre frère, mais Abraham von Hell est arrivé au Ministère, et ne veut donner ses informations qu'à vous. On vous attend d'ici vingt minutes.

Lily pesta. Abraham von Hell était un informateur dont le Bureau des Aurors ne pouvait plus se passer depuis la chute des Krasny Iar, mais sa capacité à toujours choisir les pires moments pour se présenter au Ministère commençait à jouer dangereusement avec les nerfs de Lily.

- Le devoir t'appelle, dit tranquillement Hayden.

- Je te promets qu'il va m'entendre, grommela-t-elle. Tout ça parce qu'il pense que je lui en dois une depuis la Russie, alors que, franchement, on aurait pu s'en sortir sans lui.

Elle était quelque peu de mauvaise foi en disant cela, mais elle ne supportait plus qu'Abraham vienne la voir à n'importe quel moment pour lui donner des renseignements. Le problème, c'est que les renseignements d'Abraham étaient toujours fiables, et ciblaient toujours des mages noirs très problématiques pour la communauté sorcière. Lily ne pouvait pas se permettre de ne pas aller le voir.

- Bon, soupira-t-elle. Si on me demande, tu sais quoi répondre.

- Bien sûr, la rassura Hayden. Ne traîne pas trop.

- Je n'ai pas prévu de m'attarder, grimaça-t-elle.

- Il aura de la chance, d'être reçu par une Auror aussi attirante.

Lily leva les yeux au ciel.

- Attends, tatie Lily, prends ça ! lui dit Eleanor.

Lily se pencha. Un petit coquelicot trônait dans les mains de sa nièce, avec une attache au bout pour l'accrocher à sa tenue.

- Merci, souffla-t-elle à sa nièce en se redressant et en accrochant la fleur à sa robe.

Ensuite, Lily s'attacha les cheveux, sortit sa baguette de sa cachette, embrassa rapidement Hayden, et, après une dernière promesse de revenir vite, transplana.

Hayden regarda un moment l'endroit où avait transplané Lily, avant de sentir qu'on lui tirait sur un pan de son costume.

- Tu veux faire pousser des coquelicots avec moi ?

- Volontiers, dit l'homme en sortant sa baguette magique.


Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Désolée pour l'absence la semaine dernière, j'ai eu LA FLEMME, puis j'ai été appelée, et j'ai décidé que ça attendrait une semaine. Voilà, vous savez tout.

Avant que je n'oublie, les coquelicots, c'était un défi de LittlePlume et j'ai galéré à trouver quand le placer. Ce chapitre-épilogue est d'ailleurs né pour que ce défi soit accompli ^^' (J'aurais aussi pu faire en sorte qu'Eleanor en fasse pousser sur la tombe de Lily, parce qu'elle aurait pu mourir, mais, voyez, je deviens raisonnable avec le temps). DelfineNotPadfoot a également relevé ce défi dans son recueil « Sa Majesté La Plume » Trêve de bavardages.

C'est… la fin. La toute fin, oui, de cette histoire. Il n'y aura pas de suite, il n'y aura pas de bonus. Et c'est très bien comme ça. C'est une histoire qui m'a permis de remettre le pied à l'étrier de l'écriture, et ça m'a fait du bien, surtout en cette année complexe.

Du coup, maintenant que j'ai remis le pied à l'étrier, qu'est-ce qu'il va se passer pour moi ? Et pour vous, lectrices et lecteurs ?

Eh bien… Beaucoup de choses et pas grand-chose. Je me suis replongée dans la trilogie « Invisible » ces derniers mois. Il y a quelques fautes qui sont encore présentes, de petites incohérences qu'il faudrait gommer suite à des ajustements de scénarios, etc. Je vais donc m'atteler à cela. Je vais aussi publier des bonus supplémentaires à Invisible, ils traînaient dans mon ordinateur depuis des années. Et ensuite ?

Ensuite… Je vous dirai qu'une autre FF devrait voir le jour. Avec des chapitres assez conséquents. Quand ? Je ne sais pas. Est-ce qu'il faudra avoir déjà lu des écrits passés ? Oui. Si vous voulez me suivre, si vous voulez tout comprendre… Relisez la trilogie Invisible. J'ai l'impression de faire une annonce de fou. C'est un peu le cas, dans un sens. J'avais mis un point final, mais en fait… Cet univers ne se termine pas, j'en ai peur.

Merci à tous d'avoir répondu présent à mon retour, merci à ceux qui sont arrivés après les autres, je vous dis à bientôt dans les méandres de FF !


RàR

Mathilde, merci à toi de prendre le temps de laisser une review :)

Marie la Petite, je suis contente que cette histoire t'ait plu, merci à toi pour les reviews !

Loofe31, merci pour ta review, ravie de savoir que tu as trouvé cette FF super :)

Meredith96, merci à toi pour ta review, j'espère te revoir sur une future fanfiction, et qu'elle te plaira autant que celle-ci :)

Méfaits accomplis.