Coucou! Comme d'habitude, vos remarques me font énormément plaisir et me donnent envie de continuer à écrire.

Je ne possède évidemment ni HP ni Marvel.

Excellente lecture!


Le début du mois de décembre apporta du vent et de la neige fondue sur les terrains de Poudlard. Seule la bibliothèque, désormais déserte puisque Krum n'y venait plus, était exemptée des courants d'air qui se faufilaient à travers les épais murs du château.

Après le succès de la première tâche, Daesyn avait pu récupérer avec joie ses nombreuses heures de sommeil manquantes, sans oublier d'écrire une longue lettre à Sirius détaillant les derniers évènements.

La jeune femme pouvait dorénavant se consacrer entièrement à l'une des questions qui ne cessait de la titiller. Comment Voldemort pouvait-il être encore vivant ?

Elle-même avait survécu à la malédiction de la mort, mais c'était seulement grâce au sacrifice de Lily.

Voldemort n'était pas mort cette nuit-là mais avait seulement disparu. Lors de sa première année, il avait possédé Quirrell et elle avait clairement vu qu'il se traînait sous forme d'esprit une fois le professeur mort à son tour. Dans la Chambre des Secrets, elle avait combattu son plus jeune lui.

La seule chose qui aurait pu prolonger son espérance de vie aurait été la Pierre Philosophale qui était maintenant détruite. Mais la Pierre ne faisait que prolonger l'existence. Elle ne donnait en aucun cas le pouvoir à son utilisateur de se réincarner ou quoi que ce soit d'autre que Voldemort utilisait.

La sorcière n'arrivait cependant pas à mettre le doigt sur la chose qui lui permettait de revenir sans cesse. Aucun livre de la bibliothèque ne contenait ce genre de renseignement. Le fait qu'un journal absorbant l'énergie vitale d'une personne ait pu lui rendre la "vie" et l'apparence de son lui âgé de seize ans, la dérangeait affreusement.

Voldemort ne pouvait pas être humain.

Une autre question s'imposait alors. Et si l'ex-Mage Noir avait créé d'autres objets qui contenaient ses souvenirs, le rendant impossible à tuer tant que ces derniers n'étaient pas détruits eux-mêmes?

Parce que Ginny et elle seraient décédées si elle n'avait pas eu l'idée de planter un croc dans le journal maudit.

Daesyn haleta et referma d'un coup sec le livre qu'elle lisait, ce qui lui valu plusieurs regards désapprobateurs. Elle avait donné le journal à Dumbledore. Peut-être pourrait-il la renseigner sur cette magie tordue qu'utilisait Voldemort pour revenir à la vie? Parce que c'était tout sauf sain, c'était une certitude.

De ce pas, la jeune femme décida d'aller demander des réponses au vieil homme. A l'abri des regards indiscrets, elle murmura le mot de passe de la carte du Maraudeur et trouva le directeur dans son bureau.

"Potter!" Hurla une voix nasillarde derrière elle. Vite fait, elle replongea la carte dans son sac.

La métamorphomage se retourna et se retrouva nez à nez avec Drago Malfoy.

"Tu DOIS remettre les badges comme AVANT!" Continua-t-il en lui mettant la petite chose insignifiante sous les yeux, ce qu'il fit avec difficulté vu qu'elle était collée sur les pans de sa robe.

"Non." Répondit-elle avant de se retourner et de continuer son chemin. Mais le garçon ne semblait pas comprendre la signification du mot.

"Bien sûr que si! A cause de toi, tout le monde vient me donner son vote!" Dit-il en se plantant devant elle.

Daesyn ne put s'empêcher d'éclater de rire. Le sort qu'elle avait utilisé sur le badge la dernière fois avait également changé tous les autres. N'étant pas idiote, elle avait veillé à ce que leurs utilisateurs ne puissent pas les retirer.

Il était très amusant de voir Malfoy lui ordonner de les remettre comme avant.

Parce qu'elle n'avait jamais eu l'intention de le faire.

La jeune femme passa à côté du blondinet mécontent et donna le mot de passe à la gargouille à l'entrée du bureau directorial, ignorant les protestations véhémentes du garçon. Elle monta les marches quatre à quatre et arriva devant la lourde porte de bois qui lui était devenue familière.

A peine avait-elle levé le poignet pour frapper qu'elle entendit le professeur lui dire d'entrer. En secouant la tête entre exaspération et amusement, elle tourna la poignée d'or et entra dans le bureau chaleureux.

"Bonjour Daesyn, comment vas-tu? Un bonbon au citron?" Proposa-t-il en lui tendant la corbeille. Elle refusa poliment et s'installa dans le fauteuil rouge Gryffondor qui la faisait paraître beaucoup plus petite.

"Je vais bien professeur et vous?" Répondit-elle en posant son sac à ses pieds. Fumseck trilla et vint s'installer confortablement sur ses genoux.

"Bien, très bien Daesyn. Y a-t-il quelque chose avec lequel je puisse t'aider?" L'interrogea le Directeur en se reculant dans son siège pour l'observer par-dessus ses lunettes.

"Et bien je me posais une question," commença-t-elle sans cesser de passer sa main à travers les plumes resplendissantes de l'oiseau mythique, "Voldemort ne peut pas être humain, car un humain serait mort s'il avait été à sa place. Tom Jedusor a réussi à placer un souvenir vivant de lui-même dans un journal. Et s'il en avait fait d'autres? Je veux dire, si d'autres objets contenaient des souvenirs de lui, comment suis-je censée mettre fin à sa vie s'ils ne sont pas détruits? Parce que ça a été la seule raison pour laquelle je suis sortie de la Chambre. Il a fallu détruire le journal." Expliqua-t-elle en relevant sa tête et plantant ses yeux bleus dans ceux, presque identiques, du professeur Dumbledore.

Ce dernier semblait avoir pris de l'âge en quelques secondes. Ses mains s'étaient solennellement croisées sous son menton pendant son explication, ses coudes s'étaient posés sur le bureau de bois de cerise, et ses lunettes en demi-lune avaient glissé tout au bout de son nez crochu, menaçant de tomber.

Quelques instants passèrent sans que ni l'un, ni l'autre ne dise quoi que ce soit. Daesyn résista à l'envie de se tortiller de nervosité sous l'intensité du regard empli de sagesse et de souvenirs, et se contenta plutôt d'attendre aussi calmement qu'elle le pouvait.

"J'ai fait de nombreuses erreurs Daesyn. Mais tu as été de loin la plus grande." Soupira Dumbledore en baissant les yeux.

"C'est-à-dire?" Demanda-t-elle en fronçant les sourcils de confusion.

"Tu sais maintenant comment James et Lily sont morts je présume?" Demanda-t-il.

Daesyn hocha la tête. Elle se souvenait parfaitement de cette leçon de défense contre les forces du mal pour le moins mémorable.

Ce jour là, elle avait appris l'existence des Impardonnables. La troisième malédiction, Avada Kedavra, dont la seule issue était la mort, avait servi à assassiner ses parents adoptifs le soir d'Halloween. Maugrey leur en avait brutalement fait la démonstration, ce qui n'avait pas contribué à améliorer la réputation qu'elle s'était forgée de l'homme.

"Comme tu le sais, en donnant sa vie pour épargner la tienne, Lily t'a donné une protection durable qui coule dans tes veines jusqu'à ce jour. L'amour. Même si tu n'es pas de son sang, son amour pour toi est ancré profondément dans ta magie. C'est la raison pour laquelle je t'ai laissée chez Pétunia. Son sang avait le pouvoir d'entretenir cette ancienne magie que sa sœur avait convoquée."

"Ma première priorité était de te garder en vie, car je savais que Voldemort reviendrait tant tu ne serais pas détruite."

"Il y a un peu plus de trois ans, tu es entrée à Poudlard," continua le professeur Dumbledore, quand Daesyn ne l'interrompit pas, ses yeux scintillant avec quelque chose qui ressemblait à de la mélancolie. "Tu n'étais ni aussi heureuse, ni aussi bien nourrie que je ne le pensais. Je savais que je te procurais protection en sacrifiant ton bonheur. Tu n'étais pas ce que j'avais imaginé et je crois que pendant un instant, j'avais oublié que tu n'étais pas la fille biologique de James et Lily." S'excusa-t-il, plein de regrets.

"Beaucoup ont tendance à oublier ce fait." Dit-elle avec finalité.

Le professeur hocha la tête. "Tu étais une petite fille de onze ans, courageuse, déterminée, d'une intelligence peu commune et possédant une compréhension étonnante du monde qui l'entourait. Oh, et aussi honnête, très honnête. " Il s'interrompit avec un petit rire. "Tu es bien la première à m'avoir dit que mon sens du style aurait fait peur à un punk."

La jeune femme ne put contenir son sourire en se souvenant de ça. Elle se tenait devant le miroir du Rised et s'était demandée à qui appartenaient les deux figures floues de chaque côté de ceux qu'elle croyait être ses véritables parents. Elle avait attribué sa non-ressemblance avec eux à son talent de métamorphomagie qui lui permettait de changer d'apparence à volonté.

Ce ne fut que l'année dernière qu'elle apprit de Sirius son adoption. Cela avait été un choc, bien évidemment, mais elle trouvait qu'elle l'avait plutôt bien pris après avoir démoli toute une partie de la Cabane Hurlante, faisant frémir Pettigrow de peur.

Enfin, ce fut devant ce miroir qu'elle rencontra le Directeur de l'école de magie pour la première fois.

"Tu te souviens sûrement aussi bien que moi des évènements de ta première année," continua Dumbledore. "Tu possèdes cette intelligence et cette étincelle de curiosité qui t'ont permis de relever les défis qui se sont dressés sur ta route. Et puis tu t'es retrouvée face à Lord Voldemort. Tu t'es magnifiquement bien battue, tu as survécu, fais le travail d'un adulte. J'ai été tellement fier de toi."

"Et puis tu m'as demandé, tu m'as demandé pourquoi Voldemort avait essayé de te tuer à un si jeune âge. Je me souviens de ne pas avoir répondu à ta question. Tu t'es énervée contre moi ce jour-là. Tu as eu raison mais je me suis dit que ce n'était pas le bon moment."

"L'année d'après, tu as affronté Voldemort à nouveau et l'as vaincu, encore une fois contre toute attente." Dumbledore sortit un carnet noir d'un tiroir de son bureau, que Daesyn reconnut comme étant celui de Tom Jedusor. Il était exactement pareil à la dernière fois où elle l'avait vu. Noir, tâché de son sang et comportant un gros trou informe en son centre, causé par le croc de Basilic.

"Cette fois, tu m'as demandé quel était le lien entre Voldemort et toi, ce lien qui te permet de parler aux serpents. Tu étais encore trop jeune et te voilà repartie pour ta troisième année, sauvant ton parrain des griffes des Détraqueurs, apprenant par la même occasion ton adoption. Grâce au professeur Lupin, tu as réussi à réaliser un Patronus corporel, chose rare."

"Tu as affronté le danger avec une facilité étonnante, Daesyn. Le poids que tu portes sur tes épaules est bien plus grand que celui de chaque élève passé par cette école." Dumbledore regarda dans ses yeux bleus, confus par tout ce discours et ce à quoi il menait. "Et te revoilà de nouveau. Sauf que cette fois, tu as remis chaque pièce du puzzle à sa place. Tu ne sais pas quel nom cela porte, mais tu as pris conscience que Voldemort n'était pas humain. Voldemort a utilisé une magie sombre, très sombre pour arriver à fabriquer ce journal. Quelque chose que l'on nomme Horcruxe."

"Horcruxe?" Répéta-t-elle en se penchant pour saisir toute information qu'il donnait.

Dumbledore confirma d'un hochement de tête saccadé. "Un Horcruxe est un terme utilisé pour désigner un objet à l'intérieur duquel, une personne a dissimulé une partie de son âme. L'Horcruxe a pour but de protéger le fragment d'âme de tout ce qui peut arriver au corps de la personne auquel il appartient. Tant que l'objet est en sécurité, cette personne peut continuer à exister même si son corps est abîmé ou détruit."

"Alors Voldemort a fabriqué des Horcruxes. Sinon, il serait mort dès que j'ai détruit celui-ci." Dit-elle.

"J'ai bien peur que tu aies raison, Daesyn." Affirma Dumbledore.

"Mais alors…" Reprit Daesyn, les yeux écarquillés. "Ça fait de moi un Horcruxe?" Demanda-t-elle d'une voix plus basse que la normale. Sa respiration s'était réduite à de courts halètements d'horreur.

"Je…oui," acquiesça Dumbledore, faute de mots.

"Qu- comment?" Demanda la jeune femme.

"Un meurtre est nécessaire pour créer un Horcruxe et par accident, Voldemort a dû déposer une partie de son âme à l'intérieur de ta cicatrice lorsque la malédiction mortelle s'est retournée contre lui et a brisé son âme une fois de plus." Supposa le professeur Dumbledore.

"La dernière fois…il a fallu un croc de Basilic," dit Daesyn, ses mains enroulées fermement autour des accoudoirs de la chaise. Fumseck, sentant certainement son anxiété et sa peur commença une douce mélodie qui résonna dans le bureau.

Dumbledore leva la tête, ses yeux désolés.

"Je dois mourir pour qu'il meure aussi, n'est-ce pas?" C'était plus une affirmation qu'une question. Tout à coup, le Tournoi lui paraissait tellement insignifiant. "Je vous remercie professeur," dit-elle en se remettant sur ses jambes un peu tremblantes. Elle attrapa son fidèle sac et le posa sur son épaule, avant de se détourner du vieil homme.

"Si je peux faire quoi que ce soit Daesyn," chuchota doucement son mentor.

Elle s'arrêta sur le pas de la porte, la main à mi-chemin de la poignée. La sorcière se tourna vers lui.

"Connaissez-vous mes parents? Biologiques." Demanda-t-elle.

"Non je ne le fais pas, je suis désolé," répondit Dumbledore. "Cependant, je sais que Lily et James t'ont ramenée d'Amérique."

"Merci professeur." Dit la jeune femme en sortant du bureau circulaire. Elle poussa un long soupir et resta plantée devant la lourde porte.

Daesyn prit une profonde inspiration, releva la tête et redressa les épaules. Elle refusait de se laisser abattre par ces nouvelles informations, certes choquantes, mais il fallait qu'elle se concentre sur des points plus importants.

La seconde Tâche était dans un peu plus de deux mois et il fallait encore qu'elle trouve de quoi il retournait grâce à l'œuf d'or qu'elle avait récupéré du dragon.

Encore mieux, elle savait maintenant que ses parents étaient très probablement américains.

Avec un sourire de nouveau enthousiaste, Daesyn dévala l'escalier en colimaçon et se précipita vers son cours de métamorphose. Elle arriva la dernière, comme d'habitude, et se faufila tout au fond de la salle de classe à côté d'un Neville nerveux. Lors de leur dernière leçon, le pauvre garçon avait accidentellement transplanté ses oreilles sur son cactus. McGonagall l'avait vivement rabroué pour sa faute.

"Aujourd'hui," commença McGonagall de sa voix stricte, sans oublier de lui envoyer un regard noir pour son retard, "votre but est de métamorphoser l'animal devant vous en violon fonctionnel. C'est l'une des métamorphoses inter-espèces les plus dures de cette année. Allez, au travail!" Dit-elle en tapant impatiemment dans ses mains.

Dans un tas de chuchotements feutrés, toute la classe se mit à la tâche. Parfois, une exclamation de réussite surgissait, suivie d'un soupir de déception en voyant que rien ne se passait. Les baguettes bougeaient constamment dans un mouvement aussi régulier que le tic-tac de l'horloge. La jeune femme observa les autres élèves quelques instants et croisa ses pieds sur son bureau.

Daesyn se détourna de l'oiseau coloré devant elle, pour regarder Neville qui agitait affreusement sa baguette dans tous les sens dans l'espoir de réussir le sortilège. Au bout d'un long moment, elle décida d'aider le garçon, sa propre transformation complètement oubliée.

"Ça aiderait beaucoup si tu bougeais ton poignet plus délicatement, en le courbant vers la droite lorsque tu descends le bras. Mais avant de lancer le sortilège, tu devrais d'abord visualiser tous les détails de ton violon et voir clairement l'image dans ton esprit." conseilla-t-elle le Gryffondor timide.

"M-merci, " dit-il en évitant son regard.

"Potter! Et si vous me montriez votre violon?" Dit McGonagall, plantée devant son bureau, un air mécontent inscrit sur son visage sévère.

Daesyn lui sourit innocemment et reposa ses jambes sous la table. Elle se racla la gorge et pointa sa baguette de houx sur l'oiseau qui sautait joyeusement sur toute la surface de son bureau.

Avec délicatesse, elle recopia les mouvements de poignet de sa professeure, tout en articulant bien clairement la formule. Lentement, la forme agitée de l'oiseau se stabilisa et progressivement, commença à changer.

A la place se trouvait un magnifique instrument qui aurait ravi un passionné. Le bois de cerisier brillait à la lumière des bougies dispersées partout dans la pièce. McGonagall eut un fantôme de sourire et fit un geste de la main vers le violon posé à plat sur le bureau.

"Et bien Potter, cinq points pour Gryffondor pour cette métamorphose réussie. Assurez-vous d'arriver à l'heure la prochaine fois." Elle se dirigea vers l'avant de la classe. "J'ai une grande nouvelle à vous annoncer," dit-elle, attirant l'attention de l'intégralité des jeunes sorciers. "Le Bal de Noël approche à grands pas. C'est une tradition du Tournoi des Trois Sorciers qui nous permettra de mieux connaître nos invités. Le Bal est ouvert à tous les élèves à partir de la quatrième année, mais si vous souhaitez inviter des élèves plus jeunes, il est possible pour vous de le faire."

Quelques filles gloussèrent d'excitation à l'avant, et Daesyn crut reconnaître Lavande et Parvati avant que McGonagall ne continue. "Le Bal commencera à huit heures, et se terminera à minuit. Les tenues de soirée sont obligatoires. Il est évident," poursuivit la Gryffondor, "qu'aucun comportement dégradant ne sera autorisé et si un ou une seule d'entre vous, s'autorise à adopter ce genre d'attitude, il sera très sévèrement sanctionné."

La cloche sonna la fin du cours et un brouhaha monta dans la salle de classe, alors que les élèves rangeaient rapidement leurs affaires.

"Potter! Restez ici, s'il vous plaît!" Cria sa cheffe de maison par-dessus les discussions pour se faire entendre.

La jeune femme s'assit sur son bureau et attendit que tous veuillent bien sortir de la salle pour pouvoir atteindre la professeure.

"Potter, il est de tradition, que les champions et leurs partenaires ouvrent le Bal de Noël. Je m'attends bien sûr, à ce que vous fassiez de même." Lui annonça-t-elle d'un ton sans réplique une fois le dernier élève parti.

"Je ne sais pas danser."

"Alors apprenez." Ordonna-t-elle facilement, en lui faisant signe de sortir.

Daesyn la regarda quelques instants, interloquée, puis fit demi-tour et décida de se promener dans le château pour réorganiser ses pensées. Malheureusement, cela s'avéra être une plus mauvaise idée que prévu initialement.

Il semblait que tout le monde ne parlait plus que du Bal. Les filles gloussaient dans les coins en voyant les garçons passer devant elles.

Ce qui la dérangeait, c'était le fait que sa propre vision des garçons qu'elle voyait pourtant tous les jours, avait changé. Chacun d'entre eux pouvait être un partenaire potentiel pour le Bal. La jeune femme n'avait eu aucun intérêt pour une relation amoureuse jusqu'à présent et n'en avait toujours pas, non pas parce qu'elle pensait que c'était des trucs d'adultes, mais plutôt parce que personne n'avait été assez spécial pour attirer son attention.

La semaine suivante passa à une vitesse considérable. Voyant que personne n'était vraiment attentif à son cours, Flitwick renonça et engagea plutôt une conversation animée avec Daesyn sur ses sortilèges de Désillusion utilisés pour la première tâche.

Rogue quant à lui, décida de leur coller un test sur les Antidotes le dernier jour du Trimestre, à la consternation de tout le monde.

Personne ne l'avait encore approchée pour l'inviter au bal, et la sorcière s'en trouva étonnamment soulagée. Elle avait bien remarqué les quelques regards persistants sur elle depuis l'annonce de la soirée, mais Fred et George les avaient aussitôt fait fuir à l'aide de plusieurs blagues bien placées.

C'était comme si la première tâche qu'elle avait effectuée sous les yeux des étudiants de Poudlard, leur avait fait prendre conscience qu'elle n'était pas qu'un fantôme qui se promenait de temps en temps dans les couloirs.

Les responsables de Poudlard, désireux d'impressionner leurs hôtes de Beauxbâtons et Durmstrang, profitèrent de l'occasion pour présenter Poudlard sous son meilleur jour.

Le traditionnel sapin de Noël qui ornait la grande salle chaque année, était resplendissant. Il était même étonnant que l'arbre ne croule pas sous le poids des tonnes de décorations accrochées à ses longues branches. Partout dans le château, diverses décorations pendaient aux murs, plafonds même aux rampes d'escaliers.

Daesyn fut époustouflée par le travail colossal que cela représentait. Et il fallait l'avouer, le résultat était spectaculaire.

Le dernier jour du trimestre, Rogue fut encore plus persifleur que d'habitude et retira une centaine de points à Gryffondor lorsque le malheureux Neville fit fondre son chaudron. La sorcière finit son antidote avant les autres, ce qui lui permit de réfléchir à son manque total de cavalier pour le bal.

Fred y allait avec la jolie Angelina et George avait invité Alicia Spinnet. Lee avait quelqu'un dont elle ne se souvenait plus le nom, une fille de Beauxbâtons. Il ne restait donc plus qu'elle. Surtout que McGonagall n'avait pas l'intention de la laisser échapper à la première danse traditionnelle.

Rogue les jeta finalement hors de la classe et elle se précipita dehors avant tous les autres. Fred l'attendait à la porte, un grand sourire sur le visage.

"Alors, comment c'était?" Demanda-t-il en souriant, se doutant bien de la réponse.

"De plus mauvaise humeur que d'habitude…" Rit-elle joyeusement.

"Bien, bien, bien," poursuivit-il en lui passant son bras autour du cou, "as-tu trouvé un partenaire pour t'accompagner?" S'enquit son ami d'un ton malicieux.

"Non, toujours pas," marmonna-t-elle entre ses dents. "Vous faites fuir tout le monde avec vos blagues." L'accusa la plus jeune en pinçant les lèvres.

"Tu n'as aucune preuve qu'elles étaient de nous!" S'indigna Fred. "Vraiment, tu me blesses!" Continua-t-il dramatiquement en posant une main sur son cœur.

"Bien sûr," se moqua-t-elle, un sourire narquois au bord des lèvres.

"Sérieusement Daesyn," reprit Fred," tu n'as même pas quelqu'un en tête?"

"Qui ça? Ils ignoraient tous mon existence jusqu'à maintenant." Déclara-t-elle en s'asseyant à la table des Gryffondor. Elle se servit une petite quantité de gratin aux pommes de terre et prit un steak dans l'assiette de George qui s'indigna bruyamment.

"Vrai." Son ami grimaça et se posa lourdement à sa gauche. "Si tu veux, je peux-"

"Non!" Le coupa-t-elle vivement. "Tu as proposé à Angelina, tu ne peux pas la lâcher maintenant. Il faut juste que je me bouge moi-même et invite quelqu'un d'assez sympa pour qu'il ne me pourrisse pas la soirée." Dit-elle, déterminée. "Et qui puisse m'apprendre à danser en une semaine…" Ajouta-t-elle dans un soupir qui tenait plus du gémissement plaintif.

Elle enveloppa des crêpes dans une serviette, les mit soigneusement dans la poche de sa cape et quitta les garçons pour se rendre chez Hagrid, à qui elle avait promis une visite. Elle traversa le parc sous un vent violent qui lui ébouriffa et emmêla ses cheveux qu'elle avait décidé de ne pas attacher.

La jeune femme lâcha un petit rire de soulagement en arrivant à la hutte du demi-géant. Elle frappa fermement à la porte de bois, qui s'ouvrit sur le sourire accueillant et gentil d'Hagrid.

"Oh Daesyn! Entre, entre, viens t'réchauffer!" Il ouvrit la grande porte et elle s'installa rapidement près du feu, après avoir enlevé sa cape trempée par les gros flocons de neige. Crockdur s'étala de tout son long sur l'épais tapis qui recouvrait le sol, juste à ses pieds.

"Alors! Avec qui tu vas au bal?" S'enquit Hagrid joyeusement en lui servant une tasse de thé fumante.

"Personne," répondit-elle en se calant dans le canapé confortable. Elle fixa le feu de cheminée et pensa un instant à Sirius. Son parrain ne lui avait toujours pas répondu, et elle commençait vaguement à s'inquiéter.

"Ma foi! T'inquiète pas Daesyn, quelqu'un va bientôt s'précipiter pour te d'mander !"

"J'espère bien, sinon, je le ferai moi-même!" Bien que, si cela devait arriver, elle ne savait toujours pas à qui elle proposerait.

"Et l'œuf? T'as découvert l'indice?" Demanda-t-il, ses grands yeux noirs brillants à la douce lumière du feu.

"Non. Je ne m'y suis pas trop penchée dessus à vrai dire." Dit-elle honnêtement. Son œuf n'avait pas bougé de sa table de nuit et la seule fois où elle avait décidé de l'ouvrir, ce qu'elle s'était promis de ne plus jamais faire, un cri perçant lui avait assourdi les tympans.

Un coup à la porte les fit tous les deux sursauter. Hagrid se leva et Crockdur gémit de peur en allant se cacher sous le canapé.

A l'entrée se tenait Olympe Maxime, la directrice de Beauxbâtons, accompagnée de deux filles qui jetaient des coups d'œil curieux à l'intérieur de la hutte.

Daesyn posa tranquillement sa tasse sur la table et se leva. Elle attrapa sa cape et l'attacha correctement autour de cou avec une broche, puis enfila son écharpe rouge et or.

"Bonsoir Hagrid!" Dit Mme Maxime, qui ne l'avait pas remarquée. "Mes chevaux ont besoin de plus d'alcool!"

"Au revoir Hagrid, je reviendrai prendre le thé avec toi bientôt! Mme Maxime." Avec un signe de tête poli, elle se détourna de la cabane et rebroussa chemin.

Le vent semblait encore plus violent que tout à l'heure. Il la poussait et la tirait de tout les côtés, et elle dût mettre une main devant ses yeux pour voir où elle avançait. Les pirouettes de flocons qui tombaient du ciel ainsi que le manque de lumière ne lui facilitèrent pas la tâche.

Sous cette tempête troublante, elle regagna le château prudemment et ce ne fut qu'une fois à l'intérieur qu'elle remarqua qu'elle était gelée jusqu'aux os. Daesyn se souvint soudainement des crêpes dans sa cape et les sortit de là, soulagée de voir qu'elles n'étaient pas du tout abîmées.

Son vêtement sur le bras, elle grimpa sans se presser les marches qui menaient à la tour Gryffondor, ne râlant même pas lorsqu'elle eut besoin de faire demi-tour à cause des escaliers capricieux, et profitant plutôt de la vie calme et silencieuse du château presque vide. La sorcière mordit une nouvelle fois dans sa crêpe miraculeusement encore chaude et soupira de contentement.

En donnant le mot de passe au portrait, qui pivota instantanément, Daesyn se retourna avec suspicion. Elle avait entendu des bruits de pas derrière elle mais lorsqu'elle chercha le ou la fautive, le couloir apparut comme désert. La jeune femme resta encore un peu puis se glissa dans la salle commune bruyante, sans repenser à l'étrange phénomène.

Pour la première fois depuis qu'elle était entrée à Poudlard, la totalité des élèves au dessus de la quatrième année restait pour les vacances de Noël. En temps normal, Daesyn était presque seule dans le château mais elle se plaisait à errer dans les couloirs, pour découvrir de nouveaux passages secrets à ajouter à la Carte du Maraudeur.

Le samedi matin, Daesyn se leva la première de toute la tour et fourra dans son sac tout ses devoirs à faire pour la rentrée. Elle savait, se connaissant, qu'elle oublierait de les faire si elle les laissait traîner trop longtemps.

Tranquillement, elle se dirigea vers la Grande Salle complètement vide à l'exception du professeur Dumbledore qui lui fit un petit signe de la main à son arrivée. Elle le lui retourna avec un sourire, et ramassa plusieurs pancakes, crêpes et scones qu'elle mit dans une boîte. Sans prendre la peine de s'asseoir, elle se remplit un grand verre de jus de citrouille qu'elle but d'un trait, avant de repartir direction la bibliothèque.

Sur le chemin, elle croisa Miss Teigne poursuivie par Rusard qui était étrangement couvert de plumes jaunes. Daesyn étouffa un rire en pensant aux crèmes canari que Fred et George avaient inventées. Beaucoup de Gryffondor s'étaient transformés en poussins fluo après avoir mangé ce que les jumeaux leur avaient généreusement proposé.

La métamorphomage entra dans la bibliothèque vide et s'installa tout au fond sur une longue table poussiéreuse. Elle y déposa ses affaires et s'infiltra dans les rayonnages, attrapant de temps en temps un manuscrit épais.

Daesyn sourit en voyant qu'elle avait rassemblé toutes les ressources nécessaires à la confection de son essai de métamorphose et équilibra les cinq livres, assez lourds, dans ses bras.

Arrivée à sa table, elle se figea et fronça le nez. Ses cheveux prirent une teinte bleue confuse et elle pencha la tête sur le côté, pensant pouvoir voir le visage de l'intrus sous cet angle.

Elle avait décidé de ne plus cacher sa métamorphomagie. C'était inutile puisque toute l'école était maintenant au courant à cause de la première Tâche. Et si elle avait préféré garder ce fait pour elle afin de s'en servir contre ses ennemis, comprendre Voldemort, ce serait devenu impossible.

Daesyn ne bougea pas même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Les livres pesaient leur poids et ses bras devenaient plutôt fatigués.

Elle observa la personne, l'homme, qui s'était installé à sa table. Elle regarda ensuite la bibliothèque et confirma son hypothèse.

Elle était vide.

Alors que faisait ce fichu garçon ici?! Hurla-t-elle dans sa tête, osant finalement mettre un pied devant l'autre.

Elle s'assit doucement sur le banc en face du garçon et continua à le regarder en clignant des yeux comme un hibou.

Le garçon, qui n'était pas tout à fait un garçon mais plus comme un homme, écrivait dans une langue qui lui était inconnue sur un bout de parchemin. Sa tête était penchée sur le côté et elle pouvait deviner ses yeux attentifs fixés sur les mots qu'il écrivait. Ses cheveux étaient un mélange entre le brun et le caramel, sa peau était légèrement bronzée, un fait étrange quand on voyait le temps capricieux digne de l'Ecosse.

Il termina finalement sa tâche et releva la tête, lui permettant de découvrir le reste de son visage. Ses yeux étaient d'un noir profond, ses traits étaient assez durs mais adoucis par le sourire qui ornait ses lèvres fines.

La sorcière ne baissa pas les yeux, perplexe. Les gens ne s'asseyaient pas à sa table et lorsque la bibliothèque était bondée, ils trouvaient le moyen de s'empiler à côté des autres mais faisaient absolument tout pour l'éviter.

Et lui, il lui souriait. C'était une personne étrange, décida-t-elle dans sa tête.

"Bonjour," dit-il, interrompant brusquement le fil de ses pensées à cause de son accent bulgare assez épais. "Ilya Vladislav." Se présenta-t-il en faisant de son mieux pour se faire comprendre.

Elle cligna encore un peu des yeux et changea ses cheveux en noir. Elle vit le garçon suivre le changement de couleur avec amusement puis la regarder dans l'expectative. "Daesyn Potter." Dit-elle à son tour.

Son sourire devint encore plus large. "J'ai entendu ta conversation avec tes amis hier," commença-t-il en pliant soigneusement sa lettre, "tu as besoin de quelqu'un pour le bal n'est-ce pas?"

"Oui," dit-elle lentement en le regardant avec prudence.

"Je n'ai moi-même personne avec qui y aller," déclara Ilya en croisant les mains sur la table et se penchant un peu en avant, "alors Mademoiselle Potter, me ferez-vous l'honneur d'être ma partenaire au Bal de Noël?" La demande était polie et respectueuse et Daesyn ne put s'empêcher de lâcher un petit rire incrédule.

"Tu sais que tu devras ouvrir le bal?" Demanda-t-elle.

"Oui mademoiselle." Acquiesça-t-il, son sourire ne tombant jamais.

"Alors," continua-t-elle en tirant un peu le mot, "je serai heureuse d'être ta partenaire pour le bal." Sourit-elle. Etonnamment, elle lui faisait confiance et ne sentait pas le besoin de le connaître comme elle connaissait Fred et George pour être à l'aise. Il avait l'air plutôt sympathique mais un problème subsistait encore…

"Tu sais danser?" Demanda-t-elle avec brusquerie.

"Bien sûr." Vint la réponse rapide.

"Et bien je suppose que tu devras m'apprendre," déclara la jeune femme sincèrement.

Ilya rigola un peu. "Aucun problème mademoiselle."

"Oui bon, appelle-moi Daesyn parce que je te détesterai si tu continues à dire mademoiselle." Marmonna-t-elle en ouvrant ses bouquins et se mettant au travail.

"Où habites-tu?" Finit-elle par demander tout en continuant sa lecture. La sorcière aimait être au calme, mais pas trop longtemps quand même. En plus elle pouvait parler et travailler, ça ne lui posait aucun problème. Au détriment des autres parfois.

"Lom, frontière avec la Roumanie. " Répondit-il.

"Hmm," elle mâchonna le bout de sa plume avant d'ajouter une nouvelle phrase à son essai, "tu vis avec ta famille?"

"C'est un interrogatoire?" Demanda Ilya en souriant, mais il répondit quand même. "Oui, mes parents, mon frère et ma sœur aîné et mon plus jeune frère." Il trébuchait parfois sur les mots et son accent les déformait un peu mais elle trouvait le tout très compréhensible.

"J'aurais aimé avoir une grande famille," confia-t-elle en levant la tête vers lui, qui la regardait curieusement. "Comme les Weasley," ajouta-t-elle affectueusement. "Je vis avec la sœur de ma mère adoptive, son mari et leur fils. Je ne les apprécie pas beaucoup." La révélation était un bel euphémisme.

"Weasley?" reprit-il.

"Oui!" Elle entendit un bruyant chhhuuutt! De l'autre côté de la bibliothèque, envoyé par Mme Pince. "Ils sont neuf en tout," expliqua-t-elle joyeusement en baissant la voix. "Bien sûr, il y a Mr et Mme Weasley, Bill, Charlie, Percy, Fred et George, ce sont des jumeaux, Ronald et enfin Ginny, c'est la seule fille."

"Dis-moi," continua-t-elle, "pourquoi m'avoir choisi moi? Poudlard regorge de filles qui auraient accepté ta demande." Elle se retrouva à grimacer devant le brusque changement de sujet. Parfois sa bouche s'ouvrait contre son gré.

Ilya sembla choisir ses mots avec soin. "Ils disent beaucoup de choses à propos de toi, les Britanniques. Dans mon pays aussi. Mais personne ou peu de gens, semblent te connaître au-delà de ta célébrité. C'était l'occasion?" Proposa-t-il en la regardant prudemment.

"D'accord," Sourit-elle, un peu étonnée que son nom soit connu jusqu'à l'autre bout du monde.

Ils se replongèrent dans un silence apaisant et elle rebaissa les yeux sur sa dissertation terminée de métamorphose. Elle la déposa à l'intérieur de son sac et sortit le sujet de Sortilège. De tous ses professeurs, Flitwick était son préféré. Le petit homme animait sa classe joyeusement et arrivait sans peine à attirer l'attention de tout le monde sans faire beaucoup d'efforts. Toujours de bonne humeur, ses explications étaient simples et claires, permettant même à l'élève le moins doué de réussir.

"Pourquoi les sorciers de Poudlard ne semblent pas t'aimer?" Hésita Ilya, lui laissant relever la tête une fois de plus.

"Et bien…" Elle se concentra à nouveau sur le sujet et compléta plusieurs phrases. "Connais-tu le principe des maisons?"

"Pas vraiment." La jeune femme soupira et reposa sa plume sur la table. Des flashs de souvenirs colorés s'animèrent dans sa tête et elle se retrouva sans mal, à raconter sa première nuit à Poudlard.

Daesyn observa avec fascination le ciel étoilé au-dessus de sa tête. La magie pouvait faire tellement de choses. Derrière elle, Hermione Granger parlait des douze utilisations du sang de dragon. La fille pouvait être autoritaire et agaçante, mais son intelligence l'intriguait. Peut-être pourrait-elle s'en faire une partenaire d'étude?

La Grande Salle était bondée et à cause de sa petite taille, elle avait remarqué qu'elle était l'une des plus petites, elle arrivait avec peine à voir toutes les têtes curieuses qui les observaient. Toutefois, la petite fille put remarquer les joyeux Gred et Forge, qui lui firent un petit signe de la main en la voyant. Elle le retourna avec un sourire heureux et se concentra sur le Choixpeau devant elle.

"J'aurais dû savoir que ce n'était pas un Troll…" Grommela Ron, le petit frère des jumeaux. Il était venu s'installer dans son compartiment et elle l'avait trouvé assez enfantin.

Avec peine, elle se retint de prendre la couleur d'un arc-en-ciel. Pétunia lui avait toujours rabâché de ne pas changer de forme, parfois- souvent à l'aide d'une bonne claque sur sa joue.

"Daesyn Potter." Encore une fois, la petite fille aux cheveux hésitant entre le blond et le caramel s'étonna des réactions des autres. Des chuchotements excités parcouraient la pièce, et les cous se tordaient pour tenter de l'apercevoir. Elle les trouvait un peu excessifs.

Elle sautilla jusqu'au tabouret, ne se souciant pas du silence qui régnait dans la Grande Salle.

"Oh, mais qui avons-nous là…Daesyn Potter." La voix dans sa tête la fit presque sursauter et elle se renfrogna de mécontentement.

"Pas la peine de faire la moue jeune fille," rigola le Choixpeau, "tous vos secrets sont bien gardés avec moi."

"Mmh, grande intelligence, curiosité, je vois… Mais pas Serdaigle, non, s'informer non pas pour la connaissance mais plutôt pour se servir de cette connaissance. Poufsouffle? Non absolument pas… Serpentard, oui, de l'ambition, de la ruse, tu as un chemin tout tracé devant toi… alors ce sera Serpent-"

"Non pas Serpentard!" Hurla-t-elle dans sa tête.

"Pas Serpentard? Mon enfant, j'ai déjà-"

"Pas Serpentard." Affirma-t-elle d'une voix forte. "Qui soupçonnerait un serpent chez les Gryffondor?"

"Gryffondor"

Daesyn retira le vieux chapeau et se dirigea vers la table des Lions. Aucun bruit n'interrompit le silence interloqué qui avait pris place dans la pièce. Elle résista à l'envie de se métamorphoser une fois de plus.

Les jumeaux roux, qui ne se souciaient apparemment pas des apparences, se mirent à siffler bruyamment et à applaudir. Ils lui firent signe de s'installer entre eux et regardèrent le professeur McGonagall, qui reprit ses esprits et continua l'appel.

Ilya la regarda avec incrédulité, avant d'éclater de rire. "Tu ne fais donc jamais les choses comme tout le monde!?"

"Non, c'est ennuyeux," rit-elle avec lui.

A présent, la neige tombait drue dans le parc. Les gros flocons masquaient la vue sur le carrosse bleu pâle de Beauxbâtons, qui ne semblait pas très accueillant par ces froides températures. Le bateau de Durmstrang quant à lui, était recouvert d'une solide couche de givre.

"Mais enfin, ce n'est pas si compliqué!" Tempéra Ilya alors qu'il lui enseignait, ou plutôt essayait de lui apprendre à danser. Elle avait une nouvelle fois trébuchée sur ses propres pieds, et pestait maintenant sur l'inutilité de la danse.

Daesyn avait débuté ses cours en début de semaine et Ilya, d'une patience remarquable, tentait depuis de lui enseigner l'art de la valse. Fred et George avaient eux aussi essayé de lui apprendre, sans succès. Lorsqu'ils furent pris d'un nouveau fou rire après l'un de ses faux pas, elle leur lança un sortilège cinglant qui les fit déguerpir plus vite qu'elle ne l'avait jamais vu.

"Bien sûr que si! Comment veux-tu que j'ouvre le Bal si je ne peux même pas aligner deux pas!" Maugréa-t-elle, de très mauvaise humeur. Ses pieds la torturaient après les nombreuses heures passées à tourner en rond pour pas grand-chose et elle était certaine qu'elle aurait bientôt des ampoules. De plus, le bal était dans deux jours et il fallait absolument qu'elle sache danser d'ici là.

"Ecoute, tu veux trop prendre le contrôle. Laisse-moi te guider, c'est mon rôle normalement," fit-il remarquer avec un brin d'amusement.

Elle pinça les lèvres et ses joues prirent une délicate teinte rose en voyant que c'était vrai. "D'accord, on recommence."

Pour la énième fois, il posa sa main sur sa taille et prit sa main dans la sienne. D'un coup de baguette, l'orchestre recommença à jouer et embauma la pièce d'une valse agréable à écouter. Daesyn se détendit et releva la tête vers Ilya.

Doucement, elle se laissa guider par son ami, résistant à l'envie de prendre le contrôle. Il s'avéra que c'était bien plus simple de suivre les pas d'Ilya sans réfléchir. Ils dansèrent dans le silence jusqu'à ce qu'elle se prenne les pieds dans ceux du plus âgé.

"On peut dire que c'était mieux," commenta-t-il en l'aidant à se redresser. "Néanmoins, je t'assure que tu es la pire danseuse que j'ai pu voir."

Daesyn le regarda un instant, bouche-bée, avant qu'elle ne se ressaisisse et le pousse de son épaule. Il recula d'un pas, déstabilisé et rigola à pleine voix. Elle avait terminé avec la danse pour aujourd'hui et elle pensait sincèrement avoir mérité un goûter.

"Je vais aux cuisines, tu viens?" Demanda-t-elle en retirant ses chaussures. Elle se massa distraitement les pieds et soupira d'aise en les laissant goûter à la froideur des carrelages du château.

"J'arrive," dit-il, courant derrière elle pour la rattraper.

Ils étaient presque arrivés aux cuisines lorsqu'un hibou fonça sur la jeune femme, la faisant presque trébucher. Une lettre qui avait pris la pluie ou la neige pendait mollement à sa patte, ainsi qu'un colis bien emballé. L'oiseau partit vers la volière dès qu'elle détacha ses paquets.

Daesyn secoua le parchemin entre ses doigts, espérant qu'il sèche un peu. Elle était certaine que la lettre venait de son parrain. Le colis n'était cependant pas attendu

Un des amis bulgare d'Ilya vint discuter avec lui, permettant à la métamorphomage de lire la lettre tranquillement.

Daesyn,

Comment te portes-tu ? Je suis fier de toi. Ton plan était remarquablement intelligent et le Seigneur des Ténèbres doit être assez mécontent de savoir que tu as réussi.

Mais c'était seulement la première tâche. Reste vigilante à l'occasion des deux prochaines. Je n'ai pas beaucoup de temps, j'attends ta prochaine lettre avec impatience. Préviens-moi de quoi que ce soit d'inhabituel.

P.S. : Je t'envoie l'un de tes cadeaux de Noël. Ouvre-le lorsque tu seras seule.

Ton parrain.

Les sonorités du bulgare s'éteignirent à quelques pas d'elle et la jeune femme plia la note dans la cape de sa robe. Elle rétrécit le paquet à l'aide d'un Reducto et le glissa dans une autre ses poches.

"Alors on va le prendre, ce goûter?" Dit Ilya malicieusement, les quelques restes de bulgare traînant sur ses mots.

"On y va!" Répondit-elle joyeusement.


Chronologie:

31 juillet 2000 Naissance de Daesyn Edith Barton.

Septembre 2011- juin 2014 Début de la 1ère année- fin de la 3ème année de Daesyn.

31 Octobre 2014 Le nom de Daesyn sort de la Coupe de Feu

24 Novembre 2014 1ère Tâche