Avertissements: auto-mutilation (léger.)
Rien de Marvel-HP est à moi.
"Alors?!" Daesyn sursauta. Lee s'était assis en face d'elle et rebondissait presque sur le banc dans une excitation enfantine
"Alors quoi?" Demanda-t-elle en glissant une mèche de cheveux bouclés derrière son oreille.
"Bah, hâte d'être ce soir," le garçon à la peau sombre retomba sur son siège, déçu par son manque d'enthousiasme.
La sorcière haussa les épaules. "Ce soir, pas vraiment. Hâte que ce soit fini, oui." Elle se servit une cuillerée de porridge et l'avala avidement. Elle avait l'impression que son rêve avec Voldemort jouerait un rôle crucial dans les évènements de ce soir et non pas pour son plus grand plaisir.
Lee souffla bruyamment et appuya ses coudes sur la table. "N'empêche que c'est bientôt fini et qu'après, tu auras une vie normale." Bouda-t-il.
Daesyn éclata d'un rire sonore qui attira quelques regards décontenancés de la part de leurs compatriotes Gryffondor. "Une vie normale? Tu es sérieux?! Je finis ce Tournoi et direct, d'autre chose va me tomber sur la tête."
"Tu es un aimant à ennuis." Déclara-t-il, mais avant qu'il ne puisse en dire plus, une voix avec un accent écossais distinctif l'interrompit.
"Mademoiselle Potter. Les familles des champions ont été invitées pour la dernière tâche. Allez, venez-donc, on vous attend!" McGonagall la toisa de toute sa taille et lui fit un signe empressé de la main.
Daesyn échangea un regard incrédule avec Lee, qui fixait leur cheffe de maison, bouche-bée. Il était impossible que les Dursley soient venus à Poudlard. Même sous la torture, ils préféreraient rester dans leur petite maison normale, dans leur petit quartier normal de Privet Drive. Jamais les Dursley ne prenaient la peine de demander de ses nouvelles alors se déplacer? Improbable.
Toutefois, la jeune femme se leva de mauvaise grâce et suivit McGonagall à travers l'école. Le brouhaha excité des élèves disparut peu à peu, leurs discussions et hypothèses farfelues s'évanouissant dans le dédale des couloirs. Elles arrivèrent bientôt devant une porte qui renfermait derrière elle les familles des champions. McGonagall la poussa à l'intérieur pour qu'elle puisse découvrir qui était venu la voir.
La sorcière fut tout de suite assaillie par l'atmosphère envoûtante qui y régnait. La plupart étaient ravis de revoir les membres de leur famille. Blondinette tout près de la porte, discutait avec une dame à l'apparence noble qui tenait une petite fille par la main. Avec surprise, la française lui épargna son regard méprisant habituel et détourna plutôt son regard honteux. A quelques pas se tenaient Viktor Krum et ses propres parents. L'expression fade et taciturne avait laissé place à une façade joviale qu'elle ne l'avait vu porter seulement lors du Bal, avec Luna. Il paraissait évident qu'il avait hérité des traits fortement marqués de son paternel mais sa minceur provenait sans aucun doute de sa mère.
Son regard fut finalement attiré par Cédric qui avait l'air plus mal à l'aise que jamais. Il était flagrant qu'il se retenait de rebondir sur ses talons au même rythme que celui du tic-tac de l'horloge. Amos Diggory un doigt pointé sur son visage, semblait être en train de le sermonner, sans s'apercevoir qu'il n'écoutait pas un mot. Sa mère quant à elle, aurait pu à ses yeux paraître douce et sage si le regard méprisant envers son fils unique ne la rendait pas aussi cruelle.
Le Poufsouffle attrapa finalement son regard et elle envoya un sourire qui se voulait encourageant.
"Ça fait plaisir de te voir petit dragon!" Daesyn se retourna vivement alors que ses yeux bleus s'illuminaient de joie.
"Bill!" Elle sauta dans les bras de l'aîné Weasley avant qu'un petit rire ne détourne son attention. "Remus!" S'écria-t-elle à nouveau, de plus en plus surprise. Elle se sentait idiote d'avoir osé même penser que les Dursley viendraient à Poudlard. Ils la détestaient.
"Bon sang, ça fait un petit moment que je ne suis pas revenu!" Dit Bill, les mains sur les hanches.
"Et si on allait faire un tour?" Proposa Remus en posant une main sur son dos. Il la poussa dehors avant qu'Amos Diggory ne puisse lui faire une scène qui se serait terminée en bain de sang.
"Est-ce qu'on a des nouvelles de cette sorcière disparue au début de l'été?" Demanda-t-elle subitement à la grande surprise des plus âgés, une fois certaine qu'il n'y avait pas d'oreilles indiscrètes.
"Tu t'intéresses à ça toi maintenant?" S'étonna le loup-garou en tournant son regard ambré vers le Saule Cogneur.
Elle haussa nonchalamment les épaules. "Je me posais la question. Mme Weasley ne pouvait pas venir?" Enchaîna-t-elle.
L'air coupable sur le visage de Bill le trahit. "Ah. Elle lit Sorcière Hebdo."
"Elle l'achète pour ses recettes de cuisine." Confirma-t-il d'un ton morne.
"Oh." Sa voix contenait une petite quantité de déception. Bien qu'elle soit plus proche de Mr Weasley, elle avait apprécié la matrone lors de ses voyages au Terrier.
Le reste de la matinée fut néanmoins agréable en compagnie de Remus et Bill. Les éclats de rire les poursuivaient le long de leur promenade dans le parc, entrecoupés d'anecdotes amusantes de son parrain sur les nombreuses farces des Maraudeurs tout au long de leur scolarité. La distraction était telle, qu'elle en avait presque oublié la Tâche qui l'attendait le soir même.
Cependant, lorsque les cloches sonnèrent le dîner et qu'ils durent se diriger vers la Grande Salle, une étrange nervosité prit place au creux de son estomac et rendit son expression auparavant enjouée, stoïque. Remus fit de son mieux pour la guider parmi la foule compacte vers des places de libres à la table des Gryffondor.
Daesyn n'avait jamais vu la Grande Salle aussi animée. Même pas lors de l'annonce du Tournoi, la première ou la seconde tâche. Tout lui semblait plus grand, plus gros, plus assourdissant et en quelque sorte, cela la rendait plutôt malade. On aurait dit que tous s'étaient mis d'accord pour faire un maximum de bruit possible ce soir. Le cliquetis des fourchettes contre les assiettes, les hypothèses, discussions, cris, hurlements gais les enveloppaient sans demander quelconque avis.
Encore une fois, les elfes de maison avaient mis le paquet sur la nourriture. Des plats raffinés s'étendaient de bout en bout des tables, qui gémissaient presque sous le poids qui en découlait. Tout était pensé pour impressionner leurs invités.
A la table des professeurs s'étaient installés Ludo Verpey, le visage aussi expressif qu'à l'ordinaire et Cornélius Fudge, ministre de la Magie. Ce dernier avait l'air au contraire maussade voire inquiet. Daesyn ne chercha pas pourquoi. Elle n'aimait pas beaucoup les politiciens qu'elle considérait tous comme des personnes avides qui se présentaient aux élections seulement pour leur propre bénéfice.
Trop tôt à son goût, Dumbledore se leva et la Grande Salle plongea dans le silence. "Mesdames, mesdemoiselles, messieurs. Dans cinq minutes, je vous demanderai de vous rendre sur le terrain de Quidditch, pour assister à la troisième et dernière tâche du tournoi des Trois Sorciers. Les champions sont priés de suivre Mr Verpey qui les accompagnera sur place." Immédiatement, une myriade de murmures contamina la pièce. Daesyn quitta le banc de la table Gryffondor, salua Bill et Remus puis rejoint Verpey qui les attendait près des portes à double battant.
Sur le chemin, elle tenta de commencer une discussion légère avec Cédric qui paraissait plus tendu que lors des précédentes épreuves. Leurs banalités ne se prolongèrent pas longtemps car ils eurent vite fait de se retrouver sur le lieu de la troisième tâche.
Le terrain de Quidditch lui était méconnaissable. Les haies dépassaient les six mètres de haut et projetaient sur leur corps des ombres obscures. L'accès se faisait par un unique chemin étroit à l'aspect sombre et effrayant.
Ils arrivèrent au centre d'une petite étendue d'herbe verte qui menait à l'entrée du labyrinthe. Bientôt, le martèlement des pas de la foule se fit entendre contre le bois des tribunes. Alors que le ciel s'assombrissait de plus en plus, faisant disparaître complètement les dernières nuances de rouge et d'orange, Hagrid accompagné des professeurs Flitwick, McGonagall et Maugrey surgirent à leur tour de l'unique entrée et se dirigèrent vers eux d'un pas déterminé.
"Nous allons patrouiller autour du labyrinthe." Dit d'emblée le professeur McGonagall. "Si vous vous trouvez en quelconque difficulté et que vous souhaitez être secouru, envoyez des étincelles rouges. L'un de nous viendra vous chercher."
Ils acquiescèrent tous d'un signe de tête. Verpey sortit sa baguette et la pointa sur sa gorge en murmurant, "Sonorus".
Sa voix magiquement amplifiée se répercuta sur toute la surface du stade. "Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la troisième et dernière tâche du Tournoi est sur le point de commencer!" Son ton naturellement jovial résonna parmi la foule. "Les Champions vont entrer chacun leur tour dans le labyrinthe, en fonction du nombre de points qu'ils ont gagné lors des précédentes tâches! Ex-æquo, se trouvent Cédric Diggory et Daesyn Potter de Poudlard, à 85 points chacun!" La foule hurla des encouragements incompréhensibles à leur intention. La sorcière aperçut la chevelure rouge flamme de Bill dans la foule et elle s'empressa de lui faire un signe de la main auquel il répondit avec enthousiasme.
"En troisième place, Viktor Krum de l'institut Durmstrang avec 80 points! Et en quatrième position, Mademoiselle Fleur Delacour de l'académie de Beauxbâtons!" Des applaudissements, bien que plus modérés que pour Poudlard, retentirent dans les tribunes. "A mon coup de sifflet!"
Daesyn suivit Cédric à l'entrée du labyrinthe. L'adolescente retint fermement sa baguette entre ses doigts, prête à l'utiliser en cas de besoin. Verpey donna finalement un bref coup de sifflet et ils entrèrent à l'unisson dans le labyrinthe.
Comme enchantées, au bout de seulement quelques mètres, les haies absorbèrent derrière eux tous les bruits de la foule, les laissant dans un silence plat, désolé. Peu rassurée par cette atmosphère décourageante, Daesyn observa l'obscurité qui régnait en maître sur le labyrinthe. Elle avait l'impression désagréable d'être de retour dans le Lac où tout était sombre et mystérieux.
L'adolescente s'empressa de murmurer un Lumos et observa la boule de lumière argentée au bout de sa baguette éclaircir quelque peu le chemin. Le ciel était à présent parsemé d'étoiles qui n'étaient pas assez brillantes pour les aider à se guider à travers l'obscurité impénétrable.
Ils arrivèrent finalement à une bifurcation. Daesyn s'arrêta et regarda Cédric, qui la regardait à son tour dans l'expectative. "On se voit plus tard?" Proposa-t-elle, refusant d'accepter qu'au fond d'elle, elle n'avait pas très envie de rester seule. A son grand accablement, il approuva d'un signe de tête et prit sur la droite sans un autre mot.
Daesyn lâcha un soupir et prit à son tour sur la gauche. Le sentiment agaçant d'être observé la titillait et elle avait à peine fait trente mètres qu'elle avait mal au cou à force de se retourner pour regarder par-dessus son épaule. Entretemps, un second coup de sifflet avait retenti, annonçant l'entrée de Viktor dans le labyrinthe.
La sorcière continua à marcher sur le chemin désert, l'herbe humide émettant un couinement désagréable sous ses pieds. Le ciel avait viré au bleu marine et une faible couche de nuage cachait désormais les étoiles, obscurcissant encore plus le labyrinthe. Un troisième coup de sifflet retentit. Blondinette était entrée.
L'absence totale d'obstacle l'irritait profondément. A nouveau, elle eut l'impression d'avoir replongé au fond du Lac.
Daesyn usa du sortilège de boussole pour éviter de partir dans la mauvaise direction. La voie qui s'ouvrit à elle était encore une fois libre et la mit mal à l'aise. Un bruissement violent la fit faire volte-face. Un étroit passage entre deux haies, qu'elle n'avait pas vu auparavant, laissa sortir Cédric. Sa manche de robe fumait et ses cheveux noirs étaient aussi ébouriffés que s'il était passé dans un ouragan.
"Bon sang! Il leur a donné quoi Hagrid à ses Scroutts? " Jura-t-il avec des yeux hagards. Avant qu'elle ne puisse lui donner de réponse, il repartit au pas de course, pressé de mettre le plus de distance que possible entre lui et les créatures.
La Gryffondor bifurqua encore plusieurs fois en prononçant régulièrement la formule de la boussole, décidée à passer peu de temps dans cet étrange labyrinthe. Elle venait de rebrousser chemin lorsqu'un râle distinctif la figea instantanément. Un détraqueur, bête monstrueuse qui absorbait toute joie de vivre, se guidait à ses souvenirs heureux pour l'approcher et aspirer son âme. Daesyn sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale et des sueurs froides apparaître sur son front. Une longue cape en lambeaux claquant au vent, des mains en décomposition tendues vers elle, une respiration rauque et sifflante, le détraqueur était la chose la plus horrible qu'elle ait pu voir chez les sorciers.
La jeune femme tendit sa baguette et pensa à quelque chose qui la rendrait réellement heureuse en ce moment même. Contrairement à la dernière fois, ce n'était pas ses parents adoptifs qui lui venaient à l'esprit, mais plutôt le fait de savoir que quelque part dans le monde, une personne l'avait aimée et chérie.
"Spero Patronum!"Cria-t-elle. Un long filet argenté sortit de la baguette et se transforma en une réplique exacte de panthère, qui glissa sur le sol et attaqua sa proie. Daesyn regarda son Patronus foncer sur le Détraqueur, qui trébucha en rencontrant la personnification même de l'espoir.
Elle fronça les sourcils à la créature. Un détraqueur ne trébuchait pas. "Riddikulus!" essaya-t-elle. Un nouveau jet de lumière se dirigea vers le prétendu détraqueur et le fit disparaître. Daesyn resta immobile plusieurs secondes, la baguette levée, attendant l'arrivée d'une autre menace. Voyant que rien ne se produisait, elle relâcha peu à peu ses muscles tendus et fixa son Patronus qui disparaissait lentement. Son absence accrut la noirceur autour d'elle et elle en vint à regretter son départ.
Soudainement, un hurlement déchira l'air. Daesyn sursauta. Cela avait été proche. Elle attendit en regardant le ciel, notant le manque d'étincelles rouges. Et si la candidate de Beauxbâtons n'avait pas eu le temps de lancer le sortilège?
La Gryffondor recommença à marcher, sans oublier de lancer le sortilège de boussole pour voir si elle était toujours direction nord-ouest à chaque bifurcation. Son ombre tremblotant au rythme de sa course, projetait à ses côtés de nouvelles formes plus monstrueuses les unes que les autres. Son Patronus, qu'elle avait reformé, courait gracieusement le long du sentier et l'éclairait d'une réconfortante lumière bleutée.
Elle s'arrêta subitement quand un Scrout à Pétard se dressa devant elle. Cédric avait eu raison. Ils étaient énormes. De plus de trois mètres de long, le long dard menaçant recourbé sur leur dos, leur carapace épaisse, ils ressemblaient à des scorpions géants en beaucoup plus…volumineux.
Elle se détourna de lui et s'apprêta à rebrousser chemin mais le sentier n'était plus visible entre les haies. En vérité, elle était coincée entre quatre épais buissons avec le Scrout. Elle pointa sur sa baguette sur la bête désormais proche et cria. "Stupéfix!" Mais le sortilège ne fit que rebondir sur la carapace et lui frôla la tête.
Son dard à quelques centimètres du corps, Daesyn retenta sa chance. "Stupéfix! Stupéfix! Impedimenta!" Le dernier jet de couleur atteignit le ventre du Scrout, qui s'effondra sur le sol avec un bruit dégoûtant.
Daesyn se releva précipitamment et se glissa le long du nouveau couloir apparu entre deux haies. Elle courut le plus vite possible pour mettre de la distance entre elle et la créature, comme l'avait fait le Poufsouffle plus tôt. Elle ne s'arrêta qu'arrivée à une autre bifurcation et s'apprêta à lancer un nouveau pointe moi le nord quand des exclamations retentirent.
"Qu'est-ce que tu fais? Hé!" La voix de Cédric retentit à proximité de sa position.
Un hurlement déchira l'air et lui glaça le sang. Cédric. Elle se précipita vers les cris ininterrompus qui se trouvaient juste de l'autre côté et pointa sa baguette sur la haie qui les séparait. "Incendio!" Une petite flamme surgit du bout de sa baguette, qu'elle plongea dans le buisson. Mais au contraire de ce qu'elle avait espéré, elles ne se propagèrent pas.
Daesyn se rappela subitement du registre animagi qu'elle avait consulté à la bibliothèque lors de ses recherches pour Skeeter. Elle était métamorphomage cela devait signifier qu'elle pouvait faire autre chose que changer ses gènes humains. La sorcière tourna ses yeux bleus sur son Patronus qui flottait à côté d'elle et disparaissait lentement, comme s'il avait compris ce qu'elle allait faire. En entendant les hurlements d'agonie de Cédric, elle ne prit plus la peine de réfléchir et pensa à se métamorphoser en panthère.
Ce fut un processus douloureux. Daesyn sentait craquer chaque os de son corps qui migrait pour changer de place, se configurait de manière à ce qu'elle ressemble à l'animal dans lequel elle désirait ardemment de se métamorphoser.
Lorsqu'elle rouvrit ses paupières, elle put distinguer le terrain aussi nettement qu'en plein jour. Elle fit un bond maladroit vers la haie et se glissa entre les branches épaisses pour arriver de l'autre côté. Daesyn ne prêta pas attention aux épines qui lui déchiraient le pelage ni aux nombreuses égratignures qui en résulteraient. La panthère se fraya un chemin dans la haie et surgit de l'autre côté.
Krum, le visage vide, pointait sa baguette sur Cédric qui se tordait de douleur sur le sol. Sans réfléchir, elle se jeta sur le bulgare inattentif et le mit à terre, rompant la malédiction. Un jet de lumière rouge frôla ses moustaches et fit tomber le sorcier une bonne fois pour toutes.
Daesyn se tourna vers Cédric dans l'intention de lui demander comment il allait, avant de se rappeler qu'elle n'en avait pas vraiment la possibilité quand une sorte de ronronnement sortit de sa bouche. Le visage pâle du Poufsouffle aurait pu lui paraître comique si justement, il n'avait pas été si pâle.
Les jambes tremblantes, la respiration haletante, la baguette pointée dans sa direction, il semblait sur le point de lui lancer à elle aussi une malédiction. Ni une, ni deux, Daesyn repensa à sa forme humaine et s'ensuivit le même changement douloureux que plusieurs minutes auparavant. La jeune femme se jura de ne pas recommencer l'opération avant très longtemps et s'ébroua, faisant voleter tout autour d'elle ses cheveux aussi noirs que la nuit.
Cédric avait cependant l'air d'être sur le point de s'évanouir. La sorcière ramassa sa baguette qu'elle avait glissée dans la poche de sa cape et fit quelques pas en avant.
"Ça va ?" Demanda-t-elle précipitamment.
"Je…euh…" bégaya-t-il en laissant tomber son bras. "Je ne savais pas que tu étais animagus."
"Moi non plus." Acquiesça-t-elle sous ses yeux ébahis. "Tu as entendu Blondinette tout à l'heure?"
"Oui. Moi qui pensais qu'il était loyal." Murmura-t-il entre ses dents. Il était encore visiblement secoué par la brutalité de leur concurrent ce qui était tout à fait compréhensible. Elle-même n'aurait pas pensé Krum capable d'utiliser un Impardonnable simplement pour gagner un Tournoi Scolaire. Comme quoi, tout le monde n'avait pas les mêmes priorités.
"Je le pensais aussi."
"Et si…on continuait? Je veux dire, nous sommes plus que tous les deux, et pour Poudlard alors…on aura plus de chances de ne pas mourir si on reste ensemble?" Cédric braqua ses yeux gris sur les siens.
Elle tira un sourire, le premier depuis qu'elle était entrée dans ce maudit labyrinthe. "Ouais, bonne idée. Allez, en route!"
Avec Cédric, tout avait l'air plus comme une promenade dans le parc ou plutôt, la Forêt Interdite. La présence rassurante de l'un et de l'autre diminuait la tension qu'ils éprouvaient entre ces étouffantes et innombrables rangées de feuillage, et ils purent même se mettre à rire de certaines de leurs anecdotes.
Les deux sorciers furent surpris lorsqu'une lumière dorée scintillante illumina leurs yeux. Devant eux se trouvait le Trophée, posé sur une pierre lisse. Daesyn arracha son regard de la Coupe et le posa sur Cédric, dont les yeux semblaient collés au prix final. La convoitise, le désir et le soulagement se manifestaient sur son visage et l'image de ses parents méprisants s'imposa à son esprit. La sorcière n'avait jamais eu l'envie de prendre cette coupe et savait qu'elle ne ferait aucun bien si elle la tenait. Il valait mieux que ce soit le plus âgé qui gagne ce Tournoi.
Peut-être que cela permettrait au monde sorcier de l'oublier un petit moment.
Daesyn n'eut néanmoins pas le temps d'y penser bien plus. Une forme imposante se jeta sur eux et renversa Cédric, qui perdit sa baguette et tomba à plat ventre dans l'herbe. Une araignée se dressait de toute sa gigantesque taille au-dessus de lui et s'apprêtait sans aucun doute, à le dévorer.
"Stupéfix!" Hurla-t-elle en dépit d'une autre idée. Cela eut l'effet escompté. L'araignée effrayante se tourna vers elle et prit le col de sa robe entre ses énormes pattes velues. Daesyn se débattit de toutes ses forces, balançant ses jambes vers les gros yeux de l'arachnide infect dans le but de le toucher.
Elle entendit vaguement Cédric crier un sortilège qui toucha l'araignée dans le ventre, au même moment où elle lançait son Petrificus Totalus. Déséquilibrée la bête la lâcha, à son plus grand soulagement pour elle qui avait vu ses mandibules de près, mais fit une chute de quatre mètres. Daesyn retomba sur sa jambe et sentit une décharge électrique lui parcourir la cheville, lui tirant une grimace de douleur.
Elle ignora sa jambe et s'agrippa à la haie pour se remettre debout puis observa Cédric qui avançait à grands pas vers elle. Le trophée les attendait toujours, posé tranquillement sur son piédestal, comme s'il avait quelconque importance.
Daesyn essaya de reposer son pied par terre puis renonça lorsque sa cheville céda sous son poids.
"Prends-le," dit-elle à Cédric. Le corps du Poufsouffle se tétanisa et resta planté à deux mètres d'elle, choqué.
"…Non. Tu le mérites autant que moi. Prends-le-toi." Daesyn pouvait voir ce que lui coûtaient les mots qu'il prononçait. Il connaissait les conséquences de sa défaite. Malheureusement pour lui, elle aussi, et la jeune femme n'allait certainement pas céder à toute cette mascarade.
"Justement, tu le mérites aussi, alors prends cette foutue chose." Relança-t-elle.
Il soupira et se tourna vers la douce lueur bleue qui éclairait les haies, avant de la regarder. Elle se demanda à quoi elle ressemblait pour que son visage prenne cette teinte inquiète qui avait pourtant disparue quelques temps auparavant.
"Tu es blessée! Laisse-moi regarder," il se précipita vers sa cheville et s'accroupit devant elle.
Daesyn le laissa faire avec confusion, avant de se souvenir que Cédric rêvait d'être Médicomage. Il avait sûrement dû étudier des livres sur la profession et en apprendre le plus possible sur ce que ses parents l'empêchaient de devenir.
"C'est juste foulé mais il vaut mieux mettre une attelle." Diagnostiqua le plus âgé en retirant la botte en peau de dragon qu'elle portait. Dans la pénombre, elle ne pouvait pas y voir grand-chose mais elle faisait confiance au jugement de Cédric. "Ferula." Elle retira son pied de ses mains et le reposa sur la terre ferme. La douleur était toujours là, mais au moins sa cheville ne tremblait plus autant.
"Bon, tu vas la chercher cette Coupe!?"
"Non!"
"D'accord, d'accord," Daesyn se pinça l'arrête du nez et soupira. "On la prend ensemble. Tu auras la gloire, l'argent, ce que j'ai déjà mais puisque tu insistes…-et feras dans une moindre mesure plaisir à tes géniteurs. Maintenant, on se bouge, ce labyrinthe a épuisé mon intellect."
Daesyn ne laissa pas à Cédric le temps de réfléchir. D'une poigne ferme, elle attrapa son bras et le traîna vers la Coupe éblouissante en claudiquant.
"A trois," dit-elle en tendant le bras vers le Trophée.
"Un, deux TROIS!"
Ils attrapèrent d'un même geste les anses de la Coupe, et la métamorphomage sentit distinctement la traction familière qu'elle avait désormais associée aux portoloins. Puis, au bout de ce qui lui semblait être des heures, Daesyn atterrit lourdement sur le sol.
L'endroit était désert. Désert dans le sens où il n'y avait pas de vie. Pas de chants d'oiseaux, pas de craquements de branche, pas même de vent. La Gryffondor observa les pierres tombales qui jonchaient la terre tout autour d'eux. Tout était mort.
Cédric vint à sa hauteur, sa baguette soigneusement dans sa main. "Je ne pense pas que nous soyons censés être ici." Avoua-t-il en baissant les yeux sur elle.
"Moi non plus." Chuchota-t-elle.
Soudain, sa cicatrice picota. Un frisson d'effroi lui parcourut le dos et elle fit quelques pas devant Cédric pour tenter de distinguer la silhouette qui venait d'apparaître. La douleur dans sa cicatrice devint si soudainement tellement insupportable, qu'elle trébucha en avant et ne dût son salut qu'au plus âgé, qui avait plongé pour la rattraper par le coude.
"Voldemort," murmura-t-elle en écarquillant les yeux. Le Poufsouffle haleta de choc en entendant le nom si terrifiant qu'il en était tabou. Daesyn eut la nette impression que sa tête allait se fendre en deux. Le monde n'était plus qu'un flou de couleurs et de formes indiscernables, la souffrance était trop forte pour qu'elle puisse tenter de réfléchir à un plan d'évasion. Voldemort, Voldemort, Voldemort, lui susurrait une voix écœurante à l'arrière de son esprit. L'Horcruxe, l'abomination en elle, reconnaissait son maître et tentait par tous les moyens de le rejoindre même si cela la conduisait à la mort.
De ses paupières entrouvertes, elle aperçut la lumière maladive du sortilège de la mort se figer au bout de la baguette de la silhouette. Daesyn n'avait pas besoin d'être totalement consciente pour comprendre ce qui allait se passer.
Une bourrasque se souleva autour d'elle, vent apporteur de mauvaises nouvelles.
Daesyn se jeta entre les filaments verts malsains et Cédric.
Elle se sentit tomber. Puis l'obscurité toute entière l'engloutit.
Cédric regarda avec incrédulité le corps de la plus jeune s'affaisser et rejoindre le sol dans un bruit sourd. Son esprit n'arrivait pas à traiter ce qu'il venait de voir et ses yeux se brouillaient sans qu'il ne comprenne pourquoi.
"Imbécile!" Rugit une voix blafarde. Le Poufsouffle frissonna. Daesyn avait dit que c'était Voldemort pendant qu'elle s'effondrait de douleur et il n'aurait jamais mis sa parole en doute. "Tu as de la chance que je n'ai besoin que de son sang." Grinça la voix.
"M-m-maître…et l'autre?"
"Il servira de distraction."
Le sang de Cédric se glaça mais avant qu'il ne puisse faire un geste vers la Coupe, proche, si proche de son bras, la silhouette masquée le poussa et l'attacha à la pierre tombale. Des cordes jaillirent de sa baguette et l'attachèrent solidement au tombeau glacial. Cédric se débattit, il essaya vraiment, mais les nœuds étaient bien trop serrés pour qu'il puisse faire quoi que ce soit d'autre que s'érafler les poignets. L'homme lui fourra un mouchoir noir dans la bouche, empêchant quelconque son de s'en échapper, avant de disparaître de son champ de vision, le laissant seul avec sa peur.
Cédric aurait presque préféré que l'ignoble sorcier lui bande les yeux. Au moins cela lui aurait permis de ne plus voir le visage si expressif de son amie, plus immobile qu'une statue de pierre. Les larmes lui montèrent aux coins des paupières et le brûlèrent lorsqu'elles roulèrent sur ses joues. Cédric hurla malgré le bâillon, hurla parce qu'il ne voulait pas de ces sanglots qui déchiraient sa gorge, hurla parce que tout était si injuste. Il était certain que l'on pouvait qualifier Daesyn de beaucoup de choses, mais immobile n'était pas un mot qui rentrait dans la liste.
Il pouvait nettement distinguer à la lueur bleue de la Coupe des Trois Sorciers, ses paupières fermées sur ces incroyables yeux bleus qui pétillaient avec tellement d'intensité qu'ils rivalisaient avec ceux du professeur Dumbledore. Sa cicatrice en forme d'éclair, étalée sur son front, se détachait dans l'obscurité et lui donnait l'impression qu'elle était plus pâle que dans ses souvenirs. Ses cheveux aussi noirs que la nuit traînaient dans la boue, formaient une auréole funeste autour de sa tête.
La mort ne l'avait jamais touché d'aussi près. Un frisson pénible remonta le long de ses bras douloureux et Cédric sanglota plus fort. Elle s'était jetée devant lui, elle s'était sacrifiée à sa place.
La réalisation le frappa comme une vague de tempête, chacune plus violente que la précédente, chacune d'entre elle emportant un peu plus sur son passage. Son visage était si serein. Elle avait été en paix avec sa propre mort. Il avait l'impression que rien ne pourrait arrêter ses sanglots, peu à peu transformés en lamentations pénibles ponctuées de hoquets déchirants. Son cœur était comme compressé entre deux mains qui le serraient, l'empoignaient jusqu'à l'implosion.
D'un coup, Cédric s'arrêta. Une unique larme coula sur sa joue et traça un nouveau sillon douloureux sur sa peau irritée. Elle avait accueilli la mort si sereinement. Il se revoyait âgé de quatre ans, mis au lit par sa gouvernante préférée, Maria. Elle lui avait raconté le conte des Trois Frères ce soir-là, et il se souvint très clairement de lui avoir demandé pourquoi le troisième frère avait-il fait un choix aussi idiot que de demander une cape, alors qu'il aurait pu tout avoir? Maria avait seulement souri et lui avait dit qu'un jour, s'il devenait un homme sage, il comprendrait.
Daesyn lui faisait penser au troisième frère. Elle avait été sage en acceptant de mourir.
Sauf qu'elle n'avait pas cent mais quatorze ans et n'avait même pas eu le temps de commencer à vivre.
A nouveau, ce sentiment d'injustice l'envahit, mêlé à de la trahison et enfin, de la culpabilité. Cette culpabilité du type de celle qui vous ronge l'estomac, comme un acide, celle qui ne vous laisse aucun répit. Et cette trahison poignante que Cédric ne pouvait pas comprendre. Il n'arrivait pas à trouver, ne savait pas s'il voulait, s'il pouvait, s'il avait le droit de trouver du soulagement dans son sacrifice innocent.
Entre temps, la silhouette avait ramené avec difficulté et souffrance un énorme chaudron de pierre, juste devant le socle de la tombe. Des flammes crépitaient à la surface de l'eau bouillonnante, une épaisse vapeur s'élevait dans la nuit noire, montrant à quel point la chaleur devait être intense.
En vérité, Cédric aurait dû avoir chaud mais étonnamment, il n'avait pas. Assez paradoxal, mais il n'arrivait pas à profiter du réconfort qu'aurait pu lui offrir ce besoin primitif. Il se sentait juste froid. Vide.
La cape qui masquait le visage du sorcier avait glissé dans son effort et laissait à sa vue ses traits peu attirants. Il avait une impression de déjà-vu qu'il n'arrivait pas à situer. Celui qu'il ne pouvait que supposer être un Mangemort approcha du paquet roulé en boule sur le sol et souleva ce qui était dedans.
Lorsqu'il se retourna, Cédric sentit le sang glisser de son visage.
On ne pouvait pas trouver plus éloigné du terme humain, que cette abomination. Entièrement couverte d'écailles, chauve, d'un noir rougeâtre ignoble, des membres graciles, un visage plat serpentin, elle donnait la nausée.
L'infâme la déposa dans le chaudron et Cédric se retrouva à prier pour que la chose meure. A sa grande horreur, le sorcier peu recommandable commença à psalmodier en agitant sa baguette au-dessus du chaudron de pierre.
"Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fasse renaître son fils!" Le jeune sorcier regarda la terre sous ses pieds se retourner et une fine poussière se soulever dans les airs, puis se diriger directement dans le chaudron. Le liquide prit une teinte bleu vif tandis que les étincelles se faisaient de plus en plus nombreuses.
"Que la chair du serviteur, donnée volontairement, fasse revivre son maître," le couinement piqua les oreilles de Cédric. Visiblement, le sorcier sanglotait. Le Poufsouffle observa avec une horreur croissante l'homme lever un couteau au-dessus de son poignet, puis l'abaisser violemment. Cédric ferma les yeux, mais cela ne l'empêcha pas d'entendre le son écœurant du moignon qui atterrissait dans le chaudron. Cette fois, il n'eut pas besoin de regarder pour savoir que le liquide était devenu rouge. Il pouvait facilement voir la lumière lui transpercer les paupières.
Désormais, le Mangemort sanglotait et il fut surpris de ne pas l'entendre trébucher sur ses mots. "Que le sang de l'ennemi ressuscite celui qui combat. " Cédric n'aurait pas eu besoin d'autre chose pour qu'il ouvre à nouveau les paupières. C'était la raison pour laquelle Daesyn devait participer au Tournoi. Elle était un ingrédient pour la renaissance du Seigneur des Ténèbres.
Il hurla de protestation malgré le tissu dans sa bouche. L'abject homme releva la manche de la sorcière et de son poignard, traça une ligne hideuse dans la peau pâle. Il pressa un tube contre son bras et recueillit le sang qui s'écoulait abondamment de la blessure.
L'être repoussant renversa la fiole dans le chaudron, dont le liquide devint d'un blanc aveuglant. Un écran de fumée se forma tout autour du cimetière, l'empêchant de voir quoi que ce soit à travers cette brume épaisse.
Cédric s'agita contre la tombe.
Le brouillard disparut aussi vite qu'il s'était installé, lui permettant de voir l'horreur qu'était devenue le Seigneur des Ténèbres.
Ici, rien n'avait de sens.
Le sol était ciel et le ciel était sol. Le froid était le chaud mais il ne faisait ni chaud, ni froid.
C'était feu et glace, obscurité et lumière, et pourtant, Daesyn y voyait très clairement.
Tout était étrange dans ce milieu inconnu. Elle n'arrivait pas à en saisir le concept.
Daesyn avait l'impression de flotter depuis un petit moment mais quelques minutes plus tôt, ou quelques heures, le temps n'avait pas d'emprise ici; elle était tombée. Pile sur la tour la plus haute du château.
De là, elle pouvait voir très loin sur les terres de Poudlard mais ce n'était pas la vue qui l'intéressait. Tout était comme… effacé.
En vérité, elle trouvait cela assez amusant. Elle pouvait sans aucun problème sauter de la pente du toit et voler, sans avoir besoin de balai. Elle pouvait même apercevoir Buckbeak et Sirius voler eux-aussi, et Daesyn leur adressa un joyeux signe de la main.
Puis, ce fut comme si tout s'était figé. Daesyn n'aurait pas pu voir Buckbeak et Sirius parce que ce dernier était fugitif. Il était recherché. Il ne pouvait pas se promener en toute conscience sans déguisement.
Alors Daesyn baissa la main et recula. Elle recula très vite jusqu'au bord du toit et retomba sur ses pieds, puis sur ses fesses.
Le paysage ne semblait plus aussi accueillant. Il était devenu sombre, froid, hostile à sa personne. Elle était certaine qu'il voulait l'engloutir toute entière pour se venger d'elle.
Daesyn fronça les sourcils. Rien de ce qu'elle pensait n'avait de sens. Il y avait quelque chose, juste au fond de son esprit qui la chatouillait.
Cette fois, la sensation de tomber ne fut pas aussi agréable. Ce fut même tout le contraire.
Daesyn atterrit au milieu de King's Cross. La gare. La voie neuf trois-quarts.
"Une telle force d'esprit m'a toujours étonné." La jeune femme sursauta.
Venue de nulle part, la personne qui avait parlé se tenait de toute sa hauteur devant elle. Elle était vêtue d'un long manteau noir qui recouvrait entièrement son corps, ne laissant aucune surface de peau visible. Sauf son visage.
Daesyn pensa qu'il était éthéré, comme sa voix. Un sourire froid qu'elle qualifia d'amical pendait à des lèvres incolores qui s'entrouvrirent d'amusement devant son inspection minutieuse. Ses cheveux étaient plus noirs que la noirceur, et ses pupilles étaient inqualifiables. Un mélange de violet et d'argent les traversaient.
"Qui êtes-vous?" Demanda-t-elle. "La Mort." Se répondit-elle. Evidemment. Elle venait de prendre un Avada.
La Mort gloussa. "Oui."
"Où suis-je?" Daesyn était certaine qu'elle n'était pas au paradis.
"Entre le tout et le rien." Fut la réponse cryptique.
"Et c'est…quoi?"
"Tu as découvert les Horcruxes." Daesyn acquiesça. "Le morceau qui était en toi est mort au moment où tu es décédée. Mais il y en a d'autres. Il n'est pas encore temps pour moi de venir de chercher. J'ai une mission pour toi, que tu accompliras dès le retour de ton âme dans ton corps, si tu choisis d'y retourner bien sûr." Expliqua la Mort.
"Que dois-je faire?"
La Mort se tourna sur le côté, lui laissant l'occasion de voir son visage de profil. Ses yeux étranges étaient fixés sur quelque chose et elle se détourna pour regarder à son tour. Elle ouvrit la bouche de choc en voyant l'image du cimetière où elle avait perdu la vie.
Son corps était immobile sur le sol boueux, et Cédric était attaché à la pierre tombale, figé de peur devant Voldemort. Ce dernier possédait des yeux rouges malsains, avait, en guise de nez, deux fentes serpentines. Il était chauve, pâle, moche.
"Il n'en avait pas qu'un. Tu m'as envoyé le journal il y a deux ans. Il en reste cinq. Je te renvoie dans ton corps et tu les détruits."
"Mais…la dernière fois, il m'a fallu un croc de Basilic. Et cette fois, c'est le sortilège de la mort qui a détruit celui que je portais. Je suis certaine que ce n'est pas aussi simple." Admit la sorcière en se tournant vers la divinité.
"Tu es intelligente." Elle attendit qu'elle continue mais l'être s'arrêta là.
"Pourquoi as-tu vu Poudlard à ton avis?" Lui demanda-t-elle enfin, ses yeux fixant toujours ce qui se passait sur Terre alors qu'ils discutaient tranquillement.
"Poudlard est ma maison." Affirma Daesyn d'un ton sans réplique.
"Pourquoi cette tour en particulier?" Continua la Mort sans se soucier de sa précédente réponse.
"Je ne sais pas."
"Ce n'est pas vrai Daesyn." Murmura la Mort en tournant la tête sur le côté. La jeune femme leva les yeux pour regarder dans les siens. "Tu as jeté un objet très puissant dans ce Lac. Un objet que j'ai créé il y a de nombreuses années. Appelle-moi Thanatos." Ajouta brusquement la divinité.
"Tu es un homme?" L'interrogea-t-elle avec curiosité.
"Oui et non. Aujourd'hui ce sera."
Daesyn le trouvait étrange mais ne fit aucun commentaire. "Oui j'ai jeté la baguette de Dumbledore parce qu'il m'a dit qu'elle était dangereuse. Personne ne la trouvera dans le Lac."
"Exactement. C'est moi qui l'ai créée pour montrer aux humains et surtout les sorciers, à quel point je suis inévitable. Regarde Jedusor, Daesyn. Il essaie sans cesse de me repousser. Regarde ce à quoi il ressemble."
"Mais quel est le rapport avec la baguette?" Etonnamment, elle ne se sentait pas fâchée par les divagations mystérieuses de l'entité mais plutôt piquée de curiosité dévorante.
"Cette baguette est invincible-"
"Je l'ai prise de Dumbledore. Niveau invincibilité on peut faire mieux," se moqua-t-elle, sans vraiment se soucier du fait qu'elle ait pu offenser la divinité.
Thanatos rigola doucement. "Cette baguette est la seule qui puisse détruire tous les Horcruxes si tu le souhaites. Rappelle-toi, il y a le pouvoir, mais surtout l'intention. "
"Je ne l'ai plus en ma possession. Et puis même si je l'avais, je ne la garderais pas sur moi, alors comment suis-je censée les détruire? S'il n'y avait que l'intention, pourquoi je ne peux pas le faire avec ma baguette?" Demanda-t-elle.
"Ta baguette serait fatiguée de cette surcharge intense de magie. Pour ce qui est de la Baguette de Sureau…"
Thanatos fit un geste, découvrant une main presque transparente aux longs doigts de pianiste. Au-dessus d'elle flottait la baguette dont elle pouvait désormais sentir le pouvoir émaner. Comment avait-elle pu ne pas le remarquer?
"Prends-la," l'incita Thanatos.
"Je ne veux pas m'emporter dans quelque chose qui m'apporte plus de pouvoir que je n'en veux." Nia Daesyn en regardant la baguette avec des yeux prudents. Elle avait peur de perdre le contrôle de sa magie et commettre des choses irréparables.
"Elle t'a choisie. Elle ne fera que ce que tu souhaites."
"Cette baguette a trop de connaissances pour son- mon propre-bien."
"Très bien." Acquiesça la Mort sans bouger. "Tu l'utilises pour m'envoyer Jedusor et ensuite, garde-la précieusement. Range-la où personne n'aura connaissance de son existence. Il le faut."
La sorcière hésita. Elle tourna la tête vers Voldemort qui parlait à ses disciples, Cédric toujours terrifié. Que ferait-il de lui? Le torturer sûrement. Elle soupira. Elle avait un tel complexe de héros. "D'accord."
"Très bien." Le ton de voix était égal mais elle put y déceler une certaine fierté. Pour se féliciter d'être persuasif ou pour son choix, elle n'en était cependant pas certaine.
"Sache que tu as toujours été sur ma liste d'humains préférés. Bonne chance Daesyn."
Et avec cet au revoir singulier, Daesyn se sentit à nouveau tomber.
Chronologie!
31 juillet 2000 Naissance de Daesyn Edith Barton.
Septembre 2011- juin 2014 Début de la 1ère année- fin de la 3ème année de Daesyn. (les grands évènements des livres Harry Potter restent comme dans les livres, soit les 3 premières années. J'ai ajouté et enlevé quelques trucs sur la fuite de Sirius d'Azkaban mais rien de majeur qui change du tout au tout l'histoire. Ce sera expliqué dans les prochains chapitres.)
31 Octobre 2014 Le nom de Daesyn sort de la Coupe de Feu
24 Novembre 2014 1ère Tâche
25 Décembre 2014 Bal de Noël
4 Janvier 2015 Début du 2nd Trimestre.
24 Février 2015 Seconde Tâche, 9h30.
27 Mai 2015 Explications de la Troisième Tâche
24 Juin 2015 Rêve de Voldemort; Troisième Tâche à 21h.
