Résumé :
Hermione a survécu à la guerre mais pas sans conséquences. Aujourd'hui, la jeune femme se retrouve confrontée à des souvenirs qui ne sont pas les siens. Mais également à un changement radical de personnalité.
Disclaimer :
Rien ne m'appartient (à part les quelques brides d'imagination que je peux mettre dans le caractère des personnages), les personnages principaux appartiennent à J. K. Rowling et Stephenie Meyer.
Notes :
Bien le bonjour tout le monde !
Me revoilà avec le chapitre 3. Il fait 3881 mots ! Hé hé plus grand que les deux premiers ! J'espère qu'il vous plaira tout autant, et que les réponses qui commencent à apparaitre attiseront encore plus votre curiosité. Je tiens à préciser que certains mots et certains actes peuvent choquer, ce n'est donc pas pour rien que la fanfic' est en rating M. Donc pour ceux que les scènes violentes peuvent outrer ou faire cauchemarder, je vous conseille de changer de page.
Je tiens à remercie celles et ceux qui continuent à s'abonner à ma fiction. Je remercie ceux qui me lisent dans l'ombre. J'espère qu'un jour, chacun de vous me donnera une petite review. Avoir votre avis est ce qui me permet de m'améliorer. Savoir ce qui va et ne va pas est ce qui est primordial pour avancer, alors n'ayez pas peur… je ne meurs pas contrairement à certaine (petit clin d'œil pour plus tard).
- Isabella-57 : Merci pour ta review ! Je suis ravie de voir que le chapitre 2 t'ait plu. Les réponses à tes questions sont présentes ici… tout du moins en partie. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant que les deux autres :D
Bonne lecture à tous et à toutes !
SirPhil.
Information : Le chapitre 4 sera posté le 12/09/2016. Je pars du 26/08 au 04/08 (donc rien pour écrire) puis ensuite j'ai ma pré-rentrée le 06/09. A partir de là, j'aurai 6 jours pour écrire le chapitre et vous le poster le lundi 12. Merci de votre compréhension. SirPhil'.
CHAPITRE 3
10 Janvier 2000, 11h05, Ministère de la Magie, Londres
Deux hommes viennent de débouler dans un bureau étroit où le bazar règne en maitre. Le bureau de Gawain Robards, quand bien même il était le chef, n'était pas des plus présentable. Ceci parce que l'Auror se retrouvait avec une crise à gérer et deux véracrasses à dompter par-dessus le marché. Gawain savait que Monsieur Potter et Weasley ne tarderaient pas à arriver prestement dans son bureau. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'ils arriveraient sans se présenter. Il y avait des règles à respecter si on voulait que le chef des Aurors coopère, et ces messieurs ne semblaient pas les connaitre. Sourcils froncés, l'homme au profil de dominant se contenta de les foudroyer de son regard. Mais cela ne sembla nullement affecter les deux compères. Rien n'était plus urgent pour eux que de retrouver leur meilleure amie. Un mois... Quasiment ! Et rien ! Rien, pas même une miette de pain pour la retrouver. C'était comme si elle avait déserté la planète Terre dans sa globalité, et même pire : le système solaire ! Mais Harry et Ron étaient deux têtes de mule qui ne lâchaient rien. Même si Hermione leur avait laissé une lettre tout à fait explicite, ils ne pouvaient laisser leur meilleure amie croire qu'elle était un poids pour eux.
« -Où est-elle ? » Questionna Harry.
« -Avez-vous des nouvelles ? » Tonna Ron derrière son ami.
« -Il faut la retrouver », dirent-ils en synchronisation parfaite sous l'œil inquisiteur du grand chef.
Les deux jeunes gens étaient essoufflés d'avoir couru dans le grand hall et dans le long couloir qui menait au dit bureau. Leurs visages rouges de chaleur se retrouvaient encadrés de quelques gouttes de sueurs. Leurs respirations saccadées ne furent que le seul son qu'on puit entendre dans la pièce pendant de longue minutes. Bras croisés, Gawain tapotait son avant-bras de ses doigts. Il n'était pas particulièrement content de faire face à ces deux sorciers irrespectueux. Même si Harry Potter et Ronald Weasley avaient joué des rôles importants pendant la grande guerre contre le mage noir, cela ne voulait pas pour autant dire que tout leur était permis. Loin de là ! Ils étaient encore jeunes et trop basés sur leurs instincts pour ne serait-ce penser que la situation pouvait être plus grave qu'ils ne le pensaient.
« -Asseyez-vous. Nous avons à discuter » cingla la voix tranchante du chef.
Ce n'était pas une formule de politesse. C'était un ordre, et si les deux jeunes gens voulaient avoir des informations sur la disparition de leur amie, ils leur faudraient écouter et ouvrir grand leurs oreilles.
« -Messieurs, sachez dans un premier temps que je n'apprécie guère que l'on rentre dans mon bureau sans que je n'en ai donné l'autorisation » les réprimanda-t-il comme s'ils étaient deux jeunes recrus (ces derniers hochèrent vivement la tête n'osant rien dire face au chef des Aurors), « et dans un second temps, sachez que j'ai mis mes plus fidèles et meilleurs hommes sur cette mission. Hermione Granger doit à tout prix rentrer en Grande-Bretagne. »
Ronald qui se prit pour Hermione leva automatiquement la main sous le regard surpris d'Harry et celui exaspéré de Gawain. Ce dernier après avoir regardé rapidement son plafond en lâchant un soupir, fit un mouvement de main pour que le roux puisse prendre la parole.
« -Que voulez-vous dire par à tout prix ? S'est-il passé quelque chose que nous ne savons pas ? »
« -En effet Monsieur Weasley. D'ici deux mois, une loi sera votée. Celle-ci concernera la condition des vampires sorciers et des loups garous. Avec la guerre, le ministre a jugé bon de prendre certaines conditions » énonça-t-il.
« -Quelles sont-elles ? » Demanda Harry.
Le survivant n'aimait pas cela du tout. Son instinct lui disait que la réponse que lui donnerait l'Auror ne lui conviendrait absolument pas. Hélas pour le jeune Potter… la réponse fusa et une question en émergea presque à l'unissons : Pourquoi Kingsley Shacklebolt ferait-il une chose pareille ?
oO°Oo
10 Janvier 2000, 18h12, Cisco (Texas)
Dans cinq jours, cela fera un mois. Un mois que je me suis retrouvée toute seule au milieu d'un pays, d'un état que je ne connaissais absolument pas. Qu'avais-je fait pour mériter pareil injustice ? Pourquoi m'étais-je retrouvée dans cette situation ? La réponse était pourtant simple… Mon instinct de vampire. J'avais retourné encore et encore la question dans ma tête et je ne trouvais que cette solution. Quelque chose dans ma nouvelle condition me poussait à venir dans cet état. Car croyez-moi j'avais tenté de partir… mais mon corps semblait attaché à cette terre, à ce pays. Alors j'avais passé mon Noël et mon nouvel an, seule au milieu des rues alors que des familles se baladaient le cœur léger par les fêtes de fin d'année. Harry et Ron me manquaient cruellement. J'aurai tout donné pour ne serait-ce que transplaner en Grande-Bretagne pour voir ce qu'ils devenaient. Probablement qu'Harry avait passé les fêtes chez les Weasley, tout en embrassant Ginny. Et il était fort possible que Ron se soit trouvé une nouvelle Lavande… Et moi… Moi qui restais seule au milieu de l'état du Texas, dans un appartement à peine descriptible. Ici, l'argent sorcier ne comptait pas… et le peu de sous que j'avais pris avec moi avant mon départ précipité ne suffisait pas pour que je puisse m'acheter une jolie maison tout juste confortable. Assise en tailleur au milieu de la grande pièce vide et poussiéreuse, je fixais au loin une vie qui m'échappait. J'avais eu un avant-goût de ce qu'avait pu sentir ou faire mon créateur il y a un mois à peine, et j'en restais encore sidérée. Je savais que les vampires pouvaient être violent ou ressentir des émotions dépassant l'entendement… mais en croisant le regard de Peter je ne m'étais pas préparée à recevoir une vague inqualifiable de souvenirs. Ils étaient aussi sinistres et révoltants que l'avait été mon créateur…
Quelques parts au Texas durant le XIXème Siècle
(SOUVENIRS d'Un Vampire Fou Furieux)
Il est là... Juste devant moi. Il matte chacun des nouveau-nés comme s'ils n'étaient rien d'autre que de vulgaires moucherons. Il est fort. Intelligent. Indomptable. J'ai beau le dire à Maria, elle pense le contraire. Notre maitresse est têtue et a jeté son dévolu sur lui. Une pointe de possessivité m'a pris et j'ai dû subir le courroux du vampire. Mais je ferais tout pour ... Un poing jaillit de nulle part… aussi brutalement que je reviens à la réalité. De ma gorge, un grognement de rage sort et j'écrase le médiocre hexapode qui pense pouvoir me battre sans peine. Mais je ne suis pas l'un des chefs pour rien. Je me jette sur lui, arrachant de mes dents son bras gauche. Le garçon tout juste âgé de 18 ans, en âge humain, hurle à l'agonie. Cela ne m'arrêtera pas. Ni ses hurlements, ni ses griffes acérées qui entaillent mon buste. De mes mains puissantes, je lui tiens la tête pour que ses dents puissantes ne viennent pas m'arracher un membre. Son cou est à porter de vue et je ne perds pas une seconde. Ma mâchoire fonce sur la peau de son cou d'albâtre et j'enfonce mes canines dans sa peau. Je goutte à son sang de vampire avant de lui arracher sans ménagement le peu de crâne qu'il avait. Son corps se retrouve séparé en deux extrémités. Son buste se trouvant à mes pieds, tandis que sa maudite tête de lézard roule à plusieurs mètres de moi. A la commissure de mes lèvres coule un reste de sang qui ne tardera pas à sécher, ce spectacle attire son attention. Je souris, fier de ce que j'ai fait. Puis sans plus de ménagement je passe à ses côtés comme si tout ce que je pouvais désirer n'était qu'un jeu rien de plus. Si les premiers mois furent simples à vivre, que j'acceptais qu'il soit sous son pouvoir, je ne pu accepter l'attachement qu'il pouvait avoir à l'égard de ce nouveau-né. Peter... Qu'avait-il de plus que moi ? Pourquoi lui accordait-il plus d'importance qu'à moi ? J'étais là avant... Ses iris rouges sang me fixant avec crainte me suffisaient...
Jusqu'à ce soir-là…
Je les avais entendus parler. On ne parle pas dans ce camp. Nous ne sommes pas là pour papoter comme des femmes. C'est la guerre, pas le temps des commères. A l'angle de la grange, je peux parfaitement savoir qui sont ces vampires qui passent du bon temps ensemble. Moi aussi je pourrais prendre du bon temps… Mais il me le vole. Il a une mauvaise influence sur lui. Sous sa protection, je n'ai pu l'approcher à plus de quelques mètres… mais dans quelques jours Peter sera trop vieux et il devra lui ôter la vie. Je serais là pour voir ce délicieux spectacle. Je n'en louperai pas une miette. JAMAIS !
« -Merci » Entendis-je avant de le voir partir à l'autre bout du camp.
Maria l'a très certainement appelé, comme chaque soir. Il est sous son contrôle. Elle fait de lui un esclave sexuel… Chanceuse… Délaissant ces pensées qui me taraudaient la queue d'imaginer le Major nu, je délaissais ma position pour me glisser vers le jeune vampire. En quelques secondes j'étais sur lui. Ce qu'aucun vampire ne savait ici, c'est ma condition particulière de sorcier. Plus besoin de baguette, mes pouvoirs s'étaient amplifiés avec ma transformation… Alors sans que Peter ne puisse faire quoi que ce soit, je lui lançais un Impero qui le soumit totalement à moi. Décochant un sourire carnassier, laissant mes canines sortir, je m'avançais vers lui. Dans le fond de ma gorge, un feulement de frénésie monta et s'échappa de mes lippes retroussées. J'avais cet homme en horreur pour ce qu'il faisait, ce qu'il provoquait…
« -Alors mon cher Peter… On va être docile. Tu vas faire tout ce qu'il faut pour me contenter. » Tempêtais-je.
« -Oui » Répondit-il par automatisme.
Ses iris étaient vides. Plus aucun signe de vie ne coulait dans son corps. C'était comme un rêve devenant réalité. Mais les pensées d'un Major nu avait fait de moi un monstre de sexe et j'avais besoin de m'épancher. Quoi de mieux que de faire quitte ou double en me vengeant par la même occasion.
« -Tu vas me branler Peter et tu vas aimer ça. Tu vas me prendre dans ta bouche comme il le ferait… Tu vas me faire jouir comme il le fait avec elle. Et si tu échoues… tu peux être certain que ta petite Charlotte subira un sort bien pire que ce que je te fais ce soir » Ronronnais-je de plaisir alors que mon corps se pressait contre le sien.
Son corps était tendu… aussi tendu que ma verge serrée dans la toile de mon pantalon. Mais malgré cela, il fit ce que je lui demandais. Il vint embrasser l'arrêt de mon menton, me faisant doucement feuler alors que j'imaginais un autre homme. Ses mains arrachèrent d'un mouvement brusque mon bas, pantalon et sous-vêtement, et prirent en otage mon sexe fièrement dressé. Ma déchéance était magnifique, splendide. J'aurai pu perdre mon humanité maintenant que rien n'aurait suffi à me faire plus plaisir… sauf les lèvres de… Je grognais de rage. Ce n'était pas lui… Ce n'était pas le Major qui était en train de me sucer, et le plaisir ne pouvait être comparable à ce qu'il aurait pu, lui, me procurer. Violemment, je retournais Peter et l'envoyais contre le mur adjacent à notre position. Il ne tenta pas de se battre contre moi, toujours pris sous l'influence du sort. Puis sans plus de raison qu'il ne me fallait pour abattre ma fureur sur lui, je me jetais sur lui et m'enfoncer dans son petit cul de manipulateur. Il ne méritait que ça. Une baise brutale qui ne ferait de bien qu'à moi.
« -Tu sens ça Peter » Dis-je furibond alors que je m'enfonçais encore plus en lui « Tu sens comme je peux te posséder. Je le ferais également avec lui. Car il est à moi vampire ! Tu ne me l'enlèveras pas » Grognais-je possessif et jaloux.
10 Janvier 2000, 20h28, Cisco (Texas)
Je me laissais tomber contre un arbre… J'étais épuisée. Je n'avais pas bu depuis des semaines, tentant de contenir mon vampire. Mais il était puissant et semblait plus nerveux que d'habitude. Les souvenirs de mon créateur avaient encore laissé des séquelles sur mon comportement. Je n'étais plus la douce jeune femme. Je ne suis plus qu'un monstre sanguinaire pouvant tuer et torturer si l'envie lui en prend. Je vomis. Je ne pensais pas cela capable… mais pourtant c'est le cas. Je n'ai rien dans le ventre depuis ma transformation et je vomis que de la bile. C'est douloureux, mais ça efface la honte et la colère qui suinte sur mon corps meurtri. Ce qui est le plus déroutant est de ne plus avoir de contrôle sur mon corps quand les souvenirs de mon créateur prennent le dessus. Le Major et Peter n'avaient rien fait. Ils n'ont pas à subir des déficiences. Si je ne suis pas un vampire normal, ce n'est pas de leur faute… Mais au moins, je sais maintenant que ma venue ici est reliée à ces hommes. Etais-je prête à l'accepter ? Non, absolument pas. Je cherchais encore une réponse plus raisonnable…
Allez Hermione, ressaisi toi !
On essaye comme on peut. Je me motive et me lève de l'arbre. Je suis ronchon. Cela fait quelque jour que mon caractère se dégrade. Si quelqu'un venait à me contrarier, je suis certaine que je pourrais enfoncer mes crocs en lui. Monstrueusement, je suis même certaine que je pourrais en prendre un certain plaisir. Car rien que cette maudite pensée suffit à m'en faire saliver, mon venin venant suinter dans ma bouche. Je l'avalais avec difficulté et inspirais un grand coup, espérant par cela me détendre. Mais loupé, cela eut tout l'effet inverse. Dans mes narines aiguisées, je sentis une odeur alléchante. Mon vampire sortit sans même que j'eusse le temps de le retenir. Il rugit de plaisir avant de se jeter à une vitesse hallucinante entre les arbres. La source de cette saveur alléchante ne se trouvait pas très loin. Elle se trouvait vraiment très près ! En quelques secondes, je me jetais comme une furie sur elle… Crocs à l'extérieur et mes yeux jetant des éclairs noirs. J'étais affamée et ce n'était que maintenant que je m'en rendais compte. Comme un nouveau-né, je perdais le contrôle de moi-même pour me jeter sur ce que je considérais à ce moment présent comme étant mon repas. Sauf que Jasper n'était pas un repas qui se laisserait faire…
Le vampire m'envoya valser contre un tronc d'arbre comme une vulgaire chaussette. Mon dos s'écrasant et réduisant en copeaux de bois, ce chêne qui n'avait rien demandé. D'un bond, je me positionnais en formation d'attaque alors que le Major, inversement, se mettait en position de défense. Je ne réfléchissais pas. Mon seul but étant d'atteindre sa gorge… car c'était lui qui sentait si bon. Je pourrais perdre la vie maintenant que mon cerveau n'aurait qu'une idée en tête… boire son sang jusqu'à la dernière goutte.
« -Rhaaaaa » Hurlais-je avant de me jeter une nouvelle fois sur lui.
Ses bras habiles me retournèrent pour me bloquer contre son torse. D'un mouvement de hanche, me frottant perfidement contre lui, je me retournais pour entourer son coup de mes bras. Je souris comme la garce que j'étais devenue sous le contrôle de mon vampire et m'approchais de son visage lentement.
« -Helloooo » Roucoulais-je.
« -T'es pas nette » Grogna-t-il.
« -Mais tu aimes ça » Déclarais-je en ondulant contre lui.
Je me mis à rire avant de me jeter de nouveau sur lui. Mais malheureusement pour moi, je n'étais pas assez rapide, et mes instincts de combattante n'étaient rien comparés aux siens. Je hurlais de rage d'avoir une nouvelle fois loupé ma cible. Mes mouvements étaient totalement désordonnés. Mon bras s'envolant pour lui arracher la tête. Le sien attrapant le mien avant de le retourner d'un coup sec, me faisant hurler de douleur. Mes iris le foudroyèrent de mécontentement. Je voulais lui arracher sa jugulaire et me délectais de son jus… Je le voulais…
« -Je t'aurai » Claquais-je de ma langue perfide et désireuse.
« -Non » Cingla-t-il
« -AHHHHHHHHHHHHHHHHHH » M'égosillais-je de fureur.
Mon monstre intérieur n'aimait pas qu'on lui dise non. De rancœur, il se déboita le bras me faisant presque siffler de contrariété. Mais seul mon dessein captivait mon attention et non les mouvements du vampire qui rugit à son tour. Il n'était plus sur la défensive et j'aurai dû faire plus attention. On ne s'attaque pas au Major sans en payer les conséquences et j'allais m'en rendre compte dans très peu de temps. Ses bras musclés de soldat plaquèrent mon bras déformé et emprisonnèrent ma nuque tandis qu'il se positionnait derrière moi. Je me débattais avec toute la conviction que j'avais, mais il me tenait… j'étais prisonnière de son corps d'homme. Son bras gauche se posa contre mon cou et il serra me faisant siffler. Je savais ce qu'il comptait faire... Si je ne me débarrassais pas de sa poigne de fer j'allais être décapitée. Mourir réveilla en moi des pensées humaines que je ne pensais plus jamais retrouver. Mon monstre s'éloigna à grande allure. J'aurai pourtant dû le faire sortir encore plus… Je n'étais vraiment pas un vampire des plus normal ! Qu'est-ce qui clochait encore chez moi ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? TOUT !
« -JASPER ! Ça suffit ! » Hurla une voix qui me fit tressauter dans les bras du vampire qui grogna.
Apparemment Monsieur n'aimait pas être stoppé dans un geste meurtrier. Je pouvais sentir ses yeux dans mon dos. Il fusillait Charlotte de son regard noir de geai. Je déglutis le venin qui était apparu dans ma bouche. Je savais ce que Charlotte pouvait lire dans mon regard : une angoisse sans nom. J'étais terrorisée de mourir aujourd'hui. Je ne pouvais perdre la vie aussi stupidement. J'avais encore tellement à vivre avant que mon éternité ne se termine tragiquement. Je voulais revoir Harry, Ron, Ginny, Luna et Neville. Je voulais être la marraine de l'un de leurs enfants. Je voulais tomber amoureuse et me marier. Je voulais… vivre.
« -Relâche-la Major. Tu vois bien qu'elle n'était pas soi-même. Elle ne se contrôle pas encore. Ne lui fais pas payer son affront. Elle ne mérite pas cela. » Tenta de le raisonner la vampiresse qui était restée à une distance raisonnable.
Pas folle la guêpe ! Charlotte connaissait Jasper et son côté sombre. Mais elle savait également que même si le soldat en lui pouvait tuer, l'homme, lui était incapable de faire de mal à une femme qui devait être aidée. Mais qui a dit que le Major n'était pas un homme qui réclamait au point une contrepartie pour les désagréments occasionnés ? Certainement pas moi. Le vampire dominateur et colérique se jeta sur mon cou et me marqua avec un long grognement filant d'entre ses lippes retroussées. Il but de mon sang puis se détacha pour me pousser sur le sol comme une vulgaire poupée de chiffon. Je m'écrasais sur les feuilles humides de la forêt texane puis m'appuyais sur mes bras pour fixer le vampire qui s'était déjà éloigné. Mon corps tout entier frissonné… mais j'étais incapable de savoir si c'était d'excitation ou de peur. Probablement les deux…
« -Hermione… est-ce que ça va ? » M'interrogea Charlotte en venant m'aider à me relever.
Je souris doucement et hochais la tête. Mais la jeune femme était peu convaincue par ma réponse.
« -Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu attaques le Major ? As-tu des tendances suicidaires ? Deux fois en un mois… ça ne va pas devenir une habitude hebdomadaire j'espère. »
« -Non Charlotte. J'avais juste faim… »
Elle fronça les sourcils ne comprenant pas où je voulais en venir. Alors tapant du pied comme une enfant, je grognais et levais les yeux au ciel avant de lâcher un : « Il sentait bon, p'tin ! » Puis la vampiresse se mit à rire de moi. Qui avait-il de drôle à dire que Jasper sentait si bon que j'étais capable de mourir pour le gouter ?
« -Tu es suicidaire. Personne n'oserait dire que le Major sent bon. »
« -Mais c'est vrai pourtant ! » Affirmais-je outrée qu'elle puisse croire le contraire.
« -Je te crois Hermione. Mais Jasper Withlock n'est pas un homme auquel on vient boire à la source » m'avertit-elle.
Je baissais la tête, me trouvant bien honteuse pour le coup. J'avais essayé de boire à la veine d'un homme sans même lui demander la permission…
« -Tout comme le Major ne boit généralement pas à la veine d'une vampiresse » Continua-t-elle en me soulevant le visage, posant son doigt sous mon menton en y mettant une certaine force.
« -Je ne comprends pas » Avouais-je.
« -Et bien il semblerait que quelque chose se passe entre vous. Je ne sais pas encore si ça va bien se finir ou pas, mais toujours est-il que si Jasper ne peut le nier en buvant ton sang… alors toi non plus tu ne peux le réfuter… Hermione… As-tu déjà bu à la veine d'un vampire ? »
« -Non ! On m'a toujours donné des poches de sang à … »
« -Quoi ? Tu n'as jamais chassé ? » Demanda Charlotte surprise de mon aveu.
« -Non… »
« -Hermione, qui t'a retenue prisonnière ? » M'interrogea-t-elle en empoignant mon bras avec une force surprenante.
J'étais prise au dépourvu. Que pouvais-je répondre à cela ? Je ne pouvais décemment lui dire que je n'étais pas de leur monde. Dans le monde magique, les nouveau-nés n'étaient pas prise en charge de la même manière que dans le monde moldu. On m'avait enfermé dans une pièce scellée magiquement, puis nourris par poche sanguine le temps que mon vampire s'adapte aux odeurs humaines. Alors non… je n'avais jamais chassé… et jusqu'à ce qu'elle me le dise, je n'avais pas réalisé que la faim me tenaillait encore, et que c'était évidemment pour cela que mon vampire était exécrable et incontrôlable ces derniers temps. Je l'avais affamé sans même le savoir… Quelle idiote je pouvais être parfois !
« -C'est compliqué. Je n'ai pas été gérée comme un nouveau-né normal » Lui dis-je avec un léger sourire pour que son inquiétude s'envole au loin. « Mais ne t'en fais pas Charlotte. J'ai été traité avec respect et douceur. Je ne suis juste pas comme tous les autres… pas comme vous. » assurais-je en prenant sa main.
Je la serrais amicalement, lui envoyant par mon regard et mon touché que son angoisse pour moi me touchait, mais qu'ils n'avaient pas lieu d'être.
« -Et si tu m'apprenais à chasser pour que je n'attaque plus Jasper et que son sang ne soit plus le plus doux des élixirs que je n'ai jamais connu de toute ma vie. »
« -Ah ah avec plaisir. Mais pour ce qui est de l'élixir… crois-moi que tu le réclameras encore… surtout après ça » rigola-t-elle en caressant la marque de morsure dans mon cou.
