Info supplémentaire : Selon Wikipédia, La Mort est omnisciente, omniprésente et peut prendre l'apparence de ce qu'elle et de qui elle souhaite. Dans ma tête, la Mort est une divinité suprême unique mais qui a un nom différent et une apparence différente selon les religions et les convictions de chacun. Donc oui La Mort et Thanatos sont une seule et même personne ici.
Je ne possède rien de Marvel/HP
Daesyn n'avait jamais imaginé combien une première respiration pouvait faire aussi mal. Peut-être était-ce la raison pour laquelle les bébés pleuraient à la naissance? En tout cas, elle avait envie de pleurer elle aussi. Ses poumons brûlaient horriblement, lui donnant l'impression de ne pas pouvoir leur fournir assez d'oxygène pour que sa poitrine se soulève.
La jeune femme réussit cependant à prendre plusieurs respirations tremblotantes, qui apaisèrent définitivement sa gorge sèche et l'emplirent de l'odeur de l'herbe mouillée. La voix grinçante de Voldemort parvint à ses oreilles, et elle se retint de justesse de ne pas se lever d'un bond.
Sa main droite se contracta sur un bois inhabituel. La Baguette de Sureau, comme l'avait prévenu Thanatos, se trouvait dans sa main et semblait impatiente d'agir pour sa maîtresse. Il était vrai que la sensation de chaleur et de puissance qui la submergeait quand elle la tenait était enivrante, et lui donnait presque envie de la garder. Mais Daesyn savait qu'elle ne devait pas le faire. Dès qu'elle sortirait d'ici, elle enverrait la baguette dans les coffres les plus sécurisés Gringotts, là où personne ne pourrait jamais la trouver.
Il fallait qu'elle amène le reste des Horcruxes ici. Selon ses maigres connaissances, la baguette était assez puissante pour qu'un Accio ramène tous les morceaux d'âme dans le cimetière. Voldemort se moquait maintenant de Cédric, si les rires hilares de ses partisans en disaient quelque chose. Sa main se referma sur la baguette qui se réchauffa à son contact, il fallait qu'elle agisse discrètement pour le moment. Les sorciers noirs lui tournaient le dos et formaient un cercle serré autour de son ami, il lui serait pour l'instant facile d'agir. Mais le moindre bruissement les avertirait de son état de conscience.
Accio Horcruxes, pensa-t-elle le plus fort possible. Elle sentit une traction intense dans son corps qui l'informa de la réussite du sortilège, malgré sa non-formulation à voix haute. Le lien qui la reliait aux morceaux d'âme se fit de plus en plus intense à mesure que les minutes passaient et sans savoir quand, ils furent entreposés à côté d'elle.
Il y avait un diadème avec un aigle sculpté, une coupe en or, une bague ruisselant de magie maléfique, un médaillon avec un serpent, et Daesyn regarda avec interdiction un vrai serpent lui siffler dangereusement au nez. La jeune femme se mit accroupi et pointa la baguette de la Mort sur le serpent pour le stupéfixer.
Le problème était qu'elle ne connaissait aucun sortilège capable de détruire les Horcruxes. Thanatos avait dit qu'elle avait seulement besoin de l'intention. Mais qu'avait-elle l'intention de faire exactement?
Peut-être qu'il avait voulu dire qu'elle n'avait pas besoin de formule. Dans ce cas, il lui suffisait de penser à faire disparaître ces abominations. Est-ce que cela pouvait être aussi simple?
Daesyn décida de tenter le coup. Aucune formule apprise par cœur, aucun maléfice découvert dans les bouquins, seulement l'intention et le pouvoir. Pour l'instant, la sorcière avait l'un, mais pas l'autre. Elle n'était pas sûre que seule l'intention compte. Il fallait qu'elle soit animée par quelque chose d'autre comme… comme un sentiment.
Ses yeux s'éclairèrent à l'idée. Dumbledore lui avait parlé de l'amour. Le sentiment le plus puissant qui puisse exister. Il fallait qu'elle détruise les Horcruxes par amour et seulement par amour. Si elle faisait ça avec haine, elle libérerait un monstre impossible à tuer.
Daesyn se releva en même temps qu'un Mangemort hurlait en pointant sa baguette sur elle. Voldemort se retourna à son tour, son visage devenant un masque de fureur, mais aussi de peur livide.
"Potter!" Hurla-t-il de sa voix inhumaine, prêt à la tuer à nouveau.
Daesyn ne lui prêta pas attention et leva son bras au-dessus de sa tête. L'adolescente ferma les yeux et se remémora tous les souvenirs heureux qu'elle avait eus depuis Poudlard. Elle pensa à l'accueil chaleureux du château, les éclats de rire ininterrompus, les blagues des jumeaux, l'humour inhabituel de Lee, Sirius, Remus, ses exploits de magie, et tout ce qui lui avait apporté de l'affection, gaieté, joie, bonheur, fierté, de l'amour.
Un vent magique terrifiant se leva sur le cimetière. Les Mangemorts regardaient avec peur le dôme qui entourait la fille morte juste deux secondes plus tôt, et la protégeait de leurs sortilèges les plus sombres. La baguette tenue en l'air émettait une lumière couleur or semblable à la lumière des étoiles, et soulevait une épaisse charge électrique de magie, les faisant frissonner d'effroi devant le pouvoir qu'elle portait.
Cédric, pendant qu'ils étaient tous distraits, réussit à se retirer silencieusement des épais nœuds finalement peu solides qui l'attachaient à la tombe et retomba sur ses pieds. Il ramassa sa baguette à terre et regarda avec fascination la magie que Daesyn produisait. Il n'avait aucune idée de comment elle pouvait être encore vivante, mais cela n'avait pas d'importance. Le courant d'air qu'elle produisait lui soulevait les petits cheveux qu'il avait sur l'arrière de la nuque et l'enveloppait d'une manière rassurante. La magie était tellement pure et pleine d'espoir qu'il crut pouvoir un chant de phénix résonner au fond de lui.
Des objets de toutes sortes voletèrent autour d'elle, dont l'effrayant serpent Nagini, et semblèrent se débattre sous le sortilège qui leur était imposé. Bientôt des masses informes s'extorquèrent des objets et se jetèrent sur Daesyn avant de rebondir contre le dôme de magie. La jeune femme dût user de toutes ses forces pour ne pas rompre les filets dorés qui sortaient de sa baguette. La pression était forte et lui faisait mal aux mains, le bois brûlant s'agitait entre ses doigts crispés et menaçant de s'embraser.
Cédric regarda Voldemort devenir livide de peur devant la démonstration de puissance. Il observa avec fascination les masses informes prendre la forme de visages humains, puis se tordre de douleur alors qu'ils disparaissaient dans des cris d'une bestialité peu commune, sous les étoiles qui s'effaçaient peu à peu.
Le Poufsouffle expira brusquement en voyant les yeux bleus de Daesyn pétiller maintenant d'or plus pur encore que celui qui sortait du bâton de bois qu'elle tenait. Voldemort commença à hurler de douleur, attirant l'attention de Cédric sur lui. L'adolescent de dix-sept ans comprit facilement pourquoi le Mage Noir avait une telle réaction. Ses membres, sa cape et tout ce qui composait son corps s'effilochait et partait directement en cendres sous le ciel devenu d'un bleu très pâle.
Le silence revint sur le cimetière pendant que les derniers filaments dorés disparaissaient de la baguette. Daesyn sentit le bois vibrer sous ses doigts alors que la chaleur la quittait d'un coup, comme si elle n'avait jamais existé en premier lieu. Elle trébucha légèrement sous l'absence brutale de pression en clignant des yeux.
La sorcière se sentit soulagée de ce relâchement, même si une part d'incrédulité restait dans son acte. Elle avait tué un homme, un homme pas humain certes, mais elle avait tué. Avant même qu'elle puisse y penser, elle se jeta à terre et sentit un sortilège malsain lui frôler la tête et briser en millions de morceaux la Coupe qui les avait amenés ici.
Bien, elle aurait le temps de réfléchir plus tard.
Daesyn commença à courir vers Cédric, toujours planté devant la pierre tombale qui l'avait retenu pendant les quelques secondes, ou quelques minutes elle n'en savait trop rien, qu'avaient duré sa mort.
La cacophonie s'ensuivit. Les Mangemorts, réalisant enfin la disparition définitive de leur Maître, tirèrent des maléfices dans toutes les directions dans l'espoir de l'atteindre. La jeune femme les esquiva du mieux qu'elle put et continua son chemin vers Cédric qui bien que pas si loin de là, lui paraissait à des milliers de kilomètres en cet instant.
Le Poufsouffle sortit de sa stupeur et se mit à courir à son tour, aussi vite qu'il le pouvait. Daesyn le talonnait de près quand un jet de lumière l'atteignit en plein dos et la fit chuter instantanément. Devant elle, Cédric avait subi le même sort. Elle pouvait entendre ses hurlements faire écho aux siens.
Tout ce qu'elle avait connu jusqu'à présent n'existait plus. Tout n'était que douleur insurmontable. Elle avait l'impression que des lames chauffées à blanc transperçaient chaque centimètre de sa peau et dans l'espoir d'atténuer la douleur, elle sentit son corps se recroqueviller instinctivement pour arrêter l'assaut des tremblements incontrôlables.
La douleur s'arrêta d'un seul coup, lui permettant de calmer quelque peu sa respiration laborieuse. Quelqu'un la tira par le bras et elle essaya de se débattre dans le flou de couleurs qui assaillaient ses yeux brûlants de larmes contenues.
"Daesyn, calme-toi, c'est moi, on doit partir!" La pressa Cédric, en tirant à nouveau sur son poignet pour la faire avancer. Elle le suivit tant bien que mal, sans rechigner, sans se demander où étaient passés les Mangemorts ou ce qu'ils faisaient, puisque le raffut qu'elle pouvait entendre ne venaient certainement pas d'eux-mêmes.
Le paysage reprit une netteté plus agréable lorsque sa tête cessa de tourner. Cédric les avait emmenés derrière un angelot de pierre qui les masquait de la vue des sorciers noirs.
"Je vais nous faire transplaner. Je n'ai pas encore passé mon permis mais je pense que je peux y arriver sans nous désartibuler." L'informa-t-il à voix basse.
"Désartibuler?" Interrogea Daesyn d'une voix rauque.
"Laisser une partie de notre corps ici."
Une grimace apparut sur son visage. Elle savait pourtant qu'ils n'avaient pas d'autre choix, à part s'ils voulaient rester plantés au milieu de personnes qui voulaient leur peau.
"Vas-y."
Cédric hocha la tête, son visage aussi blanc que la craie, et la rapprocha le plus possible de lui qu'il le pouvait dans la position accroupie dans laquelle les deux sorciers se tenaient.
Daesyn se sentit soudainement comme pressée dans une paille. Les couleurs se mélangeaient tout autour d'elle et l'oxygène dont elle manquait cruellement ne semblait pas vouloir faire son chemin jusque dans ses poumons. Une sensation qu'elle trouvait vivre bien trop souvent à son goût. Tout son corps était écrasé, et elle serra de toutes ses forces sa baguette et le bras de Cédric.
La sorcière atterrit violemment sur un sol sec dont la poussière lui remplit la bouche. Elle cracha avec dégoût et se releva doucement, en s'aidant de la main tendue du Poufsouffle. Elle avait cette étrange impression d'être hors d'elle-même. Que son esprit n'appartenait plus à son corps. Les derniers évènements étaient à la fois flous et nets, et creusaient dans sa tête mille questions qu'elle n'arrivait pas à comprendre.
Néanmoins, Daesyn était sûre d'une chose. Elle avait tué quelqu'un. Encore, mais cette fois, volontairement.
"Où sommes-nous?" Demanda-t-elle au garçon plus âgé lorsque sa respiration sifflante se fut un tant soit peu calmée.
"Aux limites de Pré-au-Lard. Ce n'est pas possible de transplaner sur les terrains de l'école." Cédric semblait tout aussi secoué qu'elle. "On devrait se dépêcher."
Elle commença à faire quelques pas, mais la douleur dans sa cheville éprouvée par les nombreuses courses céda sous elle. Tout son corps résonnait de courbatures désagréables, conséquences du sortilège Doloris.
La jeune femme lutta pour ne pas céder aux sanglots qui menaçaient de s'écouler de sa bouche. Elle était fatiguée, avait mal, avait assisté –en quelque sorte- à la renaissance de Voldemort et par-dessus tout, le meurtre qu'elle venait de commettre lui serrait le ventre et lui donnait la nausée.
"Hé, on va être bientôt en sécurité d'accord?" Elle vit Cédric s'agenouiller devant elle pour être à la hauteur de ses yeux, même si elle pouvait voir qu'il gardait un œil sur le paysage. Elle était sûre qu'elle était assez pitoyable dans cette position là. "Je peux te porter si tu veux," proposa le sorcier. Il n'attendit cependant pas sa réponse et la souleva avec une facilité qui l'aurait étonnée si elle avait pu penser correctement.
Automatiquement, Daesyn enroula ses bras autour de son cou puis se laissa bercer par la marche cadencée de Cédric. La jeune femme lutta contre le sommeil en s'efforçant de laisser ses paupières ouvertes, mais il semblait que son cerveau ne réagissait plus du tout à ses commandes.
"On est plus qu'à quelques mètres." La voix essoufflée de Cédric la tira de sa somnolence.
Daesyn regarda les étoiles disparaissant du ciel. Ils avaient dû passer un sacré moment dans le cimetière. Les grilles majestueuses du château s'ouvraient devant eux, et la métamorphomage sentit l'ondulation que produisaient les barrières de protection à leur entrée.
Le vacarme qu'émettait la foule était porté jusqu'à leurs oreilles et permit à Daesyn de se tirer une bonne fois pour toutes, du léger sommeil dans lequel elle commençait à plonger. La sorcière se dégagea des bras de Cédric et posa une partie de son poids sur sa cheville palpitante, avant d'attraper la manche du plus âgé pour se maintenir debout et suivre à ses côtés. Ils passèrent pour la seconde fois entre les haies qui plus tôt, les avaient menés au début de la dernière tâche du Tournoi. Elle avait l'impression que cela faisait des années qu'elle avait suivi Verpey ici pour se rendre sur la ligne de départ.
Le tumulte était encore plus impressionnant de près. Les professeurs s'étaient apparemment inquiétés de leur non-réapparition et les avaient cherchés, sans bien sûr, les trouver. Les étudiants que l'on avait dû informer de la situation, distribuaient chacun de leur côté des hypothèses farfelues sur leur disparition.
Dumbledore était entouré d'un Cornélius Fudge plus qu'affolé et de Ludo Verpey, qui possédait un air grave. Remus, Bill, les jumeaux, Lee ainsi qu'Ilya et Cho, entouraient l'illustre directeur et avaient des expressions affolées sur leur visage.
Quatre personnes portant toutes des bottes en peau de dragon, une robe longue et une cape couvrant leurs épaules se tenaient par binôme devant Fleur Delacour, vivante mais l'air secoué, et Viktor Krum, plus sombre que jamais. Des morceaux de parchemins flottaient à hauteur de leurs yeux et prenaient en note tout ce qu'ils racontaient. Daesyn remarqua brièvement les parents de Cédric à l'écart, ne se souciant pas le moins du monde de ce que pouvait être devenu leur fils.
Un des employés du Ministère releva soudainement la tête et planta ses yeux dans les siens. L'homme de haute stature fila à grands pas vers eux, attirant l'attention de l'intégralité des personnes présentes sur eux.
A leur grande surprise, il s'arrêta à un mètre d'eux, suivi de près par ses coéquipiers, et pointa sa baguette droit sur leur poitrine.
"Votre identité." Ordonna-t-il d'un ton brusque qui ne lui plût pas du tout.
"Chef ce sont des étudiants, regardez-les, ils ne sont certainement pas-"
"Auror Tonks, nous venons de voir ce que nous pensions être l'ex-Auror Maugrey Fol 'œil se transformer en Barty Croupton Junior, qui en passant, a enseigné à de jeunes sorciers toute cette année à Poudlard. S'il a été facile de prendre l'apparence de l'homme le plus paranoïaque du monde sorcier, pourquoi ces deux étudiants ne seraient pas eux-aussi des Mangemorts sous polynectar?" La seule femme du quatuor roula des yeux devant le discours de son supérieur.
"Et bien peut-être que de les agresser n'est pas non plus une solution, chef." Maugréa-t-elle. Ses cheveux prirent une teinte rouge sang et Daesyn la reconnut comme étant Nymphadora Tonks, la seule autre métamorphomage encore en vie dans le monde sorcier à part elle.
"Rufus, laissez-les passer s'il vous plaît." Le professeur Dumbledore paraissait calme, mais on pouvait deviner sa préoccupation dans ses yeux bleus qui passaient d'elle à Cédric sans se poser plus de quelques secondes sur l'un d'entre eux.
"Albus, vous n'êtes pas sérieux! Cette décision est d'une telle imprudence!" S'indigna-t-il, sans les quitter du regard.
"Très bien. Daesyn, peux-tu user de tes talents de métamorphomage s'il te plaît? Rufus, ce sera une preuve suffisante n'est-ce pas." La question était rhétorique et même s'il n'en était pas heureux, il n'osa pas contredire l'icône du monde sorcier. Daesyn changea rapidement ses cheveux en un bleu qu'elle savait fade, puis dans le noir qu'elle n'avait pas quitté depuis son réveil. Elle était trop fatiguée pour s'amuser à autre chose.
"Filius, Minerva, Pomona, Severus, assurez-vous de ramener nos élèves dans leurs salles communes. Cédric, Daesyn, allez dans mon bureau." Dit calmement le directeur avant de se tourner vers leurs familles, toujours derrière les fonctionnaires qui les empêchaient de les rejoindre. Les deux sorciers commencèrent à se diriger vers le château, accompagnés du quatuor vigilant.
Ils arrivèrent très rapidement à la gargouille de pierre qui se décala sans avoir besoin d'un mot de passe. Le silence inconfortable s'étira d'autant plus dans le bureau spacieux, brisé seulement par les chuchotements indiscrets des portraits curieux.
La porte s'ouvrit de nouveau et révéla Albus Dumbledore accompagné de Fudge, Remus ainsi que des parents de Cédric. Le vieux sorcier les guida dans le petit salon où la jeune femme avait dîné avec lui quelques mois plus tôt, puis d'un geste fatigué de la main, leur fit signe de s'installer.
Daesyn suivit Cédric dans le seul canapé qui composait le petit salon. Elle n'avait, peut-être puérilement, toujours pas lâché sa manche de robe qu'elle tenait du bout des doigts, le rappel trop récent de ce qu'il pourrait potentiellement arriver d'un seul jet de couleur verte. De son côté le plus âgé ne semblait pas lui en vouloir car il la regardait comme si elle pouvait s'envoler d'un moment à l'autre.
"Monsieur Diggory, mademoiselle Potter, voici les Aurors Scrimgeour," commença Dumbledore en désignant l'homme qui les avait presque fait exploser, "Dawlish," poursuivit-il en montrant un sorcier aux cheveux courts et gris, "Shacklebolt," un sorcier à la peau noire, grand, large et chauve et une boucle d'oreille en or accrochée dans une oreille leur adressa un signe de tête, "et enfin, l'Auror Tonks." La seule femme de la pièce sauta sur ses pieds et ses cheveux rose fluo clignotèrent de plusieurs autres couleurs impossibles à distinguer. Un sourire chaleureux s'étendit sur son visage et la jeune femme sentit une vague de sympathie l'envahir.
"Diggory, Potter," dit Scrimgeour de sa voix brutale. "Vous avez disparu du labyrinthe et obligé une équipe entière à se déplacer pour vous. Expliquez où est-ce que vous étiez et ce que vous faisiez." Ordonna-t-il sans y mettre les formes. L'adolescente attrapa le regard de Remus qui semblait simplement vouloir assassiner l'homme.
"Ce que l'Auror Scrimgeour veut dire, c'est que nous avons besoin de savoir ce qu'il s'est passé et comprendre si votre disparition a un rapport avec Barty Croupton Junior." Compléta Shacklebolt en poussant sa chaise devant le canapé afin qu'il puisse leur faire face.
"Qui est Barty Croupton Junior?"
"Le Seigneur des Ténèbres-" Dirent-ils en même temps. Contrairement au sorcier, la jeune femme n'avait pas du tout l'intention de faire le récit de la soirée qu'ils avaient passée. Elle l'avait vécu une fois, elle ne le ferait certainement pas une deuxième.
"J'ai bien peur que vous ne deviez nous raconter votre soirée avant que nous puissions vous expliquer ce que nous avons vécu de notre côté." Dit doucement le vieux directeur.
La métamorphomage bougea sur le canapé de velours tandis que son ami ouvrait la bouche pour commencer son récit au moment ils étaient entrés dans le labyrinthe. Elle trouvait complètement stupide l'idée qu'absolument personne ne les surveillait dans une tâche potentiellement mortelle.
Bien, en y réfléchissant elle était morte quand même.
Il était difficile de se persuader que Voldemort était enfin mort. Qu'il ne reviendrait plus jamais après elle et qu'elle ne serait plus victime de ses tentatives de meurtres ratées.
"Ce n'est pas un sujet sur lequel vous pouvez vous permettre de plaisanter Monsieur Diggory!" Rugit le Ministre Fudge en tapant son poing contre la table. Son visage était devenu rougeâtre et sa respiration haletante donnait l'impression qu'il venait de courir un marathon. A ses yeux, il était plus pathétique qu'effrayant.
"Je ne mens pas ! Daesyn est morte puis elle a détruit le Seigneur des Ténèbres!" Son ami se releva à son tour d'un bond brusque et toisa le Ministre. Ce dernier se recroquevilla sous la fureur qui régnait dans les yeux gris du jeune sorcier.
"Il dit vrai," rajouta Daesyn en lâchant un bâillement. Tout ce dont elle rêvait pour le moment était son lit bien chaud dans la salle commune Gryffondor. Les Aurors s'apprêtèrent à nier leurs révélations quand une voix plus froide que l'ère glaciaire les dérangea.
"Tout au long de cette année, j'ai pu constater que la marque des Ténèbres devenait de plus en plus présente. Cette nuit cependant, elle a totalement disparu," le murmure de Rogue résonna dans le bureau. Sa manche de robe était relevée, montrant le tatouage d'un serpent enroulé autour d'un crâne délavé, presque invisibles sur la peau blanche.
"N'est-ce pas une preuve suffisante?" Interrogea Tonks qui rebondissait dans une excitation inépuisable sur ses talons.
"No-" Commença le Ministre.
"La cicatrice de mademoiselle Potter a elle-aussi presque disparue," fit remarquer le directeur.
"Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est…mort." Murmura Fudge pour lui-même. Il se racla la gorge dans une tentative ratée d'imposer son autorité et reprit. "Très bien. Vous donnerez une conférence de presse sous serment de vérité qui passera sur l'intégralité des radios des communautés sorcières, sinon quoi, je serais dans l'obligation de vous soumettre à un procès pour propos mensongers et entrave à la justice. Est-ce clair?" Le Ministre gonfla le torse à la fin de son discours et s'attendit à ce qu'ils reculent devant les lourdes peines dont ils écoperaient s'ils mentaient. Malheureusement pour lui, ils ne rigolaient pas.
"Comme du cristal," répondit-elle sur le même ton.
"Je pense que nous n'avons plus rien à faire ici Auror Scrimgeour," dit le Ministre d'une voix tremblante de colère. "Voilà vos mille Gallions." Il leur jeta à chacun un petit sac de cuir qui émit un bruit métallique lorsqu'ils tendirent le bras pour les prendre. Réflexes d'attrapeur.
Les fonctionnaires se levèrent et jetèrent chacun leur tour une poignée de poudre dans la cheminée, avant de disparaître dans le feu vert fluo. Les épaules de Daesyn s'affaissèrent sous la fatigue qui la consumait presque. Elle s'ébroua pour se réveiller.
Le froissement bruyant de tissus lui fit relever la tête d'un mouvement si brusque que sa nuque craqua et lui arracha une grimace. La sorcière fut avant qu'elle ne puisse réfléchir, prise dans l'étreinte mortelle de son parrain honoraire. Elle enroula ses mains dans les pans de robe usés et inhala l'odeur de miel et de chocolat de Remus.
Malgré ses yeux étroitement fermés, Daesyn pouvait voir et sentir la gêne de Cédric. Elle releva la tête et remarqua les traits empreints de dégoût des parents du sorcier, toujours aussi silencieux à l'arrière-plan.
"Tu nous as fait tellement peur," murmura-t-il en prenant son visage entre ses mains, ramenant son attention sur lui. Ses yeux ambrés étaient humides et scrutaient sans cesse son regard, comme s'il pouvait y voir quelconque souvenir de la soirée qu'elle avait passée.
"Il serait judicieux, que Cédric et Daesyn aillent à l'infirmerie afin de faire vérifier leurs blessures par Mme Pomfresh." Intervint Dumbledore.
"Oui oui, bien sûr," Remus se racla la gorge et tendit une main pour l'aider à se relever.
"Qui est Barty Croupton Junior?" Demanda-t-elle au grand dam des adultes qui ne semblaient pas vouloir en parler plus que nécessaire.
"J'ai bien peur Daesyn," commença le directeur, "que celui qui vous a enseigné la Défense Contre Les Forces du Mal cette année, n'ait été qu'un usurpateur. Le vrai Alastor a été retrouvé dans sa malle aux sept serrures, dans le bureau de Barty Croupton Junior auparavant jugé mort à Azkaban par la communauté sorcière. Il était Mangemort et je crois qu'il est bon de te dire, que c'est lui qui a déposé ton nom dans la Coupe." Termina-t-il.
Daesyn hocha la tête, se délectant du peu d'informations disponibles pour le moment. Elle savait qu'elle poserait des questions plus tard. Seulement, maintenant, la seule pensée d'un lit douillet la faisait saliver.
Poppy Pomfresh était déjà affairée à rassembler baumes et potions utiles lorsqu'ils passèrent les doubles portes de bois. A peine entrés, la femme se précipita sur eux en marmonnant furieusement à propos des Tournois idiots qui déclenchaient toutes sortes de catastrophes.
L'adolescente n'avait pas pensé le mot Quidditch, qu'elle avait déjà un bandage autour de sa cheville, de la crème sur ses bleus et contusions et avalé une potion contre la douleur. Amusée, Daesyn regarda Cédric subir le même sort après avoir remonté les couvertures chaudes sur ses jambes. Remus semblait déterminé à garder le fauteuil rigide à côté du lit toute la nuit et à ne pas dormir si cela lui permettait de s'assurer qu'elle respirait encore.
Quand les bougies furent éteintes, la pénombre installée et les respirations apaisantes de Cédric et du loup-garou tranquilles, Daesyn ne put s'empêcher de ressasser sa conversation avec Thanatos. La baguette maudite était sagement posée sur sa table de chevet comme si l'histoire qu'elle avait, n'avait aucune importance.
La jeune femme hésita puis sortit une main pâle des couvertures pour l'attraper. Dès que sa paume toucha le vieux bois, la baguette rayonna de pouvoir et s'apprêta à se battre pour sa maîtresse. Sa prise se raffermit et la sorcière se demanda si tout compte fait, elle ne ferait pas mieux de la garder. Daesyn fut tellement surprise de la pensée qu'elle arracha sa main de l'objet et le laissa tomber sur le carrelage.
Un petit rayon de lumière filtra à travers la porte entrouverte du bureau de l'infirmière et elle s'empressa de poser sa tête sur l'oreiller et d'adopter une respiration naturelle. Une fois certaine qu'elle ne serait pas prise sur le fait, la métamorphomage se pencha et prit du bout des doigts la baguette pour la reposer sur la table. Il était hors de question qu'elle touche encore une seule fois à cette baguette. L'addiction était telle qu'elle en était effrayante.
Daesyn passa ses doigts tremblants sur la cicatrice déchiquetée sur son front. Évidemment, l'éclair était toujours présent mais plus…effacé. Elle sentait son esprit en quelque sorte plus calme, plus apaisé et se demanda si l'Horcruxe aurait pu avoir des effets permanents sur son âme ou l'avait entachée d'une manière sournoise.
Par curiosité, la sorcière ferma les yeux et plongea dans sa tête, comme le lui avait appris le professeur Dumbledore. Les murs de pierre qui la protégeaient se dressaient maintenant à l'infini et une seule petite porte permettait l'accès à son esprit. Elle tourna la poignée sculptée puis poussa la porte qui lui permit de se retrouver dans une pièce éclairée par un soleil inexistant. Au centre, se tenait une armoire qui se secouait dans tous les sens avec un miroir brisé en son milieu. Daesyn passa rapidement sur le côté et continua à marcher le long d'un couloir qui mena dans une salle vide.
La sorcière sourit et sentit une vague de fierté la parcourir. Il lui suffirait de penser au souvenir qu'elle voulait pour qu'il apparaisse juste ici, devant elle. C'était juste dommage qu'elle ne puisse pas apporter cet accomplissement aux yeux de Remus.
Le lendemain matin fut agité. Daesyn sursauta en entendant des voix fortes crier à proximité de son lit et se redressa brutalement, désorientée. Les courbatures qui étreignaient ses muscles la rappelèrent à l'ordre et elle s'assit contre la tête de lit avec un gémissement non réprimé.
"Toi aussi?" Grimaça Cédric déjà réveillé et ce, semblait-il, depuis un moment.
"Ouais," dit-elle en soupirant. La chaise de Remus était vide, et la pensée qu'il soit parti lui traversa l'esprit.
"Qui était là?" Demanda-t-elle pour effacer les images de la soirée qui remontaient dans sa tête. Avec surprise, elle n'avait pas fait de cauchemars la nuit dernière mais elle n'allait pas se faire d'illusions. Ça ne tarderait pas à venir.
La blessure dans les yeux de Cédric lui indiqua mieux que les mots qui avaient été présents. "Ils n'étaient pas content?"
"Ils n'étaient pas content." Confirma-t-il en passant une main dans ses cheveux ébouriffés.
"Quand est-ce qu'on sort d'ici?" S'enquit-elle après un bref silence en essayant de calmer les tremblements incessants de ses mains. Daesyn espérait que cela passerait bientôt car elle n'avait pas l'intention de vivre toute sa vie sans pouvoir contrôler ses mouvements.
"Certainement pas avant demain!" S'écria Mme Pomfresh en passant la porte, ses talons claquant furieusement sur le carrelage blanc. Elle les regarda à travers ses yeux plissés et disparut à nouveau, certaine qu'ils n'essaieraient pas de s'enfuir en son absence.
"Bon. On fait une partie d'échecs!?" Proposa-t-elle avec un sourire.
Cédric sourit à son tour et la rejoignit sur son lit. "Si tu veux."
Daesyn passa les portes de l'infirmerie avec nervosité. Elle enfonça ses mains tremblotantes dans ses poches de sweat et se rapprocha de Cédric, tout aussi mal à l'aise qu'elle.
Ils venaient tout juste de sortir de l'infirmerie et Fudge avait décidé que cela serait le bon moment pour annoncer la grande et merveilleuse nouvelle à l'entièreté des sorciers de cette terre. Le pire, pensa-t-elle, n'était pas la conférence en elle-même, mais plutôt le fait qu'elle se déroule dans la Grande Salle, au château. On ne les laisserait plus jamais tranquilles après ça.
Les couloirs étaient vides et ils profitèrent du silence qui les imprégnait encore quelques minutes avant qu'ils ne soient jetés dans, ironiquement, la fosse aux lions.
Les deux sorciers arrivèrent devant les doubles portes, fermées, et les tremblements de ses mains gagnèrent peu à peu ses genoux. Daesyn ne savait pas si c'était dû aux Doloris ou bien au malaise qui avait pris place au creux de son estomac. Elle respira profondément et leva ses orbes bleus vers Cédric. D'un signe de tête commun, ils avancèrent ensemble vers les grandes portes qui s'ouvrirent magiquement sur leur passage.
La Grande Salle était encore plus bondée que ce qu'elle avait pu imaginer. Et elle avait imaginé beaucoup. Les quatre tables habituelles avaient disparues et laissé place à d'innombrables rangées de chaises de bois sur lesquelles étaient assis les étudiants de Poudlard, les professeurs, mais aussi des hommes politiques et des personnalités étrangères qui relieraient l'interview aux quatre coins du monde.
La table d'honneur n'était plus présente elle non plus. Au lieu de cela, une table de bois, ronde, et comportant neuf chaises était entreposée sur l'estrade autour de laquelle patrouillait des Aurors. Le Ministre, l'Auror Scrimgeour, le Directeur, l'Auror Shacklebolt y étaient déjà installés. Une grande femme à l'air sévère avait une plume entre ses doigts pincés, se tenait entre Shacklebolt et Fudge. Elle était vêtue d'une grande robe couleur prune qui sur la gauche, avait un grand M en or savamment dessiné. Les deux dernières personnes devaient être des journalistes, dont une, elle en était certaine, appartenait à la Gazette du Sorcier. L'autre était un homme possédant de longs cheveux blonds, une peau aussi pâle que la neige et de grands yeux bleus, pâles et rêveurs. En y réfléchissant, il ressemblait bien trop à Luna Lovegood.
Elle aperçut sur la première rangée de chaises, Remus accompagné de l'intégralité des Weasley et essaya d'apercevoir quelconque touffe de poils noirs qui aurait pu signaler la présence de son parrain. Sans succès. Sirius n'était pas apparu depuis qu'elle était allée le voir à Pré-au-Lard, et n'avait pas envoyé une seule lettre depuis la Troisième tâche. Ce manque de nouvelles commençait à l'inquiéter sérieusement mais tout en sachant qu'elle ne pouvait rien y faire pour le moment, elle suivit Cédric vers l'estrade.
Daesyn trouvait juste dommage que l'Auror Tonks ne soit pas là. La femme lui inspirait de la sympathie et elle était certaine qu'elles pourraient parfaitement bien s'entendre si elles apprenaient à se connaître. La jeune femme monta les marches de l'estrade sous les bavardages assourdissants de la Grande Salle et se laissa doucement tomber dans la chaise entre le professeur Dumbledore et l'Auror Shacklebolt. Cédric se plaça entre le Directeur et le journaliste de la Gazette, l'air soulagé de ne pas faire face au public. De son côté, elle pouvait voir les trois-quarts des personnes présentes et elle bougea inconfortablement sur sa chaise devenue plutôt raide. Si elle avait pu faire demi-tour, elle l'aurait fait volontiers.
La sorcière attrapa le regard de son mentor qui lui donna un sourire rassurant, qu'elle lui renvoya maladroitement à cause des légères contusions et coupures qui marquaient aussi bien son visage que celui de Cédric.
"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, votre attention s'il vous plaît!" Fudge s'était levé et donna un petit coup de canon à l'aide de sa baguette pour ramener le silence. "Comme vous le savez tous, la troisième tâche du légendaire Tournoi des Trois Sorciers s'est tenue ici, à Poudlard et avait pour but de mettre nos jeunes générations à l'épreuve de l'inconnu. Malheureusement, ce fut lors de cette soirée que nos Aurors ont découvert la tromperie de Barty Croupton Junior qui toute cette année, a enseigné à nos enfants la Défense Contre Les Forces Du Mal sous l'apparence de si je puis dire, notre meilleur Auror, Alastor Maugrey." Des cris de fureur retentirent parmi la foule et le Ministre dût attendre patiemment que le calme revienne de lui-même. "Il va de soi que l'usurpateur a été condamné tôt ce matin, au Baiser du Détraqueur, notamment pour interférence auprès d'un objet magique de grande puissance, la Coupe de Feu!"
Fudge fit une pause et se racla maladroitement la gorge. "Ce ne fut cependant pas le seul tracas de cette soirée. Après l'élimination des Champions des écoles concurrentes, Mr Diggory ainsi que Mademoiselle Potter, auraient dû apparaître gagnants sous peu. Cela n'a pas été le cas et c'est pour nous faire le récit de leur soirée que nos jeunes élèves de Poudlard sont ici cet après-midi." Des chuchotements parcoururent la salle avant de s'éteindre peu à peu, quand l'attention se tourna vers eux. Fudge se rassit dans son siège et chuchota quelques mots à l'intention de Scrimgeour, qui hocha frénétiquement la tête.
"Monsieur Diggory, mademoiselle Potter, vous êtes ici pour répondre à nos questions sur votre disparition le vingt-quatre juin de l'année deux-mille-quinze, de vingt-trois heures trente à deux heures moins quart." Commença Scrimgeour de sa voix forte et autoritaire. "Madame Bones, c'est à vous."
La seule femme que la sorcière ne connaissait pas se tourna vers eux et son visage auparavant sévère s'adoucit face à leurs expressions dépassées. "En raison de votre bilan de santé donné par Madame Pomfresh, infirmière en chef de cet établissement, ainsi que de la version des faits que vous avez donnée le matin du vingt-cinq juin, vous êtes considérés comme victimes et ne serez dont pas interrogés sous Veritaserum, ni sous d'autres moyens quelconque." Ajouta-t-elle d'une voix d'acier en voyant les expressions désapprobatrices de Fudge et Scrimgeour. "Vous répondrez avec honnêteté et avec le plus de détails possibles. Mademoiselle Potter, vous répondrez aux questions posées la première. Auror Shacklebolt," informa-t-elle en écrivant quelque chose sur un morceau de parchemin planté devant elle.
"Dans votre déclaration, vous avez annoncé avoir pris le Trophée du Tournoi ensemble. Pourquoi une telle décision?" Commença Shacklebolt de sa voix rauque et apaisante.
Daesyn fut surprise par le silence qu'elle ne pouvait que qualifier de religieux. Même les flashs incessants des appareils photos des journalistes n'osaient émettre un bruit. La jeune femme bougea sur sa chaise et posa ses avant-bras sur le bois frais.
"Après l'élimination des candidats des autres écoles, nous avons décidé que nous aurions plus de chances-"
"Veuillez qualifier le nous." Intervint Scrimgeour abruptement.
Daesyn prit une profonde inspiration calmante pour se retenir d'insulter l'homme. Il fallait qu'elle soit crédible, non pas vue comme une criminelle. "Par nous, j'entends Cédric et moi." Elle se prit sa lèvre inférieure entre ses dents et reprit. "Nous pensions que si nous continuions ensemble, il y aurait moins de risques de finir comme nos concurrents. De plus," ajouta-t-elle, "il ne servait à rien de s'affronter pour la gloire de l'école puisque nous sommes scolarisés au même endroit. Les résultats seraient les mêmes et nous pouvions unir nos forces."
"Monsieur Diggory, quelque chose à ajouter?" Demanda Madame Bones en se tournant vers le Poufsouffle, toujours aussi nerveux.
"Rien." Il secoua rapidement la tête.
"Que s'est-il passé lorsque vous avez pris le Trophée?" Les questions étaient posées seulement par l'Auror Shacklebolt et d'un côté, ça l'arrangeait. L'homme n'émettait aucun jugement et ne lui imposait rien, contrairement à Scrimgeour.
"Le Trophée était un portoloin qui nous a emmené dans un cimetière." Dit-elle simplement.
"Qu'avez-vous pensé à ce moment-là?"
"Nous savions que quelque chose n'allait pas."
"Monsieur Diggory?" Intervint Madame Bones.
"J'ai su que nous n'étions pas censés être là-bas." Dit Cédric en la regardant.
"Mademoiselle Potter, je souhaiterais que vous nous racontiez le plus fidèlement possible les évènements qui ont suivi."
"Lorsque Voldemort," toute la salle trembla et elle roula des yeux," quand Voldemort est à proximité de moi, ma cicatrice me fait mal." Expliqua-t-elle en désignant l'éclair sur son front. "Sauf que cette fois-ci, c'était pire que toutes les autres. Une silhouette est apparue et elle a jeté le sortilège de la mort sur Cédric donc je me suis placé entre et je l'ai pris à sa place."
Même les flashs des appareils s'éteignirent.
"Êtes-vous en train de dire que vous avez pris un Avada Kedavra, mademoiselle Potter?" Questionna Scrimgeour, interloqué.
"C'est exactement ce que je dis." Approuva-t-elle.
"Mais enfin, c'est insensé! C'est tout bonnement impossible!" S'écria Fudge, le visage rouge de colère à l'image de celui de l'autre soir.
"Tout aussi impossible qu'il y a treize ans et pourtant personne ne l'a mis en doute! Lily Potter s'est sacrifié pour moi et je savais que contrairement à Cédric, j'avais une chance de survivre encore une fois grâce à elle!" Répliqua Daesyn d'un ton acide.
La foule explosa en hurlements et questions. Les Aurors, jusque là, postés dans les coins de la salle, levèrent leur baguette pour calmer les sorciers affolés. Il fallut cependant plusieurs minutes pour que tout le monde revienne à sa place et soit un minimum calmé.
"Monsieur Diggory, la suite?"
"Je n'ai pas eu le temps de m'enfuir avec le Trophée. Le mangemort m'a attaché à une tombe avant de commencer à exécuter un rituel. Je ne me souviens pas de ce qu'il a dit mais il a pris des os, s'est coupé la main et a pris le sang de Daesyn pour le mettre dans un chaudron. Ensuite, le Seigneur des Ténèbres a ressuscité."
Daesyn s'attendit à de nouvelles explosions qui n'apparurent jamais. Elle leva les yeux vers leur public et aperçut les sorciers, complètement pétrifiés d'horreur et suspendus à leurs lèvres.
"Que s'est-il passé ensuite?" Interrogea Shacklebolt.
"Il a appelé ses Mangemorts grâce au sorcier qui l'a aidé."
"Savez-vous qui était ce sorcier? Avez-vous une description physique? Connaissez-vous l'un des Mangemorts?"
"Le Seigneur Des Ténèbres n'a pas dit son nom et physiquement je ne sais plus. Et non, je ne me suis pas préoccupé des Mangemorts." Répondit Cédric, de plus en plus à l'aise avec les questions de l'Auror.
"Savez-vous ce qu'ils avaient prévu de faire de vous?"
"Me torturer pour s'amuser," dit-il facilement, "mais ils n'ont pas vraiment eu le temps, Daesyn est intervenue."
"Poursuivez Potter." Dit Scrimgeour, manifestement fatigué de ne pas avoir assez d'attention.
"Voldemort," tous tressaillirent, "est parti en fumée lorsque nous nous sommes battus." La baguette devait rester secrète ainsi que les Horcruxes, et il valait mieux que personne ne sache comment le mage noir était vraiment mort. De toute façon, seul Cédric connaissait la vérité hormis les Mangemorts présents, et ces derniers ne pouvaient rien dire sous peine d'être démasqués.
"Vous déclarez que le Seigneur des Ténèbres est définitivement décédé?"
"Oui." Déclarèrent-ils unanimement.
"Monsieur Diggory, pouvez-vous poursuivre?"
"Les Mangemorts étaient furieux et ont réussi à détruire le Portoloin. Nous nous sommes enfuis mais Daesyn et moi avons été touchés par un Doloris. Le sorcier qui me retenait a trébuché, je l'ai donc stupéfixé puis j'ai attrapé Daesyn et nous avons encore couru. J'ai ensuite transplané à Pré-au-Lard et j'ai porté Daesyn jusqu'au labyrinthe." Termina-t-il.
Daesyn se demanda si Fudge connaissait réellement la définition de conférence de presse. Aucun des journalistes à cette table n'avait ouvert la bouche pour poser une seule question. En vérité, ils avaient seulement fait le récit de leur soirée. Dans quel but? Leur faire de la pub? Les sorciers lui prouvaient une fois de plus qu'ils étaient des gens loufoques.
L'adolescente ne prêta pas d'attention aux dernières paroles de Madame Bones, ni à la foule qui se levait pour sortir de la Grande Salle. Elle n'entendit pas la discussion entre Cédric et Cho pas plus que celle entre Dumbledore et Remus. La tête posée contre le dossier de sa chaise, elle regardait le plafond étoilé de la pièce sans le voir. Pour l'instant, elle n'avait pas envie de sortir. Daesyn devrait faire face aux questions, aux regards, commentaires, remarques sournoises des étudiants de Poudlard.
Le tremblement de ses mains ne s'était pas arrêté lui non plus. Mme Pomfresh avait dit qu'il faudrait du temps avant que les fonctions nerveuses ne se rétablissent mais Daesyn n'était pas connue pour être très patiente.
Ce soudain accès de mélancolie la surprit plus que la main ridée qui se posa sur son épaule. La Grande Salle était désormais vide à l'exception du professeur Dumbledore et elle-même.
"Comment te sens-tu Daesyn?" Demanda-t-il en la regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune.
"Est-ce que ça fait de moi quelqu'un de mauvais?" Retourna-t-elle en détachant ses yeux du plafond. "J'ai tué. Certes Voldemort n'avait rien d'humain mais-"
"Mais la question n'est pas là n'est-ce pas," dit-il rhétoriquement. "Il y a peu à faire pour soulager cette peine. Mais la mort d'un seul homme ne garantit-elle pas la vie de tant d'autres? Et Tom ne trouvera-t-il pas la paix dans cette fin?" se murmura-t-il plus à lui-même qu'à elle. Elle haussa les épaules
"Je crois savoir que tes amis t'attendent, Daesyn. Ne pas t'éloigner des personnes que tu aimes est le seul conseil que je puisse te donner." Dit Dumbledore d'une voix usée.
Daesyn se leva et remercia le directeur, plongé dans ses réflexions philosophiques. Dès qu'elle passa les portes, elle fut assaillie par une étreinte d'une telle force qu'elle en fut presque désorientée. La sorcière accrocha ses bras autour des épaules pour ne pas tomber et ne reconnut Ilya qu'à cause des mots bulgares qu'il murmurait dans son souffle. Il la relâcha quelques minutes plus tard et la regarda attentivement, comme l'avait fait Remus deux jours plus tôt.
"On y va?" La voix de Cho résonna dans le couloir et le sorcier sembla se réveiller de sa transe. Daesyn fut de nouveau prise dans des bras, mais de façon plus douce. C'était plus de contacts physiques qu'elle n'en avait eu toutes ces années.
"Nous ne sommes pas obligés d'aller au banquet?" Demanda-t-elle en suivant le trio vers les cuisines.
"Non, le professeur Dumbledore nous a donné une permission spéciale," répondit Cho avec un sourire. La jeune asiatique entrelaça ses doigts à ceux de Cédric et se tourna vers elle avec amusement. "Espérons que Skeeter ne nous dérangera pas cette fois-ci."
"Oh elle ne risque pas," le sourire de Daesyn ressemblait à celui du chat du Cheshire. "Pas pour un bon bout de temps en tout cas."
"Qu'est-ce que tu as fait?" S'amusa Cédric.
"Qui te dit que j'ai fait quelque chose!?" Son ton empreint de fausse innocence ne trompa personne. "D'accord, j'ai peut-être découvert qu'elle était un animagus non-enregistré et je l'ai peut-être accidentellement capturée et envoyée aux Gobelins, qui l'ont peut-être envoyée dans un pays inconnu de ma personne, ça vous va?" Marmonna-t-elle avec une moue boudeuse.
Les trois sorciers éclatèrent de rire face à son attitude enfantine et commencèrent à manger goulûment le repas préparé par les elfes de maison.
Cho et Ilya leur racontèrent comment le Faux-Maugrey s'était effondré devant l'entrée du labyrinthe puis avait tenté de tuer Dumbledore, plus furieux que jamais. Le bulgare leur annonça que c'était Croupton qui avait placé Viktor sous Imperium et lui avait ordonné d'éliminer Cédric pour donner l'avantage à Daesyn. Malheureusement pour lui, il n'avait pas prévu qu'elle vole à son secours ni qu'ils prennent le Trophée ensemble.
Et encore moins qu'ils reviennent vivant.
L'attente des diligences était peut-être ce que Daesyn détestait le plus à Poudlard. Ou plutôt ce que cette attente signifiait: son retour chez les Dursley. Elle avait espéré qu'avec la disparition de Voldemort, elle aurait pu aller ailleurs que chez eux. Cependant où ça? Remus était parti précipitamment avec la promesse de revenir le plus tôt possible dans l'été et Sirius était toujours elle ne savait où. Cette absence de signes de vie était inquiétante mais Daesyn était certaine que si les Aurors l'avaient attrapé, cela aurait fait la une des journaux. Or, ce n'était pas le cas. Il ne lui restait plus qu'à attendre.
"Hé, ne tire pas cette tête, nous promettons que nous viendrons te chercher si vite, que tu n'auras même pas eu le temps de penser aux Dursley." Promirent les jumeaux dans son dos.
La jeune femme se tourna et haussa les épaules. "De toute façon, ce n'est pas comme si j'avais le choix, si?" De loin, elle aperçut Ilya discuter avec quelques autres sorciers de Durmstrang et elle s'empressa de se diriger vers lui.
Quand elle s'approcha, la plupart des garçons déguerpirent aussitôt, les laissant seuls entourés de nombreuses valises pleines à craquer. "Est-ce que tu as des nouvelles pour Sirius?" Demanda-t-elle rapidement, avec espoir.
"Non, je suis désolé," il secoua la tête avec un air de regret. "Le seul moyen de l'innocenter est de trouver Pettigrow."
"Ça fait une semaine que je n'ai pas de nouvelles." Déplora-t-elle en laissant ses cheveux prendre une teinte bleue confuse.
Ilya sembla pensif un instant mais finit par secouer la tête à nouveau.
"C'est pas grave," elle se racla doucement la gorge, gênée, "alors, combien de temps dure le trajet du retour?"
"Environ dix heures, mais il ne faut pas trop espérer, on annonce plusieurs tempêtes. Tu viendras me rendre visite?" Rajouta-t-il à voix basse.
"Dès que je sors de chez les Dursley," promit-elle avec un signe de tête solennel. Un coup de sifflet retentit derrière eux et elle regarda Lee bondir à côté d'une calèche en faisant de grands signes dans sa direction.
"Je dois y aller, on se voit," Daesyn recula de quelques pas avec un sourire puis sauta dans la diligence.
Le train rouge était aussi bondé que chaque année et trouver un compartiment fut d'autant plus difficile. Lee, des excuses sur les lèvres, s'apprêta à ouvrir une autre porte qui bénédiction, s'ouvrit sur des places de libres. Pris de flemmardise, les jumeaux, Lee, Cédric, Ginny, Cho, Luna et elle, durent s'entasser sur les banquettes de cuir qui faillirent craquer sous leur grand nombre.
Le trajet passa bien trop vite à son goût, même si elle se contenta de regarder les parties de bataille explosive, ou d'échecs, mais cela ne l'empêcha pas de rire aux nombreuses singeries de Lee, bien au contraire.
"Oh Daesyn chérie," Madame Weasley la serra dans ses bras à lui en faire craquer les côtes et inspecta son visage de la même façon que semblait le faire tout le monde ces derniers temps.
De loin, elle aperçut le regard renfrogné de Vernon et se dépêcha de faire ses salutations aux Weasley avec des promesses d'écrire avant de le rejoindre.
"Mets ça dans le coffre."
Daesyn ne prit pas la peine de lui répondre et s'exécuta avec un soupir nostalgique.
Vivre chez les Dursley était encore plus ennuyeux qu'à l'ordinaire. Daesyn avait passé ces douze premiers jours de vacances à alterner entre se promener dans les rues, sous le soleil brûlant de l'été, ou flâner dans l'herbe dans l'ombre de la maison à Privet Drive. Ses vêtements trois fois trop grands flottant autour de son corps lui donnaient un air de délinquante qui alimentait les rumeurs du quartier, et elle s'amusait à entendre chacune d'entre elle.
De toute façon elle n'avait que ça à faire, en ce moment, écouter les rumeurs.
"Fille!" Cracha Pétunia à travers la fenêtre. "Va à la porte. Un monstre de ton genre est venu pour toi."
L'adolescente se releva d'un bond et courut à la porte avant de s'arrêter net.
"Alors, pas contente de me voir?! Fais tes bagages, on va faire les magasins!" Cho la prit par la main et la jeta presque dans la maison.
Daesyn sourit et sans un mot pour sa famille, attrapa sa valise dans laquelle elle fourra en vrac, toutes ses maigres possessions.
Elle allait faire du shopping.
Chronologie:
31 juillet 2000 Naissance de Daesyn Edith Barton.
Septembre 2011- juin 2014 Début de la 1ère année- fin de la 3ème année de Daesyn. (Les grands évènements des livres Harry Potter restent comme dans les livres, soit les 3 premières années. J'ai ajouté et enlevé quelques trucs sur la fuite de Sirius d'Azkaban mais rien de majeur qui change du tout au tout l'histoire. Ce sera expliqué dans les prochains chapitres.)
31 Octobre 2014 Le nom de Daesyn sort de la Coupe de Fe
25 Décembre 2014 Bal de Noël
4 Janvier 2015 Début du 2nd Trimestre.
24 Février 2015 Seconde Tâche, 9h30.
27 Mai 2015 Explications de la Troisième Tâche
24 Juin 2015 Rêve de Voldemort; Troisième Tâche à 21h, mort de Voldemort et retour à Poudlard.
27 Juin 2015 Sortie de l'infirmerie; Conférence de presse; Banquet de Fin d'année, révélations de l'animagus de Skeeter.
1 Juillet 2015 Retour aux Dursley
12 Juillet 2015 Visite de Cho
