Résumé :

Hermione a survécu à la guerre mais pas sans conséquences. Aujourd'hui, la jeune femme se retrouve confrontée à des souvenirs qui ne sont pas les siens. Mais également à un changement radical de personnalité.

Disclaimer :

Rien ne m'appartient (à part les quelques brides d'imagination que je peux mettre dans le caractère des personnages), les personnages principaux appartiennent à J. K. Rowling et Stephenie Meyer.

Notes :

Bien le bonjour tout le monde !

Voici la deuxième partie du chapitre 4. Avec un peu moins de 3000 mots. J'espère qu'il vous plaira autant que les autres.
Je tenais encore à m'excuser d'avoir dû couper le chapitre en deux pour que vous ayez au moins un minimum de lecture.

Merci de votre compréhension et bonne lecture à tous et à toutes !

SirPhil.

Information : Le chapitre 5 sera posté le 29/10/2016.


CHAPITRE 4 : DEUXIEME PARTIE

14 Février 2000, Texas

« -Ne puis-tu pas te déplacer d'un point A à un point B sans que tu ne sois dans mes jambes. » Tonna la voix du vampire.

Ses globes oculaires semblaient vouloir me jeter la foudre de Zeus le tout puissant, et par Merlin que s'il avait eu des pouvoirs de sorciers ou de dieu, je suis certaine qu'il l'aurait fait. Charlotte m'avait demandé de bien me tenir en son absence… comme si j'avais été un petit caniche qui ne faisait que créer des problèmes à sa maitresse. Mais d'un côté elle n'avait pas tort. J'avais tendance à mal me comporter avec le vampire. Pas de ma faute s'il a à une tête à claques cet homme. Un jour je l'idolâtre, et le lendemain je l'exècre. Un vampire bipolaire, est-ce que ça existe ? J'en ai parlé avec Charlotte pendant l'une de nos chasses, mais la jeune femme n'a pu me donner de réponse. Evidemment à chaque fois elle m'encourageait à en parler avec Peter et Jasper, que je devais leur faire confiance, qu'ils étaient de bonnes personnes. Mais moi, entêtée que j'étais, je refusais et lui demandais de garder le silence sur ce que je lui avouais en cachette.

« -Aurais-tu peur que je découvre tes secrets les plus enfouies ? » ronronnèrent mes cordes vocales.

Jasper se tendit aussitôt et me grogna dessus. Je n'eus qu'une réponse à ce comportement fort singulier : je m'approchais de lui rapidement et lui envoyais mon plus beau rictus de complaisance en pleine figure.

« -Shhh, voyons Major il faut bien se tenir… sinon Maman Charlotte ne va pas être contente de nous. » Le provoquais-je.

Pourquoi réagissais-je ainsi ? Ce n'était pas moi. Comme possédée par une entité inconnue je poussais le vampire à lentement déraper vers son côté obscur. Je savais que je parviendrais à mes fins si je continuais sur ma lancée, et même si je me battais contre moi-même pour ne plus dire un mot, pour ne plus faire un geste qui pourrait le faire exploser, nous faire imploser à l'unissons, le combat était déjà perdu d'avance. Je sentais la bête gronder en moi comme une ombre rampant sur le parquet, déchirant de ses griffes acérées le bois qui autrefois était si vif, si vivant, si éblouissant de splendeur. Aujourd'hui, après le passage du monstre, il ne reste plus que des cicatrices et une ombre qui rode toujours, attendant le bon moment pour revenir à la charge, déposant par la même occasion d'autres cicatrices, d'autres plaies béantes qui se refermeront avec le temps mais qui ne s'effaceront jamais.

Cela sembla fonctionner. J'aurai préféré qu'il s'abstienne de dérailler. Mais lui comme moi étions si à cran que chaque confrontation renouveler notre amertume refoulée. Une haine qui arrivait de nulle part et que tout deux ne comprenions pas. Ses mains agrippèrent mes épaules pour y enfoncer ses doigts forts et robustes. Je grimaçais par la pression exercée par tant de passion.

« -Voyons Major… voyons calme toi » Roucoulais-je.

Je ne me reconnaissais pas. J'avais l'impression de devenir l'une de ces greluches qui se fou des conséquences de ses actes, de ses paroles. Pourtant ce n'était pas le cas. Au fond de moi, je sentais tout de même une pointe de culpabilité qui m'était propre.

« -Merde mais c'est quoi ton problème ! » Hurla-t-il en crachant du venin au visage.

« -C'est toi ! TOI ! » Répondis-je sifflante en attrapant ses poignets et les tordant le plus possible de ma force de nouveau-né.

Aussitôt, Jasper se détacha de moi pour se mettre en position de défense. Mais je savais qu'il ne tarderait pas à m'attaquer. Un Major ne se met pas en retrait, il affronte le danger coute que coute.

« -Je vais te tuer monstre… Infâme femme, si seulement tu savais maitriser tes pensées obscures cela ne se ressentirait pas dans tes émotions. Tu es perfide mais moi je vois ton jeu » Grogna-t-il.

Sauf que moi je ne comprenais absolument rien de ce qu'il me disait. En quoi étais-je horrible de le détester ? En quoi mes sentiments étaient si visibles ? Cet homme était indéniablement aussi fou que moi… Sans me laisser plus de répit, il se jeta sur moi prêt à m'arracher littéralement la tête. Ses yeux étaient aussi noirs que le plus profond des abysses. Pendant quelques millièmes de secondes je crus m'y perdre et ne jamais en ressortir, mais les bras puissants du vampire vinrent entourer ma taille pour tenter de l'arracher. Me débattant avec fureur, je persifflais et réussis par je ne sais quel miracle à lui mettre un coup de genou qui le fit reculer. Mais cela ne le fit pas fuir, Jasper se jeta une nouvelle fois sur moi et je l'arrêtais en posant mes mains sur ses joues, mes yeux rencontrant les siens.

« -Je ne suis pas un monstre. Je ne suis pas un monstre » Répétais-je plusieurs fois la voix chevrotante d'angoisse que le vampire aille réellement jusqu'à ses fins.

Mes paupières étaient le plus ouvertes possibles, comme si cela me permettait d'être au maximum de ma concentration. Mais ce n'était pas le cas, cela n'était qu'une porte grande ouverte sur la trouille monumentale que me faisait vivre actuellement le vampire. Si j'avais pu ne serait-ce que verser une seule et maudite larme je l'aurai probablement fait en cet instant. Je n'étais pas un monstre. Dans ma vie je n'avais connu que quelques personnes que l'on pouvait appeler ainsi et ils portaient tous des grandes capes noires. Être comparée à pareil individu me faisait mal… Bien plus mal que la haine que j'avais pu ressentir plus tôt.

« -ça ne marche pas avec moi tes manipulations » Me dit-il, sa voix me ramenant sur la situation présente.

« -Jasper je… Je… je ne te manipule pas. » Couinais-je outrée qu'on me croit aussi mesquine.

« -Alors explique toi avant que je ne t'arrache la tête à l'aide de mes dents. Et crois-moi Hermione qui je prendrais plaisir » Souffla-t-il dangereusement.

« -Je ne sais pas. »

« -Tu ne sais pas ?! » Cria-t-il me faisant sursauter.

De tous les côtés, ma tête se tournait de gauche à droite, puis de droite à gauche pour lui signaler que vraiment je ne savais pas. Il grogna et fit valser mes bras qui pendirent lamentablement de chaque côté de mon corps. Rapidement je fermais les yeux et attendis que ma dernière heure, ou plutôt seconde, se finisse. Mais rien ne vient et quand je rouvris les yeux en ayant rassembler mon courage, je pus constater que Jasper n'était plus en face de moi mais à l'autre bout de la pièce à regarder le ciel. Je soupirais comme si j'avais réellement besoin d'expulser l'air qui se trouvait dans mes poumons et le vampire s'éloigna à grande vitesse, ne laissant derrière lui que les paroles suivantes : « je vais chasser ».

Je ne le vis pas pendant deux jours. Deux jours où il me laissa avec ma peur, avec ma culpabilité et le remord. J'aurai aimé qu'il me dise ce qu'il entendait par manipulation. J'avais tendance à le chercher, mais je pensais qu'il jouait tout autant que moi à raviver cette flamme noire et obscure. Mais apparemment je me trompais. Charlotte m'avait dit que je pouvais faire confiance à son mari et à Jasper… mais aujourd'hui je me retrouvais toute seule avec cet homme et je ne pouvais dire si oui ou non je pouvais me fier à lui….

« -C'est quoi ça ? » Me fit remarquer la voix du Major.

Il semblait déjà fâché alors que nous ne nous étions pas vu depuis plusieurs jours. Je délaissais mon livre pour porter toute mon attention sur cet arrivant inopportun.

« -Qu'est-ce que… » Commençais-je en me levant d'un coup.

Jasper tenait entre ses doigts une enveloppe que j'aurai pu reconnaitre entre mille. Arrivant d'un coup sur lui, je lui arrachais des mains le bien et le fusillait du regard en lâchant :

« -Où est-ce que tu as eu ça ? »

« -Un Grand-Duc d'Amérique l'a déposée. Tu m'expliques ? » Lui répondit-il.

« -Non. Ça ne te regarde pas. » Lui dis-je en lui faisant comprendre que ce n'était absolument pas négociable.

« -Hermione… »

« -J'ai dit non Jasper ! Je ne veux pas en parler. Ce sont mes affaires, ma vie ! »

Il leva les bras en l'air en synchronisation avec ses yeux, puis il me laissa seule avec ce bien que j'aurai préféré ne jamais voir. Pendant plusieurs heures, je restais dans ma chambre totalement anéantie par cette lettre. Jamais je n'avais pensé aux conséquences qu'occasionnerait mon voyage soudain. Aujourd'hui elles me revenaient en pleine tête… et ça faisait horriblement mal.

« -Hermione… »

Je levais la tête pour me tourner de nouveau vers Jasper qui était posé sur le pas de la porte. Il n'était pas rentré de peur que je lui saute dessus. Nous avions convenu que chacun devait respecter l'intimité de l'autre. Jusqu'à présent, cette promesse avait souvent été rompue. Mais alors que la nuit était tombée sur ce 17 février, Jasper semblait soudain vouloir la respecter. Je m'étais installée près de la fenêtre me remémorant encore et encore les mots de la lettre.

« -Est-ce que ça va ? Je sens tes émotions vaciller dangereusement. » Continua-t-il à dire de sa voix douce et suave à l'autre bout de la pièce.

« -Qu'est-ce que ça peut te faire ? Je ne suis qu'un monstre manipulateur dans ton esprit… » Soupirais-je en arrêtant de le regarder et me reconcentrant sur l'extérieur de la maison.

« -Tu peux me parler tu sais. J'ai confiance en Charlotte. Si elle t'apprécie c'est pour une raison, et j'aimerai voir ce qu'elle aime en toi… Si tu me le permets. » Expliqua-t-il doucement comme si j'étais soudain une biche apeurée.

Nerveusement je replaçais mes cheveux et me séparais de cette fenêtre qui avait été mon point d'ancrage pour ces horribles heures. Je m'en détachais d'un pas puis de deux pour rejoindre Jasper. Je posais une main sur sa poitrine et le poussais légèrement. Il se décala sans que je n'eusse d'efforts à faire. Je l'en remerciais d'un léger rictus et fermais la porte derrière nous. Consciemment je lui faisais comprendre qu'il n'avait pas à chercher ce qui se trouvait dans ma chambre. Evidemment, je ne considérais pas cette pièce comme étant ma vraie chambre car la mienne se trouvait dans la banlieue de Londres… avant que je n'ôte la mémoire à mes parents. A cette pensée, je sentis mon cœur mort se contracter. J'essayais le plus possible de ne pas penser à eux. Cela me faisait trop mal et je savais qu'il était trop tard pour faire machine arrière. Je devais vivre avec le fait que je ne reverrais plus jamais ma famille.

« -Allons faire un tour. J'étouffe ici. » Lui dis-je.

« -Suis-moi. Je connais un endroit qui pourrait t'aérer l'esprit. » M'informa-t-il en entamant une marche

Je gardais le silence, suivant Jasper sans même penser à lui demander où nous allions. Car étrangement en cet instant je lui faisais entièrement confiance. Il y a un peu plus de deux jours nous nous entretuons presque avant de nous ignorer et maintenant c'était comme si rien de tout cela ne s'était passé, que notre animosité s'était envolée. Mais je savais qu'à tout moment nous pourrions déraper car nous étions deux êtres totalement imprévisibles. Peut-être était-ce pour cela que j'avais du mal avec Jasper... car il me faisait penser à moi bien plus que ce que j'aurai pu avouer.

« -Merci. » Dis-je d'un coup.

C'était si soudain que Jasper se stoppa au milieu du chemin verdoyant où il nous avait emmenés. Je vis son visage exprimer une grande surprise. Probablement qu'il ne s'attendait pas à autant de politesse de ma part. Je pouvais parfaitement comprendre sa réaction, je n'avais pas été des plus accueillante et bienveillante avec lui. Alors je ne fus pas offusquée de voir l'un de ses sourcils se lever, preuve qu'il se demandait quoi faire ou quoi dire à mon merci.

« -Cet endroit est fantastique. Je ne pensais pas trouver pareil paradis dans l'état du Texas. »

« -L'air y est plus frais et les bruits plus apaisants. »

« -C'est vrai, je l'ai remarqué dès mes premiers pas... »

J'arrêtais de parler quelques instants rejoignant Jasper qui était arrêté à quelques pas à toi. A sa hauteur, je me posais juste en face de lui en soupirant légèrement.

« -Jasper... Merci. Je ne dis pas ça pour paraitre gentille ou manipulatrice. Vraiment, je le pense merci. Et je crois que je te dois des excuses. »

« -Tu n'as pas à ... »

« -Si je pense que je dois me faire pardonner. Tu avais raison. J'ai tendance à te provoquer, mais ce n'est pas de la mesquinerie ou pour être méchante. Je ne sais même pas pourquoi j'agis ainsi avec toi. Tu fais ressortir la partie la plus obscure de mon être. »

Il tiqua quelques instants à ce que je venais de dire avant d'éclater de rire. Je ne compris pas ce qui le faisait rire… peut-être mon air désespéré. Mais son rire était contagieux. Je me mis d'abord à sourire doucement, puis plus intensément avant de me mettre moi aussi à rire avec force et passion. A quelques mètres de là, des oiseaux s'envolèrent des branches d'arbres… probablement parce que nous faisions trop de bruit. Pendant plusieurs minutes, je me retrouvais littéralement pliée en deux sous un fou rire incontrôlable. Après plusieurs minutes, je me tournais vers Jasper qui souriait encore comme si un ange venait de descendre du ciel texan.

« -Pourquoi ? » Demandais-je.

« -Car nous avons tous une part sombre en nous Hermione. Si je fais ressortir ce qu'il y a de mauvais en toi, bien au contraire tu fais sortir ce qu'il y a de bon en moi… » Avoua-t-il.

« -Que... » Entamais-je.

Mais impossible pour moi de continuer de parler. J'étais littéralement scotchée. Je ne m'attendais pas à cela. Je n'y comprenais pas grand-chose, car j'avais plus l'impression que je faisais ressortir plus souvent son vampire qu'autre chose, mais je lui faisais un minimum confiance pour croire en ses paroles. C'était peut-être stupide de ma part …

« -J'aurai pu te tuer des centaines de fois sans même penser à ce que pourrait songer Charlotte et Peter. Mais, tu sais me calmer en une seconde. Tu es peut-être capable me mettre dans une rage folle que je ne pensais plus être capable d'atteindre, mais malgré ça tu es en vie. Jamais mon monstre intérieur n'a été sous contrôle que depuis que tu es là. C'est comme si j'étais une putain de marionnette entre tes sentiments fluctuants. »

Sans savoir pourquoi, ses paroles me touchèrent au plus haut point. Moi, j'étais le tyran et lui l'ange qui ne me tuait pas et qui supportait sans quasi pas broncher mes sautes d'humeur. J'étais en effet un monstre. Comment pouvait-il ne serait-ce que me supporter pendant quelques minutes ? Je ne me supportais pas moi-même en cet instant. D'ailleurs cela faisait bien longtemps que je ne m'aimais plus…

« -Hermione… tu ne devrais pas ressentir ça. Je vois bien que tu combats quelques choses… et je tenais à m'excuser d'avoir suggéré que tu étais un monstre. C'était sous … »

« -Non tais-toi ! » Dis-je subitement en déposant mon index sur ses lèvres. « Je ne veux plus rien entendre. Plus d'excuse. Tu as raison de croire que je suis mauvaise. Car c'est le cas. Je ne peux plus nier la vérité. Je ne suis pas une personne qu'il faut côtoyer. » Affirmais-je.

« -Tu sais que c'est faux et qu'aucun de nous ne te laissera penser cela. Et encore moins moi. »

Il posa sa main sur mon index pour le faire descendre. Machinalement, et peut-être comme une bouée de sauvetage, mes doigts s'attachèrent aux siens. Je ne savais plus quoi dire, quoi penser, quoi faire. Tout ce que je savais c'est que j'allais probablement m'effondrer d'un moment à l'autre. Mais ce fut tout autre chose. Jasper me tenait toujours la main et moi je restais accrochée à lui comme s'il était mon seul et unique point d'ancrage. C'était d'ailleurs le cas. Depuis que j'étais là, lui et Charlotte semblaient toujours derrière moi à ramasser mon popotin qui se retrouve à terre constamment. Sauf qu'à ce moment précis, je fis une chose que je n'aurais jamais cru possible avec lui.

Me jetant sur lui avec passion, j'attrapais ses lèvres avec avidité, comme si je n'avais attendu que cela depuis tant d'années. Mes lèvres sur les siennes, ses mains se posant sur ma taille me firent totalement fondre. Mes doigts agrippèrent ses cheveux alors que sa langue forçait la barrière de mes lippes. Je le laissais entrer, me perdant encore et un peu dans ce toucher qui m'emmenait vers d'autres contrés. D'un mouvement fluide, il vint me plaquer contre l'arbre le plus proche et tandis que mon corps se cambrait tout naturellement contre son buste, je repris conscience de ce qui se passait. Je poussais d'un coup Jasper et m'extirpais de ses bras avant de m'enfuir comme une enfant prise en faute.

Je l'ai entendu m'appeler et moi lui répondre un « non » fort et sans issu. Mais je ne me rappelai pas comment j'arrivais en Angleterre… Laissant Jasper seul au Texas.