Résumé :
Hermione a survécu à la guerre mais pas sans quelques conséquences. Transformée durant la bataille par un vampire dont l'identité reste encore inconnue, la jeune femme se retrouve confrontée au regard de la société sorcière face au vampire, aux souvenirs d'un créateur peu commode, mais également à un changement radical de personnalité qui lui vaudra ennui mais aussi de bons moments de bonheur.
Disclaimer :
Rien ne m'appartient (à part les quelques brides d'imagination que je peux mettre dans le caractère des personnages), les personnages principaux appartiennent à J. K. Rowling et Stephenie Meyer.
Notes :
Bien le bonjour !
Février commence doucement mais surement, et moi je continue d'écrire tout en me préparant à la pire épreuve de ma vie.
Je pense que d'ici une semaine je vous ferais un petit bulletin pour vous expliquer pas mal de petites choses sur moi, sur ce qui va se passer par rapport à la fiction.
Toujours est-il que si certains veulent savoir mon organisation et le déroulement sur l'écriture des chapitres je vous invite à rejoindre ma page facebook. Vous aurez ainsi des nouvelles si je ne peux pas publier ou encore peut-être des petits jeux comme donner des mots que j'ajouterai dans le chapitre que j'écris. Ca pourrait être marrant.
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En attendant, je vous laisse lire ce chapitre cour mais qui j'espère pourra vous montrer un tout autre aspect de l'état psychologique de nos petits chouchous.
BONNE LECTURE !
CHAPITRE 7
TEXAS, 3 MARS
⸎ PETER ⸎
J'étais littéralement sidéré. Une chose bien rare chez un vampire et encore plus chez moi. J'avais le don de ressentir les aspects, les événements à propos de personnes, de lieux mais avec Hermione c'était le néant. Une obscurité que j'avais eue du mal à accepter. Elle était arrivée sans prévenir, sans même que j'eusse le temps de comprendre ce qu'il se passait. Mon don était-il déficient ? Je m'étais posée la question bien plus souvent durant ces quelques mois que durant les 100 dernières années. Elle avait réussi à poser une pierre noire sur l'édifice branlant de mon existence. Le soir où elle était arrivée, au milieu de ce bar bondé je n'avais pas fait attention à elle, ce n'était qu'une personne de plus, une inconnue sans valeur. Mais ce n'était pas l'avis de Jasper qui était littéralement attiré par elle, d'une manière qu'on ne pouvait l'expliquer. Je me rappelle encore des mots que j'ai pu prononcer :
- Jaz fait attention, on ne sait rien d'elle.
Par ces mots, je voulais dire que je n'avais rien prévu, ni vu quoi que ce soit sur elle. Ce silence, cette absence d'information ne me disait rien qui vaille. Personne ne pouvait passer au travers de mon don. Parfois, mes présages pouvaient s'avérer faux mais au moins ils y en avaient.
- Qu'est-ce qu'elle pourrait bien nous faire ? Elle n'a pas l'air bien méchante…
- Méfie-toi des apparences mon ami, je ne sens rien de bon venant de cette personne.
Mais Jasper n'en fit qu'à sa tête, comme d'habitude. Mon aimée resta à mes côtés, me soutenant. Charlotte connaissait mes angoisses, mes peurs les plus profondes et il lui suffit de me regarder quelques secondes pour comprendre combien l'arrivée de cette femme venait de m'ébranler.
- Ça ira, murmura-t-elle à mon oreille tandis que ses lèvres se posaient sur ma bouche.
Pourtant, avec l'arrivée d'Hermione, j'avais l'impression que Charlotte m'avait menti, que mon monde s'écroulait à cause d'elle, à cause de Jasper, à cause de Charlotte. Personne ne m'avait écouté, et plus personne ne me soutenait depuis qu'elle était là. Elle était comme la peste, s'incrustant dans les pores et dans le sang de chaque personne à moins de 1 mètre. Elle se propageait tel le plus violent virus chimique au monde. Et moi, j'étais le seul incompétent qui n'arrivait pas à la retenir, à l'éloigner des êtres que j'aimais.
En trois mois, elle avait réussi là où Maria avait échoué. Elle avait semé des graines qui commençaient une à une à germer à l'intérieur de nous, de notre cœur et si nous en avions, de notre âme. Elle s'était incrustée sans même que mes compagnons ne s'en rendent compte. Je fulminais et commençais à échafauder un plan pour l'éliminer. C'est ce que je m'apprêtais à faire juste après mon voyage avec Charlotte (souvenez-vous celui de février) mais la « douce et gentille » Hermione s'était volatilisée. Elle avait laissé un Jasper totalement démuni et je la haïssais pour ça. Elle se jouait de lui, de nous. Ils étaient trop naïfs, trop ancré dans l'image qu'ils avaient d'elle pour voir la vérité en face. Et si je devais être le monstre de l'histoire en lui ôtant la vie, je l'aurais fait rien que pour leur redonner la liberté et la vie qu'ils avaient avant.
Mais en ce 3 mars, tous mes idéaux, mes plans furent anéantis, mis en pièces et en poussière par Hermione. Charlotte se trouvait à côté-t-elle, et si au début j'en voulais énormément à ma compagne, je commençais à comprendre pourquoi elle voyait en Hermione une jeune femme plus détruite que destructrice. L'image du jeune vampire que je m'étais construite par peur, par angoisse de l'inconnu était fausse. J'avais monté plusieurs fois Jasper contre elle grâce aux sentiments de haine et de méfiance que je ressentais pour elle. De ce fait Jasper ressentait également cet amas obscur par le biais de son don.
- Hermione, souffla Charlotte. Tu n'es pas obligée de continuer si tu…
- Non Char' je dois vous expliquer. Vous méritez de savoir.
- Alors on t'écoute, lâchais-je froidement.
Charlotte se tourna d'un geste brusque et déterminé vers ma personne. Dans le regard de ma compagne, haine et mépris s'entrelaçait me faisant comprendre que j'allais trop loin avec sa nouvelle amie. Je ne pouvais plus faire semblant d'aimer cette femme pour le plaisir de Charlotte. Hermione cachait quelque chose et si je décelais la moindre trace de mensonge dans son discours, je ne donnerais pas cher de sa peau.
- La guerre a explosé. Littéralement. Toute l'Angleterre était touchée, écartelée. Moldue… enfin non-sorcier et sorcier étaient touchés. Aucun camp n'était laissé pour compte. Il y a un an, il y a eu la plus grosse bataille. Les enfants étaient tués. Les non-sorciers et les personnes comme moi étaient torturés pour avoir un sang mauvais, impur. C'est durant cette bataille que je suis devenue cette fille horrible. Harry, mon meilleur ami était tombé. Je ne l'ai pas vu arrivé et il a planté ses crocs dans ma gorge. Depuis je me bats contre ses pulsions diaboliques qui s'emparent de moi. Les sorciers ne sont pas faits pour être vampire. Leurs pouvoirs les rendent instables. Les miens ont tout simplement disparus. Personne ne comprend. Ils disaient tous que c'est le choc de la transformation, que ça devait revenir dans les quelques mois. Plus d'un an après, je suis là… sans pouvoir… et sans monde.
- La lettre… Souffla Jasper.
Je haussais les yeux au ciel. Ils n'allaient tout de même pas croire ça. Cette fille épleurée assise devant moi, devant nous ne me faisait ni chaud ni froid. Je ne croyais à aucun détail de son explication, de son excuse qui selon moi n'en était pas une. Évidemment, elle prenait un argument que l'on ne pouvait contester, approuver ou encore démontrer. Nous étions des vampires, évidemment que nous étions au courant de l'existence de la magie. Mais aucune personne de notre monde ne pouvait certifier que le monde des sorciers existe bel et bien. Les vampires avec des dons comme Jasper et moi et les vampires sorciers, comme tentait de nous faire croire Hermione, avaient tendance à s'agglomérer en un seul groupe social et caractéristique des vampires. Nous ne faisions plus la différence entre don et pouvoir.
- Tu ne vas tout de même pas croire à ce qu'elle vient de déblatérer !
- Si, je le fais, affirma mon ami.
- Peter tu dois cesser cette quête stupide et voir la vérité au lieu de te pourfendre d'illusions ! Me rabroua Charlotte.
- Alors, je veux qu'elle nous prouve réellement que c'est un vampire issu de la branche des sorciers, claqua ma voix au milieu du silence pesant. Un sorcier transformé en vampire n'a jamais perdu ses pouvoirs. Jamais !
Droit comme un piquet, les yeux électrisant le corps de cette menteuse, je tapais du pied sur le sol avant de m'éclipser en une fraction de seconde. Des hypothèses avaient été formulées depuis bien des âges à propos de ces vampires au pouvoir de sorcier. L'une d'elles expliquait que le premier vampire transformé était un sorcier et que ses descendants, transformés par sa morsure, possédaient des dons apocalyptiques et féeriques. Mais jamais, cette hypothèse fut certifiée, ou même contredite car elle devint un mythe, chaque vampire recherchant le premier des vampires tels la moitié d'une âme recherchant la deuxième partie de son être avec passion. Alors, si Hermione était réellement une sorcière, ses pouvoirs devraient être encore présents quoi qu'en disent les médecins, les sorciers ou même les vampires. Je ne lui ferais jamais confiance, à moins qu'elle me prouve le contraire.
⸎ JASPER ⸎
Nous étions tous deux remontés contre elle. Ses secrets, son passé ou encore les mensonges volontaires qu'elle donnait ont eu raison de nous. Bien que notre condition nous ait amenés à voir des aspects lugubres et obscurs de la vie nous ne pouvions plus supporter les manipulations conscientes et omniprésentes d'Hermione.
J'étais pourtant le premier à cacher bien des aspects de mon être et chacun de nous savait et prenait part au côté sombre qui hante chaque recoin de notre vie. J'étais un monstre et je le savais. Je le cachais, non pas pour mentir aux autres mais pour me mentir à moi-même. Il est toujours plus facile de faire face en miroir immaculé de pureté qu'à un reflet assombri par la mort.
Assise sur le divan, la jeune femme nous expliquait avec des mots, des phrases les plus simples ce qu'elle nous avait tant de fois cachées. Elle venait d'un monde qui intrinsèquement se juxtaposait au nôtre silencieusement et perfidement. La présence des sorciers, ou autres créatures fantastiques, n'était pas une nouvelle surprenante pour nous. Après tout si les vampires et les loups garous existent alors pourquoi pas les sorciers, les gobelins, les dragons. Rien dans son comportement habituel ne m'aurait fait penser à cette solution. Comment différencier un vampire d'un autre vampire ? Là était toute la question, toute la problématique d'un monde en déperdition.
- Tu ne vas tout de même pas croire à ce qu'elle vient de déblatérer !
- Si, je le fais, affirmais-je avec franchise et conviction.
- Peter tu dois cesser cette quête stupide et voir la vérité au lieu de te pourfendre d'illusions ! Gronda Charlotte juste à côté de moi.
- Alors, je veux qu'elle nous prouve réellement que c'est un vampire issu de la branche des sorciers. Un sorcier transformé en vampire n'a jamais perdu ses pouvoirs. Jamais !
Peter quitta la pièce sans demander son reste et sans même voir ce qui m'arriva après l'attaque sèche de ses paroles. Une onde de choc me projeta au sol et je me retrouvais cloué au planché par des sentiments puissamment douloureux. Ils ne m'appartenaient pas. C'était des sentiments que je n'avais jamais ressentis. Ils provenaient d'un corps frêle qui ne devrait jamais connaitre pareille souffrance.
Assise sur le canapé, Hermione fixait le sol, ses mains nouées entre elles tremblaient nerveusement, ou peut-être était-ce la peine et la douleur qu'elle ressentait qui faisait vibrer tout son corps de cette souffrance indéchiffrable. Moi, le cul par terre je fixais cette femme perdue dans les limbes du chagrin, de l'affliction pure et simple. Charlotte qui avait constaté ma chute et qui en devinait les raisons s'approcha du jeune vampire. S'asseyant au côté de la brunette, elle passa un bras autour de ses épaules et la berça pour tenter d'épancher les brûlures de son repentir. Toutefois je pouvais sentir dans chaque pore de mon être que rien ne soulagerait cette femme qui avait perdu bien plus que ce qu'elle tentait de nous faire croire. Nous étions bien les premiers à comprendre ce qu'une guerre pouvait prendre, ce que le changement offrait et prenait, et si nous avions connu l'enfer rien ne pouvait être comparable aux affres vifs et cruels que ressentaient Hermione.
Douloureusement, je me relevais ou plutôt je rampais jusqu'au divan puis pris place de l'autre côté de la jeune femme. Ma main vint se poser naturellement sur son bras. D'un mouvement sec, elle se détacha de Charlotte pour se jeter dans mes bras. Surpris par ce geste, nous restâmes quelques instants sans réagir puis mon amie s'éloigna décidant de nous laisser seul. Une fois en tête à tête, sans oreilles indiscrètes ou pupilles curieuses, je me permis de serrer Hermione dans mes bras cherchant à lui offrir une barrière de protection contre le monde extérieur.
Ondulant sur mon corps d'albâtre les émotions de la jeune femme se glissaient et se mouvaient de plus en plus au fond de ma chair. Je pouvais ressentir sa peur, son angoisse et sa terreur face à son avenir incertain. La lettre… cette lettre l'avait mise dans des états sans pareil, refaisant monter à la surface le passé qu'elle avait tant essayé de cloîtrer derrière un mur de béton. La perte, l'abandon, la trahison… tellement d'éléments se nouant et se dénouant au fond d'elle qui bataillaient pour prendre le dessus sur l'un sur l'autre qu'elle se retrouvait à hurler dans mes bras, son visage opalin déformé mais ne laissant aucune larme s'écouler sur ses joues.
Je pouvais l'entendre sangloter, m'appeler à l'aide alors que sa voix chaude et pourtant si belle murmurait des « ça fait si mal » ou encore « faites que ça s'arrête ». Et si jusqu'à présent ses sentiments ne m'avaient pas convaincu de la triste vérité qui l'entourait, les paroles qui suivirent me suffirent amplement à croire en elle, à suivre mon instinct et non celui de mon ami.
- Pourquoi sont-ils partis ? Pourquoi ne puis-je plus être celle que j'étais ? Je n'aime pas celle que je suis. Je pensais avoir trouvé qui j'étais. Mais je ne pourrais pas recommencer de zéro, réapprendre à vivre dans un monde qui ne sera une nouvelle fois jamais le mien…
Ces quelques mots furent un véritable déchirement et à l'autre bout de la pièce je pus remarquer, constater que Charlotte était dans le même état que moi. Tout ce que nous pouvions faire pour cette femme, tout ce que nous pouvions lui donner ce résumait à lui donner sans limite car une personne aussi détruite que l'était Hermione n'avait désormais plus rien à perdre mais tout à avoir. Profitant de recevoir ses sentiments, j'utilisais la partie la plus obscure de mon don, cette fois à bon escient. Doucement et lentement avec toute la précaution du monde je laissais des ondes plus douces plus sereines caresser l'aura du jeune vampire puis entamais de la calmer pour qu'elle puisse se reposer et oublier quelques instants que sa vie a littéralement explosé. Il ne fallut pas longtemps pour qu'Hermione s'endorme « magiquement » dans mes bras. Ne voulant pas la laisser au milieu du salon, je la montais dans ma chambre et la déposer sur le lit comme si elle était encore humaine…
- Hermione Granger, vous êtes la femme la plus forte que j'eusse rencontrée de toute mon éternelle vie alors revenez nous, revenez moi avec votre sourire et votre optimisme…
