Disclaimer :

Rien ne m'appartient (à part les quelques brides d'imagination que je peux mettre dans le caractère des personnages), les personnages principaux appartiennent à J. K. Rowling et Stephenie Meyer.

Notes :

Bien le bonjour !

Je suis heureuse de revenir vers vous avec le chapitre 8 ! Un petit bout de la nouvelle Hermione que j'ai apprécié écrire. L'intrigue se met doucement en place et ça me fait réellement plaisir d'arriver à ce stade de l'histoire où l'on va commencer à en savoir un peu plus sur le créateur d'Hermione et sur ce qui va se passer dans le monde magique, sur Hermione, sur Harry et Ron mais également notre petit trio de vampire.

J'espère donc que ce chapitre vous plaira et que vous continuerez à me suivre et à m'encourager dans l'écriture de cette histoire.

Je vous dis donc bonne lecture !


CHAPITRE 8

TEXAS, 3 MARS

J'avais réussi à m'ouvrir, à leur dire ce qui me pesait et soudainement je m'étais sentie bien mieux. Même si je me sentais coupable des problèmes dans le couple de Charlotte et Peter, je ne pouvais nier que le nouveau regard que Jasper portait sur moi ne m'atteignait pas. Ses yeux avaient pris une toute nouvelle intensité que je n'aurais jamais pu croire possible, mais pourtant cette lumière dans ses iris était belle et bien présente.

- Je devrais aller me reposer et vous laissez parler entre vous. Je pense que Peter aura besoin de ses amis, et moi j'ai besoin d'être seule.

M'excusant auprès de deux vampires, je montais les escaliers et me dirigeais directement vers la chambre que l'on m'avait assignée. Tout en faisant chemin vers ma pièce, mon espace personnel je me mis à réfléchir au comportement de Peter. Il était le seul qui gardait ses distances avec moi, et je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Pourtant je ne pouvais lui en vouloir, je doutais moi-même de ma propre personnalité alors comment pourrait-il croire en moi si je n'avais pas foi en ce que je suis ? Etait-ce cela qu'il ressentait ou est-ce que ça allait bien plus loin que cela ? J'avais peur de connaitre la réponse.

Allongée sur le grand lit en bois massif, je laissais mon esprit dérivé tandis que Charlotte et Jasper devaient certainement parler avec le vampire. Doucement, mes songes remplirent la pièce entière et je me pris à imaginer ce que serait ma vie si mon créateur était encore vivant. L'était-il ? On m'avait juré que non, mais cette nuit-là tout avait été si rapide, si monstrueux, si sanglant. Comment être sûr qu'il ne refera pas surface ? Un long frisson d'horreur souleva mon épiderme tout le long de ma colonne vertébrale et mes canines sortirent automatiquement, prêtes à mordre quiconque voudrait m'attaquer.

- Hermione ?

- Tssssss, persifflais-je en sautant du lit, le dos plié prête à attaquer.

- Hééé, ce n'est que moi, souffla Jasper en restant prêt de la porte d'entrée.

Il m'avait surprise dans le pire des moments, il devait s'en douter puisqu'il ne fit aucun geste pour venir me contrarier. Mes sentiments étaient si instables, si incontrôlables. A chaque fois je m'en voulais de laisser le vampire prendre le dessus sur l'humaine que j'étais autrefois mais Charlotte m'avait dit d'arrêter ces conneries, car ils étaient eux aussi passés par-là.

- Désolée, murmurais-je en retrouvant mon lit à tâtons.

- C'est rien. Je peux approcher ou je vais me faire mordre ? Me demanda-t-il dans une vaine tentative d'humour.

- Non. T'inquiète, tu peux venir me rejoindre.

Il s'approcha de moi sans me brusquer, prenant son temps. Il m'avait laissé me positionner comme je le sentais, ne voulant pas paraitre sur la défensive je décidais de m'allonger sur le dos. Lentement il se mit dans la même position que moi et ne dit rien pendant plusieurs minutes. Je ne savais même pas pourquoi il était revenu aussi rapidement auprès de moi.

- Peter n'a pas blessé Charlotte n'est-ce pas ? Il ne va pas la quitter par ma faute ?

- Peter et Charlotte sont liés, ils ne peuvent pas se faire réellement de mal. Il le sait, c'est pour ça qu'il est parti de la pièce car si Charlotte lui avait demandé de te faire confiance il n'aurait pas eu d'autre choix que de le faire.

- Je ne savais pas. C'est si différent des cours que j'ai pu avoir à Poudlard. J'ai toujours pensé que la théorie était une part très importante pour comprendre ce qui se passait en extérieur, mais finalement la pratique et l'ouverture d'esprit sont tout aussi importants.

Les minutes s'écoulèrent, laissant le silence flotter entre nous alors que Jasper me laissait naviguer dans le firmament de mes songes. L'époque de Poudlard était bel et bien révolue. Comme un traître ce détournement de son clan, je me focalisais sur le vampire se trouvant à mes côtés. Il avait passé ses bras au-dessus de sa tête et ses yeux d'un rouge profond, bien que signalant son régime sanglant, m'hypnotisaient alors même qu'ils fixaient le plafond. C'était sa manière d'être présent et à la fois détaché, me donnant à la fois soutien et espace. J'appréciai son geste plus que je ne le montrais. Cela changeait fortement de Ronald, cuillère émotive…

Merci d'avoir cru en moi, de ne pas chercher plus loin pour ne pas me blesser.

Je pense que tu es déjà assez blessé comme ça, surtout que c'est à moi de m'excuser auprès de toi pour ne pas avoir su lire en toi comme je sais pourtant le faire.

Est-ce que cela t'ennui de ne pas pouvoir ressentir mes émotions ? Demandai-je en me tournant un peu plus vers lui.

Le corps musclé de ce guerrier pivota également vers moi, un aimant répondant à l'attraction physique de l'un de ses paires. Un rictus amusé se faufila rapidement sur son visage comme si ma question était si stupide que la réponse en était évidente.

Crois-tu réellement que cela m'amuse de savoir ce que ressent la globalité de l'espèce humaine, et même non humaine ?

Je n'y ai jamais réfléchi dans ce sens-là. Mais tu ne peux pas nier que ton don peut être d'une utilité féroce.

Je sais cela Hermione, me répondit-il sèchement, mais pour une fois dans ma vie je peux enfin faire face à l'inconnu. C'est déroutant mais c'est également euphorisant de se sentir libre de ses choix, de ses mouvements et de ses actes devant quelqu'un. Avant de te rencontrer, je restais moi-même qu'avec Charlotte et Peter. Paraître tendre ou drôle en face d'une personne et ressentir ses émotions négatives ou positives face à ce que tu fais n'est pas ce que j'appelle un don utile. Je ne sais pas pourquoi je ne ressens pas tes émotions, mais très loin de moi l'idée de m'ennuyer quand tu es auprès de moi.

Interdite, je restais immobile devant les révélations qu'il me faisait. On ne peut se mettre à la place de quelqu'un, quand on ne comprend pas ce qu'il vit. Pourtant, notre société n'est que préjugée et orgueil quand une personne pense ou agit autrement que la ligne médiane des gens dits normaux. Jasper n'était pas dans la norme est je crois que c'est ce qu'il me plaît en lui. Laissant échapper légèrement un sourire, je ne pus m'empêcher de lever ma main, faisant courir mon index sur l'épiderme de sa joue.

Donc si je te demande à quoi je pense maintenant, ce que je ressens tu aurais du mal à le discerner ?

Non. Car même si je reste dans l'ignorance de tes sentiments, tout ton corps chante pour moi.

Ah oui ! m'exclamais-je en décrochant un sourire rayonnant.

Oui.

En quelques secondes, son bras droit attira mon corps vers le sien diminuant l'espace, la liberté de mouvement qui se trouvait entre nous. N'osant plus bouger d'un millimètre, je fixais les yeux de Jasper attendant le moment fatidique où ses lèvres se poseraient de nouveau sur les miennes. Il le lut, l'entendit et répondit à mon appel et en danse synchronisée, nos lèvres bougèrent, se soudèrent dans un ballet majestueux que nous n'avions ni l'un ni l'autre envie d'arrêter.

-HERM… Oh bordel de merde ! Désolé ! S'écria Charlotte qui aussitôt arrivée, aussitôt repartie.

Comme tiré sur une même ligne de vie, nous nous mis à rire. Cela me fit un bien fou. Je n'avais pas ris ainsi depuis bien longtemps. Quand nous nous arrêtâmes, nos pupilles se croisèrent et je me repenchais naturellement vers Jasper pour déposer mes lèvres sur les siennes.

-Merci, soufflais-je lascivement.

-Mais de rien, me répondit-il sur le même ton avant de se relever dans le même temps.

Il s'éloigna en tirant sur son chapeau imaginaire et me laissa me reposer. Seule sur mon lit, le sourire aux lèvres, je me mis à penser à ma vie ici, à tout ce que m'avait apporté ma fuite, mon escapade. Le monde magique m'avait beaucoup apportée, mais aujourd'hui je sentais qu'un autre monde pouvait m'offrir bien plus. L'ermite Hermione n'est plus. Je n'ai plus envie d'être cette fille introvertie. Je ne veux plus paraitre frêle ou nécessaire que pour mon intellect'.


LONDRE, 28 MARS

-CA FAIT DES MOIS ! DES MOIS BORDELS ! TU PEUX BIEN COMPRENDRE QUE JE NE PEUX PAS RENTRER ET M'AMUSER COMMME TU L'ENTENDS !

-Je sais Harry ! Je le sais … Souffla piteusement Ginny. Mais tu me manques, lui avoua-t-elle alors que les larmes coulaient sur son visage de jeune femme.

Depuis qu'Hermione s'était volatilisée, Harry, l'homme qu'elle aimait, n'était plus le même. Son corps était toujours présent mais son âme n'était plus. Depuis plusieurs mois, Ginny Potter habitait avec une coquille vide et elle ne pouvait rien faire pour redonner une once de vie à l'homme à qui elle avait tout offert.

-Je suis désolé Gin'.

-HARRY POTTER ! REVIENS ICI ! Hurla-t-elle désespérée alors que le jeune homme quittait le salon avec son sac d'affaire.

Mais le jeune homme en avait assez de se disputer, d'entendre cette femme au cœur magnifique lui dire qu'il n'y avait plus aucune raison de chercher Hermione. Jamais il n'abandonnerait sa meilleure amie. Jamais il n'arrêterait de chercher.

-HARRY ! JE SUIS ENCEINTE ! Lui cria-t-elle dans une toute dernière tentative qu'il reste auprès d'elle.

Stoppé net dans son mouvement, l'Auror Potter se retourna lentement, tremblant de tous ses membres. Son visage venait de perdre toute forme de couleur, lui qui n'était déjà pas bien coloré.

-Qu-oi ?

-Je suis enceinte… de deux mois.

-Comment ?

-Un soir où tu avais bu, lui avoua-t-elle piteusement.

Ginny se souvenait parfaitement de ce soir-là. Harry ne l'avait plus touchée depuis des mois, depuis la disparition d'Hermione … pour être exact. Mais le fameux soir de la conception de leur enfant, il était arrivé soul et l'avait violemment embrassée. Prise au dépourvu, la jeune femme l'avait dans un premier temps refoulé mais Harry avait insisté en lui susurrant des mots qu'elle n'avait pas entendus depuis des mois. Ginny ne regrettait pas d'avoir laissé l'homme de sa vie prendre possession de son corps comme si elle était un défouloir… Ce qu'elle regrettait c'est qu'il n'est pas recommencé. Au moins, elle avait servi à quelque chose pour une soirée… Une soirée où leur amour uni avait créé quelque chose de magique.

-Harry ! Qu'est-ce que tu fous ? Questionna le rouquin en entrant brutalement dans la pièce.

Ronald se retrouva subitement devant sa sœur et son meilleur ami. L'un et l'autre se trouvaient en chien de fusil alors que sur le visage de Ginny des larmes de désespoir coulées sans discontinuité.

-Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

-Rien Ron. Je…J'arrive.

-Ok. Mais traine pas trop, le porte-loin ne devrait pas tarder et tu sais que le temps nous est compté, insista le rouquin qui après un dernier coup d'œil vers sa sœur s'éclipsa à l'extérieur.

-Harry…

-Non, Gin'. Je ne peux pas. Hermione…

-Hermione est probablement morte ! Et moi je suis en vie avec ton enfant dans mon ventre ! N'est-ce pas plus important ?

-Ça l'est.

-Alors reste par Merlin !

-Je ne peux pas, souffla-t-il en se tournant vers la sortie sans un dernier regard pour la femme qui portait son fils… ou bien sa fille.

Après des mois à chercher une piste, ils en avaient enfin trouvé une qui semblait tangible. Ils ne pouvaient pas laisser passer le moindre indice. Tout était si volatile avec Hermione, alors que Ginny et son enfant serait toujours présent à son retour.

-Si tu t'en vas Harry, je te quitte ! Lui hurla-t-elle, son visage de porcelaine virant rapidement au rouge.

Le cœur serré, les yeux vide de tous sentiments, le jeune homme rejoignit Ronald sans plus d'explication et prit le porte-loin qui les mènerait, ils l'espéraient tous deux vers la seule personne pouvant calmer tous leurs maux.


TEXAS, 1er AVRIL

Charlotte me souriait. Nous étions toutes les deux fières. Fières d'avoir mis un plan aussi diabolique soit-il en action. Les jours s'étaient enchainés. Un à un, lentement et surement sans qu'aucun incident ne vienne troubler notre routine quotidienne. Charlotte avait passé pas mal de temps avec Peter, à tenter de raisonner son âme sœur tandis que moi je passais mes journées avec Jasper. Il me parlait de lui, et je tentais de m'ouvrir un peu plus à lui. Nos échanges se limitaient à quelques baisers passionnés, n'allant jamais plus loin. Ce n'était pourtant pas l'envie qui manquait, mais à chaque fois une angoisse sombre s'insinuait en moi et je finissais par me reculer sans comprendre ce qui m'arrivait. Je n'étais pas une fille peureuse, le courage circulait dans mes veines comme une drogue dans celles d'un junkie.

-Direction le Capitole !

Je rigolais doucement en constatant l'euphorie dont faisait par mon amie. Excitée comme une puce, Charlotte était prête pour l'aventure que je lui offrais.

-Souviens-toi : pas de message.

-Oui M'dame !

-Bien. Maintenant passons à la seconde étape. Il faut que nous arrivions à Austin avant que midi ne sonne.

Le vent venait faire fouette nos cheveux pendant notre course. Nos visages illuminés par nos sourires s'éclairèrent en arrivant devant la magnifique bâtisse, siège de la Législature de l'Etat du Texas, construit entre 1882 et 1888. Les pierres blanches parfaitement lissées par le travail dirigé par Reuben Lindsay Walker me réchauffa le cœur. Depuis quelques années, une extension souterraine avait été créée. Mais ce que personne ne savait chez les « Non-Mag », comme le disait les américains, c'est que cette extension servait à rejoindre le monde magique.

-Un chef d'œuvre du XIXème siècle, soufflais-je.

Nos capes jurées avec le décor ensoleillée mais elles étaient indispensables pour rester hors de portée. Fort heureusement, nous savions restés discrètes. Fluidement, nous marchâmes en direction des marches et bifurquâmes vers la droite du bâtiment de l'aire Glover Cleveland.

-Après toi…

-Merci bien, gente dame, rigola Charlotte.

Elle m'avait avoué avoir déjà parcouru le Capitole mais sans jamais avoir pensé qu'un monde sorcier pouvait s'y cacher. En tant qu'amie dévouée, je lui avais juré de lui montrer une partie de mon ancien monde, mais quoi de mieux que de faire d'une pierre de coup. Je montrais le chemin et me dirigeais vers les toilettes des femmes. Contre le mur blanc aux carrelages resplendissant, j'actionnais une des lampes et comme dans l'une des aventures d'Indiana Jones, le mur s'écarta pour laisser apparaitre à nos yeux un tout autre paysage.

-Wow !

-Oui, ça fait toujours son petit effet, rigolais-je en accompagnant Charlotte à l'intérieur.

A peine fumes nous dans le passage, que le mur se referma derrière nous. Je conduisis la jeune femme au travers des différentes boutiques. Son sourire me prouvait qu'elle était heureuse de voir une partie de moi. J'aimais cette ambiance, ce sentiment de liberté. Cela me coutait énormément d'avouer cela, car ce monde n'était désormais plus le miens. Je n'avais pas l'intention de répondre à la lettre de Kingsley. L'Hermione Granger que j'étais à Londres, en Grande-Bretagne n'était plus.

-Quand crois-tu qu'ils vont commencer à s'inquiéter ?

-Je dirais que c'est déjà le cas. J'ai laissé quelques indices à l'intérieur de la maison, pour intensifier la blague…

-Comme ?

Je ne pus m'empêcher de sourire à l'interrogation de mon amie. D'un mouvement de tête, je l'invitais à prendre une boisson avec moi pendant que je lui expliquais les réactions qu'auront nos deux amis pendant que nous nous prélasserions dans un monde qu'ils ne pouvaient atteindre sans les connaissances requises.

A QUELQUES KILOMETRES D'ICI

-PETER !

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Le vampire arriva en une fraction de seconde. Aspiré dans un espace-temps chaotique, Peter regarda la pièce qui ne ressemblait plus à ce qu'elle avait pu être autrefois. Le lit déchiré de toutes parts, les livres éparpillés et des morceaux de verre étaient éclatés ci et là dans la pièce. Le décor funeste ne présageait rien de bon. Quelque chose était arrivé sous leur propre toit.

-Charlotte !

-Pet' elle n'est pas là non plus, lui dit-il gravement.

-Non...

Se laissant tombé au sol, le vampire se retrouva totalement démuni. La femme de toute son existence était portée disparue et les derniers actes qu'ils avaient échangés n'étaient que des futilités. L'arrivée d'Hermione avait causé un froid parce qu'il était trop têtu pour admettre que la jeune femme avait pour le moment une conduite exemplaire.

À quelques centimètres d'eux, un papier attira leur attention. Sur la feuille était écris ces quelques consignes : " Nous retenons vos femelles. Pour connaître le lieu dans lequel vous pourrez les retrouvez il vous faudra trouver l'indice caché dans cette pièce. Indice n°1 : Le bazar n'est pas votre allié. "

-Qu'est-ce que c'est que cette connerie ? Grogna Jasper en tournant et retournant la feuille entre ses doigts.

-C'est une mauvaise blague, ajouta Peter.

Jetant un coup d'œil rapide dans la chambre, les deux vampires constatèrent que dans ces conditions ils leur étaient impossible de trouver quoi que ce soit pour sauver leur belle. Sur les nerfs, ils entreprirent de redonner une seconde vie à cette pièce, c'est à dire trier et mettre quasiment tous à la poubelle. La seule chose intacte dans la pièce était la bibliothèque qui avait miraculeusement survécu au choc avec le sol, mais le lit, les commodes, les tableaux, les vases et les lampes n'étaient plus qu'un tas de poussière. C'est en soulevant un livre, celui de l'Iliade et l'odyssée, qu'ils trouvèrent le second indice : "Tout comme Ulysse, prenez votre navire et voyagez jusqu'au point de rencontre des hommes les plus influents de votre état. Vos femelles y seront, mais je ne garantis rien de leur état. "

RETOUR AU SIEGE DE LA LEGISLATURE : LE CAPITOLE

La journée s'est agréablement bien passée. Charlotte et moi-même avons pris notre temps, regardant un à un chacun des rayons. L'ancienne Hermione et ses pieds d'humaine auraient crié au scandale, au complot pour une telle maltraitance. Mais la nouvelle moi avait énormément aimé cette journée. Nos corps n'étaient pas fatigués, nos bras étaient chargés et nos sourires ne désiraient pas s'effacer. Quittant ce monde féérique pour retourner au monde des « non-mages », nous savions qu'un spectacle nous attendait à l'extérieur avec une probabilité plus que certaine. Cela ne manqua pas. Deux fusées immortelles nous foncèrent dessus, nous obligeant à lâcher plusieurs de nos paquets.

-Salut les garçons ! Avons-nous chantonné.

Stoppés net, leurs regards tentèrent de nous tuer sur place. Charlotte perdit peu à peu de son sourire, tandis que je gardais le mieux coller sur ma face angélique _ si l'on pouvait dire cela de mon visage diabolique en cet instant.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Demandais-je innocemment alors que les mâchoires des deux garçons se contractaient

-Hermione… Chuchota Charlotte, dans une tentative qui prit rapidement l'eau.

-GRANGER, C'EST TOI ?

-Eh bien oui, c'est moi. Tu veux que je sois qui ? Elizabeth II, la reine d'Angleterre ? Raillé-je en haussant un sourcil.

Si j'avais été une véritable Serpentarde, probablement que j'aurai laissé ma hanche se mouvoir en un geste insidieux et affriolant en même temps. Mais non, je ne me permis pas une telle désinvolture de ma part. J'avais un certain respect envers mes amis, mais également envers ma propre personne. En une fraction de seconde, Charlotte disparut et se retrouva dans les bras de son homme qui lui grognait dessus tout en l'embrassant comme si elle avait disparu depuis des semaines voire des années. A côté d'eux, Jasper et moi nous regardions l'un et l'autre sans échanger le moindre son. Ses yeux parlaient pour sa bouche. Son corps hurlait pour ses lèvres. Il était en colère après moi, mais était heureux de me savoir saine et sauve.

-Poisson d'avril comme disent les Européens, dis-je doucement, n'osant plus étaler ma connerie devant ces deux hommes au cœur si fragile. Ma chambre avait besoin d'une toute nouvelle décoration, tentais-je pour décontracter l'ambiance, mais c'était sans compter sur les grognements de Peter qui ne lâchait toujours pas sa petite femme.

-Une simple demande et tout aurait été fait dans le plus grand des calmes.

Me retenant d'ajouter quoi que ce soit, je m'approchais du couple et baissais la tête devant Peter. Je lui devais bien un petit moment de puissance. Ma blague était horrible. Je l'avouais avec franchise. Les Jumeaux avaient réussi à me façonner à leur image, malgré les nombreuses années de bataille que j'avais pu mener contre eux.

-Le seul problème c'est que tes futurs meubles n'arriveront pas avant une semaine, ajouta avec légèreté Charlotte.

-Jasper me fera une petite place dans son antre, décrétais-je avec un grand sourire qui se voulait angélique.

Qui ne tente rien n'a rien dit le proverbe !